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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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Pourquoi ce blog ?

  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 23:01

112Nous avions exprimé dans notre article précédent notre premier sentiment concernant le dossier du magazine Gavroche, Thaïlande, de juin 2013, consacré  à « La France en Isan ». Il nous fallait aujourd’hui tenter de cerner, d’identifier cette « France d’Isan » ainsi représentée. 


ll n’est nul doute que Mme Olivia Corre a fait beaucoup de kilomètres et rencontré beaucoup de Français d’Isan, enfin une vingtaine de personnes, pour cet article. Mais on n’évalue pas un article en fonction du kilométrage parcouru mais selon la pertinence des « vérités » découvertes sur les Français vivant en Isan, de la méthode employée et du style choisi. Or si j’en juge par les propos que l’on me prête lors d’un repas, on peut avoir des doutes sur les autres « interviews » réalisées. (Cf. note*).


 

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Ceci dit, revenons au dossier qui promet dès le premier paragraphe de nous éviter les clichés : « En Isan, les clichés concernant les retraités mariés avec une fille du coin se faisant souvent ouvertement plumés par leur bien aimée ont la vie dure. Mais ………..».  On se doute que le « Mais » va  nous amener dans une direction originale, plus vraie. Et en effet, puisque on va nous annoncer que  « ces Français qui ont choisi l’Isan », « ces expatriés de la campagne thaïlandaise (qui ) ont tous en commun leur bonheur de vivre dans cette région du Nord-Est du royaume, la plus pauvre du pays. ».

 

Avec un titre aussi clair et affirmant que les expatriés présentés, ont « tous en commun leur bonheur de vivre dans cette région », nous étions intéressés par leurs témoignages, leurs exemples de bonheur vécu dans  la campagne d’Isan, une région pauvre de surcroit. Nous avions hâte d’apprendre ce qui nous avait échappé, de connaître enfin ce que pouvait représenter le bonheur de vivre. Allions-nous y trouver un nouveau modèle crétois ? Un art de vivre comme celui des centenaires qui vivent à Ohgimi, un village situé dans le nord-ouest de l’île d’Okinawa, la région la plus pauvre du Japon ?

 

Ogimi

 

Nous n’avions qu’à lire, suivre Mme Corre dans son « chapelet » de citations de ces « Heureux », noter les « sourates  », les « versets » de ce nouveau catéchisme, cette nouvelle voie.

 

1/ Le bonheur de vivre en Isan.

 

Les Français d’Isan  ont des caractéristiques communes : 

 

Ils sont tous débrouillards, pas riches, sont  majoritairement inscrits aux listes consulaires et ne fréquentent pas ou peu les cercles d’expatriés locaux, apprécient le dialecte isan propre à leur province d’adoption,


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ne vont ni au dernier club ou resto à  la mode, et ne font  nulles mondanités.

 

Vous pouvez à ce stade rétorquer à raison que le portrait de ces élus n’est pas encore assez bien dessiné.

 

Mais Mme Corrre  va venir  à notre secours  et recadrer la quête en se demandant « à quoi peut bien ressembler leur vie ? »  pour répondre : « A la vraie justement. ».  

 

On nous promettait le bonheur de vie et nous avions maintenant  « la vraie vie ». On avait hâte de savoir, de découvrir le graal. Même si, plus loin, on nous précisait que «  la région isan n’est cependant pas destinée à tout le monde. Elle se mérite. » Il y aurait donc des conditions ?

 

« Cela nécessite une grosse capacité d’adaptation », « Pour vivre ici, il n’est pas seulement impératif de parler la langue. Il faut également être débrouillard, un peu manuel de préférence, mais surtout bosseur. »

 

Mais une fois la langue acquise :

 

« Les jours semblent pour eux s’écouler paisiblement au rythme des travaux agricoles et, bien souvent, du petit verre de lao khao, le tort boyaux local a base d’alcool de riz.

 

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L’ambiance est à la rusticité, basée davantage sur les besoins primaires et la vie communautaire

 

« Une caricature » ? se demande Mme Corre. « Et bien non », affirme-t-elle.  

 

Jugez plutôt : 

 

Les valeurs : le vrai, l’authentique, le vrai sens des choses, l’intégration :  

 

  • J’ai l’impression de retrouver le mode de vie de la Lorraine de mon enfance, lui confirme un expatrié.

