Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
  • Contact

Compteur de visite

Rechercher Dans Ce Blog

Pourquoi ce blog ?

  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

(suite cliquez)   POURQUOI CE BLOG ?

Pour nous contacter

Merci d’être venu consulter ce blog. Si vous avez besoin de renseignements ou des informations à nous communiquer vous pouvez nous joindre sur blogthailande@yahoo.fr

20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 23:02

 titre2ème partie. De Rama VII (1925-1935) à Abhisit (2010)

Rappel.

Nous avions dans notre 1ère partie de notre lecture de l’article de Stéphane Dovert intitulé « « La Thaïlande prête pour le monde » ou de l’usage intensif des étrangers dans un processus de construction nationale»*, présenté son hypothèse qui voulait démontrer que «  la réussite du royaume sur le long terme repose largement sur sa remarquable capacité d’assimilation des étrangers sans renoncer à une forte identité nationale », et cela depuis les origines d’Ayutthaya jusqu’à Rama VI (1910-1925).

 RAMA-VI.jpg

 

Nous avions émis de sérieux doutes sur cette prétendue assimilation (Cf. notre 1ére partie). Son hypothèse n’était plus tenable avec la politique « d’exclusion, d’opposition à l’étranger, de repli sur une identité nationale figée » menée par Rama VI (1910-1925), qui n’hésitait pas à traiter les Chinois de « Juifs de l’Extrême-Orient ».

 

Les-Juifs-de-Chine-Kaifeng

Mais Dovert estimait que cette politique était unique dans l’histoire du pays.

Unique ? En tout cas son successeur Rama VII (1925-1935) va poursuivre cette politique de rejet des étrangers et surtout des Chinois avec ce slogan popularisé auparavant par le prince Damrong : « Le Siam aux Siamois ».

 

iam aux siamois

 

Elle prendra une forme plus virulente après le coup d’Etat de 1932, qui aura des conséquences très importantes dans l’histoire du pays, en transformant la monarchie absolue en une monarchie constitutionnelle.

coup d'etat 1932

 

 

Il évoquera deux des figures majeures de ce coup d’Etat, à savoir Pridi

pridi

 

et Phibun qui participera au coup d’Etat militaire du 20 juin 1933 pour devenir ministre de la Défense, revaloriser la place de l’armée dans l’appareil d’Etat, et bien que d’origine chinoise (Le père de Pridi était aussi teochiu) sera « en phase avec la doctrine de « « retour à la pureté originelle » définie vingt ans plus tôt. »


La politique nationaliste mise en place par Phibun sera d’autant plus efficace, qu’il aura pratiquement tous les pouvoirs le 20 décembre 1938. Il avait déjà lancé « les jeunesses militaires » calquées sur celui des « Tigreaux » (ลูกเสือ louk sua littéralement les « enfants tigres ») de Rama VI,

 

Louxsua

 

et dès 1937 proclamé « que l’exemple du développement allemand, japonais, et italien serve de source d’inspiration. » Il définira sa modernité par rapport à l’Occident (vêtement occidental, interdiction des chiques de bétel), tout en fixant « le contenu d’une tradition nationale « purement thaïe » ».


Dovert donnera en exemple pour la minorité malaise : l’établissementde nouvelles règles juridiques, l’interdiction  de porter les vêtements islamiques, l’enseignement en thaï rendu obligatoire.

vetements

 

Mais c’est surtout la communauté chinoise qui sera visée. Elle subira une politique discriminatoire qui réduira sa place dans la vie publique. Dovert donnera comme exemples : les prix des permis de séjour augmentés de 600 % en cinq ans ; des conditions plus contraignantes pour l’accès à la nationalité et à la terre ; la fermeture de la  quasi-totalité des journaux et des écoles chinoises (230 en 1937-38 et plus que 2 en 1944) ; et l’interdiction d’exercer 27 activités (transformation du riz, la pêche, la marine marchande, la boucherie, le commerce de détail, etc).


juifs 2

 

Phibun prônera un nationalisme qui « tente(ra) de donner corps à la notion de « peuple thai » qu’il tenait à voir reposer sur une réalité ethnique (ชนชาติ chonchat thai),

 

chomchat

 

la « race thaie ». En 1939, le Siam deviendra la Thaïlande, le pays des Tai, une race pure,

 

pureté

« symbolisé(e)) par des pratiques culturelles, religieuses et linguistiques (Dovert ne donnera pas d’exemples), qui reléguait les minorités en « non-thaïes » ou « moins thaïes » et qui marginalisait les élites indiennes et chinoises.


