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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 23:05

1913 05  Notre Isan : Un docteur français en Isan en 1913.

  Notre article précédent ( L’Isan  était lao au XIX ème siècle) avait montré notre étonnement à travers notre lecture des « NOTES SUR LE LAOS » d’ Etienne Aymonier. Nous découvrions que l’Isan était en fait, en 1885, un pays lao, un pays vassalisé au royaume de Siam. Nous en avions dégagé certaines caractéristiques. Nous avons ensuite lu « les Notes » du  Docteur Maupetit Georges, qui en 1913, soit 30 ans après, décrivait les  « Moeurs laotiennes », en arpentant pendant 3 ans le Laos siamois, notre Isan actuel. Certes on pouvait se demander ce que faisait un médecin français à Oubone et dans d’autres villages laos, on pouvait déjà pour le moins «  découvrir » ce que pouvait être, pour lui et en 1913, le Laos siamois.


Ces « Notes « sont avant tout celle d’un médecin qui va donc surtout s’intéresser à l’état physique et physiologique des Laotiens,  la morbidité et la mortalité, leurs maladies, l’hygiène, les médicaments et leurs remèdes…mais il va aussi aborder certains us et coutumes et traditions  (la naissance, les relations hommes/ femmes, , le mariage, le divorce, la mort …) qu’il essaye de comprendre et de nous présenter .


Rappel. Des Thaïs et des Laotiens de « l’Isan ».

Nous avions raconté dans « nos relations franco-thaïes » dans quelles circonstances,  le roi Rama V avait dû accepter les conditions de l’ultimatum le 29 juillet 1893 et signé un Traité de 10 articles et une convention le 3 octobre 1893 dont l’article 1 déclarait :

 « Le Gouvernement siamois renonce à toute prétention sur l’ensemble des territoires de la rive gauche du Mékong et sur les îles du fleuve ».

 Il y avait  depuis  un Laos français et un Laos siamois, et des Laotiens du Laos  siamois et des Laotiens du Laos français. Un « pays lao» divisée par deux colonisateurs.


1913 01L’Isan donc n’existait pas encore. C’était au contraire une époque où  Maupetit nous le rappelle « ces Thays refusent d'ailleurs avec vigueur et énergie les preuves qu'on pourrait faire de leur communauté d'origine avec les Laotiens »et ou

 « le terme de « Lao » suivant en cela les coutumes du pays [désignait]  les indigènes des classes inférieures, soumis à l'autorité siamoise, réservant aux maîtres du pays le nom de « Thay » qu'ils se donnent eux-mêmes ».

On n’oublie pas que l’esclavage avait été aboli en 1905 et que l’on ne change pas de mentalité en 8 ans ! De plus, on peut mesurer « l’effort » accompli pour que les Thaïs siamois puissent considérer 30 ans  plus tard les Laos comme des Thaïs à part entière. Enfin, sur le papier.


Les Européens n’étaient pas en reste et Maupetit nous confie que ceux  qui vivaient au Laos estimaient le plus souvent que les indigènes étaient des singes. Et pensant être différent, il nous rassure en avouant : nous sommes obligés de reconnaître que leur anatomie, qui est bien celle de la race humaine, a gardé certaines particularités que le développement social a fait perdre aux races civilisées. Ces caractères se retrouvent, d'ailleurs, chez tous les peuples sauvages ou demi-sauvages, restés près de l'état primitif.

Les qualificatifs employés indiquaient donc  que la vision des deux nations « colonisatrices » était commune pour considérer les Laotiens comme des êtres inférieurs, et justifier ainsi leur « colonisation 

                                           ____________________________

Au-delà de l’observation médicale, ( J'ai vécu au milieu d'eux, dans leurs villages de la brousse, dans leurs cases où je suis allé imposer patiemment mes idées de médecin français), il nous a semblé intéressant de retenir deux sujets, à savoir la description du style de vie des Laos et la stratégie matrimoniale.

