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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 23:03

1129-poissonsLa pêche est un secteur très important de l’économie thaïlandaise. Les exportations de poissons, crustacés et mollusques représentent 2,2 milliards d’€, dont 1,1 milliards d’€ de crevettes congelées. Si vous ajoutez la préparation de poissons et de crustacés, vous avez le premier poste d’exportation des produits agroalimentaires. La Thaïlande, par exemple, est le deuxième fournisseur de produits de la mer des Etats-Unis, avec une part de marché de 16 % de ces importations. En 2011, selon la Direction américaine des pêches maritimes, la Thaïlande a exporté 375 000 tonnes de poissons et de fruits de mer aux Etats-Unis pour une valeur dépassant 2,5 milliards de dollars [1,6 milliard d’euros]. Seul le Japon en consomme davantage.

Si on sait que les exportations de riz ont représenté 3,6 milliards d’€ en 2012, on a une idée plus concrète de l’importance de la pêche dans le commerce extérieur de la Thaïlande.*

 

Mais quel est le prix à payer pour les pêcheurs ? 

1.Un nouveau rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT) a dénoncé une fois de plus le lundi 2 septembre 2013 à Bangkok, les "graves abus" opérés sur les bateaux de pêche thaïlandais, où les immigrés illégaux cambodgiens et birmans sont à la merci des violences et du travail forcé.

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Une fois de plus ?

Vous pouvez très facilement retrouver de nombreux rapports, articles de journaux, qui chaque année, dénoncent cette nouvelle forme d’esclavage, où les enfants ne sont pas épargnés, avec  des dizaines de milliers de jeunes Birmans et Cambodgiens exploités clandestinement par des patrons de pêche thaïlandais sans scrupule. Les titres en sont très explicites :  « Des équipages d’esclaves sur les chalutiers thaïlandais », « Les enfants étrangers, forçats de la Thaïlande », « Traite des êtres humains dans la filière pêche de Thaïlande », «Le calvaire des travailleurs de la mer en Thaïlande»…, etc.**


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Des « graves abus » ?  

Ce nouveau rapport de l’OIT réalisé avec le Centre asiatique de recherche sur les migrations à l’Université de Chulalongkorn, -dont on nous dit qu’elle est la plus importante étude faite à ce jour sur les conditions de travail dans le secteur de la pêche thaïlandaise-, nous présente des données quelque peu surprenantes, puisqu’il n’ y aurait que 5,4% qui auraient été trompés ou forcés à travailler dans la pêche. Toutefois, 16% travaillant sur des long-courriers indiquent qu’ils n’avaient pas volontairement décidé de travailler sur un bateau de pêche, et qu’environ 17% des personnes interrogées ont déclaré travailler contre leur volonté, se retrouvant incapables de quitter leur travail en raison de la menace de sanctions. 

 

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 « Les pires conditions de travail étant pour ceux qui ont été en mer pendant plus d’un mois : près de 25% ont été soumis à des pratiques de travail déloyales ou coercitives», avec des journées de travail sans fin, avec des astreintes 24 heures sur 24. De plus, 10% ont assuré avoir été battus à bord. « Ils ont fait état de menaces de pénalités financières, de contraintes physiques ou encore de menaces de signalement aux autorités en charge de l'immigration en Thaïlande, troisième plus grand exportateur de poissons au monde. » .


Ensuite, le rapport tourne à la naïveté pour « découvrir » que « 94 % des personnes interrogées n’avaient pas de contrat écrit », et qu’il n’y avait pas de délégué syndical ; que, « les horaires et les conditions de paiement, y compris la méthode de calcul de l’indemnité (comprenant généralement une part de la vente de la prise), la fréquence des salaires et des déductions, ne sont pas clairement définis. »


Et Max Tunon, responsable de l'OIT, lors de la présentation à la presse de ce rapport, croit nous apprendre « que la vaste majorité des travailleurs sont en situation irrégulière et donc plus vulnérables ».