Cette idéologie  affichait l’ambition de  se réapproprier les territoires annexés illégalement par les puissances européennes (Laos, Cambodge, Malaisie), mais aussi certaines régions d’Inde, de Chine, de Birmanie, voire du Tonkin et du Tibet (sic). Elle incitera le régime de Phibun à choisir la carte japonaise pendant la deuxième guerre mondiale.

 

japonais

 

Un choix pragmatique, dit Dovert, pour éviter les destructions et récupérer les territoires indochinois. Nous n’allons pas ici reprendre les éléments donnés par Dovert (Cf. pp.235-240) - s’éloignant quelque peu du sujet -  qui explique la politique de collaboration avec les Japonais pour revenir en 1945 à Pridi porté au pouvoir par les alliés.  (Cf. notre article sur la deuxième guerre mondiale**)

 

Le chapitre suivant abordera une autre période de l’histoire thaïlandaise avec « L’alignement américain ou le choix stratégique du recours à l’Occident pour soutenir le développement national. (pp. 240- 248)

 

(Là encore, on peut remarquer que le titre indique un choix effectué par le seul gouvernement thaïlandais.)

 

Dovert commence son chapitre avec une présentation générale de 4 pages expliquant le nouveau contexte international (la guerre froide, l’intervention américaine dans le conflit indochinois, la menace communiste) et la politique thaïlandaise menée avec l’aide américaine, pour soutenir la lutte anticommuniste ; voire comment les intérêts stratégiques et géopolitiques américains ont contribué à assurer le pouvoir politique des militaires thaïlandais et leurs intérêts économiques, ainsi que celui du pays. Il donne l’exemple du Nord-Est en 1969, où « environ un tiers de l’activité de la région aurait directement découlé de la présence de quatre bases de l’armée de l’air américaine. »


 bases

 

Enfin (à la page 244), il revient au sujet pour reconnaître que « « la tutelle » américaine a également infléchi les conditions de l’ouverture du pays aux étrangers. » Mais paradoxalement si les élites sont allés se former aux Etats-Unis et ont bien vu « dans la relation avec l’Occident un atout pour leur pays, ils se sont par contre clairement inscrits dans la tradition de repli en vigueur depuis les années 20, en faisant pareillement profession de foi d’un nationalisme basé sur la notion d’ethnicité. » On vit même le chantre du nationalisme xénophobe Wichit Wathakan redevenir ministre et en 1958 conseiller spécial du maréchal Sarit,

 

Wichit

 

qui avait effectué un coup d’Etat en 1957 pour promouvoir une politique encore plus « anticommuniste ».

 

Dans  ce contexte, « les résidents chinois de Thaïlande étaient facilement soupçonnés d’espionnage ou de subversion », leurs associations à caractère politique interdites, leurs leaders arrêtés. Pire, « les généraux conservateurs ont volontiers assimilé la subversion aux communautés minoritaires », laissant entendre que « tous les « non-Thaïs », Chinois, Vietnamiens ou Malais de Thaïlande étaient marxistes. »

 

Mais - encore un paradoxe - cette répression politique n’a pas empêché la minorité chinoise de renforcer sa position sur le plan économique et social.

 

Dès la fin de la guerre, nous dit Dovert, les élites militaires ont participé aux conseils d’administration des grands groupes chinois, voire pour certains à leur direction exécutive. Il estime qu’entre 1948 et 1957, les militaires étaient dans plus de 41 firmes majeures, avec des participations dans plus de 100 firmes. En 1969 - autre exemple - des membres du gouvernement du général Thanom

 

Generql thqnom

 

étaient dans les conseils d’administration de 347 entreprises, en majorité chinoises. (Leur conception de réserver l’économie au « peuple thaï » ?)

