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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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Pourquoi ce blog ?

  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 00:05

 

titre-copie-1.jpgBonne année 2015.


Nous sommes heureux de sacrifier à la tradition et vous souhaitons une bonne année,


en espérant que nous partagerons encore avec vous de nombreux articles sur « notre histoire de la Thaïlande » et sur des sujets divers relevant de notre curiosité, de notre désir d’en savoir plus sur ce pays que nous aimons, parcourant ainsi des chemins de tradition, de religieux, de social, d’économique, d’art, de pittoresque, d’exotisme, d’actualité …


Il y a peu, nous signalions nos premiers 100 000 visiteurs et  450 articles, qui nous ont permis de présenter les relations franco-thaïlandaises, puis notre Isan,

 

Notre Isan

 

où nous vivons, et de raconter ce que nous avons appelé « notre histoire »  de la Thaïlande, pas à pas, semaine après semaine pour arriver, ce jour, au roi Rama VI (1910-1925). 


« L’année 2014 » fut donc fructueuse et intéressante avec 52 articles consacrés  à « notre histoire » de la Thaïlande et une trentaine d’articles sur des sujets aussi variés que la lecture d’un roman, les phis,

 

Fantolmes

 

les tribus montagnardes,

 

minorités

 

la découverte d’un dinosaure,

 

DSC00901

 

l’éloge du général,

 

General-Alcazar.jpg

 

les fêtes de Songkran

 

songkran

 

et de Loïkratong,

 

LoiKrathong

 

la politique étrangère de la Thaïlande, les pionniers du Mékong,

 

pionniers

 

les dieux chinois

 

Dieux chinoius

 

et les bonnes manières,

 

Bonne-maniere-8-A-table-en-Coree.jpg

etc. Bref, des sujets éclectiques qui répondaient à l’actualité du moment, à un  livre, un article ou une émission TV, à une discussion, une émotion, « une chose vue ou entendue » … la diversité et la richesse de la vie.


Quant à « notre histoire » du Siam, nous avions  commencé l’année 2014 avec le bilan de 75 articles consacrés au royaume d’Ayutthaya, qui avait vu se succéder 34 rois de 1351 à sa chute en 1767. Et nous avions poursuivi avec le fabuleux destin du roi Taksin (1767-1782) et la dynastie actuelle des Chakri de Rama I à Rama VI que nous sommes en train de découvrir.

 

 

CHAKRI-3.jpg

 

Nous avons raconté la formidable aventure du général et roi Taksin, qui permettait aux Thaïs de retrouver leur indépendance après 7 mois de domination birmane, et qui fondait un nouveau royaume à Thonburi, à l’aide du roman historique de Claire Keefe-Fox, « Le roi des rizières », alimenté aux meilleures sources.


Le roi Taksin. (1767-1782)

 

King-Taksin-the-Great

 

Nous avions vibré sur cette étonnante page de l’histoire du Siam, où un général avec quelques centaines de soldats sortant du siège d’Ayutthaya, bientôt rasé, avait refondé un nouveau royaume à Thonburi,

 

THONBURI.jpg

 

dès juillet 1868, en se faisant roi sous le nom de Boromma Ratchathirat VI. Il avait recréé la Cour, avec le protocole, les traditions du roi précédent, l’administration, rénover la religion en imposant une nouvelle hiérarchie. Il avait dû mâter des rébellions importantes (à Phitsalunnok, Phimaï, Lanna, Si Thammarat), repousser les Birmans, conquis le Laos, soumis le roi du Cambodge avec Duang, le nouveau Phraya Chakri (le futur roi Rama 1er),  pour finalement étendre son royaume au-delà des frontières de l’ancien royaume d’Ayutthaya.


On avait ensuite raconté sa chute et dans quelles circonstances, Duang l’avait déposé, fait exécuté, et « accepté » la couronne sous le nom de Buddha Yodfa Chulalok (Rama 1er) (1782-1809).  Il allait déplacer la capitale à Bangkok et  ne pouvait savoir alors qu’il allait fonder la dynastie Chakri, encore présente de nos jours avec le roi  Bhumibol Adulyadej (Rama IX) (1946 - ).


Rama 1er (1782-1809)

 

RAMA IER

et sa volonté de reconstruction, avec sa révision du canon bouddhiste, la codification en 1805 du corpus législatif en 41 volumes, et la reconstitution de la littérature nationale fondée sur la tradition orale et les manuscrits qui pouvaient subsister, après la fin d’Ayutthaya brûlé. Rama 1er défendant son royaume contre les Birmans, et intervenant au Cambodge et au Vietnam.


