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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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25 avril 2015 6 25 /04 /avril /2015 20:00

 Trésor titreSon fameux trésor, son naufrage !  Mythe ou réalité ?

 

Un trésor qui n'en est un que pour les journalistes en mal de copie et les aigrefins ! 

 

Une histoire de trésor ? C’est toujours fascinant ! Tous les naufrages ont donné lieu à une littérature marginale de colportage… Trésors engloutis et robinsonnades, Paul et Virginie et Robinson Crusoé... Internet a pris le relais.

Nous pouvons y lire à peu près partout (avec quelques variantes) :

 

« Le Soleil d'Orient  est un navire de commerce construit pour la Compagnie française des Indes orientales par le maître charpentier hollandais Anton Looman et lancé à Lorient en 1671. Le Soleil d'Orient doit sa célébrité à un voyage à Bantam d'où il part en 1681, avec à son bord l'ambassade du roi de Siam auprès de Louis XIV : vingt mandarins chargés d'une précieuse cargaison de plus de 800.000 livres d’étoffes de coton, de soie, d’épices, d’or, d’argent, de pierres précieuses et des trésors des pagodes du Siam, destinée au « roi d'Occident ». Le Soleil d'Orient  fait naufrage le 1er novembre 1681 au large de Madagascar. Le naufrage alimente toujours régulièrement la curiosité des chercheurs d'épaves ».

 

L’article de Wikipedia cite des sources ( ?) qui disent – mutatis mutandis – toutes la même chose (1). Chacun copie ce que dit l’autre dans un ordre indéterminé.

Même commentaire, sans toutefois que le montant du trésor soit chiffré, sur un autre site (2).

Pour E… S…, lointain petit neveu ( ?) d’un célèbre corsaire  (dont la cupidité était légendaire)

 

Surcouf

 

qui sait « à 99 % » (bon voyons !) où se trouve l’épave, le navire transportait 60 caisses d’ouvrages en or massif, bijoux, etc…etc selon « un inventaire de la cargaison de 27 pages » ; Nous ne saurons pas évidemment où fut trouvé cet inventaire, mais qu’il est à la recherche de commanditaires : « La récente débâcle des marchés financiers impose aux investisseurs de diversifier leurs placements et d’explorer rapidement d’autres pistes d’investissement » (3). Celui-ci a fait de la chasse aux trésors un fructueux fonds de commerce. Ses ouvrages vous permettront de retrouver tour à tour le trésor des templiers,

 

affiche Benjamin Gates et le Tresor des Templiers 2003 3

 

celui des nazis,

Tintin nazis

 

celui de Rennes-le-château,

 

le-tresor-maudit-de-rennes-le-chateau-888662-250-400

 

 

celui d’Alaric,

 

Alaric

 

celui des Incas

 

Incas

 

sans oublier chez nous celui des Japonais, des tonnes d’or oubliées dans la région de Kantchanaburi,

 

Japonais

 

le trésor du Malabar Princess

 

Malabar princess

 

et évidemment celui qui nous intéresse, le trésor du Siam. Commanditaires potentiels, à vos escarcelles.

 

Un bon placement en effet :

 

« L’un des trésors les plus mythiques reste celui du « Soleil d’orient » disparu au large de Madagascar, un trésor estimé à 800.000 livres de l’époque comprenant deux éléphants en or massif caparaçonnés de pierres précieuses qui font encore rêver les chercheurs ». Nous retrouvons toujours le chiffre de 800.000 livres mais découvrons avec émerveillement – une pure invention - les deux éléphants en or massif « caparaçonnés » (sic) de pierres précieuses (4).

 

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Grotesque !

 

Pour « Gavroche » il s’agit « du Titanic du Siam » (pas moins !) et de citer un trésor de 18 millions d’euros actuels. Pour seule référence, « les archives réunionnaises » (mais on se garde de références plus précises, évidemment) qui signalent ou plutôt signaleraient que le navire y fit escale le 1er octobre 1681. Comme si le commandant du navire allait détailler une cargaison (inexistante) susceptible de procurer des frissons à tous les pirates des mers du sud (5). C’est probablement ce qu’on appelle le « journalisme d’investigation » ?

