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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 23:03


humqnité

Le grand socialiste et le grand Roi se sont-ils rencontrés ? Non évidemment, mais la visite de Rama V à Paris en 1907 a suscité la verve de Jaurès. La république est alors présidée par Armand Falllières, bon républicain mais friand de visites royales ce qui n’est pas du goût du député des « mineurs de Carmaux » que la misère de son enfance a conduit au socialisme (représentant d’une espèce présentement en voie de disparition). Voici comme il nous présente avec humour cette troisième visite royale de l’année (« L’Humanité » du 19 juin 1907) :

 

Encore un roi à Paris !

 

Chulalongkorn, roi de Siam, est arrivé hier à Paris, sans ses femmes mais avec tous ses ministres

La série continue : Depuis hier, Chulalongkorn, roi de Siam est notre hôte. En moins d’un mois, c’est le troisième roi que reçoit Paris.

Fort heureusement, cette fois ci, l’armée n’avait pas été mobilisée ni la circulation interrompue. Pas de personnages chamarés, Monsieur Mollard (1) lui même était en civil.

A 5 heures 35, le train royal entre en gare de l’est. Il est en retard. Pourtant le personnel de la compagnie en est encore à changer pour la troisième fois le tapis que doivent fouler les pieds royaux.

Le train stoppe, mais, fatalité ! Le train royal dépasse de dix mètres le malencontreux tapis. Il est trop tard pour le porter devant Chulalongkorn. Ce seront les aide-cuisiniers du wagon restaurant qui en profiteront ! Tout le monde rit sauf Monsieur Mollard.  Pourtant le roi, petit et joufflu, vétu d’une redingote, descend, alerte, son haut de forme sur la tête, tandis que les personnages officiels, sur le quai, se sont respectueusement découverts.

rama

Toujours nue-tête, Monsieur Mollard accompagne Chulalongkorn, toujours couvert, jusqu’à la voiture de la légation du Siam.

Ce roi jaune ne paraît nullement ému d’être entourré par tous ces européens obséquieux, et c’est tout au plus qu’il daigne tendre négligement la main aux personnages que lui présente, en sa langue, son ministre à Paris.

Dans la foule venue nombreuse aux alentours de la gare de l’est, il y a une désillusion. Chulalongkorn n’a pas amené un seul échantillon des deux milles femmes qui peuplent son harem, pas même une de ces princesses célestes qui sont à la fois, quelles moeurs ! soeurs et épouses du roi.

 

(1) Cet Armand Mollard remplissait les délicates fonctions de chef du protocole à l’Elysée. Le visage sinistre, la barbe noire, une tête respirant l’hypocondrie, il est à droite du président Poincarré sur la photographie, il n’inspire pas la joie de vivre.

 Mollard

Il faillit bien connaître cinq ans plus tard une triste fin, sacrifié sur l’autel des relations internationales, qu’il n’aurait toutefois pas due à Rama V. En 1912, le Shah d’Iran visite à son tour Paris et fort curieux de tout, manifeste le désir morbide d’assister à une exécution capitale. On accepta pour ne pas le froisser d’autant qu’il y avait par hasard un « candidat » sous la main. Hélas ! Le Président de la république Armand Fallières, adversaire acharné de la peine de mort, exerçait systématiquement son droit de grâce en provoquant souvent la colère de l’opinion publique.

 fallieres droit grace 02

Mais il fallu bien complaire à sa hautesse et un malheureux dont l’histoire a oublié le nom en fit les frais. Fallières prit sur lui de ne pas signer le décret. La cérémonie, alors en principe publique, fut cantonnée à la cour de la Santé. On mène donc sa Majesté boulevard Arago. Il faut préciser que dans le délicat métier de bourreau la vitesse d’exécution est la qualité première. Deibler doit être salué comme un excellent bourreau, vif, précis, il ne laissait jamais traîner sa besogne. Cette vitesse faillit causer l’incident diplomatique. Ce matin-là, Deibler se surpassa et l’affaire fut expédiée en quelques minutes, au grand dam du Shah, qui exprima vigoureusement sa déception : « Je n’ai rien vu… Recommencez ! » « Mais, Votre Altesse, nous n’avons plus de condamné ! » Alors, le monarque, tendant un index impérieux vers Mollard : « Mais prenez-donc celui-ci ! ». Le procureur général dut expliquer au monarque qu’il n’était pas possible d’accéder à son royal désir. Le malheureux en fit une jaunisse, et probablement pour le récompenser on lui accorda son « bâton de maréchal » en l’envoyant finir sa carrière de fonctionnaire dans une sinécure, le poste de ministre plénipotentiaire au Grand duché de Luxembourg.

 

 

 

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