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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 00:05

Français - pourquoi parler françaisNous avons lu beaucoup de commentaires pour midinettes, assourdissants souvent, des deux côtés «  de la barre ». Ils sont d'autant plus redoutables que le nombre de midinettes se multiplie dans notre pays où l'on remplace plus volontiers une analyse ou un raisonnement en orages tropicaux de « bons sentiments ». Haro par exemple sur les adversaires du « mariage pour tous », ils ne sont que les tenants rétrogrades d’une morale « judéo-chrétienne » périmée (1).

 

Dans la plus ou moins longue théorie des partisans de la loi, au milieu de slogans d’une toute particulière vulgarité (2) nous avons lu un slogan intéressant dont la trivialité cache (involontairement, c’est à craindre ?) une réalité plus profonde :

 

« Une paire de mères vaux mieux qu’un père de merde ». Brandi par une paire de lesbiennes, il aurait pu être brandi par une paire d’homosexuels : « Une paire de pères vaut mieux qu’une mère de merde ».

mariagepourtous-20121216-12-efa0c

 

Si ces demoiselles (pardon ! Il parait qu’il ne faut plus dire « demoiselles » mais « dames »), si donc ces dames ont utilisé le mot « paire » nous pouvons les doter (au bénéfice du doute) d’une bonne connaissance de notre langue. Elles sont les premières dans ce débat à faire entendre – au milieu d’un fuligineux brouillard terminologique - la voix de la langue française ! Les mots ont leur valeur, le choix d’un mot a sa valeur : « polissez-le sans cesse et le repolissez » nous a enseigné Boileau. (3)


Peut-on ainsi parler d’un « couple » homosexuel ?


 La réponse est évidemment non.


Deux éléments de même nature ne constituent pas un « couple » mais une « paire ». Ainsi, on dira «  une paire de gifles, une paire de lunettes, une paire de ciseaux »  et non « un couple de ... ».


Ainsi pour les êtres vivants : «  j’ai mangé de bon appétit une paire de pigeons » mais « je vais peupler mon pigeonnier avec un couple de pigeons » (4).


La notion de « couple » repose sur un principe de différence sous une nature similaire, c’est, nous apprend l’édition 2012 du « Robert  « un homme et une femme unis par des relations affectives, physiques ». Évoquer un « couple » homosexuel est sémantiquement injustifiable lorsqu’on se propose d’appeler un chat « un chat ».


Nous pourrions toutefois parler de « couple » pour ces messieurs-dames, mais il faudrait alors rétablir un usage oublié, le mettre au féminin, un (une) couple au féminin se dit de « deux choses quelconques d’une même espèce qui ne vont point ensemble nécessairement et qui ne sont unies qu’accidentellement » (5). Nous dirions donc volontiers « une couple de lesbiennes » et « une paire d’homosexuels », en regrettant que la langue français nous interdise de dire « un paire d’homosexuels », la paire restera définitivement au féminin (6).

***

Mais la reconnaissance officielle de « cette »  couple homosexuel va devoir entraîner la  modification du Code Civil et la disparition des mots « père » et « mère » au profit de la de « parent 1 » et « parent 2 » (mais pourquoi pas « parente 1 et « parente 2 » ?), une horreur linguistique, le mot désigne étymologiquement deux personnes (mâle et femelle) qui sont ensemble à l’origine d’une naissance en ayant utilisé une bien agréable procédure.


En latin « parere » signifie « engendrer » pour le père, et « enfanter » pour la mère. Le mot « parent » avec ou sans numéro s’appliquera alors à une personne totalement étrangère à la naissance, un mensonge sémantique cautionné par la loi.


Cette situation va nous poser un autre problème terminologique :


Il est évident qu’un (qu’une) « couple » homosexuel(le) est par définition stérile (7). Il va donc falloir recourir à des artifices terminologiques pour qu’il devienne fécond (si l’on peut dire !). La stérilité naturelle du (de la) couple va entraîner de façon nécessaire l’intervention d’un tiers de l’autre sexe pour le rendre fécond. Nous ne serons alors plus en présence d’un (d’une) « couple » mais - la question sera-t-elle soumise à l’académie française ? – d’un « trinôme », d’une « triade » ou d’une « trinité » (qui n’a rien de sainte assurément).

 

triolisme-805

 

***

Il est une autre curiosité linguistique tenant au discours des homosexuel(le)s :

 

Au temps du PACS, ils nous parlaient du « droit à la différence », qui leur fut reconnu par la loi et une opinion publique plus ou moins goguenarde. Nous ne retrouvons plus ce terme dans leur glossaire ? Mais voyons ! « droit à la différence » a une fétide odeur de discrimination, le mot est « clivant » (8).

« Mariage pour tous » est plus rassurant et plus festif. Il donne une vision paradisiaque du mariage peut-être d’ailleurs en décalage avec la réalité quotidienne ? Ce mariage présente en effet probablement si peu d’attraits que, de la base jusque dans les plus hautes sphères de l’État, les princes qui nous gouvernent choisissent l’union libre c’est-à-dire le non-mariage, hétérosexuel le plus souvent, n’utilisons pas le mot « concubinage » qui est lui aussi « clivant ».