 

Bref, la superposition, nous dit encore Dovert, de la montée en puissance du capitalisme sino-thaï, de l’aide américaine et des investissements industriels) vont profondément transformer en 30 ans la structure productive de la Thaïlande.

 

Mais on a pu observer également que les élites chinoises ont aussi investi, avec les universités américaines, les universités thaïlandaises de prestige comme celles de Chulalongkorn, Thammasat et Mahidol, leur permettant d’avoir accès aux professions libérales et administratives, et pour certains d’accéder même au pouvoir politique surtout après  1992, avec le processus démocratique engagé.

 

Il faudra attendre le chapitre suivant pour apprendre que les « Chinois » représentent 10 à 12 % de la population, et  qu’ils constitueraient la moitié de la population de Bangkok ; qu’ils contrôleraient 81 % des capitaux  sur le marché et que les ¾ des députés  (l’article est de 2010) env. auraient au moins un grand-parent né en Chine (et de citer les anciens premiers ministres de ces dernières années comme Chuan, Thaksin, Samak, Somchaï, Abhisit).

 

(Enfin quand on dit « les Chinois » contrôlent 81 % des capitaux, il faudrait préciser, une vingtaine de familles chinoises contrôlent 81 % des capitaux, et spécifier s’ils sont Teochiu, Hakka, Hainanais, ou  Hokkien/ Thaïs.) 

 

Pour le moins, on peut alors considérer les  « Chinois » de Thaïlande comme une minorité dominante. Mais est-elle intégrée, assimilée ?

 

identité chinoise

 

Dovert répondra au chapitre suivant intitulé : « Une réouverture tous azimuts ou l’extraversion comme élément de solidification de la démocratie. »

(Vous avez dit solidification de la démocratie ?)

 

Dovert, après avoir indiqué la puissance économique des Chinois de Thaïlande (Rappel : 81% des capitaux sur le marché), cite le roi Prajadhipok (1925-1935),

 

Prajahidok

 

qui aurait déjà exprimé en son temps sa crainte de voir l’argent chinois dominer la politique dans le cas de l’introduction de la démocratie. Il cite également Baffie qui avait évalué un poste de député à un peu moins de 500 000 euros à la fin des années 90 (campagne, achat de voix). Mais Dovert estime que le danger de cette mainmise  dépend « en premier lieu du facteur fondamental que représente la qualité de leur assimilation à la dite-société. »

 

La qualité de leur assimilation à la dite-société ?

 

Dovert va répondre à la page suivante (p.251), en posant la difficulté d’appréhender les multiples facteurs qui permettent de mesurer leur degré d’intégration, selon l’influence des parents, leur désir d’assimilation ou de retour au pays, la stratégie individuelle, les choix matrimoniaux, leur affinité communautaire, leurs opportunités économiques et sociales …

(On peut noter que Dovert utilise sans les distinguer « assimilation » et « intégration »)

 

Mais dès la phrase suivante, après avoir donc signalé la complexité, Dovert va clore le débat en proclamant qu’il n’y a pas d’antagonisme entre une identité chinoise et une identité thaïlandaise. Ah bon !

 

Plus loin, il affirmera que « la communauté chinoise de Thaïlande ne manifeste aujourd’hui aucune loyauté à l’égard de la Chine en tant qu’entité politique », qu’un apatride épousera « sans arrière-pensée la citoyenneté du pays d’accueil tout en renonçant ou non à leur identité culturelle chinoise ». (Un Chinois renoncé à son identité culturelle chinoise ???)

Il citera en exemple les 1er ministres Thaksin,

 

Taksin.jpg

 

Samak, Somchai, Abhisit,

 

abhisit vejjajiva caricatures by hadsadin

 

qui bien que d’origine chinoise, sont la preuve de l’intégration, et peuvent se prévaloir des attributs de la culture thaïlandaise que Dovert résume à « être bouddhiste, monarchiste, nationaliste » (sic) (Un peu court, non ?)  Il leur reconnait quand même une différence avec les autres Thaïlandais : celle d’avoir une « ouverture plus grande sur les réseaux asiatiques. »

 

Dovert aurait pu rajouter : « qui s’appuie sur « un système, devenu une tradition, transmise de génération en génération, et qui repose sur « un maillage d’entreprises familiales interconnectées», une culture des réseaux(activités mais aussi solidarité), un système avec un type d’éducation ( relayé avec des écoles privées), une morale (valeurs, croyances communes), un type de comportements individuels et collectifs, un système familial et communautaire (ethnie, langue et esprit commun).