 

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  • J’ai l’impression de retrouver le vrai sens des choses et des relations avec les gens … les traditions ancestrales y sont toujours bel et bien vivaces
  • Pour moi, l’Isan est la seule région du pays qui a su rester authentique, tant au niveau du mode de vie que des valeurs. Cela me rappelle la vie sur Koh Samui d’il y a 15 ans (sic).

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Mais les « élus » ne diront jamais ce qu’ils entendent par ces valeurs. Dommage; car, "Beaucoup font partie intégrante de la vie locale, phénomène dont ils sont généralement assez fiers ".

 

L’économique : le pas cher : les produits, l’immobilier.


Non seulement les « élus » ont une vie vraie et authentique et en plus  bénéficient d’un  faible coût de la vie. Mme Corre  le confirme d’ailleurs : Dire que l’Isan est une région bon marché n’a rien du mythe ou du fantasme collectif.

  • Moi, je dirais entre 30 et 50% moins cher pour des produits de première nécessité.  
  •  De même côté immobilier. Ainsi, un appartement ou une maisonnette comptant trois chambres, un grand séjour et une vaste cuisine, quand ce n’est pas plus, se loue aux alentours de 6000 bahts par mois. le tout idéalement situé.
  • A. se contente des 16 300 bahts de salaire que lui verse chaque mois le lycée, et des quelques revenus amassés lors des rares cours particuliers donnés par-ci par-là.

 

Et en plus les Isans sont si gentils :

 

  • C’est aussi l’un des seuls endroits où il est encore possible d’entretenir des relations normales entre Thaïlandais et « farangs ». Moi, je sais qu’ici, quand quelqu’un vient me parler, ce n’est pas par intérêt. La notion de l’étranger portefeuille sur pattes n’est pas dans les esprits et l’on peut facilement s’intégrer. 
  • Ici, les expatriés ne sont pas considérés uniquement comme des gens de passage, donc il y a moins d’à priori sur les Farangs 
  • On n’est pas obligé de marchander comme dans le reste du pays. Les prix sont les mêmes, que l’on soit étranger ou Thaïlandais.

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Il vrai que nous avons tous remarqué qu’en Isan (voire en Thaïlande), il n’y aucune différence de traitement entre un natif et un « expatrié ». Il faut quand même oser l’écrire !

 

Donc à ce stade, nous avons une vision certes imprécise, mais plutôt sympathique de la vie en Isan et tellement loin des clichés selon Mme Corre. On croyait poursuivre notre quête du graal, les recettes du bonheur et puis sans transition, le dossier tourne à la condamnation sévère de l’Isan.

 

2/ De l’éloge à la critique.

 

Mme Corre, qui nous avait appâté avec le bonheur de vivre dans cet Isan quelque peu idéalisé, va se trouver confrontée au discours de la seule femme thaïlandaise du dossier et qui lui dit vouloir quitter « cette terre de bonheur », « pour y avoir vécu sept ans, souhaiterait aujourd’hui quitter sa terre natale pour retourner dans l’Hexagone. » Elle nous donne ses raisons :

 

Trop d’heures de travail « pour pas grand-chose », avec la crainte que sa fille gâche sa vie ; « les filles, comme la sienne âgée de 17 ans, continuent toujours à gâcher leur vie en tombant enceinte trop jeune d’un homme qui est déjà parti ou partira dans trois ans au maximum. »

 

D’ailleurs désormais Mme Corre a changé de registre et va montrer en quoi  « la région n’a toujours rien d’un eldorado pour étrangers».

 

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On peut en être étonné au vu du pacte de lecture proposé au début de l’article, mais désormais :

 

  • les gens ont perdu un gros brin de leur philosophie bouddhiste optimiste. « Ils ont beaucoup moins tendance à  être persuadés que la roue tourne toujours et qu’elle tournera bien un jour en faveur de l’Isan »

 

  • « Les gens n’ont plus d’espoir, plus aucun désir d’entreprendre, ce qui accentue les problèmes sociaux, … Il y a beaucoup d’alcoolisme et de violences conjugales. 


violences



  • La misère attise aussi les jalousies et les jalousies la misère. Le dynamisme agricole d’antan n’y serait plus non plus.

