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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 00:02

titreNon, nous ne nous sommes pas transformés en experts en matière d’installation en Thaïlande ! Vous trouverez tous ce qu’il faut (ou le plus souvent tout ce qu’il ne faut pas) sur « la toile ». Nous vous avons déjà parlé de l’hebdomadaire « L’éveil économique de l’Indochine » (1) et de Henri Cucherousset, son infatigable et sympathique directeur. Celui-ci a consacré un numéro spécial de sa revue au Siam (2) mais nous sommes en 1923 !

 

Le chapitre intitulé « Les Français du Siam » est souvent prémonitoire, en tous cas, il vaut la lecture pour les conseils qu’il nous donne, tous judicieux et loin d’être tous obsolètes.

Cucherousset

 

« La France n’a pas à Bangkok la place qu’elle devrait avoir ».

 

Nous sommes en 1923 en effet : Il y a à Bangkok comme seuls Français (en dehors des missionnaires, du personnel de l’ambassade et du consulat bien sûr, et des deux chefs des cuisines royales) un pharmacien, un avocat, deux petites maisons commerciales d’import-export, un hôtel-restaurant, c’est tout, mais tous prospèrent.

***

La seule Banque française implantée localement est alors la « Banque d’Indochine » (devenue « Indosuez » qui n’a pas à ce jour de succursale en Thaïlande).

 

Banque d'indochine

 

Il faut une autre banque française au Siam. Reste à savoir si nos grandes institutions actuelles ne sont pas déjà partie prenante dans les grandes institutions financières thaïes ? Si le conseil pouvait être bon il y a 90 ans, il y a fort à parier que les estimables représentants des institutions financières françaises, banques, compagnies d’assurances ou organismes de crédit, sont aujourd’hui directement ou plus volontiers anonymement présents dans le monde feutré de la « finance anonyme et vagabonde ».

On n’ouvre pas facilement en Thaïlande plus qu’en France une banque en 2013, le conseil est bon mais n’est pas adapté aux Français moyens que nous sommes.

 

***

 

Conseil suivant : il y a nécessité de multiplier les échanges commerciaux avec nos colonies de l’Indochine française, c’est la marotte de Cucherousset. Ce commerce doit impérativement se développer avec les améliorations que les Siamois apportaient à leur réseau de communication. Ce conseil n’est plus d’actualité. La création de la ligne ferroviaire Bangkok-Saïgon est restée dans les cartons. N’en faisons pas reproche à l’auteur dont nous savons qu’il fut un ardent défenseur de la multiplication des lignes de chemin de fer entre le Siam et nos colonies limitrophes et que ces projets n’ont jamais vu le jour. Il ne pouvait non plus – nul ne pouvait le faire alors – prévoir la triste fin de nos colonies d’Indochine trente ans plus tard. A ce jour, le Vietnam est un pays communiste, le Laos est dans son giron et le Cambodge, par monarque fantoche et premier ministre élu dans des conditions de république bananière, aussi. Le négoce avec les pays communistes qui ne connaissent d’autre loi commerciale que celle du plus fort sort également des compétences du Français moyen. Ne reprochons pas non plus à Henri Cucherousset de ne pas avoir eu la lucidité de Madame Soleil.

 

indochine

 

***

Ensuite, une affaire à créer en priorité, c’est un hôtel, Bangkok en a un cruel défaut. Il n’y a alors qu’un « vieil hôtel mal placé et mal bâti d’une trentaine de chambres » (3) et trois petits hôtels de troisième ordre. N’épiloguons pas, le conseil a été suivi, l’implantation du Groupe Accor en Thaïlande (Novotel, Sofitel, Pullman, Ibis) démontre assurément que le conseil était bon. La multiplication dans les lieux touristiques de résidences hôtelières tenues et bien tenues par des Français (ou des francophones)en est la preuve.

