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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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12 mars 2016 6 12 /03 /mars /2016 18:08
A 212. LA THAÏLANDE, LE PAYS DU SOURIRE « JAUNE ».

Tout le monde connait le slogan touristique de « la Thaïlande, le pays du sourire ». Il est de plus confirmé régulièrement par de nombreux touristes et par de multiples reportages télévisés, consacrés aux « charmes » de la Thaïlande : son exotisme, son soleil,  ses belles plages, ses temples, ses bonzes, ses escapades gourmandes (!), ses hôtels de qualité et ce pour toutes les bourses, les sourires de ses habitants et de ses « hôtesses », etc. Certains  touristes et expatriés y voient l’image même du paradis. Des intellectuels comme Jean Marcel par exemple,  dans ses « Lettres du Siam », prétend que c’est  « le dernier paradis sur terre », où chaque année « des touristes se suicident plutôt que de le quitter » (sic). Forcément, il voyait tout le monde lui sourire, même l’officier de l’immigration, l’agent des douanes, « tous m’ont gratifié d’un sourire qui venait d’un monde que je ne connaissais pas ». Poursuivant : « C’est un univers entier, en effet, qui sourit dans chaque Thaï : c’est le fondement de la culture thaïe, et si on ne l’a pas compris, on ne comprendra  rien à rien. » (Cf. Notre article A195*).

 

On croit rêver ! Mais qui n’a pas compris ? Jean-Marcel ou nous ?

 

Se suicide-ton en Thaïlande « pour ne pas avoir à quitter le pays » ? Oui, on se suicide en Thaïlande mais nous sommes dans un domaine où, philosophiquement, il est permis de se demander quelle est la limite entre l’inconscient, l’involontaire, l’accidentel plus ou moins (in)volontaire, le volontaire et l’intentionnel :

A 212. LA THAÏLANDE, LE PAYS DU SOURIRE « JAUNE ».

- Combien de résidents ou de touristes occidentaux sexagénaires, septuagénaires ou octogénaires (les nonagénaires sont morts avant), croyant retrouver – tel le Docteur Faust – une nouvelle jeunesse – quittent ce bas-monde d’un arrêt cardiaque dû à l’absorption répétée de denrées en vente pratiquement libre permettant de renouveler les exploits du Sultan Saladin (qui a rejoint le paradis des combattants à 45 ans, faut-il le préciser ?) qui pouvait – dit sa légende – honorer les femmes de son sérail six fois la nuit. 

A 212. LA THAÏLANDE, LE PAYS DU SOURIRE « JAUNE ».

Les statistiques des hôpitaux locaux à ce sujet seraient probablement précieuses à consulter.

A 212. LA THAÏLANDE, LE PAYS DU SOURIRE « JAUNE ».

- Combien – prétendant qu’il s’agit de préserver « un espace de liberté » - quel argument imbécile -  conduisent les motocyclettes sans casque, sans gants, en short et en tongs oubliant ce précepte bien connu de tous les « motards » dignes de ce nom selon lequel il vaut mieux laisser deux kilos de cuir sur le macadam que deux kilos de viande ? Il faut être fou et surtout suicidaire pour conduire les folles nuits des nouvel-ans, le chrétien, le chinois et le thaï où les Thaïs se lâchent sur les routes ronds comme des barriques.

A 212. LA THAÏLANDE, LE PAYS DU SOURIRE « JAUNE ».
 

- Autre forme de suicide, pas toujours physique mais parfois dans ses conséquences : Combien d’occidentaux réfugiés ici après avoir été lessivés, déshabillés,  plumés judiciairement et à leur corps défendant, pensions alimentaires, prestations compensatoires, partage de biens, par des épouses délaissées parce qu’elles avaient les seins qui tombaient sur le ventre, le ventre sur le pubis et le pubis sur les genoux mais néanmoins cupides... 

A 212. LA THAÏLANDE, LE PAYS DU SOURIRE « JAUNE ».

... reviennent ici se faire lessiver volontairement et complétement cette fois-ci par quelque sourire enjôleur… « Oh sexy man ». Nos tribunaux leurs laissent de quoi subsister, pas leurs voraces et très temporaires compagnes.

A 212. LA THAÏLANDE, LE PAYS DU SOURIRE « JAUNE ».

Certes, ils sourient, mais ils ne sourient pas forcément, - comme chez nous - parce qu’ils sont contents ou heureux, mais comme nous le dit Pornpimol Senawong dans son livre  « Les Liens qui unissent les Thaïs, Coutumes et culture » parce  que le sourire est un véritable système de communication, où on peut repérer 18 types de message  (voire plus ?) avec des sourires répondant à des situations et sentiments codés, du style : grand, penaud, méprisant, sec, embarrassé, amical non reconnu (sic), joyeux, triste, encourageant, épanoui, doux, honteux, encourageant, provocant, dédaigneux, contenu. (Cf. Notre article **)

A 212. LA THAÏLANDE, LE PAYS DU SOURIRE « JAUNE ».
 

 

 

A 212. LA THAÏLANDE, LE PAYS DU SOURIRE « JAUNE ».

Il y a aussi divers sourires chez nous, le vrai sourire, celui qui ne coûte rien, et aussi le « sourire commercial » dont on doit enseigner les vertus dans les écoles de commerce, il est spécifique mais très rarement sincère à toutes les régions touristiques, Côte d’Azur ou Costa Brava. 

A 212. LA THAÏLANDE, LE PAYS DU SOURIRE « JAUNE ».

Nous connaissons également le sourire aussi enjôleur que menteur des hommes politiques essentiellement lors des campagnes électorales, celui-là, on l’enseigne à l’ENA, 

A 212. LA THAÏLANDE, LE PAYS DU SOURIRE « JAUNE ».

... le plus souvent un rictus hypocrite. 

A 212. LA THAÏLANDE, LE PAYS DU SOURIRE « JAUNE ».
Il est aussi des sourires mystérieux, celui de la Joconde dont le sens n’a toujours pas été élucidé.
A 212. LA THAÏLANDE, LE PAYS DU SOURIRE « JAUNE ».
Mais la liste est moins riche que celle donnée par Pornpimol Senawong, à chaque situation sociale une façon de sourire, il en est ou en serait 18 dont le déchiffrement n’est pas évident pour nos esprits occidentaux.

 

Alors de quel sourire parle-t-on ?

 

En politique ?

 

La Thaïlande vit sous un régime militaire depuis le coup d’Etat militaire du 24 mai 2014 ..et même, toutes proportions gardées, au moins épisodiquement, depuis bien avant.

A 212. LA THAÏLANDE, LE PAYS DU SOURIRE « JAUNE ».
Elle mène depuis, une répression sévère de toute opposition, de la moindre réunion publique, avec un contrôle drastique de tous les médias, des réseaux sociaux, des universités,  … bref de toute opinion qui voudrait s’exprimer. Depuis, on a assisté à des centaines d’arrestations arbitraires, avec les récits de mauvais traitements, et des procès iniques devant des tribunaux militaires … (Cf. Le rapport d’Amnesty International du jeudi 11 septembre 2015, intitulé Attitude adjustment –100 days under Martial Law»***
A 212. LA THAÏLANDE, LE PAYS DU SOURIRE « JAUNE ».

Certes, certains peuvent s’en accommoder et y trouver une légitimité. Il fait bon vivre dans un pays sans parti politique, sans liberté d’opinion, et sous le contrôle de l’armée. Mais de là à en sourire ?

 

On peut croire aux déclarations du général 1er ministre sur l’efficacité  de la répression des trafiquants de chair humaine, avec la découverte de charniers, des camps-prisons, l’arrestation de trafiquants, de fonctionnaires corrompus, des poursuites contre des policiers, et le transfert d’autres policiers « suspects », mais la Thaïlande n’est pas qu’un pays de transit pour ceux qui fuient la pauvreté au Bangladesh ou les persécutions dans le cas des Rohingyas musulmans de Birmanie.

 

Elle est aussi une destination, le pays d’accueil pour d’autres migrants comme les Birmans, les Cambodgiens, les Laotiens, et les réfugiés « montagnards » au Nord, qui eux, acheminés par les différents trafics d’êtres humains. (Nous leur avions  consacrés trois articles à la fin de 2013. (Cf. les liens **)

 

Le premier, intitulé  Le travail forcé sur les bateaux de pêche thaïlandaisévoquait un rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT) qui dénonçait une fois de plus les "graves abus" exercés sur les immigrés illégaux cambodgiens et birmans, travaillant sur les bateaux de pêche thaïlandais. (« Graves abus » ? Un euphémisme pour désigner travail forcé, violences et meurtres) 

 

« Nous avions alors appris que le travail forcé ne touchait pas que la pêche hauturière thaïlandaise, mais s’exerçait au sein d’un système de trafics d’êtres humains généralisé qui touchait près de cinq millions de travailleurs étrangers légaux et illégaux, employés dans de nombreux secteurs de l’économie thaïlandaise, comme l’aquaculture de la crevette,  les usines de transformation du poisson, les plantations d’hévéas, le bâtiment, la prostitution, etc. »(in notre article A185.). 

A 212. LA THAÏLANDE, LE PAYS DU SOURIRE « JAUNE ».
Nous avions également appris avec l’étude de Jacques Ivanoff, Histoire des migrations et ethnicité à partir d’une réflexion en Asie du Sud-EstVers une anthropologie des frontières ? ce qui se joue au sud de la Thaïlande, dans cet espace particulier des frontières, et à identifier les différents éléments des filières clandestines, les différents acteurs de cet espace régional, légaux et illégaux qui profitent du système, comme ces grandes familles chinoises (les Chinois/Thaïs, les Chinois/Birmans), qui ont le pouvoir politique, administratif et économique, et qui savent via les multiples intermédiaires (courtiers, recruteurs, trafiquants), gérer l’illégalité au quotidien avec la complicité des « officiels » et des policiers et militaires corrompus, la légalité n’étant pas rentable. 
A 212. LA THAÏLANDE, LE PAYS DU SOURIRE « JAUNE ».

Sourire dites-vous ?

 

Dans le sud de la Thaïlande par exemple ? Certes on trouve de belles plages et on peut entendre des sourires,  parmi la minorité musulmane (Quand même 5% de la population) des provinces de Yala, Narathiwat et Pattani mais on entend aussi des attentats à la bombe ou à la grenade qui presque chaque semaine  tuent ou blessent (6.500 depuis dix ans),  et on doit vivre au quotidien un Etat d’urgence, avec la présence omniprésente des militaires, et celle des milices, et/ou des forces de sécurité dans chaque village, avec l’armement des civils et des instituteurs … (Cf. *** Notre article 12 faisant le point en 2012 : Terrorisme ou insurrection séparatiste dans le Sud de la Thaïlande ?) .

