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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 23:08

titreNous avons eu la curiosité de nous interroger sur la manière dont les petits Thaïs apprenaient l’histoire au XXIème siècle.


Est-ce vraiment du matraquage de la même farine que celui dont les consignes de Jules Ferry inondaient les inspecteurs d’académie à l’usage des instituteurs de la république ? (1) Vous jugerez sur pièces au fil de cette traduction.

 

Elle provient d’un petit livre d’histoire de 80 pages à l’usage de gamins de 12 ans (2) au niveau de la sixième année de l’enseignement primaire et le dernier d’une série de cinq. Il est l’oeuvre collective d’une équipe composée de professeurs ou instituteurs, Somphong Phalasoun,


somphong plasoun

 

Sayan Phalasoun, Plaplung Khongchana,

 

phlat plung

 

Chathip Nathasoupha

chatip

 

et de Krang Phraïwan,

krang pra£iwan

 

ce dernier auteur de livres pour enfants. L’autorisation officielle d’utiliser cet ouvrage dans l’enseignement primaire a été donnée par Chinphat Phoumiratana, un haut fonctionnaire de l’éducation nationale chargé de l’enseignement élémentaire (un secrétaire d’état ?).


 secretaire d'etat

 

Il débute par les considérations générales ci-après traduites, suivies de l’histoire, quelques pages pour chacun d’eux, des pays limitrophes, Laos, Birmanie, Cambodge et Malaisie et l’histoire de l’Asean.


L’histoire siamoise proprement dite est dans cet ouvrage limitée à celle des neuf monarques de l’actuelle dynastie. Nous y reviendrons naturellement en temps et heure !


A tout seigneur, tout honneur, les auteurs commencent par là où ils devaient commencer, « les sources »

 

Traduisons.

----

« Les documents de preuve  pour l’étude de l’histoire des événements importants dans l’histoire thaïe de la période des Rathanakosin. »


Les preuves, qu’est-ce que c’est ? Cela signifie « rechercher la vérité », différencier la vérité du mensonge. Les éléments qui nous permettent de rechercher cette vérité sont  de cinq sortes :

 

 Les preuves écrites :


Les plus importantes sont les inscriptions gravées, destinées à noter les événements ou à rendre compte de l’histoire de la vie de la société. Le graveur travaille avec l’intention de raconter ces événements dans un matériau qui en assure la pérennité, le bois, les tablettes d’argile, la pierre, le métal ou la céramique. Ces éléments sont des sources sûres puisqu’ils sont gravés et qu’il est impossible de les modifier par la suite. Nous connaissons ainsi des inscriptions capitales pour l’époque des Rathanakosin, ce sont par exemple les inscriptions de Wat Pho, gravées dans la pierre tendre et nous racontant l’histoire de la médecine traditionnelle thaïe. (3)


Les annales (phongsaodan พงสาวดาร)


annales


Elles concernent tous les événements de tous nos rois et de toutes les régions qu’ils dominaient, de leurs actes et de leurs rapports avec la population, elles sont essentielles pour connaître l’histoire des villes du royaume et des rapports avec les pays voisins.


Les chroniques (tamnan ตำนาน)

 

ตำนานเขางู


Ce sont aussi des éléments de l’histoire des régions, de nos rois, mais il est possible qu’elles aient été tranformées, modifiées ou altérées depuis leur origine, notamment par l’addition d’histoires magiques ou miraculeuses dans le sens du sacré ou de la magie. Les événements relatés dans ces chroniques comportent beaucoup d’erreur sur la nature des événements ou sur leur datation, mais elles conservent leur utilité, pour connaïtre ces événements, l’histoire des régions ou des personnages marquants et sur le fait religieux. Elles nous permettent de mieux comprendre par la connaissance de leurs pensées, de leurs croyances, les personnages du passé. Elles doivent être utilisées avec circonspection et l’on se doit de les examiner attentivement comme d'ailleurs tous les éléments de preuve. (4)


Les documents royaux


Ce sont  tous les actes royaux, les traités, les textes des lois concernant le commerce ou la population, tous les textes concernant les réformes administratives, pour l’essentiel de la période du Roi Rama V.

Les autres documents concernant lers personnages importants du royaume, leur correspondance depuis l’époque la plus ancienne, la narration de leurs rencontres ou de leurs voyages. Ainsi, une correspondance royale de la reine en place en 1907 nous donne une vision de l’histoire thaïe à l’époque des Rathanakosin.


Les documents qui ne constituent pas des preuves


Ce sont les portraits ou statues, les films, les chants traditionnels et les pièces de théâtre. (5)

 

                                                                -------------------------------------------------------------------


Voilà bien en quelques dizaines de lignes analysées pertinemment, la manière dont on doit étudier l’histoire. Les petits Thaïs ne sont peut-être pas toujours béats et bélants comme nous aurions parfois tendance à le penser !


