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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 23:01

grammaireNotre langue française est « normalisée » depuis plusieurs siècles (« Enfin Malherbe vint... »),premières grammaires et premiers dictionnaires au XVIème siècle, édit de Villers Cotteret par lequel François premier en imposa l’usage, création de l’Académie française par Richelieu, oeuvres immenses de Pierre Larousse, de Littré, de Robert, décrets de Peyrefitte bannissant l’usage du « franglais » dans le langage officiel…


MALHERBE


Mais il n’en fut pas de même avec la langue siamoise.


Il nous a paru intéressant de raconter la première page de cette aventure et de rendre un hommage à ces pionniers qui ont tenté de nous expliquer la réalité de cette langue siamoise, comme Mgr Laneau, La Loubère, le capitaine James Low, Le révérend Jess Caswell, Mgr Pallegoix, Mgr Jean-Louis Vey, E. Lunet de la Jonquière.


Au Siam, nous avons une toute petite élite qui connait tout à la fois le sanscrit, le pali, qui sont à la religion ce que le latin est à l’Eglise catholique et le langage commun dans toutes ses nuances fait face à une foule d’esclaves parlant leurs dialectes et ayant probablement des difficultés à se comprendre sinon d’un village à l’autre du moins d’une province à l’autre. La création d’une Nation puis une politique de « thaïfication » systématique impose la nécessité de l’usage d’une langue commune. Mais cette normalisation qui n’apparaissait peut-être pas nécessaire à l’aristocratie siamoise fut le premier souci des missionnaires venant prêcher la parole du Christ avant d’être celle des autorités.


Pour évangéliser la terre, les évangiles furent traduites en grec d’abord, puis en latin. Il fallait faire de même en terres de mission.


 allez faites des disciples1

 

Les Français seront les premiers à l’origine de cette « normalisation ».


1/ Monseigneur Louis Laneau*, second vicaire apostolique du Siam de 1669 à 1696, date de sa mort à Ayuthaya, fut immédiatement conscient de la nécessité pour les missionnaires de parler non seulement la langue vernaculaire à l’usage de leurs ouailles mais encore le sanscrit et le pali pour comprendre ou tenter de comprendre la religion locale. Arrivé au Siam en 1664, il y apprit les deux langues sacrées et le langage commun auprès des moines bouddhistes. Il rédigea en siamois de nombreux ouvrages pieux dont les manuscrits ont pour la plupart disparu ainsi que celui d’un dictionnaire siamois, le tout premier, dont le manuscrit dort probalement dans quelque fonds d’archives et celui d’une grammaire** dont  il ne reste que quelques feuillets manuscrits rédigés en latin et en caractères latins à une date indéterminée.***

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Ces manuscrits ont été analysés par Jean Philippe Babu (« L’influence de la tradition grammaticale greco-latine sur la grammaire du thaï » Bangkok 2550). Il y constate, sans la criitiquer, une observation « à la lunette de la grammaire latine » mais aussi la description scrupuleuse de l’essentiel des spécificités de la langue.


 

Laneau 2

 

Il est possible que Monsieur Pallegoix ait eu connaissance de cet embryon de travail, tous deux appartenant à la « MEP », les « Missions étrangères de Paris » ?

Trop injustement oublié pour ses travaux linguistiques, il a connu un regain de popularité, tout au moins dans certains milieux catholiques orthodoxes, avec la réédition en 1998 de sa « Rencontre avec un sage bouddhiste » écrite en siamois et traduite sur le manuscrit conservé aux archives des Missions étrangères de Paris (éditions du cerf) dont le titre exact est « de deficatione justorum per Jesum Christum » imprimé pour le première fois en latin à Hong-Kong sous son vrai titre en 1887.

 

Laneau

 

Ce texte difficile sinon abscond concerne la très controversée théologie de la déification (« Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu »), la "théosis" des orthodoxes, il est permis de se demander s’il était accessible aux catholiques siamois du XVIIème ou du XVIIIème siècle ?


théosis


2/ La Loubère, envoyé du Roi Louis XIV au Siam en 1685 et 1687,

 

la loubere

 

nous donne dans le second volume de ses mémoires publié en 1690,  une description de la langue siamoise intitulée « de la langue siamoise et de la balie », qui révèle un sens très fin de l’analyse.


 

La Loubère 2-5

 

A-t-il eu connaissance des études de Monseigneur Laneau ? Entourré de jésuites, ennemis mortels des prêtres des Missions étrangères, c’est peu probable. Ce chapitre constitue en réalité un véritable petit mémento grammatical qui eut mérité d’être intitulé « de la grammaire siamoise ». Musicien, La Loubère analyse avec finesse le mécanisme des tonalités. Lettré, il décrit l’essentiel de la syntaxe, notamment le système des « classificateurs » propre aux langues d’Asie du Sud-est. Il est probablement le premier européen à avoir rapporté sans erreurs l’essentiel des principes de la langue siamoise, et le premier en tous cas à avoir parlé  la langue sacrée, le pali qu’il appelle « balie », comme les Thaïs. Son élection au 16ème fauteuil de l’Académie française (celui de Léopold Senghor puis de Valéry Giscard d’Estaing) en 1693, était méritée.


3/ Le capitaine James Low publie à Calcutta en 1828 « A grammar of the thai or siamese language ».


 

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Elle a au moins un mérite, le seul, d’exister sous ce nom. On s’étonne qu’il ait découvert 36 consonnes dans un alphabet qui en contient 44, que son inventaire des voyelles soit fantaisiste et qu’il ne connaisse que trois signes de tonalités alors qu’il y en a quatre. Aucune explication non plus sur le mécanisme des tonalités, fruit d’une syntaxe particulièrement complexe et pourtant essentielle à la compréhension de la langue. Il est difficile de dire qu’elle contient « la description scrupuleuse de l’essentiel des spécificités de la langue ». Mais il est facile de le critiquer dans la mesure où il admet d’emblée avoir dû partir de rien, n’ayant connaissance d’aucune grammaire siamoise se contentant de « standard works in the proper idiom » ! Les seuls éléments sérieux qui servirent de point de départ à son étude sont essentiellement les commentaires de La Loubère sur la langue siamoise qu’il a du manifestement mal assimilés ou mal compris. Il n’existe à cette époque et pour encore quelques dizaines d’années, jusqu’aux édits linguistiques du Roi Rama IV, aucun ouvrage grammatical en langue vernaculaire, ce qu’il déplore et dont il s’étonne. Son travail n’atteint pas la cheville de celui de La Loubère qui mérite plus que le sien le titre de « grammaire ».


Officier de l’armée des Indes,


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fort compétent sur les questions siamoises, auteur de nombreux ouvrages d’érudition, son travail a eu pour fonction essentielle d’éviter l’écueil du traité anglo-siamois de 1826 dans lequel on dut utiliser la langue portugaise comme intermédiaire, aucun Anglais ne parlant alors siamois et aucun Siamois ne parlant alors anglais ! Il ne dut toutefois pas être d’une grande utilité pratique sinon d’aucune aux sujets de sa gracieuse majesté. Le lexique d’une dizaine de pages qui termine son ouvrage est du niveau d’un mauvais guide touristique.

 

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4/ Le révérend Jess Caswell, missionnaire protestant et ami anglais du roi Mongkut publie en 1846 un « dictionary of the siamese language » que nous n’avons malheureusement pas pu consulter. Il comprendrait 6 ou 7.000 mots, probablement un gros lexique plus qu’un dictionnaire ?


Mais nous verrons dans le prochain article que l’œuvre de Mgr Pallegoix constitue encore une référence fondamentale.

 

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