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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 23:01

 

PORTRAITKukrit Pramoj (1911-1995) est une institution en Thaïlande.

Prince, descendant direct du roi Rama II (1809-1824), ancien premier ministre (1976), frère cadet d’un autre ancien premier ministre, fondateur de parti politique, de banque,  d’un journal, d’un magazine, professeur, danseur, acteur, économiste ……….et auteur de plus de 30 livres … et de son livre le plus célèbre Plusieurs vies*.

 

Nous ne manquerons pas de vous présenter sa biographie  exceptionnelle ultérieurement, mais il s’agit aujourd’hui  de proposer notre lecture, « notre pacte de lecture »,  qui est de savoir ce que ce livre peut nous apprendre sur la société thaïlandaise d’hier (et d’aujourd’hui ?), tout en sachant évidemment qu’un livre littéraire ne se réduit pas à cette fonction.

La préface de S. A. R. la princesse Maha Chakri Sirindhorn nous invite également à « aimer ce beau livre de Kukrit et à travers lui, la culture et les valeurs de la Thaïlande ».


princesse

 

Certes l’épilogue de Kukrit propose son « intention » :


« Plusieurs vies… plusieurs vies de gens venus d’horizon divers, différents par l’âge, le sexe, la profession, se sont achevés par une noyade au même moment. Qui peut décider quelle action de leur existence passée a eu cette conséquence ?

 

Pour nous tous, c’est notre karma qui définit notre naissance, règle notre vie et nous conduit à la fin. Mais quelle sorte de karma a pu conduire à la mort tous ces gens en même temps ? »

 

karma

 

Et il va raconter l’histoire de onze destins très différents,  de l’enfance à la mort, où les personnages évoqueront la loi du karma pour essayer de comprendre leur situation, heureuse ou le plus souvent malheureuse, mais aussi s’interrogeront, en vain, avec le narrateur,  sur  les raisons qui leur ont fait vivre « cette vie-là », pour aboutir à « cette mort- là ».


Certes la loi est la même pour tous, mais la mort n’a pas la même signification. Elle est, nous dit-il, « dans certains cas la punition d’un mauvais karma, dans d’autres  la récompense pour un noble karma, dans d’autres encore la solution des problèmes ou enfin le remède qui soigne la plaie que plus rien ne peut soigner ».

 

Certes la loi est la même pour tous, mais on ne sait pas comment elle fonctionne. Ou plutôt, on sait qu’il faut accomplir des bonnes actions, acquérir des « mérites », respecter les préceptes du temple, éviter le mal, mais on ne sait pas comment se  fait « l’addition ». On est « responsable »  de son karma mais on vit à « l’aveugle », sans aucune  garantie en cette vie, ni pour le futur. Certains  de nos personnages ont une vie exemplaire, « vertueuse », mais le malheur s’abat sur eux. On invoque souvent le karma mais on ne connait jamais la faute (ou les fautes ou le mauvais karma de la vie précédente) qui est responsable  des malheurs présents.

 

Bref, « Plusieurs vies » peuvent être lues, comme nous le recommande Kukrit, comme une interrogation sur le karma, sa loi, son fonctionnement,  la signification de la mort et le sens de la vie. Mais le livre est aussi un magnifique témoignage sur la société thaïlandaise des années 50 (uniquement ?).

 

On peut lire l’histoire de ses onze personnages qui ont en commun de voir une « situation » et/ou un événement changer leur vie et finir noyés le même jour  à bord d’un bateau qui va chavirer.

 

1/ Nous avons une situation initiale.

 

Chaque histoire commence non pas tant par une introduction en italiques que par un « incipit » (de une ou plusieurs phrases) qui inscrit un « horizon d’attente »plus ou moins explicite. Ainsi par exemple pour « Linchong » : « Linchong avait souvent réfléchi au karma et à ses conséquences ; même en examinant attentivement son passé, elle ne voyait pas quelles fautes elle avait pu commettre pour mériter tant de souffrances sur la fin de sa vie ». Notre curiosité « éveillée »  se demande ce qui est arrivé, quelle souffrance a pu vivre Linchong. Pour « Le prince Lek » : « Le prince Lek n’avait pas, comme les autres membres de la famille, un majestueux prénom royal. C’est qu’au moment de sa naissance ...» ; on se doute que l’histoire aura à faire avec ce titre, et qu’un événement aura  lieu qui  modifiera sa vie.  

 

Ensuite chaque personnage sera présenté  dans sa famille, son cadre de vie, son milieu, avec parfois une idée de l’éducation reçue. Kukrit a tenu à choisir les milieux et les situations les plus divers voire opposés :

 

- paysan, commerçant, famille princière, concubine, médecin, militaire, fonctionnaire, épicier, commerçant,  employé de bureau, chef de village, artiste, écrivain, fille de bar, bandit …

- homme/ femme

- pauvre/ riche

- aimé/ haï des parents/abandonné à la naissance

- absence du père / mère seule/ parents aimant

- Référence au bon ou au mauvais karma.