 

***

Il manque encore à Bangkok des grands magasins français, qui vendent autre chose (sous-entendu de meilleure qualité et surtout de meilleur goût) que ceux qui existent, un danois, trois anglais et un belge.

Le conseil a été suivi et après le retrait du « groupe Carrefour », le « Casino », né d’une modeste épicerie de quartier à Saint-Etienne,

 

casino.jpg

 

a pris le relais en reprenant ses points de vente et en s’installant en maître absolu dans le capital des « Big-C », plus de 100 sur le territoire.

***

Autre conseil, créer une pharmacie. Nous apprenons que Monsieur Ré, pharmacien « d’une habileté consommée », vient de prendre sa retraite fortune faite, les autres pharmacies existantes étant anglaises ou américaines et incapables de soutenir la concurrence. Ce sont ici aujourd’hui les Siamois qui ont pris le relais si l’on en juge par le nombre incalculable de « pharmacies », qui ne sont pas toujours de simples pharmacies d’officine mais des épiceries où nous pouvons tout à la fois acheter des médicaments (sans ordonnances), de l’alcool et des cigarettes, une forme de pharmacie qui surprend en première analyse mais nous y sommes habitués.

 

pharmacie

 

***

 

Il manque aussi des « magasins de fers, machines et quincaillerie style Descours et Cabaud ».

 

69 droguerie quincaillerie penalva penalba

 

La petite quincaillerie lyonnaise devenue l’immense groupe de plusieurs centaines de société dans le monde est coiffée par une holding dont les bilans ne sont pas publiés, difficile de savoir s’il n’est pas présent et bien présent en Thaïlande. Mais la multiplication des grands magasins de vente de matériaux et matériels souvent de haut de gamme (toutes sortes de « homemachin » ou « home chose ») démontre que l’idée était féconde.

 

***

 

Bangkok manque de dentistes ! Ciel, cela a bien changé ! Du diable si dans la pléthore de cabinets dentaires qui opèrent dans tout le pays, nous ne trouvons pas des Français. Quant à savoir s’ils font fortune, c’est une toute autre histoire.

 

dentiste-carica-copie-1-3-1

 

***

 

Il faut aussi des médecins, « en ceci, les Français n’auraient pu être rivalisés que par les Boches (4) auxquels le séjour permanent au Siam est interdit, il s’agit de prendre la place avant eux ». Là, les Français ont certainement manqué le train.

 

medecin

 

***

 

Bien sûr, mais il fallait y penser en 1923, il manque une entreprise frigorifique. Les Français n’ont ont qu’une en Indochine, dans le port de Benthuy.

 

frigo

 

Au besoin de conserver les produits alimentaires autrement que dans la saumure et au plaisir de boire une bière glacée s’est révélée ensuite la nécessité de rafraichir les intérieurs. Pouvait-on imaginer en 1923 que désormais la plus modestes des auberges (il parait qu’il faut dire « guest house » ?) ne pourrait prospérer sans air conditionné ?

 

***

 

Un conseil encore pour les candidats à la fortune, exporter (importer) en dehors des grand magasins les produits de luxe français, ils étaient et restent inimitables, bijoux, haute couture, parfumerie. Un exemple, un seul, « L’Occitane » né en 1976 d’une modeste savonnerie dans une bergerie de Forcalquier est devenue leader mondial des produits cosmétiques avec 60 points de vente dans les galeries marchandes les plus luxueuses du pays.

 

occitane

 

***

 

Un dernier rêve de Cucherousset, car il s’agissait d’un rêve, « Un cinéma français aurait toute la clientèle des gens intelligents qui, au Siam comme ailleurs sont écœurés par le cinéma américain. Nos films d’art français, s’ils avaient leur texte en siamois … auraient sans doute la préférence de l’élite. Même si la masse des coolies et des gens grossiers continue à patronner le film américain, c’est l’élite qui importe au point de vue prestige … ». « Les Siamois aimeraient trouver dans un magasin français les disques de musique et de chant français ». Tout ce que la France a eu à leur proposer en 2013, c’est de faire venir à Bangkok une « icone de la chanson française » (prix des places, un mois de SMIC local) contre laquelle nous n’avons rien (l’icone a bercé notre adolescence) (Et encore le concert a été reporté), mais nous avions peut-être mieux à offrir à nos amis thaïs qu’un remake de « Killiwatch » (en thaï กีลีวาช์) même remis au goût du jour (5).

