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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 00:01

france-delcasseLes dessous des traités de 1902 et de 1904 entre la France et le Siam.


Il y a 110 ans le(s) diplomate(s) français  ont-ils été acheté  par les  Siamois ?


Nous avons parlé d’abondance du traité franco-siamois de 1893 qui fut signé par le prince Devawongsee et notre ministre plénipotentiaire, Charles Le Myre de Vilers.

 

le myre


La France en 1893 était aux mains des  « républicains modérés » et son président Sadi Carnot avait « une certaine idée de la France », bon sang ne pouvant mentir.


1902 voit la victoire du « bloc des gauches » ; le président de la république est le très modéré Loubet qui s’implique dans la politique étrangère sans avoir aucun pouvoir. C’est depuis le mois de juin le ministère d’Emile Combes et Théophile Delcassé est aux affaires étrangères.


Dès la signature du traité du 3 octobre 1893, il apparait que les Siamois (qui l’avaient toutefois signé sous la menace de nos canonnières) vont s’efforcer de ne point en tenir compte tant en ce qui concerne les questions des délimitations territoriales que celles de nos « protégés » (1)


Le 18 février 1894, Auguste Pavie,

 

A Pavie

 

ministre résident de la France à Bangkok, alerte le président de la république sur la mauvaise foi des Siamois qui « cherchent à éluder les conséquences de l’article IV de la convention » (relatif à nos protégés). Ces plaintes sont réitérées le 22 août 1894 auprès du ministre des affaires étrangères (Hannotaux) et encore le 4 juillet 1895. « Question d’interprétation du traité » prétendent les Siamois (lettre de notre ambassadeur du 30 novembre 1895). La mauvaise foi des Siamois semble insigne : le traité indique qu’en cas de difficultés, le texte français s’impose, les dispositions relatives aux protégés y sont limpides, nonobstant les affirmations du prince Dewawongsee, parfaitement francophone.

De nouvelles difficultés sont signalées par notre ambassadeur tout au long des années 1896 et 1897. C’est alors le roi qui s’empare de ses difficultés et annonce à notre ambassadeur son départ pour l’Europe. Rien n’est apparement ressorti de ce voyage puisqu’en 1898, notre ambassadeur qui vient de rencontrer le roi n’a eu droit qu’à ses souvenirs de voyage (courrier du 30 mars 1898).

A cette époque Delcassé devient ministre des affatres étrangères. C’est alors l’ambassadeur du Siam à Paris, Phy Suriya qui propose à Delcassé d’engager des discussions dont Delcassé se décharge sur notre ambassadeur à Bangkok, Defrance. Le 27 janvier 1899, celui-ci fait part à Delcassé des résultats de ses entretiens à Paris avec Phy Suriya : « ses propositions ne semblent même pas discutables ». Lorsqu’on connait le langage diplomatique, on devine ce que cela veut dire : Il n’y a pas à discuter de l’indiscutable.

 

langage diplomatique


Le roi de Siam se rend alors en Indochine, il y est reçu fastueusement par Doumer (sur instructions formelles de Delcassé) auquel il fait des promesses. Mais le 4 juillet 1899, Delcassé écrit à notre ambassadeur à Bangkok que le gouvernement siamois conteste formellement les promesses faites (« qui auraient été faites ») à Doumer. Le 11 août 1899, il lui enjoint d’avoir désormais une conception restrictive du droit de protection (ce qu’il appelle « consentir des sacrifices appréciables »). En contrepartie, la belle affaire, le roi a promis de rendre l’enseignement du français obligatoire au Siam (belle contrepartie dont on sait comment elle a été respectée !). Le 6 octobre 1899, l’ambassadeur demande à Delcassé s’il peut « lacher du lest » en promettant l’abandon de Chantaboun occupé par les Français en garantie de la bonne exécution du traité de 1893 systématiquement violé par les Siamois depuis 6 ans. En clair, les Siamois exigent l’abandon préalable de Chantaboun avant de rediscuter les conditions d’un traité qu’ils ne respectent pas. Le 31 janvier 1900, notre ambassadeur avise Delcassé de ce que les Siamois refusent de respecter la convention de 1893 sur les protégés mais affirment toutefois qu’ elle a été respectée. C’est de la logique siamoise.

