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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 23:04

marcel-barang.jpgQuelques repères.

Nous avons déjà proposé une petite introduction à la littérature thaïlandaise avec l’aide de Jean Marcel et de Marcel Barang*. Enfin, c’était plutôt un parcours de lecture possible des grands écrivains thaïlandais qui avaient été traduits. On a depuis, présenté quelques oeuvres de  Pirah Sudam, Chart Korbjitti, Saneh Sangsuk, Pramoj Kukrit … et récemment des nouvelles de  Chart Korbjitti, Atsiri Thammachot, Sila Khomchai, Wanich Jarungidanan, Win Lyovarin, tous lauréats du SEA Write, traduites par Louise Pichard-Bertaux, pour son livre « ECRIRE BANGKOK, La ville dans la nouvelle contemporaine en Thaïlande »**

2 ecrire bangkok

Mais le livre de Mme Louise Pichard-Bertaux offre aussi dans sa première partie une introduction « permettant de comprendre l’évolution de la littérature moderne » thaïlandaise avec son lien aux principaux événements historiques du pays. Une occasion pour nous de compléter le début de notre introduction à la lecture des œuvres thaïlandaises.  


La préface de Jean Baffie confirme la qualité du travail et l’inscrit dans la lignée de  Paul Schweisguth (1951 !), et de madame Jacqueline de Fels, et de Delouche pour la littérature classique. ***

 

3 delouche


Avant de commencer, nous nous souvenons de Jean Marcel qui  dans une étude « L’œuvre de décentrement : le cas de la littérature siamoise » (2006), nous invitait entre autre,  à nous méfier de ce que nous connaissions de l’histoire de la littérature occidentale et de nous rappeler que la civilisation du Siam (Thaïlande)  est « la plus aux antipodes de la nôtre », comme « toutes les civilisations extrême-orientales ».

 

Il est de fait que d’entrée madame Pichard-Bertaux nous apprend que « l’introduction de la prose en Thaïlande est relativement récente, puisqu’elle ne date que de la fin du XIXe siècle. ». Trois facteurs principaux, dit-elle, ont favorisé l’adoption et l’expansion de la prose : l’imprimerie,  le journalisme et le développement du système éducatif. On aurait pu rajouter de façon plus générale : l’ouverture du royaume aux idées et aux technologies occidentales par le roi Rama IV, (Mongkut,1851- 1868). Le roi Rama III étant « plutôt hostile aux apports occidentaux ».

 

C’est ce que dit d’ailleurs ensuite madame Pichard-Bertaux, qui  proposera un petit historique avec  quelques dates significatives pour :

 

L’imprimerie :

 

4 imprimerie

  • 3 juin 1836.  Première impression en thaï à Bangkok d’un fascicule de doctrines chrétiennes par le révérend Charles Robinson.
  • 1839. 1er document officiel imprimé en thaï, décret interdisant de fumer de l’opium.
  • 1841. 1ére maison d’édition par Dan Beach Bradley.

5 bradley

 

  • 1844-1845. 1er mensuel en Thaï imprimé par Bradley. L’imprimerie de Bradley publie en 1861, le Nirat London, le nirat le plus long de la littérature classique thaïe, qui relate la découverte du monde occidental par un membre d’une ambassade siamoise auprès de la reine Victoria. D’autres publications suivront, comme par exemple en 1862, un manuel d’enseignement de lecture et d’écriture rédigé sous l’ordre du roi Naraï, et deux ouvrages en prose en 1862-1863, le code des trois sceaux et des annales royales qui vont de la fondation d’Ayutthaya à la 11 éme année du règne de Rama I…
  • D’autres sources évoquent 1856,  pour les débuts de l’écriture en prose moderne, avec  la Gazette royale, publication du gouvernement qui informe le public, des décrets, lois et autres nouvelles.