Rama II (1809-1824)

 

RAMA II

 

qui dut mâter également une révolte contestant sa légitimité et se battre contre les Birmans en début de règne. Après une période paisible,  il envahit en 1821 le  Kedah et créa le sultanat de Perlis en le détachant de Kedah.

Sous son règne, le Siam va se rouvrir timidement à l’étranger et à l’occident, avec avec un accord commercial en 23 articles signé avec l’ambassade du gouverneur de Macao en 1818, et un échec en 1822 avec l’ambassade britannique Crawfurd, qui ne fut même pas reçue par le roi.

Mais nous avons surtout signalé que Rama II, à l’écart des guerres permanentes se distingua par son action religieuse et ses activités artistiques (poète, musicien), et fut un protecteur des poètes. (Nous vous avions présenté le célèbre poète Sunthu Phu).

 

Rama III (1824 -1851). 

 

RAMA III

Le trône devait revenir au Prince Mongkut, alors âgé de 20 ans, mais son demi-frère, le Prince Thap, (le Prince Chetsadabodin), est un homme de 37 ans, très influent et d’expérience. Il est alors ministre du commerce et des affaires étrangères.  Il décide  d’accéder au pouvoir royal  le 21 juillet 1824. Le Prince Mongkut avait eu « la sagesse » de se faire moine. (Il accédera au trône à la mort de Rama III en 1851)


Rama III fut sur tous les fronts.


Au sud, avec les Anglais. Il put régler la question de ses quatre Etats malais du Kedah,

 

Stamp_Malaya_Kedah_1912_3c.jpg

 

Kelantan,

Kelantan-SG54-LMM.jpg

 

Perlis,

 

Perlis.jpg

 

et Terrenganu,

 

treganu.jpg

 

annexés par Rama II, en signant le traité Burney le 20 juin 1826, qui comportait aussi un accord commercial. Le traité garantissait par ailleurs la liberté du commerce britannique au Kelantan et Terengganu contre toute ingérence siamoise.


A l’Est, il dut être attentif à la rivalité anglo-birmane qui déboucha sur une guerre rude (1824-1826) qui aboutit au traité de Yandabo le 24 février 1826, dans lequel les Birmans cédaient Manipur et les provinces de l’Assan, de l’Arakan, et du Tenasserim.


Au Nord, il dut faire face à une révolte du roi lao Anouwong (1826-1828), qui aboutit à la destruction de Vientiane en 1827, et à la déportation de  tous ses habitants dans ce que qui deviendra « l’Isan ».


A l’Ouest, nous avons vu comment Rama III comme ses prédécesseurs, s’est vu contraint d’intervenir dans l’histoire du Cambodge et de ses territoires cambodgiens vassalisés, à cause des discordes internes et des prétendants au pouvoir. Il dût faire face au renouveau vietnamien des empereurs de la dynastie Nguyen

 

NGUYEN.jpg

 

qui lui contestèrent la vassalité du Cambodge. La liste des conflits, des combats et des trêves est longue et complexe, même si on peut distinguer la guerre de 1833-1835 contre l’empereur Minh Mang ; Rama III était venu soutenir la révolte de Le Van Khôi qui échoua et fut sévèrement réprimée. La rivalité reprendra en 1841 avec le nouvel empereur vietnamien Thieu Tri (1841-1847)

 

EMPEREUR.jpg

 

qui après avoir incorporé au Vietnam une partie de l’est cambodgien voulut annexer tout le Cambodge. Incapables de remporter une victoire décisive, ils s'accorderont pour exercer une hégémonie conjointe sur l'État khmer. Nous avions consacré un portrait à Chao Phraya Bodindecha. (1777–1849), le bras armé de Rama III qui avait dirigé la plupart de  ces guerres et batailles.


Faute de documents, nous avions  essayé de nous faire une idée de la situation économique de cette période en nous appuyant par un anachronisme, sur un travail de Mgr Pallegoix consacré aux finances de Rama IV, qui avait évalué  les revenus des tributs que lui paient les petits rois soumis à son empire; les impôts sur les champs, les jardins et les plantations; les monopoles, les douanes et les impôts sur les marchandises;  la taxe des jonques et des navires européens; et les amendes et les confiscations.