 

Oui, dans le sud de la Thaïlande on peut sourire, mais de quel sourire s’agit-il ? Oui, c’est une exception, mais ailleurs ?

A 212. LA THAÏLANDE, LE PAYS DU SOURIRE « JAUNE ».

Les provinces rurales ?

 

La population rurale se compose encore de 66 % de la population, et l’agriculture est le principal secteur économique employant 41% de la population active, et  les + de 65 ans, représentent presque 10% de la population. Environ  60 % des travailleurs thaïlandais sont des travailleurs informels c’est-à-dire non légalement déclarés (avec 93 % dans l’emploi agricole !); avec donc des rémunérations plus faibles que les 300 baths/jour officiels,  avec une exclusion des droits garantis par la législation du travail, et une retraite de 600 baths par mois pour les plus de 60 ans, 1000 baths pour les plus de 70 ans, avec une prime de 500 baths si vous êtes aveugle, paralytique, ou avez un handicap reconnu.

 

Evidemment ceux qui défendent la Thaïlande du sourire, pourraient évoquer l’aide reçue des familles ou des filles travaillant dans les gogos, les bars bordels ou les karaokés, mais une étude de Bruno Jetin, (Le développement économique de la Thaïlande est-il socialement soutenable ?) indique qu’1/3 des paysannes de plus de 60 ans  ne gagnent que  1.143 baths par mois (moins de 30 euros) et 63 %, 2.286 baths (moins de 60 euros). On peut certes, là encore, en sourire. (Cf***. Nos  articles A127 et A132 traitant ces sujets)

A 212. LA THAÏLANDE, LE PAYS DU SOURIRE « JAUNE ».

D’ailleurs, régulièrement, des articles  nous invitent  à nous méfier des « apparences calmes et paisibles qui font la réputation de la Thaïlande ». Ainsi par exemple :

 

« La Thaïlande a manqué de peu le titre de pays le plus meurtrier du monde sur les routes. Pour la première place du podium, il faut aller en Afrique, dans un pays sous développé dévasté par la guerre civile, la Libye.  Triste référence pour la Thaïlande … Dans l’édition 2015 de son Rapport de Situation sur la Sécurité Routière, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a estimé que 14 059 personnes ont été tuées sur les routes thaïlandaises en 2012 (derniers chiffres connus), soit un taux de mortalité de 32,2 personnes pour 100 000 habitants (73,4 pour la Lybie). » (A.G. www.gavroche-thailande.com)

Ou encore dans le magazine  Gavroche.

 

« Le royaume affiche un taux d’homicide par armes à feu deux fois plus élevé qu’aux Etats-Unis, pourtant réputés pour ses règlements de compte au pistolet et autres armes de guerre automatiques … Selon une étude de l’université de Washington, la Thaïlande possède un taux d’homicide par armes à feu de 7,48 tués pour 100 000 habitants en 2013, contre 3,55 aux Etats-Unis.

 

Ou encore dans « Le petit journal » du 10 février 2016 et du 1er mars 2016.

 

« Souvent définie par son côté chaleureux et accueillant, la Thaïlande est aussi un pays où l’on règle trop souvent ses différends, personnels ou professionnels, à coups d’armes à feu et d’une balle dans le corps. Pas une semaine ne se passe sans que l’un de ses faits divers ne fasse la une de la presse locale. Le principal mobile ? L’humiliation ou ce qu’on appelle plus souvent « perdre la face ». […]  (On arrive ainsi à un taux même légèrement supérieur à celui des Etats-Unis (3,43 meurtres pour 100.000 personnes) et sans commune mesure avec la France (0,21 meurtres pour 100.000 personnes). D’après les statistiques du ministère de l’Intérieur, quelque 6,1 millions d’armes à feu circulent dans le pays pour une population de 67 millions de personnes. Gunpolicy.org évalue plutôt ce chiffre à 10 millions, en prenant en compte un marché prospère d’armes illégales. »

A 212. LA THAÏLANDE, LE PAYS DU SOURIRE « JAUNE ».

Mais on peut ne pas perdre le sourire, cette criminalité sanguinaire ne touche pratiquement jamais que les Thaïs – en dehors de la délinquance routière - affaires d’argent, affaires amoureuses, règlements de compte consécutifs à de sordides affaires terriennes. La criminalité de sang visant les touristes ou les résidents est marginale et plus encore. Ne perdons donc pas le sourire même si les enquêtes consécutives se terminent parfois sinon toujours en jus de boudin. Elle touche essentiellement leurs proches qui vont assister à leur crémation, les pleurent et les oublient rapidement. Quant à la délinquance au quotidien, celle qui exaspère légitimement nos compatriotes dans leur banlieue ? Vole-t-on les sacs à main à l’arrachée ? Vole-t-on les automobiles ou les motocyclettes ? Oui, bien sûr mais moins qu’à Marseille ou qu’à New-York. Incendie-t-on des centaines de véhicule à chaque nuit de noël ou du jour de l’an ? Continuons à conserver le sourire, le nôtre évidemment, d’autant que cette délinquance est fort souvent le fruit de crapules venues de l’ouest (ou d’ailleurs, aussi de l’Est)…                                               

A 212. LA THAÏLANDE, LE PAYS DU SOURIRE « JAUNE ».

Certains pourraient  dire que ce ne sont que des faits divers, après tout, les armes à feu, les meurtres, les morts sur la route sont présents dans chaque pays. Oui, mais quand vous ajoutez la dictature, l’absence de liberté d’expression, d’opinion, l’exploitation de la majorité des travailleurs thaïlandais (Salaire de 300 baths/jour, pas ou peu de protection sociale, retraite à 600 baths/mois), le système de trafic d’êtres humains généralisé employés dans de nombreux secteurs de l’économie et de la prostitution, les millions de sans papiers, etc, vous pouvez quelque peu douter du « pays du sourire ».

 

Surtout si vous ajoutez les dettes des ménages qui toucheraient les 2/3 de la population,  et représenteraient 78% du PIB, et obligeraient chaque foyer à utiliser 34% de ses revenus pour rembourser ; ou bien si vous apprenez par le vice-ministre de la Santé publique qu’1/5e de la population, soit quelque 13 millions de personnes sont touchées, qui par des psychoses, des  troubles d’anxiété ou des dépressions nerveuses (Cf. le « Bangkok Post. » in  (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html), lundi 24 septembre 2012) ; que le yaba (la drogue qui rend fou), une méthamphétamine touche tous les milieux avec une écrasante majorité de jeunes voire de très jeunes thaïlandais ― écoliers, lycéens ou étudiants ― et les 2/3 des villages (******), il vous faudra une bonne dose d’optimisme, pour encore considérer que « La Thaïlande est le pays du sourire », à moins que cela soit un   sourire « jaune ».

A 212. LA THAÏLANDE, LE PAYS DU SOURIRE « JAUNE ».

Rire jaune : Rire à contre-coeur, rire forcé, rire contraint, quand le coeur n'y est pas, pas sincère, dissimuler son ennui sous un air satisfait ; rire forcé pour ne pas perdre la face ; sourire contraint … Il en va de même du sourire jaune.

 

Les bourreaux chinois, étaient réputés pour pouvoir découper un homme en 10.000 morceaux en le gardant en vie pendant plusieurs jours et le faisaient toujours avec le sourire, mais quel sourire ?

A 212. LA THAÏLANDE, LE PAYS DU SOURIRE « JAUNE ».

Oui, la situation dans le pays ne prête pas forcément au sourire, la qualification purement commerciale de « pays du sourire » (mais quand a-t-elle été lancée ?) mériterait que le très officiel TAT (« Tourism autority of Thailand ») trouve à l’aide de quelque « coaching » un slogan peut-être moins accrocheur mais plus réaliste.

 

Mais, - il faut le dire - nous rencontrons souvent aussi dans ce pays de vrais sourires, ni jaunes, ni hypocrites ni commerciaux, sourires de bienvenue, le plus souvent, ils le font le plus souvent sans contrepartie. Ils réchauffent tout simplement le cœur mais il faut souvent aussi aller les chercher dans le pays « profond ».

 

A 212. LA THAÏLANDE, LE PAYS DU SOURIRE « JAUNE ».

Nous y vivons, nous y sommes bien, probablement mieux qu’en Corée du nord ou qu’en Arabie saoudite, peut-être aussi mieux qu’en France. Certes, nous ne nous mêlons pas de leur politique ce qui ne nous interdit pas d’émettre une opinion (les Thaïs ont été choqués à juste titre de voir au milieu des manifestations violentes de ces dernières années, rouges ou jaunes, des farangs y participer).

A 212. LA THAÏLANDE, LE PAYS DU SOURIRE « JAUNE ».

Ils sont souvent difficiles à comprendre,  et plus nous avançons en âge, plus nous constatons que nous les comprenons de moins en moins.

 

Au moins, nous pouvons leur offrir notre sourire :

A 212. LA THAÏLANDE, LE PAYS DU SOURIRE « JAUNE ».

*http://www.alainbernardenthailande.com/2015/10/a195-la-thailande-de-jean-marcel-in-lettres-du-siam.html)

 

**A185. La junte militaire face aux trafics d’êtres humains en Thaïlande. http://www.alainbernardenthailande.com/2015/05/a185-la-junte-militaire-face-aux-trafics-d-etres-humains-en-thailande.html

Et  A128. Le travail forcé sur les bateaux de pêche thaïlandais et A129. Travailleurs illégaux ou « birmanisation » du sud de la Thaïlande ?

