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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 04:08

livreIl suffit de lire la table des matières du livre de Pierre-Arnaud Chouvy et Joël Meissonnier « Yaa Baa: Production, trafic et consommation de méthamphétamine en Asie du Sud-Est continentale »*, pour constater que la consommation de yaa baa est un véritable phénomène de société en Thaïlande,  et qu’elle touche tous les milieux, les milieux modestes et les ados des classes aisées ; les ouvriers, les étudiants, les prostitué(e)s, les travailleurs émigrés … et aussi, les jeunes du milieu Isan de la province de Kalasin. Elle est, c’est selon, une  « drogue de travail » ou  une « drogue de loisir », et même, disent-ils,  un  élément fédérateur d’une classe d’âge.


Elle est dans tous les cas, ici comme dans d’autres pays, un véritable fléau, qui est difficile à appréhender et encore plus à combattre.


1/ Tout le monde se souvient de « la guerre contre la drogue »menée par le  1er ministre Thaksin en 2003.


guerre contre la drogue


« Pendant la principale offensive contre la drogue, entre février et avril 2003, le pays avait vu le nombre de meurtres augmenter de 88%, selon une commission consacrée à ce dossier qui a enregistré plus de 2.800 meurtres, dont quelque 1.400 liés à la drogue. Le gouvernement avait évoqué des règlements de compte entre trafiquants. Mais beaucoup de ces meurtres étaient intervenus après que des suspects figurant sur une liste noire de la police se sont présentés dans les commissariats pour se rendre ou se disculper, selon Amnesty » (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html avec AFP) mercredi 29 juin 2011.)


Cette « guerre contre la drogue » avait été effectivement  « expéditive » et ne « s’encombrait » pas avec le respect des droits de l’homme. Elle  avait reçu des critiques sévères des organisations des droits de l’homme.  Elle avait permis à des policiers peu scrupuleux de commettre des exactions extra-judiciaires.(Cf. ci-dessous).


 Elle  avait aussi l’inconvénient de n’être efficace que dans le court terme. Les trafiquants ou d’autres trafiquants demeuraient, les drogués n’étaient pas soignés, l’offre  des amphétamines augmentait … le fléau subsistait.


Pire, il est dit que « le nombre de toxicomanes a triplé depuis 4 ans et est aujourd’hui estimé à 1,2 millions de personnes. Sur les 80 000 villages que compte le pays, 60 000 seraient touchés directement ou indirectement touchés. » (Thailander du 11 septembre 2011).


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Elle est un problème national  (57 % des détenus thaïlandais  sont liés à la drogue.).


Elle touche aussi, évidemment, nos villages d’Isan. Les familles discutent souvent des drames arrivés dans telle et telle famille par les effets désastreux du yaa baa (une amphétamine, le médicament qui rend fou en thai). « Un tel a volé, frappé, voire tué …… tel membre de la famille.


2/ Aussi le nouveau gouvernement du 1ère ministre Yingluck , à peine élu, décidait en septembre 2011 de lancer un vaste programme national de lutte  contre la drogue (« Force of the Land »), qui visait à la fois à la réinsertion des toxicomanes via des centres de désintoxication et la répression des trafiquants et dealers avec une  lutte particulière contre le  blanchiment de l’argent sale.


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Ce plan déploie une nouvelle stratégie et se veut respectueuse des droits de l’homme, contrairement aux méthodes musclés de 2003. Il vise à réduire de 80 % le nombre de drogués dans l’année en voyant dans le drogué un malade à guérir et non un criminel que l’on peut éliminer sans respecter les lois. Wasant Panich, ancien président des droits de l’homme en Thaïlande, en rappelant qu’ « il ne doit y avoir ni torture, ni meurtre extra-judiciaire des suspects », semble indiquer que les risques sont toujours présents.(Cf.Thailander du 13 septembre 2011 par ex.)


3/ Qu’en est-il à Kalasin, province de l’Isan ?


On peut douter de l’efficacité de ce nouveau plan, et de l’absence de  « bavures » à Kalasin, quand on constate comment la justice est rendue.


On peut en juger par la sentence rendue  au tribunal de Kalasin en ce mois d’août 2012, envers « Cinq policiers de haut-rang, reconnus coupables d’être impliqués dans le meurtre et la torture d’un adolescent de 17 ans (Kiattisak Thitboonkhrong, la jeune victime de 17 ans originaire de la province de Kalasin (nord-est), avait été retrouvée pendue dans un champ de riz dans la province voisine de Roi Et en juillet 2004, quelques jours après son arrestation pour vol de moto) durant la guerre sanglante contre la drogue menée par Thaksin Shinawatra, ont été relâchés temporairement sous caution mardi, un jour après le jugement de la Cour criminelle. Trois d’entre eux ont été condamnés à mort, un autre à la prison à vie, le dernier à sept années d’emprisonnement.(Cf. Y.F. (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html du jeudi 2 août 2012).


Vous avez bien lu : des condamnés à mort, enfin des "policiers" condamnés à mort, relâchés sous caution !!!**


Certes, la police et la justice sont deux institutions en principe indépendantes ( !), mais on ne peut douter que cette liberté sous caution accordée à des condamnés à mort, ne soit pas le signe d’une forme d’impunité accordée à la police.  De plus, pour une affaire traitée, combien sont restées impunies ?


