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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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2 octobre 2011 7 02 /10 /octobre /2011 23:02

china thailand 270Les Chinois de Thaïlande ? Beaucoup croyait les Chinois de Thaïlande intégrés. La lecture récente d’un excellent article-comme toujours- de  Jean Baffie,  La « resinisation » des Chinois de Thaïlande révèle  Le mythe de la thaïsation des Chinois de Thaïlande.

 

 Notre article 9 sur le nationalisme

(http://www.alainbernardenthailande.com/article-article-9-vous-avez-dit-nationalisme-thai-66849137.html) rappelle que « Rama V (1868-1910) a engagé le processus d’unification de la nation thaïlandaise et, en parallèle, la modernisation du royaume sur le modèle occidental. Ce nationalisme thaï s’articule d’une part autour de la notion sinon de « race » du moins d’appartenance ethnique et, d’autre part, sur la fidélité et la soumission au Roi. (…) Cette politique fut intensifiée par son successeur le roi Rama VI (1910-1925) lui-même éduqué en Angleterre et conscient sinon imprégné des mouvances nationalistes européennes et japonaise. Il donna au nationalisme thaïlandais une dimension culturelle et mis en avant le principe de « Thaï-ness » : modèle culturel issu des caractéristiques communes aux ethnies thaïes censées constituer le nationalisme. Les trois piliers du nationalisme thaï deviennent donc : le roi, la nation et la religion. […] « En 1938, le premier ministre et commandant des forces armées,  Phibun va donner une nouvelle couleur au nationalisme thaï. Le régime adopta surtout une politique nationaliste en matière économique, en menant une politique de quotas visant à réduire la place des produits chinois en Thaïlande et à favoriser les produits locaux. Dans un discours de 1938, Luang Wichitwathakan (ministre de la propagande) compara même les Chinois du Siam aux Juifs d'Allemagne.


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Fiola précise : «  On interdit 27 métiers aux étrangers.  Les journaux mandarins sont interdits.  On ferme les écoles chinoises.  On réduit l’immigration : de 10 000 autorisations d’entrée en 1947, on passe à 200 en 1949. » Bref, cette politique « nationaliste » et xénophobe poussa les Chinois à adopter la nationalité et un patronyme thaïlandais, et incita leurs riches entrepreneurs et « commerçants » à se protéger en  faisant entrer des militaires et des chefs de police dans leurs conseils d’administration. On parla alors de sino-thaïs et on eut le sentiment de leur intégration. On pouvait même dire sans aucune réaction que le 1er ministre Thaksin était un sino-thaï.  Ils représentaient quand même 80 % des capitaux pour seulement 10 % de la population.


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Quelle ne fut pas ma surprise d’apprendre en lisant l’article de Jean Baffie qu’en  fait « des éléments assez nombreux semblaient contredire la thèse officielle sur leur assimilation voire acculturation ». Mieux il constatait que « la communauté chinoise est fière de son héritage, florissante et la plus dynamique de la région » et de « démythifier » » le mythe de la thaïsation des Chinois de Thaïlande  ».


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A ce stade vous pouvez aller directement à l’article de Jean Baffie : http://www.reseau-asie.com/ et/ou en lire ci-dessous les principaux éléments de sa démonstration.

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Il y rappelle entre autre :

-                     Le premier, W. Skinner a en effet suggéré en 1957 dans un ouvrage tenu pour fondamental que les Chinois de Thaïlande étaient en passe de disparaître en tant que culture propre.

 

-                     Le Siam connut parfois une politique anti-chinoise, rarement virulente, mais qui a servi de repoussoir, de référence. Le roi Rama IV (1910-1925) sous le pseudonyme de อัศวพาหุ (Atsawaphahu) dénonça les Chinois du Siam dans un pamphlet intitulé พวก ยิว แห่ง บูรพทิศ « les Juifs de l’Orient ».(Encore édité)

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-                     Ensuite, sous les gouvernements de Phibul Songkhram (16/12/1938-1/8/1944, 8/5/1948-16/9/1957) des mesures drastiques furent appliquées pour limiter l’immigration chinoise, réduire le nombre d’écoles et de journaux chinois, réserver des professions à des nationaux, etc.

 

-                     Des soubresauts eurent encore lieu après 1957. Ainsi, en 1971, l’une des raisons avancées pour un coup d’Etat était la présence dans le pays de 3 millions de Chinois dont on ignorait les préférences idéologiques, mais qui pourraient poser des problèmes de sécurité intérieure au moment où la Chine entrait aux Nations Unies.