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a128-le-travail-force-sur-les-bateaux-de-peche-thailandais-120167502.html

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a129-travailleurs-illegaux-ou-birmanisation-du-sud-de-la-thailande-120218930.html

 

*** Article 12 :   Terrorisme ou insurrection séparatiste dans le Sud de la Thaïlande ? http://www.alainbernardenthailande.com/article-article-12-terrorisme-ou-insurrection-separatiste-dans-le-sud-68166091.html

 

****A127. La situation des  vieux paysans de Thaïlande. http://www.alainbernardenthailande.com/article-a127-la-situation-des-vieux-paysans-de-thailande-119880727.html

 

A131. Comprendre la crise des petits producteurs de caoutchouc thaïlandais.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a131-comprendre-la-crise-des-petits-producteurs-de-caoutchouc-thailandais-120469629.html

 

*****A135. Le bonheur thaïlandais ?

http://www.alainbernardenthailande.com/article-135-le-bonheur-thailandais-121011932.html 

****** Cf. « Yaa Baa: Production, trafic et consommation de méthamphétamine en Asie du Sud-Est continentale », Pierre-Arnaud Chouvy et Joël Meissonnier, L’Harm

A 212. LA THAÏLANDE, LE PAYS DU SOURIRE « JAUNE ».

0- Autre forme de suicide, pas toujours physique mais parfois dans ses conséquences : Combien d’occidentaux réfugiés ici après avoir été lessivés, déshabillés,  plumés judiciairement et à leur corps défendant, pensions alimentaires, prestations compensatoires, partage de biens, par des épouses délaissées parce qu’elles avaient les seins qui tombaient sur le ventre, le ventre sur le pubis et le pubis sur les genoux mais néanmoins cupides, reviennent ici se faire lessiver volontairement et complétement cette fois-ci par quelque sourire enjôleur… « Oh sexy man ». Nos tribunaux leurs laissent de quoi subsister, pas leurs voraces et très temporaires compagnes.

 

Certes, ils sourient, mais ils ne sourient pas forcément, - comme chez nous - parce qu’ils sont contents ou heureux, mais comme nous le dit Pornpimol Senawong dans son livre  « Les Liens qui unissent les Thaïs, Coutumes et culture » parce  que le sourire est un véritable système de communication, où on peut repérer 18 types de message  (voire plus ?) avec des sourires répondant à des situations et sentiments codés, du style : grand, penaud, méprisant, sec, embarrassé, amical non reconnu (sic), joyeux, triste, encourageant, épanoui, doux, honteux, encourageant, provocant, dédaigneux, contenu. (Cf. Notre article **)

 

Il y a aussi divers sourires chez nous, le vrai sourire, celui qui ne coûte rien, et aussi le « sourire commercial » dont on doit enseigner les vertus dans les écoles de commerce, il est spécifique mais très rarement sincère à toutes les régions touristiques, Côte d’Azur ou Costa Brava. Nous connaissons également le sourire aussi enjôleur que menteur des hommes politiques essentiellement lors des campagnes électorales, celui-là, on l’enseigne à l’ENA, le plus souvent un rictus hypocrite. Il est aussi des sourires mystérieux, celui de la Joconde dont le sens n’a toujours pas été élucidé. Mais la liste est moins riche que celle donnée par Pornpimol Senawong, à chaque situation sociale une façon de sourire, il en est ou en serait 18 dont le déchiffrement n’est pas évident pour nos esprits occidentaux.

 

Alors de quel sourire parle-t-on ?

 

En politique ?

 

La Thaïlande vit sous un régime militaire depuis le coup d’Etat militaire du 24 mai 2014 ..et même, toutes proportions gardées, au moins épisodiquement, depuis bien avant. Elle mène depuis, une répression sévère de toute opposition, de la moindre réunion publique, avec un contrôle drastique de tous les médias, des réseaux sociaux, des universités,  … bref de toute opinion qui voudrait s’exprimer. Depuis, on a assisté à des centaines d’arrestations arbitraires, avec les récits de mauvais traitements, et des procès iniques devant des tribunaux militaires … (Cf. Le rapport d’Amnesty International du jeudi 11 septembre 2015, intitulé Attitude adjustment –100 days under Martial Law»***

 

Certes, certains peuvent s’en accommoder et y trouver une légitimité. Il fait bon vivre dans un pays sans parti politique, sans liberté d’opinion, et sous le contrôle de l’armée. Mais de là à en sourire.

 

On peut croire aux déclarations du général 1er ministre sur l’efficacité  de la répression des trafiquants de chair humaine, avec la découverte de charniers, des camps-prisons, l’arrestation de trafiquants, de fonctionnaires corrompus, des poursuites contre des policiers, et le transfert d’autres policiers « suspects », mais la Thaïlande n’est pas qu’un pays de transit pour ceux qui fuient la pauvreté au Bangladesh ou les persécutions dans le cas des Rohingyas musulmans de Birmanie.

 

Elle est aussi une destination, le pays d’accueil pour d’autres migrants comme les Birmans, les Cambodgiens, les Laotiens, et les réfugiés « montagnards » au Nord, qui eux, acheminés par les différents trafics d’êtres humains. (Nous leur avions  consacrés trois articles à la fin de 2013. (Cf. les liens **)

 

Le premier, intitulé  Le travail forcé sur les bateaux de pêche thaïlandaisévoquait un rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT) qui dénonçait une fois de plus les "graves abus" exercés sur les immigrés illégaux cambodgiens et birmans, travaillant sur les bateaux de pêche thaïlandais. (« Graves abus » ? Un euphémisme pour désigner travail forcé, violences et meurtres) 

 

« Nous avions alors appris que le travail forcé ne touchait pas que la pêche hauturière thaïlandaise, mais s’exerçait au sein d’un système de trafics d’êtres humains généralisé qui touchait près de cinq millions de travailleurs étrangers légaux et illégaux, employés dans de nombreux secteurs de l’économie thaïlandaise, comme l’aquaculture de la crevette,  les usines de transformation du poisson, les plantations d’hévéas, le bâtiment, la prostitution, etc. »(in notre article A185.). Nous avions également appris avec l’étude de Jacques Ivanoff, Histoire des migrations et ethnicité à partir d’une réflexion en Asie du Sud-EstVers une anthropologie des frontières ? ce qui se joue au sud de la Thaïlande, dans cet espace particulier des frontières, et à identifier les différents éléments des filières clandestines, les différents acteurs de cet espace régional, légaux et illégaux qui profitent du système, comme ces grandes familles chinoises (les Chinois/Thaïs, les Chinois/Birmans), qui ont le pouvoir politique, administratif et économique, et qui savent via les multiples intermédiaires (courtiers, recruteurs, trafiquants), gérer l’illégalité au quotidien avec la complicité des « officiels » et des policiers et militaires corrompus, la légalité n’étant pas rentable. 

 

Sourire dites-vous ?

 

Dans le sud de la Thaïlande par exemple ? Certes on trouve de belles plages et on peut entendre des sourires,  parmi la minorité musulmane (Quand même 5% de la population) des provinces de Yala, Narathiwat et Pattani mais on entend aussi des attentats à la bombe ou à la grenade qui presque chaque semaine  tuent ou blessent (6.500 depuis dix ans),  et on doit vivre au quotidien un Etat d’urgence, avec la présence omniprésente des militaires, et celle des milices, et/ou des forces de sécurité dans chaque village, avec l’armement des civils et des instituteurs … (Cf. *** Notre article 12 faisant le point en 2012 : Terrorisme ou insurrection séparatiste dans le Sud de la Thaïlande ?) .

 

Oui, dans le sud de la Thaïlande on peut sourire, mais de quel sourire s’agit-il ? Oui, c’est une exception, mais ailleurs ?

 

Les provinces rurales ?

 

La population rurale se compose encore de 66 % de la population, et l’agriculture est le principal secteur économique employant 41% de la population active, et  les + de 65 ans, représentent presque 10% de la population. Environ  60 % des travailleurs thaïlandais sont des travailleurs informels c’est-à-dire non légalement déclarés (avec 93 % dans l’emploi agricole !); avec donc des rémunérations plus faibles que les 300 baths/jour officiels,  avec une exclusion des droits garantis par la législation du travail, et une retraite de 600 baths par mois pour les plus de 60 ans, 1000 baths pour les plus de 70 ans, avec une prime de 500 baths si vous êtes aveugle, paralytique, ou avez un handicap reconnu.

 

Evidemment ceux qui défendent la Thaïlande du sourire, pourraient évoquer l’aide reçue des familles ou des filles travaillant dans les gogos, les bars bordels ou les karaokés, mais une étude de Bruno Jetin, (Le développement économique de la Thaïlande est-il socialement soutenable ?) indique qu’1/3 des paysannes de plus de 60 ans  ne gagnent que  1.143 baths par mois (moins de 30 euros) et 63 %, 2.286 baths (moins de 60 euros). On peut certes, là encore, en sourire. (Cf***. Nos  articles A127 et A132 traitant ces sujets)

 

D’ailleurs, régulièrement, des articles  nous invitent  à nous méfier des « apparences calmes et paisibles qui font la réputation de la Thaïlande ». Ainsi par exemple :

 

« La Thaïlande a manqué de peu le titre de pays le plus meurtrier du monde sur les routes. Pour la première place du podium, il faut aller en Afrique, dans un pays sous développé dévasté par la guerre civile, la Libye.  Triste référence pour la Thaïlande … Dans l’édition 2015 de son Rapport de Situation sur la Sécurité Routière, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a estimé que 14 059 personnes ont été tuées sur les routes thaïlandaises en 2012 (derniers chiffres connus), soit un taux de mortalité de 32,2 personnes pour 100 000 habitants (73,4 pour la Lybie). » (A.G. www.gavroche-thailande.com)

Ou encore dans le magazine  Gavroche.

 

« Le royaume affiche un taux d’homicide par armes à feu deux fois plus élevé qu’aux Etats-Unis, pourtant réputés pour ses règlements de compte au pistolet et autres armes de guerre automatiques … Selon une étude de l’université de Washington, la Thaïlande possède un taux d’homicide par armes à feu de 7,48 tués pour 100 000 habitants en 2013, contre 3,55 aux Etats-Unis.

 

Ou encore dans « Le petit journal » du 10 février 2016 et du 1er mars 2016.

