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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 01:09

titreTout le monde sait la place prépondérante que tiennent les militaires dans la société thaïlandaise et le rôle essentiel qu’ils ont joué dans la politique de leur pays depuis 1932 avec à leur actif, la fin de la monarchie absolue, 18 coups d’état, plus de 50 ans (sur 80) à la tête du gouvernement, et en 2006, la chute du 1er ministre Thaksin. Nous avions déjà évoqué ce sujet en rendant compte d’un article de Jean Baffie consacré à « Une « démocratie » entre populisme et défiance envers le peuple : La politique en Thaïlande depuis la Seconde Guerre mondiale » *.

La lecture de « Armée du Peuple, Armée du roi »,« les militaires face à la société en Indonésie et en Thaïlande », de Arnaud Dubus et Nicolas Revise devrait nous permettre d’en savoir plus sur ce statut bien singulier de l’Armée thaïlandaise.**

 

livre


Il ne s’agit pas ici de résumer le livre mais plus  simplement de partager les grandes lignes de ce que nous avons appris, concernant le rôle joué par l’armée dans l’économie et la politique du pays.


Il faut remarquer au préalable que ce livre a été publié en 2002 ; et donc impliquerait pour leurs auteurs aujourd’hui certaines rectifications, comme par exemple ce portait consacré au général Surayud Chulanond, ancien commandant en chef de l’armée en 1998 et présenté comme l’exemple du grand réformateur incarnant « le nouveau visage de l’institution militaire, retirée de l’avant-scène politique, tentant d’abandonner ses bastions économiques et engagée sur la voie de ce qu’on appelle la professionnalisation » (sic). Arnaud Dubus ne pouvait savoir qu’il aurait aidé le futur auteur du coup d’état à devenir commandant en  chef de l’Armée et que celui-ci proposerait au roi qu’il devienne le 1er ministre du gouvernement issu du coup d’état qui avait renversé le premier ministre élu Thaksin Shinawat, le 1er octobre 2006. Il est évident que les accusations de corruption portées contre lui et certains membres de son gouvernement sont sans fondement. (Cf. wikipédia ***).


A. Dubus aurait dû se rappeler ce qu’il avait pourtant écrit page 169 : « le maître des règles du jeu politique s’efforcera de limiter tout bouleversement des normes qui l’ont conduit au pouvoir, en limitant les interférences de groupes sociaux susceptibles de le remplacer ».


Ceci dit, le livre remplit ses promesses et permet de comprendre comment l’armée  est arrivée au pouvoir, son émergence (chapitre 1), son attitude face aux menaces extérieures (ch.2), sa mission de sécurité intérieure, « une clef d’ingérence dans les affaires civiles » (ch.3), son rôle économique (ch.4), politique « une matière sérieuse pour être laissée aux civils » (ch.5), et ce qu’elle représente, à ses yeux et pour les civils (ch.6) , avec pour terminer en conclusion, une question essentielle que nos auteurs posent ainsi : « la démocratisation d’un régime politique assure-t-elle une subordination irréversible des militaires aux civils ? ».


L’introduction pose une bonne question : « le rôle de l’armée ? ».

 

role


Nous pourrions dire que le rôle de l’armée estde préserver la sécurité du territoire et de le protéger contre toute agression extérieure qui mettrait en péril la vie de ses citoyens, voire aussi de tout mettre en oeuvrepour protéger ses ressortissants menacés à l’étranger. Nous pourrions  ajouter que son rôle est aussi de maintenir la paix au niveau international dans le cadre de l’ASEAN et des Nations-Unies. (et de citer les missions accomplies).

 

asean


Mais vous vous en doutez, nos auteurs vont nous épargner ces généralités pour, d’entrée, s’interroger sur les justifications données par certains experts  (ils citent Harold Crouch)

 

harould crouch

 

sur « la prise en charge par les militaires de la gestion d’un pays », « la mainmise des militaires sur la vie publique ».

