Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
  • Contact

Compteur de visite

Rechercher Dans Ce Blog

Pourquoi ce blog ?

  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

(suite cliquez)   POURQUOI CE BLOG ?

Pour nous contacter

Merci d’être venu consulter ce blog. Si vous avez besoin de renseignements ou des informations à nous communiquer vous pouvez nous joindre sur blogthailande@yahoo.fr

25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 23:02

StatueChit Phumisak, un écrivain thaïlandais "engagé" (1930-1966). 

Un article du Petit Journal du 3 mai 2013 titrait à propos de Jit Bhumisak (sic), « LEGENDE- Le Che Guevara thaïlandais renait de ses cendres », à propos d’ « Une statue inaugurée, dimanche 5 mai dans le village même où Jit Bhumisak a été abattu en 1965 (sic), confère le droit de cité au héros de la génération protestataire des années 70. »*Un article du Bangkok Post du 15 avril donnait la même information. **


Mais qui était ce héros, ce « Che Guevara » thaïlandais ?


Etrange destin que cet homme, né en 1930, dans une famille pauvre de l’Isan, dans la province de Prachinburi.

 

pumisak18.JPG

 

Il étudia la philologie à l’Université Chulalongkorn de Bangkok. Il fut professeur, linguiste, poète, essayiste, historien, et combattant marxiste. Il fut avec Sri Burapha, Seni Saowapong, Itsara Amantakum, un écrivain radical défendant ses idées  « progressistes » en faveur des opprimés, dénonçant les oppresseurs à une époque  où toute critique « politique » était interdite. Il fut d’ailleurs arrêté en 1957 en tant que « communiste » sous le gouvernement anti-communiste du dictateur Sarit Dhanarajata (1958-1963), mis en prison pendant six ans, innocenté en 1964 sous le gouvernement des dictateurs Thanom et Praphat (1963-1973). Libéré, il continua d’écrire mais ne personne n’osa le publier. Il prit le maquis et rejoignit le parti communiste thaïlandais, qui avait commencé la lutte armée en août 1965, dans la jungle des montagnes de Phu Pan dans la province de Sakhon Nakhon ;

 

11912 464128217000083 1956509371 n

 

et il fut abattu le 6 mai 1966 par les villageois de Ban Nong Kung, disent certains, par la police disent d’autres.

Il avait 35 ans ! Son corps fut brûlé et la cérémonie religieuse de deuil ne fut possible qu’en 1989 !

Il devient un martyr, un modèle pour les étudiants progressistes des années 1970, avec les idées de son livre « L’art pour la vie, l’art pour le peuple ». Il inspira la génération d’écrivains qui émergea après  les événements de 1973-1976.


Et aujourd’hui il est honoré, par une statue dans le même village où il avait été abattu, il y a presque 50 ans !

 

29336a57d

La société thaïlandaise a bien changé.

                                               _______________________

 

Or, dans notre article précédent, profitant du travail de Mme Louise Pichard-Bertaux, in « ECRIRE BANGKOK, La ville dans la nouvelle contemporaine en Thaïlande », nous avions  relaté qui était et ce que pouvait représenter Chit Phumisak.


1/ Mais on ne peut comprendre, ses écrits, son combat « littéraire » et politique, avions-nous dit,  que si on connaît le contexte historique de cette période thaïlandaise, à savoir :


  La dictature du maréchal Sarit, la guerre froide, la politique pro-américaine et anticommuniste, la répression impitoyable de tous les opposants au nom de l’article 17 de la constitution provisoire de 1957 « qui interdit toute critique contre le roi et la famille royale, la politique étrangère du gouvernement, et tout autre institution gouvernementale, bien sûr interdit le communiste et toute « prophétie » susceptible de troubler l’ordre public … » ; On assistera même le 1er juillet 1959 sur la place de Sanam Luang à Bangkok, à un autodafé où seront brûlées toutes les oeuvres interdites et saisies.


Plusieurs écrivains, avions-nous dit aussi, dont Itsara Amantakun, sont emprisonnés, alors que d’autres choisissent l’exil (Sri Burapha en Chine, Khamsing en Isan) », ou le silence ou ce qui sera intitulée plus tard « la littérature de l’eau croupie » (wannakam nam nao) ; Une littérature uniquement divertissante, sans aucune critique ni référence à la société présente.


Nous sommes dans Le Yuk muet, l’Age sombre, ou yuk thanin (Age sauvage).


