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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 00:02

ChetatiratLe roi Phra Chettathirat  (1628 – 1629),  le roi Phra Athittawong (1628), le roi Phrasat Thong  (1629 – 1636),  le roi Chaï  (7-8 août 1656), le roi Si Sutham Racha  (8 août – 26 octobre 1656).


4. Phra Chettathirat (สมเด็จพระเชษฐาธิราช) ou encore Chetthakuman(พระเชษฐากุมาร) « Chettha l’infant ».


L’une des annales situe son avènement en 989 (i.e. 1628 ce qui pour une fois correspond à la réalité.)

Il est appelé sur le trône par l’ensemble des dignitaires civils ou religieux « pour recevoir l’onction royale et gouverner la sainte métropole conformément à la tradition ».


Il est difficile au vu de la traduction de Cushman de savoir si c’est cette procédure d’élection par les notables qui est « conforme à la tradition » ou si c’est le règne futur qui devra respecter la tradition. (?)


Pour Turpin, « il se servit de cette soldatesque mercenaire pour mettre la couronne sur sa tête » (1). La soldatesque, ce sont évidemment les mercenaires de Yamada ! (cf. article suivant consacré à Yamada).

 

Yamada


Sept jours ne s’étaient pas  écoulés que Phra Pan Si Sin, le frère cadet, furieux que les notables ne l’aient pas choisi conduisit furtivement une troupe de ses fidèles à Phet(cha)buri et y forma une armée dans le but de s’emparer de la capitale.  Le « suprême et  saint seigneur du royaume » en fut avisé et envoya à son tour une armée (probablement la soldatesque dont parle Turpin ?) qui put cerner les rebelles et s’en emparer avant de les conduire sous bonne garde devant le roi. « Dans sa sainte compassion » ( ? !)

Le roi les fit exécuter (probablement en compagnie de Phra Pan Si Sin ?) au monastère de la butte de Phraya. (Il s’agit probablement du monastère de Khok Saeng วัดโคกแสง toujours existant).

 

Monastère

 

Quant aux habitants de Phte(cha)buri qui s’étaient joints aux rebelles, ces « misérables » furent condamnés à devenir « coupeurs d’herbes pour les éléphants ».


Quatre mois plus tard (un mois selon une partie des annales) la mère de Chaophraya Kalahom Suriyawong organisa une crémation (de qui ?) au monastère du pic ( ?). Civils et militaires de haut rang, « personnes importantes et personnes sans importance », tous étaient présents en grand nombre.


En attendant, les officiers royaux se prosternèrent et incitèrent le roi à l'action en lui disant « Chaophraya Kalahom Suriyawong est occupé à une affaire fort importante mais s'il n’est pas là, c’est probablement qu’il a de mauvaises intentions à l’égard de votre Altesse ».


Le roi, effrayé mais ne pouvant enquêter sur la question, ordonna à ses troupes de rester à leur poste, il prépara d’autres troupes et envoya un seigneur, Khun Maha Montri, convoquer Chaophraya Kalahom Suriyawong. Mais dès qu'il le sut, Camun Sanphet Phakdi ( ?) avait fait prévenir l’intéressé et secrètement envoyé une lettre l'avisant d’avoir à prendre ses précautions s’il répondait à la convocation qu’il allait recevoir.


Sachant donc qu’il allait recevoir l’ordre royal, Chaophraya Kalahom Suriyawong, interrogea ses féaux. S'apercevant qu’ils resteraient probablement et prudemment neutres, ou ne l’approuvaient que du bout des lèvres, il disposa ses hommes d’armes pour procéder à l’arrestation de l’envoyé et de ses serviteurs et les placer sous bonne garde. Tous les féaux en pâlirent d’effroi. Il leur dit encore « le Roi m’accuse d’avoir réuni une assemblée pour comploter, mais je vois que je ne peux pas compter sur votre bonne foi ». Après une longue discussion exégétique concernant un épisode symbolique du Ramakien, les nobles lui dirent enfin (réponse de jésuite ou de Normand ?) « Si votre grâce vénérée meurt, nous l’accompagnerons dans la mort, si vous y échappez, nous y échapperons aussi ».


Cette réponse fit sourire Chaophraya Kalahom Suriyawong. Il leur dit « Le roi m’accuse de rébellion, qu’avez-vous à dire ? ». « Si votre révérence saute le pas, nous lui rembourserons ses bienfaits en mourant les premiers pour elle ». 


Après s’être ainsi assuré de ses cœurs pusillanimes, Chaophraya Kalahom Suriyawong marcha avec ses troupes, s’empara du palais et de la personne royale qui, cœur pusillanime lui aussi, avait pris la fuite mais fut rattrapé.


Il fut exécuté selon la tradition royale (i.e. à coups de bâton de santal) après être resté sur le trône un an et sept mois.