On s’en doutait, non ?


On savait déjà qu’« à bord, les hommes travaillent 20 heures par jour, sept jours sur sept. Certains bateaux-mères se déplacent pour faire le plein des navires, en fuel et en personnel. Certains sont ainsi piégés des mois, voire des années, jusqu'au large de la Somalie, selon l'Office international des migrations (OIM). 


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Le rapport, voulant peut-être gagner un prix de l’humour, conclut avec le professeur Supang Chantavanich, directeur du Centre asiatique de recherche sur les migrations :


 « Cette meilleure compréhension de la situation aidera à formuler des réponses politiques fondées sur des preuves pour réglementer le recrutement et l’emploi des pêcheurs afin de prévenir et d’éliminer toutes les formes de travail inacceptables »(…) «L’amélioration des conditions de travail est également essentiel pour faire face aux pénuries de main d’oeuvre dans le secteur de la pêche, et assurer la durabilité de l’industrie ».


2. Le constat du trafic d’êtres humains dans la pêche, et l’impuissance actuelle pour le combattre.

 

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Il n’est pas sûr que cette étude aide à « une meilleure compréhension de la situation » surtout si elle n’enquête pas sur le trafic d’êtres humains, qui vend indifféremment ses esclaves dans les usines, les plantations d’hévéas, les bateaux de pêches et les bordels, si elle n’identifie pas les réseaux de cet esclavage moderne, et ne donne pas les recours efficaces pour les victimes.

« D’après les observateurs, l’absence de véritable recours pour les victimes alimente ce cycle d’exploitation. La corruption des fonctionnaires, les vides juridiques et la faible protection des droits font qu’il est impossible pour les travailleurs migrants de porter plainte contre leurs oppresseurs, ou même de demander réparation. » **


De fait, la Thaïlande reste critiquée pour son peu d’entrain à lutter contre les trafics humains sur son sol.


Certes, tout à chacun  peut citer des opérations de police ou de l’armée, contre le trafic d’êtres humains. Citons par exemple :

Les  397 Rohingyas, dont 66 enfants, retenus depuis trois mois sur une plantation d’hévéas dans la province Songkhla, et découvert par les autorités thaïlandaises le 10 janvier 2013. Ils devaient être vendus à des patrons de pêche.


Ils ont raconté qu’ils faisaient partie d’un groupe de 2.000 personnes conduites là à bord de camions, selon le Bangkok Post. Mais probablement qu’ils n’imaginaient pas ce qui les attendait là-bas, à savoir être vendus pour 60.000 à 70.000 bahts (1.500 à 1.750 euros) à des patrons de pêche. (La plantation d’hévéas appartient à Prasit Lemlae, maire-adjoint de la municipalité de Padang Besar.)


Ou encore, comme par exemple les faits rapportés dans L’Irrawaddy Magazine du 25 mars et du 23 juin :


 Les autorités locales de la province de Trang au sud du royaume ont secouru, les 22 et 23 mars, 14 Birmans qui travaillaient dans des conditions épouvantables comme marins-pêcheurs en Thaïlande. Les policiers locaux avaient également libérés 15 autres travailleurs birmans, exploités dans des usines de pêche thaïlandaises suite à un raid opéré le 10 mars. Trois personnes, de nationalité birmane, ont été placées en détention, soupçonnées de jouer un rôle d’intermédiaire dans ces trafics. Les victimes, âgées entre 16 et 20 ans, étaient entrées illégalement en Thaïlande contre la promesse d’un salaire mensuel de 10.000 bahts (265 €). Sur place, elles ont été vendues à l’industrie de la pêche thaïlandaise, pointée du doigt par les organisations internationales pour ses pratiques douteuses d’exploitation de main d’œuvre étrangère. (Cf. LB [http://www.lepetitjournal.com/bangkok], mercredi 27 mars 2013)


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Ou « Le 13 juin, l’équivalent thaïlandais du FBI a perquisitionné à bord de deux chalutiers ancrés dans le port de Saem San, non loin de Bangkok, et secouru onze Birmans asservis depuis sept mois, raconte le webzine birman The Irrawaddy. Chacun d’eux avait été acheté 8 000 bahts (200 euros environ) à des intermédiaires. “Ils ont ensuite été contraints de travailler sans être payés », indique Sompong Sakaew, directeur de l’ONG Labor Rights Protection Network.