Ceux qui ont suivi un cursus conjugal normal l’ont souvent terminé par un divorce comme actuellement un peu moins de 45 % des mariages traditionnels (« parlez moi d’amour ») : ainsi par exemple Madame le ministre X… mariée, divorcée et mère de quatre enfants confectionnés selon la procédure traditionnelle. Si ce pourcentage est respecté dans le cadre du nouveau mariage, et on ne voit pas pourquoi il ne le serait pas, voilà bien en tous cas qui va faire le bonheur de nos avocats et contribuer de plus belle à l’engorgement des tribunaux.

 

divorce-gay-ah

 

***

Ces propos n’ont point d’autre but que de souligner un galimatias sémantique (législatif mais pas seulement) souvent irritant.

 

Parlons d’un temps "que les moins de 20 ans ne connaissent guère" :

 

Lorsque le Général de Gaulle qui pourtant maniait fort bien notre langue, demanda à Michel Debré, assisté de quelques éminents professeurs de droit public, de rédiger la constitution du 4 octobre 1958, il exigea que le texte de l’avant projet devant faire l’objet du plébiscite soit soumis à la censure d’un membre de l’Académie française (probablement le Duc de Levis-Mirepoix). Un lecteur attentif de la constitution  y retrouvera sans trop de difficultés le style de ses modifications ultérieures non gaulliennes !


Le général De Gaulle (ne) sortait (que) de Saint-Cyr. Aujourd’hui, les directeurs des grandes écoles, les plus prestigieuses, celles d’où sont issus nos gouvernants (H.E.C. -E.N.A. – Polytechnique, etc…) s’inquiètent du niveau de français de leurs étudiants. La  « culture » du SMS fait des ravages. Et pourtant, point ne fut besoin de la « Loi Toubon » (9) pour rappeler aux gouvernants l’obligation d’utiliser la langue française.

 

L'ordonnance  de Villers-Cotterêts édictée par François 1er  en août 1539 est (probablement) le plus ancien texte encore directement en vigueur en France, en tous cas le plus ancien répertorié sur le site de Légifrance (10). La lecture de son article 110 est instructive, ainsi  reproduite par Légifrance en français moderne :


Timbre-Ordonnance-de-Villers-Cotterets


 « Que les arrêts soient clairs et compréhensibles, et afin qu'il n'y ait pas de raison de douter sur le sens de ces arrêts, nous voulons et ordonnons qu'ils soient faits et écrits si clairement qu'il ne puisse y avoir aucune ambiguïté ou incertitude, ni de raison d'en demander une explication. » (11)


N’ayons pas la malice de citer le bonnet d’âne mérité par un ancien ministre de l’éducation nationale définitivement fâché avec l’orthographe (12). Ne cherchons non plus pas de querelles d’ allemand (pardon pour cette connotation germanophobe, nous aurions du dire « ne faisons pas de reproches sémantiques ») aux manifestants de la rue : Lorsque Mérimée récita sa fameuse dictée à la Cour de Napoléon III, sa majesté fit – le cancre - soixante-quinze fautes, son épouse (pourtant espagnole) soixante-deux seulement, Alexandre Dumas fils, vingt-quatre, la place de premier revient à l’ambassadeur d’Autriche, Metternich fils, qui n’en fit que trois !

 

***

« Parlamient can do anything except change a man into a woman » dit un vieux brocard anglais. Eh bien « the french did  ! » a titré un journal de Londres il y a quelques jours. C’est évidemment de l’humour anglais.


L’humour est diversement apprécié d’une culture à l’autre.


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(1) … laquelle est d’ailleurs beaucoup plus « judéo » que « chrétienne ». Si  le lévitique, la Torah pour les juifs (toujours fondement de la morale judaïque avant d’être celui de la morale chrétienne) n’a pas été écrit par Moïse au XIIIème siècle A.J.C., il est en tous cas antérieur de 7 ou 800 ans à la naissance du Christ. Sa lecture (chapitre XV en particulier) est édifiante.

 

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(2) ... du style « Hollande, si tu recules, on t’encule ». Quelle finesse mais quel triste programme ! 

… mais le discours de David Douilllet sur les tapettes n’a pas non plus contribué à relever le débat -  (2).


tapette-17181


(3) « L’art poétique ».


(4) La question de l’homosexualité chez les animaux reste discutable (et plus encore) mais à chercher des modèles à une morale, point n’est besoin de le faire auprès des  putois chez lesquels on rencontre – parait-il – des sodomites ?


Pepe le Putois


(5) Définition du grand dictionnaire de Littré édition de 1873. Celle du Grand Larousse du XIXème de 1869 est similaire. L’utilisation du mot au féminin était d’ailleurs la règle et le masculin l’exception quelques dizaines d’années auparavant nous apprend l’édition de 1835 du dictionnaire de l‘académie française !


