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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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Pourquoi ce blog ?

  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 23:08

1Quand « oui » signifie « non » dans une langue qui ne connaît ni le « oui » ni le « non »

 

Quand « oui » c’est « non » :

 

Nous avons l’habitude de poser une question sous forme interro-négative : « tu veux ou tu veux pas ? », question qui suscite deux réponses possibles et deux seulement, « oui » ou « non ». C’est clair comme de l’eau de roche.

Attention, en thaï, c’est entièrement différent, même - et surtout - si votre locut(eur)rice parle ou baragouine le français ou l’anglais.

Une question sous forme interro-négative en thaï, c’est หรือยัง ru yang. Exemple d’une question pratique :  คุณมีแฟนหรือยัง khoun mi fèn ru yang : Avez vous un(e) petit(e) ami(e) ?

 

Voila une formule d'interrogation dont il faut nous défier tant elle peut être source d'équivoque. ยัง yang selon les circonstances, c'est encore ou pas encore,  un mot ou son contraire !

Dans notre question utilitaire, précédé de หรืิอ ru le sens est bien ou pas encore ? Mais attention à la réponse :

La réponse négative sera ยัง yang, pas encore (c’est à dire non) ou éventuellement  ไม่ มี maï mi, je n’en ai pas c’est à dire non.

La réponse positive pourrait être มีแล้ว mi lèô : J’en ai déjà un ou plus brièvement แล้ว lèô, une façon de dire oui dans une langue qui formellement ignore le oui et le non comme nous allons le voir ! 


Comment reconnaître le sens d'un mot qui est aussi son contraire ? Cette contradiction n'est qu'une apparence car la question doit se comprendre ainsi คุณมี แฟนหรือยัง(ไม่มีแฟน) khoun mii fèèn rǔu yang (maï mi fèn) : littéralement vous avoir petit ami ou ne pas encore (avoir petit ami). La réponse négative est donc ยัง ไม่ มี yang maï mi « encore ne pas avoir » abrégée en ยัง yang "non".

A la question posée par Zanini, la réponse thaïe ne sera pas celle que vous attendez !

2

« Oui » est la réponse positive à la deuxième partie de la question en quelque sorte, le positif, de « je ne veux pas » et « non », le négatif de « je ne veux pas » donc, moins par moins faisant plus, donc « je veux ». Ouf.


Concrètement, je viens de demander à ma femme « tu viens boire une bière à l’amphoe avec moi ou pas » et elle m’a répondu « oui » c’est à dire « je réponds par l’affirmative à la deuxième partie de la question ... « ou pas » c’est à dire « je ne viens pas ». Des explications un peu longues mais il fallait bien y passer pour vous éviter des quiproquos parfois cruels. Si vous baragouinez le thaï, vous comprenez la réponse, sinon, il faut du temps avant de s’y faire.

Conclusion fort simple, ne posez jamais de question sous forme interro-négative, et ordonnez : «  Je vais boire une bière à l’amphoe, viens avec moi » !

 

AFFICHE-A4-AH-OUI-MAIS-NON

 

Une langue qui ne connaît ni le « oui »

 

oui

 

ni le « non ».

non

 


 

Je me suis amusé à reproduire depuis quatre dictionnaires français-thaï la réponse, allons-y et peut-être encore en ai-je oublié ? Six non et cinq oui !!! On marche sur la tête ?

Dictionnaire numéro 1 :

Oui : ครับ khrapค่ะ kha  – จ้ะ dja

 

Non :  เปล่า plaô ไม่ maï –  ไม่มี maï miไม่ได้ maï daï

 

Dictionnaire numéro 2

Oui : จ้ะ dja

Non : เปล่า  plaôยัง yangไม่มี maï mi –  ไม่ได้ maï daï ไม่เอา maï aôไม่ไช่ maï tchaï


Dictionnaire numéro 3

Oui : ได้ daïไช่ tchaï

Non : เปล่า plaô ไม่มี maï mi


Dictionnaire numéro 4

Oui : ไช่ tchaïได้ daïจ้ะ djaค่ะ khaครับ khrap

Non :  ยัง yang  – ไม่ได้ maï daïไม่ maï  – ไม่ไช่ maï tchaï

 

Comment vous y retrouver, nom de D...., ce n’est tout de même pas compliqué de dire oui ou non ? Et bien, en thaï, si. Et dire que je lis souvent qu’il n’y a pas de grammaire en thaï !

