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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 23:02

Sans titre-1Un groupe rock thaï "identitaire" ?

Ils se produisent partout en Thaïlande et dans le monde ; un concert mémorable à Paris en 2008 en particulier, un triomphe l’année précédente à Stockholm.

Qui sont-ils ?

Le groupe est créé en 1976 aux Philippines par trois étudiants amateurs de rock. En effet, คาราบาว, « kharabao », ce n’est pas du thaï, mais du tagalog. Le mot signifie « buffle », symbole de ténacité lit-on partout ? Peut-être aussi un tantinet de provocation ? Le « buffle », pour les habitants des villes, c’est aussi le symbole des paysans arriérés et méprisés, notamment ceux du Nord-Est... tout simplement un « bouseux ». Dans la hiérarchie des termes thaïs insultants, priorité est donnée au buffle et au chien, avant le cochon. Un clin d’oeil provocateur aux populations déshéritées dont ils sont les infatigables défenseurs, c’est plus probable.

Situés dans la droite ligne des chanteurs « de protestation » face aux vicissitudes de la politique thaïe, notamment du groupe คาราวาน (Caravan) qui avait plus ou moins flirté avec le parti communiste.

Un premier succès avec « Chanson pour la vie » phléng phua tchiwit, เพลงเพื่อชีวิต, qui se singularise par un mélange de musique traditionnelle, de rock, de « country », de reggae et de musique latine.  Ils sont d’ores et déjà qualifiés de « Rolling stones thaïs ».

S’attaquant systématiquement aux questions sociales,  chantant les « thaïs d’en bas » mais aussi chansons d’amour, chansons philosophiques, lutte contre les multinationales, pour la défense de l’environnement, critique des politiciens corrompus, dans une langue qui n’est pas la langue de bois, ironie, férocité, tendresse. Ils connaîtront d’ailleurs des interdictions d’antenne dans le courant des années 90.

La composition du groupe a évidemment, depuis 35 ans, été fluctuante, seul Lék, le chanteur, est l’élément permanent pratiquement depuis les débuts.

En 1981, le premier de leurs 25 albums, « le vieil ivrogne » (loungkhimao ลุงขี้เมา) ne connait pas un grand succès.

Lék apparait dans le second album en 1982, แป๊ะขายขวด phékhaikhwat, « la chanson du ramasseur de bouteilles », แป๊ะ, c’est un air traditionnel thaï. Les « ramasseurs de bouteilles »  sont ces petites gens qui vivent de la récupération des bouteilles vides, ces « chiffonniers » que l’on rencontrait encore dans les rues de nos villes françaises il y a quelques dizaines d’années. Beaucoup d’émotion encore.

En 1983, troisième album, qui les place sous les projecteurs, Wanipok วณิพก littéralement un « mendiant chanteur des rues », conte avec beaucoup d’émotion l’histoire d’un pauvre chanteur aveugle.

En 1984, c’est le triomphe เมดอินไทยแลนด์ « made in Thaïland », musicalement, mélange de musique traditionnelle et de rock. L’album est vendu entre 4 et 5 millions d’exemplaires.

 

made in thailand


« La Thaïlande produit ce dont elle a besoin, nous avons nos chants et nos danses que les farangs admirent en secret mais les Thaïs ignorent leur propre culture » ... « Nous tissons nos vêtements, ils partent au Japon à l’exportation et nous reviennent avec l’étiquette « fabriqué au Japon ».. « les Thaïs ont leur orgueil mais les farangs ont l’argent... » « Ils ne nous déçoivent pas mais ne nous décevons pas nous même »

L’année suivante, อเมริโกย ameri-koï , un jeu de mot (america-koi) « l’Amérique vorace » mais aussi une protestation contre des accords commerciaux conclus à cette époque avec les Américains. Il est possible que beaucoup de Thaïs encore, en parlant de nos « amis » d’outre-Atlantique, n’emploient pas le mot « american » mais « amerikoï » ?


200px-Carabao06


En 1987 เวลคัมทูไทยแลนด์  « welcome to Thailand » nous raconte avec  férocité les aventures de Tom, « touriste sexuel » à Pattaya et Patpong. « Tom, Tom, where you go last night », ce refrain, combien de ces farangs l’ont entendu ou l’entendent encore siffloter par des Thaïs ironiques sans comprendre ?


welcome


En 1988, c’est ทับหลัthap lang « le linteau », l’aboutissement d’une longue et triste histoire : c’est celle du linteau du Dieu Naraï à à Phanomkrung.