Au-delà des constructions théoriques, disent-ils, les « circonstances historiques « peuvent expliquer l’engagement politique des militaires. En effet, l’indépendance pour les Indonésiens, et la révolution de palais qui met fin à la monarchie absolue du Siam, le 24 juin 1932 aboutissent à une prise en main du Pouvoir par les militaires.


Le problème est qu’en 2012, soit 80 années plus tard, on s’interroge encore sur la transition démocratique et sur le prochain coup d’état, pour faire court.


Mais Dubus,  après avoir rappelé que la Thaïlande, après avoir été « dominés sans partage par les militaires jusqu’à la chute du gouvernement Thanom –Praphasle 14 octobre 1973 … a ensuite connu trois ans de démocratie réelle, avant qu’une sanglante reprise en main ne mette en place, pour vingt ans, un système d’apparence civile mais « sous influence militaire »  », semble défendre la croyance« à un retrait réel et durable de l’armée de la vie politique …en Thaïlande depuis 1992 ».


On peut se douter que Dubus doit regretter son optimisme d’alors. (2002)

L’Armée est encore dans le jeu politique et sait encore défendre ses gros intérêts économiques « au nom du roi et de la sécurité nationale » bien entendu.


Revenons au livre.


1/Dubus rappelle une spécificité thaïlandaise : « l’armée thaïlandaise se développe (alors) non pas dans la lutte contre les puissances extérieures menaçantes mais dans la répression des troubles internes. » (et de citer le révoltes ouvrières et paysannes de KhonKaen en 1896, de Chiang Mai en 1889, et encore au nord-est en 1902). Ainsi, dit-il, le roi Chulalongkorn (Rama V) (1868-1910), n’arrivera pas à mobiliser en masse en 1893  pour repousser les troupes françaises et devra composer pour éviter la colonisation.****


Ce qui ne veut pas dire que l’armée n’a pas répondu aux menaces extérieures. Le chapitre 2 y est consacré et nous avons déjà dans ce blog évoqué les conflits avec la France au temps de la colonisation française, l’attitude des Thaïlandais lors de la 1ère et la 2ème guerre mondiale (avec la bataille de Koh Chang de 1941par exemple*****) et son basculement dans le camp occidental au temps de la guerre froide, avec  sa participation aux côtés des Américains aux guerres de Corée et du Viet Nam avec  les conséquences de la présence des bases US en Thaïlande  (Cf. 15. Notre Isan : les bases US en Isan, les Américains en Isan ! et chapitre 2. La Thaïlande dans le camp occidental – les conséquences sur le royaume).


2/ Mais notre intérêt s’est surtout porté sur ses autres missions de « sécurité intérieure »qui l’a amené à lutter contre le parti communiste, et  les opposants au nom de la « sécurité nationale » dans les années 1960-80, et ensuite contre ce que le Conseil National de Sécurité (CNS) définissait  fin 2000, comme les nouvelles menaces : « drogue, immigration illégale, jeux, prostitution, blanchiment d’argent » (Cf. p. 115 et Bangkok Post du 1er janvier 2001). Et effectivement, on a pu constater que l’armée et spécialement la 3ème armée s’est impliquée dans la lutte contre les trafics frontaliers. (Cf. p. 116). Le général Sampao Chusri,alors commandant suprême des forces armées thaïlandaises précisait même qu’il répondait aux vœux du roi : « le Roi, inquiet de la propagation des drogues dans le pays, souhaite que les militaires soient directement impliqués dans la lutte anti-narcotique ». Alors si le roi le veut...


De plus, « à partir des années 70, le rôle de l’armée thaïlandaise dans le développementest systématisé pour légitimer ses activités politiques » (début ch.4). On pourrait citer de nombreux projets qui ont été bien accueillis par les intéressés surtout ceux qui sont dans des zones reculées  (Cf. le programme Yuthasat Pattana et le programme de constructions de routes, d’irrigation et d’assistance agricole,le soutien aux projets ruraux du roi, et les interventions en cas de catastrophes naturelles par exemples.)(Cf.pp.127-129).