 

 

6 journaux siamois

 

Le système éducatif :

 

  • 1852. 1ére école ouverte par une épouse d’un missionnaire protestant, Mme Mutton, imitée par le Chinois Sinsae KI-Eng Kuay-Sien . (A la Cour, les fils d’aristocrates étaient éduqués par des lettrés, et certaines pagodes donnaient un enseignement aux garçons). En 1857, ils s’associent, encouragés par Rama IV, pour  créer une nouvelle école à Thon Buri.
  • Mais il faut attendre l’accession au trône de Chulalongkorn (1868-1910) pour voir la création de trois écoles royales et le début d’une éducation nationale. Ici pas de date n’est donnée, si ce n’est qu’« En 1909, un an avant la mort du roi Chulalongkorn, on dénombre 131 écoles, 748 maîtres, un total de 14174 élèves, garçons et filles confondus, à Bangkok et sa région ; dans les provinces 82 écoles, 155 maîtres, 3938 élèves » (Pichard-Bertaux citant de Fels)

 

 

Les journaux :

 

  • 1874-1875. Le 1er hebdomadaire thaï, le Darunowat (Propos pour les jeunes), dirigé par Kasemsansopkak (fils de Rama IV et demi-frère du roi Chulalongkorn).
  • Sept 1875-1876. Le premier quotidien thaï au titre anglais Court, dirigé par un frère du roi Phanuphanthuwongworadet.
  • Il est dit que d’autres journaux et revues verront le jour sous le règne du roi Chulalongkorn, où se signaleront des écrivains  désirant «  publier des textes novateurs  et d’une écriture différente des canons classiques. »

 

Bref, on remarque que Rama IV a initié l’ouverture à l’Occident, son intérêt aux nouvelles technologies, aux  idées nouvelles, mais c’est son fils, le roi Chulalongkorn appuyé par ses frères qui vont encourager sinon développer la presse, l’éducation, et permettre l’émergence d’une nouvelle façon de penser, d’écrire.

 

Naissance de la nouvelle thaïe.

 

Mme Pichard-Bertaux nous prévient que les avis divergent quant à la date et même le texte de la première nouvelle thaïe, mais elle estime que la première fiction thaïe Sanuk nuk (Plaisantes pensées) est publiée par le prince Phichit Prichakon (frère du roi) en 1886

 

7 Pichit prinakon

 

dans le numéro 28 du Wachirayam Wiset. « L’Histoire est située en décor réel, le monastère Boworn Niwet, où l’auteur avait séjourné. Elle rapporte les propos de quatre jeunes bonzes sur le point de quitter la vie monastique. » Une nouvelle (ou un début de roman) qui provoque un véritable scandale dans le clergé et à la Cour. Sanuk nuk restera sans suite. « Mais pour une première, c’est un coup de maître, dit Mme Pichard-Bertaux : l’auteur introduit dans le même temps un genre littéraire et la censure ».

 

La presse va jouer un rôle fondamental dans la diffusion littéraire.

 

Ici (comme en France), de nombreux périodiques ont publiés des nouvelles, romans en feuilletons, adaptations ou créations. On compte plus de 300 périodiques de 1886 à 1929. Les plus importants et/ou influents après le Wachirayam Wiset (1886-1894), est le Lak Witthaya (plagiat !) (1900-1902). Les trois fondateurs, le prince Bidyalangkarana, Phraya Surintharacha et Chao Phraya Thammasakmontri,

 

8 jao phraya thammsak

 

après leurs études en Angleterre,  ont l’idée de  publier des nouvelles et feuilletons traduits de l’anglais, ainsi que des fictions thaïes.


Tous les manuels de littérature thaïe considèrent le roman de Nokyung Wiserkun (Mae Wan)  intitulé Kwam Phayabat (La vengeance) comme le premier roman thaï. Il est l’adaptation du roman de Marie Corelli Vendetta. Ensuite le Thawi Panya (1904-1907) est créé en 1904 par le prince hériter Wachiratawut.  Plus tard, en 1918, devenu entre-temps  le roi Rama VI, il fonde l’hebdomadaire Dusit Samit (1918- 1921),

 

9 Dusit samit

 

où de nombreux textes littéraires et satires humoristiques sont publiés. Le Si Krung (1913-1927) « consacrera ses colonnes à la littérature ». Même le département des Etudes militaires, publiera à partir de 1916 dans le mensuel Sena sueka lae phae witthayasat « des textes littéraires, dont de nombreuses histoires policières ». Un éditorial d’octobre 1923 de Luang Saranupraphan, cité par Fels, « « dresse un panorama intéressant de la littérature de l’époque » :

 

« En général, à cette époque, les auteurs préfèrent traduire des oeuvres étrangères plutôt que d‘en composer eux-mêmes selon leur pensée et leur conception thaïe. Pallier cela est difficile car les lecteurs estiment pour la plupart, et c’est ancré en eux, que les histoires occidentales sont mieux que les thaïes. Jugeant étrange la façon de développer leur écrit et difficile de bien les faire comprendre,  les Thaïs n’osent pas  écrire, pour les publier, des histoires thaïes ; Et certains auteurs désirant punir les lecteurs qui admirent trop les « novels » d’Occident inventent des histoires originales thaïes en empruntant des noms farang pour leur personnages, comme Dick, Bob, Philip. Ainsi laissent-ils croire que l’histoire est occidentale. De toutes façons, leur œuvres se vendent bien ».