 

La situation initiale nous présente donc de nombreux milieux, avec toutefois quelques signes distinctifs qui indiquent une société hiérarchisée (titre, anobli, grade, riche/pauvre).

Mais certains sont aimés des parents,  voire surprotégés (il est écrit qu’ils satisfaisaient tous leurs désirs), d’autres n’ont pas connu leur père (Loï, Phanni, Le Prince Lek, Lamom,) ou ont un père défaillant (ivrogne comme Nori). Les enfants sont vus par certains parents comme une bénédiction (Loï, Sem, Linchong, Throngpoï) ((et peuvent louer leur karma) ou sont bien élevés comme ceux de leur condition (Lek, Phöl, Nori, Chan, Saeng), d’autres sont rejetés, certains  explicitement  pour leur mauvais karma (Phanni, Lamom).


On se doute que, quelle que soit cette situation, tous vont connaître un élément « perturbateur » qui va modifier leur vie. Bon ? Mauvais karma ?


2/ L’élément « perturbateur » qui va modifier la vie des personnages, et les  épreuves.

Beaucoup de nos personnages vont prendre conscience d’une différence souvent dès leur enfance ou lors d’un événement qui sera décisif pour eux, et changera leur vie. Une étape dans leur karma ?


Ainsi :

Loï, l’amoral, dont « la vie des autres n’avait aucune signification » découvre à l’armée sa passion des armes à feu.

 

armes

 

La rencontre d’un copain d’armée lui fera rencontrer un redoutable bandit, et devenir lui-même un malfaiteur assassin.

Sem, de bonne famille, lors de sa retraite de bonze, que doivent accomplir tous les jeunes gens, au moins une fois dans leur vie, découvre sa vocation de bonze au grand dam de sa mère. Il devient un bonze réputé.

 

bonze


Phanni, enfant de mauvais karma pour sa mère, est vendue à 9 ans comme esclave domestique à une riche famille. Ensuite elle est vendue, par une amie ( ? ) » à un bordel et deviendra prostituée. 

 

esclavage


Le prince Lek, de par son titre, ne peut vivre comme les autres et être heureux, malgré sa pauvreté et sa volonté de vivre simplement.

Phôl, se sait différent des autres enfants paysans et « aimait s’exprimer, chanter, danser ». La venue d’une troupe réputée de Yikaï changera sa vie. Et il les suivra pour devenir un grand acteur.


acteur


Lamon, se sent aussi différente. D’une part parce qu’elle n’éprouve pas le moindre amour pour sa mère et d’autre part parce que celle-ci la contraint à ne pas fréquenter et jouer avec les autres enfants du fait du titre de noblesse de son « luang » de père fonctionnaire décédé (Luang : titre de noblesse conféré par le Roi à certains fonctionnaires de moyenne importance).

Nori, en milieu paysan  a un père ivrogne aimant lire. Il sera passionné par la lecture dès la jeune enfance. Il ne sort pas et ne va pas jouer aux champs comme les autres enfants. Il est envoyé au lycée d’Ayutthaya. Il revient ensuite au village avec le prestige de celui qui a fait des études et qui est dispensé des travaux des champs. Il partira travailler à Bangkok tenter sa chance. Il deviendra un écrivain … alcoolique (malgré le serment donné à sa mère de ne pas boire comme son père).

 

alcoolique

Linchong est exemplaire. Fille unique, famille aisée, aimée de ses parents qui satisfont tous ses désirs. Elle est de plus « vertueuse » (bonnes actions, pureté de paroles, de corps et de l’esprit). Trouve un bon mari (travailleur, ne bois pas, ne joue pas). Mais, elle a du mal à être enceinte. Elle y parvient après force pèlerinages, dons, offrandes, visites de temples réputés. Et sa vie bascule. Son mari perd la vie en pêchant et son fils est « anormal ». Elle va subir avec son fils les moqueries, les insultes des enfants et des gens du village. Elle va se battre néanmoins et consulter de nombreux médecins, guérisseurs … en vain.

Chan est un « enfant des champs ». Le narrateur insiste pour bien montrer qu’il a le même statut que les autres enfants : même éducation, mêmes prescriptions, même travail.  La conscription de 2 ans va changer sa vie.  Il va se ré-enrôler et acquérir un nouveau statut. Il sera officier et prendra sa retraite avec le grade de lieutenant-colonel. Il découvre sa maigre retraite, que son grade est alors un handicap qui ne lui permet pas  de retrouver un petit travail.  A la mort de sa femme,  Il revient au village, croyant bénéficier du prestige de son grade, pour constater, qu’il est redevenu « le Chan », le « paysan » qu’il fut autrefois.