Certes, après la guerre, les écrivains thaïlandais ont dû s’interroger sur le rôle qu’avaient joué leur pays, et discuter sur la « résistance », le fascisme, la liberté,  le « monde libre », « le communisme », la notion « d’engagement », sur la place de l’écrivain et ce que doit être la littérature.  En 1950 d’ailleurs, les écrivains les plus engagés, dont les chefs de file étaient Sri Burapha, Seni Saowapong et Itsara Amantakun avaient créés le Chomrom nakpraphan (Club des Ecrivains) pour promouvoir le Silapa  phuea prachachon (L’Art pour le peuple),  la nécessité de dénoncer les abus, les disparités sociales, « Avant 1950, les thèmes sont surtout liés aux problèmes familiaux de personnages appartenant à la classe aisée ou moyenne : l’amour, la vengeance, les relations familiales forment très souvent le cœur du récit. Après cette date, la littérature engagée aborde les sujets de société, d’économie et de politique, puisant des modèles de personnages dans toutes les classes sociales, rêvant d’une société idéale ». (Mme Louise Pichard-Bertaux citant Saithip Nukunkit, 1994)


2/ C’est donc dans ce contexte politique et littéraire que se situe la vie et l’œuvre de Chit Phumisak.


Les éléments du récit sont :

  • Le contexte historique. (Les militaires dictateurs Sarit (1957-1963, Thanom Prapas (1963-1973) et leur politique pro-américaine, anticommuniste et répressive.)
  • « Il est le premier étudiant thaï à refuser de recevoir son diplôme des mains du roi ». (Mme Louise Pichard-Bertaux)
  • Il a traduit « Le manifeste du parti communiste » en thaï.

 

marx

 

  • Il brave la censure et publie des articles et livres ouvertement critiques sur l’histoire royale, les américains, et défend des idées socialistes interdites par le régime dictatorial du maréchal Sarit.
  • la prison***
  • Il rejoint la lutte armée menée par le Parti communiste thaï en 1965.

 

maquis

 

  • Sa mort, le 5 mai1966, « les armes à la main ».
  • Ses œuvres, et ses idées :

Il faut reconnaître qu’un lecteur français ne dispose de peu d’éléments pour en mesurer toute l’étendue ; ainsi par exemple wikipédia ne cite que :

  • โฉมหน้า ศักดินา ไทย (Chom Na Sakdina Thai, «le vrai visage de la féodalité Thai")
  • กวี การเมือง (Ruam botkawi lae Ngan Wichan sinlapa wannakhadi Khong Kawi Kanmueang; "Collected Poems et revues littéraires en poète politique»), sous le pseudonyme "Kawi Kanmuang"
  • ความ เป็น มา ของ คำ สยาม ไทย, ลาว และ ขอ ม และ ลักษณะ ทาง สังคม ของ ชื่อ ชนชาติ (Khwampenma Khong Kham Sayam Thai Lao lae lae Khom laksana thangsangkhom Khong chu chongchat; «Etymologie des termes Siam, thaï, lao et Khom, et les caractéristiques sociales des nationalités »)

Et Mme Louise Pichard-Bertaux fait référence aux deux oeuvres majeures, à savoir :

  • Silapa pheua chiwit silapa pheua prachachon (L’Art pour la vie, l’art pour le people (1957)
  • Chom na  sakdina thai (Le visage du féodalisme thaï). (Publié pour la première fois en 1957, dans un numéro spécial de la revue Nitisat) sous le pseudonyme de Somsamai Srisootarapan.

Mais on sait qu’il a écrit « de nombreux articles, poèmes, critiques littéraires et essais » qui lui ont valu d’être arrêté en 1957 comme « communiste » et emprisonné 6 ans avant son procès en 1964, où il fut innocenté.


Mme Louise Pichard-Bertaux nous apprend que L’Art pour la vie, l’art pour le peuple  a été publié en 1957 sous le pseudonyme de Thipakorn, « son essai (…) reprend les idées exprimées par Sri Intharayut, Seni Saowaphong, Itsara Amantakun et Sri Burapha de façon plus didactique. » Elle cite Rungrat (1998) qui résume les 4 principes de base : Dénoncer la laideur de la vie (injustice, oppression ; Dénoncer les causes et les conséquences de cette laideur ; Exposer les moyens  de supprimer cette laideur ; Exposer les possibilités d’une vie nouvelle, qui s’appuierait sur la beauté, la simplicité et la clarté.


Dans Le visage du féodalisme thaï, Phumisat propose une autre vision de l’histoire de la Thaïlande, une vision marxiste de l’histoire, dénonçant le féodalisme, l’exploitation des paysans, alors que jusque-là elle était limitée au récit des dynasties régnantes.