Un réseau de solidarité réciproque où chacun tour à tour va passer du rôle de donneur à celui de bénéficiaire, dans un système pyramidal « associatif » au niveau familial, puis de la communauté locale , provinciale , nationale (en relais avec les chambres de commerce, les banques, les associations nationales) et pour les plus importants, internationale (avec leur propre réseau de communications).


Le réseau de base est d’autant plus efficace qu’il s’inscrit aussi dans une concentration géographique, ethnique, avec donc un système familiale de gouvernance. La famille dans un quartier donné, va faire des prêts, contrôler le comportement, faciliter l’information aux membres du réseau familial (investir dans les activités rentables, réactivité, rapidité), encourager la solidarité, aider les nouveaux venus (de la famille), veiller à la réputation du chef de famille … « Le devoir du fils est d’entretenir, sinon d’accroître l’héritage familial ». L’entreprise évoluera donc, bien sûr au fil des générations avec ses échecs pour certains et les success story pour d’autres familles. »

(Extrait de notre article A67**, inspiré par Florence Delaune, Entreprises familiales chinoises en Malaisie, Presses universitaires du Septentrion, Col. Anthropologie, 1998. )

 

Dovert conclut en disant qu’en offrant un modèle d’intégration (économie, politique, social, titre), malgré les politiques d’exclusion conjoncturelles,  les Chinois se sont assimilés, comme tous les autres éléments allogènes dynamiques, « évitant ainsi les cloisonnements communautaires et les comportements antinationaux. ».

 

                           _________________________

 

« Politiques d’exclusion conjoncturelles », dit-il ?

 

Dovert nous a expliqué pendant de longues pages que Rama VI (1910-1925) avait promu le nationalisme et avait  lancé une campagne d’exclusion contre les Chinois de Thaïlande sur le modèle antisémite européen, en  les traitant « de Juifs de l’Extrême-Orient » ; que Rama VII  avait poursuivi cette politique, qu’après la prise du pouvoir par Phibun en 1933 et surtout après 1938, celui-ci prônera un nationalisme encore plus dur, prenant exemple sur les modèles fascistes, et n’épargnera pas les Chinois, fermera leurs journaux, leurs écoles, leur interdira 27 métiers ; une loi de 1953 sur la nationalité sera encore plus restrictive que celle d’auparavant ; qu’ensuite les généraux conservateurs ont poursuivi leur nationalisme avec la notion d’ethnicité ; qu’en 1958 le chantre du nationalisme xénophobe Wichit Wathakan redevenait ministre et conseiller spécial du maréchal Sarit ;

 

SARIT.jpg

 

que pendant la guerre du Vietnam « les résidents chinois de Thaïlande étaient facilement soupçonnés d’espionnage »

 

espions

 

voire de subversion comme tous les autres « non-thais ».

 

Conjoncture ? Une conjoncture d’un demi-siècle alors, voire plus.

 

Dovert écrit même que depuis la fin de la 2ème guerre mondiale jusqu’à l’instauration du premier gouvernement démocratique des années 1990, la période semble « à priori délicate pour les communautés perçues comme « étrangères » ». Et nous avons vu qu’avant-guerre le nationalisme sévissait aussi contre les « minorités », et n’offrait pas –quoi qu’en dise Dovert- un modèle d’intégration.

 

Baffie rappelle***  qu’en 1971, l’une des raisons avancées pour un coup d’Etat était la présence dans le pays de 3 millions de Chinois dont on ignorait les préférences idéologiques, mais qui pourraient poser des problèmes de sécurité intérieure au moment où la Chine entrait aux Nations Unies. Ensuite, aux législatives de 1979, les candidats et les électeurs de parents chinois durent subir des mesures vexatoires. Beaucoup renoncèrent. Enfin, 18 ans plus tard, en septembre 1997, le premier ministre, le général Chavalit Yongchaiyudt,

 

Chavalit.jpg

 

voulut rendre responsables de la crise économique les hommes d’affaires chinois du pays, désignés par le terme dérogatoire – et assez sibyllin – de มัน man. 

