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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 00:03

imagesLa politique en Thaïlande. 

 

Même si vous voulez vous intéresser à la politique thaïlandaise, vous savez de suite que cela ne sera pas simple, et qu’elle sera fort différente de notre politique française. Certes, me direz-vous, nous ne sommes pas en France. Mais cela ne vous aidera pas à mieux comprendre, tant de nombreuses  particularités de ce pays n’ont aucun équivalent en France. Même notre chère « démocratie »  est ici entendue de façon singulière. 

Heureusement, un excellent article de Jean Baffie, « Une « démocratie » entre populisme et défiance envers le peuple : La politique en Thaïlande depuis la Seconde Guerre mondiale » nous donne quelques clés (in Thaïlande contemporaine*) pour en déchiffrer l’histoire et ses principales composantes**.


Le populisme ?

 

populisme

Le titre de l’article de  Baffie « Une « démocratie » entre populisme et défiance envers le peuple » ne nous semble pas pertinent pour éclairer ce que serait la politique enThaïlande. Curieusement, il avoue lui-même d’ entrée que ce concept de populisme « n’est guère rigoureux » et « perçu comme péjoratif » . Il est souvent utilisé contre les leaders charismatiques. Il cite Kuktrit Pramoj et Boonchu en 1975, Samak en 1979 et bien sûr plus récemment, Thaksin. Sauf que, pour rester sur ce dernier, cette idéologie a pris des formes concrètes pour les paysans ( prix du riz assuré au-dessus des prix mondiaux,  moratoire de trois ans sur certaines dettes dues par les paysans, distribution d’un fonds d’un million de baths pour chaque village, soins médicaux accessibles …) qui lui doivent encore son succès politique. Mais il y a bien d’autres clés que l’on peut extraire de son article qui vont nous donner à comprendre les parenthèses qu’il met sur le mot  « démocratie ».


1/ La Thaïlande est une monarchie constitutionnelle depuis le coup d’Etat de 1932. Une « démocratie » qui a connu 18 coups d’Etats, 18 constitutions, et connu 33 premiers ministres (fin 2011)… et 24 élections législatives !!!


« Depuis 1932, dix (ou onze ?) coups d’Etat militaires ont été couronnés de succès (…) et, signe de dissensions au sein de l’armée, sept autres ont échoué (…) . Le plus souvent, l’armée a utilisé ce type d’intervention pour remplacer rapidement un premier ministre et un gouvernement ou mettre fin à un processus démocratique qu’elle avait initié, mais qu’elle ne contrôlait plus. »


AFP 060920thailande-coup-etat n


On vous l’avait dit : une « démocratie » singulière :  souvent  « interrompue » (18 fois),avec  de nombreuses règles du jeu politique modifiées (18 fois) et surtout depuis 1932 dirigée pendant plus de 50 ans par des militaires (sur 79 ans !) , avec 10 officiers supérieurs  comme 1er ministres depuis 1946, et encore faudrait-il rajouter les périodes « démocratiques  »  sous surveillance.

Prenons en exemple le dernier épisode.

La Constitution de 1997 (la 17 ème) «  fut abolie après le coup d’Etat du 19 septembre 2006 ». La 18ème constitution présentée par la junte militaire fut approuvée par un référendum (pour la 1ère fois)  le 19 août 2007 (57 % des suffrages).


La junte espérait ainsi contrôler et gagner les élections législatives du  23 décembre 2007, d’autant plus que la Cour constitutionnelle avait dissous  le TRT, le parti de leurs opposants et interdit à 111 de leurs dirigeants de toute activité politique pendant 5 ans. Mais leur nouveau parti, le Power People Party (PPP)  remportait  les élections avec 48,5 % des sièges. Leur leader, Samak Sundaravej , devenait le nouveau Premier ministre le 28 janvier 2008, et  constituait un gouvernement de coalition «pro-Thaksin».