 

duplicite-copie-1.jpg

 

L’ambassadeur change, Klobukovski est désigné, les instructions de Delcassé en date du 25 juillet 1901 sont claires « Nous pouvons abandonner nos prétentions en matière de protection ». Les Siamois détenaient en particulier 35 princes laos qu’ils n’avaient toujours pas à cette date libérés depuis 8 ans malgré les promesses formelles faites à Pavie.

Mais la situation s’aggrave et en juin, Klobukovski laisse entendre à Delcassé (en langage diplomatique) qu’il faut envisager le recours à la force (courrier du 6 juin) : « La situation politique qui s’aggrave ne saurait se dénouer dans un sens favorable à nos intérêts que par une action prompte et énergique ».


Le 19 juin, Delacassé annonce à Klobukovski

 

klobokovski

 

la venue à Paris du sous – secrétaire d’état siamois à l’intérieur, avec lequel « il doit discuter ». Nous reviendrons sur ce personnage !


Klobukoski avait-il senti venir le vent ? Il avait demandé à Delcassé l’autorisation de prendre un congé de quelques mois pour raison de santé, ce qui lui est accordé.  Un bel exemple de « maladie diplomatique » !

Le 9 octobre, Delcassé annonce séchement à un certain Dutasta qui a remplacé Klobukovski à Bangkok, qu’il a signé le traité (dont il lui joint copie) avec le ministre du Siam à Paris.


Le traité a donc été signé par le seul Delcassé avec l’ambassadeur du Siam à Paris, après discussions avec le sous – secrétaire d’état siamois à l’intérieur, apparemment ni le premier ministre Combes (surtout préoccupé de manger du curé)

 

combes

 

ni ses collègues du ministère et encore moins le président de la république (qui n’a toutefois aucun pouvoir)

 

doumer

 

et contre l’avis diplomatiquement donné par notre ambassadeur. L’ensemble de ces correspondances, 80 au total, dont nous ne donnons que de brefs extraits, est libre d’accés et a été publié (2).

***

Delcassé est un spécialiste des reculades (3) : cette convention en est un bel exemple. « L’opinion avait pris parti contre elle avec une vivacité peu commune dans notre pays » (4). Il y a effectivement de quoi être effaré. La France lâche la proie pour l’ombre et abandonne Chantaboun, occupé pour garantir l’exécution « de bonne foi » par le Siam du traité de 1893 et surtout abandonne nos « protégés », une notion dont nous avons déjà parlé.


Nos « protégés » ?


Ce sont essentiellement les personnes issues de territoires présentement sous souveraineté française, pour la plupart des Laos et des Cambodgiens déportés ou issus des déportés par les Siamois dans les campagnes de razzias systématiques de populations, qui avaient quelque intérêt à passer du statut de sous-esclaves à celui de protégé de la France (5).

Pour les Siamois, encore à ce jour, « les gouvernements français et anglais (bravo pour l’erreur que l’on espère de plume) signent une nouvelle convention, le 7 octobre 1902, bâtie sur une compréhension plus large et un esprit plus conciliant de la part du gouvernement français » (6).

Pour les Anglais, c’est un triomphe : « Il convient de féliciter hautement Phya Sri, qui a négocié le dernier traité avec Monsieur Delcassé de sa victoire diplomatique » (7).


Nous abandonnons effectivement les avantages acquis en 1893 et nous retirons notre protection à des personnes qui en jouissaient depuis 10 ans sinon plus - évidente politique de l’autruche -.

 

La presse française s’en donne à cœur joie

 

Sans titre-2

 

y compris la presse favorable au gouvernement :

  • « Fâcheuse convention » (8).
  • « La dernière bassesse de Delcassé ». (9)
  • « On se demande vraiment ce qui a pu décider notre diplomatie à signer un pareil traité ? » (10 ).
  • « Tandis que notre antagoniste progresse (l’anglais) dans la péninsule malaise,  notre politique de prudence nous vaut, à chaque convention, nouvelle l’abandon de quelques avantages dont l’ensemble fait un total important » (11).
  • « Nos diplomates ont manqué de clairvoyance » (12).
  • Le groupe des députés des colonies à l’assemblée se déchaîne et dépose un « livre jaune » sur le bureau du président (13).

