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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 23:02

titreNous venons de consacrer trois articles pour nous repérer dans le commerce international en Asie du Sud-Est jusqu’au XVII ème siècle et surtout pour mesurer la place qu’a pu occuper le Siam dans  ces échanges, en essayant d’identifier les différents acteurs, le rôle qu’ils ont joué à différentes époques, les échanges pratiqués, les changements qu’ils ont apportés dans la politique commerciale et diplomatique des différents  rois d’Ayutthaya.


Nous avons déjà pu constater que l’arrivée et l’installation des Portugais d’abord en Inde en 1510, puis à Malacca en 1511 était le paradigme qui allait bouleverser tout l’équilibre de la région. ll y avait désormais un « avant » 1511 et « après » 1511. L’arrivée ensuite au XVIIème siècle des Hollandais, des Anglais et puis des Français allaient non seulement modifier le commerce international de la région, mais jouer un rôle dans la politique du Siam, de ses vassaux et de ses « ennemis ». Mais quel  rôle ? Quelle importance avait-il eu?


La lecture du livre de Michel Jacq-Hergoualc’h, « L’Europe et le Siam du XVIe au XVIIIe siècle, Apports culturels »* entre autres,

 

allait nous permettre de donner plusieurs réponses importantes à la chronologie de leur arrivée, le type de relations, les échanges, leur rivalité, leurs conflits éventuels avec les rois du Siam, comment ils durent composer avec ses nouvelles puissances, tirer profit de leur alliance, les utiliser parfois pour leur propre diplomatie et « guerres » depuis le roi Ramathibodi II (1491- 1529) jusqu’ à Phetracha (1688-1703).  (En se rappelant la période birmane de 1569 à 1584).


Rappel. Dans la première moitié du xvie siècle, les Portugais s’assurent le contrôle de l'océan Indien, après avoir vaincu les flottes des États musulmans (Empire ottoman, sultanat mamelouk, sultanat du Gujarat. Entre 1505 et 1511,Francisco de Almeida,  

 

 Francisco-de-Almeida 3

 

le premier vice-roi des Indes, fondateur de l'empire portugais en Asie, établit une série de comptoirs fortifiés et impose ainsi la présence portugaise dans les circuits commerciaux de l'océan Indien, jusqu’alors dominés par les musulmans. Son successeur, Afonso de Albuquerque, 

 

Afonso-de-Albuquerque 4

s'attaque à faire de l'océan Indien occidental un mare clausumportugais, en s'emparant de trois points qui commandent le passage des marchandises : Ormuz  (1507 et 1517) à l'entrée du Golfe Persique

 

Ormuz 5

 

Goa (1510), capitale de l'« Estado da India », pour la côte de Malabar et Cochin, et Malacca  (1511) qui commande l'entrée du détroit du même nom. Les Portugais étendent leur domination jusqu'aux Moluques, îles riches en épices. Cette expansion est justement motivée par le commerce très lucratif de telles denrées. Le poivre, les clous de girofle,  

 

clous de girolge 6

 

la noix de muscade, la cannelle, s'arrachent à prix d'or sur les marchés européens. (wikipédia)


Les Portugais, dans leurs explorations de nouveaux territoires, mais surtout de nouvelles richesses, de nouvelles relations commerciales envoient donc quatre navires, en 1508,  sous le commandement de Diogo Lopes de Sequeira,

 

Diego Lopez de Sequeria

 

à Malacca, gouverné par un sultan, vassal nominal du Siam.

 

Map of Mount Ophir Malacca 1854 6

 

L’expédition tourne mal, à la suite d’une mésentente, des Portugais sont tués et emprisonnés, et Sequiera se voit contraint de rejoindre Afonso de Albuquerque, le nouveau vice-roi portugais des Indes.