 

« Souvent définie par son côté chaleureux et accueillant, la Thaïlande est aussi un pays où l’on règle trop souvent ses différends, personnels ou professionnels, à coups d’armes à feu et d’une balle dans le corps. Pas une semaine ne se passe sans que l’un de ses faits divers ne fasse la une de la presse locale. Le principal mobile ? L’humiliation ou ce qu’on appelle plus souvent « perdre la face ». […]  (On arrive ainsi à un taux même légèrement supérieur à celui des Etats-Unis (3,43 meurtres pour 100.000 personnes) et sans commune mesure avec la France (0,21 meurtres pour 100.000 personnes). D’après les statistiques du ministère de l’Intérieur, quelque 6,1 millions d’armes à feu circulent dans le pays pour une population de 67 millions de personnes. Gunpolicy.org évalue plutôt ce chiffre à 10 millions, en prenant en compte un marché prospère d’armes illégales. »

 

Mais on peut ne pas perdre le sourire, cette criminalité sanguinaire ne touche pratiquement jamais que les Thaïs – en dehors de la délinquance routière - affaires d’argent, affaires amoureuses, règlements de compte consécutifs à de sordides affaires terriennes. La criminalité de sang visant les touristes ou les résidents est marginale et plus encore. Ne perdons donc pas le sourire même si les enquêtes consécutives se terminent parfois sinon toujours en jus de boudin. Elle touche essentiellement leurs proches qui vont assister à leur crémation, les pleurent et les oublient rapidement. Quant à la délinquance au quotidien, celle qui exaspère légitimement nos compatriotes dans leur banlieue ? Vole-t-on les sacs à main à l’arrachée ? Vole-t-on les automobiles ou les motocyclettes ? Oui, bien sûr mais moins qu’à Marseille ou qu’à New-York. Incendie-t-on des centaines de véhicule à chaque nuit de noël ou du jour de l’an ? Continuons à conserver le sourire, le nôtre évidemment, d’autant que cette délinquance est fort souvent le fruit de crapules venues de l’ouest (ou d’ailleurs, aussi de l’Est)…

                                                  ------------------

Certains pourraient  dire que ce ne sont que des faits divers, après tout, les armes à feu, les meurtres, les morts sur la route sont présents dans chaque pays. Oui, mais quand vous ajoutez la dictature, l’absence de liberté d’expression, d’opinion, l’exploitation de la majorité des travailleurs thaïlandais (Salaire de 300 baths/jour, pas ou peu de protection sociale, retraite à 600 baths/mois), le système de trafic d’êtres humains généralisé employés dans de nombreux secteurs de l’économie et de la prostitution, les millions de sans papiers, etc, vous pouvez quelque peu douter du « pays du sourire ».

 

Surtout si vous ajoutez les dettes des ménages qui toucheraient les 2/3 de la population,  et représenteraient 78% du PIB, et obligeraient chaque foyer à utiliser 34% de ses revenus pour rembourser ; ou bien si vous apprenez par le vice-ministre  de la Santé publique qu’1/5e de la population, soit quelque 13 millions de personnes sont touchées, qui par des psychoses, des  troubles d’anxiété ou des dépressions nerveuses (Cf. le « Bangkok Post. » in  (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html), lundi 24 septembre 2012) ; que le yaba (la drogue qui rend fou), une méthamphétamine touche tous les milieux avec une écrasante majorité de jeunes voire de très jeunes thaïlandais ― écoliers, lycéens ou étudiants ― et les 2/3 des villages (******), il vous faudra une bonne dose d’optimisme, pour encore considérer que « La Thaïlande est le pays du sourire », à moins que cela soit un   sourire « jaune ».

 

Rire jaune : Rire à contre-coeur, rire forcé, rire contraint, quand le coeur n'y est pas, pas sincère, dissimuler son ennui sous un air satisfait ; rire forcé pour ne pas perdre la face ; sourire contraint … Il en va de même du sourire jaune.

 

Les bourreaux chinois, étaient réputés pour pouvoir découper un homme en 10.000 morceaux en le gardant en vie pendant plusieurs jours et le faisaient toujours avec le sourire, mais quel sourire ?

 

Oui, la situation dans le pays ne prête pas forcément au sourire, la qualification purement commerciale de « pays du sourire » (mais quand a-t-elle été lancée ?) mériterait que le très officiel TAT (« Tourism autority of Thailand ») trouve à l’aide de quelque « coaching » un slogan peut-être moins accrocheur mais plus réaliste.

 

Mais, -il faut le dire- nous rencontrons souvent aussi dans ce pays de vrais sourires, ni jaunes, ni hypocrites ni commerciaux, sourires de bienvenue, le plus souvent, ils le font le plus souvent sans contrepartie. Ils réchauffent tout simplement le cœur mais il faut souvent aussi aller les chercher dans le pays « profond ».

 

Nous y vivons, nous y sommes bien, probablement mieux qu’en Corée du nord ou qu’en Arabie saoudite, peut-être aussi mieux qu’en France. Certes, nous ne nous mêlons pas de leur politique ce qui ne nous interdit pas d’émettre une opinion (les Thaïs ont été choqués à juste titre de voir au milieu des manifestations violentes de ces dernières années, rouges ou jaunes, des farangs y participer)..

 

Ils sont souvent difficiles à comprendre,  et plus nous avançons en âge, plus nous constatons que nous les comprenons de moins en moins.

 

Au moins, nous pouvons leur offrir notre sourire.

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

*http://www.alainbernardenthailande.com/2015/10/a195-la-thailande-de-jean-marcel-in-lettres-du-siam.html)

 

**A185. La junte militaire face aux trafics d’êtres humains en Thaïlande. http://www.alainbernardenthailande.com/2015/05/a185-la-junte-militaire-face-aux-trafics-d-etres-humains-en-thailande.html

Et  A128. Le travail forcé sur les bateaux de pêche thaïlandais et A129. Travailleurs illégaux ou « birmanisation » du sud de la Thaïlande ?

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a128-le-travail-force-sur-les-bateaux-de-peche-thailandais-120167502.html

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a129-travailleurs-illegaux-ou-birmanisation-du-sud-de-la-thailande-120218930.html

 

*** Article 12 :   Terrorisme ou insurrection séparatiste dans le Sud de la Thaïlande ? http://www.alainbernardenthailande.com/article-article-12-terrorisme-ou-insurrection-separatiste-dans-le-sud-68166091.html

 

****A127. La situation des  vieux paysans de Thaïlande. http://www.alainbernardenthailande.com/article-a127-la-situation-des-vieux-paysans-de-thailande-119880727.html

 

A131. Comprendre la crise des petits producteurs de caoutchouc thaïlandais.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a131-comprendre-la-crise-des-petits-producteurs-de-caoutchouc-thailandais-120469629.html

 

*****A135. Le bonheur thaïlandais ?

http://www.alainbernardenthailande.com/article-135-le-bonheur-thailandais-121011932.html 

****** Cf. « Yaa Baa: Production, trafic et consommation de méthamphétamine en Asie du Sud-Est continentale », Pierre-Arnaud Chouvy et Joël Meissonnier, L’Harmattan IRASEC, Paris – Bangkok (ISBN 2-7475-2397-7)

- Autre forme de suicide, pas toujours physique mais parfois dans ses conséquences : Combien d’occidentaux réfugiés ici après avoir été lessivés, déshabillés,  plumés judiciairement et à leur corps défendant, pensions alimentaires, prestations compensatoires, partage de biens, par des épouses délaissées parce qu’elles avaient les seins qui tombaient sur le ventre, le ventre sur le pubis et le pubis sur les genoux mais néanmoins cupides, reviennent ici se faire lessiver volontairement et complétement cette fois-ci par quelque sourire enjôleur… « Oh sexy man ». Nos tribunaux leurs laissent de quoi subsister, pas leurs voraces et très temporaires compagnes.

 

Certes, ils sourient, mais ils ne sourient pas forcément, - comme chez nous - parce qu’ils sont contents ou heureux, mais comme nous le dit Pornpimol Senawong dans son livre  « Les Liens qui unissent les Thaïs, Coutumes et culture » parce  que le sourire est un véritable système de communication, où on peut repérer 18 types de message  (voire plus ?) avec des sourires répondant à des situations et sentiments codés, du style : grand, penaud, méprisant, sec, embarrassé, amical non reconnu (sic), joyeux, triste, encourageant, épanoui, doux, honteux, encourageant, provocant, dédaigneux, contenu. (Cf. Notre article **)

 

Il y a aussi divers sourires chez nous, le vrai sourire, celui qui ne coûte rien, et aussi le « sourire commercial » dont on doit enseigner les vertus dans les écoles de commerce, il est spécifique mais très rarement sincère à toutes les régions touristiques, Côte d’Azur ou Costa Brava. Nous connaissons également le sourire aussi enjôleur que menteur des hommes politiques essentiellement lors des campagnes électorales, celui-là, on l’enseigne à l’ENA, le plus souvent un rictus hypocrite. Il est aussi des sourires mystérieux, celui de la Joconde dont le sens n’a toujours pas été élucidé. Mais la liste est moins riche que celle donnée par Pornpimol Senawong, à chaque situation sociale une façon de sourire, il en est ou en serait 18 dont le déchiffrement n’est pas évident pour nos esprits occidentaux.

 

Alors de quel sourire parle-t-on ?

 

En politique ?

 

La Thaïlande vit sous un régime militaire depuis le coup d’Etat militaire du 24 mai 2014 ..et même, toutes proportions gardées, au moins épisodiquement, depuis bien avant. Elle mène depuis, une répression sévère de toute opposition, de la moindre réunion publique, avec un contrôle drastique de tous les médias, des réseaux sociaux, des universités,  … bref de toute opinion qui voudrait s’exprimer. Depuis, on a assisté à des centaines d’arrestations arbitraires, avec les récits de mauvais traitements, et des procès iniques devant des tribunaux militaires … (Cf. Le rapport d’Amnesty International du jeudi 11 septembre 2015, intitulé Attitude adjustment –100 days under Martial Law»***

 

Certes, certains peuvent s’en accommoder et y trouver une légitimité. Il fait bon vivre dans un pays sans parti politique, sans liberté d’opinion, et sous le contrôle de l’armée. Mais de là à en sourire.

 

On peut croire aux déclarations du général 1er ministre sur l’efficacité  de la répression des trafiquants de chair humaine, avec la découverte de charniers, des camps-prisons, l’arrestation de trafiquants, de fonctionnaires corrompus, des poursuites contre des policiers, et le transfert d’autres policiers « suspects », mais la Thaïlande n’est pas qu’un pays de transit pour ceux qui fuient la pauvreté au Bangladesh ou les persécutions dans le cas des Rohingyas musulmans de Birmanie.