Charles Le Myre de Villers, l’habile négociateur du traité de 1893 déplore cette « désastreuse convention », l’abandon de nos protégés et des abandons de territoire aux Siamois contre la récupération de « deux forêts toujours noyées sous les inondations du Mékong et qui nourrissent à grand peine une population de six mille habitants » (14).

Seul Jaurès (on ne sait d’ailleurs pas trop pourquoi) est favorable (15). 

***

Mais le Siam ne s'embarrasse pas de circonvolutions juridiques, le pays n’a pas de constitution, le roi est maître chez lui et s’imagine de mettre immédiatement le traité à exécution en ignorant ou en feignant d’ignorer que la France en a une qui ne donne force de loi aux traités qu’une fois, après signature, ratifiés par les chambres, promulgués par le président de la république et publiés au Journal officiel.

Le ministre des affaires étrangères et ministre de l’intérieur est le prince Damrong, nous ne ferons pas l’injure à sa mémoire de penser qu’il ignore les méandres du droit constitutionnel français. Les incidents se multiplient dont se fait en particulier l’écho « Le Figaro » dans un très long article (16). « Le Siam exécute à son profit le traité que les chambres n’ont pas encore ratifié » (17). Nous vous épargnerons les articles de presse qui vomissent sur Delcassé et se déchaînent sur la duplicité siamoise.

On parle de guerre, de canonnières, les chambres refusent la ratification et un nouveau traite sera signé le 13 février 1904 entre les mêmes, moins boiteux et rétablissant – mutatis mutandis – les acquis de 1893, en particulier à l’égard de nos chers protégés.

L’incident est clos et le traité de 1902 est maintenant dans les poubelles de l’histoire.

 

 poubelles

***


Mais pourquoi « notre diplomatie » avait signé un pareil traité ? 

La Presse  du 20 février 1903 « suggère » une réponse :

« Une dépêche de Bangkok adressée à l’agence « Paris-nouvelles » dit que les ministres siamois se sont réunis plusieurs fois déjà pour examiner le compte des frais de l’envoyé spécial chargé de signer le traité avec la France, Phy Sri Ahadha. Phy Sri Ahadha avait un crédit illimité, dont il a su user largement. Il compte notamment une dépense de 125 francs par jour pour des fraises puis 125.000 francs pour divers concours nécessaires à sa mission diplomatique, 50.000 francs comme frais de publicités et de nombreuses autres dépenses du même genre ... »


ClemenceauPanama


Si l’on en croit les statistiques de l’Insee, un franc « germinal » du début du siècle dernier équivaut à 3,51 euros de 2009 (18). Plus de 600.000 euros pour s’assurer « les concours nécessaires » compte tenu du prix des fraises en automne à Paris.


Est-ce ainsi que les Siamois ont obtenu des Français « une compréhension plus large et un esprit plus conciliant  » ?


Le journal  rajoute le 25 février :


« Que l’on fasse payer 125 francs de fraises à un exotique aux yeux bridés, rien d’étonnant à cela pour qui connait le respect dont on entoure les rastas de marque dans les grands restaurants parisiens. Si quelque chose peut surprendre, c’est que ce siamois, qui est décidément un boulevardier très avisé ait pu s’assurer des concours politiques et diplomatiques pour une somme de 175.000 francs ».

 

resto


Delcassé dément, l’ambassade du Siam dément, parbleu ! «  Que voudrait-on qu’elle fit ? Est-ce qu’on avoue des tripotages de ce genre ? ».

On nous dit « Mais c’est le ministre du Siam à Paris Phya Suriya Nuvatr qui a signé l’accord ? D’accord. Phy Sri Ahadha n’était qu’un envoyé extraordinaire occulte chargé d’une mission précise et limitée. Il n’a pas à figurer en nom dans les documents diplomatiques. Et ses démarches sont de celles qui n’ont pas à être écrites pour produire leur effet ».

Parbleu ! Si il y a eu distribution d’enveloppes, ce n’est pas l’ambassadeur qui s’en est chargé ! Et le journal termine en parlant de cet accord « que Monsieur Delcassé est le seul à patronner avec une bien dangereuse ostentation ».


Il confirme le même jour que la dépêche est tombée le 19 février dans la nuit, que devant les démenti du journal « Le temps » qui passait à juste titre pour être le journal officieux du gouvernement, qu’il a interrogé le directeur de l’agence, Monsieur Salanson qui maintient fermement, persiste et signe et que son correspondant est un homme de confiance.