Nous aurons toutefois, au hasard de traductions ultérieures correspondant à des périodes « sensibles », l’occasion de constater après Pascal que «  Vérité en deçà des Pyrénées erreur,  au-delà » (6) ou encore ce que Balzac fait dire à Gobzec en 1830 « Mes principes ont varié comme ceux des hommes, j'en ai dû changer, à chaque latitude. Ce que l'Europe admire, l'Asie le punit, ce qui est un vice à Paris est une nécessité quand on a passé les Açores. Rien n'est fixe ici-bas, il n'y existe que des conventions qui se modifient suivant les climats. » (7)

 

 

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 Notes

 

(1) « Oui, l’instruction civique donnée dans nos écoles sera désormais morale et civique . Et qu’entend-on par civique ? Le voici. Le maître ne dira plus aux enfants qu’ils sont des sujets et que tout pouvoir découlant de Dieu quand ils obéissent à un roi ou à César d’aventure, c’est à Dieu même qu’ils obéissent ... Ils apprendront, ces enfants, ce que jamais nos curés ne leur ont appris : c’est à savoir que la loi française, celle qui date de la Révolution, n’établit aucune distinction entre les citoyens, à quelque culte qu’ils appartiennent ...Nous supplions seulement nos excellents instituteurs d’insister sur ce point, c’est que la propriété de l’état est une propriété, ce qui appartient à tous apprtient à chacun ... Qu’ils fassent couler dans l’esprit de leurs élvèves qu’aujourd’hui, la loi est tout, que les hommes ne sont rien, qu’il ne faut obéir qu’à elle, que qui la respecvte est un citoyen, que qui lui désobéit est un factieux, qu’avec la loi fondée sur le libre consentement du peule, la nation est maître de son sort .... » in « Réveil du midi » du 22 juin 1881.


(2) ประวัติศาสตร็ฃ์ ชั้นประถมศึกษาปีที่ ๖ ISBN 9786162512737 année 2554 (2011)


(3) Ce fascicule ne concerne, avons-nous dit, que l’histoire depuis le début de la dynastie actuelle. Ne nous étonnons-donc pas qu’il ne fasse pas de référence à la fameuse stèle de Ramakhamhaeng.


(4) Voilà bien une distinction ignorée à ce jour de la quasi-totalité des historiens « professionnels » (sauf une .... à notre connaissance tout au moins) entre deux sources écrites, les « annales » (phongsaodan พงสาวดาร), ces fameuses annales, (« Les annales nous apprennent que.. », « nous savons par la lecture des annales que... ») et les « chroniques » (tamnan ตำนาน). Il nous semble pouvoir traduire ce mot par « chroniques légendaires » ?

Nous en trouvons toutefois une analyse assez fine sous la seule plume de Madame Rita BERNARDES DE CARVALHO


large rita.bernardes de carvalho

 

(« La présence portugaise à Ayuthaya (Siam) au XIVème et XVIIème siècle », Publication de l’école pratique des hautes études, Mémoire de master, 2006 et disponible sur son blog  http://rbcarvalho.pt.vc/). Pour cette très érudite historienne portugaise, les « tamnan » « basent leur narration sur des événements mythologiques voire cosmogoniques influencés par la doctrine bouddhique », les « phongsaodan » « privilégient le point de vue dynastique ». Elle a naturellement eu en mains le travail de Cushman dont elle dit « L’importance des chroniques pour notre sujet est due au fait qu’elles constituent les seuls sources traduites du siamois auxquelles nous ayons accés. Néanmoins, les limites de cet ouvrage sont évidentes si l’on s’attache à analyser la vie quotidienne. A part les rituels religieux et quelques festivités (tel le couronnement d’un nouveau roi), on ne dispose pas d’autres sources d’information sur le mode de vie thaï dans les chroniques ».


Une comparaison qui en vaut une autre, « la chanson de Roland » qui est un glissement de l’histoire à la légende.  


roland

 

« Pourquoi chanter Roland s'il n'y a pas de Roland ? » aurait dit Jean-sans-terre à ses troupes qui chantaient avant un combat la chanson du preux chevalier. Ce à quoi l’un de ses barons lui répondit férocement : « il y aurait encore des Roland s'il y avait des Charlemagne ». Et « Les chroniques de Joinville », historiques mais conditionnées par la noblesse de l’auteur et son admiration pour Saint Louis, dans le cadre d’une politique capétienne utilisant au mieux l’image du roi mort en croisade donné en modèle à ses successeurs.


Il nous a fallu tomber sur un livre d’histoire pour gosse pour trouver cette distinction que l’on ne trouve pratiquement nulle par ailleurs chez les historiens occidentaux si ce n’est chez notre historienne portugaise. Nous avons un bon inventaire de ces « légendes » traduites en thaï contemporain sur le site thaï (évidemment) http://www.tumnandd.com/category/ตำนานเรืองเล่าไทย


Les petits thaïs n’ont pas le sens critique ? On leur dit tout de même « ......Elles doivent être utilisées avec circonspection et l’on se doit de les examiner attentivement comme d'ailleurs tous les éléments de preuve ».


(5) Voir évidemment notre article sur le film « la légende de Suriyothaï » et d’autres qui suivront, sur des reconstitutions historiques à grand spectacle qui sont à l’histoire ce que les romans de Dumas sont aussi à l’histoire ! (« Yamada, le samouraï d’Ayuthaya », les héroïques combattants du petit village de « Bang Rajan », «  The king maker » « La légende du Roi Naresuan » - « tamnan » dans le titre thaï du film, un « thriller », « Garuda » - et d’autres !) Ne parlons pas des portraits ou de la statuaire, c’est la légende (encore) qui attribue à Charlemagne une « barbe fleurie » alors qu’il était - paraît-il – imberbe !


charlemagne

 

Nous essayons d’illustrer au mieux nos articles, mais ne conférez pas à la statuaire un reflet de la vérité !

(6) Pensées de Blaise Pascal (1re partie, chap. De la justice. Coutumes et préjugés) : « Vérité au deçà  des Pyrénées, erreur au delà ».


(7) Gobseck, exposant sa philosophie à l'avoué Derville, dans les « Scènes de la vie privée. »

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