 

Elle est aussi une destination, le pays d’accueil pour d’autres migrants comme les Birmans, les Cambodgiens, les Laotiens, et les réfugiés « montagnards » au Nord, qui eux, acheminés par les différents trafics d’êtres humains. (Nous leur avions  consacrés trois articles à la fin de 2013. (Cf. les liens **)

 

Le premier, intitulé  Le travail forcé sur les bateaux de pêche thaïlandaisévoquait un rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT) qui dénonçait une fois de plus les "graves abus" exercés sur les immigrés illégaux cambodgiens et birmans, travaillant sur les bateaux de pêche thaïlandais. (« Graves abus » ? Un euphémisme pour désigner travail forcé, violences et meurtres) 

 

« Nous avions alors appris que le travail forcé ne touchait pas que la pêche hauturière thaïlandaise, mais s’exerçait au sein d’un système de trafics d’êtres humains généralisé qui touchait près de cinq millions de travailleurs étrangers légaux et illégaux, employés dans de nombreux secteurs de l’économie thaïlandaise, comme l’aquaculture de la crevette,  les usines de transformation du poisson, les plantations d’hévéas, le bâtiment, la prostitution, etc. »(in notre article A185.). Nous avions également appris avec l’étude de Jacques Ivanoff, Histoire des migrations et ethnicité à partir d’une réflexion en Asie du Sud-EstVers une anthropologie des frontières ? ce qui se joue au sud de la Thaïlande, dans cet espace particulier des frontières, et à identifier les différents éléments des filières clandestines, les différents acteurs de cet espace régional, légaux et illégaux qui profitent du système, comme ces grandes familles chinoises (les Chinois/Thaïs, les Chinois/Birmans), qui ont le pouvoir politique, administratif et économique, et qui savent via les multiples intermédiaires (courtiers, recruteurs, trafiquants), gérer l’illégalité au quotidien avec la complicité des « officiels » et des policiers et militaires corrompus, la légalité n’étant pas rentable. 

 

Sourire dites-vous ?

 

Dans le sud de la Thaïlande par exemple ? Certes on trouve de belles plages et on peut entendre des sourires,  parmi la minorité musulmane (Quand même 5% de la population) des provinces de Yala, Narathiwat et Pattani mais on entend aussi des attentats à la bombe ou à la grenade qui presque chaque semaine  tuent ou blessent (6.500 depuis dix ans),  et on doit vivre au quotidien un Etat d’urgence, avec la présence omniprésente des militaires, et celle des milices, et/ou des forces de sécurité dans chaque village, avec l’armement des civils et des instituteurs … (Cf. *** Notre article 12 faisant le point en 2012 : Terrorisme ou insurrection séparatiste dans le Sud de la Thaïlande ?) .

 

Oui, dans le sud de la Thaïlande on peut sourire, mais de quel sourire s’agit-il ? Oui, c’est une exception, mais ailleurs ?

 

Les provinces rurales ?

 

La population rurale se compose encore de 66 % de la population, et l’agriculture est le principal secteur économique employant 41% de la population active, et  les + de 65 ans, représentent presque 10% de la population. Environ  60 % des travailleurs thaïlandais sont des travailleurs informels c’est-à-dire non légalement déclarés (avec 93 % dans l’emploi agricole !); avec donc des rémunérations plus faibles que les 300 baths/jour officiels,  avec une exclusion des droits garantis par la législation du travail, et une retraite de 600 baths par mois pour les plus de 60 ans, 1000 baths pour les plus de 70 ans, avec une prime de 500 baths si vous êtes aveugle, paralytique, ou avez un handicap reconnu.

 

Evidemment ceux qui défendent la Thaïlande du sourire, pourraient évoquer l’aide reçue des familles ou des filles travaillant dans les gogos, les bars bordels ou les karaokés, mais une étude de Bruno Jetin, (Le développement économique de la Thaïlande est-il socialement soutenable ?) indique qu’1/3 des paysannes de plus de 60 ans  ne gagnent que  1.143 baths par mois (moins de 30 euros) et 63 %, 2.286 baths (moins de 60 euros). On peut certes, là encore, en sourire. (Cf***. Nos  articles A127 et A132 traitant ces sujets)

 

D’ailleurs, régulièrement, des articles  nous invitent  à nous méfier des « apparences calmes et paisibles qui font la réputation de la Thaïlande ». Ainsi par exemple :

 

« La Thaïlande a manqué de peu le titre de pays le plus meurtrier du monde sur les routes. Pour la première place du podium, il faut aller en Afrique, dans un pays sous développé dévasté par la guerre civile, la Libye.  Triste référence pour la Thaïlande … Dans l’édition 2015 de son Rapport de Situation sur la Sécurité Routière, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a estimé que 14 059 personnes ont été tuées sur les routes thaïlandaises en 2012 (derniers chiffres connus), soit un taux de mortalité de 32,2 personnes pour 100 000 habitants (73,4 pour la Lybie). » (A.G. www.gavroche-thailande.com)

Ou encore dans le magazine  Gavroche.

 

« Le royaume affiche un taux d’homicide par armes à feu deux fois plus élevé qu’aux Etats-Unis, pourtant réputés pour ses règlements de compte au pistolet et autres armes de guerre automatiques … Selon une étude de l’université de Washington, la Thaïlande possède un taux d’homicide par armes à feu de 7,48 tués pour 100 000 habitants en 2013, contre 3,55 aux Etats-Unis.

 

Ou encore dans « Le petit journal » du 10 février 2016 et du 1er mars 2016.

 

« Souvent définie par son côté chaleureux et accueillant, la Thaïlande est aussi un pays où l’on règle trop souvent ses différends, personnels ou professionnels, à coups d’armes à feu et d’une balle dans le corps. Pas une semaine ne se passe sans que l’un de ses faits divers ne fasse la une de la presse locale. Le principal mobile ? L’humiliation ou ce qu’on appelle plus souvent « perdre la face ». […]  (On arrive ainsi à un taux même légèrement supérieur à celui des Etats-Unis (3,43 meurtres pour 100.000 personnes) et sans commune mesure avec la France (0,21 meurtres pour 100.000 personnes). D’après les statistiques du ministère de l’Intérieur, quelque 6,1 millions d’armes à feu circulent dans le pays pour une population de 67 millions de personnes. Gunpolicy.org évalue plutôt ce chiffre à 10 millions, en prenant en compte un marché prospère d’armes illégales. »

 

Mais on peut ne pas perdre le sourire, cette criminalité sanguinaire ne touche pratiquement jamais que les Thaïs – en dehors de la délinquance routière - affaires d’argent, affaires amoureuses, règlements de compte consécutifs à de sordides affaires terriennes. La criminalité de sang visant les touristes ou les résidents est marginale et plus encore. Ne perdons donc pas le sourire même si les enquêtes consécutives se terminent parfois sinon toujours en jus de boudin. Elle touche essentiellement leurs proches qui vont assister à leur crémation, les pleurent et les oublient rapidement. Quant à la délinquance au quotidien, celle qui exaspère légitimement nos compatriotes dans leur banlieue ? Vole-t-on les sacs à main à l’arrachée ? Vole-t-on les automobiles ou les motocyclettes ? Oui, bien sûr mais moins qu’à Marseille ou qu’à New-York. Incendie-t-on des centaines de véhicule à chaque nuit de noël ou du jour de l’an ? Continuons à conserver le sourire, le nôtre évidemment, d’autant que cette délinquance est fort souvent le fruit de crapules venues de l’ouest (ou d’ailleurs, aussi de l’Est)…

                                                  ------------------

Certains pourraient  dire que ce ne sont que des faits divers, après tout, les armes à feu, les meurtres, les morts sur la route sont présents dans chaque pays. Oui, mais quand vous ajoutez la dictature, l’absence de liberté d’expression, d’opinion, l’exploitation de la majorité des travailleurs thaïlandais (Salaire de 300 baths/jour, pas ou peu de protection sociale, retraite à 600 baths/mois), le système de trafic d’êtres humains généralisé employés dans de nombreux secteurs de l’économie et de la prostitution, les millions de sans papiers, etc, vous pouvez quelque peu douter du « pays du sourire ».

 

Surtout si vous ajoutez les dettes des ménages qui toucheraient les 2/3 de la population,  et représenteraient 78% du PIB, et obligeraient chaque foyer à utiliser 34% de ses revenus pour rembourser ; ou bien si vous apprenez par le vice-ministre  de la Santé publique qu’1/5e de la population, soit quelque 13 millions de personnes sont touchées, qui par des psychoses, des  troubles d’anxiété ou des dépressions nerveuses (Cf. le « Bangkok Post. » in  (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html), lundi 24 septembre 2012) ; que le yaba (la drogue qui rend fou), une méthamphétamine touche tous les milieux avec une écrasante majorité de jeunes voire de très jeunes thaïlandais ― écoliers, lycéens ou étudiants ― et les 2/3 des villages (******), il vous faudra une bonne dose d’optimisme, pour encore considérer que « La Thaïlande est le pays du sourire », à moins que cela soit un   sourire « jaune ».

 

Rire jaune : Rire à contre-coeur, rire forcé, rire contraint, quand le coeur n'y est pas, pas sincère, dissimuler son ennui sous un air satisfait ; rire forcé pour ne pas perdre la face ; sourire contraint … Il en va de même du sourire jaune.

 

Les bourreaux chinois, étaient réputés pour pouvoir découper un homme en 10.000 morceaux en le gardant en vie pendant plusieurs jours et le faisaient toujours avec le sourire, mais quel sourire ?

 

Oui, la situation dans le pays ne prête pas forcément au sourire, la qualification purement commerciale de « pays du sourire » (mais quand a-t-elle été lancée ?) mériterait que le très officiel TAT (« Tourism autority of Thailand ») trouve à l’aide de quelque « coaching » un slogan peut-être moins accrocheur mais plus réaliste.

 

Mais, -il faut le dire- nous rencontrons souvent aussi dans ce pays de vrais sourires, ni jaunes, ni hypocrites ni commerciaux, sourires de bienvenue, le plus souvent, ils le font le plus souvent sans contrepartie. Ils réchauffent tout simplement le cœur mais il faut souvent aussi aller les chercher dans le pays « profond ».

 

Nous y vivons, nous y sommes bien, probablement mieux qu’en Corée du nord ou qu’en Arabie saoudite, peut-être aussi mieux qu’en France. Certes, nous ne nous mêlons pas de leur politique ce qui ne nous interdit pas d’émettre une opinion (les Thaïs ont été choqués à juste titre de voir au milieu des manifestations violentes de ces dernières années, rouges ou jaunes, des farangs y participer)..

 

Ils sont souvent difficiles à comprendre,  et plus nous avançons en âge, plus nous constatons que nous les comprenons de moins en moins.

 

Au moins, nous pouvons leur offrir notre sourire.