Il s’agit de Jean Hess, à son tour interrogé qui confirme en parlant de cette note d’apothicaire, que « le Siam achète avec la même facilité les primeurs et les publicistes. » (19).


fraises allemagne zoom945


Celui-ci n’est pas un fantaisiste, personnage haut en couleur, il connait parfaitement toutes nos colonies qu’il a arpentées comme photographe et géographe en s’attachant en particulier à dénoncer les abus de l’administration coloniale à l’égard des indigènes (19).

 

Le démenti du Temps, le 28 février, fut dérisoire : « Phy Sri Ahadha ne fut jamais chargé de signer le traité du Siam avec la France, il n’a pas eu davantage de mission officielle » ....


Ce Phy Sri Ahadha que personne ne connaît, ni Siamois ni Delcassé, qui était-il ?


Les Siamois d’une part et Théophile Delcassé d’autre part ont une fière audace. Le 25 octobre 1902, Delcassé écrit à Dutasta, chargé d’affaire de France à Bangkok : « J’ai eu l’honneur de vous communiquer le 9 de ce mois le texte de la convention ..... Vous n’ignorez pas dans quelles intentions le gouvernement siamois avait envoyé en France au mois d’août dernier Phya Sri Sahadeb, sous-secrétaire d’état au ministère royal de l’intérieur. Ce haut fonctionnaire était porteur d’instructions et de pouvoirs qu’il devait remettre au représentant du roi à Paris en vue de régler les difficultés pendantes entre les deux gouvernements .... » (2). Il a naturellement oublié qu’il avait annoncé la venue de ce missi-dominici à notre ambassadeur le 19 juin précedent (à la page 73 du document visa en note 2) ! 

Phy Sri Ahadha ... Phya Sri Sahadeb, compte tenu des fantaisies de transcription des noms siamois, difficile de penser que ce ne soit pas la même personne. Et ce porteur de valises n’est pas n’importe qui, il apparait bien sous le nom de Phyah Sri Sahadeb comme vice-ministre et sous-secrétaire d’état dans la liste officielle des membres du gouvernement de sa majesté depuis 1900 jusqu’en 1909  (20).


Bref, les accusations ne furent pas le seul fait de « la Presse » : 

Le 11 mars, séance à l’Assemblée nationale et intervention de Marcel Sembat, député de la Seine. Il va mettre purement et simplement « les pieds dans le plat » sans susciter une réponse claire de Delcassé (21).

Difficile d’être plus net dans les accusations. A cette époque, ne l’oublions pas, on ne badine pas avec la diffamation, crime passible de la Cour d’assises souvent sanctionné par de la prison ferme (ainsi que Zola en fit l’expérience). Et quand on ne choisit pas la voie judiciaire, celle du duel est encore très en usage.


 Photo Panama-les scandales de 001


Cette affaire n’aura pourtant aucune suite judiciaire, la signature du traité de 1904 ayant calmé les esprits.


Nous ne saurons donc jamais si ... et qui .... sauf les intéressés eux-mêmes. Paix à leurs cendres. (22)

 

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Notes


(1) voir notre article « A77. L'heureux sort des Français au Siam ...il y a un siècle ! » Les français ... et leurs protégés.

(2) « Ministère des affaires étrangères, documents diplomatiques - affaire de Siam 1893 – 1902 ».

(3) Affaire de Fachoda face aux Anglais,


fachoda

 

affaire du Maroc face à l'Allemagne, à la suite de laquelle il dut démissionner. Si dans les deux cas, il avait en face de lui des adversaires de taille, il n’en était pas de même avec le Siam.

(4) « Le nouveau traité franco-siamois du 13 février 1904 ». Maurice Zimmerman, in « Annales de géographie », 1904, tome 13, n° 69, pages 283 s.

(5) « Annales de géographie », 1902, tome 11, pages 472 s.

(6) « La crise franco –siamoise en 1893 » par Piyanuch  Joychoo, mémoire d’études française,  diplôme de maitrise, Université Siplakorn, 2005, ISBN 974 464 967 4.

(7) « Bangkok times » cité par « la Presse » du 15 décembre 1902.

(8) « La presse » du 23 novembre 1902.