 

Une honte, tout simplement !

 

Nous trouvons un chiffre de 15 millions d’euros (sans évidemment la moindre justification ni preuve crédible) sur un site qui semble pourtant un peu moins farfelu que les autres (6). L’évaluation à 800.000 livres de l’époque est pure affabulation, sa correspondance en euros l’est tout autant.

 

Restons sérieux et tenons-nous simplement à un site sérieux concernant les navires de la Compagnie des Indes qui nous dit simplement … « armé à Bantam pour la France le 16 septembre 1681, ayant à son bord une ambassade du Siam. Perdu corps et biens au large du Cap de Bonne-espérance à la fin de l'année » (7).

 

Nous trouvons sur le site du musée de la Compagnie des Indes à Lorient une superbe maquette de ce navire (8).

 

le-soleil-dorient-lorient

 

Laissons les gogos à leur rêves et les aigrefins à leurs recherches de commanditaires, contentons nous de rappeler les mésaventures d’une dame Belge richissime vivant à Cannes et qui conte sans acrimonie la manière dont elle a ou aurait été escroquée par un chercheur de trésor nommé XXX dans les années 98 – 99, de plus de deux millions de francs pour financer la recherche et la découverte du trésor du Siam, la lecture en est édifiante (9).

 

***

 

Ce n’est point la recherche d’un trésor imaginaire qui nous a conduit à consulter ces sites mais tout simplement des recherches sur la première ambassade que le roi Naraï aurait envoyé en France sur les conseils de Phaulkon et qui se serait perdue en mer.

 

«  Aurait », c’est  à dessein que nous employons le conditionnel puisque l’existence même de cette ambassade a pu être été mise en doute.

 

Dans sa monumentale « Histoire de la marine française », Charles de la Roncière portant exhaustif parle d’abondance des navires qui ont conduit la deuxième ambassade de 1684 à bon port en France mais nullement de l’épisode de 1680-1681 (10). Ce n’est toutefois pas dire que cet épisode n’a pas existé.

 

la-ronciere

 

Nous nous sommes alors penchés sur l’ouvrage du très érudit Lucien Lanier (11). Il nous parle bien du « funeste sort de cette ambassade, la première de ce genre qui ait entrepris un voyage de 6.000 lieux pour apporter à un prince d’occident des témoignages de respect et des propositions d’alliance », mais ne parle que de « magnifiques présents ». Lanier cite ses sources, il en est une qui nous a intrigués. Nous connaissions Eugène Sue comme romancier et feuilletoniste mais nullement comme auteur, lui aussi d’une monumentale « Histoire de la marine française sous Louis XIV » (12). Il vaut d’être cité :

 

eugene-sue

 

« … Forbin se trouve un des acteurs de cette impudente comédie, si connue, d’ailleurs, que les ministres de Louis XIV, aidés du jésuite Le Tellier, jouèrent devant le grand roi, qui les crut de toutes les forces de son orgueil si superbement bonasse, et de toute son hypocrite dévotion : Il s’agissait de la prétendue ambassade envoyée par le roi de Siam pour rendre hommage à la splendide renommée du roi de France …Or, d’ambassadeurs siamois, il n’y en avait pas, car l’ambassade et les présents qu’elle apportait au roi de France, tout avait péri dans un naufrage, mais de ce naufrage, deux secrétaires avaient surnagé, telle était la fable. Le vrai était que ces secrétaires étaient d’effrontés coquins endoctrinés par les ministres ; que l’ambassade n’avait jamais existé, et que toute cette chimère avait été imaginée pour flatter la vanité du maître qui se prit le mieux du monde à ce glorieux gluau … » Le reste à l’avenant dans « cette farce digne de Molière ».

 

Qui croire ?

 

L’ambassade de 1681 était-elle un leurre ?

