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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 23:03

karmaHistoire du vaisseau « Le Soleil d’Orient ». Un mauvais karma. 1671-1681 ( ?). 

Nous avons déjà évoqué dans notre article 84, avec « La 1ère ambassade du roi Naraï auprès de Louis XIV en 1681; Son fameux trésor, son naufrage !  Mythe ou réalité ? », une partie de l’histoire de ce fameux vaisseau. Mais il a inspiré un autre d’entre nous.  

Le Soleil-d'Orient, vaisseau de 1.000 tonneaux, le plus beau de la Compagnie des Indes Orientales, était décidément né sous une mauvaise étoile.

 

Licorne


Dans son Histoire de la Compagnie royale des Indes Orientales (La Découvrance - collection l'Amateur averti - réédition de l'ouvrage paru en 1905), Jules Sottas indique que ce navire était en construction au chantier du lieu d'Orient, (qui deviendra la ville de Lorient) en 1667. On le retrouve partant de Port-Louis pour Surate le 7 mars 1671, chargé d'une cargaison de 468.979 livres. Il n'alla pas loin. Démâté à la suite d'une intempérie, il dut se réfugier au port de la Rochelle. Réparé, il reprit la mer le 12 mars 1672. En détresse sur le chemin du retour, il fut secouru en 1674 par le navire le Blampignon. Il regagna la Rochelle à la fin de 1674.

 

Jules Sottas


En 1677 et 1678, armé deux fois au Port-Louis, le Soleil-d'Orient dut désarmer sur place en raison du blocus ennemi. Ces préparatifs inutiles coûtèrent 200.000 livres à la Compagnie. La Paix de Nimègue signée, il put enfin quitter Port Louis le 1er février 1679, chargé de 300.000 livres d'or et de 100.000 livres de marchandises : dentelles d'or et d'argent, mercerie, armes à feu, armes blanches, chapeaux, canons de six, boulets, fer, plomb, cuivre, etc.

 

Ce voyage de France à Surate fut une fois encore émaillé d'incidents et d'avaries. On trouve dans les Mémoires de François Martin (décembre 1679 - janvier 1680) la relation de ces mésaventures :

 

Martin

Nous reçûmes des lettres de Surate dans le commencement de janvier 1680, où l'on donnait avis que le navire le Soleil-d'Orient devait y être arrivé le 15 octobre. Ce vaisseau faisant beaucoup d'eau, le capitaine fut forcé de relâcher au cap de Bonne-Espérance où l'on y fit les réparations que l'on crut nécessaires, mais soit que l'on n'eût pas bien reconnu les voies d'eau ou qu'on ne les eût pas bien bouchées, ce vaisseau, quelques jours après avoir mis à la voile de la rade de la baie de la Table, en faisait encore plus que devant. Le capitaine nommé le sieur Husson, crut néanmoins qu'il pourrait gagner Surate ; il voulut continuer le voyage. Il y eut des officiers qui connaissaient peut-être mieux l'état du bâtiment que lui qui n'avait jamais été en mer, qui lui représentèrent que c'était s'exposer à se perdre de se risquer de même. Le capitaine tint bon, néanmoins ces officiers attirèrent à leur parti la meilleur partie de l'équipage ; on se souleva hautement dans le navire, on refusa de passer outre en enfin il fallut retourner sur ses pas et relâcher une seconde fois au Cap où, ayant mieux pris ses mesures que la première fois, on assura par-là le voyage. Cependant le capitaine avait verbalisé contre les personnes qui s'étaient opposées à ses volontés ; il en demanda justice après son arrivée à Surate ; on fit les informations ; le procès mis en état, le Conseil s'assembla. Il y eut quelques-uns des principaux de ces officiers cassés, leurs gages confisqués et qui devaient être remerciés en France. Il est certain que ces gens-là firent très mal de se soulever contre leur capitaine, mais il est sûr aussi que, si l'on n'avait point relâché une seconde fois au Cap, le navire n'aurait jamais fait le voyage. Il y eut des personnes qui par politique portèrent l'intérêt du capitaine, peut-être parce qu'ils crurent que l'affaire n'irait pas si loin, mais qui en ont eu du chagrin depuis.

