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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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Pourquoi ce blog ?

  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 00:46

Sans titre-1Le thaï, vous le savez, est une langue monosyllabique tonale : la même syllabe, prononcée sur l'un des 5 tons, normal, bas, descendant, haut ou montant, donne un mot qui a ou peut avoir 5 sens différents, « peut avoir ... » dis-je ? Tout simplement parce que l’écriture thaïe telle qu’elle est, avec ses 44 consonnes, ses 32 voyelles et ses 4 signes de tonalités, permettrait, ont calculé des informaticiens qui auraient pu s’occuper à des choses plus sérieuses, de construire plus d’un milliard de mots, la belle affaire !


La longueur de la voyelle dans la syllabe a également son importance, courte, semi-longue et longue, le sens du mot change du tout au tout. Définir la longueur d'une voyelle, ce n’est pas bien compliqué. Mais comment définir les tonalités ?

Une première définition, celle de la grammaire thaïe (mais si ! il y a bien une grammaire thaïe contrairement à ce qu’on lit et entend trop souvent, nous allons y revenir) :

Le ton moyen est neutre,

le ton bas est un peu plus bas que le moyen,

le ton haut commence sa courbe mélodique un peu plus haut que la hauteur moyenne puis monte légèrement,

le ton descendant commence sa courbe mélodique plus haut que la hauteur moyenne puis monte légèrement avant de redescendre,

le ton montant commence sa courbe mélodique un petit peu plus bas que le ton bas puis descend légèrement avant de remonter.

Tout ceci peut se mettre en courbes mathématiques ou en notes de musique, je vous en fais grâce.

Ne nous soucions pas de ce que dit la grammaire et soyons concrets (ou essayons de l’être) :

Le ton neutre est celui du ââââhh que vous fait prononcer le médecin en vous faisant tirer la langue « dites ââââhh ».

Le ton grave est celui du grand méchant loup dans « La chèvre de Monsieur Seguin » « ouohouohouh je suis le grand méchant loup ».

Le ton haut est le cri de la chèvre de Monsieur Seguin « hiiiii, un grand méchant loup » ;

Le ton descendant, c'est Raimu retrouvant sa chatte dans la femme du boulanger « ââââhh, enfin, te voila, salope ! »

Le ton montant sera plutôt une interrogation « ââââhh bon, tu crois ? ».

Le meilleur exercice sera de vous faire lire par votre épouse les dix syllabes suivantes : กา ก่า ก้า ก๊า ก๋า ปี ปี่ ปี้ ปี๊ ปี๋ soit ka ka ka ka ka et pi pi pi pi pi.

 

Le français connaît aussi les tonalités dans le langage parlé, mais elles changent alors le sens de la phrase et non celui du mot : « tu viens » (je constate), « tu viens ? » (je questionne), « tu viens ! » (c’est un ordre), « tu viens » (je te supplie).

Quelques précisions utiles, la lettre h en thaï est fortement expirée, qu'elle précède une voyelle, ou qu’elle suive p pour donner le son ph (jamais f comme en français), k pour donner kh, t pour donner th, prononcez-les à la limite du postillon pour être sur de ne pas vous tromper. Contrairement à ce qu’on lit trop souvent, le h n’est pas « aspiré » mais « expiré ». Le h n’est pas plus aspiré en thaï qu’en français. C’est une hérésie de parler de h aspiré dans les deux langues.

Attention encore, il n'y a pas de sons nasaux en thaï comme en français (le pain, brun, non), la voyelle doit être prononcée distinctement de la consonne finale : aï’n, u'n, o'n. Il n'y a pas non plus de sons liés, toutes les lettres, voyelles et consonnes, doivent être prononcées bien séparément et de façon distincte, non, no'n.

Notez l'existence de trois consonnes spécifiques au thaï, le ng (comme dans ping-pong), le dj (comme dans djellaba) et le tch (comme dans tchèque). Guère de différence à l’oreille entre le dj et le tch. Guère de différence non plus entre le b et le p et entre le d et le t. Ne parlons pas du r et du l, peut-être entendrez-vous un jour une speakerine de la télé thaïe faire de la publicité pour les montres Rolex ! Ne rigolez-pas, elle sort de chez l’orthophoniste mais le résultat n’y est pas !


Et la grammaire ?