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*http://www.alainbernardenthailande.com/2015/10/a195-la-thailande-de-jean-marcel-in-lettres-du-siam.html)

 

**A185. La junte militaire face aux trafics d’êtres humains en Thaïlande. http://www.alainbernardenthailande.com/2015/05/a185-la-junte-militaire-face-aux-trafics-d-etres-humains-en-thailande.html

Et  A128. Le travail forcé sur les bateaux de pêche thaïlandais et A129. Travailleurs illégaux ou « birmanisation » du sud de la Thaïlande ?

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a128-le-travail-force-sur-les-bateaux-de-peche-thailandais-120167502.html

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a129-travailleurs-illegaux-ou-birmanisation-du-sud-de-la-thailande-120218930.html

 

*** Article 12 :   Terrorisme ou insurrection séparatiste dans le Sud de la Thaïlande ? http://www.alainbernardenthailande.com/article-article-12-terrorisme-ou-insurrection-separatiste-dans-le-sud-68166091.html

 

****A127. La situation des  vieux paysans de Thaïlande. http://www.alainbernardenthailande.com/article-a127-la-situation-des-vieux-paysans-de-thailande-119880727.html

 

A131. Comprendre la crise des petits producteurs de caoutchouc thaïlandais.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a131-comprendre-la-crise-des-petits-producteurs-de-caoutchouc-thailandais-120469629.html

 

*****A135. Le bonheur thaïlandais ?

http://www.alainbernardenthailande.com/article-135-le-bonheur-thailandais-121011932.html 

****** Cf. « Yaa Baa: Production, trafic et consommation de méthamphétamine en Asie du Sud-Est continentale », Pierre-Arnaud Chouvy et Joël Meissonnier, L’Harmattan IRASEC, Paris – Bangkok (ISBN 2-7475-2397-7)

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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 00:02

Nous avons publié cet article en 2014. Il fut d'actualité en janvier 2016 même si le coup de froid fut plus tardif et surtout plus bref. C'est pourquoi nous vous le livrons à nouveau.

titreEh oui, en saison froide en Isan, il fait froid. 

 

Soixante trois morts en Thaïlande (et au moins deux au Cambodge qui n’est pas épargné) des suites de la vague de froid dont les médias disent que c’était du « jamais vu depuis plusieurs décennies ». Un « courant froid venu de Chine » expliquent les doctes météorologues, ce qui nous fait une belle jambe et plus encore à ces malheureux.

 

Des millions de démunis dans ce pays, démunis face à la rigueur hivernale, avec la déclaration de « zone sinistrée » qui s’effectue lorsque la chute des températures autour de 15 ou 16 degrés provoque une forte augmentation des maladies respiratoires. Le gouvernement organise alors des distributions de couvertures pour ceux qui en ont besoin et même au bénéfice de ceux qui n’en ont pas besoin. Partout, on allume des feux à l’extérieur pour se réchauffer ; ni cheminées ni radiateurs ni eau chaude dans les maisons thaïes, pas de chauffage non plus dans la plupart des automobiles, même les plus couteuses. Les enfants pauvres n’ont pas de vêtements d’hiver.

L’administration se joint alors aux associations caritatives pour fournir de l’aide aux plus défavorisés.

 

Chaque année, la baisse des températures (ici à 15°, on a froid) fait des morts en Thaïlande, le plus souvent des personnes misérables et imbibées d’alcool qui s'endorment sans couverture ni vêtements chauds. Naturellement, les médias répètent à satiété que l’idée répandue partout dans le monde (l’alcool tient chaud) est une grave erreur. Mais ce n’est pas le froid qui les tue, c’est la rue (1).

 

morts de froid

***

 

Cet hiver 2013-2014 a-t-il été « exceptionnellement froid », c’est ce que nous avons cherché à savoir.

 

Nous ne tenons pas de registre des températures enregistrées chez nous « sous abri » selon l’expression consacrée mais ce n’est pas la première année que nous avons eu froid, que nous avons bénéficié des distributions de couvertures (même dans les maisons habitées par un farang), que nous voyons dans les marchés locaux se multiplier les échoppes de vente de couettes ou de vêtements chauds « de seconde main » et que tous les matins s’allument dans nos villages ces « feux de camp » qui ont le double mérite de nous réchauffer les mains et de faire cuire le sacro-saint riz gluant.

 

feu de camp

 

Nos voisins thaïs les plus âgés (des septuagénaires) « en ont vu d’autres » sans pouvoir donner d’autres précisions « qu’il y a quelques années », à vue de nez, il y a 10 ou 12 ans.

 

Nous avons déjà lu pour vous les fameuses annales ou « chroniques d’Ayutthaya », pour constater qu’elles se désintéressent de la météorologie sinon pour parler de phénomènes naturels, (apparition de comètes, inondations, arcs en ciel, pluies diluviennes) dès lors qu’ils sont considérés comme des présages, bons ou mauvais.

 

Nos premiers chroniqueurs ne disent rien du climat, nous savons seulement qu’il est tropical et que les moustiques exaspéraient le chevalier de Forbin. Même La Loubère qui fut pourtant un observateur attentif, ne nous parle pas du climat. Monseigneur Pallegoix (à notre connaissance tout au moins) est le premier à être plus précis – il écrit en 1854 - en nous indiquant qu’en saison fraiche, sans autre précision ni de temps ni de lieu, la température peut descendre jusqu’à 10° (au dessus de zéro, bien sûr), une température agréable pour lui (il est né dans un petit village de la Côte d’or qui ne passe pas pour bénéficier d’un climat idyllique) mais évidemment un « froid intense » pour les Siamois (2).

 

Sans titre-1

 

Nous avons cherché d’autres sources concernant les années antérieures.

 

Nous savons ainsi que dans notre région, sur la période 1971-2000 c’est-à-dire trente ans, une durée significative, la température moyenne minimale dans le nord-est en saison froide est de 18,3°. Le record ? - 1,4° à Sakhon Nakhon le 2 janvier 1974, il y a donc très exactement 40 ans. La même année à Loei (qui semble avoir eu le record cette année) le thermomètre est descendu à 0,1 ° pour ne pas dire 0 et guère plus dans les autres provinces du nord-est. D’autres années ont été également caractéristiques d’un « froid intense », 1956 (comme en France, souvenez-vous les vieux !), 1999, 2007 (celle dont nous nous souvenons). Cela ne fait pas des décennies (3).

 

Nous avons des chiffres plus complets portant sur 62 ans. (Cf. (4) et (5).)

 

Puisque Sakhon était en tête en 1974, avec en plus en  décembre 2003, plusieurs jours à – 3 et -4 °, un froid intense renouvelé en janvier 2004 et encore  -1° tout au long mois du mois de février 2013 et ailleurs, 4° à Chayaphum en 1960, 3° à Mukdahan en 1963, 2° à Buriram et à Kamalasaï en 2005, 4° à Nakhon Phanom en 2009, etc…etc…

Pouvons-nous avoir des références historiques plus précises et plus anciennes bien que ne concernant pas notre région ? A Chiangmaï, le 8 février 1911, la température est tombée à 5° (6).

Bangkok aussi a été frappée par le froid et pas seulement cette année : 13° en février 1902, 12° en février 1904, 15° en février 1908, 6° « au siècle précédent » pour ne citer que des froids « extrêmes » tout étant évidemment relatif (7).

 

***

 

N’ayant aucune compétence en météorologie ni l’un ni l’autre, nous nous garderons de tirer quelque conclusion que ce soit sur ce qui ne semble pas se situer dans le cadre d’un « réchauffement climatique ».

rechauffement4

 

L’hiver de cette année a fait l’objet de multiples commentaires dans les médias d’abord, sur les réseaux sociaux ensuite,  où ils se sont multipliés de façon exponentielle du seul fait que le nombre de résidents dans les provinces du nord-est se multiplie et que, venant souvent du centre ou du sud où le climat est plus clément, ils peuvent au premier abord être surpris (la belle affaire !) qu’en saison chaude, il fasse vraiment chaud, qu’en saison des pluies, il pleuve et qu’en saison froide, il fasse sinon froid, du moins frais, voilà bien un paramètre que nous n’avons pas signalé dans notre série sur l’installation en Isan ! (8).

 

Bref, cette année, nous avons eu froid, de façon peut-être inhabituelle mais certainement pas « exceptionnelle » (9).

 

______________________________________________________________________________________

 

 

(1) Trois cent deux sans-abri morts dans la rue en France en 2012 et un judicieux rappel, l’appel de l’abbé Pierre du 1er février 1954 :

 

 

(2) Tome I de son « Histoire de Siam ».

 

(3) Référence :

http://www.tmd.go.th/en/archive/thailand_climate.pdf

 

(4) « Extreme minimum temperature during winter season in Thailand 62 year period (1951 - 2012 ) »

http://www.tmd.go.th/programs/uploads/tempstat/min_stat_latest_en.pdf

 

(5) Références : un site en espagnol, températures données en fahrenheit, conversion : 0° celsius = 32° f. et 100° celsius = 212° f. pour le reste, règle de trois, http://www.tutiempo.net/

 

(6) « Meteorological observations made in Chiangmaï – 1910-1914 » article du Dr A.F.G. Kerr dans le journal de la Siam Society, volume I de 1923. Arthur Francis George Kerr était un médecin irlandais installé à Chiangmaï dont la contribution aux sciences naturelles dans cette revue est abondante.

 

(7) Références : nombreux articles dans le journal de la Siam society du Docteur H. Campbell Highet qui a malheureusement cessé ses publications météorologiques en 1919.

 

(8) « S’installer dans un village Isan » et  « Vivre dans un village Isan ». (Cf. 40, 41)

 

(9) Un classique évidemment, « L’imposture climatique ou la fausse écologie » de Claude Allègre (2010).

 

allegre

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14 juin 2014 6 14 /06 /juin /2014 23:01

TITRELe général est entré dans l’histoire de la Thaïlande le 22 mai 2014 comme l’auteur du 19ème coup d’Etat depuis 1932. Ce n’est pas rien.


Dès son arrivée, il a rétabli l’ordre public, suspendu la Constitution, le gouvernement élu et rétabli l’unité du pays.


Le général a pensé faire taire ceux qui pouvaient  semer le désordre et la confusion, interdit les manifestations, censuré les médias, « convoqué » les opposants dangereux qu’il a pu convaincre de signer un engagement de ne plus désormais perturber le processus du bonheur du peuple thaïlandais.

colonel

 

Le général partage d’ailleurs en direct à la télévision son bonheur retrouvé depuis le 22 mai. Même son commandant de sécurité interne  a lancé une campagne sur « Le Retour du Bonheur Populaire », avec concert et flonflon.

