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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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Pourquoi ce blog ?

  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 23:01

Gavroche 2013-June-1Le magazine Gavroche, Thaïlande, de juin 2013 contenait un dossier au titre alléchant « La France en Isan » ;  la lecture des 6 pages consacrées à ce sujet nous a bien bien déçus.

 

Nous savons que l’ « Isan » n’est pas une réalité ethnique, linguistique ou historique mais un terme générique qui recouvre ce que l’on appelait autrefois le « Laos siamois » et « le Cambodge siamois ». A une époque où la France avait une vocation missionnaire et colonisatrice, ces provinces auraient parfaitement pu tomber dans le giron de la république, les populations pouvant espérer, en étant « sujets » français, avoir un sort meilleur qu’en étant esclaves du roi du Siam. L’histoire ne l’a pas voulu.

 

20 provinces (et non 22 !) sur les 77 que compte le pays, un peu plus du quart, 26 % avec une population originaire dont non ne sait trop le chiffre compte tenu des centaines de milliers d’Isans qui vont chercher fortune dans le reste du pays.

 

Et nous, Français (qui n’avons pas l’outrecuidance d’être « la France ») nous sommes ou serions, sur les un peu plus ou un peu moins de 10.000 inscrits consulaires, 529 seulement (5,29 % exactement) dont 201 « plus de 60 ans » c’est-à-dire en fait des retraités.

L’inscription consulaire n’est qu’un volet qui n’est pas forcément significatif.


 

Carte consulaire

Elle nous facilite (au moins à nous retraités) la vie pour un certain nombre de démarches administratives (certificats de vie, renouvellement du passeport, attestation annuelle de revenus), nous sommes à l’évidence beaucoup mieux accueillis au Consulat lorsque nous prenons rendez-vous en indiquant notre numéro d’inscription. Ce n’est nullement une obligation (1). Elle ne trouverait d’intérêt majeur qu’au cas de troubles graves nécessitant un rapatriement forcé en catastrophe. Cela arrive en Afrique, ici, ce n’est qu’une hypothèse (que nous espérons d’école). Lors du coup d’état en dentelle de 2001, pendant les troubles de Bangkok il y a quelques années, nous avons été judicieusement avisés à de nombreuses reprises par SMS d’avoir à nous tenir à carreau. C’était une bonne chose.

Quant à ceux qui ne jugent pas utiles d’être inscrits, combien sont-ils ? Mystère. Il y a ceux qui font du mi-temps ou du trois quart de temps et rentrent de temps à autre en France, il y a ceux qui pour une raison ou pour une autre (perception d’allocations chômage, RSA ou autre RMI), ne souhaitent pas aller aviser le consulat de leur présence ici, ils existent, nous n’osons dire en grand nombre. Il y a aussi, c’est très marginal mais ça existe (nous en connaissons) ceux qui, anarchistes dans l’âme et réfractaires à toute démarche administrative, vivent depuis des années dans dans un village sans le moindre visa, en flagrant over-stay, avec un passeport périmé, au vu et au su de tous y compris de la Police (quelques billets de mille aidant ???) qui ne leur cherche pas « garouille » comme on dit en Provence dans la mesure où ils ne bougent pas une oreille. Voilà des personnages souvent pittoresques qu’il eut été intéressant de rencontrer (à condition qu’ils le veuillent !) pour avoir un aperçu non pas de « la France » mais des « Français » en Isan.

 

Tintin

(extrait de "Tintin en Thaïlande")


La seule source chiffrée plausible pourrait provenir des onze (à ce jour) bureaux d’immigration de la région pouvant donner le nombre de visas de quelque nature que ce soit (retraités, marié, travail, missionnaires (2)) délivrés à des français.

 

« La France » en Isan ?

