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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 23:04

Gonzesses 6

 Tout le monde a une opinion sur la prostitution de Thaïlande, du touriste de passage aux résidents étrangers censés en savoir plus, mais peu sont capables de l’analyser.

Il m’a paru intéressant  d’apprendre ce qu’ « un ethnologue », Bernard Formoso, avouant 6 ans « de données collectées entre 1984 et 2000 à Bangkok et dans le Nord-Est. Quoique les trois ans que j’ai passés sur place au fil de différents séjours ethnographiques fussent consacrés à d’autres thèmes, la prostitution s’affiche tellement sur place qu’elle m’interpellait comme étudiant de la société thaïlandaise, soucieux d’interpréter le sens des normes et formes de déviances qu’elle produit ». Une expérience de terrain  qui de plus s’appuyait sur une solide connaissance des autres études sur le sujet (Cf. en note). (in, Anthropologie et Sociétés, vol. 25, n° 2, 2001, p. 55-70. Corps étrangers : tourisme et prostitution en Thaïlande

http://www.erudit.org/apropos/utilisation.html)

 

Les données sont une chose, l’interprétation une  autre, d’autant plus que Formoso annonçait dans son introduction les points de vue divergents des Thaïs eux-mêmes, selon qu’ils sont  les intellectuels issus de l’aristocratie, ceux de la classe moyenne citadine (dont Carabao [chanteur très populaire] reflète l’opinion) et la paysannerie.

 

Malheureusement, les résultats sont assez inégaux, même si le sujet est traité sérieusement en insistant sur les multiples et divergentes représentations  et un faisceau de causes historiques, économiques, sociologiques, et culturelles. Curieusement on ne voit  aucune étude de terrain et   les évaluations chiffrées demeurent anciennes. La prostitution dite « forcée »  ne  montre pas assez les liens et les pratiques des gangs maffieux

 

Toutefois, si l’industrie du sexe, pourtant si essentielle n’est pas traitée, il nous invite à ne pas oublier les causes internes, locales, pour comprendre le « succès » de cette prostitution thaïlandaise. Le rappel et l’explicitation de la thèse  de Foucault, ainsi que la »tradition » de la mia noï apportent toutefois des éléments très intéressants dans la compréhension de cette pesante « réalité ».

 

Revenons sur les éléments traités :

 

Dans le chapitre Un État proxénète ?

 

1/On signale la classique progression du tourisme, avec malheureusement des chiffres de 1998 (On est ainsi passé de 630 000 visiteurs par an en 1970 à 7,8 millions en 1998. À cette date 57,9% des touristes étaient asiatiques, 26,8% étaient européens, 6,8% nord-américains et 1,8% provenaient du Moyen-Orient (Tourism Authority of Thailand 1999), et de 1995 pour l’économie, ce secteur générait 7,1 milliards de dollars américains de recettes, il était la première source de devises étrangères et comptait pour 13% du PIB.)

 

 On peut se demander avec  le doublement du nombre de touristes (15 millions en 2010), quel est le nouveau pourcentage du PIB de ce secteur.

gonzesses 9

 

2/Ensuite,  à juste titre, l’auteur évoque le sex ratio qu’il évalue à 2/3 des touristes ( !), sans nous révéler la méthode de calcul. Ce chiffre nous parait excessif et surtout ne rend pas compte de l’évolution des pratiques touristiques (plus de couples observés à Phuket par ex., ces dernières années)  Or,  cet indicateur avec le chiffre économique ( % par rapport au PIB) sont d’une importance majeure pour mesurer l’ampleur de cette industrie, et justifier ainsi l’accusation d’ « Etat proxénète » ( certains intellectuels thaïlandais, comme Ing (1990 ), [ont ] accusé l’État de proxénétisme)

 

3/ Ensuite sur l’évaluation du nombre de prostituées,  on reste comme dans beaucoup d’articles « d’ experts », sur des évaluations si disparates , qui autorise chaque pékin à donner aussi son chiffre. On va ici allégrement  d’une hypothèse basse de 300 000 prostituées à une hypothèse haute  de 2 millions !

