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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 00:02

independance (1)Les « Chroniques royales d’Ayutthaya » vont donc raconter à quelle occasion et comment Naseruan, le Prince de Phitsalunok et fils du roi Thammaracha, va libérer le royaume d’Ayutthaya de sa vassalité avec le royaume birman d’Hongsawadi, pour retrouver son indépendance en 1584.

La mort du grand roi Bayinnaung en 1581 va modifier l’équilibre géopolitique de la Région.

 

Bayinnaung


1/ « La succession royale au trône de Hongsawadi » et les révoltes au sein du royaume.


« En 1569, le roi de Hongsawadi fut atteint de fièves et mourut. » Cette date est mentionnée dans les annales de 1685. Les autres le situent trois ans plus tôt et celles de 1680 ne mentionnent pas la mort du « roi des rois ». La disparition semble pourtant avoir eu lieu en 1581. Le grand ennemi d’Ayutthaya a disparu.


Les rapports de force vont changer.

« Son fils Mang Oeng qui était vice-roi lui, succéda et nomma à son tour son fils Mang Saem Kliat comme vice-roi. » Il semble que ses successeurs, tels ceux des bâtisseurs d’empire, furent incapables de le maintenir.

 

filsd de bayynung


« Quand le nouveau roi monta sur le trône, le royaume ne connaissait plus la paix, les villes de Rum et de Khang luttaient pour leur indépendance ce dont on avisa le roi Naresuan.  Il gagna la capitale, (Ayutthaya) prit les conseils de son auguste père et lui demande son autorisation pour apporter son aide au royaume de Hongsawadi. »


 « Le prince Naresuan et la campagne contre Rum et Khang »


Il nous a été impossible de savoir quelles sont ces deux villes qui luttaient pour leur indépendance ?

Après avoir pris connaissance de la situation au royaume de Hongsawadi Thammaracha lui donne son accord.  Naresuan retourne alors dans son royaume de Phitsanulok. Il organise une armée formidable, « 100.000 hommes, 800 éléphants de guerre et 500 chevaux » (1). Il attendit le moment propice annoncé par les mages, et monté sur son propre éléphant, conduisit son armée jusqu’à trois jours de marche de la capitale du royaume de Hongsawadi. Il annonça par lettre son arrivée à Mang Oeng qui organisa tous les préparatifs pour le recevoir. A l’arrivée de Naresuan, il lui dit « vous ne pouvez savoir l’immense plaisir que nous cause votre arrivée à la tête de vos troupes. En effet, profitant de la mort de notre royal père, toutes nos villes sont en plein désordre ».


Page56 MapS

Naresuan fit le point de la situation et dit au roi « Votre serviteur a été informé de cette situation et a pris la décision de vous porter secours ». ( Notez le « votre serviteur » du vassal) Mang Oeng donna alors l’ordre (un ordre !) à Naresuan, à son frère, au roi de Chiangmaï et au Prince Sangkhathat (probablement l’un de ses chefs de guerre ?) de partir à l’attaque des deux villes et de celle de Lan Chang ( ?).


Ne rentrons pas dans les détails de cette campagne qui connut d’abord les désordes d’une inévitable confusion entre ces différentes troupes, absence évidente d’une stratégie globale (2). Les alliés livrèrent un siège en règle de ces villes à grand renfort d’artillerie (toujours la compétence des Portugais en matière de guerre de siège et leur connaissance de l’artillerie ?), et firent un grand nombre de prisonniers ainsi que les gouverneurs des villes rebelles dont ils « firent présent » à Mang Oeng de retour à Hongwawadi.

Celui-ci couvrit Naresuan de cadeaux somptueux et donna ordre à toutes les villes situées sur la route du retour à Ayutthaya de lui réserver le meilleur accueil. Naresuan fit à son père un compte rendu des opérations, la victoire fut célébrée par des fêtes somptueuses et Naresuan s’en revint ensuite dans sa ville de Phitsanulok.

naresuan


2/ Ayutthaya  vers son indépendance.