 

1913 021/ le paysage, le village, la vie simple

Maupetit décrit donc le Laos siamois comme un vaste plateau aride en saison sèche et bien sûr en partie inondée en saison des pluies que le voyageur parcourt à « l’allure mortelle de 3 km/heure », « sous le soleil, la poussière, le grincement ahurissant des chars à boeufs  »

, « dans la monotonie accablante du khok, avec l'impression, déjà, que ce pays est pauvre, qu'il vit au minimun. Le khok « est une forêt clairière où des arbres, d'essences différentes poussent assez bien, mais éloignés les uns des autres et séparés par des zones où ne croissent que des herbes quand il pleut, où on ne trouve que du sable en saison sèche ».

 

Dans ce dénuement,  Maupetit est ravi, après avoir vu les grands quadrilatères irréguliers des rizières, avec leurs petits barrages de terre battue et les  troupeaux de buffles et de boeufs qui paissent paisiblement, de voir apparaître subitement  le village, «  très joli, avec son fouillis de palmiers, de bananiers, de bambous, au feuillage élégant, finement découpé, à travers lequel l'oeil arrive à distinguer quelques toits de paille, quelques maisons en bambou sur pilotis, un édifice sacré dans une pagode ».

 

Mais cette vision bucolique s’arrête avec les Laotiens présentés comme « encore des demi-sauvages ; très pacifiques, très doux », mais « apathiques, fatigués, incapables d'effort », qui ont une conception simple de la vie et de la société. Cette simplicité s’exprime par le peu d’ardeur au travail, « juste ce qu'il lui faut pour ne pas mourir de faim et qui, après, dort, mange, fume et chique le bétel. »

Mais il n’a pas peur de se contredire pour dire plus loin : « Le jour, peu de Laotiens sont désoeuvrés; la vie, avec ses exigences matérielles, demande un travail constant dans la case, au marché, aux champs ».Eh oui, le Laotien « prend son temps » : il faut cultiver le riz, semer, replanter, récolter, couper le bois, réparer la maison, soigner les bœufs et les buffles, prévoir les objets d’échange, discuter, participer aux fêtes du village, aller prier à la pagode... bref, vivre le temps rural …que le Dr Maupetit ne semble pas  avoir « accepté » :

   « Ce sont ces indigènes, ces êtres ralentis dans leurs manifestations vitales que j'ai regardé vivre pendant 3 ans. » 

 

2/ Stratégies et tactiques matrimoniales.

 

1913 03Le docteur Maupetit, observe que « dans un village un peu important, ou dans une ville comme Oubône, au marché, sur la rue, ou dans les rizières, on rencontre, à toutes les époques de l'année, plus de femmes en parturition que de femmes à l'état normal. ». De plus, il apprend lors de ses consultations que nombreuses sont les jeunes filles à avorter plus de 5 fois avant même le mariage.

 

 Il va s’interroger sur la fréquence de ces grossesses et sur les multiples avortements de ces  jeunes filles.

 

Il perçoit en quoi la naissance d’un enfant peut entrer dans la stratégie matrimoniale : «   le principal but d'un homme jeune, qui se marie, est d'avoir des enfants ; la stérilité de la jeune femme cause parfois des scènes de ménage fort graves et dans bien des cas, l'abandon de la femelle inutile» et que  « la conséquence des idées qu'a la femme laotienne sur la pratique de l'amour physique est la fréquence de la grossesse au Laos ».

 Il s’ensuit qu’avoir ou pas un enfant, garder ou non l’enfant, avoir un enfant au « bon moment » joue dans la stratégie de l’ « amour »,  des relations  amoureuses et du mariage.

 

Il découvre  «  une coutume laotienne, tout à fait spéciale, qui devient comme le noeud des intrigues amoureuses et que j'ai constaté partout, à la ville ou au village » : la Cour d’Amour. Mais, dit-il, «  nous allons voir que la coutume est une  chose et que la réalité est souvent autre chose ».

 

3/La coutume de la Cour d’Amour.