paysan thai


Thongproï, à l’inverse de tous les autres personnages, ne va pas rencontrer un événement qui va changer sa vie. Elle est née « sous une bonne étoile », choyée, comblée par ses parents, qui sont persuadés que leur richesse provient de son bon karma. « Si Proï le veut, il faut lui donner ». C’est de plus la plus belle fille du village, mais « aucun prétendant du village se sent digne et capable de soutenir son niveau de vie ». Elle sera envoyée à Bangkok chez un cousin haut fonctionnaire afin de suivre ses études. Mais malgré la vie trépidante  qu’elle mène, elle « s’ennuie » et ne trouvait « pas de sens à cette vie ». Le retour dans sa famille, un bon mari attentionné et aux petits soins avec elle (« elle obtenait tout ce qu’elle voulait »), la laissera sans désir, sans but dans la vie. « Thongproï était lasse de tout, elle ne  voulait plus rien ». Elle se laissa couler…

Le docteur Sareng, vit avec son père médecin traditionnel. Il est passionné par le métier et étudie dès l’enfance avec son père les plantes, les traités. Il accompagne ensuite son père dans les consultations, poursuit inlassablement sa formation, lit les nouveaux traités, recherche, analyse, mais Saeng a un problème : il ne peut accepter la mort : « il ne considérait pas la mort comme faisant partie du karma ». Malgré les conseils, les injonctions du père le suppliant d’accepter la mort, il s’obstinera dans ce combat sans issue, jusqu’au jour où il attrapera la lèpre. Il changera alors son attitude vis-à-vis de la mort. Elle n’était plus son ennemi. Il la désirait.


3/Le sens donné à  la situation finale ?


Chaque personnage perd donc la vie dans le même bateau qui va chavirer. L’auteur choisit alors de finir la nouvelle par une réflexion interrogative ou  un commentaire en majuscules prononcés par des témoins du drame sur le karma et le sens de cette mort. (d’une ½ à ¾ de pages) (Cf. en note des extraits***).


Un regret pour Chao Loï, qui n’a pas su saisir sa chance. Une mort heureuse pour le révérend Sem, enfin « libéré » du cancer. Une mort injuste pour Phanni  qui ne peut enfin avoir sa vengeance et profiter d’un  « riche » mariage. Un regret aussi pour le prince Lek dont le titre aurait pu ENFIN mériter des égards dans la mort. Une interrogation sur le sens de la mort de l’acteur Phöl, lui qui avait toujours donné du plaisir et n’avait jamais fait le mal. L’incertitude sur Lamom qui a certes étouffé sa mère mais qui l’avait fait tant souffrir. Un espoir, une nouvelle chance stoppée par la mort pour l’écrivain alcoolique Nori. Une plainte et une interrogation encore sur le sens de la mort de Linchong, de cette mère vertueuse noyée avec son fils « anormal ». L’effort inutile du paysan  Chan devenu lieutenant-colonel mais qui est encore vu comme un paysan lors de sa mort. La mort désirée par Thongproï, la fille aimée et choyée par ses parents et son mari, mais qui  ne trouve aucun sens à sa vie. La révélation enfin heureuse de la mort par le docteur Saeng qui l’avait prise toute sa vie pour son ennemie.


Bref, la démonstration que la mort a un sens différent pour chacun, selon la vie vécue et le karma.


4/ Une vision de la Thaïlande et des Thaïlandais.


Au-delà de l’intérêt  littéraire ressenti, du plaisir esthétique éprouvé, ces 11 nouvelles permettent aussi de distinguer une certaine idée de la Thaïlande.

  • Une religion commune, avec ses « superstitions ».

Il n’est pas sûr, comme l’estiment les traducteurs, que Kukrit ne présente ici que « le témoignage social d’une époque révolue ».

Nous venons de voir, que Kukrit a écrit sur le karma, une croyance fondamentale du bouddhisme, commune dit-il, à tous les Thaïlandais : « Pour nous tous, c’est notre karma qui définit notre naissance, règle nos vies et nous conduit à la fin. Mais quelle sorte de karma a pu conduire à la mort tous ces gens en même temps ? »

La nouvelle « Le Révérend Sem » nous plonge  dans le bouddhisme, la vie d’un bonze dans un temple,  ses valeurs (La découverte par le jeune Sem de la compassion , du respect de la vie, le sens du partage, l’évitement des « plaisirs destructeurs comme l’alcool, les femmes, ou le jeu »), le rite de l’ordination,  le « travail » sur soi, les « péchés » à éviter,  la nécessité et les difficultés de la méditation, la recherche de la « sainteté ».


bouddhisme


Elle montre aussi la croyance aux pouvoirs magiques (invisibilité, invulnérable, voler dans les airs) que pensent  acquérir certains bonzes, et la croyance (qu’a toujours le peuple thaïlandais  aujourd’hui) que  l’acquisition des objets consacrés, des amulettes, des talismans, des incantations protégera, donnera chance ou guérira, comme nous le  verrons aussi dans l’histoire de « Linchong ».

Linchong n’ayant pas réussi à guérir  son enfant anormal après avoir consulté les médecins réputés, va mourir en allant à la rencontre « d’un bonze, guérisseur réputé dans la province de Nonthaburi, qui disposait d’une eau consacrée et connaissait des incantations susceptibles de guérir toutes sortes de maladies » (p. 259).


