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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 23:06

Maurice de NassauMaurice de Nassau (1567 - 1625), fils de Guillaume le taciturne, s’est fait reconnaître par les états généraux des provinces-unies, en 1587, stathouder – en réalité roi sans couronne - des deux plus importantes provinces, la Hollande et la Zélande afin de poursuivre la lutte contre l’Espagne. L’unité des sept provinces sera réalisée par la force en 1592.

Il est l’homme fort de l’Europe.


Depuis 1580, le Portugal est soumis à l’Espagne. L’Espagne, chassée des Provinces-unies, a subi en 1588, le désastre de l’invincible armada, qui détruisit également la flotte portugaise.

 

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En France, Henri III a été assassiné, son lointain cousin et beau frère, Henri de Bourbon monte sur le trône au bénéfice d’une troisième ou quatrième apostasie (« Paris vaut bien une messe ») et a pour soucis premier de pacifier son royaume en n’ayant d’ambitions coloniales que vers l’Amérique.

La politique « coloniale » de la reine d’Angleterre, Elizabeth Ière est surtout tournée vers l’Amérique où ses « chiens de mer », les pirates John Hawkins,  Walter Raleigh ou Francis Drake s’illustrent dans des assauts et pillages contre les ports et les navires espagnols.

 

rackham8

 


Au Siam« Naresuan a transmis un royaume aux frontières assurées, point de guerres de conquêtes, point de guerres de défense, point de récits de bataille, point de réforme administrative à grande échelle. Si le sang coule, ce n’est que dans le cadre des révoltes de palais et de la transmission du pouvoir. Ces monarques n’ont point - peut-être - eu le faste et le prestige du grand prédécesseur. Nos historiens européens ne les citent guère que « pour mémoire » en leur consacrant quelques lignes, mais au moins le pays fut-il en paix. « Le roi de gloire, c’est le roi de la paix ». Ekathotsarot, le jeune frère de Naresuan, est monté sur le trône en 1605. Bien que les Annales soient muettes à ce sujet, il sera le premier monarque siamois à envoyer une ambassade en Europe, aux Pays-bas (1).


Y a-t-il des raisons claires à ce choix ?


Nous avons longuement parlé de l’arrivée des négociants hollandais dans notre article 81 : « Les Anglais et les Hollandais au Siam au XVIIème ».


Les premiers contacts commerciaux des Provinces-unies et du Siam datent de 1601, arrivée de deux navires de commerce à Pattani, l’ « Amsterdam » et le « Gouda ».  

En 1604 deux Hollandais, plus commerçants que diplomates, Cornelis Specx et Lambert Jacobsz Heijn, s’établissent à Ayutthaya où ils ont ou auraient rencontré le roi Naresuan. Arrivés avec la flotte du navigateur Joris Van Spilbergen, ils sont mandatés par la « Compagnie du Moucheron » (Crée en 1597, elle a précédé la VOC, créée en 1602).

 

VOC

 

Ils reçurent en tous cas un accueil chaleureux et y ont préparé la venue d’une mission diplomatique siamoise  aux Provinces-Unies. Naresuan avait pour priorité de se dégager de l’emprise birmane, à sa mort le projet va se concrétiser.


La relation la plus ancienne que nous ayons de cette ambassade, reproduite par Paul Pelliot en 1936 (2) est un fascicule de 17 pages en un français très approximatif et anonyme, daté d’Amsterdam en 1608 (3).

 

ambassade bon


Quel est le contexte dans la région ?

 

La personnalité de l’amiral hollandais Cornelis Matelief de Jonge, probablement l’un des plus hardis parmi les navigateurs ou amiraux hollandais,

 

Cornelis Matelieff de Jonge

 

et celle du maître des Provinces-nies n’est peut-être pas étrangère au souci du roi Ekathotsarot (monté sur le trône en 1605) d’entretenir des rapports courtois avec les Provinces-unies ?


Il reçut en 1605 le commandement d’une flotte de 11 vaisseaux portant 1486 hommes avec ordre d’aller attaquer sur terre et sur mer toutes colonies espagnoles et portugaises dans les « Indes orientales ». Décidé à attaquer et prendre Malacca, il donne à ses hommes du courage en leur donnant droit de pillage. Le récit de ses exploits guerriers, de son courage aux combat et de celui de ses hommes qui combattaient souvent à un contre dix, avait bien évidemment du venir aux oreilles des siamois (4).