« La reconstruction des fortifications d’Ayutthaya » 

Située, selon les annales en 1580 (annales de 1680, la date est la bonne), en 1571 ou en 1568, les annales ne nous disent pas si Thammaracha utilisa la science des mercenaires portugais et si elle traduisait une arrière-pensée, la prochaine rupture du lien féodal ?


« L’insurrection de Yan Pichian (1581) »


Difficile de dire ce que fut cette insurection que les annales situent avec une différence de 10 ans et quel était cette ville en révolte proche de Lopburi ? Seule la conclusion lapidaire en est intéressante, « les participants furent sévèrement chatiés ».


« Guerre avec Lawek »


Une nouvelle guerre avec le Cambodge ? Aucune des annales ne nous fait la grâce d’en citer la date. Quelle que soit l’indulgence que nous pouvons manifester envers des chronologies chancelantes, nous restons cois. Sachons simplement que le roi du Lawaek assiègea Petchaburi, ne put s’en emparer mais retourna (une fois encore) dans ses pénates avec un « grand nombre de prisonniers ».


« Le retour de Naresuan à Ayutthaya »


Il se situe en 1572 nous disent une partie des annales, en 1563 nous apprennent les autres ? Une certitude, il quitte Phithasnulok pour s’installer dans le nouveau palais qu’il s’était fait construire.

Les annales de 1680, les moins incertaines dans la datation, nous apprennent qu’en 1582, « il constitue une armée pour défendre les frontières de l’est. »


« La guerre entre le royaume de Hongsawadi et  le royaume d’ Ava ».


Elle intervient en 1584. Les forces centrifuges continuent à troubler l’ancien empire du « roi des rois ». Le royaume d’Ava s’agite pour obtenir son indépendance. Cette fois-ci, Naresuan prend la décision d’intervenir militairement, de son propre chef.

En effet, ce n’est plus un « ordre » que lui adresse le fils de Bayinnaung mais « une requète ». Après avoir recueilli l’avis de son père Thammaracha, Naresuan se porte au secours de Mang Oeng, toujours à la tête de « 100.000 hommes, 800 éléphants de guerre et 500 chevaux ». Il s’en retourne en vainqueur.

 

bataille


« La révolte des thaïs yaïs. »


Le royaume d’Ayuthaya subit alors une révolte dans les états Shan, région frontalière de la Birmanie. Le roi de Hongsawadi se porte au secours des insurgés, en vain...


3. « Naresuan rompt avec Hongsawadi », et le royaume d’Ayutthaya retrouve son indépendance en 1584.


C’est alors qu’à une date non précisée par les annales (mais en 1584 probablement) intervient l’événement majeur du règne de Thammaracha. Naresuan annonce de façon solennelle à ses chefs de guerre et à ses guerriers « le divorce » d’entre les deux royaumes jusqu’à la fin des temps.

 Le lien féodal est rompu ! C’est le père qui règne, c’est le fils qui prend la décision, sans – semble-t-il – en tous cas les annales ne nous le disent pas, avoir recueilli l’avis de son père ?


Sa proclamation sollenelle vaut d’être citée :


« Parce que le roi de Hongsawadi n'a pas respecté la fidèle amitié et la tradition royale parce qu’il a rejeté l'harmonie et de la vertu, parce qu’il s’est comporté sournoisement pour amener le malheur sur nous, la capitale et la métropole royale d’ Ayutthaya et le royaume de Hongsawadi ne formeront plus un seul royaume en or comme par le passé, mais ils seront complètement divorcés les uns des autres à partir de ce jour jusqu'à la fin du kalpa. »

 

कल्प

Un « kalpa »  est une notion astronomique et temporelle sanscrite qui nous semble correspondre à 311 milliards d’année, autant dire jusqu’à la fin des temps.

***

Pendant les neuf années qui suivirent, les Birmans tentèrent plusieurs fois de soumettre à nouveau le Siam, mais Naresuan avait pris toutes les mesures défensives nécessaires et repoussa les invasions. La Lawaek sentant probablement où souffle le vent est maintenant un allié. Des révoltes des princes de Phichaï et de Sawankhalok sont reprimées.