On peut voir aussi la croyance à la prédestination des noms donnés par les parents. Ainsi pour les noms des principaux personnages  comme Loï, Sem, Phôl, Lamom, Nori, Linchong, Chan, Thongproï, Saeng, dont les traducteurs nous donnent la signification en note.

  • Une Histoire commune

Nous  avons suffisamment montré dans ce blog la force idéologique de la Thaïness et de l’Histoire « officielle » enseignée à tous dès  l’école primaire, pour ne pas constater ici son efficacité chez les élèves. Nori, assis devant le temple Phra Mongkhonbophit de la vieille cité d’ Ayuddhaya, rêve au roman national : « il laissait son esprit vagabonder au fil des événements dont il avait lu et relu le récit. Avec son cœur et ses émotions, il voyait les chroniques d’Ayuddhaya, dont il se sentait comme le dépositaire, se dérouler tout près de lui … Le rêve grandiose et plein d’espoir du roi U-thong qui avait construit la cité … le combat des princes Aï Phraya  et Yi Phraya sur leurs éléphants devant le temple de Mahathat tout proche  le rebelle Thammathian s’avançant avec son armée vers le palais royal, et de plus en plus près, le bruit des fusils, la chute de Thammathian de l’encolure de son éléphant, la panique du peuple et de l’armée s’enfuyant de tous côtés, tout cela Nori le voyait aussi clairement que s’il avait été là présent sur place. » (pp.208-209)

  • Une société très hiérarchisée.

Nous avons déjà maintes fois  présenté le modèle d’organisation hiérarchisé politico-religieux de la société thaïlandaise, connu sous le nom de muang, indiquant même qu’il était un élément fondamental de l’identité thaïe. Une clé essentielle, disions-nous,  reconnue par tous, pertinente depuis l’origine jusqu’ à nos jours, couvrant tous les Territoires des Taï, pour comprendre leur identité, leur organisation territoriale, politique et religieuse. (Cf. par exemple articles 14 et 15 http://www.alainbernardenthailande.com/article-15-le-muang-selon-michel-bruneau-99865623.html).


Aussi, nous ne sommes étonnés de retrouver dans les nouvelles, diverses manifestations de cette hiérarchisation, avec l’évocation d’une famille royale, l’importance, le respect et l’effet des titres à tous les niveaux de la société ( in Le prince Lek, Lamom par ex.).


prince


Kukrit en fait même le sujet d’une de ses nouvelles avec « Le prince Lek », mais de façon originale. Le titre ici, loin de donner privilèges, sera un obstacle permanent pour que le prince Lek puisse vivre simplement sa vie. 

Le prince Lek (lek : le petit)  est le fils d’une altesse royale et de la plus jeune des concubines. Mais son père décède avant sa naissance. Il ne sera donc ni déclaré, ni enregistré au Ministère de la maison du roi, mais « personne ne lui contesta jamais le titre de Prince ».

La nouvelle racontera comment son titre fera les tourments de sa vie et celle de sa mère.

Après les funérailles du Prince royal, ils doivent quitter le Palais et vivre désormais une vie modeste. Mais le titre, le rang impose en effet des obligations, une distance, un respect, une façon d’être, qui fera leur malheur.


Très tôt, il souffre de ne pouvoir jouer avec les enfants de l’école du temple. « Il était séparé d’eux. Comme par un mur, le mur de la naissance royale. » Le maître emploie la langue royale pour lui parler en lui donnant son titre de prince.

Sa mère est là pour lui rappeler les obligations du titre et s’interdit de se remarier. Et de fait, bien que de condition modeste, il se verra interdire des activités jugées peu digne de son titre, comme aller vendre des gâteaux avec sa mère, aider son oncle dans son commerce. Pire, il ne pourra pas épouser la fille d’un épicier qu’il aime. Ses parents découvrant son titre prendront leurs distances, malgré l’amitié passée partagée, et la « fiancée » se refusera. Il verra alors son titre comme « un monstre » (ce seront ses mots), qui aura fait souffrir sa mère toute sa vie et qui l’aura empêché de vivre comme il l’entendait (sauf pendant les dix dernières années 10 ans).


En effet, après des années de commis dans un ministère, où son titre le laisse « à la même place, jamais dérangé par personne », il croit pouvoir saisir la chance de sa vie  avec l’héritage de son oncle lui laissant une petite rizière.

Il va pouvoir pendant 10 ans vivre sereinement sa vie, dans l’anonymat. Ses qualités humaines et de travailleur lui vaudront même d’être élu chef du village ; jusqu’au jour où une visite d’un secrétaire général adjoint du Ministère à la sous-préfecture, un ancien collègue, ressuscitera le Prince : « Altesse ! depuis quand êtes-vous ici ! Oh, là, là, je n’ai pas eu d’audience avec vous depuis plus de vingt ans ! vous vous souvenez de moi ? je m’appelle Serm, et j’ai même travaillé avec votre altesse ! ». Lek avait compris. Son Altesse le prince Lek ne pouvait plus vivre au village. Il prendra peu après le bateau qui allait faire naufrage.