On pourrait multiplier, pour constater, que ces opérations de police sont inefficaces et que le problème du trafic humain dans le royaume reste entier.


D’ailleurs, « Le 28 juin 2012, par exemple, le journal de Bangkok, le Nation rappelait que le royaume restait une plaque tournante du trafic humain en Asie du Sud-Est. Chaque année des centaines de Laotiens, Cambodgiens, Chinois, Birmans sont vendus en Thaïlande pour y être exploités dans le domaine de la prostitution et de la pêche notamment ». Le Petit Journal du 27 mars 2013 signalait même que :


« Le royaume est classé depuis 2010 au niveau 2 sur la liste du Département américain des pays à surveiller en matière de lutte contre le trafic humain. Ce classement indique que la Thaïlande ne respecte pas les normes en matière de trafic international. Le Nation a rappelé le 1er mars que le ministère des Affaires étrangères thaïlandais avait remis au Département d’État américain un rapport complet sur la situation des droits humains dans le pays. Objectif : éviter une rétrogradation au niveau 3, le plus bas du classement. Cette sanction pend au nez de Bangkok depuis l’an dernier. Si cette éventualité devenait réalité alors certains produits thaïlandais pourraient se voir interdire l’accès au territoire américain. » (LB)


Un excellent article de Samut Sakhon (Thaïlande) et Prey Veng (Cambodge) paru dans le courrier international du 21 juin 2012 pose bien le problème*** : 

  • C’est une industrie qui génère plusieurs milliards de dollars, un marché axé sur l’exportation, dont nous connaissons les pays importateurs. Japon, Etats-Unis, Chine et Union européenne
  • C’est un système, fondé sur le travail forcé, une forme moderne d’esclavage, dans une zone de non-droits où des patrons de pêche s’arrogent en toute impunité le droit de vie et de mort sur leur équipage.

Un système qui arrive à se perpétuer :

  • du fait de la complexité du réseau de chalutiers, bateaux-mères et grossistes indépendants qui contribue à masquer l’origine du poisson pêché par les esclaves bien avant que ceux-ci ne soient débarqués à terre. C’est ainsi que nombre de patrons d’usines thaïlandaises ignorent par qui a été pêché le poisson qu’ils transforment avant de l’exporter. “Les organismes occidentaux de régulation ont peu ou pas d’influence, ni d’autorité, sur les différents maillons de la chaîne”, fait observer Gavin Gibbons, porte-parole de l’Institut national de l’industrie de la pêche, principale organisation professionnelle du secteur aux Etats-Unis », “Ce n’est pas comme surveiller des maisons de passe, des plantations ou des usines. […] Tout se déroule en mer”, souligne Lisa Rende Taylor, de l’Uniap.
  • du fait de la complicité du gouvernement thaïlandais, impuissant contre le réseau de corruption; peu de personnes jugées, peu ou pas de recours pour les victimes. D’après les observateurs, l’absence de véritable recours pour les victimes alimente ce cycle d’exploitation. La corruption des fonctionnaires, les vides juridiques et la faible protection des droits font qu’il est impossible pour les travailleurs migrants de porter plainte contre leurs oppresseurs, ou même de demander réparation.
  • Pire, on peut rajouter, que la première ministre Yingluck Shinawatra nie même l’existence de cette dramatique exploitation, et déclarait récemment, dans le cadre d’un petit reportage télé pour France24, à Cyril Payen ****:

