Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
  • Contact

Compteur de visite

Rechercher Dans Ce Blog

Pourquoi ce blog ?

  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

(suite cliquez)   POURQUOI CE BLOG ?

Pour nous contacter

Merci d’être venu consulter ce blog. Si vous avez besoin de renseignements ou des informations à nous communiquer vous pouvez nous joindre sur blogthailande@yahoo.fr

5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 23:02

EntraillesPerdue en Thaïlande, aujourd’hui, c’est probable, la divination à l'aide des entrailles de poulet subsistait encore il y a soixante ans seulement en Isan et probablement aussi au Laos (1).

En quoi consistait-elle ? Elle avait une utilisation bien spécifique, les Thaïs, nous le savons, ne sont pas des sanguinaires mais parfois, nécessité fait loi.

Tous les ans lorsque commençait la période de plantation du riz, le propriétaire du champ devait tout d’abord construire un sanctuaire sommaire

 

sanctuaire

 

et invoquer solennellement l'esprit du gardien de la rizière nommé Phitahaec (ผีตาแหก ou ผีตาแฮก)

 

01-450x251

 

que nous pouvons traduire de façon tout à fait approximative par « l’esprit qui voit » (2). Il doit alors ouvrir la tête de la bête (vivante évidemment) par le menton et en retirer les tissus tendineux. S’il trouve de longs tendons, la saison sera pluvieuse lorsque la nécessité s’en fera sentir.Si ces tendons sont suffisamment graisseux et de la bonne longueur, la pluie sera abondante. Dans le cas contraire, une période de sécheresse est à craindre et le dépérissement des jeunes plants de riz probable. C’est alors seulement que la plantation peut commencer.

Ces opérations magiques ont été longuement décrites, source principale de Phya Anuman Rajathon (1), dans une étude datant de l’année « Rathanakosin » 105, c’est-à-dire 1897 (3).


tahag-2

 

Lorsque Phya Anuman Rajathon écrit, il y a soixante ans, il nous dit que cette coutume sanguinaire, probablement pratiquée dans tout le nord-est,  se perd ou est en passe de se perdre en raison des « progrès culturels » des populations ? La cérémonie (พิธี phithi) est toujours pratiquée, religieuse ou magique certes, mais sans que subsiste cet aspect désagréable. La photographie placée en tête a été prise à Sumatra et non en Isan !

                                                                      

Une autre forme de divination était aussi pratiqués à l’époque, moins sanglante mais mettant encore une poule à contribution : Lorsqu’une personne décédait, il fallait choisir le lieu de la crémation, loin des endroits habités pour des raisons évidentes. Où aller ? Il fallait d’abord choisir un endroit désert, mais tous ne conviennent pas. Un membre de la famille devait alors jeter sur le terrain choisi un œuf et un morceau de riz gluant cuit au petit bonheur. Si l'œuf se cassait, le lieu était approprié puisque l'esprit gardien des lieux avait donné sa bénédiction autorisation et que le mort lui-même le souhaitait aussi.


Il est évident que ces crémations à ciel ouvert ont actuellement totalement disparu, puisque, auprès de chaque temple, même le plus modeste, il y a actuellement un crématorium pour d’évidentes raisons d’hygiène


DSC01857

 

mais probablement depuis peu. Cette photographie d’une crémation provient de la « missions Fournereau » en 1892

 

CREMATION

 

mais l’un de nos amis se souvient (souvenir plus ou moins agréable) avoir assisté à une crémation sur bucher dans un petit village proche de Manchakhiri en 1985 (4).

                                                                      

Devons-nous sourire de ces rituels ? Les haruspices romains ne pouvaient – parait-il – pas se regarder entre eux sans rire.

 

HARUSPICES

 

Mais les sacrifices d’animaux perdurent, à Haïti, à Saint-Domingue et en Afrique selon le rituel Vaudou ;

 

VAUDOU

 

et ne parlons pas de tous ceux qui lisent fidèlement leur horoscope dans leur quotidien, qui redoutent le chiffre 13 (combien d’hôtels n’ont pas de chambre 13 ?) ou consultent des voyantes, marc de café ou boule de cristal ?

 

VOYANTE

 

------------------------------------------------------------------------

 

Notes 

 

(1) Voir l’article de Phya Anuman Rajathon dans le numéro du journal de la Siam society de 1955.


(2) Encore un phi que nous n’avions pas encore rencontré, mais il y en a beaucoup d’autres : voir notre article A 151 « En Thaïlande, nous vivons au milieu des phi ».


(3) เรืองการนับถือเจ้าและผีขุนมหาวิชัย จันทร์ แต่ง วชิรญาณรยเตือน ตอน ๒๗ ร.ศ ๑๑๔ dont nous n’avons malheureusement pas pu trouver trace.

 

(4) Nous ne trouvons aucune trace de ces rituels ni dans Monseigneur Pallegoix ni dans la Loubère, ni dans les voyageurs du XIXème qui ont arpenté le « Laos siamois », Aymonier et Mouhot en particulier, tous portant qui furent des observateurs attentifs. Citons deux lignes seulement de Monseigneur Pallegoix : « Le cadavre étant mis sur le bucher, on allume le feu ; les nerfs étant contractés, le mort semble s’agiter et se rouler au milieu des flammes, c’est un spectacle horrible à voir … ». Ceux qui n'ont pas l'âme sensible trouverons sans trop de difficultés sur Internet le film de la crémation de Pol Pot.