En réalité, tout est fonction du contexte. Il y a en réalité plusieurs hypothèses et vous me direz si ces subtilités existent en français (ou en anglais ou en espagnol)

 

Répondre à un emmerdeur ou une emmerdeuse

 

 700-15568-Diplôme du plus emmerdeur

 

Un abruti est entrain de pérorer en vous racontant sa vie, les méandres de la politique thaïe ou les dessous du pacte germano-soviétique ? En France, vous l’écoutez d’une oreille distraite et de temps à autre, vous lâchez par correction un oui, oui. En thaï, si vous être un homme, ce sera ครับ ๆ khrap khrap ou une femme ค่ะ ๆ kha kha.


Et que vient donc faire ce จ้ะ dja qui voudrait aussi dire oui ? En réalité, จ้ะ, จ๊ะ, จ๋า, จ๋ะ, (quatre tonalités différentes, je rajoute donc trois nouveaux « oui ») ฮะ ha ou enfin ฮ่ะ ha (les deux derniers, deux tonalités différentes, plus spécifiquement Isan, je rajoute encore deux nouveaux « oui ») sont des formes plus familières de ค่ะ kha et ครับ khrap, on les considère comme plus cavalières. Votre interlocuteur babille, en France, vous prononceriez de temps en temps un oui, oui poli, ou un ouais, ouais plus cavalier. Même chose en thaï. Evitez tout de même les dja (qui à l’inverse des khrap et des kha ne sont ni masculin ni féminin), cela pourrait être fort mal compris par un thaï. Voilà donc évacué les oui de nos dictionnaires. Ce sont en réalité des onomatopées, mais intéressant, si vous avez une bonne oreille, faites donc des gammes !

Pour le reste, deux autres oui, ได้ daï et ไช่ tchaï et une demi douzaine de "non" ?


Le "oui" ou "le non" que vous utiliserez est fonction de la forme de la question qui est posée.

 

Répondre à une question posée avec ไหม maï (มัย maï).

 

Il s’agit grammaticalement d’une particule qui, placée en fin de phrase (deux tonalités possibles) marque la forme interrogative pure et simple, tout simplement  : est-ce que ?

สบายดี ไหม (ครับ คะ) sabaïdii maï (khrap kha) comment allez-vous ?

Réponse positive, vous reprenez purement et simplement le verbe « aller bien » : สบาย ๆ ขอบคุณ ครับ (ค่ะ) sabaï sabaï khopkhoun khrap (kha) "je vais bien, merci."

Réponse négative, vous reprenez purement et simplement le verbe en le faisant précéder de la particule négative ไม่ maï "ne …. pas" : ไม่สบาย ครับ (ค่ะ) maï sabaï khrap (kha) "je ne vais pas bien". N’utilisez jamais la particule ไม่ maï isolément.


Et que viennent faire dans cette galère de « oui » ou de « non » les verbes เอา (ไม่ เอา maï aô), มี mi (ไม่ มี maï mi),  et ได้ daï (ไม่ได้ maï daï) ?

เอา c’est "prendre" au sens de "vouloir", มี mi c’est le verbe "avoir" et ได้ daï c’est pouvoir. Tout simplement pour répondre à une question comprenant l’un ou l’autre verbe :

คุณ เอา ไหม khoun aô maï, « vous prenez » ไม่เอา maï aô « je ne prends pas » c’est à dire « non » เอา « je prends » c’est à dire « oui ».

คุณ มี เงิน khoun mii ngen maï « avez-vous de l’argent ? » Seule réponse possible si la question vous est posée par une femme thaïe ไม่ มี maï mii « je n’en ai pas »

Avec le verbe ได้ daï « pouvoir »  : ไป นอน ด้วย กัน ได้ ไหม ครับ paï non douaï kan daï maï khrap : « Est-ce que nous pouvons aller dormir ensemble ? » ได้ daï « je peux » = oui  ไม่ได้ maï daï « je ne peux pas » = non.

 

Répondre à une question posée avec ไช่ ไหม tchaï maï

 

Une forme de question qui ne pose pas de difficultés particulières. ไช่ tchaï signifie « vrai, exact ». La question ไช่ ไหม tchaï maï « est-ce bien cela ? » suppose, comme avec หรือ ru (nous allons le voir) que votre interlocuteur connaît la réponse : คุณ เป็น คน ฝรังเศส ไช่ ไหม khoun pén khôn farangsét tchaï maï « Vous êtes français, c’est bien cela ? ». Pas de difficultés, réponse positive, ไช่ tchaï réponse négative ไม่ ไช่ maï tchaï.          