« La loi thaïlandaise est très claire et j'en suis personnellement garante, quiconque qui vient travailler ici bénéficie de droits et de protection sans exception. Tous les ouvriers étrangers ont exactement le même droit que nos propres ouvriers".(sic)


http://www.france24.com/fr/20120719-profession-pecheur-esclave-thailande-cambodge-laos 

  • du fait de la complicité des pays cambodgiens et birmans qui n’agissent pas pour protéger leurs ressortissants employés en Thaïlande.*****
  • du fait de la complicité des pays importateurs. Les Etats-Unis, par exemple,  constatent que la Thaïlande arrive à l’avant dernier rang dans le trafic d’êtres humains, menacent, mais n’ont pas encore rétrogradé la Thaïlande au stade 3 qui lui interdirait alors d’exporter certains produits  de pêche vers les Etats-Unis.
  • du fait de la complicité des consommateurs occidentaux. Pas encore de grandes campagnes internationales, comme par exemple, celles menées récemment contre les conditions de travail inhumaines qui règnent chez les sous-traitants chinois d’entreprises comme Apple.

Et cela, malgré les témoignages et rapports qui s’accumulent.


Les témoignages d’anciens esclaves, d’associations de pêcheurs thaïlandaises, d’ONG, d’émissions de TV, de fonctionnaires des Nations-Unies, d’exportateurs et de travailleurs sociaux sont légions ; L’an dernier, au cours d’une visite qui a contrarié les autorités de Bangkok, un rapporteur des Nations unies a déclaré que le travail forcé était “notoirement courant” dans le secteur de la pêche thaïlandais et a même évoqué des complicités policières.


En attendant, les pressions internationales sur l’industrie thaïlandaise de la pêche s’intensifient … mais rien ne bouge, et ne risque pas de bouger en Thaïlande, puisque selon la 1ère ministre Yingluck Shinawatra « Tous les ouvriers étrangers ont exactement le même droit que nos propres ouvriers".(sic)

Nous étions partis d’une étude de l’OIT dénonçant les "graves abus" pratiqués sur les bateaux de pêche thaïlandais à l’encontre des immigrés illégaux birmans et cambodgiens, on débouchait sur une situation beaucoup plus dramatique, sur un trafic d’êtres humains généralisé, sur des réseaux d’esclavage moderne, touchant au moins 5 millions de travailleurs sans-papiers employés dans de nombreux secteurs de l’économie thaïlandaise.******

 

Un autre visage de la Thaïlande, que nous allons tenter de comprendre dans notre prochain article.


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*Les exportations de produits agroalimentaires de la Thaïlande représentent 24,9 milliards d’€ en 2012, soit 14 % de l’ensemble des exportations du pays (177,7 milliards d’€). Les préparations de viandes, poissons ou crustacés constituent le premier poste d’exportation avec 5,8 milliards d’€, soit 23,4 % des exportations agroalimentaires. Il s’agit principalement de préparations à base de thon (2,1 milliards d’€), de poulet (1,6 milliards d’€) et de crevette (1,1milliards d’€). Les exportations de poissons, crustacés et mollusques représentent 2,2 milliards d’€, soit 8,8 % du total, dont 1,1 milliards d’€ de crevettes congelées.

http://agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/29-_Thailande_cle81d921.pdf

 

**Entre autres : http://www.courrierinternational.com/article/2012/06/21/des-equipages-d-esclaves-sur-les-chalutiers-thailandais

http://www.thailande-fr.com/societe/25615-calvaire-travailleurs-mer-en-thailande

http://nautisme.lefigaro.fr/breves-nautisme/divers-0/2013-09-02-15-43-50/thailande---le-calvaire-des-travailleurs-sur-les-navires-de-peche 11794.phphttp://communismeouvrier.wordpress.com/2013/09/03/thailande-le-calvaire-des-travailleurs-sur-les-navires-de-peche/

http://www.finances.net/infos/actions/lOIT-d%C3%A9nonce-le-travail-forc%C3%A9-sur-les-bateaux-de-p%C3%AAche-en-Tha%C3%AFlande-604325

http://www.courrierinternational.com/article/2012/06/21/des-equipages-d-esclaves-sur-les-chalutiers-thailandais

http://www.liberation.fr/economie/2002/05/25/les-enfants-etrangers-forcats-de-la-thailande_404734