 

Inutile d’épiloguer ou de pleurer sur le lait renversé, elle est totalement absente sur le plan diplomatique ou consulaire alors qu’il y a seulement cent ans, elle entretenait des consulats honoraires ou vice consulats à Nan, à Udonthani, à Khorat et à Ubon alors qu’il y avait en tout et pour tout dans le pays 200 ou 300 résidents. La création de postes d’ « îlotiers » aussi sympathiques soient-ils, n’y change rien puisqu’ils n’ont pas la moindre compétence administrative des consuls honoraires.

 

Mais « la France en Isan » c’est aussi, il ne fallait pas l’oublier, la présence de puissantes entreprises françaises, pouvait-on oublier le « Groupe Accor » et tous ses Pullman ou Sofitel, présents dans toutes les grandes villes ?


logo-accor

 

Pouvait-on oublier cette entreprise provençale née dans une bergerie de Forcalquier, « l’Occitane », qui a une luxueuse antenne à Khonkaen et au moins une autre à Udonthani ?


 

Occitanbe

 

N’oublions pas surtout pas non plus cette petite épicerie de Saint-Etienne, devenu « le Casino » présentes dans la multitude de « Big C » où nous faisons parfois nos courses ?

 

Green-truck-BigC-Thailand

 

Citons, et restons en là « Total » (la « Compagnie française des pétroles ») qui exploite déjà mais continue ses recherches, notamment de gaz et en particulier dans la Province de Kalasin.

 

cfp


Toutes ces entreprises ont en permanence ou à temps partiel des cadres français, ils ne sont pas là pour raison matrimoniales mais tout simplement pour (bien) gagner leur vie. Il y a un monde entre leur vie et la notre.

Et les missionnaires français des « Missions étrangères » ? Ils ne sont pas là non plus (on le suppose) pour des raisons matrimoniales, ils sont encore nombreux dans les diocèses des provinces limitrophes du Mékong où l’on rencontre autant de clochers d’églises que de djedis de temples bouddhistes. Ils sont sous la juridiction de l’archevêque de Tharé (à quelques kilomètres de Sakhonnakhon) et s’ils ne se livrent plus à l’évangélisation des « païens », ils accomplissent, dans l’ombre, avec l’aide de nombreux volontaires (notamment français) des tâches « caritatives » (orphelinats, cliniques, enseignement) que nous ne devons pas oublier.

 

MEP

 

Pour le reste, une quinzaine de personnes semblent avoir été rencontrées, provenant de neuf provinces seulement (Buriram, Surin, Kalasin, Khorat, Ubon,Khonkaen), aucun résident des grandes métropoles (Udon, Khorat, Ubon et dans une moindre mesure Khonkaen) alors qu’effectivement, ils sont beaucoup plus nombreux que les « rats des champs » que nous sommes ? Là aussi, il y a un monde entre leur vie et la notre.

 

rats-copie-1.jpg

 

Que retenir de tout cela ?


Une vision de chacun qui ne suscite pas forcément l’unanimité, des portraits bien ficelés, mais un titre bien mal choisi, l’article aurait été beaucoup mieux intitulés « Enquête sur la vie de quinze français dans l’Isan profond ».

 

romain

 

Ce n’est pas en six pages que l’on peut décrire « la France en Isan », mais comme on dit ici บ่ เป็น ยัง, que je ne traduis évidemment pas puisqu’il paraît que pour vivre en Isan, il faut en parler la langue (en réalité, l’un des quinze ou vingt dialectes toujours pratiqués au quotidien à côté du « beau langage »).

 

Nota. Nous proposerons la semaine prochaine une lecture critique de ce dossier.

 

      fin 

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(1) Voir à ce sujet la très instructive et amusante décision du Conseil d’Etat ayant opposé le Consulat de Bangkok à un français irascible et plaideur (conseil d'Etat statuant au contentieux  N° 217175 du 25 avril 2001) in :

 

http://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriAdmin.do?oldAction=rechJuriAdmin&idTexte=CETATEXT000008020577&fastReqId=513381282&fastPos=1

 

(2) Ils ont un visa pour eux, le visa « R ».

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