 

C'est encore à Jules Sottas que nous empruntons la conclusion de la courte vie du malheureux vaisseau :

 

À surate, le directeur Baron l'employa pour des voyages d'Inde en Inde. En 1681 il se trouvait à Bantam, ayant chargé une riche cargaison de poivre, lorsqu'on décida d'y installer les membres d'une ambassade que le roi de Siam adressait à Louis XIV et que le Vautour avait amenés de Siam à Bantam. Le Soleil-d'Orient partit de Bantam le 6 septembre 1681, mais il se perdit corps et biens aux environs du cap de Bonne-Espérance, ce qui fut une perte de 600.000 livres pour la Compagnie, sans compter le prix du bâtiments.

 

Et sans compter, c'est nous qui le rajoutons, le prix des vies humaines : un équipage, les trois ambassadeurs siamois, Opra Pipatracha Maytri, Luang Seri Vissan Senton et Khun Nakola Vichay, et le missionnaire qui les accompagnait en France, Claude Gayme.

 

Jules Sottas ne précise pas que, sur la route, le Soleil-d’Orient fit une escale d'un mois à l'île Bourbon (aujourd'hui l'île de la Réunion) où il mouilla le 1er octobre 1681. C'est le jour même de son départ de Saint-Denis qu'il aurait disparu. La thèse du navire brisé par une tempête est mise en doute par des témoins.

 

On a cru généralement que le Soleil-d'Orient, parti de Bourbon le 1er  novembre 1681, périt dans un ouragan survenu le jour même à l'est de Madagascar. Le père Bernardin, que la nouvelle de ce naufrage avait frappé, déclare que le navire avait quitté l'île par un temps superbe non suivi d'une tourmente dans ces parages, et considère comme improbable la cause attribuée à sa perte. Il laisse entendre que le Soleil-d'Orient, dévalisé par des forbans, aurait été ensuite incendié en mer. Le P. Bernardin aurait surpris une indiscrétion à cet égard parmi des marins qui, se reprochant d'en parler, faisaient allusion à cette affaire, lorsqu'il passa au cap de Bonne-Espérance, en 1687. Il est d'ailleurs certain, qu'à partir du 1er novembre 1681, on ne revit plus le Soleil-d'Orient, ni aucune des personnes embarquées sur ce navire, ni même aucune épave qui en provînt, de nature à renseigner sur la manière dont il avait péri.

 

abordage

 

Malgré toutes les recherches opérées à la côte orientale de Madagascar par les ordres de M. le Directeur de Pondichéry, François Martin, les circonstances de ce drame maritime ne furent pas autrement connues. (GUËT, Isidore : Les origines de l'île Bourbon et de la colonisation française à Madagascar : d'après des documents inédits tirés des Archives coloniales du Ministère de la Marine et des colonies, etc., C. Bayle, Paris, 1888).

 

Que contenait donc vraiment le Soleil-d'Orient à son départ de l'île Bourbon ?

 

Une riche cargaison de poivre, nous dit Jules Sottas, épice fort chère à l'époque, mais éminemment soluble dans l'eau,

 

poivre-de-penja-noir

 

et les présents que le roi de Siam envoyait à Louis XIV et au Pape.