(9) « La presse » du 2 novembre 1902.

(10) « Questions diplomatiques et coloniales », 1902, pages 49 s.

(11) « La presse » des 9 et 12 novembre.

(12) « La presse » du 18 novembre.

(13) « La presse » du 20 novembre.

(14) « La presse » du 4 novembre ».

(15) Du moins selon « Le temps » du 26 septembre 1903.

(16) « Le Figaro » du 7 avril 1903.

(17) Interpellation à la chambre du député de la Cochinchine, « Le temps » du 2 avril 1903.

(18) A l’époque, un instituteur gagne 2.200 francs par an et un ouvrier parisien 4 ou 5 francs par jour.

(19) Sur ses aventures au Siam et au Cambodge, voir l’excellent blog

http://www.op-sangha.fr/article-le-prince-yukanthor-38327869.html

(20) « Almanach de Gotha » partie administrative, de 1900 à 1909.

(21) Intervention reproduite dans « la Croix » du 12 mars 1903.


M. Sembat : « D’une manière générale, il importe en matière de politique étrangère de veiller à ce que des influences d’argent n’interviennent pas en ces questions, comme cela s’est vu à diverses reprises en ces derniers temps, pour fabriquer une opinion publique factice. Cela s’est fait pour le récent traité avec le Siam : un haut fonctionnaire de ce pays s’est vanté d’avoir emporté en Europe d’énormes sommes d’argent pour préparer l’opinion en faveur de ce traité (bruits). Et qu’on n’objecte pas que le nom de ce fonctionnaire ne se trouve pas au bas de ce traité ; en pareil cas, à côté du titulaire officiel, il y a l’officieux chargé de mettre de l’huile dans les rouages (rires).

M. Delcassé, ministre des affaires étrangères : «  Je dois vous dire que, dès que le gouvernement siamois a connu la nouvelle en question donnée par je ne sais quel journal, il a protesté officiellement avec indignation contre ce bruit » (rires sur divers bancs).

M. Sembat : «  Cette protestation n’a rien que de très naturel (nouveaux rires) nous ne sommes pas ici pour enregistrer les on-dit mais nous serions contents de savoir la conviction intime de M. Le ministre lui même ».

M. Delcassé répondra à cette séance à beaucoup de critiques sur sa politique étrangère mais gardera à ce sujet un silence pesant.

Aucun journal n’ayant à notre connaissance soutenu le traité de 1902, la conséquence inéluctable est que si des consciences ont été achetées, ce ne furent pas celles de journalistes. La position de Jaurés, apparemment personnelle, n’apparaît pas dans « L’humanité ».

(22) Les Siamois ne pouvaient ignorer (et en tirer leçon ?) que 10 ans auparavant avait éclaté le scandale de Panama, où plus de 150 députés, sénateurs ou ministres avaient été impliqués jusqu’au cou. 151 exactement, dont la liste reste un mystère de l’histoire de la IIIème république (Toutefois, cette fameuse liste a été retrouvée ..... par Arsène Lupin, lire ou relire « Le bouchon de cristal ».)

 

le bouchon 4


Qui étaient les « chèquards » ? Delcassé pouvait - évidemment - d’autant moins en être qu’il appartenait à la Commission d'enquête auto-désignée par les députés parmi les députés pour enquêter sur eux-mêmes et qui déposa un énorme rapport  (« Le rapport Vallé ») chargé de faire « la lumière », ce qu’il ne réussit pas à faire en trois volumes pour plus de 2000 pages.

« Quant aux accusations de corruption portées contre le parlement, nous les avons étudiées et pesées une à une, et nous avons montré combien elles étaient peu fondées » (« Rapport fait au nom de la commission d'enquête chargée de faire la lumière sur les allégations portées à la tribune à l’occasion des affaires de Panama », rapport général par Monsieur Vallé, 1893 premier volume).

 

Arton bouc émissaire

Le système était tellement bien installé dans les barbichettes maçonniques qui se tenaient entre elles qu’après quelques vaguelettes tout se calma et s’oublia dans la paix républicaine retrouvée.

 

222 001


Aujourd’hui encore (c’est ainsi qu’on écrit l’histoire) il est impossible de trouver la liste de ces crapules dans les ouvrages les plus récents et les plus sérieux sur Panama !

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