 

  • Moi, la seule chose que je constate vraiment, c’est que non seulement les gens ne sont pas plus riches, mais ils sont aussi en train de perdre leurs valeurs.

 

Les jeunes, l’école :

 

  • « Aujourd’hui, les jeunes ne souhaitent plus passer leur temps dans les rizières. Ils ne rêvent que de téléphone portable hors de prix et de mener une vie de star. Mais voyant qu’ils n’y auront peut-être jamais accès, ils baissent les bras plus facilement qu’avant et sont déjà aigris à 20 ans ».  

 

  • les problèmes éducatifs dans la région demeurent toujours bien trop lourds pour créer un dynamisme économique. « Les écoles des campagnes de l’Isan n’ont rien de comparable avec les autres écoles du pays, les profs sont beaucoup moins qualifiés et les programmes quasi vides de contenu. On peut vraiment parler d’éducation au rabais. Alors comment est-ce possible que tous ces gamins puissent un jour prendre le train d’un pays où tout s’accélère si vite ? Ils n’ont pas les armes pour ça. »

 

Alors nous ne sommes plus dans le bonheur ? Poursuivons.

 

Les relations avec les Isans ?

 

  • Ici, il vaut mieux éviter le conflit, sous peine de graves ennuis ou de lourdes représailles.
  • « Aujourd’hui, 99% des francophones que ce soit de façon indirecte ou directe entretiennent leur belle famille. Et ce genre de relations financières n’est pas sain ».

Le travail pour les expatriés français?

  • « A force de ne rien faire, beaucoup de gens tombent dans l’alcoolisme, deviennent dépressifs ou passent leur vie dans les bars à filles avant de repartir en France sans un sou en poche »
  • « Monter un business rentable dans l’une des vingt-deux (sic) provinces que compte la région paraîtrait donc bien complexe. Sans parler d’y trouver un emploi »
  • « Les gens d’ici fuient déjà vers Bangkok pour tenter de trouver du travail et faire vivre leur famille, alors comment voulez-vous qu’un étranger parvienne à dégoter un petit boulot ? »

 

Et cela risque de s’aggraver avec les nouveaux arrivants, qui eux, sont bien différents des anciens, ceux qui se sont intégrés, parlent la langue et vivent au sein de la communauté une vie authentique, vraie, pleine …..

 

Il y aurait ainsi deux catégories de Français :

 

  • Ces nouveaux arrivants n’ont plus rien à voir avec ceux qui habitaient ici avant.  
  • « Ils sont plus vieux et ont davantage tendance à rester entre eux. Ils font moins d’efforts pour s’intégrer et se contentent de profiter des avantages du pays » (…) « C’est dommage, ils ne sont pas en Thaïlande pour les bonnes raisons. »
  • J’ai bien peur que tout cela finisse à terme par dégrader gravement les relations entre les farangs et les communautés locales. Mais aussi fasse encore davantage miroiter les attraits financiers de la prostitution aux filles du coin, et que la population en général perde encore un bout de son authenticité et de ses valeurs »

 

 

Mais la région est belle ? la vie facile au moins ?

 

  • Le passage entre vie des champs et récente urbanisation de la région se serait fait trop vite pour éviter l’accentuation des maux locaux, sans coup de pouce et encadrement du gouvernement. « L’augmentation du gouffre déjà existant entre l’Isan et le reste du royaume est inévitable. » Un avis partagé par beaucoup de résidents francophones.
  • C’est une région totalement laissée pour compte par le gouvernement et qui se meurt à petit feu, fustige M. C’est dommage, car c’est une région tellement riche en termes de paysages et de patrimoine culturel .C’est un vrai gâchis.
  •  Les problèmes de pollution sont nombreux, alors ça me fait doucement rigoler quand j’entends l’Office du tourisme parler de nature préservée.
  • A part le festival annuel des éléphants, rien n’est fait pour attirer davantage de touristes, d’expatriés ou d’investisseurs dans le coin. Et les choses ne sont pas prêtes de changer pour les gens d’ici et la région, regrette B.  de Surin.
  • La notion d’écologie n’est déjà  pas très développée dans le pays, mais ici, c’est vraiment pire que tout.

 

conscience ecolohique

 

 

  • Les transports sont encore trop peu développés.

 

Pour finir le dossier sur « Quel futur » ?