 

Toutefois , il est bien de donner la tranche d’àge qui amplifie le phénomème (Notons plutôt la tranche d’âge entre 10 et 13 % des filles de 14 à 29 ans ce qui est  considérable si on prend en compte le turn over important ) (Surtout si l’on considère que ces jeunes ne pratiquent l’activité qu’en moyenne 18 mois à 2 ans, que le « roulement » est important et qu’à l’échelle d’une génération c’est un pourcentage bien plus grand de garçons et de filles qui sont amenés à khai tua heng, à « vendre leur corps »…auxquelles s’ajouteraient de 25 à 30 000 filles de moins de 15 ans et de 30 à 50 000 garçons ou jeunes hommes qui satisfont la clientèle pédophile ou homosexuelle.)

 

Formoso par contre -contrairement à beaucoup-  n’oublie pas de signaler les prostituées exerçant à l’étranger (En contrepartie, les prostituées thaïlandaises sont nombreuses à exercer dans les pays riches. Ainsi, en 1996, elles comptaient pour 60 % des employées de l’industrie du sexe japonaise (Bello 1998 ).

 

Il est dommageable que pour toutes ces données ; on en reste encore à des chiffres de 1998  voire des  années 80.

 

4/ Ensuite on rappelle dans le chapitre  « Les migrants du sexe » :  le profil des Thaïlandais qui se prostituent : Les enfants mis à part, il s’agit de personnes jeunes, âgées de 18 à 24 ans, qui proviennent surtout des zones rurales où vit encore 70% de la population. Leur niveau d’instruction est faible, même si dans les années 1990 un nombre croissant de jeunes citadines, étudiantes ou employées du tertiaire, se sont prostituées en free lance, pour étancher leur soif consumériste et répondre au déclin des bordels et salons de massage que stigmatisaient les campagnes contre le sida (Phongpaichit 1998). Le Nord, dont les filles sont réputées les plus jolies, fournit le principal contingent de migrantes du sexe (plus de 70%), loin devant le Nord-Est, région la plus déshéritée.

 

Là une surprise : 70 % des prostituées proviendraient du Nord alors que je croyais qu’elles venaient aussi du Nord-Est ?

 

Les motivations ?

 

On nous redit le schéma causal classique «  économique » :   familles pauvres, excès de main d’œuvre (et donc pas d’emploi sur place),  expérience conjugale malheureuse, enfants à charge… pour aboutir curieusement à la  distinction entre ce qu’on appelle « la prostitution forcée » et   les «mercenaires du sexe » (selon l’expression de Cohen 1986 ), qui « entrent volontairement dans les filières de la prostitution, attirés par des revenus relativement importants et par des conditions de travail souvent moins dures que dans l’industrie ou la construction.  (…) et « [entretenant] avec leurs employeurs des rapports contractuels plutôt lâches. »

 

 

Il est désolant de réduire- dans le cadre d’une « étude qui se veut sérieuse- l’analyse à seulement 2 catégories de prostituées : les esclaves et les mercenaires du sexe. Si les  deux existent, il en existe aussi bien d’autres. (Cf. notre article à paraître sur les femmes tarifées d’Isan). Chacun sait qu’il y a beaucoup à dire sur la soi-disante  « liberté »   supposée des filles du Nord et du Nord-Est exerçant la prostitution.

 

On reste sur notre faim sur l’évocation de « la prostitution forcée » et on émet des  forts doutes aussi sur la thèse de la  filiation directe qu’il y aurait entre la pratique de l’esclavage pour dette du XIX ième siècle  et la « vente » de leur fille que pratiqueraient les paysans, sans faire aucune référence aux pratiques et organisations maffieuses.

 

L’argument d’autorité qui met en avant les chercheurs thaïs ne suffit pas :   « Les études des chercheurs thaïlandais révèlent que les cas de prostitution forcée, à la suite d’une « vente » ou une mise en gage, touchent moins de deux filles sur dix. Ces cas prolongent l’esclavage pour dette qui, au 19e siècle, avait pris le pas sur les razzias comme procédé de mise en servitude(Turton,1998 ).

On peut s’insurger contre les parents pour qui cette « vente » est une transaction normale. À vrai dire cette « normalité » s’inscrit dans une longue tradition contre laquelle le roi Chulalongkorn (1868-1910) avait tenté de lutter en abolissant l’esclavage, mais qui a perduré dans les bastions de pauvreté. »

 

Certes, il est vrai que le Siam a été une société esclavagiste (sujet traité dans « Les relations franco-thaïes ») jusqu’en 1905, officiellement. On a pu même  compter jusqu’à 1/3 d’esclaves composant la population. Chaque homme  avait la « liberté » de se vendre pour éponger ses  dettes  (surtout de jeu !) ou de vendre une de  ses filles.