 

 

 

Nous en resterons sur cette dernière considération, paraphrasant le Général De Gaulle, en nous exclamant « hélas, hélas, hélas ».

 

***

 

Il y avait donc beaucoup à faire en 1923 pour un Français entreprenant mais notre journaliste écrit à une époque où les traités franco-siamois autorisaient sans trop de contraintes l’exercice par un Français d’une profession commerciale au Siam. Pouvait-il imaginer qu’interviendraient ultérieurement (en violation d’ailleurs manifeste de ces traités) quelques « Working of alien act » (6) restreignant de façon drastique l’exercice par un « alien » d’une profession quelconque en Thaïlande !

 

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 (1) Voir note article « Isan – 29 chemin de fer et service aérien en Isan dans les années 20 ».

 

(2) Numéro du 17 juin 1923 « Le Siam ».

 

Eveil Siam-3

(3) Il s’agit évidemment de l’ « Oriental » pour le premier. Ne citons pas le nom des autres « de troisième ordre » par charité. Rappelons toutefois que le coût de la pension à « L’Oriental » était alors de 10 à 13 ticals (bahts) par jour selon l'édition de 1922 des « Guides Madrolle », ça a bien changé.

 

Oriental

 

(4) N’oublions pas que la participation un peu tardive du Siam à la « grande guerre » lui a valu une place de choix lors des négociations du traité de Versailles, la présence allemande en a payé le prix.

 

(5) La tournée asiatique devait se continuer à Hanoï et à Saïgon (prix des places, un an de SMIC) mais l’ « idole des jeunes » l’a remise pour cause de trouille devant les événements qui se déroulaient alors à Bangkok. Elle était « la première étape d'un large programme éducatif en Asie » lit-on sur le site de « France-culture ». On croit rêver. Villon, Brassens, Trenet, Ferré, Gréco, Béart, retournez-vous dans vos tombes.

 

(6) Le dernier est du 13 février 2008 ni plus ni moins restrictif que les précédents.

 

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Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans Thaïlande
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commentaires

Vincent 18/12/2013 07:04


Le Sieur Cucherousset aurait  il pu se douter, quelques décennies plus tard, que le meilleur bussiness que le Siam ait imaginé fut celui de l'explotation du retraité? Peut être une
colonisation à l'envers en tirant bénéfices que ceux ci! 

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 19/12/2013 00:50



Lorsque ce brave Cucherousset écrivait, le régime des retraites
en était encore à ses balbutiements. Il lui était effectivement difficile de penser qu’il y aurait 90 ans plus tard des milliers de retraités français au Siam, représentant d’une espèce dont
nous espérons qu’elle n’est pas encore en voie de disparition. Longo maï comme on dit en Provence.



Jacky 18/12/2013 05:08


Bonjour


Et bravo.


Certe notre Johnny national est inconnu ici. Mais Brassens certainememt aussi. Il figure en compagnie d autres artistes mondialement connus sur le mur qui decore le Taewendang d ici. Cela m a
etonne mais tant mieux.

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 19/12/2013 00:44



N’épiloguons pas ! Les Thaïs ont, nous nous en apercevons tous les jours, des rapports particuliers avec les décibels apprécieront certainement la prestation de notre
« Johnny national ». Sa tournée se déroulant dans un but purement caritatif, nous ne pouvons que lui souhaiter un vif succès ...



pierre 17/12/2013 05:28


Toujours malin et intelligent BRAVO

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 17/12/2013 09:22



Faut bien s'amuser de temps à autre !


 


Merci