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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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Pourquoi ce blog ?

  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 23:01

titre4/ le rituel de mon quotidien.

Evidemment, l’intérêt de vivre dans un village isan est d’être au plus près de la vie des Isans, de leur culture : une autre langue, une autre religion, un mode de vie et de travail inédits …


On se lève tôt au village. Certains partent à la rizière alors que le soleil n’est pas encore levé. Ma femme (comme les autres femmes du village) prépare au feu de bois le fameux riz gluant, le kao neaw (thaï ข้าวเหนียว). Les enfants se lèvent. Les gestes du matin … et on va s’asseoir sur la natte, pour prendre le « petit déjeuner », avec souvent les restes de la veille. On peut entendre, de façon irrégulière, au haut-parleur les annonces publiques ou du temple  suivis de prières. Ma femme me prépare ensuite mon petit déjeuner (café, toast/ jambon/fromage), pendant que je consulte les mails arrivés et lis les premières informations du monde et de Thaïlande.


petit déjeuner

 

Les bonzes passent dans leur belle robe safran  …


Je ne suis pas de ceux qui veulent « s’intégrer ». Je pense même que cela n’a aucun sens et est souvent brandi en étendard par ceux qui n’ont même pas commencé à comprendre l’Histoire et la culture des peuples de Thaïlande. De plus, quand vous êtes le seul farang du village, vous avez au contraire un sérieux équilibre à trouver entre ce qu’ils sont et ce que vous êtes, entre l’intérêt que vous pouvez manifester pour leur culture et l’expression de votre propre culture, entre le respect  que vous leur devez et celui qu’ils vous doivent. Votre femme est chez elle, et peut oublier que vous n’avez pas forcément le même point de vue qu’elle sur la vie à mener, l’éducation des enfants, vos besoins spécifiques … Des mises au point sont parfois nécessaires, vous avez un « territoire » à défendre. (le contraire de « l’intégration », non ?)


intégration


Le farang apprendra que la « douce » femme qu’il a rencontrée est une « maîtresse » femme qui a du caractère. Souvent son ex-mari thaï résolvait autrefois les querelles par un coup de poing. Et vous n’utilisez pas cet « argument » …


colère


Bref, on peut comprendre que mon mode de vie ne sera jamais celui d’un paysan d’Isan. Surtout que je suis retraité et que je vais passer ma matinée avec mon ordinateur.


Il n’empêche que pendant le petit déjeuner, les vaches et les buffles  passent devant le portail. Les enfants partent à l’école au village voisin (notre village n’a qu’une maternelle au temple), avec leur uniforme du jour (ils en ont 5 dont le célèbre scout ) qui à pied, qui en bicyclette, qui derrière la petite moto de la famille. Les plus grands vont prendre le « taxi » pour aller au lycée de la petite ville proche…….La mère, dès 7h30 est déjà partie à la rizière, avec son chapeau conique (différent du chapeau chinois) et  ses deux paniers d’osier qu’elle porte avec un bâton sur l’épaule. (mae’kan et le  ka-ta ???). Elle va nettoyer les bords de rizière, faire du jardinage, préparer du poisson sèché  et tisser parfois.

chapeau pointu

 

Elle reviendra à 18h 30 avec sa « récolte » du jour (légumes, fruits,  poisson séché, escargots …). Ma femme l’accompagnera parfois ou va vaquer à ses « occupations ». Assez souvent, on a déjà des visiteurs : une facture à payer, un geste de solidarité à accomplir, un présent de nourriture apporté …


Moi je vais « tisser » sur la toile.


La vie dans un village d’Isan pour un farang implique bien sûr, là comme ailleurs, une activité. J’ai pu remarquer que cette évidence n’est pas perçue par tous. ( Il est vrai que pour un certain nombre, se retrouver entre compatriotes, fréquenter les bars, trouver une fille et se ballader dans les grandes surfaces suffisent à leur bonheur).