 

Elle est, dans la syntaxe d’une redoutable complexité tenant à la fois à la structure de l’écriture et aux diverses échelles du langage :

La langue thaïe se subdivise en effet (dit la grammaire, toujours elle) en 5 étages dont les deux premiers sont du « Ratchasap » (tout simplement « langage royal »), celui qui concerne le Roi et la famille royale (1), et celui qui concerne les moines bouddhistes (2). Vient ensuite celui destiné aux autorités administratives (en Thaïlande on respecte les flics à tort ou à raison), (3) puis le langage courtois (4) et enfin, le langage familier (5). La grammaire oublie la sixième catégorie, le langage vulgaire et grossier. Je ne l’oublie pas car le dictionnaire de l’Académie royale, moins pudibond que le Larousse, ne fait pas l’impasse.

Effectivement, aux niveaux 5 (et à fortiori 6), cela peut ressembler au français de « Tintin au Congo » : « toi être farang bon »

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ou « aroï banania ».

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Effectivement, la grammaire proprement dite est beaucoup plus franche (ça ne veut pas forcément dire simple) que la nôtre : pas de masculin, pas de féminin, pas de singulier, pas de pluriel, pas de conjugaison des verbes, pas de déclinaison, pas d'articles définis ou indéfinis, pas de pronoms possessifs, pas de déclinaison et la construction des phrases – plus en langage parlé qu’en langage écrit bien sûr – reste assez libre. L'adjectif se place après le mot qu'il qualifie, La répétition du même mot est fréquente, pour exprimer l'excès, le superlatif ou le pluriel. Pratiquement jamais d’utilisation du pronom personnel dans le langage familier en particulier.

 

Ne pensez toutefois pas que cette franchise, toute relative, de la grammaire traduise l’existence d’une langue primitive comme il est trop souvent écrit, loin de là, et ce dès que nous passons à l’échelle numéro 2, à fortiori de 3 à 5 et plus encore dans le thaï écrit. Le « Petit Prince », par exemple,

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ou les « aventures de Tintin »

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ont été remarquablement traduits en thaï, tout en finesse. ฉันต้องดูแลรับผิตชอบดอกกุหลาบของฉัน, mot à mot « je devoir veiller-sur excuser aimer fleur-rose de moi », « Je suis responsable de ma rose ». 4 verbes pour un seul concept « être responsable » ! 10 mots pour les 6 de la phrase en français.

Les nuances que la langue française traduit, notamment, par la conjugaison de ses verbes ou l’extrême précision de son vocabulaire, noms et adjectifs, et l'utilisation d'une grammaire complexe, (concordance des temps, accords du participe passé, futur antérieur et autres douceurs) sont reproduites de façon différente, en particulier et en particulier seulement, par une certaine répétitivité de mots synonymes, l’adjonction de mots supplémentaires. Cela a fait dire à certains que les langues tonales d’Asie du sud-est sont une dialectique de la répétition, il ne faut surtout pas s’irriter en entendant un thaï qui semble répéter dix fois la même chose, il cherche simplement à être précis. La structure intellectuelle du langage explique bien des paramètres.

 

Un autre élément participe au caractère répétitif de la langue, l’utilisation des « classificateurs ». Essayons d’être clair : le classificateur est un mot qui, ajouté à la suite d’un nom, le classe dans une catégorie et spécifie à quelle classe appartient ce nom, il suit en général un nombre pour en préciser le nombre ou la quantité : Je n’ai pas « deux frères aînés » mais «  j’ai frère aîné deux personnes », « j’ai chat un animal » et non pas « j’ai un chat » et je vais aller acheter « bière trois bouteilles ». Il en existe un nombre impressionnant (trois mille environs pour la grammaire), à chaque objet, à chaque nom correspond son classificateur. Lorsqu’un thaï est à cours de vocabulaire, il ira chercher l’équivalent dans sa langue d’un « machin » ou d’un « truc ». Pas de gaffe avec les classificateurs : Si j’étais de famille royale, le classificateur que j’utiliserai pour classer mes deux frères serait différent  « j’ai frère aîné deux personnes-de-sang-royal » et serait différent de celui du matou celui que j’utiliserai pour les éléphants blancs de l’écurie royale «  j’ai éléphant blanc un animal-sacré ». Vous ne parlerez jamais correctement le thaï si vous ne vous pénétrez pas de ce mécanisme.

