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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 23:05

titreIl s’agit ici de relever les grandes lignes de la politique étrangère de la Thaïlande depuis la fin de la 2ème guerre mondiale et de comprendre la nouvelle donne régionale que l’ASEAN peut jouer dans cette politique, en nous « servant » des articles de Sophie Boisseau du Rocher et de Kajit Jittasevi, intitulés : « La Thaïlande  au sein de l’Asean : une diplomatie en perte de vitesse ? » et « La politique étrangère de la Thaïlande au XXIe siècle, Entre la quête de sens et la recherche d’une place dans le monde globalisé.», in « Thaïlande contemporaine ».* Leur étude s’arrête en 2010.

 

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Notre article n’est nullement un résumé ou une lecture de ces deux études, et ne vise qu’à comprendre et partager ce qui a été compris. Sa crédibilité s’appuie néanmoins sur les idées et les analyses de ces deux éminents spécialistes.


Tout d’abord rappelons ce qu’est l’ASEAN.


ASEAN

 

L’Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE ou ASEAN) est une organisation politique, économique et culturelle regroupant dix pays d'Asie du Sud-Est. Elle a été fondée le 8 août 1967 à Bangkok par l’Indonésie, la Malaisie, les Philippines, Singapour et la Thaïlande, dans le contexte de la guerre froide, pour faire barrage aux mouvements communistes, développer la croissance et le développement et assurer la stabilité dans la région.

La fin de la guerre froide en Asie du Sud-Est (retrait de l'armée vietnamienne du Cambodge en 1989), permettra le Sommet de Singapour de 1992 qui se traduira par deux initiatives majeures :

  • L'instauration d'une zone de libre-échange : l'ASEAN Free Trade Area (AFTA), qui ne sera signé qu’en 2002, à cause de la crise financière de 1997.

 

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  • L'élargissement à 10 membres de l'ASEAN avec l'entrée du Viêt Nam (1995), puis du Laos et de la Birmanie (1997) et enfin du Cambodge (1999).

L’Asean prendra une autre dimension avec la fondation de l’APT (L’ASEAN plus la Chine, le Japon et la Corée du Sud) avec un accord cadre signé en 2002 en vue d'établir la zone en 2010 pour l'ASEAN 6 et en 2015 pour l'ASEAN au complet.

 

free trade


On voit aisément  les  enjeux politique et économique pour les 10 pays de l’ASEAN, avec un  grand marché  de plus de 600 millions d’habitants, une forte progression démographique,  et avec un PIB  qui devrait atteindre ou dépasser celui de la France en dollars courants à l’horizon 2020, sans occulter l’hétérogénéité et les divisions de ces 10 pays en matière de développement et de démocratie.

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Revenons à la politique étrangère de la Thaïlande à la fin de la  2ème guerre mondiale.


Nous écrivions dans notre article « 15. Notre Isan : les bases US en Isan, les Américains en Isan ! » : « En 1948, le maréchal Phibun Songgram, revient au pouvoir à la faveur d’un coup d’Etat. La constitution est suspendue. Il va promouvoir une politique proaméricaine,  et anti-communiste.  La Thaïlande va participer, aux côtés des Américains, à la force multinationale des Nations Unies lors de la guerre de Corée (1950-1953), contre la Corée du Nord communiste soutenue par la Chine et l’Union soviétique.

 

guerre de coree


En 1954, la Thaïlande devient un allié officiel des Etats-Unis avec la signature de l’Organisation du traité de l’Asie du Sud-Est (OTASE, SEATO dans son sigle anglais).

 

SEATO

 

L'OTASE a été créée à l'initiative des Etats-Unis, dans le contexte de la guerre froide. L'organisation devient l'une des dimensions de la politique de « containment » face au développement du communisme en Asie du Sud suite à la guerre d’Indochine. »


De fait,  la Thaïlande deviendra le principal allié des Américains pendant la guerre du Vietnam de 1964 à 1975.


La Thaïlande passera un accord secret avec les Etats-Unis en 1961 qui autorisera l’installation de bases américaines et des troupes US sur son sol. « De 1967 à 1972 : plus de 13 millions de tonnes de bombes sont lâchés, soit 5 fois le total allié de la Seconde guerre mondiale. 80% de toutes les frappes aériennes de l’US Air Force sur le Vietnam du Nord  proviendront des bases US aériennes de Thaïlande. » (In notre article 15)

 

VIETNAM


(Un accord de coopération militaire anticommuniste est signé avec la Malaisie en mars 1970)


Le désengagement américain de l’Asie du Sud-Est en 1975 privait la Thaïlande de sa protection face à ses voisins marxistes vietnamiens, cambodgiens, et laotiens, avec la Chine menaçante.


