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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 00:06

TitreIntroduction.

Si vous suivez ce blog, vous connaissez déjà ce « héros national » thaï. Il est sans doute devenu auprès des Thaïs, grâce au formidable succès du film du Prince Chatrichalerm Yukol, le plus populaire des rois du Siam.* Et nos deux derniers articles, en nous servant des « Chroniques royales d’Ayutthaya »**, décrivent comment le jeune roi de Phitasalunok de 1571 (il a 16 ans), fils du roi Thammaracha, est devenu le héros de l’indépendance retrouvée d’Ayutthaya contre le royaume birman  d’Hongsawadi en 1584 et est devenu à la mort de son père, le roi Thammaracha en 1590, le nouveau roi du royaume d’Ayutthaya, (Sanphet II)  สมเด็จพระนเรศวรมหาราช (สมเด็จพระเจ้าสรรเพชญ์ที่ 2) . Il avait 35 ans.


1/RAPPEL.  Nous le connaissons donc déjà.

  • Son père avait eu un destin étonnant.*** Il avait été le chef d’un complot qui avait assassiné la reine régente (du roi Yot Fa) et son amant  Warawongsathira, l’usurpateur, était devenu Prince Thammaracha de Phitsalunok, et ensuite le vassal du roi Birman, et son allié le plus efficace. pour conquérir Ayutthaya en 1569 et devenir le nouveau roi  d’Ayutthaya en 1569 (vassal des Birmans).

 

Thammaracha

 

  • Thammaracha avait aussi connu la joie de revoir son fils Naresuan, qui otage depuis 9 ans à Pegu du roi d’Hongsawadi Bayinnnaung, avait pu, en échange de sa sœur la princesse SuphanThevi, revenir au Siam pour être promu par son père comme le nouveau  roi de Phitsalunok en 1571 (ou 1572 selon de nombreuses annales),  et surtout  le voir reconquérir l’indépendance du royaume d’Ayutthaya en 1584. (Cf. notre article précédent 63).

2/ Certes les Annales et le film du Prince Chatrichalerm Yukol, diffèrent quelque peu sur le récit de cette indépendance retrouvée.

  • Les annales de 1680, disions-nous,  les moins incertaines dans la datation, nous apprennent qu’en 1582, « il constitue une armée pour défendre les frontières de l’est. » et qu’en 1584 Naresuan prend la décision de son propre chef d’intervenir contre le royaume d’Ava désirant se détacher de sa vassalité d’Hongsawadi.

 

  • « En effet, ce n’est plus un « ordre » que lui adresse le fils de Bayinnaung mais « une requête ». Après avoir recueilli l’avis de son père Thammaracha, Naresuan se porte au secours de MangOeng, toujours à la tête de « 100.000 hommes, 800 éléphants de guerre et 500 chevaux ». Il s’en retourne en vainqueur. » (…) C’est alors qu’à une date non précisée par les annales (mais en 1584 probablement) intervient l’événement majeur du règne de Thammaracha. Naresuan annonce de façon solennelle à ses chefs de guerre et à ses guerriers « le divorce » d’entre les deux royaumes jusqu’à la fin des temps. Le lien féodal est rompu ! C’est le père qui règne, c’est le fils qui prend la décision. »

 

declaration d'independance

 

  • Le film commence en 1581 à la mort  du roi birman Bhadimong (ou Bayinnaung). Naresuan est prié par son père, d’assister au couronnement de Nondabayin (« notre souverain », dit—il). Il lui indique qu’un refus équivaudrait  à une déclaration de guerre. Naresuan le constatera de lui-même puisque lors de la cérémonie de couronnement, la ville de Khang a refusé l’allégeance.****

Une expédition est alors  montée où Naresuan montre ses talents de stratège et gagne la guerre contre la ville de Khang, attisant la jalousie parmi les Birmans.