Mais, il faudrait pour le moins démontrer que cette pratique courante et « normale » au XIX ème siècle soit la même que celle pratiquée par les maffieux aujourd’hui. Pire, ne pas connaître les méthodes maffieuses décribilisent quelque peu les dires des  dits chercheurs.

 

De plus, il est regrettable que Formoso promettant des études de terrain, n’ait pas pu décrire la triste réalité de ces bordels de ville et de campagne où les « filles » sont retenues prisonnières, et subissent les traitements les plus inhumains.

 

( Cf. Le Petit Journal du vendredi 29 avril 2011." Les autorités ont fait une descente mercredi dans deux bordels du district Khlong Rang de Prachin Buri (Est) et secouru plus de 30 Laotiennes âgées entre 13 et 17 ans, rapportait la presse thaïlandaise. Ces filles travaillaient dans deux karaokés-restaurants, situés à environ 500 mètres d'un poste de police".  http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html)

 

 

 

5/ Ensuite on revient sur les clients en distinguant les facteurs externes et internes.

 

Pour l’externe, on rappelle les deux grandes migrations (l’immigration de millions de coolies chinois (fin 19 ème jusqu’en 1947), et les G’Is américains pendant la guerre du Vietnam de 1964 à 1975. Il oublie les centaines de milliers de Japonais et les milliers bordels de campagne pendant la 2 ème guerre mondiale.

 

Pour les autres facteurs, on met en avant le boom industriel des années 1985-1996, avec  le besoin de main d’oeuvre féminine,  la pratique courante du  concubinage et de la mia noi et le rôle que pourrait jouer le bouddhisme.

 

Si ces deux « migrations » ont effectivement jouer un rôle fondamental  dans le marché de la prostitution, il aurait fallu distinguer et analyser le nombre (des millions pour les Chinois, 50 000 pour le soldats US) et leur nature différente impliquant donc des formes de prostitution différentes.

 

De plus si tous les éléments cités jouent ou ont joué un rôle, il manque l’évaluation de leur importance dans le processus. De plus la raison invoquée à propos du boom industriel et de son besoin de main- d’œuvre bien que réelle est très insuffisante : « La possibilité ainsi offerte à de nombreux jeunes de se soustraire un temps au contrôle social de leur communauté est un autre facteur à considérer pour comprendre l’essor de la prostitution ».

 

Le phénomème d’urbanisation et de migration vers les villes est un phénomène « universel » qui n’a pas forcément entraîné partout un boum dans la prostitution, même si cela a joué un rôle bien sûr.

 

Par contre, la prise en compte du phénomène du concubinage et de la mia noi et du bouddhisme est original et est peu souvent analysé pour expliquer la croissance de la prostitution.

 

« Pour être un référent essentiel, l’idéologie bouddhique ne peut à elle seule

expliquer la condition des femmes thaïes et le recours d’une partie d’entre elles à la prostitution », nuance à juste titre Formoso.

 

La pratique très répandue des relations extra-conjugales de la part des

hommes thaïlandais et l’usage répandu de la mia noï,  surtout parmi les élites, contribuent fortement à la mercantilisation des femmes, et à la banalisation des bordels, karaoké, massages et autres lieux de prostitution. 

 

« Le concubinage et la mia noi

À l’époque prémoderne, l’étiquette voulait que les nobles entretiennent un nombre de concubines et, au-delà, de dépendants correspondant à leur rang. Le concubinage était l’une des facettes du système suivant lequel tout phrai, ou « homme libre » et, à la suite, sa femme et ses enfants devaient se placer au service d’un nai (« patron »). Or, si la polygamie

a officiellement été abrogée sous Rama VI (1910-1924), les setthi (« richards ») ont

pris le relais des aristocrates pour la maintenir vivace à travers l’institution de la

mia noi (« petite épouse »). La norme veut ainsi qu’un homme fortuné fasse profiter

plusieurs femmes de ses largesses, les unes et les autres ne partageant pas le

même toit — les apparences de la monogamie sont préservées. L’épouse officielle,

la mia yai (« grande épouse ») est rarement dupe, mais la pratique est si ancrée

dans les moeurs qu’elle ferme le plus souvent les yeux. Les hommes publics

donnent le ton, à l’image de Sarit Thannarat, premier ministre de 1958 à 1963, qui

entretenait une cinquantaine de mia noi. »

 

Ensuite Formoso nous propose une hypothèse originale : c’est peut être cet « esprit de mianoï » qui est apprécié par les touristes farang.