Nous avions cité W. F. Fella qui estimait que« Sous l’effet d’une crise conjoncturelle, l’administration de Rama III qui avait donc par le traité de 1826, laissé augurer aux Anglais des réformes favorables à leur négoce, a  bien renoncé à ses monopoles. Mais ce fut pour la remplacer par de très lourdes taxes sur le commerce qui participaient d’une politique générale de fermeture du pays. » . On peut voir une confirmation dans le fait que Rama III refusa de recevoir et de négocier en 1850, avec M. Ballestier, l’ambassadeur américain, ainsi qu’avec sir James Brooke, le plénipotentiaire de la reine Victoria.


Mais tout allait changer pour le Siam après sa mort en 1851, et l’avènement du roi Mongkut (Rama IV) (1851-1868), suivi par le long règne de son fils, le roi Chualalongkorn (1868-1910).


Un autre monde, un autre Siam.


Le Siam va devoir faire face aux ambitions coloniales du Royaume-Uni et de la France, et s’ouvrir au commerce international (Cf. Les traités Bowring du 18 avril 1855 avec la Grande- Bretagne, du 29 mai 1856 avec l’émissaire américain Townsend Harris, et du 15 août 1856 avec la France) ; et prendre en compte progressivement « le modèle occidental » lors du règne du roi Chulaongkorn (sa science, son administration, son droit, son éducation,  certaines de ses valeurs, son industrie, etc).


Parallèlement, on va voir pour la 1ère fois un roi s’ouvrir à la langue anglaise, au latin, à la science, aimer s’entretenir avec des « amis » occidentaux , comme l’anglais Sir Bowring, ou le Français Mgr Pallegoix; confier une partie de l’éducation de ses enfants à des précepteurs étrangers.

Nous avons  rendu compte de cette situation paradoxale d’un roi, qui a dû défendre l’indépendance de son royaume et qui était ouvert aux « bienfaits » de l’occident.


Le roi Mongkut (Rama IV). (1851-1868).


RAMA IV

 

Un homme exceptionnel, au parcours étonnant. En 1824, à l’âge de 20 ans, il aurait dû accéder au pouvoir, mais il avait été évincé par son demi-frère, et était resté moine pendant 27 ans,  avant de devenir roi à 47 ans à la mort de Rama III. Cette donnée est fondamentale pour comprendre sa personnalité, sa foi bouddhiste, et son goût de l’étude.


Il organisera la réforme du Dhammayuttika Nikaya ou Thammayut Nikaya qui sera reconnu officiellement par la Sangha en 1902 comme l’une des deux branches du bouddhisme theravada au Siam cherchant à rendre le bouddhisme plus orthodoxe et souhaitant supprimer tous les éléments de superstition


Nous avons bénéficié du travail et des confidences de Mgr Pallegoix, son ami, pour apprendre sinon à le connaître, du moins à l’apprécier et mesurer ses connaissances « encyclopédiques » (science, astronomie, optique, linguistique, géographie humaine du Siam, le latin, et l’anglais qu’il apprendra avec le médecin- missionnaire Bradley et le révérend Jess Caswell. Il aura soin d’éduquer ses enfants dans cet esprit.


Nous ne sommes plus dans la légende qui accordait souvent aux rois des qualités exceptionnelles, mais bien face un homme distingué, intelligent, cultivé, ouvert, un monarque éclairé certes, mais  un monarque absolu.


Un monarque de droit divin, dont il est difficile de mesurer le rôle politique qu’il pût jouer, tant l’administration était aux mains de la famille Bunnag, et leur patriarche (ancien chef des armées et futur régent à la disparition de Rama IV), et la politique étrangère menée par Pinklao, son frère et héritier.


Mais ce qui a marqué son règne, et que nous avons étudié un par un, furent les traités signés avec les puissances occidentales.


Nous n’allons pas ici revenir sur ces différents traités  (Cf. Les traités Bowring du 18 avril 1855 avec la Grande- Bretagne, du 29 mai 1856 avec l’émissaire américain Townsend Harris, et du 15 août 1856 avec la France, voire avec le Danemark (1858), le Portugal (1859), les Pays-Bas (1860) et les États allemands (1862).) qui manifestaient la volonté coloniale occidentale, et ouvrait le commerce du Siam.