 

André Deslandes-Bourreau, qui était alors représentant de la Compagnie Française des Indes Orientales au Siam, a rédigé un rapport sur la préparation de cette première ambassade siamoise :

 

Le roi conclut par les lettres qu'il devait écrire au Pape et au roi, dans lesquelles ont voit encore le style dont usaient anciennement les rois de l'Orient ; elles furent remises à M. l'évêque pour en faire la version ; elles sont élégantes dans leur langue de Siam et mêlées de beaucoup de paroles de leur latin (pali), la traduction en a été faite le plus exactement possible, mot à mot, sans y ajouter ni diminuer. La version faite, on fit coucher l'original en siamois sur une feuille d'or de l'épaisseur d'un sequin, longue d'un pied et plus, et large de huit pouces environ avec son étui d'or. La lettre pour le Pape est aussi sur une plaque d'or ; mais pour ce qui est de l'étui, quand l'or fut battu pour le faire, il survint une difficulté, à savoir que le Pape étant prêtre et adonné entièrement au service de Dieu, peut-être se formaliserait-il si on lui envoyait un étui d'or, pensant qu'on le tenait pour un homme qui aime l'or et les richesses, lesquelles selon sa condition ils croient qu'il méprise. Sur cette pensée, il consultèrent M. l'évêque et le missionnaire, qui connaissant déjà leur scrupule, après leur avoir dit plusieurs choses sur le pouvoir spirituel et temporel du Pape, les laissèrent dans la liberté de choisir, ou de l'or, ou du bois de calamba qui est aussi cher que l'or, ou du santal ; n'ayant trouvé aucun calamba assez gros pour faire l'étui, ils le firent de santal.

 

Une feuille d'or d'environ 30 cm sur 22, de l'épaisseur d'une pièce de monnaie, et son étui en or, c'est peu, et c'est la seule richesse attestée par les témoignages. Pour le reste, la suite du rapport de Deslandes-Bourreau a de quoi décevoir les chasseurs de trésors qui pourraient espérer mettre la main sur le pactole :

 

Avant même que les lettres fussent écrites, les présents étaient déjà choisis par le missionnaire qui devait lui-même accompagner les ambassadeurs. On lui offrit au commencement quelques ouvrages d'argent du Japon et de Chine ; mais il fut répondu qu'il n'était pas à propos d'envoyer des ouvrages d'or et d'argent en France, puisqu'on n'en saurait porter qui approchassent de la beauté de ceux que l'on y fait, qui surpassent en nombre et en perfection infiniment tous les ouvrages d'Orient.

Le roi fit demander aux Anglais et Hollandais ce qui pourrait être plus propre, pour faire des présents en France et à Rome ; ils firent la même réponse. Néanmoins, comme selon la coutume du royaume ils n'envoient jamais d'autres présents, il firent choisir parmi tous les ouvrages vernissés du Japon ce qu'il y avait de plus convenable ; ils s'étonnaient de voir que le missionnaire en choisissait si peu, et le pressèrent fort d'en prendre un grand nombre ; il s'excusa à la fin, vu les pressantes sollicitations, ajoutant qu'on ne manquait pas de tous ces ouvrages en France et de plus beaux.

(Archives des Missions-Étrangères vol.858 - page 465)

 

Le Soleil-d'Orient ne contenait donc vraisemblablement pas de grandes richesses qui puissent être aujourd'hui récupérées en bon état – dans l'hypothèse où navire gît toujours par le fond et n'a pas été pillé et brûlé par des pirates.

 

Néanmoins, chez les marins, les rumeurs et les légendes vont bon train.

 

Rumeur

 

Isodore Guët écrivait : Peut-être ne cacha-t-on pas assez à Bantam que ce navire partait chargé des plus riches présents pour le roi de France et toute sa cour.


Isidore Guet

 

Que quelques confidences imprudentes de matelots avinés, dans les tavernes d'un port mal famé, soient tombées dans les oreilles de pirates toujours à l'affût de bonnes prises, cela n'a rien d'invraisemblable. Confidences sans doute largement amplifiées, exagérées, il n'est pas interdit de penser qu'au fil des bouteilles de ratafia, la plaque d'or du roi Naraï s'est transformée en une montagne de lingots et de pierreries digne du royaume de Golconde ou de la caverne d'Ali-Baba.

 

ali baba

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