Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
  • Contact

Compteur de visite

Rechercher Dans Ce Blog

Pourquoi ce blog ?

  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

(suite cliquez)   POURQUOI CE BLOG ?

Pour nous contacter

Merci d’être venu consulter ce blog. Si vous avez besoin de renseignements ou des informations à nous communiquer vous pouvez nous joindre sur blogthailande@yahoo.fr

1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 23:06

TITI DANS LA RIZIERE 006Notre ISAN 3 : L’Isan en Thaïlande (démographie et rapport entre les Régions )

A partir de la lecture de l’article : Construction ethnique et ethnorégionalisme en Thaïlande de Jacques Ivanoff, Carnet de l’IRASEC n° 13, rapppelons quelques vérités sur notre Isan :

Chaque pays a bien sûr sa façon de présenter, d’écrire son Histoire (Cf. notre article 13, Le Nationalisme et l’école). Les Thaïs siamois aiment tant  montrer l’ancienneté de la race thaïe,  reconstruire leur passé,  l’unité du royaume depuis le XI ème siècle, oublier leur passé esclavagiste et colonisateur , justifier leur domination sur les autres peuples qui habitent ce pays. Mais voilà les Siamois sont minoritaires au Siam, oh pardon en Thaïlande.

 thailande-groupes-ethniques

Le tableau ci-dessous est  très explicite et a l’avantage de ne pas être contesté :

 

 

GROUPE                                               REGION PRINCIPALE

 

Groupes de langues thaï                                                           83%                           

Siamois                                                  Centre                                                      40 %

                                    

Isans (ou Lao-Thaïs)                              Nord-Est                                                  31 %

 

Muangs (ou Yuans)                                Nord                                                        10%                                              

Thaïs du Sud (ou Pak Tai)                     Sud                                                           4 %                     

Thaïs musulmans                                  Centre et Sud                                             1 %

muslim

Autres groupes thaïs (Shan, etc.)          Centre et Ouest montagneux                     2 %

  

Sino-Thaïs et Chinois                           Régions urbaines (surtout Bangkok)  10 %

Groupes austro-asiatiques                                                                                  2,2 %

Khmers                                                 Est frontalier                                            1,5 %                                               

Sans titre-5

Môns                                                     Centre                                                      0,2 %

Kuis                                                       Nord-Est                                                 0,4 %

Autres (Lahus, Lawas, etc.)                   Nord montagneux                                  0,1 %

 

Austronésiens (Malais)                          Sud frontalier                                       3 %

Groupes montagnards                                                                                          1 %

Karens (tibéto-birman)                           Nord et Ouest montagneux                    0,6 %

ethnique-mini

Hmongs et Yaos                                     Nord montagneux                                  0,2 %

Autres (Akhas, etc.)                                Nord montagneux                                  0,2 %

 

Groupes immigrants                                                                                          0,3 %

Vietnamiens                                             Régions urbaines et Nord-Est             0,2 %

Indiens et autres                                       Régions urbaines                                 0,1 %

 

On peut donc observer que la Thaïlande comprend de nombreux peuples, que les Siamois ne sont pas majoritaires en Thaïlande (env. 40 % de la population) et que les Isan constituent presque le tiers de la population de Thaïlande sur 68 millions d’habitants. Mais :

 

« Ce sont les Thaïs siamois qui dirigent le pays, qui ont défini la norme

linguistique et imposé leur variété linguistique à l’ensemble du pays, notamment au gouvernement, dans l’éducation et dans les médias écrits. Le thaï officiel correspond en effet au thaï siamois. Les Thaïs siamois se considèrent comme les « vrais Thaïs » ».

 

Nous avons déjà raconté cette histoire, comment le Pouvoir siamois depuis Rama V et surtout depuis Phibun  avant et après  guerre, avait mis en oeuvre une idéologie efficace, une « propagande », la Thaïness,  qui a tenté et souvent réussi à faire croire à l’exclusivité de la « race »  siamoise.

 

Mais avec l’arrivée de Thaksin et les mouvements « Rouge » et Jaune, les tabous volent en éclat,  la Parole s’ émancipe, des forces  se libèrent dont personne ne peut prédire les effets, surtout avec les incertitudes  de la succession royale future. Ce qui semblait aller  de soi est de nouveau « discuté » et « La conscience des limites des Thaïlandais s’est développée et les frontières ethniques et géographiques sont une nouvelle réalité. Hier la Birmanie, aujourd’hui le Cambodge, on se rend compte que des frontières « à risque » existent (implicitement non thaïes ou non thaïsées)»

 

D’où le recours au nationalisme et à l’unité du territoire pour souder les populations d’un pays. L’incident de Phreah Vihear en est l’exemple actuel. Et les  shows télévisuels des « Jaunes » rencontrent un certain succès.

 

Revenons à nos Isan.

 

En effet, l’ Isan comporte en fait 3 Isan, 3 groupes ethniques très différents : les  Thaï Isan, les Khmer Isan et les Souay (les Kui) (Cf. ce sujet traité en  notre article 5 : les 3 Isan , sans compter les Siamois, les Laotiens, les Vietnamiens…ce qui ne veut pas dire que tous se reconnaissent comme Isan, surtout si on leur demande. L’ambiguïté provenant du terme qui recouvre à la fois une entité géographique et une entité ethnique

 

On peut dire de même, pour le terme Thaï qui désigne à la fois  la langue des Siamois et le nom de l’ethnie siamoise, qu’il faut distinguer des Isan, des Muangs, des Pak Tai, des Kmer, des Chinois, des Khaek, des groupes montagnards (Karens, Hmongs, Akhas …) bien qu’ils soient tous Thaïlandais, mais pas tous des vrais Thaïlandais .