 

Ainsi par exemple, après le traité signé avec les Français, Maynard constatait : 

« Avant l'arrivée de M. de Montigny à Bangkok, on y recevait environ trente navires de commerce anglais et américains, par an; à la suite de la signature du traité, il en vint, en moins d'un an, plus de deux cents de toutes les nations, dont vingt-cinq français, c'est-à-dire, pour ne parler que de ces derniers, plus qu'il n'en venait auparavant dans toute la Chine en l'espace de trois ou quatre ans. »

 

Ces traités accordaient beaucoup de privilèges aux occidentaux et plaçaient leurs ressortissants hors de la juridiction du Siam, mais cette politique d’ouverture diplomatique envers les pays occidentaux, avait développé le commerce au Siam et l’avait ouvert au progrès (technologiques et scientifique) et surtout avait permis au roi Mongkut de préserver l’indépendance de son pays, dans un contexte très difficile.

 

Sa tâche ne fut pas aisée en sachant  que la 2ème  guerre anglo-birmane de 1852 avait abouti à l’annexion de la basse-Birmanie, que la seconde guerre de l’opium opposa la Chine à la France et au Royaume-Uni de 1856 à 1860 avec la chute de Pékin le 13 avril 1860, que les Français  avec la prise de Saïgon le 9 juillet 1859, et leur arrivée en Cochinchine allait bouleverser tout « l’équilibre » de l’Asie du sud-est.

 cochinchine.jpg

 

Rama IV ne pouvait qu’être inquiet de l’attitude de la France, qui après le traité du 15 août 1856, n’avait pas répondu à sa demande d’envoi d’ambassade et ne l’avait pas remercié pour les présents envoyés. Mais il poursuivit son action diplomatique en envoyant une ambassade siamoise en France qui sera reçue le 27 juin par l’Empereur Napoléon III


NAPOLEON-iii.jpg

 

et l’Impératrice au château de Fontainebleau. (La précédente –l’ambassade du roi Naraï reçue par le roi Louis XIV- datait  du 1er septembre 1686 ! ). Nous vous avions raconté cette ambassade, qui bien que sans effet politique avait permis aux ambassadeurs siamois de revenir avec de nombreux spécimens des différentes réalisations françaises et d’ouvrir leur pays à la nécessité du progrès technologique.

 

Mais la France poursuivait son action coloniale et il ne fut pas aisé pour le roi Mongkut de maintenir sa suzeraineté sur le Cambodge et le Laos. Les négociations furent longues, âpres, entre 1856 et le traité signé en 1857. Il réussit quand même à sauver sa suzeraineté sur le Laos et obtenait (ou gardait ?) les provinces de Battambang, Siem Reap et Sisophon.


Il avait démontré des qualités exceptionnelles. Malheureusement, il mourut l’année suivante, le 1er octobre 1868, d’une fièvre contractée lors d’un voyage « scientifique » d’observation d’une  éclipse du soleil qu’il avait prévue.


Mais l’histoire d’un pays ne se résume pas à l’histoire de ses rois, et nous avions profité du livre de Mgr Pallegoix, « Description du royaume thaï ou Siam » de 1854, pour en savoir un peu plus sur ce royaume ; sa géographie, sa population, sa géologie, ses productions, sa faune et sa flore, ses moeurs et ses coutumes, le commerce, l’administration, la législation, le système judicaire,  la religion, etc.


Le roi Chulalongkorn. (Rama V) (1868-1910)


Rama V Definitive Stamps 2 att

 

Chulalongkorn est né à Bangkok le 20 Septembre 1853. Il est le fils ainé du roi Mongkut (Rama IV) et de la reine Debsirindra. Le prince a 15 ans lorsque son père meurt le  1er octobre 1868. Un Conseil de régence présidé par Sri Suriyawongse,


Sri-Suriyawongse.jpg

 

l’ancien premier ministre du roi Rama IV, le fait roi  le 11 novembre 1868, et dirigera le pays jusqu’au 16 novembre 1873, et cédera alors le pouvoir à la majorité du roi.


Un règne de 42 ans, pendant lequel le roi Chulalongkorn a transformé la société traditionnelle, et posé les fondations d'un Etat moderne, par de grandes réformes comme la réorganisation du système administratif et judiciaire, la création de l’ éducation nationale, de la poste, du télégraphe,  du chemin de fer ; l’abolition de l’esclavage et de la corvée royale, le premier recensement, etc.


L’œuvre est immense et vaut au roi de faire l’objet d’un véritable culte en Thaïlande et d’être considéré comme le père de la Nation.


