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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 23:00

injusticeDe nombreux compatriotes sont souvent surpris de découvrir que la justice thaïe soit différente de la justice française, que les sentiments thaïs ne  sont pas équivalents aux sentiments français ... Voici une histoire parmi tant d’autres :

Une brève histoire d’amour : Franck  vient en congés dans une île thaïe « touristique ». Il rencontre Nut, fille de bar, c’est la naissance d’un « grand amour ». Ils partent s’installer en France dans un milieu familial relativement hupé (côte d’azur) et leur amour est très vite béni du ciel par la naissance en France d’une ravissante petite fille, M.

 

La fin de l’histoire

Un beau jour, histoire classique parmi les classiques, Nut abandonne Franck et leur fille pour retourner dans son Isan natal. Il est aussi difficile à un(e) Isan de s’ « intégrer » en France qu’à un farang de s’ « intégrer » en Isan. C’est en fait la grand-mère paternelle,  qui s’occupe alors de la gamine sur le terrain.

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Le prétendu « rapt »

 

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La grand-mère, l’enfer est pavé de bonnes intentions, a l’idée saugrenue de venir en vacances avec sa petite fille sur la même île touristique où elle possède une villa. La gaffe est énorme ! Comment la mère l’a-t-elle su ? Ça n’a pas dû lui être difficile par copines interposées. Elle envoie alors deux amies récupérer tout simplement la gamine et la ramener dans sa campagne isan.

 

La procédure

La grand mère qui a un « relationnel » important chez les Thaïs (rapports « privilégiés » avec un magistrat) fait diligenter une enquête de police, ce sont bien les deux copines de la mère qui sont responsables de l’ « enlévement » ; elles ont été engagées par la mère, elles sont arrêtées puis libérées sous caution. Mais la petite reste avec sa mère dans l’Isan profond.

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La presse s’en mêle

La grand-mère française se lance alors dans un combat judiciaire et surtout médiatique via la presse française (« xxxx Matin » déchainé) et en particulier un excellent journal francophone du pays dont le rédacteur s’enflamme moins que les provençaux, création d’un site Internet, courriers au Président de la république (ça, je vous affirme que c’est aussi efficace que de pisser dans un violon).


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Un procès gagné en France : « à vaincre sans péril ... »…

 

Une procédure est en même temps lancée en France (un peu tardivement)  par sa mère qui obtient alors sans difficulté d’un juge aux affaires familiales des rives de la méditerrannée la garde juridique de sa fille. Tout est régulier, selon le code de procédure civile français. La procédure doit se dérouler devant le tribunal du lieu où réside l’enfant et peut l’être en France. 

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Je dis que Nut a probablement eu connaissance de cette procédure, ayant moi même engagé une procédure triplement similaire concernant un ami :

   A. arrive en France avec sa fille thaïe abandonnés tous deux par la mère.

Nous engageons en France sans délais une procédure pour qu’il ait la garde juridique, aucun problème. Ensuite une autre pour changer le prénom de la gamine en prénom chrétien pour lui éviter les quolibets de ses camarades d’école, aucun problème.

A la demande expresse de la CAF (demande imbécile mais c’est la Loi, paraît-il pour percevoir l’allocation de père isolé) nous engageons une autre procédure pour obtenir une pension alimentaire. Là, j’ai eu la certitude que la mère en avait bien eu connaissance, je l’avais frappée au coeur, compte-tenu de la bordée d’injures dont elle m’a abreuvé téléphoniquement (elle me connaissait), elle savait assez de français pour cela. Sa seule démarche s’est toutefois borné un quart d’heures de jurons.

 

Les procédures en Isan

 

La grand-mère engage parallélement en Isan (elle a les moyens de payer un avocat parmi les meilleurs) une action pénale pour « enlèvement » qui semble n’avoir jamais eu aucunes suites ? Y avait-il eu seulement enlèvement ?

Elle lance également une procédure civile devant le Tribunal de la province reculée de l’Isan où se trouve la mère et la gamine pour faire valoir l’autorité parentale du père reconnue judiciairement par le Tribunal français. Une première audience a eu lieu pour entendre les deux parties et « voir si une conciliation était possible ». Un peu singulier, pour moi, un jugement rendu doit ou devrait être respecté, constatât-il qu’un homme est une femme, mais la procédure thaïe reste un mystère pour moi.

 

Que dit la mère ?

 

La mère a une version strictement contradictoire des faits, elle a été interrogée fort longuement par le journaliste de Bangkok dont je parlais ci-dessus. D’après elle, ce serait en réalité la Grande mère qui a utilisé un stratagème pour, appelons un chat un chat, faire venir (enlever de Thaïlande…) la petite fille en France encore dans le ventre de sa mère, pour s’en occuper aux lieux et place de son fils défaillant. Quant à l’ « enlèvement », il n’a jamais eu lieu, les deux copines se sont (seraient) contenté de dire à la gamine « viens, tu retournes chez Maman » et la gamine, ravie, les a suivies. Ignorant tout du dossier à l’époque (étant moi même « journaliste bénévole »), je me méfiais du son de cloche initial et unilatéral. Je fus satisfait d’avoir le deuxième son. La cloche tintait à contretemps.

