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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 23:03

Joeur de khène La musique traditionnelle thaïlandaise ?  La musique en Isan ? 

La musique traditionnelle vue par les voyageurs des siècles précédents 

Là encore, comme pour de nombreux sujets, il faut avouer notre incompétence « musicale » même si nous avons pu écouter Caravan et Carabao et assister à quelques fêtes villageoises où se jouait la musique traditionnelle d’Isan, le mor lam, nous disait-on, ou bien encore entendu ces petits orchestres composés d'un hautbois, d'un tambour et d'une cymbale, lors des combats de boxe de muay thaï… Toutefois, nous essayerons en présentant quelques pistes de ne pas venir avec les préjugés de nos illustres aînés comme le montre quelques-uns de nos exemples, dans cet article :  La musique traditionnelle vue par les voyageurs des siècles précédents :


Nous avons été frappé par les opinions divergentes de ces voyageurs sur la musique « traditionnelle », ainsi :

 

Pour Bock, Consul du royaume de Suède-Norvège, elle est monotone et bizarre mais paraît exercer son charme sur ces hommes sans culture.

(Carl Bock « le royaume de l’éléphant blanc. 14 mois au pays et à la cour du Roi du Siam » 1889)

 

La Reveillère n’est pas plus tendre : La musique commence, un peu criarde, c’est bien de l’art cependant, de l’art véritable  mais avorté ... Telle devait être la musique des ménestrels dans les cours d’amour au Xème et Xième siècle, arts et artistes devaient se valoir à l’Occident et à l’extrême Orient... Je crois entendre psalmodier les vêpres comme  dans la méchante chapelle d’un coin perdu de la Bretagne, c’est désagréable et fastidieux comme de  détestable musique religieuse... Airs siamois, airs étranges qui plaisent sans impressionner...

(Contre Amiral Reveillère « ça et là, Cochinchine et Cambodge » 1892).

 

Lemire n’est pas moins critique : Leurs instruments de musique sont fort bien travaillés, souvent ornementés et incrustés de nacre mais ne rendent que des sons nasillards et aigus ... La musique est mélancolique et monotone ... leur sentiment artistique est très imparfait .....

(Ch. Lemire « l’Indochine » 1894)

 

Monseigneur Laneau n’a pas la moindre charité chrétienne : à peine ai-je encore vu une voix passable : je ne sais si dans tous ces royaumes ici on en trouverait une qui pût être admise à la musique de Notre Dame de Paris, surtout pour y servir de basse. Toutefois, quoique leurs voix et leurs chants nous paraissent avoir si peu d’agrément, ils leur plaisent encore plus que les nôtres.

(Cité Par Monseigneur Pallegoix « Histoire de la mission de Siam » )

 

Le jésuite Joseph Delaporte n’est pas plus tendre : Les Siamois font des airs sans avoir aucun principe de musique, ils ne savent pas même les noter ....

(Abbé Delaporte « le voyageur français ou la connaissance de l’ancien et du nouveau monde » 1770)

 

L’opinion du RP Guy Tachard sent son jésuite :  La musique et les voix n'avaient rien de fort beau, mais la nouveauté et la diversité leur donnait de l'agrément et les faisait entendre sans ennui la première fois.

(Guy Tachard « Relation du voyage à Siam » 1688)

 

Mgr Pallegoix, mais est-ce par charité chrétienne ? est moins critique : leur musique est très douce, harmonieuse et sentimentale »

(Monseigneur Pallegoix « Description du royaume thaï ou Siam » 1854)

 

Beaucoup plus nuancée et surtout plus didactique est l’opinion de du Hailly Je ne sais comment certains voyageurs ont pu insister sur l’absence d’harmonie et sur le caractère discordant de la musique siamoise. Ils n’ont probablement pas réfléchi que la différence de tonalité dont ils étaient choqués provenait d’une gamme inconnue à leur oreille assez analogue à celle de l’ancien monde éolien chez les grecs et que par la même raison, les instruments qui leur semblaient faux étaient construits sur une échelle d’intervalles nouvelle pour eux. La vérité est que les siamois et plus encore les laotiens ont l’oreille remarquablement juste et s’ils ignorent l’art de noter leur musique, il est impossible, avec un peu d’habitude, de ne pas être frappé du sentiment harmonique de leurs orchestres.