Nous vous avons présenté ces principales réformes, et consacré 21 articles à son règne, marqué par le fait qu’il fut le premier roi à voyager en Asie et en Europe. Nous avons pu rendre compte de ces deux voyages européens de 1897 et de1907 en nous servant de sa propre correspondance, et en lisant la presse française de l’époque. C’était la première fois dans « notre histoire » que nous pouvions ainsi entrer dans l’intimité d’un roi, partager ses sentiments, émotions, réflexions.


Nous  en avons même tiré un portrait qui nous permettait d’approcher son sens politique, ses jugements de valeur, son savoir-vivre, ses intérêts pour la « modernité », sa curiosité incessante,  ses goûts en matière d’art, sa manière « royale » de se comporter avec les rois, les dignitaires, les femmes …


Mais nous avons aussi vu que son règne ne fut pas non plus de tout repos.


Il avait dû faire face à une tentative de coup d’Etat du second roi Wichaichan soutenu par les Anglais, et l’éliminer politiquement. (fin1874-février 1875)

Certes son père avait réussi à sauver sa suzeraineté sur le Laos et garder les provinces de Battambang, Siem Reap et Sisophon, mais les Anglais et les Français étaient toujours là,  dans leur volonté expansionniste. L’Angleterre avait signé un traité en 1874 avec le sultanat de Perak,

 

PERAK.jpg

 

et  annexé la Birmanie en 1886 pour en faire une province de l’Inde, et la France avait obtenu le Protectorat sur l’Annam le 6 juin 1884.


Une nouvelle lutte allait s’engager jusqu’en 1893, mettant face à face deux grands « diplomates » : le Prince Devawongse, ministre des affaires étrangères siamois,


Dewa.jpg

 

et le français Pavie, à la carrière « fulgurante », dont nous avions fait un portrait.


Les incursions des Hôs au Tonkin et au nord-Laos en 1885, allaient déclencher un processus, dans lequel les Siamois et les Français vont s’affronter pendant de nombreuses années sur le problème des « frontières », pour aboutir au traité de 1893, signé sous la contrainte (« l’incident » de Paknam), par le roi Chulalongkorn, dans lequel il renonçait à toute prétention sur l’ensemble des territoires de la rive gauche du Mékong et sur les îles du fleuve .


Mais ce traité va créer une profonde crise intérieure qui va entraîner pendant 10 ans un « combat diplomatique » incessant, implacable, acharné, quotidien, car de nombreux « problèmes »  territoriaux demeuraient.


Le rapprochement franco-anglais qui devait aboutir, le 8 avril 1904,  à « L’entente cordiale » ne laissera plus de choix au Siam. Les zones d’influence avaient été nettement précisées, des cartes établies, des engagements pris. Le Siam signa une convention avec la France le 13 février 1904 de 13 articles qui établissait un nouveau cadre de « travail » très important, comme la délimitation des frontières entre le Siam et le Cambodge ; des dispositions « commerciales » sur les futurs ports, canaux, chemins de fer et  précisait, une fois de plus, la juridiction et la protection des Français. Toutefois le Siam résista encore  avant de signer le traité de mars 1907, dans lequel le Siam perdait  sa suzeraineté sur le Laos et le Cambodge.


Le Siam dut aussi affronter l’Empire britannique au Sud à propos de ses quatre territoires « malais » (Kedah, Perlis, Kelantan, et Trengganu), qu’il perdit par le traité de Bangkok du 10 mars 1909.  En revanche, le Siam gardait la souveraineté sur une région qui sont toujours les provinces actuelles de Narathiwat (Manara en malais),

 

Narathiwat.jpg

 

Pattani (Patani),

 

Pattani.jpg

 

Satun (Setul),

 

Satun.jpg

 

Songkla (Singgora),


SINGORA.jpg

 

et Yala (Jala).

 

YALA.jpg

 

Bien entendu, nous avons tenté d’expliciter tous ces épisodes (avec aussi des témoignages et des points de vue extérieurs comme ceux de Réau et de Pavie par exemple), qui avaient transformé, modernisé le Siam, en nous arrêtant plus précisément sur cinq réformes majeures : celle sur la réorganisation centralisée du royaume,  sur la création de l’éducation nationale, le nouveau code pénal de 1908, la suppression de l’esclavage et de la corvée royale.