 

« Pour tous ceux qui l'adoptent elle est identique et tend au même but : le rapprochement des sexes et la possibilité, pour la jeune fille, d'établir un choix parmi ses adorateurs », et de trouver le bon mari.

 

On peut deviner les difficultés que peut rencontrer la jeune fille, écartelée souvent entre les désirs amoureux et la loi sociale du mariage avec ses codes, entre les fausses promesses des amants et l’accident de la grossesse qu’il va  falloir gérer.

 

Mais restons dans l’idéalité de la coutume, qui commence par le rituel de la séduction. Maupetit si critique sur les Laotiens ne peut ici qu’être charmé par l’esthétique mis en  œuvre. « On a presque l'impression d'avoir affaire à une race d'artistes aux âmes affinées et particulièrement sensitives ».

 

A/ La « soirée » des jeunes.

«  C'est l'heure des réunions.

La jeune Phû Saô, libre enfin, la journée finie, laisse ses parents s'étendre et s'endormir ; puis revêtant sa belle jupe de soie, souvent sans écharpe, ses seins fermes fièrement offerts à la fraîcheur du soir, elle s'installe sous sa verandah.

Dans un coin une torche fumeuse grésille, mettant dans la nuit une lueur pâle, pendant que la résine s'égoutte en flambant dans le plateau du support creusé en cendrier. Les jeunes gens qui passent et connaissent la jeune fille, comprennent ce que veut dire cette lumière; ils montent sous la verendah, deux, trois, quatre, rarement un seul; ils s'accroupissent à leur tour et, dans la nuit, s'élèvent les soupirs du khène ; ces mélodies lentes, si mélancoliques pour une âme européenne ; et, tard dans la nuit, on chante, on cause, on rit.

Certains vieux Laotiens m'ont affirmé que ces moeurs sont spéciales aux jeunes filles qui veulent des amants, plusieurs amants ; c'est probable ; mais' je puis affirmer pour l'avoir vu que rien d'immoral ne se passe pendant ces réunions où l'on doit se borner, tout au plus, à sceller des amitiés, des intimités qui se dénoueront probablement ailleurs en un

geste moins poétique. » (Maupetit a vu aussi certaines de ces soirées organisées dans les pagodes mêmes).

 

b/Après le rituel de la séduction vient celui des fiancailles, avec ses étapes : la mise à l’épreuve et la cour officielle.

 

La mise à l’épreuve commence quand les jeunes gens  assurés de leurs sentiments réciproques évaluent, au cours des jours ou des mois parfois,  la « valeur » des échanges promis et les « ressources «  des familles.

 « L'amant officiel, unique, préféré, tout en restant, évidemment, caché aux yeux de tous » peut au cours de « son enquête », découvrir que le parti promis n’« est pas à la hauteur ou tout simplement constaté l’usure de ses sentiments, qu’il n’est pas prêt à se marier de suite et que d’autres conquêtes l’attendent. »  

 

La cour d’  amour  officielle.

 

Si « l’enquête » a  rassuré les deux « fiancés » les parents sont mis dans la confidence et avec l’agrément des  deux familles, la cour officielle peut commencer.

 

Le jeune homme peut alors venir seul, le soir, faire sa cour, avec la complicité des parents. Le khène exhale les grands airs langoureux, et le jeune homme dit ces longs poèmes d'amour qu'on retrouve au Laos et qu'il égrène sur un rythme à quatre temps, monotone, sans fin, interminable récitatif aucours duquel, tout en redisant ce qu'on a appris par coeur, on improvise aussi des choses nouvelles, les louanges de la Phû Sâo.

Le « fiancé « n’oubliera pas de faire des cadeaux aux futurs parents.

Le fiancé est reçu dans la maison; ses visites deviennent fréquentes; il aide aux travaux de la famille; il mange le riz sur la natte commune; il devient l'allié et la plus grande liberté lui est laissée près de celle qui doit devenir sa femme.

 

Le mariage, la dot.