On verra deux autres titres, comme ceux de Phraya et de Luang, titres conférés par le Roi à certains hauts  fonctionnaires et de moindre importance. (précisés en note). Ainsi dans « Lamom», sa mère tient à rappeler à sa fille, le prestige du titre de son père décédé : « Si khun Luang, ton père, était encore en vie, tout serait différent. Je te raconte cela pour que tu saches que tu es une  enfant de bonne famille. Tu n’es pas comme les autres enfants du peuple qui courent dans le marché. Tu dois faire attention à te préserver, et éviter de les fréquenter ou de jouer avec eux, parce que tu es la fille d’un homme de qualité. » (p. 180). Dans la nouvelle «  Nori », on voit Nori envoyé chez un parent à Bangkok qui le recommande à un haut fonctionnaire qui a le titre de phraya. On aura une description de la vie luxueuse de ce milieu. (pp. 214-215).

  • Une société hiérarchisée donc où chaque « classe sociale »  a son champ d’action,  ses codes, ses valeurs.

Nous irons ainsi dans les milieux aisés, des militaires, des écrivains, des fonctionnaires, d’une troupe de Yikai, d’un temple, d’un bordel … mais surtout dans le milieu paysan.   

Le monde paysan est présent dans  quatre nouvelles, mais elles racontent en fait les moyens d’en sortir, par le crime organisé (Chao loï), le métier d’acteur de Yikaï (Phôl, le premier rôle), les études et le métier d’écrivain (Nori) et l’armée (Chan).

Le monde paysan est évoqué à travers les activités qu’il faut apprendre dès l’enfance :

Dans Chao Loï, Thoek lui  avait enseigné ce  qu’il faut savoir pour progresser  dans la vie (pêcher dans le trou des anguilles, piéger les oiseaux, pratiquer la vannerie, scier et raboter le bois). Les parents de Phôl étaient des paysans, qui « Sans être riches, ils avaient suffisamment de moyens pour élever toute leur famille, pourvu que les enfants assez grands pour travailler contribuent en participant à la culture du riz ou d’une autre façon ».  Phol enfant doit s’occuper des buffles. La mère va une ou deux fois par mois vendre ses poissons au marché de la ville. Nori quant à lui, ayant « fait des études »  est dispensé des travaux des champs.


Mais c’est surtout dans la nouvelle Chan, que Kukrit décrit « le monde » paysan en deux pages (pp. 261-262).


Les paysans vivent, pour lui, la même vie, la même situation : le même statut,  le même travail, la même morale « bouddhiste », la même éducation, la possibilité de suivre les cours à l’école du temple ….. et « la grande inquiétude, le jour de cette sélection pour le service militaire. »

Ainsi Chan, comme les autres enfants du village, doit aider les parents pour « prendre soin des buffles », la cueillette (les plantes au bord des champs), la pêche (les poissons dans le canal), et la « chasse »  qui améliorent l’ordinaire (poisson , légumes), participer au travail de la rizière (labours, semis, moisson). Et quand il n’avait plus de travail, pouvait aller à l’école du temple, et « parvenir » finalement à lire et écrire.


« Tout le monde dans le voisinage avait le même statut », recevait la même éducation.

Tous les parents enseignaient les préceptes traditionnels, les règles morales qui « existaient depuis des générations », les prescriptions (comme par exemple : ne pas mentir, convoiter la femme des autres, tricher, voler, détruire la vie, boire de l’alcool … ). Mais il est signalé que le père de Chan « buvait copieusement avec ses amis  quand il était en train ». Nous verrons dans d’autres nouvelles ce sérieux problème de l’alcool.

Mais au-delà de la morale diffusée, un bon mari est un mari travailleur, qui se comporte bien, ne boit pas et ne joue pas. C’est dire les fléaux qu’ils représentent.


On a dans ce milieu, à cette époque,  le respect des études. Nori, revenu au village, après ses études secondaires, n’a pas le droit de travailler aux champs.

 Il est à noter ici que curieusement, il manque le rituel bouddhiste qui accompagne toutes les activités du monde paysan.

Mais, bien sûr, comme nous l’avons vu, la plupart de nos héros se sentira différent, et vivra une « aventure « en dehors de son milieu. Mais beaucoup y reviendront à la fin de leur vie. La famille est l’alpha et l’oméga.

  • Le rôle de la famille****. 

Chacun de nos héros est présenté dans l’enfance, parmi sa famille, d’origine ou « adoptive ».

Certes les situations sont multiples, dramatiques parfois, les milieux différents, mais on peut identifier des  valeurs communes. (Chao Loï tue sa mère adoptive et Lamom étouffe sa mère).

