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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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10 août 2013 6 10 /08 /août /2013 23:01

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La princesse Marsi Paribatra a quitté sa présente vie à Annot, dans les Alpes de haute-Provence, ce 8 juillet dernier. La princesse n’a pas eu droit au moindre hommage des « autorités » locales françaises, ni de la préfète, ni des élus. Une gerbe de S. M. la Reine Sirikit témoignait – heureusement – du respect dû à son rang et – ajoutons-nous - à son talent.

 

Et pourtant la princesse Marsi Paribatra était d’un sang illustre ; son grand-père était le deuxième fils du roi Chulalongkorn ; son père, le dernier commandant en chef des armées de la monarchie absolue. Et pourtant elle était une grande francophone et hispanophone, avec à son actif un doctorat de l’Université de Paris, un autre de celle de Madrid, et une œuvre picturale conséquente, entre autre.

 

Mais qui était la princesse Marsi Paribatra ?

 

La princesse Marsi Paribatra (หม่อมเจ้าหญิงมารศีสุขุมพันธุ์ บริพัตร) est née sur les marches du palais royal le 25 août 1931 au palais Bangkhunpron, actuel siège de la banque de Thaïlande (1). Sa vie fut mouvementée mais se termina en conte de fée. Elle était la fille du prince Chumbhotbongs Paribatra, Prince de Nakhon Sawan (จุมภฏพงษ์บริพัตร) lui-même né le 5 décembre 1904 et mort le 15 septembre 1959) et de la princesse Mom Ratchawong Bandhu Dibya Devakula (พันธุ์ทิพย์ เทวกุลข) née le 8 mars 1909 et morte le 29 mai 1987.

 

sa mère

 

Il était l’héritier présomptif du trône.

 

Musicien émérite, il joua un rôle éminent dans les dernières années de la monarchie absolue, commandant en chef de l’armée royale, amiral en chef de la marine royale, plusieurs fois ministre, des armées, de l’intérieur, de la marine et conseiller privé de ses cousins, les rois Rama VI et Rama VII. Sa mère, d’une famille de protestant évangéliste, était une universitaire de haut niveau, diplômée d’architecture et d’architecture intérieure.

 

Son grand père est le deuxième fils du roi Rama V, Paribatra Sukhumbhand, Prince de Nakhon Sawan  ( สมเด็จพระเจ้าบรมวงศ์เธอ เจ้าฟ้าบริพัตรสุขุมพันธุ์ กรมพระนครสวรรค์วรพินิต). Il était marié à la princesse  Sukhumala Marasrii, l’une des quatre épouses et elle-même fille de Rama IV et de l’une de ses concubines.

 

grand mère

 

Il joua comme héritier du trône un rôle tout aussi important que celui de son fils dans la politique siamoise.

 

L’exil.

 

Un bel avenir s’ouvre pour la petite fille, mais sa famille est exilée à la suite du coup d’état de 1932.

 

Lorsque le coup d’état éclate le 24 juin 1932 les officiers se saisirent du prince héritier et des principaux princes de la famille royale. Le prince Paribatra est remis en liberté le 3 juillet seulement à charge de quitter le pays, ce qu’il fit le lendemain avec sa famille (2).

 

Celle-ci se retrouve en Indonésie où son grand père meurt en 1944. Elle se retrouve ensuite en Angleterre où se déroulent ses études primaires jusqu’au retour de la famille en Thaïlande. Elle entre alors à l’école Mater dei à Bangkok, très distinguée école catholique tenue par des Ursulines (3). Pendant la guerre, l’école se replie sur Hua Hin. Ses parents y habitent une maison de village, et elle se rend tous les jours en vélo à l’école.

 

A la fin de la guerre, la vie reprend son cours, l’école revient à Bangkok, la princesse y termine sa scolarité en 1946 et part ensuite poursuivre des études en Suisse, en France et en Espagne. Elle obtient tout d’abord un titre de docteur es lettres de l’Université de Paris en 1954 pour sa thèse « Le romantisme contemporain : essai sur l'inquiétude et l'évasion dans les lettres françaises de 1850 à 1950 » publiée aux éditions Polyglottes la même année.

 

livre de la princesse

 

Elle publiera quelques années plus tard en Sorbonne une thèse complémentaire sur le sujet « L'occultisme chez Huysmans et Le goût de Baudelaire en peinture ».

 

Toujours férue de littérature française, elle publie dans la « Revue de littérature comparée » un article sur le sujet « Victor Segalen, un exotisme sans mensonges » (numéro d’octobre décembre 1954 p 497 s.). Elle est probablement la muse de Jacques Bousquet qui fut son mari et qui publia en 1964 aux éditions Didier un important ouvrage sur « Les thèmes du rêve dans la littérature romantique ».