 

kingnaresuan10


Mais en 1584 ( ?), le royaume  d’Angoua (Ava ) veut faire sécession, et le film dit que c’est Nondabavin qui demande assistance à Naresuan pour rétablir l’ordre. Naresuan accepte avec l’accord de son père, le roi d’Ayutthaya, qui laisse entendre qu’ils regagneront un jour leur indépendance et qu’ils ne pourront pas rester indéfiniment « esclaves » (ce sont ses mots).

Mais le roi Nondabavin tente d’assassiner Naresuan. Le complot est déjoué. Le prince héritier Naresuan,  déclare alors la guerre  au royaume de Hongsawadi et regagne l’indépendance d’Ayutthaya.

  • Wikipédia donne une autre version  quelque peu fantaisiste et prétend qu’ « en 1584, 3 ans après la mort de Bayinnaung,


Bayinung


  •  le royaume d'Ayutthaya cessa de payer son tribut à la Birmanie, ce qui déclencha évidemment une attaque vigoureuse de celle-ci. Naresuan la repoussa et, en 1586, il occupa le Lanna, un état tampon entre les deux royaumes. »

Bref, quelles que soient les circonstances, Naresuan est de fait dès 1581, le roi du royaume d’Ayutthaya, même s’il rend hommage à son père, et préserve les apparences et attendra la mort de son père pour devenir officiellement en 1590 le nouveau roi  d’Ayutthaya, Sanphet II.


                                                              ______________________________

 

 

Les « Chroniques royales d’Ayutthaya » vont présenter son règne (1590-1605) en 73 pages.(Elles ne consacreront que 35 pages  pour huit rois de 1605 à 1656 !).


On y voit essentiellement un roi et son frère Ekathotsarot assurer la défense du Muang reconquis contre les Birmans et même l’étendre à Chiang Mai, Tenasserim, Tavoy, Martaban, le royaume khmer de Lawaek, attaquer Ava et assiéger Toungoo.


Le roi Naresuan transmettra à son frère un grand royaume, peut-être le plus grand depuis le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng (1278-1327) (Cf. la stèle de 1292 qui donne la liste des cités vassales du royaume de Sukhotai).

 

ekathotsarot-r-1605-1610-sovrano--L-60jihc


Les Chroniques vont donc décrire « à leur façon » ces différentes « guerres », à savoir :

  • Les guerres contre les Birmans. (La campagne de 1591 qui se termine en 1593 (Wikipédia précise même le 18 janvier 1593) par le fameux duel à dos d’éléphants entre Naresuan et le vice-roi d’Hongsawadi Chaophraya Prap Trai Cak (MinchitSra ?), la guerre de 1594-1596, le siège de Toungoo (1600 ?))…

 

kingnaresuan12

 

  • L’attaque de Martaban, d’Hongsawadi et Toungo (le conflit Moulmein/Martaban) (une vingtaine  de pages)
  • La vassalisation de Chiang Mai, vassal alors d’Hongsawadi(1593 ?) (2p.), le soutien d’Ayutthaya à Chiang Mai contre les Laos de Lan Chang (1p.) et les conflits d’allégeance de Phra Ram Decho avec Chiang Mai et la succession de Hsenwi(1p.)
  • Les guerres et la vassalisation du royaume khmer de Lawaek (1590, 1594, et une succession à régler, 1601, 1603) (env. 13 p.)

 

kingnaresuan13

 

  • La prise de Tavoy et de Tenasserim (3p.), et la révolte de Tenasserim (3p.)
  • Un chapitre confus  avec le Lan Na (10p.)
  • La guerre contre Ava (1604)  qui débouche sur une visite ( ?) à Chiang Mai.

 

foot-soldiers-innwa

  • et la mort du roi Naresuan à Hang Luang en 1605.

 

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Il suffirait alors  de suivre les « Chroniques royales », d’aborder guerre après guerre, et d’en donner les principaux éléments, leurs causes, les forces engagées, la stratégie suivie, les faits marquants, et les conséquences.