Mon quotidien matinal est donc réservé à tout ce qu’on peut faire sur internet : lire et répondre aux mails des amis, partager les pièces jointes (certains deviennent de vrais spécialistes et offrent infos et surtout originalités), s’informer (les sites sont nombreux et permet de se faire une idée du monde : de l’international, de la France, de la Thaïlande), appeler et répondre aux appels skype (un vrai plaisir de pouvoir échanger des nouvelles avec la famille, discuter et voir vos amis du bout du monde et échanger des fichiers), vérifier les téléchargements de films, lire les articles des blogs amis … et commencer ou poursuivre l’écriture de votre article pour votre blog consacré justement à la Thaïlande (aujourd’hui 6 mois dans un village d’Isan). Il y aurait beaucoup à dire sur ce travail d’écriture !

 

ecriture


Mais sauf que ce « travail » d’information, de recherche (merci google), d’écriture, de partage, cet exercice de « curiosité » s’opère depuis ma maison, et donc au milieu de cette « ambiance » bien caractéristique d’un village d’Isan. Je suis persuadé que sans internet, sans  cette « ouverture au monde » je n’aurais pas pu tenir 6 mois. L’isolement que l’on pouvait craindre est ici évité.


Je suis à la fois branché sur « le monde  » et branché sur la vie du village.

Souvent l’après-midi, je vais me promener le long des rizières et des canaux d’irrigation.(je suis pantois devant ce formidable réseau de canaux qui alimentent les rizières des villages).


chien

 

Vous prenez un bol de quiétude et de vert, y rencontrer les gens au travail. Vous vous interrogez parfois sur les restes de chédi au milieu des rizières et pensez au passé, sur ces vagues d’immigrants venus du Laos. L’un des chédis est du XIII ème siècle ! il serait de la période Môn ! On est en train de le restaurer.


djedi


Les enfants reviennent de l’école. Un autre rituel commence. Ils se débrouillent et vont voir ce qu’ils peuvent manger. Ensuite ils regardent un peu la  télévision et/ou vont voir leurs copains. Trois fois par semaine, je leur donne des cours d’anglais (je commencerai l’année prochaine des cours de français) …

 

scouts

 

Parfois, on prend la voiture et nous allons nous promener et/ou faire les courses. Si les grandes surfaces sont à 30/40mn de chez vous, elles ne sont pas inaccessibles. Nous allons parfois aux petits marchés des petites villes voisines situées à 15 mn de chez nous.  Eh oui, la vie au village n’empêche pas d’en sortir.


Après quelques mois, vous avez constitué un autre « réseau amical ». Je ne suis évidemment pas le seul farang à vivre dans le village de sa femme ... J’en connais plusieurs (dont le co-auteur de ce blog) qui vivent là depuis des années, chacun avec son style. J’ai même trouvé un autre Français sympathique de 35 ans installé dans un autre village près de chez moi. Un petit coup de fil et vous pouvez savourer ces petits moments sympathiques entre « amis ». Au moins, vous évitez les « cons ». Le relatif éloignement peut avoir du bon.


Puis le soleil se couche. Chacun aura son rituel du soir.  Il commence avec une bière bien fraiche  prise avec ma femme (avec parfois  les « visiteurs » du soir), les salutations et/ou les discussions qui s’engagent avec ceux qui passent devant la maison.


Sans titre-4


Le retour de la mère et la préparation du repas. Ah, les repas ! La mère, je vous l’ai dit, arrive tous les jours avec sa « récolte » du jour (fruits, légumes, douceurs (riz sucré parfumé au coco et mis dans une feuille de bananier par ex.), la sœur qui vit au village apporte tous les deux jours des produits du marché (elle y travaille) … Ah, la cuisine pour un Isan. Tout un art de vivre. Je pourrais, vous vous en doutez, décrire des légumes, des fruits, des herbes, que certains ne connaissent pas, des plats typiques, des manières de cuisiner, des manières de table (ou plutôt de natte. Hi hi)… mais je ne peux éviter de vous rappeler leur sens du partage là aussi. Si quelqu’un arrive au moment du repas, il sera convié à goûter, si le repas était copieux, on pensera à en offrir à l’une des vieilles du coin ou à la famille.(et op dans un sac  plastique et l’enfant envoyé)


riz gluant


Je ne vais pas vous cacher que je préfère mes petits plats que j’aime me cuisiner, et savourer avec une bonne bouteille. Là comme ailleurs, je sais estimer leur cuisine et leurs valeurs, mais je continue d’ apprécier nos plats « français ». L’un n’empêche pas l’autre, et je me « métisse » de plus en plus.