 

Après la question  « l’isan parviendra-t-elle un jour à profiter réellement du dynamisme économique du royaume ? », les Français d’Isan tireront-ils leur épingle du jeu ? Les réponses ne sont pas trop positives :

 

  • il sera bien difficile pour un actif européen de s’y installer. et elles resteront, comme c’est le cas aujourd’hui, chasse gardée des retraités étrangers ayant fait conquête d’une fille du cru dans l’une des grandes cités balnéaires du pays.
  • Il faut vraiment être déterminé et patient pour monter quelque chose en Isan. Moi, ça m’a pris pas moins de quatre ans. Et pourtant, on ne peut pas dire que je ne me suis pas démenée pour pouvoir créer tout ça. Et aujourd’hui, je n’ai toujours aucune certitude sur la viabilité de l’atelier de tissage malgré tous mes investissements, qu’ils soient personnels ou financiers
  • Même les expatriés qui habitent dans le pays depuis longtemps et apprécient la région n’osent pas s’y risquer. Alors imaginez un Européen. Soit il comprendra vite que ça ne sert à rien de tenter le coup ou de s’acharner, soit il repartira complètement ruiné (…) Mis à part aider ma femme à vendre des chaussures sur le marché, je ne vois pas ce que je pourrais faire d’autre

 

On nous avait promis d’être loin du cliché des retraités vivant avec une « fille » prise dans un bar, au sein d’une vie authentique, vraie, et on se retrouve à la fin du dossier, dans une région déshéritée, sans avenir, polluée, abandonnée, sans espoir, avec les Isans alcoolisés, violents, jaloux, leurs enfants à l’éducation au rabais,  leurs filles abandonnées après un enfant, qui veulent fuir les rizières… ignorant comme notre compatriote qu’avec un petit travail de la terre, du bricolage et un petit élevage de cochons,


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on peut y vivre heureux. « Alors que celui qui sait occuper son temps en grattant un peu la terre, en bricolant ou en élevant quelques cochons peut vivre très heureux et surtout sans problèmes ».

 

  Alors enfer ou paradis ? Peu importe pour certains :

 

  • Pour rien au monde, je ne partirais d’ici.
  • Il est vrai que parfois j’aimerais habiter une ville comme Chiang Mai ou Udon Thani car ici, tout se sait très vite sur tout le monde. Je dirais même que c’est le centre mondial de l’espionnage. Mais à part ça, ma vie est plus que parfaite ici.

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Il n’est pas sûr que « la France en Isan » ait été présentée sous son meilleur jour, que les Français qui y vivent se reconnaissent, et que l’Isan décrit donne envie de s’y installer. Mais nous avons dû mal lire. Espérons que nos 40 articles sur l’Isan en ont donné une vision plus réaliste !


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liste 02


Nota. Toutes les phrases en italiques sont des citations des propos tenus par les Français d’Isan cités dans cet article.

  

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Note :

 

*On peut être surpris que le « Alain Martin », un des deux co-auteurs du blog alainbernardenthaïlande - certes signalé dans le dossier -, n’ait pas été interviewé après avoir écrit une quarantaine d’articles sur l’Isan, mais réduit à deux citations tronquées prises à la volée au cours d’un repas. 


Camus 

 

 

« les traditions ancestrales y sont toujours bel et bien vivaces, et il s’agit peut-être de la dernière région thaïlandaise ou la pratique des coutumes n’ait pas tourné au folklore. Ici, porter le costume traditionnel ou se plier aux coutumes n’a rien d’une mascarade. Les traditions sont restées très importantes pour eux, constate Alain Martin, un professeur de français à la retraite résidant depuis neuf ans en Thaïlande et vivant aujourd’hui a Ban Sawang, une bourgade de mille habitants située à 25 kilomètres de Kalasin. »

 

ou bien « Mais il y a aussi beaucoup de jeunes qui ont été déçus par les lumières de Bangkok et qui reviennent pour monter des affaires ici », tempère alain Martin de Kalasin ».

 

Or, je n’ai jamais dit que les personnes de mon village portaient le costume traditionnel ;

 

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de même si j’ai évoqué au cours du repas deux couples en face de chez moi qui étaient revenus de Bangkok, ce n‘était pas pour déclarer un mouvement « sociologique ».

 

 

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