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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 00:09

01 titre « Notre » Histoire de la Thaïlande : Dvâravatî et les Royaumes môns, avant la venue des Thaïs.

 Nous en étions resté à la fin du Fou-nan, annexé et absorbé par le royaume du Tchen la au VII ème siécle, le nouveau royaume émergent qui allait devenir l’empire khmer d’Angkor. Nous avons pensé que de nombreux Môns émigrèrent et renforcèrent alors d’autres cités môns  qui étaient établies dans la baie de Bangkok et la plaine centrale de la Thaïlande actuelle, ainsi que dans la basse Birmanie. Des sources chinoises attesteront au VII ème siècle l’existence d’un royaume nommé Duoluobodi, appellation que l’on considéra, dès la fin du XIXe siècle, comme la transposition phonétique du nom sanskrit Dvâravatî.


Un « mystérieux » royaume dont on  ne connaît aucun roi, aucun prince !!! De fait, on ne sait même pas si Dvâravatî fait référence à un royaume, une entité géopolitique, un ensemble de cités/états, des principautés plus ou moins puissantes, mais c’est en évidence une civilisation, une culture.

 

1/ Une civilisation qui se développa du VI ème au XI ème siècle, et qui eut une grande influence sur la civilisation thaie, jusqu’au XVe siècle. Elle amenait après des siècles d’ « indianisation », le bouddhisme, des éléments du brahmanisme, une conception du pouvoir royal,  les langues pâli et sanscrit, et un art élaboré, dont l’exposition présentée au Musée Guimet en 2009 a montré la richesse *...


 02 catalogue

 

Et c’est aussi un ensemble de cités/états que l’on (re)découvre au fil des fouilles en Thaïlande et en Birmanie, et pour nous, au fil de nos lectures. On cite dans la plaine centrale de Thaïlande, Nakhon Pathom, Khu Bua, Lopburi, Si Thep et U Thong. On découvre des noms de cités/royaumes : Lavo, Haripunchai, Thaton ( ou Thuwunnabumi ou Suvannabhumi ou suvannaphum (nom également revendiqué par la Thaïlande) ), Hanthawaddy *******


 03 Hantawadi 3

 

 2/ DVÂRAVATÎ : UN ROYAUME SANS HISTOIRE ?


Nous avons déjà  dit qu’avant le XIX ème siècle, nous ne « connaissions »  le Dvâravatî que par des sources chinoises qui ont attestées au VII ème siècle l’existence d’un royaume nommé Duoluobodi. Mais nous ne connaissions que fort peu de chose de ce mystérieux royaume jusqu’aux travaux historiques de George Coedès****qui ont guidé dans les années 60 les fouilles archéologiques en Thaïlande, et qui ont permis de témoigner et de confirmer l’existence d’une grande civilisation, ne serait-ce qu’en traduisant des petites monnaies votives trouvées lors des fouilles où apparaissaient le nom de Dvâravatî. Mais Claude Jacques*****, après les historiens P.Pelliot et G. Coedès nous invite à attendre les  découvertes de l’épigraphie avant d’accorder du crédit aux annales chinoises, surtout qu’on ne mentionne des vestiges de stûpas qu’ à Nakhon Pathom, Si Thep et Lamphun et des sculptures religieuses dans les grottes des provinces de Ratburi (Ratchaburi), Surat Thani et Saraburi.

 

3/ L’art dvâravatî

Ce sont surtout les œuvres exposées au Musée Guimet lors de l’exposition du11 février au 25 mai 2009, consacré à l’art « Dvâravatî, aux sources du bouddhisme en Thaïlande » (et les textes les présentant), qui ont le mieux révélé l’art Dvâravatî.


04 guimet 01


On y apprend, en étudiant les 145 pièces provenant de 12 musées thaïlandais, et évoquant trois sites majeurs, Nakhon Pathom, U Thong et Khu Bua (tous trois se situent dans les

vallées de la Mae Khlong et de la Ta Chin, au coeur d’une région qui semble avoir été le centre géographique, politique et religieux de Dvâravatî), auxquelles s'ajoutent la vingtaine d'oeuvres appartenant à la collection permanente, que :

 

  • Les Môns étaient des artistes qui excellaient dans la sculpture de la pierre, le stuc et la terre cuite, et dans une moindre mesure, dans le travail du bronze. Leur style étaient essentiellement influencé par les styles Gupta et post-Gupta, qui étaient florissants en Inde centrale et de l'ouest du IVe siècle au VIIIe siècle.

 

  • des petites monnaies votives en langue Môn mentionnent le nom de Dvâravatî

monnaies 5 

 

  • l’ art de Dvâravatî est essentiellement tourné vers l’imagerie la plus représentative du bouddhisme dit du petit véhicule (theravâda). La figuration du Bouddha y est omniprésente quel que soit le matériau utilisé (bronze, terre cuite, stuc ou pierre), et de rares objets usuels ou religieux (monnaie, plaquettes votives, éléments de dépôt de fondation…).