 

De plus, Dovert n’évoque pas le sort des minorités montagnardes au Nord, « les chao khao


blqncs

 

qui représentent quand même actuellement près d’un million de personnes (un peu moins de 3% de la population) et qui ont un statut particulier.*****


 minorités

Dovert n’évoque pas non plus la situation des Thaïs/musulmans dans le sud qui depuis 2004 a fait plus de 6000 morts ; situation qui indique que « tous savent qu’ils doivent être Thaïlandais, mais que tous ne le veulent pas ». (Ivanoff)

 

musulmans du sud

 

Dans cette même publication « Thaïlande contemporaine », Ivanoff montre comment les Thaïlandais « ont construit leur propre hiérarchie et échelle de valeurs basée sur la production d’un Thai thae thae (ไทยแท้ ๆ littéralement « authentiques thaïs »).

 

Thai-tae.jpg

 

Celle-ci a permis de créer des sous-catégories (…) de Thai Isan,


ISAN.jpg

 

de Thai Islam,

muslim_thailand007.jpg

 

de Thai Mai …, des variétés de Thais qui ne sont pas tout à fait des Thais, mais tous des Thaïlandais. » (Cf. Qui est Thai/Thailandais ? ***** et notre article A.57)

 

Et Dovert oublie encore les millions d’émigrés dans le sud de la Thaïlande dont beaucoup auraient voulu s’intégrer.


Il est étonnant que Dovert assurant la direction de la publication  de « Thaïlande contemporaine » avec Jacques Ivanoff n’ait pas eu connaissance de deux de ses publications qui étudie la « birmanisation » du Sud de la Thaïlande, qui a vu en trente ans le nombre de réfugiés, et de travailleurs immigrés (légaux et surtout illégaux)  passé de quelques centaines de milliers à environ 5 millions dans le sud de la Thaïlande.

Vous avez bien lu : environ 5 millions de Birmans dans le sud de la Thaïlande, dont la majorité est en situation illégale, sans parler des Cambodgiens, des Laotiens. Mais Dovert nous dirait que ceux-ci ne sont pas Thaïs. Mais leur a-t-on offert ce modèle d’intégration que Dovert voit toujours à l’œuvre. (Cf. en note******)

 

Même pour les Chinois, la situation n’est pas aussi évidente.

 

Jean Baffie, révèle dans un article  intitulé «  La « resinisation » des Chinois de Thaïlande » : que des éléments assez nombreux semblent contredire la thèse officielle sur l’assimilation des Chinois, voire leur acculturation. Il constate que « la communauté chinoise est fière de son héritage, florissante et la plus dynamique de la région », démythifiant ainsi le mythe de la Thaïsation des Chinois de Thaïlande. (Cf. son article http://www.reseau-asie.com/)

 

A la fin de son article Dovert aura beau montré l’ouverture de la Thaïlande aux capitaux étrangers, aux résidents étrangers (de 40 000 à 120 000 Japonais, 35 000 Coréens,  12 000 Américains, les Européens, etc), aux touristes ; l’ouverture à l’étranger des étudiants thaïlandais poursuivant leur cursus dans d’autres pays, ou les 100 000 migrants thaïlandais qui partent chaque année « chercher fortune aux Etats-Unis et en Europe mais également au Moyen-Orient et dans les pays d’Asie septentrionale. »,

 

Vous aurez compris que nous n’avons pas adhéré à son hypothèse qui visait à nous montrer  que «  la réussite du royaume sur le long terme repose largement sur sa remarquable capacité d’assimilation des étrangers sans renoncer à une forte identité nationale ».

 

Ou pour être plus clair, notre hypothèse est que les Chinois de Thaïlande n’ont jamais été assimilés, même si, après 1767, Taksin, d’origine Teochiu, a encouragé la venue d’immigrants chinois Teochiu,

 

teo.jpg

 

et que les rois de Rama I à Rama V poursuivirent cette politique positive.