C’est lui qui, de retour de son expédition en 1608 a charge d’embarquer les ambassadeurs siamois. La mission, composée de 20 siamois rejoint Bantam (Java) le 9 décembre 1607. Elle quitte l’île sur le navire « Orange » avec la flotte de notre amiral, le 28 janvier 1608 et atteint La Haye le 10 septembre 1608.


Nous ignorons tout des péripéties de ce long voyage.


Le Prince Maurice reçut deux ambassadeurs le lendemain même en compagnie de l’amiral qui fit la joie de son maître en lui contant ses exploits contre les Portugais. Il lui explique encore qu’il tenait à expliquer à ses interlocuteurs siamois que les Hollandais n’étaient pas comme les Espagnols et les Portugais des « écumeurs de mer ». Peut-être aussi les ambassadeurs voulurent-ils s’assurer par eux-mêmes que les Hollandais n’étaient point tels que les Espagnols et les Portugais les représentaient : Les Portugais avaient en effet imaginé de dire que les Espagnols et les Portugais étaient les seuls peuples blancs de l’Europe, et que les Hollandais vivaient à l’état de corsaires sur les uns et les autres.


Naturellement, la présence d’un « truchement » est nécessaire en la personne d’un jeune employé de la VOC depuis six ans. « Ils firent entendre à son excellence qu’ils étaient envoyés par leur roi pour voir le pays et lui offrir son amitié lui envoyant les présents qu’ils ont apportés avec eux (5). Ces cadeaux, disent les ambassadeurs sont destinés à s’attacher l’amitié du Roi de Hollande lequel leur rétorqua qu’il était de son côté disposé à rendre « toutes sortes de service au roi du Siam ».


Une anecdote amusante (?), les ambassadeurs apprennent au Prince qu’un précédent ambassadeur que devait lui envoyer le roi du Siam avait désobéi et qu’il avait fallu le rotir à feux doux dans un chaudron pendant un mois avant qu’il ne trépasse.

 

Chaudron

De façon plus concrète (ou moins diplomatique) nos ambassadeurs apprennent au stathouder que leur maître a quatre ou cinq rois vassaux feudataires, qu’il peut aligner une armée de trois cent mille hommes et deux mille éléphants de guerre et qu’il peut ouvrir aux Hollandais les portes du commerce avec la Chine (3). Il est permis de penser qu’il s’agissait de l’objet essentiel de la mission (6).


Nous apprendrons (3) ensuite que les dits ambassadeurs visitèrent Amsterdam, Hoorn (ville portuaire importante)

 

hoorn

 

et Enkhuizen (autre petite ville portuaire) pour retourner dans leur pays après avoir découvert avec stupéfaction des longues vues qu’ils ramenèrent à leur monarque (c’était le début des lunettes astronomiques)


galillee

 

et visité les chantiers navals qui les impressionnèrent fort. Nous savons en effet que la marine siamoise à cette époque, commerciale ou de guerre était pratiquement inexistante.

Après un long séjour, ils quittèrent Anvers le 30 janvier 1610, avec une flottille transportant  Pieter Both,

 

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premier gouverneur général des Indes néerlandaises et commandée par l’amiral Wybrand Van Warwijk (7).

Ils arrivèrent à Bantam en décembre et rejoignirent Ayuthaya l’année suivante. Le premier traité commercial entre  les deux pays ne sera toutefois signé qu’en 1617 (8).


On peut s’étonner que cet événement qui s’est déroulé il y a quatre cent ans, la première arrivée des Siamois en Europe et leur séjour aux Pays-Bas pendant deux ans, n’ait pas donné lieu à une plus abondante littérature alors par exemple que celle sur les ambassades siamoises en France sont surabondantes ?


Ce que nous avons de plus explicite, nous l’avons dit, est et reste le petit opuscule de 1608 (qui a fait l’objet d’un « reprint » en 2008 …en Angleterre).Il y a probablement encore des trésors qui dorment dans les archives néerlandaises ?


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                   « In cauda venenum » ou « In cauda veritas »?

 

                          ____________________________

 


« La Néerlande a des historiens ; mais la philosophie de l’histoire y a compté jusqu’à ce jour peu de représentants. Cette lacune tient probablement à la nature du génie hollandais, plus enclin à raconter les faits qu’à en rechercher les causes. Ce ne serait pourtant pas sortir du caractère pratique que de remonter à la source des événements qui ont successivement réduit l’importance » (9). Cette critique déguisée du subtil poète romantique Alphonse Esquiros

 

Alphonse Esquiros

 

laisse-t-elle entendre que les historiens hollandais ne s’intéressent à l’histoire qu’en termes des dividendes payés par la VOC à leurs aïeux, semblables au petit chien d’Anatole France (10) ?