 

Nous avons essayé d’y voir clair, l’ouvrage de Sue a fait l’objet d’une critique serrée, ce qui ne veut pas dire féroce, d’Auguste Bussière dans la « Revue des deux mondes » (13) , il admire le romancier mais point l’historien, en quelque sorte, il nous rassure puisque Sue a manifestement arrangé l’histoire à sa façon : « Ainsi M. Eugène Sue s’est placé logiquement dans la nécessité d’avilir les ministres ou autres agents de Louis XIV, pour avoir voulu les faire trop grands aux dépens de la grandeur de leur maître, ou d’absoudre celui-ci pour l’avoir fait trop petit ; alternative fâcheuse, dont aurait dû le préserver l’étude consciencieuse et minutieuse qu’il a faite de cette époque … »

 

Où est donc la vérité ?

 

Ne la cherchons pas dans les « Annales » traduites par Cushman, nous en avons parlé et continueront à en parler d’abondance, elles consacrent 80 pages au Roi Naraï mais ne parlent que de l’ambassade de Kosapan en 1684. Nous savons que la découverte d’une « empreinte du pied de Bouddha » y est plus amplement commentée que d’autres événements que nous aurions tendance avec nos esprits occidentaux à considérer comme plus fondamentaux.

 

Allons-nous trouver un écho de cette première ambassade perdue en mer dans les mémoires de l’époque ?

 

Celles du Marquis de Dangeau nous apprennent, pour le samedi 14 octobre 1684 «  Les envoyés de Siam arrivèrent à Paris pour négocier quelque chose sur le commerce avec les ministres du roi, à qui seuls ils étaient envoyés. Leurs ambassadeurs périrent l'année passée et ceux-ci n'auront point d'audience de Sa Majesté  » ce qui est mince (14). 

 

Dangeau

 

Nous en apprenons beaucoup plus à la lecture du « Mercure galant » (15). Le navire aurait quitté Bantam le 6 septembre 1681 six mois plutôt que prévu, et était attendu à Port-Louis (capitale de l’île Maurice) où il aurait dû arriver six mois plus tard, durée habituelle du voyage. Un vaisseau anglais aurait lui-même rencontré un bâtiment hollandais qui avait lui-même rencontré le navire français au Cap fin juillet 1682. Le navire aurait eu pour dessein de relâcher un mois à l’île Bourbon (La Réunion). Il avait manqué cette île « comme il arrive souvent à la mer » et rejoint Le Cap. Depuis lors, on n’avait pas de nouvelles du navire dont on espérait la venue prochaine.

 

Monseigneur Pallegoix va, une fois de plus, venir à notre secours.

Dans le premier volume de sa « description du royaume thaï ou Siam » (16) consacré aux mœurs, us et coutumes des siamois, il nous dit « Du temps de Louis XIV, le roi de Siam, appelé Phra Naraï, envoya un de ses navires en France avec trois ambassadeurs, mais arrivés aux environs du Cap de Bonne-Espérance, il périt par un terrible naufrage ». C’est une erreur évidemment puisque le navire appartenait à la Compagnie des Indes. Le second volume, relatif à l’histoire des thaïs, est plus précis, même s’il situe l’événement en 1659, erreur évidente mais nous avons vu les difficultés d’effectuer une comparaison entre la datation traditionnelle des annales et le calendrier grégorien : « Constantin Falcon arriva cette année-là à Juthia ; il entra en faveur dans l’esprit du roi qui le fit mandarin. Ce fut à son instigation que le roi de Siam envoya des ambassadeurs en France ; mais arrivés aux environ du cap de Bonne-Espérance, le navire qui les portait fit un triste naufrage et les ambassadeurs ne parvinrent pas en France ». Plus loin, Monseigneur Pallegoix qui fustige sans citer son nom Eugène Sue nous apprend qu’il existe un volume entier des Annales sur ces ambassades, il ne nous dit malheureusement pas lesquelles mais ce ne sont en tous cas pas celles traduites par Cushman. Ces annales dorment probablement encore dans quelques archives thaïes ?

 

Et le trésor ?