 

 

________________________________________________________________

* Thaïlande contemporaine, Sous la direction de Stéphane Dovert et Jacques Ivanoff, IRASEC, Les Indes Savantes, 2011, pp. 201-258.


**30. « Les relations franco-thaïes : la deuxième guerre mondiale »

http://www.alainbernardenthailande.com/article-30-les-relations-franco-thaies-la-2-eme-guerre-mondiale-67649933.html

Notre article 9 sur le nationalisme  http://www.alainbernardenthailande.com/article-article-9-vous-avez-dit-nationalisme-thai-66849137.html

Notre Isan 14 :   Le nationalisme thaï ?

http://www.alainbernardenthailande.com/article-notre-isan-13-le-nationalisme-thai-73254948.html 

 

*** Rappel. Sur les Chinois, nos articles :

  • « A67.  L’influence de la communauté chinoise en Thaïlande », d’après « Le Destin des fils du dragon », « L’Influence de la communauté chinoise au Viêt Nam et en Thaïlande », L’Harmatan, IRASEC, collection Un certain regard, 2003.
    • « A45. Les Chinois de Thaïlande », d’après l’article «  La « resinisation » des Chinois de Thaïlande» de Jean Baffie, qui dénonce le mythe de la « thaïsation des Chinois de Thaïlande.

 2ème Congrès du Réseau Asie / 2nd Congress of Réseau Asie-Asia Network, 28-29-30 sept. 2005, Paris, France, http://www.reseau-asie.com/

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a45-les-chinois-dethailande-sont-ils-integres-84959962.html

 

****« L’Etat et les minorités ethniques, La place des « populations montagnardes » (chao khao)

 

blqncs.jpg

 

dans l’espace national », de Yves Goudineau et Bernard Vienne, p. 443-472,  in « Thaïlande contemporaine », Sous la direction de Stéphane Dovert et Jacques Ivanoff, IRASEC, Les Indes savantes, 2011.


***** Jacques Ivanoff, Cf. Chapitre 3 : Qui est Thai/Thailandais ? in

Une modernisation sans développement, Construction ethnique et ethno régionalisme en Thaïlande, in  Thaïlande contemporaine, Sous la direction de Stéphane Dovert et Jacques Ivanoff, IRASEC, Les Indes Savantes, 2011

Et. Jacques Ivanoff,  Histoire des migrations et ethnicité à partir d’une réflexion en Asie du Sud-Est, Vers une anthropologie des frontières ?, 8/9 | 2010 : Des migrations aux circulations transnationales Dossier : Des migrations aux circulations transnationales.


(Notre article A129. Travailleurs illégaux ou « birmanisation » du sud de la Thaïlande ?

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a129-travailleurs-illegaux-ou-birmanisation-du-sud-de-la-thailande-120218930.html


birman.jpg 

 

Une étude de Jacques Ivanoff et de Maxime Boutry,  intitulée « La Monnaie des frontières, Migrations birmanes dans le Sud de la Thaïlande, réseaux et internationalisation des frontières », Carnet de l’IRASEC, Série observatoire 02, déc. 2009.

 

«  Nous aide à comprendre ce qui se joue au sud de la Thaïlande, dans cet espace particulier des frontières, à identifier les différents éléments des filières clandestines, les différents acteurs de cet espace régional, légaux et illégaux qui profitent du système, et qui assurent le développement du sud de la Thaïlande.  Cette étude, disent-ils, « s’intéresse à la vision de la frontière et à la structure des récits des gens trafiqués. Elle interroge les personnes impliquées, passeurs et passées, elle ne juge pas, mais essaie de définir la structure de la filière et des réseaux. Elle essaie donc de donner une idée concrète de la « marche » birmane vers le sud et de sa dynamique ; elle est en cela aussi historique ». (Cf.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a130-la-birmanisation-du-sud-de-la-thailande-est-elle-ineluctable-120323933.html) 

  

 

 Sans-titre-1.jpg

Partager cet article

Repost 0
Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans Culture : film - livres - article...
commenter cet article

commentaires