Nous n’allons pas ici rendre compte du chapitre 3 consacré à la lutte contre la menace, bien réelle, qu’était alors le communisme au temps de la guerre froide.


C’est une page importante de l’histoire de ce pays rendue confuse par les  aspirations progressistes de la société civile et surtout des étudiants. (Cf. en 1975 la percée des partis de gauche aux élections et la terrible répression, le 6 octobre 1976 à l’Université de Thammasat). Période que vous jugerez différemment selon vos opinions politiques.

Mais l’armée pouvait à juste titre justifier cette guerre, surtout en 1975, où le Laos et le Vietnam tombaient sous le régime communiste et que la  guérilla communiste menait « sa guerre » au cœur même de la Thaïlande. (en 1979, la guérilla communiste a pu compter jusqu’à 14 000 hommes en armes, disent nos auteurs).

 

contre-com-kramer-pt


L’armée « royaliste » était là dans son rôle.

Mais, au nom de la lutte contre le communisme, « l’armée devient un instrument de répression politique utilisé contre les syndicats, les intellectuels et les étudiants. » Une page noire de l’histoire de ce pays. (Cf. par ex. les répressions sanglantes des étudiants en 1973 et 1976 et notre article 52 sur « L’ombre blanche, Portrait de l'artiste en jeune vaurien » de SanehSangsuk : (…) Si j’avais un minimum de conscience politique, c’était bien plutôt parce que j’avais lu des ouvrages illustrés de photos sur les événements du 14 octobre et du 6 octobre [1976] imprimés et vendus sous le manteau. Ils m’avaient fait sentir l’inconvenance, l’injustice, voire la terrible cruauté de ce que l’Etat avait fait à ceux dont les opinions divergeaient de façon objective ».


3/  L’armée et l’économie.


Le constat est clair : « Les militaires se sont  impliqués très tôt dans les affaires, non pour financer les opérations militaires, « mais pour s’enrichir personnellement ». Nos auteurs font ensuite un petit historique.


Après-guerre, les civils du parti du peuple regroupés autour de Pridi avec des hommes d’affaire sino-thaïlandais promeuvent le capitalisme privé (fondation de la Thaï Rice Company, la Bank of Asia, la Bank of Ayutthaya, Bangkok Bank, Central … ).


En 1947, les militaires reprennent le pouvoir et nationalisent les secteurs clés de l’économie au nom de la sécurité et de la préférence nationale. ( 30 entreprises en 1945, 86 en 1956). Enfin quand on dit les militaires, il faut surtout entendre «  « le clan de la rue Ratchakhru »  de la famille du général putstchiste PhinChunhawan [qui] prend le contrôle des conseils d’administration de la Thaï RiceCompany et la Thaï NiyomPhanit. (principale société exportatrice du riz) et les « sept officiers qui avaient organisé le coup d’état de novembre 1947 [qui] participent à 91 firmes. »

On apprend comment « le clan de la rue Ratchakhru » vont s’enrichir et créer un modèle malgré eux. Un système où les hommes d’affaires sino-thaïlandais se voient « contraints » pour faire face à la « concurrence » d’inviter les gradés à siéger au sein des conseils d’administration.


Ainsi une nouvelle alliance, un nouveau contrat, un nouveau système  s’installait entre les  hommes d’affaires et les généraux.


Les uns voyaient leurs affaires protégées, bénéficiaient des contacts, des contrats publics, et les généraux s’enrichissaient en siégeant au sein des conseils d’administration, et en touchant des « rétros commissions » comme on dit aujourd’hui.