 

Thai-PM-Samak


Après les militaires, la Cour Constitutionnelle intervenait  dans le jeu politique. Le 1er ministre Samak fut contraint de démissionner après 7 mois de pouvoir. Il avait commis le «  crime » de présenter une  émission de télévision sur la ………..cuisine !!! Son successeur (le beau-frère de Thaksin) Somchai, 1er ministre le 18 septembre voyait son parti dissous le 2 décembre par la Cour Constitutionnelle. Son successeur  Chaoarat devait céder sa place, après un renversement de majorité 13 jours plus tard et voyait Abhisit du parti démocrate gouverner du 15/12/ 2008, jusqu’aux  ……………élections législatives du 3 juillet 2011, où le Pheu Thai (Parti pour les Thaï), dirigé depuis le 16 mai par Yingluck Shinawatra,  sœur cadette de l'ancien premier ministre Thaksin Shinawatra, renversé en 2006 et en exil depuis, l'emportait par une majorité absolue de 265 sièges (sur 500). 

 

yingluk


La famille Thaksin était de nouveau au pouvoir. Maintenant, au vu de l’ histoire politique du pays, on peut se douter que certains généraux ou la Cour constitutionnelle sont en train de « réfléchir » !


2/ Les partis politiques et les klums ( ?).


Une autre difficulté pour comprendre la politique thaïlandaise :   le modèle des partis politiques.

En effet, il  est très différent de celui des pays occidentaux. Leur nombre ? leur changement de nom ? leur composition (les klums ?),  le rôle des militaires, l’importance de certaines familles et même de »parrains », le rôle de l’argent (populisme, corruption, achat des votes, intimidation parfois) … font partie des « mœurs » politiques de ce pays.

 

corruption


On a vu depuis 1946, 155 partis alors qu’il n’  en reste qu’une douzaine aujourd’hui, et encore changent-ils bien souvent de nom. (cf. les derniers épisodes thaksin : le TRT devient le PPP qui devient le PT (Pheu Thai)…) . Et la plupart ont une vie brève. « En août 1995, un magazine présentait les dix plus importants. Moins de six ans après trois (avaient) déjà disparu (…) deux autres (n’avaient) plus de députés ». 


Mais « l’ originalité » de ce système politique réside dans les klum.


Le klum n’a rien à voir avec les « courants » existants dans nos partis politiques. Il représente nous dit Baffie, « la véritable unité de base de la politique thaïlandaise ». Le klum  a été créé par un leader ( un général influent, le chef d’une riche famille, un potentat voire un parrain local …). Il a ses propres sources de financement, souvent un bulletin de liaison (ou un média pour les plus riches). Son objectif est d’obtenir un ou plusieurs postes ministériels (sources d’influence et d’enrichissement ).

Il va donc s’associer pour créer un parti, négocier son arrivée dans un parti existant, ou quitter un parti pour en rejoindre un autre au pouvoir ou susceptible de l’obtenir. Les exemples sont nombreux où un changement d’alliance a non seulement fait changer de 1er ministre, mais a changé le cours de l’Histoire.


Ainsi le parti deThaksin  (le parti des Thaïlandais  pour la Thaïlande)


trt

en février 2001 était constitué de 9 klum. En décembre 2008 la défection d’un klum (Les amis de Newin), la défection de députés de quatre formations précédemment alliées à Thaksin , a permis  à Abhisit, du parti démocrate,  de diriger une nouvelle coalition gouvernementale, le 15/12/2008.

Vous pouvez vous demander pourquoi des formations qui sont au pouvoir et ont la majorité décident de changer leur alliance ?  des nouvelles convictions ? la pression des militaires ? l’achat de leur « alliance » ?  la proposition de postes ministériels ?


Le peuple a répondu, aux   élections législatives du 3 juillet 2011 en donnant une fois de plus, nous l’avons dit, la majorité absolue au Pheu Thai et à la sœur de Thaksin !


Les klum« animent » donc la vie politique thaïlandaise. Certains  sont si puissants et organisés qu’ils pourraient même se constituer en parti. On peut citer par exemple dans les années 80,  Chaisiri, député d’Ubon Ratchatani et parrain influent, qui avait gagné une quarantaine de sièges grâce à son klum,  fonder le parti du Citoyen  . . . et même plus près de nous quand le 14 janvier 2009, trois klum (dont celui des amis de Newin déjà cité ) « formèrent le parti de la fierté thaïlandaise ».