Ensuite vient la soirée, traditionnellement réservée à l’audiovisuel télé ou web, quand il n'y a pas d'invités.

télé


Aujourd’hui, même dans un village d’Isan, vous avez la télé satellitaire et internet et pouvez ainsi faire votre programme. J’ai toujours un film conseillé et envoyé par un ami, une émission télé d’information ou culturelle (j’aime « La grande librairie » par ex.) ou un programme TV5, un événement sportif à suivre … bref, le choix est grand. Et puis, il y aura toujours un ami du bout du monde  qui vous appellera via skype ou un ami d’Udon qui vous fera un petit coucou et vous proposera parfois un film ou une émission TV (Hein Alain ?).


Et puis, et puis … tout au long de la journée, en fonction des « temps libres », un autre monde : le monde de mes livres. Après le « monde dit virtuel », le monde de  la fiction (je viens de relire Jack London ; Les pieds dans la rizière et la tête dans les aventures du Grand Nord canadien !), de la réflexion (avec Onfray), de la poésie (récemment, je relisais Paul Verlaine…) Lire comme « une recherche de la vie » comme dirait Charles Juliet.


lecture


Eh oui, la vie au village est reliée à de nombreux « mondes », de nombreux « réseaux ». Il y en a tellement, que je m’aperçois que je n’ai même pas encore parlé de mon ami Titi, avec qui chaque matin et soir, on commente les « événements » politiques du jour, les résultats sportifs, les films à voir … on trinque même via skype.


Je sais bien qu’il y a d’autres rituels possibles, mais j’aime cet « univers », ces différents réseaux simultanés. Vous êtes là au village, mais aussi ailleurs. En fait, je m’aperçois que mon titre est fallacieux, que derrière « 6 mois dans un village d’Isan » il y a tant de « réalités » : du virtuel, du fictionnel, du rêve … du local et du global … de l’Isan et de la culture française …une vie en train de  s’écrire …

Je sais bien que les villes existent avec leurs « lumières », mais je préfère la pénombre de mon village. J’aime ce « cocon »  audiovisuel du soir … au milieu des rizières. Je suis « là », ils sont « là » tout près. Ma femme m’embrasse … ah oui, vraiment tout près ! Chut ! le village s’endort……….. chacun avec ses rêves.


Le rituel du quotidien est peut-être là pour nous donner l’impression de vivre « réellement » dans un village d’Isan. 


5/ Un autre monde, sa culture, ses valeurs ...


Je peux dire ce que je veux sur les « réseaux …etc », mais je suis bien installé dans un village d’Isan, dans la maison de ma femme Isan, et je ne vois et n’entends essentiellement que des Isans. Je suis dans un autre monde qu’il me faut appréhender.

J’ai beau être le matin avec  mon ordi, la « vie extérieure » arrive jusqu’ à moi ; je ne parle pas du reste de la journée. J’ai beau avoir un rituel propre, un « territoire »,  la « vie dehors » n’en a que faire. Je suis marqué par cette autre culture qui se manifeste à tout moment et de façon plus éclatante lors des «  événements » familiaux et villageois. Je peux donc aisément noter ce qui saute aux yeux, même si je ne sais pas ce qui se passe dans les alcôves :

  • Un esprit « religieux » et animiste

Depuis le matin, depuis la naissance jusqu’à la mort, l’Isan vit dans le sacré. Il sait les gestes qu’il faut accomplir pour prier, remercier, demander, se protéger … vivre ici et ensuite dans une autre vie, selon le karma. … J’ai été surpris d’apprendre par ma femme que le plus important pour elle était d’honorer ses morts, ses proches, par une « belle » cérémonie, enfin la deuxième cérémonie, précisa-t-elle. ( Les funérailles ont lieu en deux temps. Généralement la deuxième a lieu 100 jours après, mais le plus souvent ici, en fonction des ressources de la famille, elle peut avoir lieu  plusieurs années après. Elle nécessite en effet un apport d’argent important)

 

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Je  suis conscient qu’un autre m’aurait peut-être donné une autre réponse. Toutefois, au moment où j’écris ses lignes, deux cérémonies ont lieu dans le village et chacun se doit de passer, par respect pour le défunt et la famille, en offrant enveloppe et met préparé. Car c’est une fête également. Demain dit-elle, il y aura une grande procession de moines.