 

200px-Carabao09


Il est sacré pour les Thaïs. Naraï est l’un des dieux du paradis bouddhiste qui est descendu sur terre sous la  « forme » de Rama pour combattre le mal. Au début des années 60, le linteau disparait, enlevé de nuit par un mystérieux hélicoptère. Un scandale inouï ! Imaginons un hélicoptère  enlevant de nuit à Marseille la statue de « Notre Dame de la garde ! On finit par le retrouver à l' « Art Institute de Chicago » ; Il a été donné par un certain James Alsdorf, ami du président Reagan, l’un de ces richissimes hommes d’affaire américains qui pratiquent le mécénat fiscal  de préférence lorsqu’il ne leur coûte rien. S’il n’y a pas de pétrole à piller en Thaïlande, il y a des oeuvres d’art. Pendant des années, le gouvernement thaï et de nombreuses associations ou fondations tentent d’obtenir le retour de l’œuvre volée.

 

220px-Obj Naraibantomsin


Tollé général en Thaïlande ... Manifestations violentes devant le musée de résidents thaïs aux USA.  Menace de rupture des relations diplomatiques ..... En Décembre 1988, la Fondation Alsdorf se décide à retourner le linteau en Thaïlande à l’instigation pressante de l’UNESCO ... La rumeur court encore en Thaïlande que des sept Thaïs impliqués dans le vol, six seraient morts de mort violente ?

Le groupe Carabao s’est mis de la partie avec une chanson coïncidant avec la visite de Michael Jackson en Thaïlande. Cela ne fait qu’ajouter à leur popularité. Vous en trouverez la traduction en annexe.

Encore un album pratiquement toutes les années et en 1998, อเมริกันอันธพาล « amerikan anthaphaan », nous pouvons nous tromper en traduisant par « salopards d’américains » (mais nous ne nous trompons pas), la chanson n’oublie pas, au passage, le FMI.

 

salauds

Jusqu’au 25ème et dernier album, en 2009, โฮะ « ho » chanson dans laquelle Lék vante d’un air gourmand les mérites du « ho », une sauce volcanique, partiellement en dialecte lanna, l’une des nombreuses langues locales du Nord-Est.


carabao-ho21


Ils subissent de nombreuses attaques frontales, il leur est reproché de faire beaucoup d’ « alimentaire » et d’utiliser leur « logo » pour des promotions commerciales, c’est exact. Une boisson réconfortante, le « carabao », et en 2001, l’album สาวเบียร์ช้าง « sao bia Chang » « Mademoiselle la bière Chang », dont le refrain « sawatdi, sawatdi bia Chang » n’est effectivement pas du Lamartine !


200px-Bao-22-44

 

Ne leur jetons pas la pierre, nous avons bien vu et entendu il y a quelques années un très grand poète, Charles Trenet, vantant à la télévision française les mérites d’un produit à parfumer les chiottes


wizard

 

et un peintre génial et farfelu, Salvador Dali, louer ceux d’un chocolat suisse !

 

chocolat-copie-1.jpg

 

Ils répondent non sans raisons que l’incommensurable piratage dont ils sont l’objet y trouve sa contrepartie.

Ils chantent la ganja mais chantent bénévolement pour les victimes du Tsunami. Ils préfèrent la bière Chang au Coca-cola mais ont pleuré sur les victimes de l’effondrement des tours du « World center ». Peut-on être riche à la fois et défendre les pauvres et les opprimés ? Que Voltaire ait été multi-millionaires en livres et en écus de l’époque ne l’a pas empêché d’entrer au Panthéon. Eternel débat dans lequel nous ne nous lancerons pas.

« Faites ce que je dis et ne faites pas ce que je fais » avons-nous lu sur un site thaï.

 

La politique ?

En 1986 avec l’album ประชาธิปไตย « prachathippatai », ils ont annoncé la couleur pour  « le parti démocratique ». Cela a pertubé beaucoup de leur supporters « rouges ». Mais c’est aussi leur droit. C’est d’ailleurs plus un hymne à la démocratie qu’à la gloire du parti du même nom. Ils protesteront ensuite avec énergie contre la politique de Thaksin sur les restrictions en matière de fermeture des établissements nocturnes et des heures de vente des boissons alcoolisées.