L’ouvrage le plus complet à ce jour sur la présence hollandaise au Siam est l’œuvre d’un … australien et a été publié dans l’Illinois (11).

 

________________________________________________________________________

 

Notes

(1) Voir notre article 71 « Les huit rois du début du XVIIème siècle ».


(2) Paul Pelliot « les relations du Siam et de la Hollande en 1608 » in : « T’oung Pao volume 32 livre 4, pp 223-229, 1936.


(3) « Ambassades du roy de Siam envoyé à l’excellence du prince Maurice, arrivé à La Haye le 10 septembre 1608 ». « L’an de grace 1608 ». L’ouvrage a été numérisé par http://books.google.fr.


(4) « Matelief, par son énergie et son adresse avait préparé les immenses conquêtes que les hollandais devaient faire dans les Indes et la Malaisie » nous dit Larousse dans la longue rubrique qu’il lui consacre in « Grand dictionnaire universel du XIXème siècle » volume 10 sans dire un seul mot de l’ambassade siamoise.


(5) Voir note 3 : « Deux piques ayant les fers damasquinés, deux javelines de jonc, deux arquebuses comme les nôtres faites à mèches, les canons damasquinés et les rouets dorés,

 

arquebuse-rouet-1580

 

dont ils se servent pour tuer des éléphants, ayant la balle grosse comme celle de nos mousquets, deux épées à fourreau d’or battu, deux éventails et deux boites dans l’une desquelles étant de bois couverte de drap et cachetée, il y avait une autre boite d’ivoire et dans icelle la lettre du roy de Siam à son excellence en lettres gravées en or, de la longueur de trois quart d’une aune roulée en façon de fer blanc roulé, icelles lettres conformes à l’alphabet syriaque. L’autre boite était d’or faite avec beaucoup d’artifices en façon de tasse dans laquelle étaient cachées deux petites boitelettes de bois couvertes de perles en icelles un anneau d’or fort pesant et en icelui huit petits rubis enchassés au milieu d’un diamant pointu et en une autre boite d’or, un anneau portant un rubis gros comme le pouce d’un homme….. ».

Dans cette liste n’est pas inventoriée une statuette de Bouddha de 17 cm de haut en bronze doré présentement au « National museet » de Copenhague et provenant des collections de l’érudit Berent ten Broecke plus connu sous son nom latin Bernhard Paludanus, collectionneur d’objets asiatiques, vivant à cette époque dans la petite ville de Enkhuizen où nos ambassadeurs firent étape. Elle pourrait peut-être provenir de cette ambassade ou plus vraisemblablement d’un don fait par l’un des ambassadeurs au collectionneur.  Voir : « The Shifting Identity of a Thai Buddha in Seventeenth-Century Europe » par Joaneath Spicer in « The journal of the walters art museum » volume 64-65, 2006-2007.


 Bouddha

(6) « Notes Upon the relations beetween Holland and Siam » par W. Blankwaardt in « Journal of the Siam society » 1926.


(7) Encore un exceptionnel marin, auquel on doit la découverte de l’île à laquelle il donné le nom de son Prince, l’ile Maurice.


(8) Voir notre article 75 : « Les Relations Du Siam Avec Les Européens. (XVI-XVIIème Siècle) »


(9) Alphonse ESQUIROS « La Néerlande et la Vie hollandaise. — IX. — L’Histoire et les Historiens de la Hollande, dernière partie » in

« Revue des Deux Mondes », Deuxième période, tome 10, 1857 (pp. 275-315).

 

(10) « Le petit chien de Monsieur Bergeret ne regardait jamais le bleu du ciel incomestible ».

 

(11) « The Dutch in Seventeenth Century Thailand » par George Vinal Smith, Center for Southeast Asian Studies, Northern Illinois University, 1977 - 203 pages

 

Il s’est ouvert en avril 2013 à Ayutthaya un  «Baan Hollanda Museum ». Son site Internet (http://www.baanhollanda.org/en/) nous semble faire plus de place à la boutique de souvenirs (tulipes en porcelaine et poupées hollandaises) et au « coffee shoop » (« Enjoy the taste of delicious Dutch Coffee and typical Dutch sweets and cookies »)

 

koffie

 

mais n’en disons pas plus faute de l’avoir visité.

 

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