 

-                     Ensuite, aux législatives de 1979, les candidats et les électeurs de parents chinois durent subir des mesures vexatoires. Beaucoup renoncèrent. Enfin, 18 ans plus tard, en septembre 1997, le premier ministre, le général Chavalit Yongchaiyudt, voulut rendre responsables de la crise économique les hommes d’affaires chinois du pays, désignés par le terme dérogatoire – et assez sibyllin – de มัน man.

.

Dans les années 1980 la tendance dominante était à la dénégation. Comme l’on pouvait nier l’existence de prostitution en Thaïlande, puisqu’elle était illégale depuis 1960, il n’existait pas – ou plus – de « problème chinois » puisqu’ils étaient en majorité devenus thaïs.


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Ensuite, Baffie  va montrer dans la littérature, la rue, les médias (la presse, la télévision), l’école, le quartier chinois de Yaowarat, les commémoration et non sans ironie, le retour des triades chinoises dans le crime organisé, comment la situation a changé et les Chinois plus présents que jamais. Et ils le seront d’autant plus, qu’arrivent  massivement  les touristes chinois…

 

 

Ainsi, il signale dans son « chapitre III- La littérature en langue thaïe des Chinois de Thaïlande » et de citer, le roman des Trois Royaumes, incorporée au patrimoine littéraire thaï dès le règne de Rama I (1782-1809) pour fidéliser des populations récemment arrivées dans le royaume… et dans les décennies 1960-70 des séries de petits romans de Kung-fu traduits en thaï connut un assez grand succès… Des romans sur la vie des Chinois de Thaïlande sont primés et donnés comme livres de lecture obligatoire aux élèves…

 

Depuis la fin des années 1980, la plupart des grandes librairies ont un large rayon intitulé วรรณกรรม จีน wannakam chin (littérature chinoise) dans lequel on trouve – essentiellement en langue thaïe – des catégories d’ouvrages très divers mais tous liés aux Chinois et à leur culture …Mais depuis 3 ou 4 ans de nouveaux manuels de chinois en langue thaï pour tous les âges occupent une large place sur les rayons.

 

La langue (IV- La langue, enjeu diplomatique entre la Chine populaire et Taiwan.) : Les enseignes des magasins sont remplacées depuis deux ans tout au plus et les caractères chinois, autrefois bien timides et de moins en moins visibles, deviennent de dimensions au moins égales à celles des lettres thaïes. Les caractères chinois étaient quasiment absents de la presse de langue thaïe ou anglaise… Cela a bien changé. La presse économique de langue thaïe a montré la voie, mais aujourd’hui de nombreux hebdomadaires en particulier ont des rubriques sur la langue chinoise.

Les écoles Dans les années 1955-1957, on comptait encore 254 écoles chinoises dont 57 à Bangkok-Thonburi. En 1971, il n’en restait plus que 163 dont 53 à Bangkok. A la fin des années 1980, le nombre était passé à 130, dont 30 dans la capitale, et en 1993, il n’en restait plus que 117. Mais la situation a changé. En décembre 2004, 100 écoles d’Etat et 118 écoles privées enseignaient le chinois. Des écoles commerciales privées ainsi que des écoles secondaires privées proposent des cours du soir, les facultés de Lettres des universités publiques et de nombreuses universités privées enseignent le chinois et de nombreux instituts et autres associations ou clubs proposent également des cours.

 

Les médias « Une floraison de publications bilingues thaï-chinoises depuis la fin de la décennie 1990. »

Le premier est un bimestriel bilingue intitulé หัวซาง Hua Sang lancé en juin-juillet 1997 par la Chambre de Commerce Thaï-Chinoise…Le mensuel จีนไทยสอภาษารายเดือน Chin-Thai Songphasa rai duan dont le sous-titre anglais est « Student Chinese-Thai Monthly » est destiné aux étudiants thaïlandais apprenant le chinois …Le mensuel ต้าเจียห่าว Ta Chia Hao ou Da Jia Hao, lancé en 2002 par 2 jeunes Chinois, est destiné à servir de passerelles entre les anciennes et les nouvelles générations d’origine chinoise …Le bilingue แม่นำ้โขง (Maenam Khong, le Mékhong), qui sort le 5 de chaque mois depuis juin 2002 ».

La presse quotidienne de langue chinoise (six ou sept titres aujourd’hui), annoncée comme moribonde dans les décennies 1970 et 1980, semble se porter beaucoup mieux depuis

Enfin, sans entrer dans les détails, il faut mentionner les chaînes de télévision chinoises reçues dans les bouquets satellites comme UBC

VI- La création de Yaowarat (เยาวราช) comme site touristique... et culinaire

VII- Les célébrations et commémoration

VIII- Resinisation du crime organisé : le retour des triades et l’immigration illégale.