Nous avons même lu sur un site francophone ces stupidités :

Le chanteur du groupe Carabao est bien connu comme étant un sympathisant actif des Chemises jaunes d'extrême droite... et ce depuis que Thaksin a interdit la circulation des poulets en 2004 pour cause de grippe aviaire. Le chanteur, qui possède certains des plus beaux coqs de combats du Royaume, l'a très mal pris. Depuis, il a supporté les manifestations du PAD en 2006, le coup d'état en septembre de cette même année et même le massacre des Chemises rouges en avril/mai 2010. Les Chemises rouges demandent donc à leurs sympathisants de boycotter Carabao...

Il ne semble pas que cet appel au boycoot ait eu la moindre portée lors du concert donné il y a un an et demi à Udonthani, en plein pays rouge et plus que rouge ! dont notre ami Patrick a donné sur son blog un excellent compte rendu. (http://udonthani-en-isan.over-blog.com/article-31-mars-karabao-en-concert-a-udonthani-47788945.html)

 

Le terme d’ « extrême droite » a-t-il un sens en Thaïlande ? Rien n’est moins sûr. Et si nous comprenons ce que parler veut dire, extrême droite + musique de rock =(rait) « rock identitaire » ? Le « rock identitaire » français ou anglais est effectivement lié à la « droite la plus extrême ». Soyez rassurés, Carabao, même si vous n’en comprenez pas les paroles, ce ne sont pas Ian Stuart, et vous ne trouverez pas, si vous traduisez les titres de leurs chansons, des provocations du rock identitaire français du style « pute à nègre » ou « nettoyage ethnik » !

 

identitaire


Chanteurs « engagés » c’est une certitude, mais engagés dans des combats qui attirent la sympathie.

 

engagé

 

25 albums, des dizaines et des dizaines de chansons, nous n’en traduirons qu’une même si traduire c’est trahir  un peu !

 

Le linteau

 

Ce bloc de pierre, c'est le linteau que les Thaïs réclament aux États Unis.
Nous désirons récupérer ce bien qu'ils nous ont pris.
Pourquoi l'ont- ils pris aux Thaïs?
Leurs hélicoptères étaient basés en Thaïlande pendant la guerre du Viet-Nam.
Quand ils sont partis ils ont tout pris avec eux, même notre linteau.
Et ils désirent garder un pied en Thaïlande.
Ils nous demandent maintenant d'ouvrir des bases militaires ici.
La ville de Phra Narai a disparu avec le linteau, entouré d'un prestige que les Thaïs n'ont jamais oublié.
Narai Narai Narai, le linteau de Narai.
Le linteau de Narai couché, c'est l'orgueil de notre peuple.
Le linteau de Narai couché, les Thailandais sont fiers de l'histoire de ce pays en forme de hache d'or.
Elle a uni toutes les générations, toutes les familles, toutes les cultures.
Le linteau de Narai est maintenant dans un musée à Chicago.
C'est un bloc de mille kilos.
Les enfants demandent d'où il vient.
Ils se fichent de Phra Narai, ce n'est pas Michael Jackson.
Reprenez votre Michael Jackson, rendez nous notre Phra Narai!
Parce que nous ne ressentons pas les mêmes choses.
Parce que nous ne comprenons pas les mêmes choses.
Le linteau de Narai est chargé de vertus pour les Thaïs, alors que vous le conservez simplement par goût.
Nous ne pensons pas la même chose, il n'y a pas moyen de faire la paix.
Nous ne pensons pas la même chose, il n'y a pas moyen, pas moyen...
A quoi sert votre statue de la liberté puisque vous refusez de rendre le linteau de Narai aux Thaïs.

 

 

Maintenant à vous de jouer et de chanter. « Télécharger Carabao », vous trouverez 474.000 réponses !

 

google


Leur site carabao.net, en thaï et en mauvais anglais vaut d’être consulté.

 

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Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans Isan
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Olivier 14/10/2011 19:43



Mervci pour cet article très intéressant (comme dab ).


Pour info Carabao est même venu jouer a Genève, au Palladium je crois mais je n'y étais pas malheureusement



Patrick 13/10/2011 03:21



Bel article


Pour info, Carabao sera de nouveau a Udonthani le lundi 17 octobre 2011