 

bataille 2


«  La guerre de 1585 et la victoire de Pa Mok »


L’opération militaire la plus sérieuse se situe en 1585, marquée par une alliance entre le royaume de Chiangmaï et celui de Hongsawadi qui attaquent au nord. Les Cambodgiens profitent évidemment de la situation pour attaquer au sud.

Batailles navales, batailles d’éléphants, charges de cavalerie, combats singuliers entre les chefs. Naresuan triomphe à la battaille de Pa Mok (probablement l’amphoe de la province d’Ang Thong ?).

 

elephant


Il triomphera également  contre les attaques birmanes en 1586 et 1587, avec souvent le concours signalé de son jeune frère. Ne revenons plus sur ces récits de batailles répétitifs, avec toujours un nombre invraisemblable de combattants, d’hypothétiques batailles navales, un héroisme marqué de part et d’autre et une chronologie toujours fuligineuse et les détails météorologiques (niveau des eaux, tremblements de terre en 1588 et 1589).

 

Prince Narusuan


4. « La mort de Thammaracha le grand».


Elle survint historiquement en 1590, date retenue par les annales de 1680, les autres la situant 11 ans plus tôt. Il avait 66 ans et avait régné 32 ans (33, c’est selon !). 


Etrange  destin que ce roi, qui avait été, nous l’avons dit,  le noble Khun Phirenthorathep, de lignée royale, qui avec  Khun Inthorapet, Mun Ratchasaneha et Luang Si Yot avaient réussi une conspiration  et assassiné la reine et Warawongsathira, l’usurpateur,  et proposé au  prince Thianracha (qui s’était retiré dans un temple), de devenir le roi Chakkraphat. Le nouveau roi l’avait fait  Prince Thammaracha de Phitsalunok,  et donner sa fille en mariage, la princesse Sawadirat, qui  devint la princesse Wisut Kasatttri,  reine de Phitsalunok.


Il ne devait pas penser alors qu’il deviendrait l’allié du roi birman d’Hongsawadi, lors de « la guerre des éléphants blancs » en 1568.

 

Bayintnaung image


 Certes, il y avait été contraint, les troupes d’Hongsawadi en grand nombre était prêt d’écraser sa cité, avec les conséquences terribles pour  les hommes de sa cité. Il avait choisi d’obéir au roi d’Hongsawadi qui l’invita à se joindre à lui et à rejoindre son armée principale. Il était devenu le vassal des Birmans.


Nous avons raconté, comment il multiplia stratagèmes, initiatives et plan sanguinaire pour entrer dans Ayutthaya, comment  il joua un rôle essentiel dans la chute d’Ayutthaya en 1569.


Il fut « récompensé » par le roi birman d’Hongsawadi, qui le fit roi.


Il eut encore la fierté de voir son fils Naresuan reconquérir l’indépendance d’Ayutthaya en 1584. A sa mort en 1590, Naresuan monte sur le trône. Il a  35 ans.


Une autre histoire siamoise pouvait commencer.


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Conclusions ou « morale de l’histoire » ?

L’étude des sources birmanes au travers les travaux de Pamaree Surakiat (3) nous laisse quelque peu songeurs. « Les études effectuées par les militaires et aussi civils thaïs étaient surtout basées sur  l’étude des batailles ou des narrations des batailles. Leurs analyses étaient donc essentiellement sur les stratégies et les tactiques et excluaient les rapports avec la société. »

Les annales ne nous apprennent effectivement rien sur les « rapports avec la société ».

L’affirmation selon laquelle les sources siamoises (ou birmanes) porteraient sur les « tactiques » ou sur les « stratégies » prête à sourire.