 

Bousquet

 

Elle se retrouve ensuite à Madrid comme professeur de « civilisation extrême orientale » à l’Université des arts Carlos III tout en donnant parallèlement des cours d’histoire de l’art à l’Université Chulalongkorn. Elle soutient en 1959 à Madrid une thèse sur le sujet « Base sociale, technique et spirituelle de la peinture paysagiste chinoise » qui lui permet de décrocher le titre de Docteur en Histoire de l’art. C’est à Madrid qu’elle rencontre Jacques Bousquet, professeur lui aussi qui travaillait pour l’Unesco. Elle « a été mariée » avec lui, dit-elle pudiquement. Respectons sa vie personnelle.

 

Elle abandonne ensuite totalement la littérature pour la peinture et décide alors de s’installer à Paris.

 

Une nouvelle carrière commence.

 

Elle y rencontre en 1961 André Poujet, peintre abstrait surtout connu dans le milieu surréaliste. Il partagea probablement sa vie

 

tableau

 

et mit fin à sa propre carrière pour lui enseigner l’art de peindre. Ils quittent Paris en 1968 pour s’installer à Annot dans le quartier Vellara, petit village qu’ils avaient découvert et dont ils tombent amoureux. André Poujet meurt en 1996 après avoir consacré un magnifique ouvrage exhaustif à l’œuvre picturale de la princesse.

 

livre de son amant

 

La princesse ne cesse de peindre restant à Annot au milieu de ses souvenirs, dans la modeste bergerie qu’ils avaient aménagée, multipliant les expositions et les conférences un peu à Nice et surtout à Bangkok. Amoureuse de la nature, de la musique et des animaux, excellent cuisinière (paraît-il ?) elle vit alors au milieu des fleurs, au bord d’un ruisseau alpestre et dans une maison qui abrite chats, chiens et oiseaux.

 

maison annot

 

Elle a trouvé un nouveau mentor en la personne de Michel Stève (auquel la liait une amitié « purement intellectuelle »), architecte, docteur en histoire de l’art de l’université de Paris-Sorbonne, auteur d’une thèse soutenue en 1993 sur « néo-classicisme en 1900 » et spécialiste de l’architecture de la Côte d'Azur. 

 

De graves ennuis de santé l’ont contrainte de cesser de peindre en 2004.

 

Elle a quitté sa bergerie pour l’un des paradis bouddhistes le 8 juillet dernier. Incinérée à Nice, ses cendres sont revenues à Bangkok.

 

 mort.jpg

       

Pour découvrir son œuvre picturale, mélange de surréalisme et d’inspiration venue de la renaissance, consultez-donc le site ami de notre ami Robert :

 

http://voyageurasie-soleillevant.blogspot.com/2013/07/princesse-marsi-paribatra-son-dernier.html

 

Le site de la « Fondation Marsi » à Bangkok mérite une visite :

 

livre de son amant

 

http://www.marsifoundation.org/?page_id=64&lang=fr

 

et une visite virtuelle (en thaï)

 

 

 

Tout autant que sa page « facebook » (partiellement en thaï) de nombreuses photos et deux bonnes vidéos :

 

http://www.facebook.com/Marsi.Foundation?fref=ts

 

N’oubliez surtout pas le site (en thaï !), d’où proviennent la plupart des photos illustrant cet article :

http://www.oknation.net/blog/SW19/2013/07/16/entry-1

 

***

 

Hommage d’un bas-alpin à la princesse siamoise devenue bas-alpine par le cœur

 

hommage bas alpin

 

Quelques réflexions d’humeur maintenant, d’un bas-alpin exilé en Isan :

 

L’attitude des élites des Alpes de haute-Provence à l’occasion de ce décès a tutoyé le néant.

 

L’autorisation nécessaire du préfet (qui est une préfète mais ce n’est pas une excuse) pour le transfert des cendres à Bangkok parle des cendres de Madame Marsi Paribatra « crématisée » à Nice.

 

arrêté prefec

 

La dite préfète aurait eu probablement les tripes arrachées en donnant à Madame son titre de princesse ! En Provence, on dirait plus volontiers « estrasser la g….. » mais je ne le dis pas.

 

Même observation sur l’acte de décès.

 

acte de décès

 

Le mot « crématiser » se trouve peut-être sur Google (belle référence !) mais n’est-il pas préférable lorsqu’on est décidé à respecter la langue française jusqu’à son dernier souffle d’utiliser le verbe « incinérer » ?