Mais si les Chroniques suivent une certaine chronologie, elle est comme souvent incertaine. On passe d’un événement à l’autre sans transition, pour revenir parfois à la suite d’un événement antérieur sans préciser la hiérarchie et l’importance des conflits et guerres traités, ni leurs relations. Il n’y a donc aucune synthèse proposée, ni point de vue géopolitique à un moment donné.


Une énigme ? 

Il s’agit toujours pour nous de chercher à comprendre, de chercher du sens, là où il n’y a que des bouts de chroniques sans lien entre elles le plus souvent, mêlant l’imprécision la plus totale avec le contenu de lettres royales ou de compte-rendus de  Conseil privé du roi, pourtant non accessibles car de caractère sacré.


Mieux, ces lettres sont rapportées de façon identiques par 4 ou 5 versions (donc à des époques différentes), et laissent donc supposer qu’elles ne proviennent que d’une source. Mais laquelle ? Certes, on pense à une reconstitution, mais pourquoi alors, ne le font-ils pas pour « raconter » la guerre, pour proposer une cohérence significative, un récit. 

 

La chronique racontée peut comporter de nombreuses lignes consacrées aux rêves, prophéties, interprétations des auspices et augures, rites parfois,  de nombreuses pages à la description des processions de départ à la guerre qui peuvent aller jusqu'à’ à deux pages et plus (pp.128-129) par exemple pour décrire l’ordonnancement de la procession, les rangs et couleurs, l’ornementation et la musique, le nom des généraux avec le nom de leurs éléphants (1 page), sans oublier le rappel incessant des noms et titres des protagonistes qui pour  Ekathotsarot donne par exemple : « The Supreme Ekathotsarotisuan, Paramount-Refuge and Reverence , Holy-Buddhist-Lord-Over-All » ou en plus court « the Suprem-Holy-Younger-Brother-of-the King-Lord », et sans oublier les formules de politesse pour toute déclaration, ordre royal, et  lettre. comme par exemple celle du gouverneur de la ville de Moulmein demandant son appui aux rois Naresuan et Ekathotsarot (*****Cf. un exemple en note).


Bref, l'histoire de nos chroniqueurs n’a rien à voir avec ce que nous pouvons entendre par l'histoire en Occident.

Tentons, malgré tout, de proposer un « aperçu » de ces guerres et conflits qui ont jalonné le règne de Naresuan pendant 15 ans. (Cf. articles suivants)

 


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*A 51. Cinéma thaïlandais : La Légende de Suriyothai de ChatrichalermYukol (2001) http://www.alainbernardenthailande.com/article-a-51-cinema-thailandais-la-legende-de-suriyothai-95050366.html

 

La Légende de Suriyothai est un film thaïlandais réalisé par ChatrichalermYukol* en 2001, racontant l'histoire de la Reine Suriyothai, participant à côté de son royal époux à une bataille en 1548 contre les envahisseurs birmans, et se sacrifiant pour sauver la vie de son roi Chakkraphat Maha (1548-1569) et de son royaume.

 

legend of suriyothai16


Elle donnait chair aux histoires des héros nationaux racontées dans les manuels scolaires (par contre, Jiratticorn avoue ne pas savoir quand exactement Suriyothai est arrivé dans les livres scolaires.). En effet, tous les jeunes enfants thaïs ont appris à admirer leur princesse Suryothai, son héroïsme, son courage face à l’ennemi, son sacrifice pour son pays et son  royal époux. 

