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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 23:05

« Thaïlande, Aux origines d’une crise »,

Carnet n°13 de l’Institut de recherche sur l’Asie du sud-est (IRASEC)

 

Ce numéro m’a permis de mieux comprendre la crise profonde que traverse la Thaïlande en rappelant que derrière le « combat » entre les « rouges » et les « jaunes » ou plus récemment, les « événements sanglants « d'avril et l’occupation du centre économique et commercial de la capitale se profilait une «révolution  politique et sociale » qui remettait en cause fondamentalement le pouvoir politique et économique mis en place par les élites urbaines depuis les années 60 et « habillé » par l'idéologie du Thaïness, qui définit ce qui est thaïlandais et ce qui ne l’est pas.


manif-rougessIl m’a aussi permis de mieux comprendre comment Thaksin (et parfois malgré lui) et « l’ère Thaksin » avaient contribué à rendre obsolète ce verrou idéologique qui imposait le silence aux « paysans » du Nord et du Nord-Est et aider à leur prise de conscience de leur force politique et de leur désir légitime de participer au « pouvoir », de mieux bénéficier de la croissance et de ne plus être considérés comme des citoyens de seconde zone ou seulement un vivier de voix faciles à acheter.


Ce carnet décrit également la multiplicité des forces en présence
, l’Armée avec ses luttes internes, le gouvernement et ses coalitions , le Conseil du Roi... et de la Reine, les différents réseaux, cercles du pouvoir, partis, qui se forment et se recomposent, les alliances qui se font et se défont, les quatre groupes du PAD (jaunes), les courants à l’intérieur des « rouges », les trois tendances des classes moyennes (écolo, sociétés caritatives et royales et « l’Assemblée des Pauvres », les potentats locaux, etc... qui ne font qu’ajouter de la difficulté à comprendre ce qui se joue.


Par contre la lecture du tableau des principaux groupes ethnolinguistiques (p.22) et ce que représente le Thaïness sont essentiels pour appréhender la nouvelle «situation ».


La Thaïlande compte de nombreux peuples
, ce que semblent oublier parfois les Thaïs Siamois du Centre, qui ne représentent que 40 % de la population, mais qui ont su imposer leur norme linguistique à l'ensemble du territoire, ainsi que leur idéologie, la Thaïness, qui les présentent comme les vrais Thaïs, et considèrent les autres comme des « cadets »  voire des citoyens de seconde zone (paysans, pauvres, non éduqués, « noirs » de peau…). Comme les Isans par exemple qui ont une autre langue et qui représentent quand même 31 % de la population, voire les Muangs (ou Yuans) des zones montagneuses du Nord, ((10 %)  (On n'oublie pas les Thaïs du sud, les Pak Tai, 10 %, et les sino-thaïs...).


Mais ce qui m’a étonné est que seulement 10% env. parlent les deux langues  et que de nombreux dialectes coexistent aussi. La compréhension demeure donc difficile.

On comprend donc pourquoi les élites siamoises ont dû imposer leur langue et leur idéologie, la Thaïness (avec les 3 piliers : roi, bouddhisme, nation) pour « unifier » le Pays et légitimer leur pouvoir.


5-ramakienbLa Thaïness

Je vous renvoie à l'article d’Ollivier et de Narumon Hinshiranan Arunotai pour saisir la nature ambiguë de ce concept et pourtant nécessaire pour comprendre le caractère «révolutionnaire» de ce qui se joue aujourd'hui. La Thaïness a servi aux «aristocrates» et aux élites urbaines des Thaïs siamois à construire « l’unité » de la Nation thaïe et à légitimer leur pouvoir sur le dos des identités régionales, que l’on considérait comme « cadettes » dans le meilleur des cas mais le plus souvent inférieures, incultes, « paysannes »… Encore aujourd’hui, à Bangkok un Isan est perçu comme un « paysan » rustre et inculte. En 2009 le dirigeant des jaunes, Sondhi Limthongkul « proposait de restreindre le droit de vote aux personnes éduquées, excluant ainsi la masse paysanne ».


La Thaïness a d’autant plus « fonctionné » qu’elle s’appuyait sur le caractère «sacré» du roi, le bouddhisme, et les médias.