 

« Les attentes des filles qui ont charmé le touriste étranger au point de lui servir

de compagne durant son séjour sont cohérentes avec ces conceptions. À défaut

de devenir mia yai et de s’expatrier, elles maintiennent volontiers avec leurs éphémères

petits amis farang des relations épistolaires qui, remarque Cohen (1986), mêlent en un tout complexe attachements sentimentaux et intérêts pécuniaires.

Bref, elles se campent en position de mia noi qui, en retour des marques de générosité épisodiques de leur amant, sont prêtes à lui servir encore de compagne lors d’une autre visite. »

 

 

6/ Regards croisés  et les préjugés.

 

Formoso nous montre bien que les avis et préjugés dépendent de la position occupée dans l’ échelle sociale ,  de l’origine « ethnique » (Thaï, Thaï-siamois, Chinois…) , et régionale et du sexe (homme/ femme). Autant  dire que les opinions sont multiples, divergentes, voire opposées :

 

Ainsi, selon le point de vue adopté, les filles qui se prostituent sont stigmatisées

ou dotées d’attributs positifs. Diabolisées par les maîtresses de maison chinoises

ou de la bonne société thaïe, certaines expressions pour les qualifier sont

éloquentes : fan po kui (« fantômes barbares et étrangères » en teochiu) ou phuak

narok (« créatures infernales » en thaï), elles jouissent évidemment d’une

meilleure image auprès des hommes auxquels elles offrent l’occasion de plian rot

chat (« de changer de saveur »).

  gonzesses 7

Le cas particulier du mari farang

 

Formoso nous présente la thèse  de Foucault (1976) utile pour interpréter les opinions

divergentes des nationalistes thaïlandais et des couches populaires à l’endroit du

Farang et de sa sexualité :

 

« tandis que les milieux nationalistes conçoivent ce rapport comme une manifestation de l’impérialisme farang et déplorent ses effets sur le mode de la dilution du corps social thaï, la frange la plus défavorisée de la société thaïlandaise voit dans le « bon époux farang » le moyen de contourner la soif de domination des élites urbaines nationales et donc une chance de promotion sociale. En la matière, le salut provient des « corps étrangers », extérieurs à un ordre hiérarchique multiséculaire qui en soi n’offre guère aux démunis

de possibilités d’amélioration de leur destin ».

 

Il nous donne un exemple basé sur son expérience :

 

Dans le Nord-Est où j’ai travaillé, de nombreuses familles thaïes ou sino-thaïes faisaient ainsi parfois mention d’un ou plusieurs gendres étrangers. Lorsque je demandais des précisions sur les circonstances de la rencontre, les réponses restaient allusives : la fille en question était descendue à Bangkok pour « se promener » ou travailler.

Comment deux personnes ne parlant pas la même langue avaient pu échanger

assez d’idées et d’émotions pour vouloir vivre ensemble ? On n’en disait rien,

cultivant ainsi l’illusion d’un effet magique lié au cosmopolitisme bangkokien.

Magie positive, car le mari farang était généralement présenté comme quelqu’un

de « bien » (khon di), de généreux (mi namchai) et de plus fidèle que la moyenne

des maris du cru, bien que falot, car maîtrisant rarement la langue et les usages

thaïs.

 

La paysannerie de l’Isan donc, si elle préfère jeter un voile, un non-dit,  sur les lieux et les circonstances de la rencontre voit d’un bon œil « ‘l’homme de cœur » qui « n’hésite pas à prendre comme épouse principale une pauvre fille de la campagne. ». Elle le voit aussi comme une réelle promotion sociale, « l’occasion de subvertir un ordre hiérarchique très pesant qui surdétermine les effets d’une origine modeste »

 

 

 

Formoso peut conclure en insistant sur les représentations multiples et discordantes que suscite le tourisme sexuel au sein de la  société thaïlandaise et les  nombreuses causes  , internes et externes , sur fond d’antagonisme larvé entre les élites urbaines et la frange rurale, pauvre. Il nous met en garde contre toute « appréhension simpliste » qui ne verrait la cause  de la prostitution massive que dans la seule demande touristique et qui oublierait la demande locale  appuyée par une longue tradition de polygamie et de mercantilisation des femmes.