Dès lors la Thaïlande va à la fois jouer la carte régionale de l’Asean et  tenter de se rapprocher de Pékin, qui  devenait un objectif stratégique.


« Et c’est sous le gouvernement de Kukrit Pramoj

 

Kukrit-exhibition-3

 

(mars 1975-janvier 1976) que la Thaïlande parvint à amorcer le processus de « normalisation » de ses relations avec la Chine » (Kajit) « Le  prince Kukrit Pramoj exigera d’ailleurs en 1976  l'arrêt immédiat de toute activité militaire dans les bases américaines du royaume et leur démantèlement complet, ainsi que le retrait total des troupes américaines de Thaïlande. » (In notre article 15).


Quant à l’Asean, Sophie Boisseau du Rocher montre le rôle fondamental tenu par Thanat Khoman . (Ministre de 1959 à 1971, le seul à avoir résisté au changement de personnel à la mort du général Sarit -1er ministre de 1958  à 1963-)


Dès 1963, il joua un rôle de médiateur dans le conflit qui oppose la Malaisie à ses voisins indonésien et philippin. Ensuite « après l’échec des deux premières tentatives régionales, l’ASA et le Maphilindo, Thanat Khoman, après l’arrivée au pouvoir du général Suharto,

 

SUHARTO.jpg

 

proposera à ses homologues de se retrouver à Bangkok en août 1966 afin  de vaincre la suspicion, de trouver les voix de la réconciliation, de la concertation et du consensus.

Aussi les membres fondateurs (Thaïlande, l’Indonésie, la Malaisie, les Philippines, et Singapour) auront soin de procéder empiriquement, avec une machine administrative limitée, évitant les arguments idéologiques, les ultimatums, prenant des décisions non contraignantes où chacun a le sentiment de défendre ses intérêts nationaux. ayant soin  dans un premier temps de signer, non un traité mais la déclaration de Bangkok, le 8 août 1967. (Cf.Kajit)


Le premier sommet de l’Asean se tiendra à Bali en février 1976, après la chute de Saïgon et la victoire des Khmers rouges au Cambodge en 1975.

 

khmers rouges

Il s’agissait bien de prendre la mesure de cette nouvelle donne géopolitique.

Mais l’invasion du Cambodge par les troupes vietnamiennes en 1978-1979, pouvait confirmer les craintes de la Thaïlande d’être le futur domino. Aussi Bangkok convoquera une réunion des ministres  des affaires étrangères en janvier 1979 pour refuser le fait accompli et dénoncer à ses partenaires l’occupation illégitime du Cambodge, et  le non-respect des frontières, principe fondamental de l’Asean.

La Thaïlande réussira à internationaliser le conflit via l’Asean. Le 1er ministre Kriangsak


Kriansak

 

défendra sa cause à l’ONU en février 1979. Elle obtenait de Pékin un engagement d’intervenir « en cas d’incursion profonde des troupes vietnamiennes en territoire thaïlandais » (BdR)


Il est à noter que « jamais la Thaïlande, ni l’Asean, ne porteront de jugement sur les atrocités des Khmers rouges qui relèvent des « affaires intérieures d’un Etat souverain. » (BdR)


Dès lors, l’ASEAN, bien que fondé en 1967,  pouvait enfin commencer à se structurer.


L’arrivée au pouvoir du général Prem

 

general prem

 

qui dirigera trois gouvernements successifs (mars 1980-août 1988) avec le maréchal de l’armée de l’air Siddhi  au ministère des affaires étrangères pendant ces 8 ans, sera qualifiée par bien des observateurs comme l’âge d’or du ministère des Affaires étrangères.