  • Quatre (sur 11) ne connaissent pas leur père et un, a un père défaillant (paresse et ivrognerie). La mère (9 sur 11) est exemplaire, travailleuse, responsable de la famille)
  • Neuf, comme  nous venons de le voir dans le monde paysan, transmettent  les valeurs et morale  de leur classe sociale, même si leurs enfants  vont tenter un parcours différent. Deux, comme la mère de Phanni, de Lamom faillissent à leur rôle parental. (Phanni est vendue à 9 ans, et Lamom devient une esclave domestique, maltraitée et humiliée).
  • Mais certains vont choisir une morale différente (Chao Loï assassin et fier de l’être, Sem choqué par le comportement des riches, Nori (paysan) devenu un écrivain alcoolique, malgré le serment donné à sa mère).
  • On voit qu’on peut sortir de son milieu par  le temple (Sem), les études (Nori), l’armée (Nori), une troupe  d’artistes ( Phôl). Mais certains, après un coup dur ou vieillissant, vont revenir au village, sachant  qu’ils peuvent compter sur la famille qui les accueillera. (Phôl, Nori, Chan).
  • Donc des valeurs de solidarité familiale jouent dans tous les milieux. il y a toujours un membre de la famille en ville par exemple  pour accueillir, héberger et aider.

 

Au fil de la lecture, chacun pourra donc discerner une certaine vision de la Thaïlande. S. A. R. la princesse Maha Chakri Sirindhorn, elle-même" y a vu la culture et les valeurs de la Thaïlande ».


livre


Kukrit nous en livre déjà sa propre vision. 

  • Le titre du livre « Plusieurs vies »  indique déjà une Thaïlande multiple, variée, de différents milieux, de la ville et de la campagne, riches et pauvres … « de gens venus d’horizon divers, différents par l’âge, le sexe, la profession » .,. qui ne vont pas avoir la même vie.
  • Mais une religion (jamais nommée), une foi, une  loi commune, une croyance au karma, qui donne sens à leur vie et à leur vie future, leur dicte leur conduite,  les actes méritoires à accomplir, les mauvaises actions à éviter.

L’ épilogue (1p.1/2) est explicite, (nous l’avons déjà dit maintes fois) : « Pour nous tous, c’est notre karma qui définit notre naissance, règle notre vie et nous conduit à la fin ».

  • Avec une croyance aux pouvoirs magiques, aux  esprits, aux amulettes (Cf. le révérend Sem et Linchong par ex.)
  • Mais une Thaïlande « réelle » avec une hiérarchie, ses riches et ses pauvres, ses princes et ses paysans, avec ses drames familiaux, ses crimes (la bande de Sua Prunag, deux meurtres effectués par 2 personnages), ses ignominies (la mère qui vend sa fille), ses fléaux (l’alcoolisme souvent évoqué et le jeu)…

Une Thaïlande « réelle », avec son Histoire partagée (Cf. Nori), le respect de la hiérarchie, le rôle essentiel de la famille dans la transmission des valeurs religieuses, des prescriptions morales, et des valeurs traditionnelles et sociales  (un bon mari est travailleur, se comporte bien, ne boit pas et ne joue pas). La famille traditionnelle qui aime, éduque, aide son enfant. La famille solidaire qui aide ceux qui veulent la quitter (Cf. le rôle d’un membre de la famille installé à la ville) et accueille ceux qui sont partis. Mais aussi la famille défaillante, avec les pères absents et/ou alcooliques, les femmes seules, les mères indignes (deux nouvelles).

  • Une Thaïlande qui n’est pas figée. Quatre personnages (sur 11) vont sortir de leur milieu, et devenir bonze, militaire, écrivain, et acteur de Yitaï.
  • Une Thaïlande qui est en train de changer. On voit apparaître la radio, la médecine moderne. Nous sommes en 1951.

Peut-on dire que cette « Thaïlande » est révolue ?

A vous de le dire et de vérifier en (re)lisant ce livre dont on comprend le succès.

 

Nota. Qu’il nous soit permis de remercier les traducteurs Wilawan et Christian Pellaumail pour leur beau travail.

 

 timbres

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Notes et références.

 

*Langues et Mondes, l’Asiathèque, 2003. Pour la traduction en français de Wilawan et Christian Pellaumail. Préface de S. A. R. la princesse Maha Chakri Sirindhorn.

 

Ecrit en 1951, a été publié en 1954.

 

Read more: http://www.answers.com/topic/kukrit-pramoj#ixzz1yIcWlzB4

 

**Situation initiale :

-          Ainsi Chao Loï abandonné dans une jarre, trouvé et adopté par la vieille Prim (mari décédé, a déjà en charge un neveu de 9 ans)) qui vend des légumes et fruits dans un marché. Sa présence est vue comme une chance pour son commerce par Prim.

-          Le révérend Sem, naquit dans une famille riche. Ses parents font tout pour satisfaire ses désirs.

-          Phanni, née dans une famille pauvre, vue comme une « enfant de mauvais karma » par sa mère (ne  sait rien sur son père).