 

stratégie


« Tactiques » ? De toutes ces batailles, nous savons que les combatants étaient héroïques. Combien étaient-ils ? Les chiffres sont fantaisistes. L’infrastructure (infanterie, cavalerie, éléphanterie) est incertaine, tout autant l’armement et l’aide éventuelle des « affreux » Portugais

 

portos

 

ou Japonais. Nous n’avons trouvé dans aucun de ces récits de batailles le génie tactique qui fut, par exemple, celui de Napoléon à Austerlitz en énorme infériorité numérique ou celui d’Alexandre à Gaugamèles où il écrasa les Perses à un contre deux.

« Stratégie » (et non pas « stratégies », il y a une stratégie et des tactiques) : La stratégie est « l’art de conduire les opérations militaires, et celui des moyens combinés avec art pour obtenir un résultat ». La tactique est celui de « ranger les troupes en bataille ». (4)

Les annales fussent-elles birmanes, ne nous ont guère éclairées sur le génie tactique des chefs de guerre respectifs.

Une stratégie globale apparaît-elle ? Les Birmans étendent leur empire pour d’évidentes raisons « économiques » au détriment des voisins qui, pour de non moins évidentes raisons, veulent s’y soustraire. C’est la fable du loup et de l’agneau mais certainement pas de la stratégie.

« le b. a. ba de la géopolitique .....  les guerres menées du 16 ème au 19 ème avaient pour but de contrôler :

·        1/ le commerce entre le golfe de Martaban et celui du Siam.

·        2/ le commerce entre la Chine et le Nord du Siam.

·        3/  le commerce prospère d’Ayutthaya. » (3)

***

Il manque aux Siamois et aux Birmans, ce n’est qu’une simple constatation, de véritables historiens, avant que le prince Damrong, le « père de l’histoire thaïe » comme aiment à l’appeler ses compatriotes eux-mêmes (5)


damrong

 

et plus encore son fils, le prince « Suphat » (6), ne fondent la véritable recherche historique (mais au XIXème siècle)....

Véritables historiens ? tels Hérodote, « le père de l’histoire » ou Thucydide qui le premier a posé les règles d’une méthode historique : recherche de la vérité et non plus simples éphémérides, relation des causes d’une guerre, de ses faits déclencheurs, puis chronologie de cette guerre en accrochant au plus près des événements, afin de donner un portrait fidèle d’un conflit fondamental dans l'histoire du monde et l’expliquer aux générations futures, tout en ayant une vision rationnelle des faits sans voir dans leur enchaînement l'intervention des dieux mais la conséquence des actions des hommes. (7)

 

 

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(1) Ces chiffres sont invraissemblables. Louis XIV à la tête du pays le plus peuplé d’Europe, plus de 20 millions d’habitants probablement vingt fois plus que le royaume d’Ayutthaya ou celui de Hongsawadi, parvenait péniblement à disposer au plus fort de ses campagnes de 400.000 hommes.


(2) Le « commandement unique » confié au général Foch, grand stratège s’il en est, en avril 1918 seulement sur l’ensemble des armées alliées fut à coup sûr un élément majeur dans la victoire au mois de novembre. Les américains retirent la leçon lors de la guerre suivante.


(3) Voir notre article « 60. La guerre contre le Siam au XVI ème siècle, vue du côté birman par un historien thaï ».


(4) Ce sont les définitions du « Grand Larousse du XIXème ».


(5) http://www.prince-damrong.moi.go.th/


(6) Louis Gabaude « le Prince Subhadradis Diskul, 1923-2003 » in « Aséanie » 2003, volume 12.


(7) A titre de comparaison, Grégoire de Tours, père incontestable de notre histoire nationale, vécut au VIème siècle.  « Malheur à nos jours ! L’étude des lettres périt parmi nous, et on ne trouve personne qui puisse raconter dans ses écrits les faits d'à présent.’ Voyant cela, j'ai jugé à propos de conserver, bien qu'en un langage inculte, la mémoire des choses passées, afin qu'elles arrivent à la connaissance des hommes à venir. Je n'ai pu taire ni les querelles des méchants ni la vie des gens de bien. » 


 gregoire timbre

 

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