En 1509, en représailles, Albuquerque « à le tête d’une force navale considérable » (combien d’hommes et de navires ?), prend Malacca. Il  profite du départ de deux jonques chinoises pour le Siam pour envoyer Duarte Fernandes - un des prisonniers de 1508 (ou 1509), homme bien informé, qui avait appris le malais avec des rudiments de thaï - en mission auprès du roi Ramathibodi II (1491-1529), afin bien sûr d’évaluer les futures relations commerciales et politiques. C’est la première « ambassade » européenne au pays du Siam.

(Les Hollandais arriveront en novembre 1601.)


1510. La première ambassade portugaise de Duarte Fernandes.(1509 ?)


Michel Jacq-Hergoualc’h décrit l’audience, les présents échangés, la teneur de la lettre d’Albuquerque, comment le roi s’informa et reçut avec bienveillance l’envoyé portugais. Albuquerque dans sa lettre, avait fait en sorte de le rassurer, de lui  proposer de le servir en toute chose et offert l’aide de quelques capitaines et autre assistance militaire pour ses conflits éventuels contre les pays voisins.


Le roi Ramathibodi II envoya, en réponse,  une ambassade à Malacca avec une  lettre et des présents qui furent bien accueillis. (Cela fait peu d’informations !).


Il est dit qu’une lettre du capitaine de Malacca,  Rui de Aradajo –un des prisonniers du sultan en 1508 - datée du 6 février 1510, informa Albuquerque de la situation politique et économique de la région et de la position du sultan par rapport au Siam.


Albuquerque put ainsi donner des instructions précises à son capitaine, et rassurer dans une lettre le roi Ramathibodi sur les raisons qui leur avait fait prendre Malacca, et les inviter à y commercer et y habiter sans inquiétude. Il réaffirmait sa proposition d’aider le roi de sa flotte et de ses hommes selon ce que le roi lui commanderait.


La lettre d’Albuquerque fut confiée avec des présents à la deuxième ambassade en janvier 1512 menée par Antonio de Miranda de Azevedo. Il était accompagné entre autre de Duarte Coelho

 

Duarte Coelho

 

et de Manuel Fragoso qui était chargé de faire un rapport sur le pays.


(Jacq-Hergoualc’h précise en note que Manuel Fragoso restera deux ans et repartit avec une ambassade siamoise à Goa, mais que le rapport doit dormir dans quelque dépôt d’archives)


Une deuxième ambassade siamoise repartit avec les Portugais pour arriver à Malacca avant le 6 janvier 1514, puisque une lettre datée de Rui de Brito (le capitaine de Malacca) envoyée à Albuquerque en raconte la teneur. De Brito l’informe sur le bon accueil, les présents offerts par le roi siamois, leur faible tentative diplomatique de prétendre gouverner Malacca selon une promesse qu’Albuquerque aurait écrite, sur les explications données avec courtoisie pour les rassurer, quant à la paix et au commerce, « comme il en était dans le passé ». Ils virent notre force et « ils partirent satisfait de cette paix que je leur offrais ».


portugais aux Indes


 

Jacq-Hergoualc’h, judicieusement, explique que l’offre de paix  fut d’autant plus mieux accueilli, que le roi Ramathibodi II, comme son prédécesseur avait fort à faire avec le royaume de Chiangmai, son voisin du Nord. Il évoque des conflits en 1507, 1508 et 1510. « En 1513, un général de Chiangmai envahit même Sukhotai et Khamphaengphet et en 1515, ces deux régions furent purement et simplement annexées par l’envahisseur ».


Mais en fait la situation entre les deux pays évolua « à partir de 1518 avec l’arrivée à Malacca de D. Aleixo de Menezez, nanti de pouvoirs spéciaux. »


La 3ème ambassade de Duarte Coejho de 1518.

 D. Aleixo de Menezez

 

aleixo de meneses

dépêche  aussitôt Duarte Coehlo – qui avait fait partie de l’ambassade d’ Antonio de Miranda- au roi Ramathibodi II, mais muni cette fois de lettres et de présents du roi Don Manuel.

 

220px-ManuelI-P


Le roi du Siam dut être satisfait de la teneur des lettres du roi du Portugal  puisqu’ « il fit ériger, à la manière des usages sacramentaux de notre religion, une grande croix de bois orné à sa base des armes de ce royaume, dans l’endroit le plus en vue de la ville en souvenir et en témoignage de la paix jurée ». (de Barros Joao).