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Intempestive ( ?) intervention du consulat

 

La grand mère réussit tout de même à faire intervenir les autorités consulaires françaises devant le Tribunal de ?. Une hypothèse d’école, et à l’envers bien sûr : je me replonge dans mon microcosme judiciaire, un algérien me confie son dossier de divorce qui l’oppose à sa femme française. Naturellement, les parents se disputent la garde de la marmaille. Je ne vais pas jusqu’à aller chercher la grand-mère à Gardaïa ou à Biskra revendiquer la garde des petits enfants déchirés entre père et mère. Mais j’arrive au Tribunal en sortant des manches de ma robe le Consul d’Algérie à Marseille - aussi sympathique soit-il ! Je vois d’ici la tête de tous les Juges de la famille que j’ai fréquentés pendant trente ans ! Ils auraient commencé par fiche courtoisement le Consul dehors et ensuite me faire grief de tenter de les impressionner en me parant de son autorité morale. Essayez-donc, vous, de faire intervenir votre consulat (je parle aux Français) si vous être serré avec 4 grammes d’herbe ou pour un « overstay » de dix minutes ...

 

« Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, c’est la liberté qui opprime et la Loi qui affranchit «  (Lacordaire) :

 

Un argument  de la grand mère me disconvenait et plus encore, selon lequel cette petite thaïe vivait « dans des conditions insalubres » (sous entendu, allez-donc voir comment on vit en Isan), cela revient à dire « donnez moi la gamine, j’ai plus d’argent que sa mère » (c’est une évidence), voilà qui me gêne. Les Juges de la famille français et toute la Jurisprudence (j’ose espérer qu’il en est de même ici) considèrent cet argument comme inopérant. J’ai vu beaucoup plus de lumière (et des millions d’étoiles) dans les yeux des enfants qui piaillent dans une cour d’école de l’Isan que dans ceux des gamins qui accompagnent leurs parents, consommateurs des grandes surfaces de la côte ! 

 

Des journalistes qui cherchent la vérité ...

 

Je fus dans ce dossier un spectateur intéressé, fort d’une expérience de vieil avocat qui pense que chaque fois qu'un avocat défend une bonne cause, il y a en face de lui un autre qui défend la mauvaise. Je ne sais ici où était le bien et où était le mal. Il m’indispose de penser que le bien ait pu être du côté du fric. On dit que l’erreur est humaine, en la matière elle serait inhumaine.  J’ai eu de très longues conversations téléphoniques avec la Grand mère et (quand elle me laissait parler), je lui ai dit ce que je pensais. Le journaliste de Bangkok, lui,  est allé sur place longuement interroger la mère et a assisté à toutes les audiences du tribunal.

 

Inutile médiatisation

 

J’estimais que l’intense médiatisation de ce dossier concernant des intérêts privés si louables soient-ils était néfaste.  La presse a condamné à mort Christian Rannucci, avant qu’il ne le soit par la Cour d’assises. La rumeur l’avait tué bien avant les jurés. Il planait dans la médiatisation du dossier de cette petite fille des zones d’ombres pesantes même si le journaliste de Bangkok et moi-même, alors « journaliste bénévole », avons essayé de comprendre et d’expliquer avec sérénité, ce qu’on n’ont certes pas fait les scribouillards de « xxxx matin » hurlant avec « la louve ».

 

Et « happy end » ou une fin prévisible ?


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Et bien, comment pensez-vous que ce dossier se soit terminé ? Aucune solution judiciaire, bien sûr (allai-je dire), le Tribunal Isan ayant presque ouvertement exprimé l’intention de s’asseoir sur le jugement français et envoyé aux oubliettes des « renvois » la procédure pour « rapt ».

Puis un beau jour, la mère a tout simplement abandonné sa fille (qui doit avoir actuellement une dizaine d’année) et la grand-mère est venu la récupérer ...

Un battage médiatique, des procédures aussi invraissemblables qu’inutiles (600.000 bahts en Thaïlande m’a dit la grand-mère, là je la crois) pour revenir à la « case départ » sans parler d’un immense gaspillage d’énergie journalistique.

 

La morale (s’il y en a une) de cette histoire ?

 

La Justice (siamoise ou française) ? « Seul Dieu peut juger en toute justice » a dit Saint Paul dans son épître aux romains sur la justice, repris quelques siècles plus tard en termes similaires par le Coran ...


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La vérité est pour moi une certitude :

Plus ça va et moins je comprendrai les rapports des thaï(e)s avec les sentiments.

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Jeff de Pangkhan 15/09/2011 02:33



Bonjour,


600 000 baths,une mère qui une fois sa fille qui n'est plus petite et mignonne, a oublié sa fibre "maternelle",un père qui se "bat" pour la forme et qui n'est pas mieux,et la gamine la dedans?
peut-être seule la grand-mere parait honnête dans cette affaire...Une fois à l'ambassade de Thailande,à Paris, j'avais rencontré deux femmes thaïs qui avaient apparement ce même problème de garde
sauf que l'enfant etait en France...Cela paraissait insoluble aussi,surtout pour des filles qui en France n'avait plus de ressources financières,les  pères abusant alors de leur citoyenneté
française,de leur bon droit sur leur enfant ayant coupé les cordons de la bourse!


Jeff des rizières!


Ps: Je reste persuadé que si l'on mettait l'enfant au centre de la procédure en obligeant les parents à assumer leurs responsabilité,cela serait beaucoup plus simple?