Cet âge d’or s’expliquait par la longévité (un seul ministre des affaires étrangères en 8 ans), le prestige du maréchal Siddhi, son savoir-faire, sachant à la fois ménager l’armée en assurant une liaison entre l’Etat- Major et le ministère, et faire participer  le Conseil National de sécurité et le Service du renseignement concernés à l’élaboration de la politique étrangère, et ouvrant de plus  les Affaires étrangères au débat public. Pour la première fois des rencontres étaient organisées avec la presse et les milieux académiques qui pouvaient s’interroger sur ce que devait représenter « une bonne gouvernance ». (Cf. Kajit)


On se doute qu’après le désengagement américain de l’Indochine, un nouvel ordre allait s’installer. La Thaïlande choisit alors une nouvelle ligne directrice dite « omnidirectionnelle », et réussira à mettre en échec la stratégie vietnamienne. Il s’agissait d’ «entretenir de bonnes relations avec toutes les nations quelles que soient leurs orientations idéologiques ». (Cf. Kajit) 


En 1987, la 3ème conférence de l’Asean trouvait sa justification avec les 5 pays membres pour discuter de la création d’une « zone de paix, de liberté et de neutralité » (ZOFPAN) et des rapports à établir avec les quatre grandes puissances à savoir les Etats-Unis, l’URSS, la Chine et le Japon.

 

 

ZOFPAN


En juillet 1988, des élections en Thaïlande amenaient après 12 ans de « régime autoritaire », une assemblée élue, mais aussi une instabilité politique. En août 1988, le général Chatchai, ancien ministre des Affaires Etrangères (mars 1975-avril 1976) gouverna jusqu’au nouveau coup d’Etat militaire de 1991.


Faisant fi des dispositifs collégiaux mis en place auparavant, le 1er ministre définît alors la politique étrangère, sans que le Conseil national de Sécurité, ni certains ministères techniques aient renoncé à leurs « prérogatives », créant ainsi des dissensions, notamment sur le soutien à apporter ou non aux Khmers rouges.


Mais Kajit remarque que c’est le début d’une nouvelle ère des relations entre la Thaïlande et ses voisins.


La diplomatie désormais oubliait l’idéologie et se mettait au service du développement, de la croissance, des exportations, de la recherche de nouveaux marchés, avec un slogan : « Changer le champ de bataille en un marché de commerce ».


Mais le gouvernement de Chatchai ne durera que 30 mois et la Thaïlande va connaître une grande instabilité politique et aussi une valse de ministres des affaires étrangères.


Ainsi par exemple en 1992 la Thaïlande verra 4 gouvernements se succéder et deux ministres des affaires étrangères. Le gouvernement Chuan Leekapi (sept 1992- juillet 1995) changera 3 fois de ministre des affaires étrangères en 3 ans.


chuan lekapi

 

« L’instabilité politique interne des gouvernements de Banharn Silap-archa (juillet 1995-novembre 1996)

 

banharn

 

et du général Chavalit Yongchiayudth (novembre 1996-novembre 1997)

 

chavalit

 

n’a rien arrangé. » (Kajit)

Et pourtant, malgré l’instabilité politique, la Thaïlande réussira à engager un processus de négociation avec le   Vietnam, qui aboutira au retrait militaire du Cambodge (1989-1991), au dénouement d’une solution politique avec l’intégration du Vietnam à l’Asean en 1995, puis du Laos et de la Birmanie en 1997, qui sera suivie de celle du Cambodge en 1999.


Dans ce contexte, les initiatives prises relèvent du miraculeux, estime Kajit. Comme celle d’Anan contribuant à créer  une zone de libre-échange : (signé en janvier 1992 à Singapour, mais entrée en vigueur en 2003), « et la proposition faite à la Chine et à la Birmanie de se joindre à l’organisation du Grand Mékong (GMC).

 

organisation mekong

 

Son successeur  Chuan proposa un « quadrilatère de croissance » formé avec la Chine, la Birmanie, et le Laos, destiné à compléter la GMC. (Les 14-15 décembre verront la signature d’un traité de dénucléarisation de l’Asie du Sud-Est dans le cadre de l’Asean.)


Mais le 2 juillet 1997, la dévaluation du bath provoque une grave crise monétaire et financière en Asie du Sud-Est. « Les grands équilibres sur lesquels fonctionnaient le royaume depuis 30 ans ont été cassés. Récession (10%), chômage (8% de la population active), chute des exportations (autour de 25%), etc, pendant plus d’un an, l’économie est désorganisée. » (SdB)

La Thaïlande qui était devenue avec l’Asean un acteur essentiel dans la diplomatie en Asie du sud-est va désormais perdre de son influence et  son leadership au sein de l’ASEAN.

