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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 23:02

THAILANDE-ETHNIQUELes « minorités ethniques » ou les « populations montagnardes » du nord-ouest de la Thaïlande.

 

1ére partie. Présentation.

 

Notre blog est pour nous l’occasion d’en savoir un peu plus sur l’histoire de la Thaïlande et de partager ce que nous avons cru comprendre. La qualité de nos articles dépend –bien sûr- de la qualité des sources trouvées. Et vous avez pu vous rendre compte qu’elles sont parfois (souvent ?) limitées, parcellaires, voire confuses. Mais quand nous tombons sur des articles de chercheurs dont nous avons déjà apprécié la qualité, comme Condominas, Gabaude, Ivanoff, Dovert, Baffie, ou émanant d’éminents instituts de recherche comme l’IRASEC, l’EFEO, l’EHESS, etc, nous avons alors la certitude que nous allons apprendre une « réalité » importante sur la Thaïlande.

 

Ainsi, nous l’espérons, en sera-t-il pour les « populations montagnardes » du nord de la Thaïlande, quand nous pouvons disposer de l’article de Yves Goudineau et Bernard Vienne  intitulé :

 

« L’Etat et les minorités ethniques, La place des « populations montagnardes » (chao khao) dans l’espace national ». (in « Thaïlande contemporaine ». *)


 chaokhao

 

Une première lecture permet de constater que la situation est complexe, et cela pour des raisons diverses :

 

  • « Il n’y a pas officiellement en Thaïlande de « minorités » ethniques » ; un statut particulier qui serait accordé sur une identité d’ordre ethnique ou culturelle ; et pourtant la Thaïlande d’aujourd’hui regroupe « une population à  l’évidence hétérogène par ses origines ». 

(Toutefois Ivanoff admet que « la Thaïlande accepte la différence ethnique au nom d’une différence géographique régionale dans un cas (isan) et religieuse dans l’autre (islam). Mais confirme : « Aucune catégorie n’est toutefois basée sur la culture »)**

  • On sait pourquoi. La Thaïlande des Thaïs s’est construite sur une seule identité thaïe, une langue, une nation, une royauté, une religion, dans un choc, un processus historique rendu nécessaire par les « velléités » colonisatrices anglaises et françaises, et de l’obligation de tracer les frontières.  (Cf. nos articles sur le nationalisme et la thaïness)**

 

  • Les minorités ethniques existent cependant puisque l’Etat a promu des programmes  spécifiques d’intervention (une administration, les projets du roi, des plans, des projets de développement …) et émis des cartes d’identification portant menton d’identités particulières.

 

  • C’est un système polyethnique avec des composantes, des groupes divers et variés qui ne bénéficie pas d’un décompte officiel.

Yves Goudineau et Bernard Vienne critique les auteurs de « catalogue ethnique » et préfèrent rester dans une estimation de 30 à 40 groupes ethnolinguistiques en Thaïlande, sans oublier des populations que l’on considère comme thaïes, parfois très anciennes, ou plus récentes comme les immigrés ou les réfugiés. (Cf. ****)

 

  • Un système souvent difficile à appréhender car il se comprend dans ses  dimensions historiques, transfrontalières, ses différentes vagues d’immigration, ses particularismes locaux, les sous-groupes que les intéressés perçoivent, les différentes stratégies choisies par les groupes dans leur processus d’intégration-assimilation, etc.

 

  • « L’espace montagnard n’est pas non plus un « patchwork » de petites communautés appartenant à une multitude d’ethnies, plus ou moins autonomes les unes par rapport aux autres et par rapport à la société dominante. C’est un espace structuré par un réseau de relations économiques, sociales, voire politiques, qui forment un système en soi, dont les chao khao,  même s’ils en constituent la trame, ne sont pas les seules composantes. » (Cf. les Ho,


ho


  •  les Chinois du Guomindang, 


kuo-intang.jpg



  • les zones grises du commerce illicite ***)

 

Le système montagnard polyethnique est donc difficile à appréhender. Mais quelles  que soit ces difficultés, il faut bien commencer  par identifier les composantes de ces peuples montagnards du Nord.

 

Les composantes de la catégorie sociale chao khao.

 

Chao khao ?

« Les chao khao représentent actuellement un faible pourcentage (moins de 3% de la population thaïlandaise, mais ils sont près de 50% dans une région comme celle de Mae Hong Son. »

 

Mountains_in_Mae_Hong_Son_Province.jpg


La notion chao khao a été officialisée dans les textes à partir de 1959. Elle « désigne les groupes montagnards non Tai pour lesquels l’Etat reconnait une nécessaire intégration à terme dans l’espace social national, matérialisée par l’acquisition de la citoyenneté thaïlandaise. »

 

« Les autorités ont identifié relevant des chao khao d’abord neuf groupes ethniques, puis dix avec les chasseurs-cueilleurs mlabri, partagés en deux sous-ensembles selon leur mode d’adaptation l’environnement et selon leur système de culture. » 

 

« On signalera aussi que, bien qu’appartenant aux mêmes entités ethniques, les populations d’immigration récente (après 1975) ne sont pas reconnues comme chao khao  mais comme occupants illégaux, ressortissants étrangers ( …) dont la vocation est d’être reconduits aux frontières manu militari. »

 

Si chaque composante a sa micro-histoire, une première distinction a été faite  :