 

Notre évêque est plus précis : C’est à la suite de la paix de Nimègues en 1678, année triomphale pour Louis XIV, que le roi décide d’envoyer une ambassade en France. « Le roi désigna donc un mandarin du premier ordre et deux du second pour aller, avec une nombreuse suite, en ambassade à Rome et en France. Sa majesté voulait envoyer des présents en or et en argent ; mais on lui fit entendre qu’il était plus convenable d’envoyer des raretés du pays ; on mit donc dans le vaisseau deux jeunes éléphants, deux petits rhinocéros, du musc, du bois de calambac et beaucoup d’autres choses très rares et très estimées ». Ce sont probablement là en quatre lignes les « 27 pages d’inventaire » et les « 60 caisses » ?  Un missionnaire accompagne l’expédition en qualité d’interprète. Le navire de la compagnie des Indes quitte le Siam  la veille de noël 1680. C’est faute d’avoir reçu des nouvelles du navire perdu en mer que le roi Naraï décida d’envoyer la seconde ambassade.

 

Nous trouverons d’autres précieuses précisions, et la probable vérité, dans l’ouvrage de Monseigneur Launay (17). Le prélat déroule des dizaines et des dizaines de pages de documents d’archives, présentement aux archives des missions étrangères de Paris, inventoriées et en cours de numérisation (18). Nous apprenons que la seule chose qui retenait le roi dans l’ambassade était l’absence d’une marine siamoise propre à conduire un navire jusqu’en France mais l’on obtient le navire de la compagnie des Indes à partir de Bantam que l’on rejoint sur une corvette de la même compagnie, « le vautour » au départ de Mergui. Le bagage le plus précieux en était probablement les lettres sur feuille d’or destinées au roi de France et au pape, longues d’un pied, larges d’un pouce et de l’épaisseur d’un sequin. On considéra qu’il était hors de propos d’envoyer des ouvrages d’or et d’argent, ce qui semble correspondre à la (relative) modestie des cadeaux envoyés au Prince de Nassau quelques dizaines d’années auparavant (voir notre article  82 : La 1ère ambassade siamoise en Hollande en 1608).

 

Nous connaissons le nom des trois ambassadeurs, qui n’étaient pas « vingt mandarins », Oprapipatracha Maytri, Louand Seri Vissan Senton et Cun Nacolla Vichay. La date du départ fut fixée par les astrologues, la veille de noël 1680. Les Siamois atteignent Bantam 17 jours plus tard. Le «  Soleil d’orient » est arrivé à Bantam le jour de la Saint Jean (24 juin 1681) et l’arrivée en France prévue pour le mois de mars 1682. En janvier 1683, il n’avait toujours pas atteint la France. Un naufrage est hautement probable, ce qui ne change rien aux désirs du roi de nouer des rapports amicaux avec la France. Ce n’est qu’en janvier 1684 que la perte définitive des ambassadeurs semble avoir été confirmée. Tous les documents ou correspondances visés par Monseigneur Launay sont exactement référencés par rapport à leur original conservés dans les archives de l’ordre.

 

Qu’est devenu le navire ?

 

Il a en tous cas disparu en saison de cyclones, à une date qui semble se situer entre novembre 1681 et janvier 1682 après avoir probablement quitté l’île Maurice, au large de Cap Dauphin

 

fort dauphin

 

au sud de Madagascar ou au large du Cap de Bonne-espérance qui n’est pas à côté (au moins 3.000 kilomètres) du sud de Madagascar ?

 

Naufrage-Big

 

Coulé par des pirates, coulé par des corsaires hollandais, victime des éléments, tout simplement et quelle qu’en soit la cause, dans les abysses de l’océan indien (dont la profondeur moyenne est de 3.500 mètres).

Nous savons ou plutôt avons confirmation par un article de Michael Smithies qu’il n’y eut aucun survivant (19).

 

***

 

Nous n’avons donc qu’une certitude : le roi Naraï a envoyé une première ambassade à la fin de l’année 1680 vers la France.