On peut, à partir de ces éléments, raconter l’histoire d’un écrivain engagé, mort pour ses idées, un « héros » révolutionnaire.


Et la postérité.

  • Nous savons que ses idées ont été reprises par le mouvement des étudiants de 1973-1976 et  « élevé au rang de héros martyr » et comparé à Che Guevara. 


che


  • Certains, comme lui, ont dû prendre le maquis pour échapper à la prison.  
  • Les écrivains de « La littérature pour la  vie » reconnaîtront leur dette ; les écrivains qui émergent à cette époque, comme par exemple Atsiri Thammachot,  Chart Korbjitti, Sila Khomchai, Wanich Jarungidanan et Win Lyovarin que nous avons lus avec l’aide de  Mme Louise Pichard-Bertaux ont évoqué son influence.
  • Les groupes et les chanteurs de pleng phua cheewit  (l’Art pour la vie, l’Art pour le peuple), dont les plus connus sont Carabao et Caravan, lui ont rendu hommage. 

 

 

 

  • Ils partageaient ses idées, son idéal, et ils n’hésitaient pas dans les années 80 à s’attaquer « systématiquement aux questions sociales,  chantant les « thaïs d’en bas », mais aussi des  chansons d’amour, des chansons philosophiques, la lutte contre les multinationales, la défense de l’environnement, la critique des politiciens corrompus, dans une langue qui n’est pas la langue de bois, avec  ironie, férocité, tendresse ». Une chanson « L’Homme et son buffle »  traduite par  Arnaud Dubus, est sans équivoque : « Mais quelles que soient les difficultés, nous n’aurons pas peur … Les riches dévorent notre travail, Nous jettent les uns contre les autres, Et nous, paysans, nous nous enfonçons dans les  dettes … Nous devons détruire ce système » (extrait). (in Thaïlande « Les guides de l’Etat du monde »)

 (Cf. nos articles sur Caravan et Carabao****)

 

3/ Le héros statufié.


Que s’est-il passé entre 1966 et 2013, entre un écrivain « communiste » abattu en 1966, alors qu’il avait rejoint le parti communiste thaïlandais, engagé depuis   le 7 août 1965 dans la lutte armée, dans la province de Nakhon Phanom, en Isan, et la statue d’un  héros honoré et fleuri dans le même village où il a été tué, brûlé à l’âge de 35 ans.   *****


La Thaïlande avait changée, certes. Ce village aussi.

 

Village


Mais que voyait-il dans cette statue? Un homme ? quel homme ? des idées ? quelles idées ? Un écrivain qu’il lisait ? qui leur « parlait » ? mais qu’entendaient-ils ?


Qu’en pensent « ses amis »  qui ont financé sa statue ? Les « Rouges » ?

Certes pour E. D. du Petit Journal, cette statue « confère le droit de cité au héros de la génération protestataire des années 70 ».

 

 Mais le héros de quelles idées ?


La génération protestataire des années 70 voulaient « stimuler la lutte des travailleurs, le combat des paysans, dénoncer les conditions de vie de tous les opprimés » (Cf. op. cit. Mme Louise Pichard-Bertaux). Leur combat était virulent à la mesure de la dictature. Ils voulaient changer le « système ».


Le système a changé ou plutôt la société. Le communisme qu’il défendait prône désormais le libéralisme et le profit.  De plus, la royauté est toujours là, les militaires, la censure, les profondes inégalités, les laissés pour compte … mais rien de comparable aux années 70.


Un changement toutefois. Les « Rouges » sont au pouvoir !


Alors Chit Phumisak, quel héros serais-tu aujourd’hui ? Quels combats  mènerais-tu ?


Penses-tu devenir, un jour, un « héros national » ?******


 art 41918156

 

_______________________________________________________

 

 

* E.D. (http://www.lepetitjournal.com/bangkok) vendredi 3 mai 2013


http://www.lepetitjournal.com/bangkok/accueil/en-bref/150709-legende-le-che-guevara-thailandais-renait-de-ses-cendres