 

  • entre les populations perçues comme autochtones et celles dont la migration dans le Nord de la Thaïlande ne remonte pas au deçà du XIX ème, comme les Lawa,


lawa


  •  les Karens 

 

karens


  • et certains Htin,


htin



  • Khmu 


kmus


 

  • (et des Mlabri)


mlabri


 

  • descendants des Austroasiatiques  installés  avant la conquête faite par les Môns, et formant un substrat du système montagnard à l’époque des princes de Chiang Maï, et les Lahus, 


lahus


  • Akha, 


acca


 

  • Lisu venus du sud-ouest de la Chine, 


lisu


  • les Yao 


yao


 

  • venus de Chine mais des provinces du Guangdong, du Guangxi et du Yunnan, et les Hmong


hmong


 

  • fuyant la Chine après les répressions de 1795 et de 1853 via le Viet-Nam, le Laos et les Etats Shan en Birmanie. 

 

L’autre distinction est ethnolinguistique

 

  • et fait apparaître dix groupes distincts. Austroasiatiques de la branche mône-khmère (Lawa, Htin, Khmu, Mlabri), la branche tibéto-birmane (Akha, Lahu, Lisu et Karen) et la branche miao-yao, (Yao et  Hmong).

 

Autant dire que le sujet ne peut qu’être que complexe, car il faudrait pour le moins  présenter chacun des 10 groupes avec :

 

 L’histoire avec leur origine ? L’évolution du peuplement ? Les frontières et les migrations successives ?

La population ? Le nombre de villages ? Le(s) lieu(x) d’implantation? Caractériser leur croyances, leur mode de culture ? (et pour certains,  leur rapport à l’opium, au trafic d’héroïne ?) Repérer les sous-groupes ? Distinguer ceux qui sont en voie d’intégration-assimilation voire les logiques entre l’inclusion, l’intégration et le rejet selon les situations locales, etc.

 

Nous avons là moins d’un million de personnes avec les Lawa (env. 17 000 personnes), les Htin (40 000), les Khmu (10 000), les Mlabri ( - de 300), les Akha (70 000), les Lahu (100 000), les Lisu (38 000), les Karen (430 000), les Yao (45 000) et les Hmong (150 000), en sachant que les données chiffrées sont toujours données sous réserve nous disent Yves Goudineau et Bernard Vienne et qu’il existe une vaste littérature sur chacune de ces minorités (surtout pour les Karens).

Ils seraient donc à caractériser selon leur propre histoire et du point de vue des Thaïs et de l’histoire de la Thaïlande.

 

Poursuivons notre quête avec Yves Goudineau et Bernard Vienne. (Cf. article suivant)

 

 

______________________________________________________________________

 

 L’Etat et les minorités ethniques, La place des « populations montagnardes » (chao khao) dans l’espace national », de Yves Goudineau et Bernard Vienne, p. 443-472,  in « Thaïlande contemporaine », Sous la direction de Stéphane Dovert et Jacques Ivanoff, IRASEC, Les Indes savantes, 2011.

 

Yves Goudineau, anthropologue, est directeur d’études à l’Ecole française d’Extrême Orient ( EFEO), Visiting Professor à l’Université d’Oxford (2008-2011) et dirige le séminaire « Anthropologie comparée de l’Asie du Sud-Est «  à l’ EHESS.

 

goudineau 2

 

Bernard Vienne, ethnologue, est directeur de recherche (retraité) à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), pour lequel il a longtemps séjourné en Nouvelle-Calédonie.

 

ird

 

** Cf. article de Jacques Ivanoff, p. 478, « Qui est Thai/Thaïlandais ? », in  « Une modernisation sans développement, Construction et ethnorégionalisme  en Thaïlande », in « Thaïlande contemporaine ».

 

livre

Et notre article « A.57 Qui est Thaï ? Qui est Thaïlandais ? » 

 

*** Cf. L’article de Danielle Tan :


Danielle Tan klein 01

 

Du Triangle d’or au Quadrangle économique, Acteurs, enjeux et défis des flux illicites transfrontaliers dans le Nord-Laos, Sciences Po/CERI, IRASEC, Note de recherche n° 6. Et notre article 23

http://www.alainbernardenthailande.com/article-les-trafics-du-triangle-d-or-71317371.html 

 

****Cf. Le forum de  Manu  de Chiang Maï sur les minorités ethniques de Thaïlande qui annonce :

-2 % de la population, soit 1 100 000 de personnes) vivent aujourd’hui en Thaïlande

-un recensement de 38 groupes ethniques non Thaïs selon le  « Tribal Research Institute », « chacun possédant sa culture et son propre langage », et 6 tribus montagnardes ! )
-A part les 300 000 Karens installés en Thaïlande depuis presque trois siècles, la majorité des "tribaux" sont arrivés après 1900 (le 1er village Akha du Siam a par exemple été construit en 1904) puis surtout après la Seconde Guerre Mondiale, chassés par les combats qui ensanglantaient la Birmanie (dès 1949) et le Laos (années 70). »,  etc. Cf.
http://www.forumthailandeinfo.com/index.php?topic=7.0

 

 

 Cf. aussi pour l’Isan A56. Le crépuscule des ethnies ?

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a-56-isan-le-crepuscule-des-ethnies-99202030.html

 

 

 finale

 

 

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