 

  • Que l’iconographie s’inspire essentiellement du modèle indien (religions, langues, conceptions de la royauté…) avec de rares œuvres qui peuvent être rattachées au bouddhisme du grand véhicule (mahāyāna) et l’hindouisme lui-même. (L’une des grandes originalités de l’iconographie mône est de montrer le Bouddha debout, en position d’argumentation).

 

  • Que le royaume môn de Haripunchai, situé au nord de la Thaïlande, autour de l’actuelle ville de Lamphun,  a prolongé l’art de Dvaravati. Le bouddhisme des Anciens (Theravāda), venu depuis les régions mōnes des plaines de Thaïlande centrale, semble avoir été la religion dominante et fournit de ce fait l’inspiration artistique majeure. ******

 

L’interview du commissaire de l’exposition Pierre Baptiste par Emmanuel Deslouis nous confirme aussi que :

  • Dvaravati a eu des échanges avec le royaume khmer. « On a d’ailleurs retrouvé au Cambodge des vestiges Dvâravatî. Dans certaines zones de l’Isan, il est parfois difficile de distinguer l’art Môn ou du khmer. Comme à Ban Fai, un lieu sur lequel les chercheurs sont en désaccord ».
  • Il est difficile d’effectuer une chronologie des vestiges de Dvâravatî entre le VI ème et le X ème siècle.
  • Que les principaux vestiges sont surtout à Nakhon Pathom et le plus grand site à U-Thong avec des stupas en briques. 
  • Que le déclin de Dvâravatî se situe vers le Xe siècle.

A l’époque, les fleuves s’ensablent, la côte s’éloigne, du coup, les activités commerciales déclinent. Les villes sont moins en contact. A l’époque, les Khmers sont eux en plein essor, et ils viennent occuper les territoires Dvâravatî. Les Khmers dominent alors la Thaïlande centrale au XIe siècle. Ils viennent se superposer à un monde en pleine mutation. Mais perdure dans le nord-ouest le royaume d’Hariphunchai, fondé au VIIe siècle, en lien avec Lopburi.

 

4/ Le déclin au Xe siècle.

 

Un monde nouveau avec  le royaume de Pagan en Birmanie et l’expansion de l’empire Khmer dans la Thaïlande actuelle ; et l’arrivée des Thais…


 pagan 06

 

Les Môns occidentaux tombèrent sous la domination des Birmans du Royaume de Pagan (Premier Empire birman) (849-1287) . Le royaume grandit dans un relatif isolement, jusqu'au règne d'Anawrahta (10441077), qui se convertit au bouddhisme theravada et unifia la Birmanie par sa victoire sur les Môns de Thaton en 1057. Son pouvoir fut renforcé sous ses successeurs Kyanzittha (1084-1112) et Alaungsithu (1112-1167). (selon Wikipédia)


 mon 06

 

Et les Môns de Thaïlande devinrent vassaux de l'Empire khmer (Royaume de Lavo). Des populations Môns émigrèrent vers le nord de l'actuelle Thaïlande, dans la région de Chiang Mai pour y fonder un royaume (Haripunchai), situé autour de l’actuelle ville de Lamphun, dans le nord du pays, avant de décliner lors de l’émergence du royaume thaï du Lan Na  et de perdre leur indépendance en 1292. *******


Au milieu du XIIIe siècle, la plus grande partie de la péninsule indochinoise était sous le contrôle et/ou la vassalité, soit du royaume de Pagan, soit de l'empire khmer. Mais l’arrivée des Thaïs  allaient modifier ce nouveau équilibre géopolitique de la Région.


Mais que représentait cet empire khmer d'Angkor ?


 

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*Exposition présentée en première mondiale au musée Guimet du 11 février au 25 mai 2009  DVARAVATI, aux sources du bouddhisme en Thailande Cf. le texte officiel présentant l’exposition du Musée Guimet : http://www.tourismethaifr.com/Download/Dvaravati.pdf

 

**À partir de 1057, les Môns occidentaux tombèrent sous la domination des birmans du Royaume de Pagan (Premier Empire birman). En dépit de quelques rébellions, celle-ci ne se relâcha pas avant deux siècles.

Les Môns mirent à profit la chute du Royaume de Pagan devant les mongols en 1287 pour reprendre leur indépendance. Ils constituèrent entre 1369 et 1539 le royaume de Ramanadesa, dont la capitale était Hanthawaddy (Pégou) : Hamsawaddy ou Hanthawaddy signifie le « royaume de l’oie ».

***Les rois de Taungû dominèrent la Basse-Birmanie jusqu'au milieu du XVIIIe siècle, mais les Môns se souvinrent toujours de l'âge d'or d'Hanthawaddy, et lorsque la dynastie parut près de sa fin, en 1740, ils se soulevèrent contre elle, fondant un bref « royaume restauré d'Hanthawaddy » (1740-1757).