Evidemment, on pourrait dire qu’il ne peut pas l’oublier, avec le temple au centre du village, les moines qui passent tous les jours, les fêtes religieuses fêtées sur tout le territoire … mais ce ne  serait qu’une profonde méconnaissance qui s’exprimerait. Il évoque souvent les Phis, les esprits. Il doit s’en protéger. L’Isan vit avec Bouddha et ses phis au quotidien. Chaque jour vous en verrez une manifestation.


fantome


Il est vrai qu’on est « sous le regard de tous ». Si vous sortez, les gens rencontrés vous salueront toujours par un « Koun ja pay nay ? «  (Où vas-tu ?). Mais ma femme me précisera que c’est une marque de respect.

  • Un esprit « religieux » et … festif.

Chaque cérémonie, et il y en a beaucoup, est aussi une fête avec musique, repas, boissons et rires (même aux funérailles). Chaque « événement » familial que l’on veut fêter est aussi l’occasion d’inviter des amis et de partager un repas bien « arrosé » avec même ceux qui ne sont pas invités. Chaque période à l’école se termine par une fête avec chants et danses, avec cette particularité du costume et du maquillage appuyé et de transformer les petites et jeunes filles en lolitas sexy. C’est incroyable le temps consacré aux danses à l’école et à  ce goût du maquillage bien souvent outrancier. (On peut être surpris de voir convoquer les petites filles de 7/8 ans à 5h du matin à l’école pour le maquillage qui peut durer deux heures). Même le moine le plus célèbre du village vivant dans un temple important de Bangkok fête son anniversaire en offrant un show de chants, danses et musique, sur une énorme tribune avec force lumières, digne des plus grands artistes, installé sur le terrain de foot de l’école. (Les gens disent avec admiration qu’il aurait payé 1 000 000 de baths !).

  • Un esprit « religieux », festif, et  … mercantile. Un ensemble contradictoire ?

C’est le paradoxe. Ils sont pauvres, mais toujours dans l’espoir de trouver de l’argent, dans le rêve de montrer qu’on a réussi. On compte beaucoup sur Bouddha, qui doit souvent recevoir des  prières et des offrandes dans ce sens. On joue, on parie, on prend des billets à la loterie. On espère toujours.  On en parle beaucoup tout en s’en défendant. « Je ne suis pas comme le voisin, je n’aime pas montrer ». Il est vrai que l’argent fait défaut. On est, nous l’avons déjà dit, dans l’attente constante de l’aide des enfants. De nombreuses filles ayant eu un mariage malheureux ont souvent laissé leur enfant à la mère et savent qu’il faut envoyer de l’argent. Elles le ressentent aussi comme un devoir et une valeur. Ma femme qui soutient sa fille à l’Université d’ Udon Thani m’a souvent dit qu’elle le faisait aussi pour qu’elle puisse assurer ses vieux jours. (Les vieux ne recoivent mensuellement  que 700 baths du gouvernement !).

 

L’argent est aussi un moyen de manifester son respect. Lors d’une visite chez des « vieux » un « cadeau » est apprécié et un billet encore plus. Il en sera de même avec l’Administration, où un « papier » demandé nécessite souvent une petite « offrande » monétaire, avec la politique où les candidats offrent souvent un petit billet (encore hier pour des élections locales ma femme m’a dit qu’un candidat avait donné 100 bats à ses « futurs électeurs ». Nous, nous appelons cela de la corruption.


Et puis les « riches « ont un statut au village. Les enfants qui  ont « réussi » sont connus et ont construit une « belle » maison au village. Les « riches » du village se doivent de donner plus aux cérémonies ou projets du village. Ma belle-sœur vient de donner 100 000 baths  ( 2500 euros) pour la construction d’un   crématorium au village alors qu’il est demandé 500 baths  aux familles.