(6) «  Le couple est

une réunion de deux personnes qui font rarement la paire » ironisait le chansonnier Adrien Decourcelle

(7) Citons toutefois pour mémoire le cas particulier de Marcello Mastronianni, lequel, mutant, tomba enceint (voir ce bon vieux film des années 70 « L'événement le plus important depuis que l'homme a marché sur la Lune »

 

Mastroniani


(8) Utilisation abusive du participe présent du verbe « cliver », encore du travail pour l’Académie française.


(9) Loi nº 94-665 du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française qui s'appuie sur une disposition introduite en 1992 dans la Constitution : « La langue de la République est le français » (article 2).

 

(10) http://www.legifrance.gouv.fr/. Il s’agit, rappelons-le, du site officiel du gouvernement français.


(11) « Que les arretz soient clers et entendibles Et afin qu'il n'y ayt cause de doubter sur l'intelligence desdictz arretz. Nous voulons et ordonnons qu'ilz soient faictz et escriptz si clerement qu'il n'y ayt ne puisse avoir aulcune ambiguite ou incertitude, ne lieu a en demander interpretacion. »


(12) Celui-ci en poste en août 1999, en coquetterie avec le singulier et le pluriel, fut responsable de cette perle « … ces formations concerneront prioritairement les enseignants qui exercent pour la première fois en école maternelles »… au milieu de beaucoup d’autres.

 

 Le mariage pour tous est vote -0be1d

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Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans billet d'humeur
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commentaires

Romain 18/02/2013 07:20


C'est amusant car en mathematique un couple de deux objets est la donnée de ces deux objets dans un ordre déterminé. Le couple des deux
objets a et b est noté (a,b). Si a et b sont distincts le couple (a,b) est distinct du couple (b,a). En cela la notion de couple se distingue de la notion
de paire .


Pour désigner un couple, les anglophones emploient d'ailleurs ordered pair, c’est-à-dire paire ordonnée ;) .

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 18/02/2013 10:14



Les mathématiques viennent-elles au secours de notre propos ?


(a,b) ou (b,a), c’est un couple et (a,a) ou (b,b) une paire.


La relation est-elle univoque, biunivoque (ou tout simplement équivoque pour certains) ?


Une certitude, il ne faudra plus parler de « couples imaginaires » (a,ib) puisqu’ils sont
devenus réels donc (a,ib) = (a,b) d’où j’en déduis que ib = b et par conséquent, si on élève le tout au carré  - 1 + 1. Lumineux, non ?


Toutes les mathématiques fondées sur les imaginaires sont à refaire.


C.Q.F.D


 



francis 17/02/2013 10:00


Je pense que l'usage de couple a depuis très très longtemps évoluée voir ci-dessius et pour moi il est parfaitement adapté à un couple gay ou lesbien


Le mot couple désigne généralement une paire de choses, qui ensemble constituent une entité nouvelle avec des propriétés spécifiques.


En droit civil et en sociologie.



Article détaillé : couple (droit et sociologie).


Le couple est l'union de deux personnes, dont le statut peut être le mariage, le partenariat enregistré (tel que le PACS en France), le concubinage ou l'union libre.


En mathématique, un couple est constitué de deux objets (éventuellement identiques) dans un ordre déterminé.

En physique, le couple désigne tout système d'actions mécaniques dont la résultante  est nulle.

En construction navale, les couples sont les pièces de structure, symétriques, joignant la quille aux plat-bords ou aux bauquières, transversales à la coque du navire.


Couples est un roman de John Updike publié en 1968.



Voir aussi[modifier]

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 17/02/2013 13:36



Bien sûr, la notion de « couple » a évolué depuis 1835, toutefois pour nous deux qui nous efforçons
d’écrire en français, l’utilisation d’ouvrages poussiéreux que nous consultons souvent avec amusement n’est parfois pas sans intérêt ! (mais les bonnes bouteilles aussi, sont poussiéreuses,
n’est-ce pas ?)


Celui d’entre nous qui a fait quelques études en « mathématiques supérieures » il y a fort longtemps  a
quelques (bons ?) souvenirs de la « notion de couple ».


Celui qui fut avocat dans une autre vie, pendant vingt ans « divorceur, de bonnes femmes essentiellement» s’en
vient à regretter d’avoir quitté la profession, quel pactole, les futurs divorces des « couples » (ni masculin ni féminin au pluriel) …….Question saugrenue, quel genre de
« couples » serait venu le consulter ?  Si les statistiques disent vrai (pure hypothèse d’école) 100.000 couples attendraient de pouvoir se marier devant le maire ? Si
les statistiques disent vrai, là elles le sont, 44 % (et des poussières) de mariage se terminent en divorce. Il y a donc 44.000 dossiers à venir pour nos « chers confrères ». S’il est
vrai que le coût moyen d’un divorce serait actuellement de « plusieurs milliers d’euros », voilà qui va relancer notre économie chancelante et engraisser bien des avocats
faméliques..


 


Tout cela évidemment, article principal et réponse à votre commentaire, «  cum grano salis » !


 


Ne nous répondez surtout pas que nous parlons latin après avoir invoqué  l’ordonnance de François premier qui nous
l’interdit, en vertu du vieux principe de la territorialité de la loi française, nous ne nous y soumettons pas.


 


Cordialement