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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 23:03

Sans titre-2Peu savent quand l’Isan s’est appelé Isan et Makkhèng est devenue la capitale historique de l’Isan.

Le roi Rama VI qui ne s’occupait pas seulement de traduire Shakespeare et Agatha Christie en thaï, s’était engagé auparavant à bon escient, quoi que tardivement, après de très officielles déclarations de neutralité, aux côtés des alliés dans la grande guerre de 14-18. Le Siam est du côté des vainqueurs. Il n’a pas payé un lourd tribut, 19 morts, et en contrepartie a gagné  la récupération des avoirs allemands au Siam (qui étaient énormes) et la considération des puissances coloniales alliées.

Mais il reste peut-être encore à cette époque les souvenirs mal éteints d’événements vieux de trente ans qui avaient placé sous la protection de la France la rive gauche du grand fleuve. Les deux pays s’y touchent et les peuples s’y mêlent. Alors que la frontière avec le Cambodge est une zone de forêts désertes où races et langues sont différentes, la frontière du Mékong unit communauté de races et de langage.

Laos "français d'un côté ? oui. Laos "siamois" d'un autre , non !


C’est pourquoi, au début de l’année 1923, le Siam crée aux portes du Laos français une vice-royauté qui englobe, en en fusionnant les frontières, les provinces du « Laos siamois », alors Makkheng, Roiét et Ubon. Ce ne sera pas la vice- royauté du « Laos siamois », mais le « phak Isan ». Il existait déjà dans le langage commun mais pas dans le langage administratif. Le vocable n’est pas susceptible de froisser la susceptibilité des Français. La capitale ne pouvait en être Nongkhai, la rive droite du Mékong devant rester démilitarisée sur 25 kilomètres, (traité du 3 octobre 1893) mais Makkhèng. La ville ou plutôt le village située à un peu plus de 50 kilomètres au sud de la frontière, déjà capitale de la province puis création artificielle qui devient Udonthani, est destinée à fonder une capitale en dehors de notre zone d’influence et hors zone démilitarisée.

 

Jules Bosc, résident supérieur au Laos appliquait avec persévérance une politique d’entente cordiale avec le voisin siamois et il en était de même du côté siamois.

Prince PrachakLe Prince Devavongse, proche cousin du Roi, ministre des affaires étrangères pendant plus de trente ans était ouvertement francophile.

Elle est alors en construction, nous dit Jules Bosc, qui y est reçu en grandes pompes en 1924, « pauvre, sans ressources ni attraits, quelques villages groupant 4.000 habitants entourant l’emplacement du chef-lieu ». Ne cherchez pas หมากแข้ง Makkhèng sur la carte, qui est devenu Udonthani, capitale historique de l’Isan ! Le nom d’Udonthani อุดรธานี «  la grande cité du nord » sonne peut-être mieux pour une capitale que celui de Makkhèng (sauf erreur de ma part le « palmier à bétel »). Makkhèng est aujourd’hui un petit tambon – un quartier - de l’amphoe « Muang Undonthani » qui recouvre le territoire de la ville. Le nom d’Udonthani remplace à cette époque celui du palmier. Il ne restait plus qu’à « thaïfier » le Laos siamois qui est désormais l’Isan.

Calque 1Rappelons qu’il existait, à la fin du XIXème, quatre régions au Siam qui avaient pour nom le Siam (en gros le centre et le nord), le Laos siamois (compris Chiangmaï), le Cambodge siamois et le Malacca siamois), trois vocables susceptibles d’irriter la susceptibilité des Français, des Anglais et des sultans malais !

L’opinion communément diffusée chez les Thaïs est que le choix du mot Isan résulte tout simplement du fait qu’il est plus facile à prononcer que « province du côté du soleil levant » même si celui de « province du côté du soleil couchant » ne les perturbe pas ! Ainsi écrit-on l’histoire.

 

Notez – au passage -  que la France d’alors, soucieuse plus qu’aujourd’hui de sa représentation à l’étranger partout dans le monde, entretenait depuis 1895,  indépendamment du Consulat de Bangkok, un consulat honoraire à Nan, un à Chiangmai, un à Makkhèng (qui accueillit donc Bosc), un à Khorat et un dernier à Ubon. Plus que les Etats-Unis et que la Grande Bretagne, qui dominent alors encore la moitié du monde ! Le vice-consul de Khorat fut un temps Durousseau de Coulgeans, membre éminent  de la mission Pavie. 

Sans titre-1

Le consul d’Ubon a aussi laissé un nom dans l’histoire, Raymond Vergès, député communiste jusqu’en 1955, un nom, mais aussi de son épouse indochinoise, des jumeaux, fils de l’Isan, tous deux nés à Ubon en 1925, Jacques, l’atypique et sulfureux avocat et Paul le politicien réunionnais.

Vergès bébé-copie-1

Mais l’explication de cette pléthore de consuls français a une explication autre que celle de notre prestige, alors que les français proprement dits n’étaient que quelques centaines (environ 200 en 1900 - exactement 240 en 1912 dont 146 hommes, 63 femmes et 31 gamins mais 15.000 protégés). Le traité de 1893 créa à la France une énorme clientèle de « protégés », les milliers d’indigènes originaires des pays présentement soumis à notre souveraineté, Laos, Indochine et Cambodge et conduits à différentes époques de gré ou de force, au Siam par les Siamois ! Anciens prisonniers de guerre ou esclaves, ils sont devenus les protégés de la France. Les privilèges exorbitants accordés à nos nationaux (privilège de juridiction en particulier, c'est à dire ne pas être jugés par les tribunaux siamois dans quelque matière que ce soit) s’étendaient aussi à nos protégés.

Le traité franco-siamois de février 1925 mit fin à cette situation, on considéra alors que le Siam « avait bien mérité la restauration de sa souveraineté juridictionnelle ». Tout laisse donc à penser que les fonctions de ces consuls honoraires au moins jusqu’en 1925, étaient loin d’être honorifiques !

 

Et l’Isan devenait officiellement l’Isan pour tous.

 

 

Références

Revue générale de droit international public 1926.

Eveil économique de l’Indochine du 23 novembre 1924.

Conseil du gouvernement de l’Indochine, rapport au gouvernement 1923.

Almanach de Gotha, partie "représentation diplomatique" 1910

Directory for Bangkok and Siam 1914

Annaire général de l'Indo-Chine française 1908

 

 

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Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans Isan
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commentaires

Jeff de Pangkhan 17/06/2011 01:44



Toujours très intéressant...A chaque lecture on a l'impression de finir moins...con quoi(il faudrait que je demande à mon entourage)!Merci.


Jeff