Tout le monde a observé le respect dû au Roi (des photos partout, l’hymne et la photo du roi au début des séances de cinéma, les émissions quotidiennes médiatiques sur ses talents et ses bienfaits, le Roi est un Exemple pour tous.) Toutefois pour aider les gens à en mieux comprendre la « sacralité », le gouvernement multiplie les arrestations et fermetures de sites internet, la censure des opposants au nom du crime de « lèse majesté».

 
bouddhaLe bouddhisme joue, bien sûr, un facteur d’unité pour 90 % des Thaïs et un rôle fondamental pour donner une forme aux croyances et aux particularismes locaux (on a tous remarqué la croyance aux esprits, aux Pi, ou bien que nos femmes croient souvent «aveuglément » aux « voyances » de certains moines, pire leurs conseils avec les tabous alimentaires pour soigner des maladies parfois courantes).


Et les médias présentent l'exemple de la population urbaine comme un modèle à suivre, un modèle de vie idéale, « supérieur ». La théâtralité des cérémonies royales, les films et séries télévisées rendent « naturels » cette vision idéologique. La Thaïness a donc joué un rôle fondamental dans la création de la Nation thaïlandaise, dans l’« unité ? » du pays. Elle assurait aussi le pouvoir politique, économique et culturel aux mêmes, mais rejetait de l’Histoire 60% de la population.

 
Thaksin
L'arrivée au pouvoir de Thaksin comme 1er ministre en janvier 2006 va bouleverser l’échiquier politique et social, mieux, délégitimer la Thaïness et remettre en cause les pouvoirs installés. Il ne s agit pas ici de juger la fortune colossale acquise, ni des moyens qu’il a dû employer pour l’acquérir, mais des effets de ses actions, contre la hiérarchie installée depuis des lustres (certains ont même vu une remise en cause du pouvoir royal), et pour la fierté retrouvée du peuple du Nord et du Nord-Est. Son action reconnue (remboursement du FMI, reprise en main des jeunes, lutte contre la drogue, accessibilité aux soins, gel des dettes, prix soutenu du riz, certains médias enfin favorables, majorité au Parlement…) leur permettait d’oser enfin aborder des questions taboues, de briser le consensus, de prendre en main leur « destinée », de prendre leur « revanche », ou plus simplement de ne plus accepter qu’on leur confisque leurs « votes ».


chemies-rougesLe coup d’ Etat militaire du 19 septembre 2006, la victoire aux élections législatives du 23 décembre 2007 par les pro Thaksin, puis les démissions « forcées » des 1ers ministres Samak et de Somchaï, avec les manifestations du PAD (les «jaunes») et la prise des aéroports de Suvarnabhumi et DonMuang et plus la dissolution de trois partis politiques du 2 décembre 2008 et la chute du gouvernement, avec la prise du pouvoir le 15 décembre par Abhisit grâce à un jeu d Alliance… 


Les 86 morts lors des affrontements de mi-mars /mai, l’assassinat du général Seh Daeng, le couvre-feu, la liste noire de 125 personnes du CRES, l’arrestation des principaux leaders rouges, la répression des sites internet jugés pro-rouge, le mandat d' « arrêt pour terrorisme contre Thaksin… risquent de « retarder » la tenue de prochaines élections.

Mais ce que beaucoup n’ont pas encore vu, c’est qu’on est en train d’assister à une véritable « révolution » politique, culturelle et sociale, qui a brisé le consensus, la Thaïness, le statut-quo... et dont on a du mal à prévoir les bouleversements.


Une nouvelle Thaïlande est en train de naître … qui ne pourra plus ignorer les peuples du Nord, du Nord-Est et du Sud .

 

 


 

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Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans Culture : film - livres - article...
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commentaires

Jacky 04/08/2012 08:30


Cela fait bien longtemps que je connais ce pays, mais jamais des thais n'ont su m'expliquer la situation aussi clairement que ce blog.


Et je comprend que ce n'est pas mes amis aisés de Bangkok qui pouvaient le faire. Par contre la popularité de Taksin dans le nord et l'Isan où j'ai aussi beaucoup d'attaches m'est maintenant
plus facile et plus claire à comprendre.


J'espère que les changement à venir se feront dans le calme. J'y ai connu coups d'état et violences , rien de bon pour le peuple mais plutot une lutte entre élites.

grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b 04/08/2012 09:02



MERCI.


Un commentaire qui ne peut que nous encourager.



TITIUDON 01/01/2011 04:13



Longue vie à votre blog allez maintenant au boulot les amis...



JPSIAM 01/01/2011 00:34



Au moins un blog qui décrit une situation avec des documents et non pas une
Thaïlande idyllique à  l’eau de rose comme le font certains blogs. Bravo je serais un de vos lecteurs et je vous soutiens dans votre action.
Souhaitons que la censure Thaïlandaise ne vienne pas troubler la bonne marche de votre blog. Jean-Pierre de Nongkhai