Jacq-Hergoualc’h,

 

helgouach

 

signale que « c’est le premier témoignage flagrant de l’étonnante tolérance religieuse qui était de règle  dans ce pays, en même temps que le premier signe concret d’une création religieuse européenne au Siam ». (p.17)


Il est dit aussi que le roi du Siam envoya à Duarte Coelho « de la ville de Hudia, en novembre 1519, trois navires, l’un lui appartenant, et deux autres que ce même roi lui confia pour sa protection contre les flottes du roi de Bantam » ! (…) L’accord prévoyait « la possibilité de faire du commerce au Siam,  à Ayutthaya certes, mais aussi à Tenasserim, à Mergui, à Pattani et à Nakhonsrithammarat et cela grâce à des privilèges spéciaux ; de plus la liberté religieuse leur était offerte, à une époque où elle était la chose du monde la moins partagée. En échange le Siam recevait des fusils et des munitions et l’aide de conseillers militaires grâce auxquels le roi Ramathibodi II put réorganiser son armée, et être victorieux en 1518 des armées du Prince de Chiengmai qui avait envahi le Nord du royaume ». (De Carvalho, raconte tout autre chose. Cf. article suivant)


Ensuite nous passons au règne de Chai Racha (1534-1546).


Il y avait eu auparavant  le roi Boromarachathirat IV qui avait succédé à son père (1529-1533), dont les « Chroniques royales d’Ayutthaya » ne disent rien si ce n’est qu’il disparut en 1533 de la petite vérole. Son jeune fils, Rattha  (1533-1534) accéda au trône en 1533 à l’âge de cinq ans et fut probablement assassiné, un an après,  par le Prince Chai Racha.


Quoi qu’il en soit de ces « querelles » de succession, le roi Chai Racha a appris à apprécier les qualités guerrières des Portugais et engage en 1538, cent vingt Portugais pour sa garde personnelle et pour former ses soldats à l’usage de la mousqueterie. Il put les utiliser avec succès contre le royaume birman  de Taungu, qui d’ailleurs en possédait aussi. Le roi Chai Racha en était si satisfait qu’il leur accorda de grosses récompenses et surtout un territoire, avec la liberté de leur culte et l’autorisation de bâtir une église. Ils furent auprès de lui jusqu’à la fin de son règne puisque encore en 1545 ils étaient de l’expédition à Chiengmai, selon les « souvenirs » de Fernao Mendès Pinto (1509-1583), un aventurier et explorateur portugais. dont les informations sont souvent contestées.


(Cf.http://fr.wikipedia.org/wiki/Fern%C3%A3o_Mendes_Pinto 


Nota.

Jacq-Hergoualc’h, ne relate pas, comme Madame De Carvalho, l’ambassade de Francisco de Castro de 1540, qui visait à faire libérer Domingos de Seizas avec 16 autres Portugais, captifs du roi Characcha. (Domingos de Seizas souvent présenté comme un mercenaire à Ayutthaya de 1524 à 1549).(Cf. article suivant).


Nous avons déjà raconté les querelles dynastiques, avec le jeune roi Yotfa « assassiné » par sa mère, qui  mit sur le trône son amant, qui régna 42 jours avant d’être lui-même tué avec la reine, lors d’un complot … et qu’accède au pouvoir  le roi Chakkraphat (1548-1569)*** (Cf. Articles 53 et 54).


Nous avons aussi longuement raconté, en suivant les « Chroniques royales d’Ayutthaya » les multiples conflits de ce roi, mais jamais nous y avons vu la présence des Portugais et pourtant il semble que durant la guerre menée par les Birmans  contre  Ayutthaya en 1549, « Durant ce siège, des canons, installés sur les forts autour d’Ayutthaya furent manœuvrés par soixante Portugais sous le commandement de Diego Pereira. Il y avait aussi des artilleurs portugais dans l’armée du roi birman. » (De Campos Joaquim. Cité par Jacq-Hergoualc’h). Une lettre de Mendès Pinto

 

Fernao mendez

 

est aussi citée pour évoquer l’aide apportée aux Birmans  par les Portugais pour tracer la route dans la jungle à l’aide de leur compas.