 

Lorsqu'ils sont sûrs qu'ils ne se trompent pas, le mariage est décidé. Les deux familles se mettent d'accord; de fréquentes entrevues ont lieu ; on débat le prix de la dot et les parents du fiancé la paie, rarement supérieure à vingt ticaux; il ne reste plus qu'à faire le mariage.

La noce a lieu chez la jeune fille.

 

 

Ensuite le Dr Maupetit décrit la cérémonie du mariage, très ritualisée.

 

4/ la Cour d’Amour dévoyée

 

Mais la Cour d’ Amour suit souvent d ’autres chemins et peut prendre différentes formes plus « intéressées ».

Les parents de la jeune fille peuvent s’opposer à l'union, soit qu'ils trouvent leur enfant trop jeune, soit que le parti ne leur plaise pas.

 

Ou bien, après une Cour d’ Amour, le « fiancé » s'éclipse et oublie  ses engagements. A ce moment s’il est passible des tribunaux, les Anciens  préfèrent les éviter car trop coûteux et infligent une indemnité (bien souvent dérisoire).

 

Ou bien, devant l’ annonce d’une grossesse, le soupirant ne veut pas  s’engager.  La jeune fille sans s'affoler, fait disparaître les traces de son amour, s'il en existe, et se prépare à recommencer. En effet, elle préfère avorter dans le silence plutôt que d’avouer que le « fiancé » s’est défilé après avoir profité de ses « faveurs » .

Il faut savoir également que « sur le marché de l'amour, une femme célibataire enceinte est dépréciée »  et aura des difficultés à trouver un mari.

 

Ou bien, c’est la jeune fille qui va « jouer » avec plusieurs amants à l’insu de la famille, soit pour trouver le bon futur mari soit par l’appât du gain afin d’obtenir des « cadeaux ».Elle sait qu’elle peut retirer un bénéfice du geste qu'elle autorisera ; aussi elle n'accorde ses faveurs qu'en présence  de promesses formelles ou de cadeaux appréciables pour elle  (argent, vêtements, aliments).

 

Ou bien, c’est une famille peu scrupuleuse qui va demander « réparation  » pour une « privauté » soit-disante non consentie par la jeune fille. Mais le jeune indélicat devra payer selon un barême connu dans le village  pour un baiser, un sein touché , soit pour l’ultime faveur. (Mais à l’inverse d’ Aymonier dans notre article précédent , le Dr Maupetit ne donne pas les tarifs du barême).

 

Bref, la Cour d’amour ou ses avatars se  comprennent toujours dans un « marché », un échange, une « dot » qui débouche sur un contrat, bien discuté, « réalisé » dans des étapes ritualisées. 

 

 

5/ Le mariage, un marché ? Une autre conception de l’amour et de la pudeur.

 

Que de débats aujourd’hui autour de ces notions, que d’incompréhensions !

 

Souvent le citadin farang qui veut se marier à une Isan  a du mal à comprendre qu’ il entre  dans une civilisation agricole et une autre culture .  Il a oublié les mariages de raison d’antan qui se pratiquaient dans les familles paysannes de France. Il oublie bien souvent que la conception de  l’ « Amour » de la femme Isan est forte différente de la passion amoureuse « occidentale ». 

 

Une autre conception de l’amour  et de voir son corps, une autre conception de la pudeur.

 

Certes  depuis 1913, le rapport à la pudeur a évolué et on ne voit plus, comme le Dr Maupetit, « les indigènes »,   le pagne, simplement noué à la taille, relevé autour des cuisses et sa partie antérieure, roulée, est ramenée en arrière, entre les jambes, attachée à la ceinture, et ceci constitue tout le costume.

Les jambes sont nues, les cuisses sont découvertes jusqu'au pli de l'aîne; au-dessus du bas-ventre, recouvert par le pagne, tout le tronc est libre et abandonne à la vue le nombril et les seins ; et, cependant, la pudeur est sauve, parce que, si un Laotien passe à côté de cette femme, il ne lui accordera même pas un regard.

 

Mais il n’est pas sûr que d’autres observations ne demeurent valables encore aujourd’hui.