 

Elle est partie de Bantam sur le « Soleil d’orient » fleuron de la compagnie des Indes orientales. Le navire a sombré corps et biens, Dieu et Bouddha seuls savent où et quand, en engloutissant avec lui deux éléphanteaux, deux petits rhinocéros et quelques centaines de passagers qui ont depuis plus de trois siècles engraissé les crabes et les langoustes. Ce navire ne transportait ni or ni argent ni pierres précieuses. Il aurait sombré en une zone, puisque nous sommes dans le domaine des fariboles, restons-y (et rajoutons-en une couche), où « des chercheurs ont réussi à découvrir grâce à l’étude du sable qui se trouve sur les plages paradisiaques de l’Île Maurice, des silicates de zirconium (ZrSiO4) qui seraient bien plus anciens que les roches basaltiques de l’île et y démontrent la présence de l’Atlantide » (20).

 

atlantide

 

Son épave git donc sur les vestiges de l’Atlantide, la où est le zirconium, là aussi est l’Atlantide comme chacun sait, par plusieurs milliers de mètres de profondeur au milieu de bancs de cœlacanthes et de calamars géants.

 

***

 

Au XVIIème siècle, les risques de naufrages dans le « Galion de Manille » étaient énormes, 30 ou 40 % (21), la disparition du « Soleil d’Orient » ne fut considérée que comme un épisode malheureux. En 1789 est publiée à Paris (Editeur Cuchet) une « Histoire des naufrages » en 39 tomes à laquelle nous n’avons malheureusement pu avoir accès (22).

 

***

Le trésor le plus précieux (pour l’historien) reste la lettre adressée par le roi Naraï à Louis XIV. Le « support or » en est probablement perdu à jamais mais il nous reste, toujours aux archives des Missions étrangères, le texte de la traduction qu’en avait faite Monseigneur Pallu à l’attention du roi Louis XIV, daté de 1680 sans plus de précisions :

 

« Lettre de la royale et insigne ambassade du grand roi du royaume de Juthia qu’il envoie à vous, ô très grand roi et très puissant seigneur des royaumes de France et de Navarre, qui avez dignités suréminentes, dont l’éclat et la splendeur brillent comme le soleil ; vous qui gardez un loi très excellente et très parfaite, et c’est aussi par cette raison que, comme vous gardez et soutenez la loi et la justice, vous avez remporté des victoires sur tous vos ennemis, et que le bruit et la renommée de vos victoires sur tous vos ennemis, et que le bruit et la renommée de vos victoires se répandent par toutes les nations de l’univers. Or, touchant la lettre de la royale ambassade pleine de majesté que vous, ô très grand roi, vous avez envoyé par Dom François, évêque, jusque dans ce royaume, et après avoir compris le contenu de votre illustre et élégante ambassade, notre cœur royal a été rempli et comblé d’une très grande joie, et j’ai eu soin de chercher les moyens d’établir une forte et ferme amitié à l’avenir ; et lorsque j’ai vu le général de Surate envoyer ici, sous votre bon plaisir, un vaisseau pour prendre notre ambassade et nos ambassadeurs, pour lors mon cœur s’est trouvé dans l’accomplissement de ses souhaits et de ses désirs, et nous avons envoyé tels et tels pour être les porteurs de notre lettre d’ambassade, et des présents que nous envoyons à vous, ô très grand roi, afin qu’entre nous, il y ait une véritable intelligence, une parfaite union et amitié, et que cette amitié puisse être ferme et inviolable dans le temps à venir ; que si, ô très grand et puissant roi, vous désirez quelque chose de notre royaume, je vous prie de le faire déclarer à nos ambassadeurs. Lorsque les mêmes ambassadeurs auront achevé, je vous prie de leur donner permission de s'en revenir, afin que je puisse apprendre les bonnes nouvelles de vos félicités, ô très grand et puissant roi. De plus, je vous supplie, ô très grand et puissant roi, de nous envoyer des ambassadeurs, et que nos ambassades puissent aller et venir sans manquer, vous priant que notre amitié soit ferme et inviolable pour toujours ; et je conjure la toute-puissance de Dieu de vous conserver en toutes sortes de prospérités, et qu'il les augmente de jour en jour, afin que vous puissiez gouverner vos royaumes de France et de Navarre avec toute tranquillité ; et je le supplie qu'il vous agrandisse par des victoires sur tous vos ennemis, et qu'il vous accorde une longue vie, pleine de prospérité. »

 

Le roi Naraï jouait-il de malchances avec les ambassadeurs ?