 

Répondre à une question posée avec หรือ (รึ) ru

 

Il s’agit de la seconde particule interrogative de base, utilisée comme ไหม maï en fin de phrase avec une nuance, elle suppose que l’on connait à l’avance la réponse de l’interlocuteur, plutôt « n’est-ce pas, c’est bien cela ». สบายดี หรือ (ครับ คะ) sabaïdi ru (khrap kha) « comment allez-vous ? » Vous vous attendez donc à ce que votre interlocuteur réponde oui et ne vous donne pas le détail de sa dernière colique. Réponse positive ou négative comme avec la particule précédente.

 

Répondre à une question posée avec หรือ ยัง ru yang

 

Ne revenons pas sur cette forme interro-négative que nous avons appris à manier il y a quelques instants. Sommes toutes, rien que de bien logique. Une précision toutefois, si vous être conduit à poser une question sous forme interro-négative en françai à un thaï qui le comprend (il y en a quelques uns). A la question Tu ne manges pas ? vous répondrez si ou non. Au lieu de répondre non, le Thaï vous dira oui  sous entendu oui, la proposition est exacte, je ne mange pas et au lieu de vous répondre si, il vous dira simplement je mange. Pensez-y car cela peut conduire à des erreurs d’interprétation désagréable !

 

Répondre à une question posée avec หรือ เปล่า ru plaô

 

เปล่า plaô littéralement, c’est « le vide, le néant » Encore une façon de poser une question alternative, mais cette fois-ci, on ne connait pas la réponse.

ไป นอน ด้วย กัน หรือ เปล่า ครับ paï non douaï kan ruu plaô khrap, « On va dormir ensemble, oui ou non ? » Réponse positive,ไป paï « nous y allons » = oui, réponse négative เปล่า plaô « non ».

 

Je termine en m’apercevant qu’il m’a fallu plus de quatre pages pour essayer d’expliquer, dans la mesure de ma très faible connaissance de la langue siamoise, comment les thaïs traduisaient les concepts positif et négatif de « oui » et de « non » (que Larousse et Littré expliquent en quatre lignes).

Si la langue ignore le concept, c’est que l’esprit siamois l’ignore aussi et doit pour le traduire utiliser des circonvolutions tortueuses.

sondage-oui-non


Autre exemple, cherchez dans un dictionnaire, quel qu’il soit, comment les thaïs traduisent le mot « gratuit » ? Et bien le mot n’existe pas ! Vous allez me répondre, « si, le dictionnaire donne le mot ฟรี fri ». Vous avez parfaitement raison, mais fri c’est free et c’est tout simplement importé de l’anglais parce que le mot (donc le concept) n’existe pas en thaï. Je n’ai pas (encore) trouvé André Gide traduit en thaï mais ça m’amuserait de savoir comme est traduit l’ « acte  gratuit » ?


 acte-gratuit-45454-16

 

 

 

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Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans Culture : film - livres - article...
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commentaires

Jeff de Pangkhan 11/08/2011 02:27



Bonjour de l'ISAN profond...


J'apprécie particulièrement cet article car il me ramène quelques années  en arrière ou de nombreux quiproquo avait faillit mettre à mal mon jeune couple franco-thaï(il y a toujours des
risques de ruptures aujourd'hui mais les raisons sont biens différentes eh, eh !),juste par l'incompréhension des réponses positives ou négatives a des questions posées par l'un ou par
l'autre!Plus de 10 ans ont passé et nous avons passé cet écueil linguistique,ouf!J'ai même compris encore mieux,comme vous l'expliquez si bien, les subtilités des réponses aux questions que l'on
pose avec un sens affirmatif ou négatif grâce à mon fils de 5 ans bi/trilingue qui parle en français avec moi mais qui pense plus facilement en thaï (en fait en lao,mais leur approche sensitive
et grammaticale est identique,même si leurs mots sont  différents)alors lorsque l'on parle en français et que les questions fusent eh bien il me répond à la manière thaï par des oui ou des
non à la place desquels j'attendais l'inverse mais la plupart du temps la réponse est plus l'action donc plus compréhensive...Enfin pour conclure merci de cet éclairage qui nous permettra de nous
éviter des "clashs"avec le peuple thaï...(le plus souvent possible)si on fqit qttention au contexte...Quant à l'acte gratuit...C'est suffisament rare pour le noter,non?Oui bien-sur,enfin
peut-être ou non ou...


Bonne continuation!


Jeff



grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 13/08/2011 06:57



Quand un article peut aider à une meilleure compréhension dans les couples mixtes , il a produit son effet positif . Tant mieux !


Merci Jeff .