Le Siam s’est profondément transformé pendant son règne, et s’est confronté à l’Europe. Le roi Chulalongkorn a dû faire face aux ambitions coloniales anglaises et françaises, mais aussi s’est ouvert au « progrès » européen (politique, droit, économie, technologie, éducation …) avec l’aide de plus de 300 conseillers européens. Il enverra d’ailleurs 19 de ses fils suivre des études en Europe.


Un pays qui s’est « modernisé » mais qui gardait encore ses traditions ; un pays qui n’avait pas été colonisé, mais qui avaient perdu ses zones d’influence et de suzeraineté sur le Laos, le Cambodge et ses Etats malais de  Kedah, Perlis, Kelantan, et Trengganu.


Le roi Rama V, après 42 ans de règne, décédait le 23 octobre 1910.  


Le roi Rama VI. (1910-1925)

 

RAMA VI

 

Nous avons ensuite terminé l’année avec le règne de Rama VI, que  nous poursuivrons en janvier.


Le prince Vajiravudh  est né le 1er janvier 1881 et est le fils de la reine Saovabha, l’une des quatre reines. Il est le demi-frère du prince héritier Vajirunhis. Il deviendra le prince héritier en 1894  à la mort de son frère, alors qu’il poursuit ses études en Angleterre.


En effet, le prince Vajiravudh  va étudier en Angleterre près de 10 ans, de 1893 à 1902. Nous avions vu que si le roi Chulalongkorn avait profondément réformé le royaume, il entrait dans sa stratégie d’installer ses fils et la famille proche aux principaux rouages de l’Etat, après qu’ils aient reçu une formation supérieure en Europe.


Nous avons donc cherché à mesurer l’éducation anglaise reçue par le futur roi, qui, outre une  formation militaire en 1898 au Collège Militaire Royal de Sandhurst, 

 

David-Niven-actor.jpg

 

et l’étude de la loi et de l’histoire à la Christ Church d’Oxford en 1899-1901,

 

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avait manifesté un grand intérêt pour la culture et le mode de vie aristocratique anglais. Vella n’hésitera pas à voir dans le prince, un prince siamois victorien.


Il écrit et parle, dit-il, un excellent anglais ; lit les journaux et magazines anglais ; apprécie le style de vie des gentlemans ; fréquentaient avec eux les meilleures tables et théâtres ; et a été impressionné par l’éthos victorien, ainsi que par la puissance anglaise. D’ailleurs au retour au Siam, il va créer un club au palais, le « Thawipanya Samoson » conçu sur un mode anglais, et dès son accession au trône en 1911, nous vous vous avons présenté la création du corps paramilitaire des « Tigres sauvages et du mouvement des Scouts, qui émanaient du mouvement fondé par Lord Robert Baden Powell en 1907.

 

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Deux articles qui nous permettaient de comprendre la pensée et la politique du roi Rama VI, dans sa volonté de créer un nouvel esprit national pour défendre le pays, la religion bouddhiste et le roi, contre les puissances colonisatrices anglaise et française.


Mais paradoxalement, vous verrez dans le prochain article que Rama VI décidera en 1917 de se joindre à ses « ennemis » lors de la 1ère guerre mondiale, et profitera de la victoire,  pour redonner au Siam, par le traité de Versailles, sa souveraineté pleine et entière.

 

 

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                                    ----------------------------

 

 

82 articles en 2014 !


Et toujours la même passion de découvrir cette histoire de la Thaïlande et de réagir sur d’autres « réalités » plus actuelles.


Nous connaissons nos limites, qui sont déjà imposées par les contraintes du blog (temps, accès aux sources, accès et prix des livres) ; et nous sommes conscients de la forme bien souvent rébarbative présentée. Mais c’est une première recherche qui sera suivie, une fois finie cette première version de « notre histoire », par une autre plus « lisible », plus « attrayante » peut-être, avec des réflexions plus transversales et plus personnelles. Enfin, nous l’espérons.


 

Bonne année donc ! Et vive 2015 ! Vive la vie ! L’aventure continue.

 

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Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b
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commentaires

Olivier 02/01/2015 22:09


Bonne année a vous et merci pour votre blog qui reste une référence pour l'histoire du Siam et de l'Issan en langue francaise. Je reste un de vos plus fervent lecteur en attendant le plaisir de
vous rencontrer sur Udon par exemple 

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 03/01/2015 00:25



Merci de vos bons voeux et peut-être à bientôt


 


Cordialement votre