 

Car nous dit M. Ivanoff, « les Thaïlandais sont tous des phi nong prachachon, des « aînés cadets citoyens ». Car la nation est une famille, le choix du terme lui-même de chat le montre.

« Le terme utilisé pour nation, chat, se réfère aussi à une famille étendue. Chat était un concept riche et varié, une des raisons pour laquelle il a été utilisé pour traduire nation […]       L’histoire du chat s’est affirmée au cours du temps : son substrat bouddhiste est emprunt d’un sens familial et plus politique ensuite…Ce concept de famille, de phi nong, a pour résultat implicite que les habitants qui sont membres de la famille ne sortent pas du cercle et que les adoptés sont rares… On renaît dans le cercle de la nation, on n’en sort pas, les cycles sont infinis comme ceux des renaissances. D’ailleurs le but ultime du chat, c’est la délivrance des individus.»

 

Mais, dit-il, certains membres de cette famille thaïe sont pourtant plus nong [cadets] que d’autres, c’est ainsi le cas des Isan. Une hiérarchie existe avec des sous-catégories de Thai Isan, de Thai-islam, de Thai Mai

 

Cette hiérarchie a longtemps été acceptée, et cela jusqu’à l’apparition des Rouges qui englobent désormais plus que les simples paysans mécontents. Remarquons que certaines dénominations sont officielles, comme le Thai-islam qui reconnaît la religion comme une variable de l’ethnicité thaïe. Les Thai Isan sont, quant à eux, une catégorie acceptée qui se définie d’abord géographiquement (le Nord-Est), puis linguistiquement (le phasa isan bien qu’il en existe beaucoup de variantes) et enfin ethniquement (les Isan sont des Thaïlandais d’origine laotienne mais aux caractéristiques différentes depuis leur inclusion dans les frontières thaïlandaises.

 

Mais les marqueurs identitaires sont souvent basés sur des clichés dépréciateurs à propos de la nourriture,  la musique, la couleur de la peau… Les Isan sont arriérés, paysans incultes, leurs filles sont foncées de peau et donc jugées peu séduisantes (sauf pour les Blancs, et cela selon les Thaïlandais Siamois). La couleur de la peau, bien qu’étant foncée dans les deux cas, est un marqueur dans une région mais pas dans l’autre. On voit comment fonctionne le régionalisme : il s’approprie toutes les caractéristiques externes qu’on lui reconnaît. Riche, démocrate, violent, c’est le Sud ; pauvre, inculte, aux filles juste assez belles pour les Blancs, c’est le Nord-Est.

 

 Aucune catégorie n’est vue selon sa culture. Les leadeurs « jaunes » doutent même  de son existence. On ne veut pas reconnaître les liens traditionnels et culturels communs avec le Pays voisins.


Pour les Isan et les Malais, la situation est identique ; voilà deux groupes

« nationalisés » aux dépens du pays voisin mais qui partagent avec lui les mêmes traditions musicales, théâtrales, les mêmes langues (même si on peut discuter sur les différences entre isan et lao et malais de Patani et malais de Kelantan)…

Couper ces liens, c’est couper la fluidité de la frontière réinventée depuis

l’intégration forcée en Thaïlande.

                                              -------------------------------

 Nous avons appris que les Isan composent 31 % de la population thaïlandaise. Que sous ce terme se  regroupaient des groupes ethniques très différents aux origines,  traditions, coutumes, langues différentes aussi,  dont les 3 principaux sont les Thaïs Isan, les Thaïs Kmer, et les Thaïs  Kouis.

 

Nous avons  appris qu’ils se reconnaissaient comme Thaïlandais bien qu’ils fussent conscients qu’’ils étaient vus avec mépris voire parfois avec racisme  par les Thaïs Siamois de Bangkok et du Centre.

 

Le grand écrivain Isan Pira Suddham ne disait-il pas :

 

 « Certains Thaïlandais de Bangkok... ont dit que je n'étais pas Thaïlandais, mais... un buffle ou un paysan ».

 

Mais depuis l’arrivée de Thaksin au pouvoir et l’avènement des « Rouges » beaucoup d’Isan se sont « réveillés » politiquement et veulent désormais participer au Pouvoir et ne plus être considérés comme des citoyens de  seconde zone.

 

La Thaïness n’est plus désormais le seul discours possible.

Partager cet article

Repost 0
Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans Isan
commenter cet article

commentaires

jeffdepangkhan 02/05/2011 05:35



Il est vrai que les "rouges"même si on peut les dénommer"populiste"ont permis aux Isan de relever la tête,d'être fières d'être Isan,et
t'affronter les "thaïes"dans les administrations de BKK.A BKK j'ai même vu des chauffeur de taxi,quasiment tous d'ISAN et principalement de la province de Roi-Et,se permettre de ne "pas
comprendre"des thaïes qui empruntaient leur taxi et ne parler que lao,une petite revanche,mais une revanche tout de même.....Bonne continuation.


Jeff



grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 03/05/2011 14:20



Belle anecdote ! en faveur d'une certaine dignité retrouvée ou en voie de l'être .