 

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Ainsi une femme Isan ayant « accroché » un farang sera considérée comme chanceuse, car nous avons la « chance » d’ être considéré comme des « riches ». Ce statut implique des obligations pour les Thaïs comme pour les farangs.


Ainsi faut-il voir l’argent différemment. Il permet d’assurer le karma,  d’honorer Bouddha, les moines, les morts dignement, d’aider la famille, d’être à la hauteur dans les cérémonies et les fêtes. Il procure prestige, statut … 

  • Un esprit « religieux », festif, mercantile … mais toujours dans la solidarité et le partage.

Nous l’avons maintes fois dit, la vie dans un village d’Isan, est basée sur le don et le contre-don, sur le partage. J’en vois tous les jours la manifestation, tant au niveau religieux que social. La semaine dernière, une délégation du village était allée manifester pour les « Rouges »… Avant avant hier, le chef du village venait à la maison pour solliciter un don pour le crématorium à construire,  avant-hier, il y avait deux funérailles et des élections provinciales. Hier, il y avait quatre jeunes habitants qui allaient faire leur retraite dans le temple. On a eu droit à une procession avec orchestre et le soir une monk/party au temple (comme me dit ma femme). Dans trois jours, il y a une autre grande fête religieuse au temple (***Makha Bucha, le sermon du Bouddha). Le lendemain, je vais dans un autre village situé à 40mn de chez moi pour assister aux funérailles d’un beau-père d’un ami farang. Bref, toutes les semaines, les familles sont mobilisées pour un don de nourriture et d’argent et en retour recoivent une petite partie des plats préparés. Toutes les semaines, on vit un « événement »  en commun, on partage une fête, un repas, on fait un  petit geste pour un déshérité, une offrande aux moines … Et vous avez la chance de vivre cette valeur fondamentale et d’y participer, si vous le désirez. On est loin de l’anonymat des grandes villes, on est loin de la solitude…


Et vous allez encore me demander si je m’ennuie ???

  • Mais une autre culture…

Il est évident que vous ne comprenez pas tout, que vous pouvez avoir le sentiment d’être « extérieur », qu’ « ils » vous énervent parfois. Je  ne supporte pas de voir les « fêtes » se terminer souvent dans une ivresse généralisée. Les Isans du village ont aussi leurs querelles, leurs rivalités, leurs jalousies … la drogue, le sida touchent des familles … On s’en doute.

Je ne suis pas Isan, pas Thaï, pas bouddhiste, pas animiste, pas paysan … je n’ai pas le même rapport avec  leur langue, leur Terre, leurs Phis, leurs traditions,  leur Temps…

 (Aller demander un rendez-vous précis à un Isan par exemple ! aller demander à quelle heure vont arriver les invités. Une anecdote. Pour Noël, j’avais invité les familles du frère et de la sœur de ma femme. Evidemment, ils ne pouvaient pas attendre 20 h, j’avais « négocié » pour 17h ; ils sont arrivés à 11h du matin !!! Sans commentaire)


Mais vous aurez compris que cette culture est suffisamment riche pour me donner le sentiment qu’ici, en village Isan, avec ma femme, je peux y vivre heureux.

 

Mais le "bonheur" est fragile ........

 

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Une question revient très souvent au cours de ces conversations : « Nous aimerions découvrir la vraie Thaïlande, rencontrer des vrais thaïs, la vraie vie quoi ! Où faut-il aller ? »

Si je réponds : « La vraie vie est partout, autant dans les rizières d’Isan que dans les bars de Pattaya, dans les champs de potirons des montagnes et dans les « malls » luxueux de la capitale » Cette réponse semble ne jamais satisfaire pleinement mes interlocuteurs. C’est vrai qu’on débarque souvent dans un pays avec des aprioris, des clichés plein la tête, des idées reçues dont certaines sont probablement justes – ou l’étaient il y a 6 mois ou 20 ans – dont certaines sont fausses ou plus exactement sont « faussées » par la lecture de dépliants touristiques.

Est-ce que la vraie Thaïlande est celle de la pauvreté, celle des filles à la peau diaphane hésitant entre un sac Hermès et une robe Vivienne Westwood au magasin Central, celle des policiers arrondissant leur fin de mois aux carrefours des villes, celle des lady boys dans les boites de nuit, celle des conducteurs de tuk-tuk ou des business men d’origine chinoise essayant de fourguer leur marchandise à mon « chéri » avec promesse de bénéfices faramineux, dans un système pyramidal  interdit en France ?