« En septembre 1957, au moment du coup d’état du général Sarit Thanarat, l’empire économique des militaires est d’autant plus colossal qu’il est dopé par l’aide américaine. »


Les pages 135 à 137 seraient entièrement à citer tant elles indiquent précisément comment s’est constitué l’empire militaro-économique de 1947 à 1963 (mort du dictateur Sarit),

 

sarit

 

basé désormais sur un intérêt mutuel avec les milieux d’affaires « les Chinois obtiennent protection, privilèges et accès ; les militaires bénéficient des capitaux, de l’expertise commerciale, et des réseaux de distributions de leurs associés. »


Certes à chaque coup d’état s’opère une redistribution des cartes. Certains sont envoyés en exil, d’autres doivent partager, s’allier ou se rallier, proposer des « nouvelles idées ». Ainsi le livre décrit comment le général Sarit a opéré pour s’enrichir (exclusion, association, contrôle, partage avec les fidèles  (Il est dit que son ministre de l’intérieur, le général Praphas, était dans 44 conseils d’administration), nouveaux secteurs d’activités contrôlés par l’Armée …). A l’inverse,  grâce à leurs relations militaires, certains clans comme Sukkree Potiratatangkun, Thaworn Phornphrapa, Uthane Techapaibun et  le clan Rattanarak, propriétaire de la banque of Ayutthaya … vont s’enrichir et prospérer.


« L’empire militaro-économique, bâti sur des mariages d’intérêt, de connivence et de convenance avec les grandes familles industrielles, ne cesse de s’agrandir. Il s’étend à de multiples secteurs d’activités : finance, aviation civile, audiovisuel, assurance, immobilier, textile, cuir, verrerie, batterieset conserves. Les officiers occupent les postes clés des ministères et des entreprises d’Etat. L’armée « institutionnalise » son pouvoir.» (p. 137).

Mais contrairement à l’armée indonésienne, les militaires thaïlandais interviendront peu dans la gestion des affaires et laisseront se développer une économie de marché, conformément « aux recommandations de la banque mondiale de 1959 ».


Et puis curieusement, on passe aux années 1990 ?

 

Pourquoi ce trou ? peu de documents ? fatigue ? trop fastidieux de faire de nouvelles listes des familles qui profitent du système ? ou le système devient trop complexe ? trop d’intérêts intriqués ? avec en plus une étrange déclaration :


« Cette époque semble aujourd’hui révolue » avec l’émergence d’une société civile ??? (p.144) 


Ah bon. « semble » en effet.


Certes, nous n’étions plus à la période d’avril 1948 à septembre 1957, où Sarit et Phibun exerçaient « une domination quasi-absolue sur le  pouvoir politique » (p. 16), ni sous la dictature de Thanom en 1971, voire pendant la guerre froide où tout opposant déclaré risquait sa vie, mais enfin malgré quelques périodes « démocratiques » en 1974-75, il y avait eu quand même le coup d’état du 6 octobre 1976, un régime que l’on qualifie de semi-démocratique mais mené par le général Prem, le chef de l’armée, deux tentatives de coup d’état en 1981 et 1985, des élections en 1988, mais un nouveau coup d’état militaire le 23 février 1991, un répression sanglante le 18 mai 1992, une intervention du roi qui calme le  jeu et qui permet un retour des civils au pouvoir, des élections en 95 mais avec un gouvernement qui chute un an plus tard pour corruption, des élections en 96 mais avec un premier ministre général (Chavalit).


Certes le 11 octobre 1997, une nouvelle constitution était rédigée pour la première fois par des civils, l’arrivée de au pouvoir de Chuan Leekpai, après la terrible crise financière de 1997 et les premières élections sénatoriales au suffrage universel le 4 mars 2000, la première victoire triomphale  le 6 janvier 2001 de Thaksin aux élections législatives . pouvaient  laisser croire (pour les naïfs) que désormais « l’époque des militaires était révolue ».


Et puis on connait la suite.