-          Le Prince Lek, naissance princière, mais  le petit dernier, le « petit prince » est d’entrée distingué de ses frères et sœurs  qui ont reçu » un prénom royal approprié ». Sa mère plus jeune concubine du Palais. N’a pas connu son S. A. R. de père, décédé pendant la grossesse de sa mère.

-          Phôl le premier rôle.  Famille de paysans, « sans être riches, ils avaient suffisamment de moyens pour élever les enfants, pourvu que les enfants assez grands pour travailler contribuent en participant à la culture du riz ».

-          Lamom. La 1ère phrase : « Aussi loin qu’elle remontait dans ses souvenirs, Lamom n’avait aucune image du visage de son père. » (père anobli dans sa fonction et avait gagné le titre de « Luang »,comme chef de bureau d’état civil de l’arrondissement. » Mort avant sa naissance. Aucun amour de sa mère. Esclave ménagère de sa mère, qui la culpabilise à tout instant.

-          Nori, fils cadet d’une famille aisée ; le père « ivrogne » ne fait rien et laisse sa femme gagner seule la vie de la famille. 

-          Linchong. Dès la 1 ère phrase « avait souvent réfléchi au karma …elle ne voyait pas quelles fautes elle avait pu commettre pour mériter tant de souffrances sur la fin de sa vie ». […] « Le sparents élévèrent cette fille unique avec un amour et uen sollicitude extrême, satisfaisant le moindre de sesdésirs ; mais en même temps sa mère lui inculqua la nécessité de toujours se conduire d’une façon vertueuse ». Ce qu’elle fit bien volontiers.

-          Chan. L’ainé de trois enfants. Famille de paysans. « L’enfance et l’adolescence de Chan furent semblables aux autres enfants du voisinage ». Même statut : aider les parents aux travaux des champs, , même éducation, même école du temple, apprend à lire et écrire.

-          Thongpoï. 1ére phrase : « avait conscience d’être née sous une bonne étoile et d’avoir eu beaucoup de chance. Elle ne se rappelait pas depuis son enfance souffert d’un manque quelconque, ni qu’un seul de ses désirs n’ait pas été exaucé ». Fille cadette d’une famille prospère de commerçants. Choyée par ses frères et soeurs et ses parents à qui ils attribuent la chance de la maison.

-          Le docteur Saeng.  1ère phrase : « Depuis qu’il avait l’âge de comprendre, Saeng pensait que la mort était son ennemi ». Son pére est un médecin réputé dans tout le canton. Il va le former depuis sa plus tendre enfance.

 

*** La fin, le naufrage. Commentaires :

-Chao Loï. (partant chercher des armes à Bangkok « capables de tuer plus sûrement et plus rapidement ). « LE CIEL LUI AVAIT DONNE SA CHANCE EN INSPIRANT A LA VIEILLE PRIM LE DESIR DE LE SAUVER ; MAIS QU’AVAIT-IL FAIT DE CETTE  CHANCE ? »

- Le révérend Sem. (Partant à Bangkok pour soigner sa lèpre et surtout apaiser l’anxiété de ses disciples). « IL N’ESSAYA PAS DONC POINT DE PRESERVER A TOUT PRIX CETTE VIE QUI EST CAUSE DE TOUTES LES SOUFFRANCES. LORSQUE SON CADAVRE FUT REMONTE AU MATIN, TOUS  S’ETONNERENT  ET S’EMERVEILLERENT DE LE VOIR ASSIS DANS LA POSITION D’INDRA.

-Phanni. (Partant à Bangkok pour profiter enfin des « immenses trésors qui appartenaient à Madame ». « LE CORPS DE PHANNI SUSCITAIT ENCORE LE DESIR ET DEMEURAIT UN CORPS PUBLICN MEME APRES SON DERNIER SOUFFLE ».

- Le Prince Lek (le chef de village Lek, heureux, est rattrapé par le passé de son titre et doit fuir de nouveau sur Bangkok). Et là dans la mort, ce titre  « CE QUI LUI AVAIT FAIT OBSTACLE TOUTE SAVIE NE L’AVAIT PAS SUIVI DANS LA MORT POUR LUI MERITER QUELQUE EGARD. »

Phôl, le premier rôle. (Le vieux Phôl décide de tenter encore sa chance à Bangkok , en partant participer à a première compétition radio de Yikai). « EH ! CELUI-LA ? C’EST PHOL, L’ACTEUR. IL A TOUJOURS DONNE DU PLAISIR, ET ON NE L’A JAMAIS VU FAIRE DU MAL. POURQUOI DOIT-IL MOURIR AINSI ? »

Lamom. (Enfant et jeune femme non aimée, battue, humiliée, exploitée, et qui part sur Bangkok après avoir étouffée sa mère). « QUI POURRA DECIDER SI ? QUAND LE BATEAU CHAVIRA, C’ETAIENT LES MERITES DE LAMOM OU BIEN SES FAUTES QUI FAISAIENT DISPARAITRE CETTE VIE SI VIDE ».