Il est donc dirigé par un leader et souvent sert les intérêts d’une « grande » famille. Baffie en cite plusieurs (on a déjà vu la famille Thaksin Chinawatra), comme la famille Chunlawan par exemple , qui a porté au pouvoir deux premiers ministres, ou bien la famille Thiam de la province deTak qui fit élire 3 générations de politiciens, ou bien la famille Tantisunthon  qui suivit un schéma assez classique. On commence par un petit commerce, puis la famille s’enrichit dans différents secteurs, s’engage au niveau politique local et ensuite au niveau national. Un autre schéma plus local est celui des parrains. Ainsi par exemple Somchai Khunpluem, plus connu sous le nom de Kamnan Po, qui dans la province de Chonburi fit élire ses hommes et ses parents, son beau-frère, ses fils (l’un d’eux fut 3 fois vice-ministres et 2 fois ministres) et tous ceux qui ont voulu son appui pour gagner des élections. Accusé de meurtre, il est actuellement en fuite.


3/ Une autre clé pour comprendre. Les moyens  utilisés : les tueurs, la corruption, « l’achat » des votes.


Les tueurs.


tueur


Baffie signale  que le Centre de la Thaïlande est connu pour être  la terre des chao pho (des parrains), « où des familles influentes se comportent en effet en véritables potentats, disposant parfois de tueurs, chargés d’éliminer leurs concurrents ». Je me souviens du « Petit journal » du 16 mai 2011, citant le Bangkok Post : La police thaïlandaise a diffusé samedi la liste de 112 tueurs à gage et offre une récompense de 100.000 bahts (environ 2.400 euros) à quiconque fournira des informations aidant à leur arrestation ».On connait même les tueurs ! Circulant près de Kalasin, une amie me signala une moto qui nous dépassait, dont les occupants étaient, dit-elle,  les « hommes de main »  de X.


La corruption.


tunisie+news+isie+achat+vote


Pour Baffie, la sentence est claire : « Le règne de l’argent est sans conteste le trait dominant de la politique thaïlandaise aujourd’hui »***. Il dit « aujourd’hui » car il nous démontre qu’il y a une véritable inflation et un changement d’échelle entre la coutume d’autrefois qui consistait à offrir des « menus cadeaux » comme le « dentifrice, savon, lessive, huile, boîtes de sardines, etc » et les sommes investies aujourd’hui pour espérer être élu député. Il cite le général Kriangsak, contraint de démissionner de son poste de 1er ministre en mars 1980, qui employa des grands moyens pour être élu député. « C’est ainsi qu’il engagea 30 millions de baths (env. 730 000 euros) pour sa campagne, dont au moins 10 millions allaient servir à l’achat de voix ». Nous avions déjà dans notre article 8 signalé ce problème : « POLITIQUE – 53,2% des Thaïs seraient prêts à vendre leur vote (sondage) ( Petit journal du 18/01/2011) » . Mais nous avions relativiser avec ce titre « Il y a corruption et corruption ».

Nous avions dit alors que le « sondage » ne racontait qu’une partie de cette pratique en donnant l’ exemple de mon village. « Au moment des élections, les candidats passent de maison en maison et comme tous les candidats du monde « annoncent » les merveilles qu’ils vont apporter au village et sollicitent le vote des habitants. Mais ici, ils remercient la promesse de vote  en donnant qui 200 baths, qui 300, qui même 1 000 baths parfois ». Certes  corruption il y avait.


Sauf que le « roué paysan «  promettait son vote à tous. Considérant, disions-nous, que « la corruption est un moyen que l’on emploie pour faire agir quelqu’un contre son devoir, sa conscience » (Petit Robert) et qu’ici le « corrompu » agit comme il l’entend, peut-on encore parler de corruption ? (Toutefois, nous devons ajouter que lors des dernières élections du 3 juillet 2011, les candidats « surveillés » se sont abstenus de distribuer de l’argent. Une nouvelle ère commence-t-elle ? ).

Mais il est vrai que la corruption « politique » n’est qu’une composante d’une corruption généralisée à tous les niveaux de l’ Administration . Un petit séjour dans ce charmant pays vous en donnera des illustrations vécues.


4/ Le rôle des militaires.


thailand-military


Nous pensons en fait que la principale caractéristique de la politique du pays se tient dans le partage du pouvoir entre le roi et les militaires, tout en sachant que chacune de ces entités est composée de « factions » en concurrence et que « le peuple » exprime « parfois » ses choix dans la rue et dans les urnes, sur la base de bipolarisations entre Bangkok et le monde rural, entre les  classes dites supérieures (et moyennes) et les classes populaires (prolétariat de Bangkok et les paysans) ou pour faire plus simple, depuis 2006, entre les « jaunes » et les « rouges ».

