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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 00:02

5. Une nouvelle mission en 1895 pour l’enseigne de vaisseau Simon et la canonnière La Grandière : LuangPrabang, Tang Ho, et l’enjeu de la principauté shan de XiengKheng.

A173. Les pionniers du Mékong. De Vientiane à Luang Prabang et Tang Ho (1895).

Nous avions assisté dans l’épisode précédent, avec toujours l’aide du livre bien documenté « (D)es grands pionniers du Mékong. Une cinquantaine d’années d’aventures. (1884-1935) » de Luc Lacroze,  au triomphe des deux canonnières La Grandière et Le Massie, commandées par le lieutenant de vaisseau Simon ...

A173. Les pionniers du Mékong. De Vientiane à Luang Prabang et Tang Ho (1895).

..... et l’enseigne Le Vay qui arrivaient enfin ensemble à Vientiane le 10 décembre 1894 (Cf. Le rappel en note *)

A173. Les pionniers du Mékong. De Vientiane à Luang Prabang et Tang Ho (1895).

Ils avaient fait ce que personne n’avait fait avant eux,sous l’impulsion du nouveau sous-secrétaire d’Etat des Colonies Delcassé (ministre des Colonies en 1894-1895, et ministre des Affaires étrangères de 1898 à 1905), .....

A173. Les pionniers du Mékong. De Vientiane à Luang Prabang et Tang Ho (1895).

du gouverneur général Lanessan ......

A173. Les pionniers du Mékong. De Vientiane à Luang Prabang et Tang Ho (1895).

....... et de Rueff, l’administrateur-délégué de la puissante Compagnie des Messageries Fluviales de Cochinchine, qui voulait ouvrir le Mékong à la navigation. 

A173. Les pionniers du Mékong. De Vientiane à Luang Prabang et Tang Ho (1895).

Mais nous avons vu aussi que l’arrivée des deux canonnières sur le Mékong avait engagé un processus dans la rivalité franco-siamoise, qui avait obligé le roi Rama V, sous la menace de deux canonnières françaises pointées sur le palais royal, à signer le 3 octobre 1893, un traité qui forçait, entre autre,  le Gouvernement siamois à renoncer à toute prétention sur l’ensemble des territoires de la rive gauche du Mékong et sur les îles du fleuve, et donc à évacuer tous les postes siamois qui y étaient établis.

A173. Les pionniers du Mékong. De Vientiane à Luang Prabang et Tang Ho (1895).

On pouvait se demander après cet exploit à la fin de décembre 1894, ce que serait la mission suivante, en sachant que le  Mékong ne s’arrêtait pas à Vientiane, et que la rivalité franco-siamoise demeurait, ainsi que celle avec l’Empire britannique. Vers quelles aventures allions-nous voguer ?   

Simon devra patienter plus de 6 mois avant de se voir confier une nouvelle mission.

Lacroze nous dit que Simon -sur la foi des lettres et notes qu’il envoie- s’attachera pendant ce temps, à étudier l’utilisation du Mékong comme voie commerciale et le revisitera pas à pas avec ses affluents depuis Ban Mukdahan ....

A173. Les pionniers du Mékong. De Vientiane à Luang Prabang et Tang Ho (1895).

(en face de  Savannaket), en se renseignant sur les ressources et les productions existantes et en envisageant les exportations possibles, pour le jour où la navigation à vapeur serait installée. 

A173. Les pionniers du Mékong. De Vientiane à Luang Prabang et Tang Ho (1895).

Il s’inquiétera aussi d’un projet concurrent qui visait à trouver une nouvelle voie de pénétration du Laos en partant du port de Tourane(le futur Danang, situé entre Hanoï et Saïgon), qui éviterait les rapides cambodgiens et l’essentiel des Kemarat.

A173. Les pionniers du Mékong. De Vientiane à Luang Prabang et Tang Ho (1895).

Il écrira plusieurs lettres au Gouverneur général en janvier et février 1895 afin de critiquer ce projet et justifier l’option choisie du Mékong. Il avait raison de s’inquiéter nous dit Lacroze, car l’enseigne de vaisseau Mercié était déjà à cette époque en train de faire la reconnaissance de cette nouvelle voie, qui aurait privilégié de rejoindre Savannaket par le col d’Aï Lao (soit 330 km au lieu des 1125 km de Savannaket à la mer par le Mékong)

A173. Les pionniers du Mékong. De Vientiane à Luang Prabang et Tang Ho (1895).