C’est même le 1er ministre malais, le Dr Mahathir Ben Mohamed

 

mahatir


qui prenait l’initiative de créer le Comité économique d’Asie Orientale (l’EAEC) lors d’un Asean + 3 summit  informel en décembre 1997. L’Asean était confronté à une double crise, celle de l’Etat-Nation et celle d’un monde multipolaire. Dès 1998, « le plan de Hanoi »est censé redynamiser l’Asean, et Surin veut toucher aux institutions, faire évoluer l’Asean. Kajit estime que la politique étrangère menée  par Surin Pitsuwan et son secrétaire d’Etat Sukhumphand Paripatra fut un moment fort, en se faisant l’apôtre des droits de l’homme au sein de l’Asean et de la nécessité d’introduire un droit de regard. (Cf. La réunion de juillet 1998 à Manille avec son homologue philippin). On peut se douter que ce ne fut pas du goût des Birmans, ni des Laotiens, non seulement du point de vue de la démocratie, mais aussi de leurs problèmes frontaliers avec la Thaïlande. Ils auront à cœur de refuser les propositions. 

Le 11 octobre 1997 est promulgué une nouvelle constitution rédigée pour la 1ère fois par des élus. Le 7 novembre, Chavilit démissionne et Chuan Leekpai restaure la crédibilité financière du pays (1997-février 2001), mais les problèmes frontaliers demeurent. (Cf. L’attaque de l’ambassade de Birmanie à Bangkok le 1er octobre 1998, et la mise à sac de l’hôpital de Rachaburi le 24 janvier 2000 par un groupuscule birman n’ont pas dû calmer les tensions.)***


L’arrivée de Thaksin après sa victoire électorale triomphante du 6 janvier 2001 va changer la donne.


thaksin

 

Pourtant dès le 8 février 2001,  la prise d’un poste militaire avec la prise en otage de 19 militaires thaïlandais par 200 soldats birmans  dans la province de Chiang Rai allait avoir un impact retentissant auprès de l’opinion publique.

Cet « accrochage » mettait « à jour la complexité des relations entre les pays de l’Asean. S’entremêlent ici diplomatie, confrontation militaire, mais également commerce clandestin, conflits ethniques et leurs conséquences. », sans oublier la drogue. (Kajit)


Mais venant du secteur privé, Thaksin va mettre en oeuvre des méthodes de gestion des affaires (méthode dite CEO), réformant l’administration, transformant le corps diplomatique, renforçant le pouvoir de l’ambassadeur, investi du pouvoir de diriger l’ensemble des missions. (Thaksin avait été ministre des Affaires étrangères d’octobre 1994 à février 1995.)  Il pratiqua une « politique de voisinage », « une gestion intérieure des relations extérieures », qui  consistait « à coordonner les actions des autorités thaïlandaises des deux côtés des frontières entre la Thaïlande et les pays voisins ».


Et au niveau international Thaksin intervenait dans les forums internationaux, les « road shows », effectuait de nombreuses visites officielles pour promouvoir la Thaïlande. Mais il s’agissait avant tout de remettre l’économie sur les rails, d’utiliser l’Asean comme un espace économique.


On était loin des propositions « politiques «  de Surin. Sophie Boisseau du Rocher évoquera la colère de Thaksin lors du sommet de Vientiane en décembre 2004 contre la Malaisie et l’Indonésie qui évoquaient le sort des Musulmans au sud du royaume. On était revenu au sacro-saint principe de non –ingérence. Thaksin n’avait aucun état d’âme pour prêter 4 milliards de baths à la junte birmane et s’engager dans des projets énergétiques.


Thaksin, poursuit Sophie Boisseau du Rocher, sera plus actif au sein de l’Asean + 3 (Chine, Japon, Corée du Sud). Un accord de « récolte précoce » par exemple sera signé en janvier 2003  avec  la Chine ; il abolira des droits de douanes sur 188 fruits et légumes, etc.


La liste serait longue des initiatives prises par Thaksin, faisant souvent cavalier seul, comme par exemple lors du forum international du 15 décembre 2003 pour sortir Rangoon de son impasse diplomatique avec l’Asean.


Un nouveau coup d’Etat militaire le 19 septembre 2006, allait inaugurer une fois de plus, une grave période d’instabilité,  diviser le pays et ternir un peu plus l’image du royaume sur la scène régionale.