 

La princesse n’a pas eu droit au moindre hommage des « autorités » locales, ni de la préfète bien sûr (mais lors de la même intronisation, elle a avoué tout ignorer de ce département, faute avouée est donc presque pardonnée), ni d’aucun des élus locaux, sénateur, députés ou conseillers généraux, 

 

Il n’y avait que des nobles siamois et ses amis d'Annot lors de la cérémonie funéraire …

 

cérémonie

 

Cette abstention a suscité dans la presse thaïe (« Bangkok post » et « Nation ») quelques réflexions plus ou moins acerbes.

 

Gerbe

 

 

 

***

(1) หม่อมเจ้าหญิง Momchaoying, est un titre spécifique qui s’applique aux petites filles ou arrières petites filles d’un souverain non appelées à régner en vertu de la « loi des mâles » on pourrait le traduire par « son altesse royale ». Les prédicats siamois sont largement aussi compliqués que ceux définis par Saint-Simon.

 

(2) Une intéressante analyse de ce coup d’état nous est donnée dans la « Revue mensuelle de documentation internationale et diplomatique », numéro de janvier à décembre 1932, article non signé  « Siam, le changement de régime», page 436 s.

 

(3) Celles-ci ont ouvert depuis peu un site Internet http://www.ursulinesth-ur.org/en/

 

  titre

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Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans Personnages - héros connus et inconnus
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commentaires

MARCHESSAUX 15/08/2013 11:26


Merci pour votre réponse dont le Consul Général Jean-Raspail ne manquera pas d'être informé et mes excuses pour avoir le temps d'un "clic" situé Annot dans les AM au lieu des AHP alors que même à
proximité immédiate des premières, je n'ignorais pas et ne pouvais pas ignorer que cette petite ville se trouvait dans les secondes. 

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 17/08/2013 02:52



Merci Monsieur le consul



Rémi Perelman 15/08/2013 09:23


Je ne réagis pas à chacune de vos lvraisons, mais je les apprécie à leur juste valeur. Merci RP

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 15/08/2013 10:33



Grand merci pour votre commentaire. Prochain article "A123. La princesse Marsi Paribatra, un parcours intellectuel et artistique étonnant ! (1931-2013)"



MARCHESSAUX 14/08/2013 14:27


En ma qualité de Vice-Consul du Royaume de Patagonie à Aix-en-Provence et au nom de sa majesté Orélie-Antoine 1er, qui règne sans discontinuite sur ce royaume depuis 153 ans, j'adresse au peuple
Thailandais, à sa reine Sirikit et à la famille princière de la défunte mes plus sincères condoléances à l'occasion du décès survenu en France, à Annot, près de chez moi, de la princesse Marsi
Paribatra dont je n'ai malheureusement pu être informé que par la seule lecture du Blog de la "Grande et Petite Histoire de la Thailande" et par la volonté de mon ami Bernard de Guilhermier sans
lequel j'ignorerai tout à la fois ce blog qu'il copilote et le fait encore que ni la France ni le Département des Alpes Maritimes par son préfet ne se sont fait l'écho de ce décès.

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 15/08/2013 02:12



Merci de votre message, votre excellence et
néanmoins ami,


 


Sa majesté
Orélie-Antoine 1er, que Dieu l’ait en
sa sainte garde, a probablement été l’inspirateur de Marie-Charles David de Mayrena devenu Marie Ier, roi des Sedangs, un « territoire sans maître » sis entre Siam et Laos français,
dont le royaume perdure tout autant que celui d’Araucanie (nous lui consacrerons quelques lignes prochainement), et peut-être aussi celui de Kipling (« L’homme qui voulut être roi »).
Veuillez également transmettre à SE le consul général de Patagonie, Monsieur Jean Raspail, l’expression de notre admiration, puisqu’il nous fit découvrir Antoine de Tounens il y a plus de trente
ans …. Mais « qui se souvient des hommes ? » a-t-il dit.



Jean Francois 14/08/2013 00:38


Voir une belle page sur FACEBOOK


 


https://www.facebook.com/Marsi.Foundation?fref=ts

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 14/08/2013 00:58



Merci de nous l'avoir signalée



Chris 11/08/2013 16:07


Et aucune vignette dans BEAUX-ARTS MAGAZINE

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 11/08/2013 23:40



« Beaux arts magazine », leader européen de la
presse d'art ou fanzine ?


 


Quant à la ministre de la culture, elle s’est à ce jour rendue
célèbre par un « tweet » bourré de fautes d’orthographes, alors mieux vaut donc en rester là à son sujet !