Lacroze racontera cette folle équipée que l’enseigne de vaisseau Mercié fera à ses frais , avec l’aide du lieutenant Debay, après avoir obtenu un congé d’un an sans solde. On peut imaginer l’épopée, les difficultés, les efforts surhumains  qu’il fallut ne serait-ce par exemple que pour transporter le vapeur de La Fourmi de 10 m de long, sur une piste de 45 km pour monter le col et redescendre jusqu’à Lao Bao. Le vapeur y sera remonté pour se retourner au 65 ème rapide, le Se Mateh. Mercié avait échoué et avait failli mourir noyé. (pp.115-120)

A173. Les pionniers du Mékong. De Vientiane à Luang Prabang et Tang Ho (1895).

Simon, quant-à-lui, avait entrepris du 3 février à la fin février une reconnaissance en pirogue des 430 km qui séparent Vientiane de LuangPrabang. Il avait pu dénombrer 69 rapides. Mais il devait attendre la pleine saison des pluies avant d’accomplir un nouvel exploit avec le La Grandière. Mais en juillet, alors qu’il s’apprêtait à partir, de nouvelles instructions tombèrent. 

 

Les nouvelles instructions du 11 juillet 1895.

 

Les instructions du ministre des Affaires étrangères Gabriel Hanotaux, demandaient au  gouverneur général Rousseau « que la canonnière visitât  XiengKhong ....

A173. Les pionniers du Mékong. De Vientiane à Luang Prabang et Tang Ho (1895).

...et Xieng Sen, 

A173. Les pionniers du Mékong. De Vientiane à Luang Prabang et Tang Ho (1895).

et si possible Tang Ho » ; lequel gouverneur avait ajouté l’instruction de remonter la passe traversant le royaume de XiengKheng.

 

Le 11 septembre 1895, Camille Chautemps, ministre des Colonies, avait réagi pour lui rappeler qu’il avait outrepassé les ordres qui stipulaient que le La Grandière ne pouvait pas en aucun cas aller au-delà de Tang Ho, en raison de négociation en cours avec les Anglais.

 

Pour mesurer la difficulté de la mission et de sa compréhension, il est nécessaire auparavant de connaître l’enjeu du royaume shan de XiengKheng entre les Anglais et les Français et d’avoir à l’esprit tous les principaux rapides qu’il faut franchir en amont de Vientiane  avant de parvenir à Tang Ho.

 

Le contexte. L’enjeu du royaume de XiengKheng ? 

 

« La France se trouvait en effet à l’époque en rivalité avec l’Angleterre pour un petit territoire du haut Mékong, la principauté de XiengKheng, petite ville des Etats Shan passée sous la domination britannique après l’annexion en 1885 de la haute Birmanie ». La France avait une autre version des faits. « Par le traité de 1893, le Siam reconnaissait à la France la rive gauche du Mékong, mais ce traité ne pouvait s’appliquer à MuangSing, puisque, pour les Anglais, MuangSing relevait des Etats Shan. » Un protocole avait été signé pour établir le 25 novembre 1893 une zone neutre –un Etat tampon- » (Lacroze), mais voilà … après plusieurs péripéties, le 4 mai 1895 le lieutenant anglais Stirling occupait de nouveau MuangSing, avec 112 hommes.  

A173. Les pionniers du Mékong. De Vientiane à Luang Prabang et Tang Ho (1895).

La montée sur Tang Ho (19 août -25 octobre 1895). (Ch.15)

 

Le lieutenant de vaisseau Simon est conscient de l’importance de sa mission et a hâte de montrer la force de la France face aux Anglais, mais la montée des eaux est anormalement faible en ce mois d’août. Il décide néanmoins de quitter Vientiane le 19 août à bord de la canonnière La Grandière.

 

Il faut se rappeler qu’aucun vapeur n’a encore réalisé cet exploit. S’il a pu, vous vous en souvenez, reconnaître en pirogue les 430 km de Vientiane de LuangPrabang, c’est autre chose que d’affronter avec le La Grandière les 69 rapides qui commencent à 35 km après le village Kok Peung dont le sérieux Keng Song Ang, qu’il affronte le 24 août en connaissant sa première frayeur (le bateau se couche), puis le 25, le Keng Tian où l’eau manque ; après un mouillage, il affronte le lendemain le Keng Fa, aussi long que le Keng Tian et encore plus fort ; et où Simon a cru que l’aventure allait cesser, un joint de caoutchouc cédant et réduisant la vapeur. Heureusement le Keng Sao sera franchi aisément  avant Pak Lay. La moitié de la distance jusqu’à Lang Prabang avait été accomplie en 4 jours.

