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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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9 août 2014 6 09 /08 /août /2014 23:02

Nous avons dans notre article sur l’ambassade siamoise de 1861 et la réception impériale au château de Fontainebleau (1) inséré la reproduction que l’on trouve partout du tableau de G.L. Gérôme, spécialiste des reconstitutions historiques, représentant les ambassadeurs du Siam rampant devant Napoléon III et l’Impératrice Eugénie.

Autoportrait

Nous avons ultérieurement appris qu’il existait une copie de cette toile au palais royal de Bangkok (2) dans le « Audience hall of the Chakri mahaprasat throne hall » au Grand Palais. L’auteur de l’article en référence ajoute qu’il s’agit d’un cadeau de Napoléon III au roi Mongkut qui est l’œuvre du peintre Jean-Marius Fouqué (sic), qui, sans doute, « himself brought and presented the painting to King Mongkut ... as he was later appointed as the personnal artist to the thai royal court »

 

bangkok-chakri-mahaprasat-interior

 

Qui était donc ce Jean-Marius Fouque (et non Fouqué) qui serait devenu peintre officiel de la Cour ?

Son deuxième prénom sent immanquablement la Provence. Lorsqu’on cherche quelque renseignement sur un peintre provençal, on consulte l’ouvrage de l’avignonnais Etienne Parrocel, l’incontestable pionnier de l’histoire de l’art provençal (3). Il s’agit de l’Arlésien Jean-Marius Fouque, que Parrocel a fort bien connu et auquel il consacre une longue notice, mais son ouvrage s’arrête en 1862 donc très probablement avant un épisode siamois et nous laisse sur notre faim ?

Un ami aussi Arlésien qu’érudit nous apprends que Fouque a sa rue à Arles dans le quartier de Trinquetaille dont une revue érudite dit quelques mots « ….Jean Marius Fouque est né à Arles le 22 juillet 1822. Il étudia la peinture sous la direction de Granet et de Lestang-Parrade. Admis à l’école des beaux-arts en 1826, ayant visité l’Extrême-Orient devint peintre officiel du roi de Siam. Il exposa au salon de Paris de 1846 à 1879. Il fit des tableaux d’histoire, des sujets mythologiques et des portraits (en particulier celui du sculpteur Pradier) » (4). La référence à Pradier va nous ouvrir une première porte.

Nous avons alors sollicité les lumières de Monsieur Gérard Bruyère, bibliothécaire et documentaliste de nombreuses institutions lyonnaises (5). Qu’il soit ici remercié des précieux conseils qu’il nous a donnés. Le sculpteur Pradier était un ami du peintre, qui en fit d’ailleurs un fort beau portrait.

 

Fouque-Pradier(MAH)

 

Ce sculpteur a aussi un admirateur, Monsieur Douglas Siler qui lui consacre un très beau site Internet (6). Il nous a lui aussi donné de précieux renseignements, qu’il en soit également remercié. Peut-être allions-nous trouver enfin de plus complets renseignements sur l’épisode siamois ?

***

Avant d’en arriver au Siam, quelques mots seulement sur ce peintre que l’on classe habituellement dans la catégorie des « petits maîtres » (7).

Parrocel le fait naître le 22 juillet 1822 à Arles (8) (9). Il en fait l’élève de Lestang-Parrade et de Cogniet (10).

Le peintre a surtout fait l’objet d’une très complète étude de Philippe (malheureusement décédé il y a peu) et Françoise Dumoulin-Palliez publiée sur le « forum Pradier » en 2003 (6) et dans le «  Bulletin des amis du vieil Arles » (11), accompagnée de solides références.

 

Son père, Honorat était un serrurier probablement modeste et nous ignorons tout de Marguerite Barbier sa mère. Il aurait bénéficié de la protection de Réattu, un grand peintre arlésien et de Huard, directeur de l’école des beaux-arts d’Arles pour obtenir une bourse et « monter » à l’école des beaux- arts de Paris. Ami intime du sculpteur Pradier, les portes du Salon lui sont ouvertes dès 1846. Bénéficiaires de puissants appuis, il est bénéficiaire aussi de nombreuses commandes officielles ce qui explique probablement la commande par le ministère des affaires étrangères d’une copie du tableau de Gérome ainsi que Mr et Mme Dumoulin l’ont vérifié dans les archives. Ils ont également eu confirmation  par les « services culturels » de Thaïlande de son passage dans le pays.