Un nouveau coup d’état militaire le 19 septembre 2006 dirigé par le chef de l ’armée de terre, le général Sonthi, avec une « investiture royale «  qui le nomme « chef du Conseil pour la réforme démocratique sous la monarchie constitutionnelle »(sic) avec en même temps une commission chargée d’enquêter sur la corruption « présumée » de Thaksin par hasard, et le 2 octobre l’ancien commandant en chef le général Surayud Chulanond,

 

Surayud Chulanont

 

(vous vous rappelez le nouveau visage de l’institution militaire, le grand réformateur) « conseiller privé du Roi » est nommé, aussi par hasard,  1er ministre… (d’après la chronologie de « Thaïlande contemporaine »*).


Depuis le 3 juillet 2011 le pouvoir est revenu aux civils, mais l’armée est toujours là. Il est vrai  désormais que,  depuis l’ére Thaksin, les « paysans » du Nord-Est et du Nord sont conscients qu’ils ont désormais un rôle à jouer dans la politique du pays. (Cf. Notre article l’Histoire ne sera plus comme avant : L’avènement de Thaksin ! *****)


Mais cette émergence du peuple ne signifie pas que les militaires ont renoncé au système mis en place, pour assurer leurs intérêts économiques !


Nos auteurs le signalent d’ailleurs en soulignant que la mondialisation a complexifié la gestion des entreprises et rendu plus inutile la présence des officiers insuffisamment formés. Des bastions ont été attaqués (« les directeurs de l’Agence des communications téléphoniques domestiques et de l’agence internationale ne sont plus forcément des généraux », « le chef de l’armée a accepté de quitter la présidence de Thai Airways en 1992 par exemple). » « Malgré le retrait perceptible de la vie économique, les militaires thaïlandais continuent à dominer les médias audiovisuels » (p.146), même s’ils confient désormais la gestion à un organisme privé.

Disons que le système a changé. Leur empire n’est plus aussi étendu, mais il demeure.


« Les réseaux de clientèle des militaires sont pourtant loin d’être totalement désactivés et permettent l’octroi d’emplois aux parents et aux proches des officiers ». Et puis les clans, les grandes familles militaro-industrio-financières, n’ont pas disparu.


Les militaires sont toujours présents dans l’appareil financier, même si leur part a diminué. Nos auteurs citent la Thai Military Bank, où « les militaires détiennent 42 % des parts (28 % pour l’armée de terre et 14 % répartis entre l’armée de l’air, la marine,

 

military bank

et l’organisation des anciens combattants. »

On peut aussi penser que le  commerce frontalier demeure, les  entreprises forestières, minières, les taxes (légales et/ou illégales) prélevées … on peut penser au « rôle d’intermédiaire » joué par les militaires pour les contrats d’armement et autres « marchés publics », surtout précisent nos auteurs, que les parlementaires entérinent le plus souvent le budget proposé par l’armée. (p. 155)(on parle de commissions de 15 % !).


Nos auteurs ont eu tort de croire au retrait politique et économique de l’armée, annoncé par le général  Surayud Chulanond en 1998. Ils avaient pourtant écrit à la page précédente (p. 160):


« Pour défendre leurs intérêts acquis, qu’ils soient individuels ou institutionnels, les militaires doivent coûte que coûte maintenir leur emprise politique ».

Nous allons voir dans l’article suivant comment  nos auteurs racontent  cette « emprise » politique, au fil de l’histoire de la Thaïlande.

 

____________________________________________________________________

 

 *in Thaïlande contemporaine, Sous la direction de Stéphane Dovert et Jacques Ivanoff, IRASEC, Les Indes Savantes, 2011.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a-50-cles-pour-comprendre-la-politique-en-thailande-90647687.html

« Pour faire court. L’armée a été l’élément moteur de la « révolution de 1932 » et s’est considérée dès lors « comme la gardienne d’une identité proprement thaïe » et après le coup d’état du maréchal Sarit en 1959, gardienne de la royauté et du respect dû au roi. Une idéologie efficace à laquelle s’est rajoutée une culture du coup d’état permettant d’assurer en fait des intérêts économiques puissants ».


**in l’Harmattan, IRASEC, 2002.

Nous n’avons lu que la partie consacrée à l’Armée thaïlandaise écrite par Arnaud Dubus.