 

 

5. Le roi Phra Athittawong, 1628.

 

Phra Athittawong  สมเด็จพระอาทิตยวงศ์ est le plus jeune frère du monarque assassiné « selon la tradition ». Comme son frère, il est adoubé par l’ensemble des dignitaires civils ou religieux « pour recevoir l’onction royale et gouverner la sainte métropole conformément à la tradition ». Pour Turpin, « un prince de sang royal profita de l’horreur que ce crime avait inspiré pour se faire proclamer roi ».


Chaophraya Kalahom Suriyawong ne l’entendit pas de cette oreille. Question de préséance ? « Nous n’avons pas agi pour nous emparer du pouvoir mais pour protéger notre personne qui était en danger. Phra Athittawong  est le fils du grand roi, vous devez l’élever au trône mais après que je l’ai décidé ».


Le petit roi avait alors 9 ans, ignorait évidemment tout des affaires royales et ne pensait qu’à jouer. Au bout de six mois, les notables se consultèrent, les affaires du royaume se détériorant et convinrent de la nécessité de chasser le petit roi du trône et de le remplacer par Chaophraya Kalahom Suriyawong considérant qu’il tenait déjà les rênes du pouvoir. Était-il de naissance royale ? fils naturel de Ekhathotsarot ou « de condition vulgaire »  comme dit Turpin ? La question reste posée.


Les notables, toujours selon la même procédure, lui offrirent le trône et l’on prépara les cérémonies du couronnement.


Ainsi finit tristement la dynastie des rois de Sukhotaï au bout d’un siècle.


Le petit roi fut – royalement - exécuté au temple de Kok Phraya (วัดโคกพระยา) mystérieusement « spécialisé » en quelque sorte dans les exécutions royales. (il en verra d’autres)

 

temple de praya


6. Le roi Phrasat Thong (1629 – 1656)


Phrasat thong  สมเด็จพระเจ้าปราสาททอง le palais d’or ») fut son nom de règne.

 

thong


 Il est le fondateur de la dynastie qui porte son nom et qui durera à peine plus d’un demi siècle, jusqu’au règne de Naraï le grand, son fils, quatrième monarque de la dynastie.


Si les annales lui consacrent, tout comme à Ekathotsarot, treize pages, nous n’y  trouverons guère que de longues descriptions de cérémonies religieuses, de festivités (cérémonies du couronnement ou hommages rendus par les vassaux), constructions ou inaugurations de temples, de palais ou statues du Seigneur Bouddha, et, naturellement, plusieurs visites en grande pompe à la sainte empreinte de Saraburi.


Son règne, nous dit-on, fut prospère, les frontières furent maintenues, le peuple vivait en paix, les fièvres et les maladies disparurent, l’armée fut bien organisée, les récoltes étaient abondantes et de nombreuses nations étrangères venaient commercer.


En bref, il avait « accumulé les mérites » lorsqu’il mourut de maladie en 1636 après avoir connu « trente-six moussons ».


Son règne connut le passage au « millénium », l’an mille, mais ne connut apparemment pas ce que nous appelons « la grande peur de l’an mil ».


  • La vision des annales est idyllique.

Nous avons une version plus pittoresque (si l’on peut dire) de Turpin, plus en tous cas que les pages insipides des annales !


« Dès lors qu’il eut abattu tous ses rivaux de sa grandeur, il s’abandonna à toute la férocité de son caractère... Ce tyran, fécond dans la recherche de supplices, en inventait de nouveaux. Les uns étaient écrasés sous les pieds des éléphants,

 

supplice éléphant

les autres enterrés jusqu’aux épaules, imploraient la mort qui seule pouvait mettre un terme à leurs souffrances... Il fit usage d’un genre de supplice qui fait frémir la nature : On serrait si fortement le corps du malheureux avec un linge, qui semblait n’être plus qu’un fragment de lui même. On le piquait avec des espèces d’aiguilles pour lui tirer du sang. Ensuite on le coupait en deux et l’on mettait la partie supérieure sur une plaque de cuivre qui arrêtait le sang et prolongeait la vie de l’infortuné. »


Restons-en là des exploits de ce Caligula aux petits pieds !


7. Le roi Chaï  (7-8 août 1656).

 

somchai

Somdetchaofachaï สมเด็จเจ้าฟ้าไชย , son fils, s’empare du trône.

 

Peu de temps après, le seigneur Naraï (son jeune frère) envoya des émissaires auprès de son oncle, Phra Si Sutham Racha (frère de Phrasat thong). Ils tombèrent d’accord pour marcher sur le palais royal, s’emparer du nouveau roi qui fut exécuté à son tour au temple de Kok Phraya (วัดโคกพระยา).

 

D’après les annales (ce qui ne correspond pas au sous-titrage de Wyatt, deux jours) son règne avait duré neuf mois.


Nous ne saurons jamais quelles furent les arrières pensées de Naraï s’alliant avec son Oncle pour se débarrasser « à la siamoise » de son royal frère aîné.


S’agit-il bien d’une usurpation ?


Il n’y a pas de règle de dévolution successorale bien et fermement établie. La coutume prévoyait-elle ou ne prévoyait-elle pas que le fils du droit défunt soit supplanté par le frère du dit roi défunt ? La question est judicieusement posée par Turpin mais reste sans réponse précise.