 

Dans quelles conditions obtint-il le statut de « peintre officiel » de la cour et fut-il décoré de l’ « ordre de l’éléphant blanc »,

 

 

elephqnt

 

nous n’avons malheureusement pas pu en savoir plus. Son lointain descendant direct, Monsieur Nicolas Raphaël Fouque, avec lequel Monsieur Douglas Siler a eu l’amabilité de nous mettre en rapport, nous a confirmé avoir eu en mais les documents accréditifs perdus ce jour dans sa famille.

Grand voyageur aussi, on le retrouve en Suisse, en Russie peut-être (12) et peut-être aussi aux Amériques puisque nous apprenons, toujours sur le « forum Pradier », l’existence à Bogota de deux portraits de son pinceau, deux dames au nom évidemment espagnol, datés de 1852 (13) ?

Toujours est-il qu’il expose au salon de 1870 un portrait de Rama V qui serait actuellement dans un palais de Bangkok ( ?) et qui eut les honneurs (si l’on peut dire) d’une caricature de Cham de plus ou moins bon goût (14).

caricature copie

Bien impliqué dans le petit monde des notables de l’empire, après s’être attiré les sarcasmes de Cham qui avait au moins le mérite du talent, Fouque s’attire ceux d’un imbécile que nous aurons la charité de ne pas citer. Il expose à un salon un « Vénus et Adonis », le critique commente «  Monsieur Fouque aurait été bien embarrassé de trouver à Arles, sa ville natale,  une belle femme amoureuse d’un chasseur ». En voilà un qui ignorait que depuis les Romains, de toutes les femmes de Provence, les Arlésiennes ont toujours été considérées à juste titre comme les plus belles (15) !

***

Les liens de Fouque avec le Siam semblent toutefois avoir été ténus en admettant même qu’il y ait posé les pieds ? Il n’a en tous cas pas succombé à ses charmes.

Le titre de « peintre officiel » est évidemment honorifique et il ne semble pas qu’il reste en Thaïlande d’autres souvenirs de lui que la reproduction de la toile de Gérome et le portrait du salon de 1870 dont nous ignorons où il se trouve.

Sa descendance est toujours vivante, loin à la fois du Siam et de la peinture ! Nous devons à Monsieur Nicolas Raphaël Fouque ces renseignements dont nous le remercions particulièrement : Le peintre trouve l’amour à Lorient où il épouse une demoiselle Leray

 

Epouse

 

 

De ce mariage, un premier fils, Emile,

 

Emile

 

après avoir été ténor à l’opéra d’Oran, meurt en Egypte comme agent du Canal de Suez. Le second, Adrien, né en 1849

 

Emile

 

épouse le 12 juin 1878, Mathilde Cournet,

 

Mathilde Cournet refusé au salon de 1877

 

nièce de Frédéric du même nom qui a participé à la résistance contre le coup d’état de 1851 (16) et dont le fils Frédéric fut un ardent communard.

 

cournet

 

Hippolyte Fouque, fils d’Adrien, épouse Marie Bridoux  qui était la fille du général Marie-Joseph-Eugène Bridoux,

 

Bridoux.jpg

 

le premier des quelques dizaines de généraux de l’armée française à être tombé au front face à l’ennemi dans les premiers jours de la guerre de 14 et qui a laissé son nom au campus de l’Université de Metz.

 

General

 

Son fils Eugène-Marie Louis, pour sa part également officier de cavalerie, fut secrétaire d’état à la guerre et sous- secrétaire d’état à la défense nationale du gouvernement de Vichy

 

Bridoux_Eugene-Marie-Louis.jpg

 

pendant que Hippolyte Fouque entrait en résistance. Il est l’arrière grand-père de Nicolas Raphaël Fouque, lui-même haut fonctionnaire et romancier talentueux. C’est aussi à Monsieur Nicolas Fouque que nous devons les photographies des membres de sa famille qui illustrent cet article, collection actuellement aux Musée des beaux-arts de Nantes.

 

Voilà qui nous éloigne à la fois du Siam et de la peinture !

 

***

Ne retenons donc de ce « petit » mais talentueux maître que ce qu’en dit Parrocel : « Fouque est aujourd’hui compté parmi les artistes de mérite et ses productions brillent par la puissance et la richesse du coloris ». Il appréciait tout particulièrement le portrait de la fille du peintre Réattu, présentement au musée Reattu d’Arles (17).

 

MMe Reattu

 

***

Nous n’en saurons malheureusement pas plus sur l’épisode siamois de ce peintre talentueux et voyageur. Remercions chaleureusement tous ceux qui nous ont donné les éléments permettant de rédiger ce bien modeste hommage à Marius Fouque.