« Les triades chinoises furent très actives en Thaïlande des années 1820 au début du 20e siècle. Elles jouaient alors le rôle d’associations réellement structurantes pour la communauté chinoise du pays : à la fois syndicats, agences pour l’emploi, sociétés d’entraide, organisations politiques, entreprises, etc. On pouvait les considérer comme de faits ou phénomènes sociaux totaux. La plupart des auteurs estiment que les sociétés secrètes disparurent au cours du règne du roi Rama VI (1910-1925), puis se manifestèrent à nouveau en 1938-1939 pour s’opposer à l’influence japonaise. Dans la décennie 1980 la presse de Bangkok évoquait régulièrement des gangs chinois spécialisés dans le trafic d’argent, la fabrication de fausse monnaie, le racket, la fabrication de faux papiers et le trafic des êtres humains… En 1996-97 les crimes suscités à Bangkok par des triades à la tête de réseaux d’immigration illégale furent nombreux et pouvaient rappeler la situation de la fin du 19e siècle. »

 

Et le tourisme en juillet 2005, Madame Wu Yi, vice-premier ministre, prédit même que dans 2 ans il pourrait y avoir pas moins de 4 millions de touristes chinois en Thaïlande, rapporte Baffie.

Toutefois, Olivier Languepin, dans le « Thaïlander » du 24 janvier 2011, tempère quelque peu cet optimisme, même s’il remarque une forte augmentation : « Le nombre total de touristes chinois en Thaïlande a augmenté de façon spectaculaire, de plus de 45%, passant de 777.508 en 2009 à 1.127.000 l’an dernier. Plus de 57 millions de touristes chinois se rendront à l’étranger cette année, et la Thaïlande prévoit d’attirer 1,3 million d’entre eux en 2011. »

 

Et de s’interroger dans sa conclusion sur « L’avenir : société chinoise ou société nouvelle  » en signalant les investissements et les projets chinois en Thaïlande  qui sont dit-il encore loin des investissements thaïs en Chine, mais  surtout en indiquant que désormais « Chez les élites, la rivalité semblerait plus se situer entre culture chinoise et culture occidentale qu’entre culture chinoise et culture thaïe ?»

 

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La « Resinisation » des Chinois de Thaïlande de Jean BAFFIE

 Sociologue, Institut de Recherches sur le Sud-Est Asiatique (IRSEA), Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), Université de Provence – Aix-Marseille I

2ème Congrès du Réseau Asie / 2nd Congress of Réseau Asie-Asia Network

28-29-30 sept. 2005, Paris, France , http://www.reseau-asie.com/

« Les Chinois en Thaïlande, un modèle d’accommodement raisonnable », juillet 7, 2008 par Pierre Fiola http://asiesudest.wordpress.com/2008/07/07/les-chinois-en-thailande-un-modele-daccommodement-raisonnable/


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Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans Thaïlande
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pierrecharlier 12/10/2011 13:51



Les chinois sont les maîtres en Thailande comme ils le sont d'ailleurs souvent aussi dans les pays voisins.


Leur comportement s'inspire - comme très souvent pour les chinois - de "l'art de la guerre" de Sun Wei, c'est à dire - attirer l'ennemi sur son territoire ...". Leur territoire en Thailande,
c'est surtout Bangkok (et le sud) dont ils contrôlent tout l'immobilier et le commerce; les travailleurs Thais viennent s'y faire piéger et y travailler dans des conditions proches de
l'esclavage; ils n'ont pour aisni dire pas le choix car tous les emplois sont localisés à Bangkok, parfois ailleurs mais toujours sur un sol dont les chinois sont  proprétaires.


Quel est d'ailleurs le vrai fond sociologique de l'opposition des reds/yellows: "les vrais thais du nord" contre les "riches (chinois) du sud !!!!



marchal 03/10/2011 07:02



Bonjour,


J'ai eu l'occasion de partir dans le Nord Est de la Thailande fin 2005, avec un guide habitant Chang Mai. J'ai été jusqu'à la frontière birmane., en m'arrêtant aux jardins agricoles thailandais.
Par là, nous sommes passés dans plusieurs villages présentés par mon guide comme des villages chinois. Ce dernier m'a indiqué qu'il n'y avait effectivement que des chinois dans ses villages, ce
que j'ai pu constater. apparemment, ils n'étaient pas du tout intégrés.


Bonne journée à tous et pour les rédacteurs, continuez et bon courage



grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 04/10/2011 01:54



Merci pour cette info