« LÉGENDE - Le Che Guevara thaïlandais renait de ses cendres Une statue inaugurée, dimanche 5 mai dans le village même où Jit Bhumisak a été abattu en 1965 (sic), confère le droit de cité au héros de la génération protestataire des années 70. Le 5 mai 1966, l’intellectuel Jit Bhumisak était abattu par la police dans le nord-est du royaume. C’est sur les lieux mêmes de sa mort tragique, dans le village de Ban Nong Kung que sera dévoilée dimanche une statue de bronze qui le représente grandeur nature scrutant l’horizon, lunettes sur le nez et tongs aux pieds. […] Tour à tour enseignant, guide touristique, linguiste, journaliste et poète dans les années 50, martyr et combattant dans les années 60, Jit Bhumisak est devenu un héros pour la génération progressiste des années 70 qui l’a comparé à Che Guevara. Ce fils d’une famille pauvre s’est signalé en traduisant le Manifeste du Parti communiste de Karl Marx en langue thaïlandaise. Et en 1957, il publiait son œuvre phare "Le visage du féodalisme thaïlandais" qui place l’exploitation de la paysannerie au cœur de l’histoire du royaume. Ces thèses socialistes et farouchement anti nationalistes défiaient directement l’autorité du Maréchal Sarit Thanarat, alors homme fort du pays aspiré par la guerre froide. Embastillé en 1957, Jit ne devait être acquitté et libéré que six ans plus tard. Il s’installa alors dans la province de Sakon Nakhon et rejoignit le parti communiste thaïlandais et ses maquis en 1965. Il n’avait que 35 ans quand il a été abattu un an plus tard.  »


vlcsnap-2013-05-08-06h40m53s32

**Bangkok Post : 

http://www.bangkokpost.com/news/local/345526/communist-intellectual-jit-bhumisak-to-be-honored-in-may


Jit Bhumisak statue to go up next month Published: 15 Apr 2013 at 23.48

A bronze statue of socialist intellectual Jit Bhumisak will be unveiled early next month at the scene of his death.The Jit Bhumisak Foundation will unveil the statue in Sakon Nakhon province on May 5 to mark the 47th anniversary of his fatal shooting. The statue, which was sculpted and moulded by Sunti Pichetchaiyakul, will stand at the site where he was shot dead by villagers in Ban Nong Kung in Kham Bor sub-district on May 5, 1966 …etc


*** ”During his prison term, Jit had produced other literature that reflected his studious research and passionate interest in the cultural heritage of other ethnic minorities including the unfinished writing ...Kwampenma Khong Kham Sayam Thai Lao Lae Khom Lae LaksanaThangsangkhom Khong Chue Chonchat (Etymology of the Terms Siam, Thai, Lao, and Khom, and the Social Characteristics of Nationalities.”


****Cf. les articles qui leur sont consacrés dans ce blog http://www.alainbernardenthailande.com/article-33-notre-isan-musique-et-chanson-caravan-un-groupe-engage-85695765.htmlhttp://www.alainbernardenthailande.com/article-notre-isan-30-carabao-un-groupe-rock-thai-84842616.html


*****Une fusillade entre paysans et militaires à Sawang Daendin, dans la province de Nakhon Phanom, dans le nord-Est, le 7 août 1965 a marqué symboliquement, pour le PCT, le début de la lutte armée du peuple. (Note de Marcel Barang) in  L’ombre Blanche - Portrait de l’artiste en jeune vaurien, (Le Seuil, Collection Cadre vert, Traduit par Marcel Barang, 2000, 449 p.)


******14. Les nouveaux mythes thaïs : les héros nationaux. http://www.alainbernardenthailande.com/article-14-les-nouveaux-mythes-thais-les-heros-nationaux-98679684.html


« En effet, le « mythe » historique donne sens et sert à légitimer la « République » en France ou la Royauté en Thaïlande, à justifier et codifier de nouvelles institutions politiques, instituer des nouveaux rites, des nouveaux codes, des interdits, des tabous, constituer une nouvelle mémoire collective en établissant des nouvelles généalogies, en choisissant des événements fondateurs, des nouveaux héros ou héroïnes. Nous avons  vu dans notre article sur la légende de Suryothai que les Thaïlandais n’hésitaient pas à les inventer, si cela était nécessaire. »


 écouter

      http://www.youtube.com/watch?v=bga7tMNKSY4

 

vlcsnap-2013-05-08-06h45m37s41

 

Partager cet article

Repost 0
Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans Personnages - héros connus et inconnus
commenter cet article

commentaires

Laura 12/05/2014 15:59


Excellent ce blog j'ai lu tout vos articles tellements j'ai accroché.


Laura

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 13/05/2014 00:48



Merci, nous faisons ce que nous pouvons dans la mesure de nos moyens !!!!


Avec une ambition : découvrir un pays, son histoire, sa culture ...


 


Fou, non ?