Entre le coup d’Etat de 2006,

 

coup d4etat

 

le retour des pro-Thaksin au gouvernement et la prise du pouvoir le 15 décembre 2008 par le « démocrate » Abhisit,

 

abisit

 

la Thaïlande restera attentiste au plan régional, même si en janvier 2008 Surin est nommé Secrétaire général de l’Asean, 

 

SURIN

 

et à la mi-août 2008 la Thaïlande en assurait la présidence.


La nomination de l’homme d’affaires Sompong aux affaires étrangères en septembre 2008 n’était pas le meilleur choix pour régler la crise avec la Cambodge à propos  du temple du Preah Vihear et préparer le sommet de l’Asean, qu’il dut déplacer à Chiang Mai pour des raisons de sécurité et qui fut finalement annuler le 1er décembre.


La condamnation de Thaksin et sa fuite à l’étranger, la démission du 1er ministre Samak le 9 septembre, les manifestations des jaunes et l’occupation des aéroports de Suvarnabhumi et de Don Muang le 26 novembre,  la dissolution de trois partis au gouvernement vont provoquer le 2 décembre la chute du gouvernement.


La prise du pouvoir le 15 décembre 2008 par Abhisit allait entraîner les « chemises rouges » dans les manifestations et prolonger l’instabilité politique. Et on ne comprend pas pourquoi Kajit estime que « La présidence par rotation de la Thaïlande en 2009 (sic)  coïncidant avec la nomination de Surin Pitsuwan (comme secrétaire général de l’Asean), le royaume se trouvait en position idéale, pour mettre en oeuvre sa politique étrangère à dimension régionale. »


Si effectivement le 28 février 2009,  le 14 ème sommet de l’Asean put se tenir  à Hua Hin, le 11 avril 2009,  le sommet de Pattaya était attaqué par des manifestants « chemises rouges » et annulé. Les dirigeants de 16 pays présents au sommet seront évacués par  hélicoptère. C’était une honte pour le gouvernement Abhisit et un échec retentissant.


Il suspendait de fait le plan d’action approuvé lors du 14ème sommet avec sa réforme institutionnelle, les projets (économique, sécuritaire, socioculturel).

Néanmoins les 24 et 25 octobre 2009, un  Sommet de l’Asean put se tenir à Hua Hin avec la Chine, le Japon,  la Corée du Sud, l’Inde, la Nouvelle-Zélande et l’Australie.


Mais Kajit ne peut que remarquer, au final, que la Thaïlande est handicapée par ses luttes internes et doit se confronter à un nouveau contexte international où l’Etat n’est plus le seul acteur mais doit tenir compte des organisations internationales, des multinationales, des ONG, des médias et de l’opinion publique informée et agissante via les réseaux sociaux. Elle doit aussi constater que désormais l’Indonésie fait figure de locomotive et participe au G20. Nous étions alors en 2010.


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A ce stade, il faut avouer que malgré l’aide de nos deux éminents spécialistes, le résultat est quelque peu insatisfaisant. Mais comment traiter 60 ans de politique étrangère en 10 pages sans survoler le sujet.


Toutefois nous avons retenu que la politique étrangère de la Thaïlande après la 2ème guerre mondiale a été marquée par quelques  événements majeurs, à savoir :

  • Une politique proaméricaine  et anti-communiste de 1948 à 1975.

La Thaïlande va participer, aux côtés des Américains, à la force multinationale des Nations Unies lors de la guerre de Corée (1950-1953), et deviendra le principal allié des Américains pendant la guerre du Vietnam de 1964 à 1975.

  • En 1975, après le désengagement américain de l’Indochine, la Thaïlande va à la fois jouer la carte régionale de l’Asean et  tenter de se rapprocher de Pékin, qui  devenait un objectif stratégique.

Le premier sommet de l’Asean se tiendra à Bali en février 1976, après la chute de Saïgon et la victoire des Khmers rouges au Cambodge en 1975.

  • En 1978-1979, l’invasion et l’occupation du Cambodge par les troupes vietnamiennes (1978-1979-1989) était perçue comme une grave menace et  provoquera une nouvelle ligne directrice dite « omnidirectionnelle », qui réussira à mettre en échec la stratégie vietnamienne. Il s’agissait alors d’ «entretenir de bonnes relations avec toutes les nations quelles que soient leurs orientations idéologiques ».
  • Après 1991 c’est le début d’une nouvelle ère des relations entre la Thaïlande et ses voisins.