Le debit du Mekong a Paklay ....

Le debit du Mekong a Paklay ....

 

Dans la nuit du 27 il avait plu, et il fut assez aisé de rejoindre le village de PakNeun en deux jours, les 28 et le 29, avant d’affronter le 30 le fameux Keng Luong, avec ses énormes rochers qui bloquent le fleuve, ses violents courants, ses pentes, et de poursuivre sur une vingtaine de km avec 11 rapides encore à franchir avant la nuit. Le lendemain, il faudra encore se confronter aux contre-courants, aux remous, franchir KengKaniok, Keng Luong Nan, voir souvent la canonnière sans défense. Simon avouera que la journée avait été rude et  « qu’il (était) à bout de force, moralement et physiquement. »  Il trouvera néanmoins un peu d’énergie  pour aller reconnaître en pirogue le dernier rapide difficile (le KengKoum) avant LuangPrabang, qu’il franchira le lendemain.

 

« Le 1er septembre 1895, le premier bateau à vapeur, la canonnière La Grandière, a donc atteint LuangPrabang. »

Le ministre des colonies Camille Chautemps félicitait Simon le 11 septembre, mais lui rappelait qu’il ne devait en aucun cas pénétrer dans le royaume de XiengKheng. Simon empressé, repart avec le La Grandière fin septembre, mais il doit vite renoncer et revenir à LuangPrabang, pour repartir  le 11 octobre et atteindre  Xieng Kong en 6 jours. Il va  poursuivre sa remontée pour atteindre Tang Ho le 25 octobre 1895. Il ne semble pas avoir eu de difficultés particulières. En tous cas, Lacroze n’en dit mot.

 

Simon aurait bien voulu aller au-delà, malgré les ordres du ministre, mais il constate très vite qu’après Tang Ho, le Mékong n’est plus un fleuve, mais « un torrent qui tombe en cascades sur un parcours de huit à dix kilomètres ». Il doit renoncer et rester à Tang Ho.

 

Lacroze se demande alors, quelle influence la présence de la canonnière à Tang Ho a pu avoir, sur  la  convention Salisbury- de Courcelle du 15 janvier 1896, par laquelle les Anglais reconnaissaient l’influence de la France sur la région de de Muong Sing et le Mékong comme frontière entre les Etats Shan et l’Indochine. 

 

Simon, après ces 3 années passées en Indochine demandera et obtiendra son congé en France. Il s’embarquera pour Marseille le 22 mars 1896. Il obtiendra également sa mise à la disposition du département des colonies jusqu’au 31 octobre, afin « qu’il puisse achever la mise au point des cartes et des résultats de ses travaux techniques. »  Il sollicitera  « sa mise en congé sans solde à compter du 20 août pour servir à la Compagnie des Messageries Fluviales de Cochinchine. » 

Une nouvelle carrière commencera pour Simon qui  prendra ses fonctions en septembre 1896, « pour organiser le service de la navigation commerciale en amont de Khône, avant de remplacer Blanchet dans les fonctions de directeur de l’exploitation ».

 

(Il sera rayé du service actif le 1er octobre 1907, à 43 ans. Il reprendra du service pendant la guerre de 1914-1918 et sera promu capitaine de corvette en 1917. Note de bas de page 132)

 

Alors que la canonnière le Massie poursuivra une mission jugée inutile par les autorités entre Savannaket et Vientiane, et sera désarmée et cédée à la Compagnie des Messageries le 1er novembre 1897, pour devenir « une chaloupe ordinaire, transportant poste, voyageurs et marchandises », le La Grandière n’avait pas fini ses exploits, mais cette fois avec le jeune enseigne de vaisseau Mazeran qui prendra ses fonctions en avril 1896.

Ce sera notre prochain et dernier épisode.

 

 

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* (Le Massie y était déjà dès le 25 août).  Le Massie  et le Lagrandière étaient parties de France le 15 juin 1893 démontées sur un vapeur anglais, remontées à l’arsenal, mises à l’eau le 9 août, et quittèrent Saïgon le 23 août. Le Massie était parvenu aux pieds des chutes de Khône le 10 septembre 1893, et La Grandière le16, remorqué par une chaloupe. Il avait fallu un an au Massie et plus de15 mois au La Grandière pour franchir tous les rapides du Mékong jusqu’à Vientiane, et spécialement les chutes de Khône, les 85 km de Kemarat avec leurs 21 rapides, (dont les  fameux : Ya Peut, Kaac, Kalakaî et Kamieu), et ensuite sur près de 50 km les sérieux KengNouang et Keng Sa.

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