 

pro;esses copie

Il est vrai que la « feuille de route » du général ne peut que rassurer avec une « première étape » de « réconciliation » nationale, puis la mise en place d’un « conseil des réformes » «  qui « sans conflits » mettra en œuvre des réformes, qui aboutiront à « des élections générales avec un système démocratique absolu qui soit acceptable par toutes les parties », assure-t-il. Un système où enfin nous aurons « des personnes honnêtes et bonnes pour diriger le pays »… Enfin ! Mais nous ne verrons donc plus les candidats passer dans nos villages en distribuant les billets de banque lors des élections ? Triste nouvelle pour certains.


tunisie-news-isie-achat-vote.jpg

 

Le général s’est même engagé à venir chaque vendredi à la télévision pour rendre compte des progrès réalisés et clarifier « l’intérêt général ». Il a même pensé à ce que toutes les chaines de télévision et de radios puissent diffuser les bonnes nouvelles en même temps.


D’ailleurs les témoignages sont unanimes pour se réjouir de l’arrêt de l’instabilité politique, de la relance de l’économie, et de l’augmentation de la croissance. (De 2,6 à 3 % !) Et l'Université de la Chambre de commerce thaïlandaise (UTCC) a même constaté que l'indice de confiance des consommateurs thaïlandais avait augmenté pour la première fois depuis 14 mois, pour atteindre le plus haut score en quatre mois en mai. (L'indice est monté à 70.7 en mai, contre 67.8 en avril, vous vous rendez compte ?) (1) Un signe qui ne trompe pas, depuis deux mois, le cours du dollar par rapport au bath

 

dollar

(nonobstant les rodomontades de Barak Obama)


obama caricature

 

est resté stable ainsi que celui de l’euro

 

euro

(malgré les rodomontades de Laurent Fabius).

 

Fabius (1)

De quel côté se place donc « la finance anonyme et vagabonde » ?

 

Sans titre-2

 

Sans titre-4

 

Ce n’est pas quelques médias étrangers qui ne connaissent pas les spécificités de la culture thaïlandaise, quelques journalistes, quelques « facebook’smen »,


anonyme-sur-ordi

 

images

facebook

 

quelques principes onusiens (2) qui vont ternir la volonté du peuple thaïlandais de choisir son destin.

------------------------------------------------------------------------

 

(1) A.L. (http://www.lepetitjournal.com/bangkok) mercredi 4 juin 2014

(2) L’ONU (« un vrai machin » a dit un autre Général)

general alcazar

est censée apporter la paix dans le monde (ah, ah, ah !)


onu-bon-copie-2.jpg

et a rédigé une charte appelée « Déclaration universelle des droits de l'homme » dont il est patent qu’elle n’est pas respectée dans au moins les deux tiers des pays qui en sont membres : contentons nous de citer le premier de la liste, l’Afghanistan


afghanistan.jpg

 

et le dernier, le Zimbabwe.


zimba.jpg

On ne peut évidemment que sourire en  citant quelques articles :

 

Article 18 (le préféré de l’Arabie Saoudite) :


Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites.


arabes

 

Article 19 (probablement inscrit dans le préambule de la constitution de la Corée du nord ?) :


Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.


 

islamdeathrightswf3

 

Article 20 (le favori des Chinois !) :


1. Toute personne a droit à la liberté de réunion et d'association pacifiques.
2. Nul ne peut être obligé de faire partie d'une association.


chine

 

Article 21 (Il y a au moins deux pays voisin – et amis – qui l’appliquent, la Birmanie et le Laos, et bien sûr la Corée du nord ) :

1. Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l'intermédiaire de représentants librement choisis.
2. Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d'égalité, aux fonctions publiques de son pays.

3. La volonté du peuple est le fondement de l'autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s'exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote.

 

 elections

 

Note de dernière heure :

 

Le Général Prayut, chef de la junte, a enregistré sur Youtube le 6 juin un chant intitulé "chant pour le bonheur de la Thaïlande" dont il a rédigé les paroles sur une musique de  Wichayen, musique jouée par un orchestre de l'armée, sans autre précisions. D'après la presse francophone, nous sommes à la date du 10 juin, la vidéo d'origine aurait été visionnée 200.000 fois. Il y en a en tous cas déjà ce jour plusieurs dizaines de versions sur YouTube et Dailymotion sur des montages différents. Voici l’une d’entre elle. Il est un peu regrettable que la presse dite d’ « investigation » annonce la nouvelle sans nous faire la politesse de traduire les paroles. Nous vous les livrons sans le moindre commentaire, notre traduction est accompagnée du texte thaï pour permettre à ceux d’entre vous qui voudraient se livrer à un exercice de traduction de nous faire part de leurs critiques !


 

 

 

Paroles du Général Prayut,

Musique de Wichayen

Chant pour la Thaïlande

Ce fut le jour où la Nation et le Roi se sont  tous retrouvés pour éviter la catastrophe

et pour assumer leurs responsabilités.

Ce fut le jour où la Nation dut faire face au danger.

La flamme du renouveau est désormais rallumée.

Je vous demande d’être avec nous pour aller de l’avant,

car tout retour en arrière est impossible.

Combien faudra-t-il de temps  pour que règne à nouveau la fraternité entre nous ?

Croyez-vous qu’il soit nécessaire d’attendre ?

Nous devrons franchir des obstacles.

Nous tiendrons nos promesses et cela le plus vite possible,

et notre patrie retrouvera sa prospérité

Nous agirons dans l’honneur.

Nous vous demandons de nous faire confiance et de croire en nous.

La patrie doit retrouver sa prospérité sans attendre.

Nous ne demandons qu’une chose, rendre le bonheur à notre peuple

Nous verrons bien si nous épuisons à la tâche,

mais le danger ne nous fait pas peur.

L’armée de la Nation n’acceptera pas la défaite, nous en faisons le serment.

Le jour où la nation dut faire face au danger,

la flamme du renouveau s’est rallumée.

Nous vous demandons d’être avec ceux qui vont de l’avant,

car il n’est plus possible de revenir en arrière.

La patrie doit retrouver sa prospérité sans attendre

et retrouver le bonheur.

Thaïlande !!!

เพลง คืนความสุขให้ประเทศไทย

วันที่ชาติและองค์ราชา มวลประชาอยู่มาพันภัย

ขอดแลคุ้มครองด้วยใจ

วันที่ชาติเผชิญผาลภัย

ไฟลุกโชนขึ้นมาทุกครา

ขอเป็นคนที่เดินเข้ามา

ไม่อาจให้สายไป

เพื่อนำรักกลับมา ต้องไช้เวลาเท่าไร

โปรดจงรอได้ไหม

จะข้ามผั่นความมาดหมาง

เราจะทำตามสัญญา ขอเวลาอีกไม่นาน

แล้วแผ่นดินที่งดงามจะคืนกลับมา

เราจะทำตามอย่างชื่อตรง

ขอแค่เธอจงไว้ใจและศรัทธา

แผนดินจะดีในไม่ช้า

ขอขคืนความสุขให้เอประชาชม

วันที่ต้องเหน็ดเหนือยก็รู้

จะขอสู้กับอาตราย

ชาติทหารไม่ยอมแพ้พ่าย นี้คือคำสัญญา

วันที่ชาติเผชิญผาลภัย

ไฟลุกโชนขึ้นมาทุกครา

ขอเป็นคนที่เดินเข้ามา

ไม่อาจให้สายไป

แผนดินจะดีในไม่ช้า

ความสุขจะคืนกลับมา

ประเทศไทย

 

 

 

 

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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 00:05

Français - pourquoi parler françaisNous avons lu beaucoup de commentaires pour midinettes, assourdissants souvent, des deux côtés «  de la barre ». Ils sont d'autant plus redoutables que le nombre de midinettes se multiplie dans notre pays où l'on remplace plus volontiers une analyse ou un raisonnement en orages tropicaux de « bons sentiments ». Haro par exemple sur les adversaires du « mariage pour tous », ils ne sont que les tenants rétrogrades d’une morale « judéo-chrétienne » périmée (1).

 

Dans la plus ou moins longue théorie des partisans de la loi, au milieu de slogans d’une toute particulière vulgarité (2) nous avons lu un slogan intéressant dont la trivialité cache (involontairement, c’est à craindre ?) une réalité plus profonde :

 

« Une paire de mères vaux mieux qu’un père de merde ». Brandi par une paire de lesbiennes, il aurait pu être brandi par une paire d’homosexuels : « Une paire de pères vaut mieux qu’une mère de merde ».

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Si ces demoiselles (pardon ! Il parait qu’il ne faut plus dire « demoiselles » mais « dames »), si donc ces dames ont utilisé le mot « paire » nous pouvons les doter (au bénéfice du doute) d’une bonne connaissance de notre langue. Elles sont les premières dans ce débat à faire entendre – au milieu d’un fuligineux brouillard terminologique - la voix de la langue française ! Les mots ont leur valeur, le choix d’un mot a sa valeur : « polissez-le sans cesse et le repolissez » nous a enseigné Boileau. (3)


Peut-on ainsi parler d’un « couple » homosexuel ?


 La réponse est évidemment non.


Deux éléments de même nature ne constituent pas un « couple » mais une « paire ». Ainsi, on dira «  une paire de gifles, une paire de lunettes, une paire de ciseaux »  et non « un couple de ... ».


Ainsi pour les êtres vivants : «  j’ai mangé de bon appétit une paire de pigeons » mais « je vais peupler mon pigeonnier avec un couple de pigeons » (4).


La notion de « couple » repose sur un principe de différence sous une nature similaire, c’est, nous apprend l’édition 2012 du « Robert  « un homme et une femme unis par des relations affectives, physiques ». Évoquer un « couple » homosexuel est sémantiquement injustifiable lorsqu’on se propose d’appeler un chat « un chat ».


Nous pourrions toutefois parler de « couple » pour ces messieurs-dames, mais il faudrait alors rétablir un usage oublié, le mettre au féminin, un (une) couple au féminin se dit de « deux choses quelconques d’une même espèce qui ne vont point ensemble nécessairement et qui ne sont unies qu’accidentellement » (5). Nous dirions donc volontiers « une couple de lesbiennes » et « une paire d’homosexuels », en regrettant que la langue français nous interdise de dire « un paire d’homosexuels », la paire restera définitivement au féminin (6).