Edmond du Hailly (« Revue des deux mondes » «  Une campagne dans l’extrême Orient » - 1866)

 

François-Joseph Fétis le rejoint sous d’autres formes : la musique des siamois est mélancolique et plaintive tandis que les airs joués par les instruments sont vifs et gais. Musicien de profession, il est maître de chapelle du Roi des Belges, il donne des précisons plus techniques : L’ échelle ne présente pas une justesse absolue de l’intervalle des sons. Pour déterminer avec exactitude les différences minimes de ces intervalles de cette échelle avec ceux de la nôtre, il faudrait employer le calcul et comparer un des instruments avec notre tempérament égal. Nous pouvons en donner l’échelle approximative sous cette forme

 

 gamme

(François-Joseph Fétis  « Histoire générale de la musique depuis les temps les plus anciens jusqu’à nos jours » 1869 ).

 

De la première ambassade, le premier à donner de plus sérieuse précisions à la fois critiques et théoriques sur la musique siamoise est Simon de la Loubère. Pas plus que les chinois, ils ne connaissent l’harmonie (« le chant en partie ») et toute la musique est à l’unisson.

Il s’étonne naïvement que les Siamois ne chantassent pas selon les goûts de son temps, Lambert et son gendre Lully ! Il s’étonne tout aussi naïvement qu’ils chantent comme nous sans paroles  à la place des paroles, ils ne disent que noï, noï , en fait nos trala-la-la-lère ! Il a le mérite (sans connaître la langue) de publier la mélodie de l’une de ces chansons :

 

 la loubere

 

en rajoutant que les Siamois font parfois entendre des intonations douteuses

(Simon de la Loubère « Du Royaume de Siam » 1691)

 

Gréhan donne une description flatteuse des instruments de musique exposés au pavillon du Siam lors de l’exposition universelle de 1867, nous n’avons malheureusement pu en trouver une reproduction au titre « musique - instruments divers ».

(Amédé  Gréhan «Le royaumle de Siam » 1868)

 

Oscar Comettant rejoint, mutatis mutandis, l’opinion de du Hailly : Leur musique est très douce, harmonieuse et sentimentale. Il a lui aussi vu et admiré les instruments exposés au pavillon de Siam en 1867.

(Oscar Comettant « La musique, les musiciens et les instruments de musique chez les différents peuples du monde » 1869)

 14954-1

Reinach est plus nuancé, le souvenir et la routine seuls guident les exécutants .... Les chants animés de gestes gracieux forment avec la musique un ensemble poétique pour leur esthétique spéciale ..

(Lucien de Reinach « le Laos » édition posthume 1911)

 

Coussot est également plus nuancé : Malgré son peu de variété, leur musique n’est pas réellement désagréable

(Alfred Coussot « Douze mois chez les sauvages du Laos » 1898)

 

Le Boulanger est plus tendre à l’égard de la musique et surtout plus technique dans ses explications : La gamme telle que nous la concevons, n’existe pas dans la musique laotienne. Néanmoins, on a la sensation de trois modes distincts, l’un dépourvu de tierce et de septième, un autre auquel manque seulement la septième, un troisième agrémenté d’une appogiature diatopnique en quinte.

(Paul Le Boulanger « Histoire du Laos français » 1931)

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De gustibus et coloribus non disputandum ... Il en est en musique comme en gastronomie isan. Certains sont en extase devant Oum Kalsoum la plus grande chanteuse du monde arabe et le Bronx frémit en entendant un air de rap. Notre musique est aussi désagréable aux Siamois que la leur est exaspérante pour nous. L’effet produit est un agacement insupportable, une irritation profonde du système nerveux.  Laissons au Marquis de Dangeau la responsabilité de ce jugement péremptoire.

 

Faute de pouvoir, comme Comettant ou Gréhan visiter le pavillon de Siam lors de l’exposition de 1867, nous avons tenté de reconstituer une toute partie de la superbe collection des instruments traditionnels, le plaisir des yeux et non celui des oreilles, toutes photographies illustrant le « dictionnaire de l’académie royale » :


Klong that กลองทัด

Klong that 

Mahorathuk มโหระทีก

 Mahorathuk

Ranat thoum ระนาดทุ้ม

ranatthoum 

Khim ขิม

khim 

Djaké จะเข้

 

djakhé 

Khèn แคน

khén 

Khongwông ฃ้องวง

khongwong    

Pông lang โปงลาง

 

 

 pong lang

 

 

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