Certes Ayutthaya  a été annexé en 1569 par les Birmans et ne retrouvera son indépendance qu’en 1584, mais les Portugais n’ont pas dû disparaître, lors du règne du roi vassal Thammaracha (1569-1590), ni avec Naresuan le  Grand (1590-1605).


D’ailleurs de Carvalho signale que le roi Naresuan lors de sa victoire contre le Cambodge en 1593 ( ?) avait fait prisonnier le frère dominicain Jorge Da Motta 

 

dominicais

 

(et d’autres Portugais), qui fut envoyé comme son ambassadeur en 1595, à Malacca, mais sans qu’on sache ce qu’il dut négocier. (Cf. cet épisode dans l’article suivant).

Mais en cette fin du XVIe siècle, une autre nation européenne, l’Espagne, s’était installée à Manille en 1571. Naresuan vit une nouvelle opportunité, une possibilité de relancer et de diversifier ses échanges commerciaux. Une mission diplomatique espagnole dirigée par Don Tello de Aguirre  devait aboutir à un traité d’amitié et de commerce signé en 1598.


Jacq-Hergoualc’h semble conclure en disant : « Il n’y a pas grand détail à ajouter sur la présence des Portugais au Siam au cours du XVIe siècle », autant dire que nous avons peu et que beaucoup reste à découvrir dans les 70 km de l’Institut des Archives Nationales du Portugal (Torre do Tombo).

 

Aussi étions-nous curieux de vérifier en lisant le Master de Rita Bernades de Carvalho intitulé « La présence portugaise à Ayutthaya (Siam) aux XVIe et XVIIe siècles ». (Cf. article suivant).

rita-bernardes-de-carvalho

 

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*L’Harmattan,  1993.


Wikipédia : Michel Jacq-Hergoualc'h est un universitaire français, enseignant à l'Université Paris III et directeur de recherches au CNRS. Spécialiste de l'Asie du Sud-Est, il s'est particulièrement intéressé à l'histoire de la Péninsule malaise et aux ambassades de Louis XIV au roi de Siam Narai le Grand (1629-1688) ; il a notamment réédité le livre de Simon de La Loubère Du Royaume de Siam (1691).


**  Master de Rita Bernades de Carvalho intitulé « La présence portugaise à Ayutthaya (Siam) aux XVIe et XVIIe siècles », Ecole pratique des hautes études, IV ème section, sciences historiques et philologiques, Mémoire de Master de sciences historiques, philologiques et religieuses, mention « Etudes européennes, méditerranéennes et asiatiques », spécialité « Etudes asiatiques », sous la direction de Mme le professeur Dejanirah Silva-Couto, maître conférence, Paris, 2006.


***Cf. notre article 54

  http://www.alainbernardenthailande.com/article-54-le-roi-chakkraphat-en-guerre-juillet-1548-janvier-1569-112148609.html


Avec l’attaque des  Cambodgiens  de Lovek en 1549, la guerre et la défaite contre les Annamites ayant envahi le royaume de Lovek en 1556, et surtout les multiples guerres contre les Birmans d’Hongsawadi en 1549, la deuxième guerre des Birmans d’Hongsawadi de 1563 à 1564, avec la mort de la reine Suryothai,  l’écrasement des Siamois à Xainat, la capture des Princes Ramesuan et Mahin, et la reconnaissance de sa vassalité contre leur libération, la troisième guerre due au refus de donner deux éléphants blancs,  avec sa défaite et la prise en otage de son fils Ramesuan, et surtout la quatrième guerre de 1569 avec son annexion, le roi prisonnier et le Prince Thammracha de Phitsalunok désigné par le roi d’ Hongsawadi comme le nouveau roi du Siam.

 

Thammaracha

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