Voyageurs curieux, la vraie Thaïlande est partout où vous posez le regard, les vrais thaïs sont ceux que vous croisez. La vraie Thaïlande est un pays changeant qui vous semblera différent à chaque visite.

http://michjuly.typepad.com/blog/


**25 . Notre Isan :  Pira Sudham, un écrivain de l’Isan

Enfances thaïlandaises, , coll. Les enfants du fleuve, Fayard, 1983, 1990 pour la traduction française.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-25-pira-suddham-un-ecrivain-de-l-isan-79537662.html


26. Un écrivain d’Isan : Pira Suddham, « Terre de mousson »

http://www.alainbernardenthailande.com/article-26-un-ecrivain-d-isan-pira-sudham-terre-de-mousson-79884217.html


Extrait : Que dire pour conclure ? On avait eu le sentiment, au vu du prologue d’ « Enfances thaïlandaises », que Pira Sudham avait voulu nous faire « découvrir » les réalités physiques et spirituelles du village de Napo, un village d’Isan : le travail des rizières, le monde des esprits, le temple, les rites, la pauvreté, l’ignorance et la corruption… Il avait voulu partager l’amour qu’il portait à ses paysans, à  leurs valeurs… mais aussi son désir de changement. Le 1er « Terre de mousson », avec la figure de l’instituteur Kumjai incarnait ce désir d’éducation, ce projet de lutter contre   «  la pauvreté, l’ignorance, et la corruption », même s’il décrira, par la suite, son échec et ses désillusions et comment il fut conduit à prendre les armes et à rejoindre les « communistes ».


*** Cf. « Le petit Journal » : Les bouddhistes célèbreront mercredi Makha Bucha. 

http://www.lepetitjournal.com/societe/actu-societe/97838-tradition--les-thailandais-celebrent-cette-semaine-le-sermon-du-bouddha.html 

 

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Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans Isan
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commentaires

christophe 08/01/2014 23:11


Bonsoir et merci, c'est un blog très instructif qui m'aide à comprendre le fonctionnement d'un peuple et d'une culture différente de la mienne. Merci à vous messieurs, sans le savoir, vous
m'aider à prendre, ou pas, la décision de m'expatrier.

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 09/01/2014 00:35



Merci pour vos encouragements.


Votre décision sera la bonne, puisque vous l'aurez décidée. Vive la vie, en France,  en Thaïlande, ou ailleurs.


Carpe diem



Dédé 17/02/2013 15:38


très concret et intéressant .


MERCI !!!

michele jullian 31/03/2012 10:18


Merci Alain et Bernard... Vos bpgs sont d'une telle richse.... qu'il faut en lire un peu a la fois pour en profiter pleinement.... merci ..... et un salut amical depuis la frontiere birmane (du
bon cote cette fois)

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 31/03/2012 13:02



C'est un honneur pour nous d'être appréciés par une autre blogueuse et écrivaine dont nous suivons les "aventures" , les "reportages" sur la Thaïlande, et récemment sur votre voyage
"épique" en Birmanie qui en dit plus que bien des journaux sur ce que peuvent être les "réalités" d'une dictature.


Merci.



alainest 28/03/2012 03:15

un article comme j'aurai aimé en écire un ! et puis la photo j'aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaadore. Je vais la Komoi amitiès

Jacky 26/03/2012 09:38


Bonjour.


Article parfait et qui fait plaisir à lire. Deux petites remarques.


La vie d'un expatrié , même dans un village perdu de l'Isan , a bien changé depuis 20 ans, car avec internet et la télé on est toujours près de ses anciennes connaissances et de sa famille (si on
le veut). Ce qui n'était guère possible, même à Bangkok, à l'époque du télex et du téléphone car onéreux.


Il me semble , car je connais un peu l'Isan, que la vie est plus aisée dans un village du Nord de la Thailande. Ils ont, me semble t'il un niveau de vie plus élévé.Pour le reste c'est semblable.


Bone journée, bonne retraite.