 

Même au plus fort de son désir, l'indigène n'a que faire d'un ventre, d'une poitrine, d'une aisselle, d'un pli du coude ; il ignore les caresses et les baisers […]Par contrePuisque nous en sommes à étudier la désinvolture avec laquelle les Laotiennes livrent à tous le spectacle de leurs seins, je dois insister sur une habitude qui me paraît spéciale au Laos : le fait de toucher la main ou les seins d'une jeune fille ou d'une femme est considéré comme un attentat à la pudeur. 

Ceci est très intéressant et provient de l'habitude qu'ont les Laotiens de toucher les mains ou les seins pour sceller le pacte d'amour. 

 

Certes, nous avons vu que l’attirance, le plaisir d’être ensemble, l’amour physique ne sont pas absents dans l’ « évaluation » du mariage futur, mais le « fiancé » sait que «   le bonheur réel que sa jeune complice sera en droit d'espérer quand elle lui aura fait le don généreux de son corps et de son amour » est plus sur ses biens, « l'argent, les objets d'or ou de cuivre, les maisons, les rizières qu'il possède », bref la sécurité matérielle et sociale  qu’il lui apportera.

La possession pleine et entière des charmes physiques qu'il désire, se fera plus sur ces promesses « matérielles » que sur ses propres  charmes « physiques ».

 

De plus, pour fonder une famille, pour mettre en commun leur activité et leurs ressources ; il leur faudra obtenir l'assentiment des deux familles pour être mariés.

 

L’ « Article 7 du code civil laotien » en fait d’ailleurs foi, nous dit  le Dr Maupetit :

«  — II n'y a pas de mariage si les pères et mères des futurs époux n'ont pas donné leur consentement. Dans le cas où les parents sont divorcés, le consentement de l'époux qui aura obtenu la garde de l'enfant sera suffisant.

II n'est exigé aucune autre formalité. »

 

Il est consternant de voir que de nombreux Farangs aujourd’hui  voudraient oublier ces  « réalités » et cela d’autant plus qu’ils  seraient loin d’être des  sex symboles et auraient  le plus souvent plus de 30 ans de différence avec leurs jeunes promises.

 

Une note du Dr Maupetit sur la polygamie est aussi intéressante pour comprendre la situation de nombreuses femmes de l’Isan, même si « officiellement » cette coutume est désormais «  interdite ».

Au Laos siamois rien dans les moeurs, ni dans la loi ne s'oppose à ce que l'homme ait plusieurs femmes ; beaucoup de Siamois, d'ailleurs sont polygames ; or, il est très rare de rencontrer des indigènes du peuple ayant deux femmes.

J'ai cherché la raison de ce phénomène ; elle est très simple. La polygamie est toujours un signe de richesse; il faut de l'argent, beaucoup d'argent, non seulement pour acheter des femmes, mais pour les entretenir ensuite, elles  et leur progéniture. Or le Laotien est pauvre. Paresseux à l'excès, ne retirant du sol et de son travail que la somme de produits strictement nécessaire à son existence matérielle, il n'a jamais d'argent et c'est tout juste si, n'ayant même qu'une femme, il peut être sûr de toujours la nourrir avec les enfants qu'elle lui donnera.

Mais le cas qui se produit le plus souvent est que l'homme, curieux de nouveauté, qui a jeté son dévolu sur une autre, abandonne simplement la première, soit en la répudiant, soit en la laissant seule avec ses enfants pour aller ailleurs avec sa nouvelle amante.

 

Mais chacun sait que «  cette coutume »  est de l’histoire ancienne !!!

 

 

 

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 Docteur Maupetit Georges, Moeurs laotiennes,  In Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, VI° Série, tome 4, Fascicule 5, 1913. pp. 457-554.

 

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Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans Isan
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Jeff de Pangkhan 16/06/2011 07:29



En effet cela est vraiment différent désormqis...AH AH!!!!Enfin cet article est tres interressant comme toujours...Jeff