 

 Epose du peintre et ses deux fils

L'épouse du peintre et ses deux fils

________________________________________________________________

 

Notes 

 

 (1) A 54 : « Le Siam au Château de Fontainebleau : L'ambassade siamoise du 27 Juin 1861 ».

 

(2) Article de Dominique Le Bas in « Aséanie », 3, 1999 : « La venue de l’ambassade siamoise en France en 1861 ».

 

(3) « Annales de la peinture … histoire des écoles d’Avignon, d’Aix et de Marseille ... » publié à Marseille en 1862.

 

Annales de la Peinture (1)

(4) « Bulletin des amis du vieil Arles », numéro 80 de décembre 1992.

 

(5) Musée des tissus, musée des arts décoratifs, archives municipales, musée des beaux-arts.

 

(6) http://www.jamespradier.com/

 

(7) Le terme est utilisé avec une certaine condescendance par les « bobos » de l’art. Il est appliqué à tort et à travers à une pléthore d’artistes actifs tout au long du XIXème siècle et au début du XXème siècle, pour lesquels l’histoire de l’art n’a pas encore trouvé de case. La table alphabétique de l’ouvrage de Parrocel donne plus de 1.400 noms dont la plupart sont des « petits maîtres » même si ce sont de bons et grands peintres. Les médias et la cupidité des marchands de tableaux sont responsables du passage aux oubliettes de grand nombre de nos artistes provençaux et français. Il y a « la cour des grands » que tout le monde connait … et les autres !

fiac.jpg

(8) Revenons très rapidement sur ce que nous écrivons, « à Arles », comme nous écririons « à Avignon ». Est-ce que vous allez « en » Argenteuil ? « En » est un régionalisme. Le Comtadin dit « vau (je vais) à-n Avignoun », le provençal « vau à-n Arle » cependant il ne s’agit pas de la préposition « en » mais d’un « n » euphonique. Ils diront de même « vau à-z Ais » ou « vau à-z At » (Aix et Apt) avec un « z » euphonique.

Dire autrement est pédanterie journalistique.

 

(9) Il y a un doute sur la date exacte de sa naissance : Wikipédia le fait naître le 2 juillet 1819 ainsi que le Bénézit, et mourir à Lorient le 11 avril 1880. Les registres d’état civil de ces deux communs ne sont pas numérisés à ce jour. Retenons la date citée par Parrocel qui l’a connu.

 

(10) Sur ces deux peintres, voir le « Dictionnaire des artistes de l’école française au XIXème » par Charles Gabet, Paris 1834…700 pages de talents, tous pratiquement  oubliés aujourd’hui.

 

(11) numéro 140, mars 2009.

 

(12) On retrouve la présence dans une vente aux enchères à Moscou en 2012 d’une très belle toile représentant un immigré français au service du Tsar, Joseph Octavien Marie Pourroy de l'Aubériviére, Comte de Quinsonas.

 

russe 25.000 euros

 

(13) http://www.jamespradier.com/Texts/Courrier_Ortiz_6-11-04.php

Tableau Bogota

(14) Le caricaturiste Cham, en réalité d’une vieille famille aristocratique, exerçait son talent féroce au détriment de la famille impériale et tous les ans au détriment des artistes qui avaient été admis à l’honneur d’exposer au Salon. Or, Fouque est tout autant que Gérome ou Winterhalter l’un des peintes officiels du régime. Le Musée d’Orsay possède de lui la copie du célèbre portrait de l’Impératrice par Winterhalter. Dans la notice des œuvres du musée, il nous est dit « Une des nombreuses copies du portrait commandées par l'Etat à Fouque, notamment en 1854, 1857, 1868, 1870. Copie d'après le portrait officiel de l'impératrice par Franz Xaver Winterhalter exposé au Salon de 1855 ».

Il ne faut donc point s’étonner de cette raillerie. Nous devons la reproduction de cette caricature à l’obligeance de Monsieur Douglas Siler.

 

(15) L’innocence de la Mireille de Mistral, la beauté fatale de l’Arlésienne de Daudet, leur grâce est légendaire et a bien dépassé les frontières du pays d’Arles. Les comtadines ne sont pas oubliées mais le Comtat-Venaissin n’est pas la Provence.

 

Arlesienne.jpg

 

(16) … dont parle Victor Hugo dans l’ « Histoire d’un crime ».

 

(17) Ce lieu magique de la ville d’Arles ne s’honore peut-être pas outre mesure d’une collection de dessins d’un peintre « cubiste » responsable de cette Arlésienne (???)

 

Lee-Miller--Pablo-Picasso-00.jpg

 

qui appartenait probablement plus au genre des imposteurs qu’à celui des grands ou petits maîtres !

 

 

 

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