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans Isan
commenter cet article

commentaires

Romain 15/07/2014 03:59


Je confirme la profondeur de Kalasin.


Pourvu que cela ne change pas trop vite :D ...

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 15/07/2014 13:53



J'en avais perdu mon latin et je corrige : O fortunatos agricolas isanensis nimium sur si bona norint



F.D. 08/07/2014 14:13


Comment mesurer la profondeur de l'Isan?


Si ce matin le sondeur "Humminbird de type piranhas" de mon bâteau m'indiquait une profondeur moyenne de 25 pouces soit env. 6,35 m. dans le lit principal du Mékong en face de mon terrain,
existe-t-il un instrument pour mesurer la profondeur de l'Isan ?


Je crois bien que non et que cette prise de mesure est pour le moins subjective. Je suis réellement révolté par la profondeur à laquelle vous enfoncer mon cher village. J'ai eu
l'occasion de traverser votre province de Kalasin, Alain doit s'en souvenir, il m'a alors semblé ressentir une profondeur rarement atteinte, si peut-être une fois en Oklahoma au milieu des
réserves indiennes.


Aussi je prends vigoureusement la défense de mon village Ban Phosai, situé à la limite des provinces de Nakhon Phanom et de Buen Kan, pour lui rendre l'altitude qu'il mérite et en tout cas pour
le placer bien plus haut que Kalasin.


En effet qu'observons nous ?


Au nord-est : après avoir traversé le Mékong, je trouve à 17 km la route Lao n° 8 qui me conduit après 98 km au poste frontière Lao-Viet de Cao Tréo. Je dévale la chaine annamitique par la AH 15
sur 74 km et me retrouve sur la plage vietnamienne de Vinh.


Au sud-est : je me laisse dériver sur le Mékong pendant env. 850 km et j'arrive à Saigon, bon d'accord il y a quelques chutes à shunter..


A l'ouest : je remonte le Mékong sur 530 km (il faudra que je songe à acheter un moteur plus puissant) et à moi le Triangle d'Or.


Au sud : ben, il y a Kalasin....


Les trafiquants de bois de rose l'ont bien compris, c'est la voie du nord-est qu'ils choisissent pour se rendre à Vinh puis en Chine. Ceux de chiens thaïs alimentent le marché vietnamien par
cette route.


En sens inverse, les trafiquants de drogues et de bois lao traversent le Mékong à cet endroit pour irriguer la Thaïlande.


Alors Ban Phosai toujours plus profond que Kalasin ?


Amicalement,


PS : ce billet d'humeur n'est pas à publier car trop éloigné de l'objet de votre article sauf si l'humour peut y trouver une petite place.


 


 

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 09/07/2014 04:26



Un peu d'humour ne fait pas de mal.



F.D. 06/07/2014 05:56


Chers amis,


Non les crémations en plein air n'ont pas disparu. Dans mon village, la moitié des crémations se font en plein air sur un site dédié à ces cérémonies. Ce site (18°00'50.46 N 104°10'49.09 E) est
situé en bordure de la Lam King River formant limite entre les provinces de Buen Kan et de Nakhon Phanom et à 500 m. de son confluent avec le Mekong. Les villageois qui se font insinérer de la
sorte estiment que l'espace du crématorium est trop réduit et préfèrent un lieu ouvert et naturel. Pendant mon dernier séjour en France, une personne s'est fait insinérer dans le jardin attenant
à sa maison. Après la mise à feu du bûcher, 2 à 3 personnes restent sur les lieux pour alimenter le feu puis recueillent une partie des cendres qui seront conservées soit au temple soit à la
maison. Le surplus des cendres est alors imergé dans le Mekong ou dispersé dans le jardin du défunt.


Ma chère épouse m'a raconté que son grand père maternel a été insinéré dans sa rizière située derrière le temple du village. Nous devions construire sur ce terrain mais ma belle mère avait
peur que son père viendrait la déranger trop souvent et ne lui pose des questions du style "pourquoi fais-tu à manger tel plat aujourd'hui ?"....


Du coup nous habitons à une centaine de mètres de cette rizière....


Soyons respectueux des traditions locales, nous ne sommes que des invités... 


Amicalement,


F.D.


PS : si mon commentaire est trop long, n'hésiter  pas à le réduire 


 

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 08/07/2014 01:26



 


Non, nous publions votre commentaire (intéressant) intégralement car nous ne pensions pas que ces errements
perduraient ?


Mais on peut concevoir que la perspective de se retrouver enfermé dans une boite, aspergé d’essence et enfourné
n’ait rien de réjouissant ?


Dans notre Isan (déjà profond mais le votre l’est plus encore), il y a un crématorium derrière chaque temple
sans exceptions. 


Comme vous le dites, nous sommes des invités, donc respectons les traditions (lorsqu’elles sont
respectables).


 


Amicalement