Aujourd'hui, à l'hôtel de ville de Kalasin, une plaque se félicite d'une "province sans drogue". Mais pour les défenseurs des droits de l'Homme, il n'y a pas de quoi être fier. "La couverture systématique des policiers de haut rang à tous les niveaux a permis à des officiers ayant commis des abus de rester en poste et de continuer à terroriser le public", dénonce Sunai Phasuk, de Human Rights Watch. Sur la trentaine d'affaires répertoriées à Kalasin par les ONG, une seule a donné lieu à des poursuites: six policiers sont actuellement jugés pour l'assassinat d'un jeune de 17 ans, retrouvé pendu en juillet 2004, quelques jours après son arrestation pour vol de moto. (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html avec AFP) mercredi 29 juin 2011.


4/ Et pourtant, je peux témoigner d’une campagne  de prévention effective dans la province de Kalasin. Les habitants de mon village ont été conviés à une réunion d’information sur les méfaits du yaa baa et sur la nécessité de lutter collectivement contre ce fléau. Toutes les maisons de mon village ont d’ailleurs accrochées un drapeau blanc à leur portail  sur lequel est inscrit : « Cette maison n'est pas concernée parle  le yaa sèp tip" (drogue qui crée une dépendance en thai).


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Il n’est pas sûr qu’elle soit suffisante.

5/ On peut même être pessimiste.

Thailander du 13 juillet 2012*** confirme que le trafic de yaa baa se porte bien et que sa consommation en Thaïlande a augmenté.

yaba 210

 

Le  livre dePierre-Arnaud Chouvy et Joël Meissonnier « Yaa Baa: Production, trafic et consommation de méthamphétamine en Asie du Sud-Est continentale », nous montre entre autres  (Cf. l’introduction) :

·        La singularité du yaa baa vient du fait que cette drogue renverse les clivages communs.

·        Le succès du yaa baa est aussi indéniable parmi les « enfants des rues » que parmi la « jeunesse dorée ».

·        Le yaa baa est consommé par une écrasante majorité de jeunes voire de très jeunes thaïlandais ― écoliers, lycéens ou étudiants ―, c’est le fruit d’un étonnant renversement de tendance.

·        Et surtout : Pour le moins énigmatique, ce produit aux multiples propriétés jouit d’une représentation favorable qui le hisse au rang des substances vertueuses et idéales dont peu d’effets secondaires sont connus ou reconnus.

Nous n’en avons pas fini  avec ce fléau.


      poison qui rend fou

Nota. " Le dictionnaire insolite de laThaïlande" de Jean baffie et Thanida Boonwanno, fait remarquer que, jusque dans les années 1980, le ya ba "drogue des fous" était surtout la drogue des camionneurs qui "pouvaient acheter les comprimés dans toutes les stations services du pays". Du fait de cette accessibilité, les drogués au ya ba étaient deplusieurs millions".

 

_____________________________________________________________

*Yaa Baa: Production, trafic et consommation de méthamphétamine en Asie du Sud-Est continentale, Pierre-Arnaud Chouvy et Joël Meissonnier, L’Harmattan - IRASEC, Paris – Bangkok (ISBN 2-7475-2397-7)


QUATRIEME DE COUVERTURE 

Yaa baa, « le médicament qui rend fou ». En Thaïlande le surnom de la méthamphétamine sonne comme un avertissement, mais il n’a pas dissuadé des centaines de milliers de Thaïlandais, jeunes pour la plupart, de s’y adonner avec plus ou moins de retenue. « Drogue de travail » ou « drogue de loisir », il s’agit d’un véritable phénomène de société qui n’est pas étranger aux évolutions économiques et aux mutations culturelles qu’à connu le royaume au cours de ces dernières décennies. Ce livre s’efforce de donner des explications à un engouement qui touche également d’autres pays de la région. Il replace la consommation de méthamphétamine dans les logiques du narcotrafic dont les ressorts sont à rechercher aux marges orientales de la Birmanie, en plein cœur du Triangle d’Or.

Cf. par ex.  CHAPITRE 6 : CONSOMMATION DANS LES MILIEUX MODESTES

6.1. En milieu ouvrier, un fortifiant qui encourage l’effort. Une culture du stimulant. Risques sociaux. 6.2. La drogue de l’indigence. Un réservoir de main d’œuvre au service du trafic. De l’ouvrier au chômeur. Les enfants sans domicile fixe. Les prostituées et les victimes du trafic d’êtres humains. Les réfugiés et les travailleurs immigrés

CHAPITRE 7 : LES JEUNES, CIBLE PRINCIPALE DU YAA BAA. 7.1. L’usage de méthamphétamine cimente le groupe de jeunes. Processus d’identification au groupe de pairs. Just for fun ?. Le yaa baa : élément fédérateur d’une classe d’âge ?. Une consommation ritualisée. Drogue ou médicament : le piège des représentations. Une drogue pas si nouvelle. Une politique de prévention contre-productive 

**« D’après le quotidien anglophone The Nation, la caution avait été fixée à un million de bahts pour chacun, soit plus de 25.000 euros. Les policiers ont interdiction de quitter le pays. Le directeur-général des juges de la Cour criminelle, Thawee Prachuablarb, a indiqué que malgré les peines de mort prononcées, la liberté sous caution pouvait être accordée sur la base d’une décision propre au juge qui prononce la libération. » (cité par le Petit Journal).

 

***« Le trafic de méthamphétamines se porte bien en Asie du Sud-Est  »

Bien qu’en 2012 les tendances mondiales de la production, de l’usage et des conséquences sanitaires des drogues illicites soient restées largement stables, le dernier rapport de  l’UNODC a attiré l’attention sur le fait qu’en Asie du Sud -Est et en Thaïlande la consommation de drogue de synthèse, de type amphétamine est en forte augmentation.

D’une manière générale, la réduction de la culture et de la production d’opium et de coca a été contrecarrée par un accroissement de la production de drogues de synthèse.

 

 

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