 

« De 1920 à 1925, paraît le quotidien Syam Rat qui publie essentiellement des fictions chinoises traduites en thaî. »… le Sap Thai (1921-1927)  … l’hebdomadaire féminin Satri Thaï ((1925-1926) … le Thai Kasem en 1924 (1924-1935), avec les premières œuvres d’une femme, Dokmai Sot, le prince Akatdamkoeng, et Kulap Saipradit (Sri Burapha) –« dont l’influence sera considérable sur la littérature moderne ; Il  crée d’ailleurs en 1929 son propre magazine Suphap Burut (Gentleman) », un bi-mensuel  (1929-1931) où sont publiés nouvelles, romans en feuilleton, essais, articles d’intellectuels. « Il participera à l’édition de plusieurs autres magazines au cours de sa carrière. »

 

 

On a là trois des quatre auteurs qui avec Malai Chuphinit vont être considérés, comme les quatre pionniers de la littérature moderne thaïe. « Comme l’écrit Jacqueline de Fels :

 

« Avec des œuvres reflétant des transformations considérables dans la société et dont le succès ne s’est jamais démenti, ces quatre écrivains d’une origine sociale différente, sont considérés comme les premiers grands  romanciers de l’époque moderne ».

 

Le prince Akatdamkoeng (1905- 1932) laisse peu d’œuvres à la postérité. Dokmai Sot (1905-1963), bien qu’étudié dans les manuels scolaires, est considérée par beaucoup comme « démodée ». Malai Chuphinit (1903 ou 1906-1963)  est  un auteur prolifique (une cinquantaine de romans, plus de 500 nouvelles, des traductions, des pièces de théâtres …).


Kulap Saipradit ou Sri Burapha (1905-1974) est celui qui a eu « sans doute le plus d’influence sur les écrivains  d’aujourd’hui ». Il est considéré par Marcel Barang (nous rappelle Mme Pichard-Bertaux) comme le premier auteur engagé thaï. Il connaîtra la prison et l’exil (il est mort à Pékin) du fait de ses engagements en faveur de plus de justice sociale et sur la nécessité de changer de  système (Mme Pichard-Bertaux aurait pu préciser plus de 4 ans en prison et 16 ans d’exil !).  Entre 1928 et 1932, il publie au moins huit romans, dont le plus important est Songkkhram chiwit (La Guerre de la vie) (1932).

 

Le coup d’Etat de 1932 va non seulement transformer la monarchie absolue en un « régime constitutionnel » mais transformer la société civile et la production littéraire  … (Cf. article suivant).

 

12 coup d'état 1932

 

_______________________________________________________________

 

 

* Cf. 23. Introduction à la littérature thaïlandaise ? http://www.alainbernardenthailande.com/article-23-notre-isan-la-litterature-thailandaise-1-79537350.html


24. Que faut-il lire de la littérature de Thaïlande ? http://www.alainbernardenthailande.com/article-24-notre-isan-la-litterature-dethailande-2-79537520.html


**Cf. Articles 104 et 105.

 Louise Pichard-Bertaux, « ECRIRE BANGKOK, La ville dans la nouvelle contemporaine en Thaïlande » Connaissances et Savoirs, 2010.


***      Paul Schweisguth, « Etude sur la littérature siamoise », Imprimerie nationale, 1951 409p


Jacqueline de Fels, « Promotion de la littérature en Thaïlande » (L’Harmattan, 2004)


Gilles Delouche, né le 3 août 1948 à Orléans, est un universitaire français spécialiste de la littérature classique siamoise (thaï), professeur des universités à l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO) depuis 1987 après avoir enseigné de 1971 à 1987 à la Faculté des lettres de l'Université Silpakorn (Thaïlande), qui lui a décerné un doctorat honoris causa

 

 fin

 

 

 

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