***http://www.courrierinternational.com/article/2012/06/21/des-equipages-d-esclaves-sur-les-chalutiers-thailandais


****Présentation  du reportage par France 24 :


Dans un reportage exclusif pour France 24, Cyril Payen entre au cœur de ce trafic humain, de cet esclavage moderne. Comme à Dubaï, au Qatar, dans les Emirats arabes unis, lorsque les conditions sont trop dures, empêcher l’ouvrier de repartir, c’est du travail forcé, de l’esclavage moderne.

Cyril Payen est entré au cœur d’une des usines qui fournit les plus gros supermarchés en surgelés. Il explique également que le gouvernement commence à s’intéresser de plus près à cette question d’esclavage moderne au cœur de la Thaïlande. 3 millions de travailleurs immigrés vivent en Thaïlande, dont 80% de Birmans. Parmi eux, seuls 1/3 sont légaux, les autres sont des proies idéales pour les réseaux mafieux. Comment les grands groupes de consommation contrôlent-ils que leur produit n’a pas été à l’origine pêché par des ouvriers exploités? Il est impossible, explique Cyril Payen, de connaître précisément l’origine du poisson. Mais les ouvriers continuent d’arriver du Cambodge, de Birmanie, du Laos et la Thaïlande continue d’avoir un besoin de main d’œuvre. Il lui faut à présent mieux contrôler ces réseaux d’esclavage moderne.


*****http://www.irinnews.org/fr/Report/95777/CAMBODGE-Aucun-recours-pour-les-migrants-victimes-du-travail-forc%C3%A9


 « Les défenseurs des droits de l’homme qui suivent le trafic de Cambodgiens envoyés en Thaïlande pour travailler dans l’industrie de la pêche, affirment que, malgré l’ampleur des abus, aucune plainte n’a abouti, à leur connaissance. »
« Selon le droit pénal et le droit du travail thaïlandais, une personne victime de la traite devrait pouvoir traduire le coupable en justice, et recevoir une compensation financière », affirme Lisa Rende Taylor, conseillère technique en chef du Projet inter-organisations des Nations Unies sur la traite des êtres humains (UNIAP). Les victimes craignent les représailles ou sont peu disposées à témoigner car elles sont alors hébergées, tout au long des procédures légales à venir, dans des foyers tenus par le gouvernement, ce qui peut les empêcher de travailler ou d’être auprès de leurs familles le temps que la procédure suive son cours, a-t-elle dit. » […]
« Mathieu Pellerin, consultant à Licadho, une ONG cambodgienne de défense des droits de l’homme, affirme que l’absence de réglementation commence au Cambodge avec le non-respect des droits de l’homme élémentaires au sein-même des agences de recrutement, dans les centres de formation qui préparent au départ à l’étranger. » (…)
« L’État [cambodgien] a prouvé qu’il n’était pas prêt à agir comme un véritable régulateur », a-t-il dit. « Ces actes criminels restent impunis – les procès-verbaux des tribunaux parlent d’eux-mêmes ». (…) En 2009, selon l’UNIAP, environ 20 000 Cambodgiens expulsés de Thaïlande étaient des victimes du travail forcé – un chiffre qui tend à s’accroître étant donnée la pénurie croissante de main-d’œuvre en Thaïlande dans les secteurs recrutant à un faible niveau de qualification
.  »


******La Myanmar Association Thailand (MAT), estime qu’entre 2,5 et 4 millions de Birmans, la plupart en situation illégale, travaillent en Thaïlande. 

Nota. On n’oublie pas le combat  de certaines associations thaïlandaises, malheureusement encore impuissantes : cf. :

http://bangkok.coconuts.co/2013/09/14/changing-thailands-culture-corruption-possible

 

 

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