A55.  Comprendre le film thaï, La Légende du Roi Naresuan, par le jeu des muang. http://www.alainbernardenthailande.com/article-a55-comprendre-la-legende-du-roi-naresuan-par-le-jeu-des-muang-99434799.html 

**

62. Le prince Naresuan roi de Phitsanulok, 1571. 

63. Ayutthaya retrouve son indépendance en 1584 et la fin du règne de Thammaracha. (1590)

 

wallpaper-King-Naresuan-Naresuan-2006-1


On pourrait rajouter, outre les films, les statues, mausolée ( Nong Bua Lamphu :  Mausolée du Roi Naresuan.), peintures, reconstitutions historiques (à Surin par ex. pour la fête des éléphants), nom d'université (NaresuanUniversity (NU), dont le campus principal est situé à Phitsanulok, une province du nord de la Thaïlande, a été nommé d'après le Roi Naresuan le Grand), citations (par ex.: « Dans le sud-est asiatique, les éléphants furent utilisés au combat jusqu'à une période avancée du Moyen Âge. Au Siam, les éléphants de guerre étaient très prisés et les chefs de guerre combattaient souvent à dos d'éléphant. En 1593, le roi siamois Naresuan tua le prince royal MinchitSra dans un combat singulier à dos d'éléphant, ce qui mit fin à la guerre contre la Birmanie.)

http://www.dndjunkie.com/civilopedia/fr-fr/UNIT_SIAMESE_WARELEPHANT.aspx

 

***Son père avait eu un destin étonnant Il avait été le chef d’un complot qui avait assassiné la reine régente (du roi Yot Fa) et son amant  Warawongsathira, l’usurpateur, et « intronisé » de fait le prince Thianracha (qui s’était retiré dans un temple), de devenir le roi Chakkraphat. Le nouveau roi l’avait fait  Prince Thammaracha de Phitsalunok,  et lui avait donné sa fille en mariage, la princesse Sawadirat, qui  devint la princesse WisutKasatttri,  reine de Phitsalunok. Mais lors de la 3ème guerre contre les Birmans en 1565( ?), assiégé et n’estimant pas avoir eu le choix, le Prince Thammaracha s’était rendu au roi Birman et était devenu son vassal, et son allié le plus efficace. Il avait pris une part très active dans l’annexion d’Ayutthaya en 1569 et avait été récompensé et désigné par le roi d’Hongsawadi comme le nouveau roi d’Ayutthaya


****La cérémonie du couronnement, comprend l’appel des 20 états vassaux qui ont fait allégeance : « Siriké-étaya, Ksaeé, Yongraï, Prié, Batmo, Wattana, Chiengmaï, Na-a-ka-a, Lang chong, Tangoo, Veu-a-noï, Vena-a naï, Chantoung, Tan-o-sri, Tawaï, An-goua, Mo-yang, Mo- kong, Ayutthaya,  Phisalunok »


*****

Comme par exemple celle du gouverneur de la ville de Moulmein demandant son appui aux rois Naresuan et Ekathotsarot : 

 « Your Servant,  having been unable to find any refuge , would ask to take the holy and powerfull condition of constant power of the Holy-Feet-and-Supreme-Holy-Buddhist-Lords-Over-All-Who are possessed of enormous amounts of holy merit and enormous accomplishments just like the Supreme-Holy-Lord- Manahat-King-of-the-Four-Quarters-of Continent-and-Universal-Monarch,Who possessed holy royal power and excellent potency and a empire extending into all four of the great continents and having two thousand lesser islands as satellites as the venerable umbrella interposed over my head, and would ask for an army to advance to help protect the municipality”.


Ce qui pourrait donner :

 « Votre serviteur, ayant été incapable de trouver un quelconque refuge, vous fait la demande de prendre la puissante condition sacrée du pouvoir permanent du Pied-Sacrée-et-du-Suprême-et-Sacre-Buddhiste-Régnant-par-dessus-tous, qui possède une large quantité de mérite et d'accomplissement, comme le Monarque-Suprême-Manahat-Roi-des-quatre-directions-des continents-et-Monarque-Universel, qui possède les pouvoirs royaux sacrés, les pouvoirs puissants, un empire s’étendant sur l'ensemble des quatre grands continents ainsi que sur 2 000 îles mineures et satellites, comme vénérable ombrelle interposée au-dessus de ma tête, et demande également qu'une armée s'avance pour aider et protéger notre  municipalité. »

 

 Historical Atlas Of Thailand

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