La diplomatie désormais oubliait l’idéologie et se mettait au service du développement, de la croissance, des exportations, de la recherche de nouveaux marchés, avec un slogan : « Changer le champ de bataille en un marché de commerce ».

  • La fin de la guerre froide en Asie du Sud-Est (retrait de l'armée vietnamienne du Cambodge en 1989), permettra le Sommet de Singapour de 1992 qui se traduira par deux initiatives majeures :

L'instauration d'une zone de libre-échange : l'ASEAN Free Trade Area (AFTA), qui ne sera signé qu’en 2002, à cause de la crise financière de 1997 ; Et l'élargissement à 10 membres de l'ASEAN avec l'entrée du Viêt Nam ((1995), du Laos et de la Birmanie (1997) et enfin du Cambodge (1999).

  • La crise monétaire et financière de 1997 en Asie du Sud-Est, ne pouvait que renforcer l’idée de mener une politique étrangère servant l’économie du pays.

Thaksin de 2001 à 2006 incarnera cette ligne en utilisant l’Asean comme un espace économique et en l’élargissant à l’ASEAN  + 3 (Chine, Japon, Corée du Sud) (APT) en signant un accord-cadre en 2002, en vue d’établir une zone de libre-échange à l’horizon 2015


Un nouveau coup d’Etat militaire le 19 septembre 2006, allait inaugurer une grave période d’instabilité,  diviser le pays et ternir un peu plus l’image du royaume sur la scène régionale. La prise du pouvoir le 15 décembre 2008 par le démocrate Abhisit jetait les chemises rouges dans l’opposition et ne pouvait que maintenir la division du pays.


L’image des dirigeants de 16 pays présents au sommet de Pattaya du 11 avril 2009, évacués par  hélicoptère était non seulement une honte pour le gouvernement Abhisit et le pays, mais aussi suspendait de fait le plan d’action approuvé lors du 14ème sommet avec sa réforme institutionnelle, les projets économiques, sécuritaires, et  socioculturels.


Ainsi en était-il fin 2009.


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Mais les sommets de l’Asean se poursuivront : les 8-9 avril et les 28-30 octobre 2010 à Hanoï, les 7-8 mai 2011 à Jakarta et les 21-23 octobre 2011 à Bali  (Indonésie), les 3-4 avril 2012 et les 17-20 novembre 2012 à Phnom Penh, les 9-10 octobre à Brunei … et les réunions de l’APEC …, poursuivant toujours le grand projet d’un marché commun et établissant des accords bilatéraux, avec la Chine , la Corée, le Japon  … Il y a aura la victoire de Yingluck en 2011, la soeur de Thaksin,


yinglick

 

l’ouverture de la Birmanie en 2012,  … et de nouveau l’instabilté et la divison du pays à la fin de 2013 …. dont nul ne peut prévoir l’issue, en ce mois de mai 2014.

 

On peut signaler  toutefois que lors du dernier sommet de l'ASEAN, organisé pour la première fois en Birmanie le 10 mai 2014, symbole de son retour sur la scène internationale, les ministres des affaires étrangères se sont "inquiétés" de la tension qui existe entre la Chine et ses voisins en mer de Chine méridionale, et de la situation politique en Thaïlande, appelant à "la réconciliation nationale et le retour à la normalité en Thaïlande, en accord avec la volonté et les intérêts du peuple".


2014.jpg

 

(Cf. AFP , htpp://www.le petit journal.com/bangkok) dimanche 11 mai 2014)


"Inquétudes ?"  Ce sera l’objet d’un autre article.

                         

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NOTES.


*In « Thaïlande contemporaine », Sous la direction de S. Dovert et J. Ivanoff, IRASEC, Les Indes savates, 2011.


** La Thaïlande,  a ainsi pu bénéficier d’un appui considérable des Américains pour son économie et soutenir un processus d’industrialisation accélérée avec de nombreux déséquilibres cependant. Si les entreprises d’Etat ou privés étaient dirigés par des sino-Thaïs, les généraux, participant aux conseils d’administration bénéficiaient de larges « redistributions ». (Le général Phin, vice-1er ministre de Phibun, sera considéré comme  l’homme le plus riche d’Asie du Sud-Est à sa mort). En 1957, le général Sarit prend le pouvoir, dissout le parlement et interdit toute opposition.  