Une « démocratie » avions-nous dit, aux 18 coups d’Etats et dirigée depuis 1932 pendant plus de 50 ans par les militaires. Il y a quand même là une spécificité thaïlandaise dont on peut donner quelques éléments.


Quid des militaires ?


Evidemment il faut se référer à l’histoire de la Thaïlande pour comprendre : (Cf. notre article http://www.alainbernardenthailande.com/article-29-les-relations-franco-thaies-l-entre-deux-guerres-67544057.html  Pour faire court. L’armée a été l’élément moteur de la « révolution de 1932 » et s’est considérée dès lors « comme la gardienne d’une identité proprement thaïe » et après le coup d’Etat du maréchal Sarit en 1959, gardienne de la royauté et du respect dû au roi. Une idéologie efficace à laquelle s’est rajoutée une culture du coup d’Etat permettant d’assurer en fait des intérêts économiques puissants. (Et le nec plus ultra : on a même vu le coup d’Etat de 2006 pour assurer une « future démocratie » »).

Si on ajoute la politique pro-américaine et l’aide américaine depuis le coup d’Etat de Phibun en 1948, on a les principaux éléments pour comprendre. (Cf. notre article sur les Américains en Thaïlande et en Isan :  http://www.alainbernardenthailande.com/article-37-decouvrir-l-isan-les-americains-debarquent-en-isan-85622786.html ).


Stéphane Dovert, dans l’article suivant « La Thaïlande prête pour le monde », nous donne quelques chiffres : « l’aide américaine a couramment dépassé 100% du budget national consacré à la défense » avec en plus l’aide civile occidentale  « 13,5 % du budget d’Etat en 1968 », sans compter les bases américaines pendant la guerre du Viet Nam et tous les  sous-traitants, et la gestion par l’Etat-major thaïlandais des soldats américains venant se reposer en Thaïlande (rest and recreation). En récompense des services rendus « dès la fin de la guerre, les élites militaires ont été amenés à participer aux conseils d’administration des grands groupes chinois (…) Entre 1948 et 1957,  la direction de plus de 41 firmes majeures et le bénéfice d’une participation à une centaine d’entreprises ». Dovert, cite par exemple qu’ en 1969, la famille du 1er ministre Thanom était présente dans les conseils d’administration de 347 sociétés ! (sic) .

Dans ces conditions on comprend que beaucoup ont considéré que  l’Armée était un formidable moyen d’ascension sociale et la voie pour faire fortune,  et que les coups d’Etat permettaient aussi d’assurer la promotion et  fortune aux vainqueurs.

La concurrence est d’ailleurs rude, nous dit Baffie,  en fonction de l’arme et de la promotion auxquelles on appartient. Il fut des époques « où des généraux issus de trois promotions différentes préparaient trois coups d’Etat, sans aucun contact entre eux ».

 

Il y a pour le moins un « conflit d’intérèt » entre le militaire, le politique et l’économique. Et cette donnée explique peut-être tout l’intérèt que portent les militaires à la politique.


5/ Le ROI et ses conseillers.


roi


Même si le roi est vénéré et a un réel prestige  personnel, il bénéficie de la loi du lèse-majesté (beaucoup utilisé depuis 2006) pour faire taire toute critique virulente ou toute analyse le mettant en cause.

On lui reconnait (comme Baffie dans son article) des interventions politiques essentielles à certaines périodes sombres de l’histoire politique thaïlandaise , comme  le 14 octobre 1973 « le roi demanda et obtint la démission des maréchaux Thanom Kittikachorn et Praphas Charusathien, respectivement Premier ministre et ministre de l’Intérieur ». Il nomma comme premier ministre, un de ses conseillers royaux .Il interviendra de même le 8 octobre 1976, après un nouveau massacre d’étudiants en nommant Thanin.Mais nous dit Baffie, « l’action la plus marquante du souverain reste, dans l’esprit du peuple, la rencontre du 20 mai 1992 », où il sermonna le premier ministre et le leader des manifestants en public , responsable de la mort de nombreux manifestants, et mis en place deux de ses conseillers privés, Sanya et le général Prem,  au poste de Premier ministre. Il est dit que le général Prem, redevenu conseiller du roi,  joue actuellement un rôle essentiel depuis 2001, dans  la politique du pays.