Quelques années plus tard, en 1686, un navire portugais parti de Goa et transportant Occum Chamnan et sa suite, ambassadeur envoyé par Naraï auprès du roi du Portugal, fit naufrage au Cap des Aiguilles, à l’extrémité sud de l’Afrique en 1686. Tous furent sauvés mais se retrouvèrent sur un îlot occupé par des Hottentots plus ou moins amicaux. Ils réussirent à rejoindre Le Cap au terme d’aventures épiques que nous vous conterons un jour.

 

 cap des aiguilles

 

 

_____________________________________________________________

 

Notes 

 

(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Soleil_d'Orient

 

(2) http://fr.topic-topos.com/le-soleil-dorient-lorient

 

(3) http://www.tresordupatrimoine.fr/content/96-chasse_aux_tresors et

http://www.surcouf-erick.com/French/Message/Message.htm

 

(4) http://maitres-du-vent.blogspot.com/2011/11/le-soleil-dorient-lun-des-200000.htm

 

(5) http://www.gavroche-thailande.com/actualites/histoire/100429-le-titanic-du-siam

 

(6) http://soleildorient.voila.net/index.htm

 

(7) http://enguerrand.gourong.free.fr/oceanindien/p18teroceanindien.htm

 

(8) http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Lorient/Port-Louis-Musee-de-la-Compagnie-des-Indes.htm

 

(9) http://www.prisedevue.com/photos/eurotri/page3.htm

 

(10) Charles de la Roncière « Histoire de la marine française » 6 volumes à Paris, publiée en 1899.

 

(11) « Etude historique sur les relations du Siam et de la France et du royaume de Siam de 1602 à 1703 » publié à Versailles en 1883.

 

(12) « Histoire de la marine française sous Louis XIV » en 4 volumes publiés pour les derniers en 1845.

 

(13) « Revue des deux mondes » tome 13 de 1838.

 

(14) Dans le premier des 16 volumes du « Journal du marquis de Dangeau. Publié en entier pour la première fois par MM. Soulié, Dessieux, de Chennevières avec les additions inédites du Duc de Saint-Simon publiées par M. Feuillet de Conches » Firmin-Didot, 1854.

 

(15) « Mercure galant dédié à Monseigneur de Dauphin » numéro de novembre 1682 pp.141 s.

 

(16) Monseigneur Pallegoix « Description du royaume thaï ou Siam », deux volumes chez Firmin-Didot en en 1854).

 

(17) « Histoire de la mission de Siam – 1662 – 1811 – documents historiques » volume I et II, publié à Paris en 1920.

 

(18) http://archives.mepasie.org

 

(19) « Siameses Madarins on the Grand Tour, 1688-1690 » in : « Journal of the Siam Society »  1998, volume 86.

 

(20) Ne prenons pas la peine de citer nos sources, tant il est évident que la présence de zirconium démontre à l’évidence la présence de l’Atlantide puisqu’il est l’orichalque comme chacun sait ! Il y a belle lurette que le ridicule ne tue plus.

 

orichalque

 

 

(21)  Voir l’étude de Delphine TEMPÈRE « Marins et missionnaires face aux dangers des navigations océaniques au XVIIe siècle : Catastrophes, recours matériels et médiations spirituelles » in e-spania, « revue interdisciplinaire d’études hispaniques médiévales et modernes » décembre 2011. 

http://e-spania.revues.org/20832 ; DOI : 10.4000/e-spania.20832

 

(22)                      

Oh ! Combien de marins, combien de capitaines

Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines,

Dans ce morne horizon se sont évanouis !

Combien ont disparu, dure et triste fortune,

Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,

Sous l’aveugle océan à jamais enfoui.

 

Victor Hugo « Les rayons et les ombres »

 

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