*** «  He has been accused of forest reserve encroachment (a charge that was not investigated since the statute of limitations had run out by 2 years) and illegally acquiring train carriages for display in his forest home”. (Wikipédia)


**** Traité dans 7 articles de nos « relations franco-thaïlandaises »


****Cf. notre Article 4 : la bataille navale de Koh-Chang (17 janvier 1941)


*****http://www.alainbernardenthailande.com/article-pour-comprendre-la-crise-actuelle-la-thainess-63516349.html


« L'arrivée au pouvoir de Thaksin comme 1er ministre en janvier 2006 va bouleverser l’échiquier politique et social, mieux, délégitimer la Thaïness et remettre en cause les pouvoirs installés. Il ne s’ agit pas ici de juger la fortune colossale acquise, ni des moyens qu’il a dû employer pour l’acquérir, mais des effets de ses actions, contre la hiérarchie installée depuis des lustres (certains ont même vu une remise en cause du pouvoir royal), et pour la fierté retrouvée du peuple du Nord et du Nord-Est.« Thaïlande, Aux origines d’une crise », Carnet n°13 de l’Institut de recherche sur l’Asie du sud-est (IRASEC)

(Cf. notre chapitre  l’Histoire ne sera plus comme avant : L’avènement de Thaksin !


 *****http://www.alainbernardenthailande.com/article-a30-les-elections-du-3-juillet-2011-en-thailande-75353534.html 

 

fin

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jeffdepangkhan 05/11/2012 02:15


Bonjour,


je viens de lire votre article qui est très intéressant. Il m'a permis de préciser des faits que je connaissais plus ou moins et surtout d'y mettre une chronologie qui m'était plus ou moins aléatoire... Je pense qu'il aurait
été peut-être bien de creuser du coté de la Thaïe Military Bank,
si Dubuss ne l'a pas fait peut-être pourriez vous y faire quelques recherches
(la répartition des rôles des différentes armées dans la vie économique du pays et le poucentage qu'elles représentent dans les parts détenues au sein de la banque armée de
terre/ armée de l'ir etc...et surtout ce que les autres acteurs de l'économie ont le "droit" ou non d'y faire des affaires). En effet si les personnes physiques ont plus ou moins
disparues des conseils d'administration, cette banque reste The BANK, pour l'investissement en matière des produits d'importation (on
peut imaginer les commissions perçues !), elles restent la première banque d'investissement du pays, elle aurait perdu de l'influence sous Taksin ce qui
expliquerait bien le coup d'état de 2006 et non un quelconque prosélytisme (on est sur un paradoxe, l'armée thaïlandaise se veut être la garante de la démocratie depuis son coup d'état de 1932 et de l'instauration de la
première démocratie au pays).D'ailleurs depuis
2006-2007 et l'éviction de Taksin, la TMB est de retour au premier rang des
transactions financières du royaume et tant que la petite sœur ne touchera pas à ce privilège, elle aura le temps d'appliquer
les réformes qu'elles désirent, mais aussi le temps qu'elle aura de faire des campagnes du nord et du nord est un vraie puissance politique mais surtout économique
alors...Yingluck doit avoir à son coté de bons conseillers, de très bons conseillers qui voient dans un avenir lointain
qui permettra alors à la dynastie Taksin de prendre la place qu'elle a toujours désirée, rêvée (?) au
sein d'un futur état thaïlandais où militaires et consoeurs ne seront peut-être plus qu'un
souvenir lointain ? L'avenir le dira, déjà cinq ans sans régime militaire
!


Bonne journée,  


Jeff des
rizières


 

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 06/11/2012 01:39



Merci pour votre commentaire judicieux.


Il est évident qu'il serait nécessaire de connaître ce que représente le pourcentage du pouvoir économique des militaires dans l'économie globale, ainsi que celui de la famille
royale.


Nous n'en avons  malheureusement pas la compétence


Cela aiderait à comprendre le comportement"politique" des uns et des autres.