La Thaïlande passe un accord secret avec les Etats-Unis en 1961. Toutefois, Sarit

 

Sarit Sarit Dhanarajata

 

utilisera l’aide américaine pour un grand programme d’infrastructures (routes, électricité, irrigation). Près de 3 milliards de dollars seront investis chaque année, pour atteindre jusqu’à 8 % du PNB au moment où plus de 40 000 soldats américains sont  sur le sol thaïlandais.

La politique libérale choisie et l’aide américaine vont initier une nouvelle croissance industrielle et le pays va connaître une profonde mutation socio-économique »


Cf. aussi A.46. « L’agent orange » en Isan ?


agent orange

***Et les problèmes frontaliers et de souveraineté toujours prêts à surgir et à s’enflammer. On se souvient de l‘affaire du temple de Phrea Vihear, du sac de l’ambassade de Thaïlande à Phnom Penh en 2008. (Cf. nos articles A106, A132,  A136) De même les violences et le terrorisme depuis 2004 dans les provinces du Sud peuvent créer des tensions entre la Thaïlande et la Malaisie. Ils sont des « dossiers » toujours à l’ordre du jour. (Cf. Article 12 : Terrorisme ou insurrection séparatiste dans le Sud ?) Le 4 septembre 2008, le ministre des affaires étrangères Tej Bunnag  se verra contraint à démissionner pour ses prises de position favorables au Cambodge dans l’affaire du Phrea Vihear. Le 15 janvier 2009 le gouvernement renverra 5000 réfugiés Hmongs au Laos.


****L'ASEAN Plus Trois  (APT : ASEAN Plus Three) est une rencontre entre les pays de l'ASEAN ainsi que la Chine, le Japon et la Corée du Sud. Elle se tient durant les sommets de l'ASEAN.

Il prend ses origines dans la préparation du premier Asia-Europe Meeting (ASEM). La première rencontre APT a lieu informellement en 1997 lors du sommet de Singapour, puis à tous les sommets de l'ASEAN afin d'établir des positions communes en vue de l'ASEM.

En mai 2000 à Chiang Mai, ils s'accordent pour lutter contre une nouvelle crise financière. En 2001, la Chine lance une initiative majeure destinée à établir une zone de libre-échange entre elle et l'ASEAN. Un accord cadre est signé en 2002 en vue d'établir la zone en 2010 pour l'ASEAN 6 et en 2015 pour l'ASEAN au complet. Des initiatives similaires ont été lancées en réponse par le Japon et la Corée du Sud. L'APT a également d'autres projets comme le développement la région du bassin du Mékong, la formation dans les technologies environnementales, la promotion du tourisme. L'APT permet aux pays de l'ASEAN de se renforcer dans les négociations internationales notamment à l'OMC pour contrebalancer l'influence de l'Union européenne et de l'ALÉNA. (Wikipédia)


· Où en est le projet de communauté économique de l’ASEAN ?

L’Asean Economic Community ne tiendra pas sa promesse d’aboutir en 2015 à un marché unique comparable au modèle européen. Moins ambitieux qu’affiché, le projet de l’Asean se heurte déjà à de nombreuses difficultés de mise en œuvre, avec des progrès qui risquent de se limiter à quelques chapitres (libéralisation tarifaire élargie aux pays pauvres, facilitation des échanges, harmonisation réglementaire). Les leaders de l’Asean devraient lors des prochains sommets se concentrer sur quelques déliverables médiatiquement visibles pour que l’étape de 2015 ne soit pas perçue comme un échec. En parallèle les grands partenaires occidentaux de l’Asean –États-Unis, Union européenne- poursuivent leur propre agenda  de libéralisation avec certains de ses membres tandis que le Japon s’efforce d’organiser une plateforme asiatique de libre échange à travers le projet Asean + 6. Au total l’ouverture économique des pays de l’Asean devrait se poursuivre, dans une dynamique créée davantage par les pressions extérieures que par ses ressorts internes. (Direction générale du Trésor français) https://www.tresor.economie.gouv.fr/5781_ou-en-est-le-projet-de-communaute-economique-de-lasea

 

 

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