Nori. « L’écrivain alcoolique», qui après un retour au village et l’accueil chaleureux  de sa famille, malgré le serment promis à sa mère de ne pas boire, repart sur Bangkok une fois désintoxiqué, espérant de nouveau le succès, conscient de sa faiblesse. ) : SI QUELQU UN AVAIT CHERCHE A OUVRIR CETTE MAIN POUR VOIR CE QU ELLE SERRAIT SI FORT ? IL AURAIT TROUVE L’EFFIGIE D’UN PETIT BOUDDHA. »

Linchong, (« la vertueuse », partant à Bangkok pour rejoindre un bonze renommé qui, « elle était sûre cette fois (…) allait revenir chez elle avec un enfant normal ») : QUELQU’UN MURMURA QUELQUE CHOSE COMME UNE PLAINTE.

« Mère et enfant étroitement embrassés dans la mort … Quel spectacle consternant ! … Quel karma a pu les conduire à mourir ainsi … ? »

Chan, le paysan devenu lieutenant-colonel, et qui de retour au village est humilié de pas avoir les honneurs dû à son grade. Il repart sur Bangkok, en espérant retrouver L’HONNEUR QU’IL  S’ETAIT ACQUIS PAR SON ACHARNEMENT ; Et qui finalement  dans la mort, était resté  le paysan  aux yeux du village : AH ! CA Y EST ! JE M’EN SOUVIENS, C’EST LE CHAN ! »

Thongproï, la fille aimée et choyée par ses parents et son mari, mais qui  ne trouve aucun sens à sa vie et qui AU CONTACT DE l’EAU, (ELLE) SE LAISSA COULER, SANS TENTER MEME LE PLUS PETIT MOUVEMENT POUR SAUVER SAVIE (…) SAN (son mari)  REMARQUA QU’ELLE AVAIT LES YEUX FERMES AVEC UN PETIT SOURIRE , L’EXPRESSION QU’ELLE PRENAIT CHAQUE FOIS QU’IL AVAIT REUSSI A TROUVER POUR  ELLE UNE DES CHOSES QU’ELLE DESIRAIT…

Le docteur Saeng, devenu lépreux découvre que la mort n’est plus son ennemie. « Il la trouvait de plus en plus désirable, comme une amie dont il avait besoin ».

ON AURAIT DIT QU’AU MOMENT DE MOURIR IL AVAIT INOPINEMENT RENCONTRE, FACE A FACE, L’ETRE AIME QU’ IL ATTENDAIT DEPUIS SI LONGTEMPS.


**** Notes. Rapports à la famille et aux valeurs transmises.


Chao Loî, abandonné dès la naissance, est adopté par la vieille Prim, aimé, cajolé et devient pourtant un bandit assassin. « La vie des autres n’avait aucune signification pour lui ».

Sem est aimé par sa riche famille, mais est choqué par le comportement des riches, leur attitude par rapport aux pauvres.

Phanni, ne sait rien de son père, et est rejeté par sa mère et vendue comme esclave domestique à 9 ans.

Le prince lek, n’a pas connu son père,  est aimé par sa mère qui lui transmet les obligations et les valeurs de son titre.

Phôl est aimé de ses parents paysans, mais se sent très jeune différent et aime  chanter  et danser, même devant ses camarades. Il est curieux, rêveur, aspire à une autre vie. Il trouvera sa voie dans une troupe de Yikaî.

Lamom, « n’avait aucune image du visage de son père » devient  l’esclave domestique de sa mère, sous prétexte du titre de noblesse obtenu par son père.

Nori est le fils cadet d’une famille aisée dont le père ivrogne et paresseux. La mère le préviendra contre les méfaits de l’alcool, mais le père lui transmettra pourtant le gôut de la lecture et le révérend grand-père lui apprendra à lire et écrire. Il aura une enfance studieuse qui lui fera préférer la lecture aux jeux des enfants dans les champs. La famille le laissera poursuivre ses études secondaires à la ville.

Linchong est adoré de ses parents, qui satisfont tous ses désirs. Ils l’éduquent à devenir une « fille vertueuse ». Linchong « s’appliqua à ne faire que des bonnes actions, et à conserver la pureté de ses paroles, de son corps et de son esprit ». Elle rencontrera un bon mari ( à savoir pour les parents : travailleur, se comporte bien, ne boit pas et ne joue pas ).

Chan est né au milieu des champs. Il est aimé de ses parents qui lui transmettent les valeurs et la morale traditionnelles des villages ruraux.

Thongproï est née sous une belle étoile dans  une famille aisée de commerçants, qui ont le sentiment qu’elle est la cause de leur prospérité. Comblée, choyée, trouvera sa vie terne, sans but, ni désir, elle ne trouvera aucun sens à sa vie.

Saeng, vit dans la mouvance paternelle médecin traditionnel, qui répondant à ses attentes,  l’éduquera, le formera dans sa discipline.  On ne voit pas apparaître sa mère.

 

 Sans titre-1

 

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