Baffie est plus prudent et après avoir rappelé que trois conseillers sont devenus premiers ministres ou que le général Surayud , premier ministre de 2006 à 2008, est devenu Conseiller royal, nous dit : « Toute la question est de savoir si les conseillers royaux sont de simples représentants -des instruments- d’un souverain en principe « au-dessus de la politique », ou s’ils disposent d’une réelle part d’autonomie ». Eh oui, c’est une clé essentielle à saisir. Toutefois la « guerre  » ouverte entre le conseiller Prem (très proche de la reine ) et l’ancien premier ministreThaksin,  est de notoriété publique. Etait-ce une lutte entre le pouvoir royal menacé et le nouveau pouvoir « démocratique »  issu des urnes deThaksin ?

Une chose est sûre : « A l’occasion des événements de cette décennie, les projecteurs ont été fixés sur le « pouvoir royal » et le Conseil royal ».


6/ Et le peuple ?


Eh oui le peuple ? c’est ici le grand absent .


peuple


Nous n’allons pas reprendre le chapitre intitulé  « la sociologie de la politique thaïlandaise » proposé par Baffie, avec « les princes, le sangha, les militaires, la majorité « silencieuse » des paysans, les ouvriers, les commerçants et hommes d’affaires, les classes moyennes, les étudiants, les femmes politiques », qui a le mérite de présenter les forces en présence (sauf pour l’épiphénomène des femmes politiques) mais le tort  de ne pas assez identifier les clans aristocratiques et des « affaires »  qui sont au pouvoir et d’ analyser le nouveau jeu politique avec la prise de conscience des « classes populaires »**** du Nord et du Nord-est depuis l’ère Thaksin***** en 2001.


Cette présentation « sociologique » des acteurs raconte « la politique en Thaïlande depuis la seconde guerre mondiale » surtout du point de vue du « haut » et ne consacre qu’une page et demie à la « majorité silencieuse ».


Beaucoup de clés néanmoins ont été données pour comprendre la politique en Thaïlande, même s’il nous reste à faire entendre celle du point de vue des masses rurales, des ouvriers sous-payés … et des deux millions de travailleurs étrangers et de  « sans-papiers ».  

 

Sans faf


(Article à paraître à la fin de « Notre » Histoire de la Thaïlande.)

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*Une « démocratie » entre populisme et défiance envers le peuple : La politique en Thaïlande depuis la Seconde Guerre mondiale, in Thaïlande contemporaine, Sous la direction de Stéphane Dovert et Jacques Ivanoff, IRASEC, Les Indes Savantes, 2011.

 

ThailandContemp2011


**Il est bien entendu que cet article de 60 pages (p.139-p.200) propose une analyse de fond et dépasse infiniment les quelques clés que j’ai cru déceler.Si vous suivez notre blog, vous savez déjà ce que nous devons à l’IRASEC et à J. Ivanoff et J. Baffie en particulier, dans la compréhension de la Thaïlande. http://www.irasec.com/component/irasec/?task=article_detail&articleid=1 

http://www.irasec.com/index.php?option=com_irasec&task=document_listing


*** Le règne de l’argent en politique ?


argent


Malheureusement , ce n’est pas une spécificité thaïlandaise. La France a aussi ses « affaires » et chacun sait qu’une élection  « coûte chère », surtout aux USA .

****La notion de "classes populaires" ne se réfère pas à la théorie marxiste de la société de classes (prolétariat), basée exclusivement sur la propriété des moyens de production, mais adopte une définition plus descriptive et empirique qui tient compte des différentes inégalités(économiques, juridiques, politiques, ethniques, religieuses, sexuelles,.), mais aussi de la culture et des moeurs. L'hétérogénéité de cette population conduit à l'utilisation du pluriel (classes ou couches populaires). "Toupictionnaire"

*****Le nom de Thaksin est donné ici comme un point de repère et ne dit rien sur ce que nous pensons de l’ homme.

 

thaksin 

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