 

  Gonzesses 3

__________________________________________________________________________

Livres cités par Formoso :

Il fallut attendre les années 1980 et l’essor aux États-Unis des gender studies

pour qu’émergent diverses études consacrées soit à la condition des prostituées

(Khin 1980; Truong 1990; Odzer 1994; Seabrook 1996; Bishop et Robinson 1998),

soit à la teneur de leurs rapports avec les touristes (Cohen 1982, 1986, 1987;

O’Merry 1990; Walker et Ehrlich 1992), soit encore à la sexualité et aux relations

de genre (Manderson 1997; Hamilton 1997; Jackson et Cook 1999). Quant à

l’économie politique et aux aspects sociologiques de la prostitution, leur analyse

revint pour l’essentiel à des chercheurs thaïlandais en sciences sociales, comme

Phongpaichit (1982, 1998), Kietthubthew et Satthaporn (1987), Santasombat (1992)

ou Boonchalaksi et Guest (1994). 


Références données par Formoso :

Bao J., 1999, « Reconfiguring Chineseness in Thailand : Articulating Ethnicity along Sex/

Gender and Class Lines » : 63-77, in P. Jackson et N. Cook (dir.), Genders and

Sexualities in Modern Thailand. Chiangmai, Silkworm Books.

Barmé S., 1999, « Proto-Feminist Discourses in Early Twentieth Century Siam » : 134-153,

in P. Jackson et N. Cook (dir.), Genders and Sexualities in Modern Thailand. Chiangmai,

Silkworm Books.

Bello W. (dir.), 1998, A Siamese Tragedy, Development and Disintegration in Modern

Thailand. New York, Zed Books.

Bishop R. et L. S. Robinson, 1998, Night Market : Sexual Cultures and the Thai Economic

Miracle. New York et Londres, Routledge. , 1999, « Genealogies of Exotic Desire : The Thai Night Market in the Western Imagination » : 191-205, in P. Jackson et N. Cook (dir.), Genders and Sexualities in Modern Thailand. Chiangmai, Silkworm Books.

Boonchalaksi W. et P. Guest, 1994, Prostitution in Thailand. Bangkok, Institute for

Population and Social Research, Mahidol University.

Cohen E., 1982, « Thai Girls and Farang Men : The Edge of Ambiguities », Annals of

Tourism Research, 9 : 403-428., 1986, « Lovelorn Farangs : The Correspondence between Foreign Men and Thai Girls », Anthropological Quaterly, 59, 3 : 115-127.

———— , 1987, « Sensuality and Venality in Bangkok : The Dynamics of Cross-Cultural

Mapping of Prostitution », Deviant Behavior, 8 : 223-234.

Formoso B., 1987, « Du corps humain à l’espace humanisé, système de référence et représentation de l’espace dans deux villages du nord-est thaïlandais », Études Rurales 107-

108 : 137-170.

———— , 2000, Thaïlande, Bouddhisme renonçant, capitalisme triomphant. Paris, La

Documentation Française, « Asie Plurielle ».

Foucault M., 1976, L’histoire de la sexualité. Vol. 1. Paris, Gallimard.

Hamilton A., 1997, « Primal Dreams : Masculinism, Sin, and Salvation in Thailand’s Sex

Trade » : 145-165, in L. Manderson et M. Jolly (dir.), Sites of Desires, Economics of

Pleasure, Sexualities in Asia and the Pacific. Chicago, University of Chicago Press.

Harrison R., 1999, « The Madonna and the Whore : Self/“Other” Tensions in the

Characterization of the Prostitute by Thai Female Authors » : 168-190, in P. Jackson

et N. Cook (dir.), Genders and Sexualities in Modern Thailand. Chiangmai, Silkworm

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Jeff de Pangkhan 20/05/2011 10:01



Très bien documenté,beaucoup de chiffres,et même si cela doit être difficile de faire parler les  gens,je reste persuadué que l'interview ou l'experience personne aurait pu illustrer cet
article...Ce serait devenu croustillant!Bonne continuation!Amitiés


Jeff de Pangkhan