Et les fameuses particules enfin, les kha et les khrap que vous entendez à tout bout de champ ? Lorsque je commençais à regarder la téléivision thaïe, j’avais l’impression que les présentatrices ne parlaient que de caca caca ! Elles ne veulent strictement rien dire ou plutôt elles veulent dire que vous êtes polis. Il en existe un nombre invraissemblable compte tenu de la qualité de celui qui les utilise face à celle de son interlocuteur. Vous pensez- bien que le Roi ne dit pas khrap ! Contentez-vous de ces deux là (kha et khrap) en fonction de votre sexe et ne vous hasardez pas à en utiliser d’autre au risque de commettre une gaffe, d’être ridicule ou d’être grossier. Ma femme ne rit pas, mais pas du tout, lorsque j’utilise pour m’amuser celle qui est réservée au Roi, et moins encore celles du langage de la rue, mais oui, il y a même des particules très familières que vous pouvez utiliser avec un gamin mais qui virent à la discourtoisie si vous les utilisez avec une personne du même rang que vous. N’oubliez jamais la verticalité de la société siamoise qui se traduit bien évidemment dans son langage !

 

Il n’y a pas de grammaire en thaï ?  Pour ne citer que les références francophones,

1) le dictionnaire français-anglais-thaï de Monseigneur Pallegoix (édition de Bangkok en 1896) comprend une remarquable introduction grammaticale, reprenant sa première grammaire thaïe en langue française de 1856.

 

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2)  le « Précis de grammaire thaïe » de Dupuis et Boonniyom (ISBN 2842792084) – plus de 250 pages mais toute la structure du langage écrit en est absente (cela en ferait probablement autant, 500 pages ? Beaucoup plus qu’une petite édition de la grammaire de l’académie française).

Pourquoi je n’en cite aucune autre (si j’en oublie de sérieuses, c’est que je les ignore, alors merci de me les signaler) y compris les ouvrages de grande diffusion que l’on retrouve volontiers dans les librairies spécialisées ? Tout simplement parce que, quand l’auteur d’une grammaire est incapable de m’apprendre qu’il y a en thaï 44 consonnes et 32 voyelles, il est tout aussi coupable que celui qui me prétendrait qu’il y en a 24 lettres dans notre alphabet. Et pourtant ...... le plus cancre des plus cancre d’une école d’un village sait que sa langue comprend 44 consonnes et 32 voyelles.

Pour les références en langue thaïe, indépendamment du « dictionnaire de l’académie royale » et de sa remarquable introduction grammaticale, (édition 2002 ISBN 9749588045),

 

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je donnerai à qui me le demandera les références des ouvrages grammaticaux en langue thaïe de ma modeste bibliothèque.

Pour ceux qui souhaitent se lancer dans l’apprentissage de la langue (parlée et écrite), je ne puis faire mieux que de vous renvoyer aux propos que j’ai tenu sur l’excellent forum de notre ami Patrick :

http://udonthani.les-forums.com/forum/35/apprendre-le-thailandais/


Je n’en change pas un iota, y compris ce que j’ai écrit sur les sites Internet qui sont, comme la langue d’Esope, la meilleure (rarement) ou la pire des choses (le plus souvent). Les deux ouvrages écrits que j’y recommande plus spécialement (un francophone et un anglophone) vous apprendront le « beau langage », celui des élites de Bangkok et pas forcément celui que vous entendez tous les jours, vous passerez peut-être pour ringard, un snob ou un prétentieux, mais ça vaut mieux que de passer pour un plouc ou un charretier.

 

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Et l’Isan là dedans ? C’est tout simplement du lao écrit en thaï c’est à dire 70 ou 80 % de thaï. Un vocabulaire spécifique et des décalages de tonalité, et encore moins de grammaire à la base que le thaï de base. Attention tout de même, il est à manier avec précaution, tel mot qui dans votre village signifie tout simplement « une jeune fille » pour pourra être compris à Bangkok comme « une salope » ou quelque chose de similaire.

 

L’histoire de l’écriture est loin d’avoir livré tous ses secrets. Y-a-t-il eu une écriture spécifique à la langue Isan (Lao) ?

Il y a en tous cas une stèle (de lecture difficile et de date incertaine) au Musée national de Kohnkaen qui serait un specimen de cette écriture. L’origine de l’écriture thaïe reste obscure ... Pour les rares érudits laos qui se sont interessé à l’histoire de leur écriture, elle remonterait pour certains aux débuts de l’ère chrétienne, pour d’autres elle serait antérieure de plus d’un siècle à la fameuse stèle de Ramkhamhaeng dont la découverte flatte le nationalisme thaï.

Les deux écritures, thaïe et lao, procèdent de la même méthodologie. Laquelle a influencé laquelle, laquelle a copié laquelle ?

 

 

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