**** Cf.son livre : George Cœdès, Les Peuples de la Péninsule indochinoise, Dunod, 1962.

***** Claude Jacques, Directeur d’études à l’EPHE (IVe section), Conseiller spécial pour Angkor auprès du directeur général de l’Unesco.

On peut signaler :

  • Le symposium, qui s'est tenu à l'Université Silpakorn (Beaux-Arts) de

Bangkok, du 9 au 11 décembre 1991, fait suite à celui organisé en 1988 sur le thème « La

Thaïlande des débuts de son histoire jusqu'au XVe siècle ».

On y cite la visite des sites archéologiques de Nakhon Pathom et de Ratburi et La communication de M. Jean Boisselier (« Quelques enseignements des sculptures rupestres de la période de Dvâravatï ») fournit une description des sculptures se trouvant dans les grottes des provinces de Ratburi (Rachatburi), Surat Thani et Saraburi

  • Thierry Zéphir, Diffusion des influences indiennes en Thaïlande, conférence donnée au Musée Guimet (grand salon du Panthéon Bouddhique) le 20 février 2009
  • Claude Jacques, A la recherche de Dvâravatî , conférence donnée au Musée Guimet (auditorium) le 19 mars 2009 en l'honneur de S.A.R. la princesse Maha Chakri Sirindhorn de Thaïlande.

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******Au cours des Xe et XIe siècles, une influence khmère assez sensible se fait jour dans des visages aux contours plus géométriques, parfois dotés d’une fine moustache. Les XIIe et XIIIe siècles, enfin, correspondent au plein épanouissement de l’art de Hariphunchai. Les visages témoignent d’une certaine sévérité, et quelques détails de traitement, tels les yeux présentant une forte exophtalmie, confèrent aux oeuvres de la phase finale de l’art de Hariphunchai, une originalité et une force confinant parfois à l’outrance. A travers ces six siècles d’existence, l’art de Hariphunchai est parvenu à se forger une personnalité originale enrichie des apports nouveaux que les contacts avec des états voisins plus ou moins proches rendaient possible. A son apogée, les traditions birmanes, relayant dans le nord de la Thaïlande les tendances de l’art pāla du Bengale et du Bihār à la fin de l’époque médiévale en Inde (XIe-XIIe siècle), associées au riche répertoire de formes de l’art khmer, allaient donner naissance à une nouvelle esthétique. Loin de disparaître avec la fin du royaume, cet art d’une force particulière allait ouvrir la voie à celui des suiveurs : l’expression sereine et douce, le contour ovale du modelé des visages, trahissent l’influence déjà sensible de l’art de Sukhothai.

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  • Le royaume de Lavo est une ancienne entitée politique située dans l'est de la basse-vallée de la Chao Phraya, depuis la fin de la culture de Dvaravati aux alentours du VIIe siècle jusqu'en 1388. Son centre fut d'abord la ville de Lavo, l'actuelle Lopburi, puis Ayutthaya, un peu plus au sud, à partir du XIe siècle, jusqu'à la fondation du royaume d'Ayutthaya. 

 

  • Haripunchai est un royaume môn du nord de l'actuelle Thaïlande, établi avant l'arrivée des Thaïs dans la région. Sa capitale était la ville actuelle de Lamphun, qui portait aussi le nom d'Hariphunchai. En 1292 Lamphun fut assiégée et conquise par les Thaïs du royaume de Lanna.

 

 

  • Thaton est un royaume môn établi en Basse-Birmanie au moins depuis le IXe siècle jusqu'au milieu du XIe siècle. il était essentiellement une cité-état centrée sur la ville de Thaton (aujourd'hui dans l'État Môn. Comme les autres royaumes môns de Dvaravati, il dut faire face à l'expansion graduelle de l'empire khmer. Mais ce furent les Birmans du Royaume de Pagan qui le détruisirent en 1057.

 

 

Ce royaume, de langue mône, fut fondé à Martaban après la chute du royaume de Pagan devant les mongols en 1287. Il était formellement vassal du royaume de Sukhothaï et de la dynastie Yuan. Le royaume (fédération de 3 centres : le delta de l'Irrawaddy, Pégou et Martaban) devint indépendant de Sukhothaï en 1331.

Taungû s'empara du delta de l'Irrawaddy en 1538, de Pégou en 1539 et de Martaban en 1541. Le royaume fut brièvement reconstitué en 1550 après l'assassinat de Tabinshwehti, mais Bayinnaung écrasa la rébellion mône dès 1551.Les rois de Taungû dominèrent la Basse-Birmanie jusqu'au milieu du XVIIIe siècle. Il y eut un soulèvement des Môns contre la dynastie Taungû, fondant un bref « royaume restauré d'Hanthawaddy » 1740-1757)…

 

 

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