8. Le roi Si Sutham Racha  (8 août – 26 octobre 1656).

 

sisutharacha


Si Suthammaracha ou Sanphet VII ( สมเด็จพระศรีสุธรรมราชา  - สมเด็จพระเจ้าสรรเพชญ์ที่ ๗) 


Sitôt installé sur le trône, il désigne son neveu comme vice-roi.


La version de Turpin est assurément la même que celles de annales mais son style plus plaisant et plus percutant que la lourde traduction de Cushman :


« Son oncle (de Naraï), sans retenue dans ses passions, voulut prendre sa sœur (celle de Naraï) comme concubine. La résistance qu’opposa le frère à cette alliance fit résoudre sa mort qu’il n’évita que par la fuite. Les Portugais touchés de son sort et flattés de l’espoir de s’en faire un protecteur, lui offrirent leur secours pour revendiquer l’héritage de son frère. Ce prince, soutenu de mille de ces braves européens, força les barrières du palais, dont il se rendit maître avant que l’on eut soupçonné qu’il en eût formé le dessein. L’usurpateur, croyant se sauver à la faveur d’un déguisement, se confondit dans la foule de ses domestiques, mais un portugais l’ayant aperçu du temps qu’il s’enfuyait avec précipitation, le saisit et lui plongea son poignard dans le sein. Le prince ne punit que ceux qui avaient été les complices des crimes du tyran et sa politique bienfaisante s’attacha les autres par des bienfaits ».


Pour Wood (2), c’est la garde japonaise de Naraï.


Pour les annales, ce ne fut toutefois ni une dague portugaise ni un sabre japonais qui mit fin aux jours de Si Sutham Racha mais une traditionnelle et royale exécution au temple de Kok Phraya (วัดโคกพระยา).

 

Ainsi commença le règne de Naraï le grand après que son oncle eut régné deux mois et vingt jours.


          narai--le-grand                

 

 

Du début du règne de Ekathotsarot (1605) jusqu’à la mort de Si Sutham Racha (1656), nous avons vu défiler dans la trentaine de pages que les annales consacrent  au début du XVIIème siècle, huit monarques. Cinq moururent assassinés (exécutés si l’on préfère !) : Phra Si Saowaphak, Phra Chettathirat, Phra Athittawong, Chaofachaï et Si Sutham Racha outre Suthat (avec un doute) et Phra Pan Si Sin, prétendants potentiels au trône (3).


Ils le sont évidemment selon la tradition, enfermés dans un sac de soie et battus à mort avec un bâton en bois de santal. Tous sont de fervents bouddhistes, les annales se répandent à longueur de pages sur leurs mérites, tous rejoignent le paradis bouddhiste, l’importance que les annales accordent à la découverte de la Sainte empreinte semble lui conférer la qualité d’événement le plus important de ce demi siècle.


Ceux qui sont massacrés le sont par d’aussi fervents bouddhistes qui gagneront aussi leur paradis. C’est une interprétation singulière du premier commandement de l’enseignement de Bouddha, vieux alors de deux millénaires, ne pas tuer...


Le premier des cinq préceptes que les petits thaïs continuent à apprendre, ce nous semble, en Pali (4). Et point ne fut besoin aux pieux bouddhistes siamois d’un casuiste comme Saint Augustin pour légitimer les infractions à la Lex divina: non occides  (5).

 

 non occides

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(1) « Histoire du royaume de Siam » tome II de François-Henri Turpin, 1771.


(2) « A history of Siam » par W.A.R. Wood, Londres, 1924. Ami du Prince Damrong, consul britannique, on peut penser qu’il bénéficiait de sources de première main ?


(3) Ne peut-on voir dans ces massacres la conséquence inéluctable de l’absence de règle de dévolution successorale précise et assurée ?

Le fils ? Le frère du père ? La désignation par l’assemblée des notables ? Telle fut la situation de l’Empire romain, sur les « douze césars », sept furent assassinés et un suicidé, les structures constitutionnelles claudicantes expliquant ces sanglantes guerres de succession.


(4)  

Panatipata wérama sikkhapathang samathiyami  - Je m’engage à ne tuer ni animal ni une autre personne.


Atinthana wéramani sikkhapathang  samathiyami  -  Je  m’engage à ne pas voler et ne pas utiliser d’autres personnes pour cela.


Kamésoumittchadjara  wéramani sikkhapathang  samathiyami - Je m’engage à refréner les désirs de ma chair.


Mousawatha  wéramani sikkhapathang  samathiyami - Je m’engage à ne pas mentir, à ne pas tenir des propos vulgaires sans nécessité, ou des propos désobligeants pour les autres.


Wéramani sikkhapathang  samathiyami - Je m’engage à m’abstenir des excès de boisson et des excès de nourriture.


(5) Saint Augustin, « La Cité de Dieu » -  I, 26. « Si contre notre volonté il arrive du mal des actions que nous faisons licitement et pour le bien, ce mal ne doit pas nous être imputé. »

 

 fin

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