***

Mais la reconnaissance officielle de « cette »  couple homosexuel va devoir entraîner la  modification du Code Civil et la disparition des mots « père » et « mère » au profit de la de « parent 1 » et « parent 2 » (mais pourquoi pas « parente 1 et « parente 2 » ?), une horreur linguistique, le mot désigne étymologiquement deux personnes (mâle et femelle) qui sont ensemble à l’origine d’une naissance en ayant utilisé une bien agréable procédure.


En latin « parere » signifie « engendrer » pour le père, et « enfanter » pour la mère. Le mot « parent » avec ou sans numéro s’appliquera alors à une personne totalement étrangère à la naissance, un mensonge sémantique cautionné par la loi.


Cette situation va nous poser un autre problème terminologique :


Il est évident qu’un (qu’une) « couple » homosexuel(le) est par définition stérile (7). Il va donc falloir recourir à des artifices terminologiques pour qu’il devienne fécond (si l’on peut dire !). La stérilité naturelle du (de la) couple va entraîner de façon nécessaire l’intervention d’un tiers de l’autre sexe pour le rendre fécond. Nous ne serons alors plus en présence d’un (d’une) « couple » mais - la question sera-t-elle soumise à l’académie française ? – d’un « trinôme », d’une « triade » ou d’une « trinité » (qui n’a rien de sainte assurément).

 

triolisme-805

 

***

Il est une autre curiosité linguistique tenant au discours des homosexuel(le)s :

 

Au temps du PACS, ils nous parlaient du « droit à la différence », qui leur fut reconnu par la loi et une opinion publique plus ou moins goguenarde. Nous ne retrouvons plus ce terme dans leur glossaire ? Mais voyons ! « droit à la différence » a une fétide odeur de discrimination, le mot est « clivant » (8).

« Mariage pour tous » est plus rassurant et plus festif. Il donne une vision paradisiaque du mariage peut-être d’ailleurs en décalage avec la réalité quotidienne ? Ce mariage présente en effet probablement si peu d’attraits que, de la base jusque dans les plus hautes sphères de l’État, les princes qui nous gouvernent choisissent l’union libre c’est-à-dire le non-mariage, hétérosexuel le plus souvent, n’utilisons pas le mot « concubinage » qui est lui aussi « clivant ».


Ceux qui ont suivi un cursus conjugal normal l’ont souvent terminé par un divorce comme actuellement un peu moins de 45 % des mariages traditionnels (« parlez moi d’amour ») : ainsi par exemple Madame le ministre X… mariée, divorcée et mère de quatre enfants confectionnés selon la procédure traditionnelle. Si ce pourcentage est respecté dans le cadre du nouveau mariage, et on ne voit pas pourquoi il ne le serait pas, voilà bien en tous cas qui va faire le bonheur de nos avocats et contribuer de plus belle à l’engorgement des tribunaux.

 

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***

Ces propos n’ont point d’autre but que de souligner un galimatias sémantique (législatif mais pas seulement) souvent irritant.

 

Parlons d’un temps "que les moins de 20 ans ne connaissent guère" :

 

Lorsque le Général de Gaulle qui pourtant maniait fort bien notre langue, demanda à Michel Debré, assisté de quelques éminents professeurs de droit public, de rédiger la constitution du 4 octobre 1958, il exigea que le texte de l’avant projet devant faire l’objet du plébiscite soit soumis à la censure d’un membre de l’Académie française (probablement le Duc de Levis-Mirepoix). Un lecteur attentif de la constitution  y retrouvera sans trop de difficultés le style de ses modifications ultérieures non gaulliennes !


Le général De Gaulle (ne) sortait (que) de Saint-Cyr. Aujourd’hui, les directeurs des grandes écoles, les plus prestigieuses, celles d’où sont issus nos gouvernants (H.E.C. -E.N.A. – Polytechnique, etc…) s’inquiètent du niveau de français de leurs étudiants. La  « culture » du SMS fait des ravages. Et pourtant, point ne fut besoin de la « Loi Toubon » (9) pour rappeler aux gouvernants l’obligation d’utiliser la langue française.

 

L'ordonnance  de Villers-Cotterêts édictée par François 1er  en août 1539 est (probablement) le plus ancien texte encore directement en vigueur en France, en tous cas le plus ancien répertorié sur le site de Légifrance (10). La lecture de son article 110 est instructive, ainsi  reproduite par Légifrance en français moderne :


Timbre-Ordonnance-de-Villers-Cotterets


 « Que les arrêts soient clairs et compréhensibles, et afin qu'il n'y ait pas de raison de douter sur le sens de ces arrêts, nous voulons et ordonnons qu'ils soient faits et écrits si clairement qu'il ne puisse y avoir aucune ambiguïté ou incertitude, ni de raison d'en demander une explication. » (11)


N’ayons pas la malice de citer le bonnet d’âne mérité par un ancien ministre de l’éducation nationale définitivement fâché avec l’orthographe (12). Ne cherchons non plus pas de querelles d’ allemand (pardon pour cette connotation germanophobe, nous aurions du dire « ne faisons pas de reproches sémantiques ») aux manifestants de la rue : Lorsque Mérimée récita sa fameuse dictée à la Cour de Napoléon III, sa majesté fit – le cancre - soixante-quinze fautes, son épouse (pourtant espagnole) soixante-deux seulement, Alexandre Dumas fils, vingt-quatre, la place de premier revient à l’ambassadeur d’Autriche, Metternich fils, qui n’en fit que trois !

 

***

« Parlamient can do anything except change a man into a woman » dit un vieux brocard anglais. Eh bien « the french did  ! » a titré un journal de Londres il y a quelques jours. C’est évidemment de l’humour anglais.


L’humour est diversement apprécié d’une culture à l’autre.


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------------------------------------------------------------------------

 

(1) … laquelle est d’ailleurs beaucoup plus « judéo » que « chrétienne ». Si  le lévitique, la Torah pour les juifs (toujours fondement de la morale judaïque avant d’être celui de la morale chrétienne) n’a pas été écrit par Moïse au XIIIème siècle A.J.C., il est en tous cas antérieur de 7 ou 800 ans à la naissance du Christ. Sa lecture (chapitre XV en particulier) est édifiante.

 

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(2) ... du style « Hollande, si tu recules, on t’encule ». Quelle finesse mais quel triste programme ! 

… mais le discours de David Douilllet sur les tapettes n’a pas non plus contribué à relever le débat -  (2).


tapette-17181


(3) « L’art poétique ».


(4) La question de l’homosexualité chez les animaux reste discutable (et plus encore) mais à chercher des modèles à une morale, point n’est besoin de le faire auprès des  putois chez lesquels on rencontre – parait-il – des sodomites ?


Pepe le Putois


(5) Définition du grand dictionnaire de Littré édition de 1873. Celle du Grand Larousse du XIXème de 1869 est similaire. L’utilisation du mot au féminin était d’ailleurs la règle et le masculin l’exception quelques dizaines d’années auparavant nous apprend l’édition de 1835 du dictionnaire de l‘académie française !


(6) «  Le couple est

une réunion de deux personnes qui font rarement la paire » ironisait le chansonnier Adrien Decourcelle

(7) Citons toutefois pour mémoire le cas particulier de Marcello Mastronianni, lequel, mutant, tomba enceint (voir ce bon vieux film des années 70 « L'événement le plus important depuis que l'homme a marché sur la Lune »

 

Mastroniani


(8) Utilisation abusive du participe présent du verbe « cliver », encore du travail pour l’Académie française.


(9) Loi nº 94-665 du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française qui s'appuie sur une disposition introduite en 1992 dans la Constitution : « La langue de la République est le français » (article 2).

 

(10) http://www.legifrance.gouv.fr/. Il s’agit, rappelons-le, du site officiel du gouvernement français.


(11) « Que les arretz soient clers et entendibles Et afin qu'il n'y ayt cause de doubter sur l'intelligence desdictz arretz. Nous voulons et ordonnons qu'ilz soient faictz et escriptz si clerement qu'il n'y ayt ne puisse avoir aulcune ambiguite ou incertitude, ne lieu a en demander interpretacion. »


(12) Celui-ci en poste en août 1999, en coquetterie avec le singulier et le pluriel, fut responsable de cette perle « … ces formations concerneront prioritairement les enseignants qui exercent pour la première fois en école maternelles »… au milieu de beaucoup d’autres.

 

 Le mariage pour tous est vote -0be1d

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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 23:01

radioIl n’ait pas de semaine où un « expert » de la Thaïlande, des Thaïlandais(es) et des « filles tarifées » veuille  faire profiter ses compatriotes de sa grande « expérience ». Tous ces « articles », bien qu’inégaux dans leur style,  se construisent tous sur le même modèle.


Vous pouvez prendre un exemple consternant  paru récemment dans Thaïlande-infos. net *.


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1/ La plupart se contente de nous prévenir contre les techniques et les « arnaques » des filles tarifées pour soutirer de l’argent aux Occidentaux (et aux autres), et de citer quelques anecdotes que tout le monde connaît, comme l’envoi d’argent mensuel, le multi sponsoring, l’aide à la famille (souvent le toit de maison),  et le père malade, le financement d’une formation (souvent pour être coiffeuse), l’achat d’un beauty saloon, un arrêt du job en attendant l’heureux élu, et même une maison, une voiture …que sais-je encore. Les idées ne manquent pour soutirer de l’argent aux nigauds, qui ne peuvent résister à un « I love you too much » …


Ces articles sont peu efficaces, mais il n’est pas inutile de prévenir et de rappeler aux  touristes de passage et aux   « nouveaux « expatriés », que les « filles tarifées » ne sont pas là pour les beaux yeux de leurs clients. C’est d’ailleurs le « fonds de commerce » des « anciens » qui aiment montrer que l’on ne leur fait plus.


mur


2 /D’autres, vont prolonger ce constat, fort de l’expérience acquise auprès des filles de bar, pour nous apprendre leurs us et coutumes et ce qu’elles pensent des farangs. (ce qu’elles font avec leur argent facilement gagné, les papotages entre filles pour dénigrer le farang et raconter leurs « exploits», ou bien le retour le soir auprès du mari ou petit ami thaï qui va s’empresser d’aller jouer et boire avec ses amis, … etc ).


Ils en profiteront au passage, pour dresser un portrait peu flatteur des filles qu’ils fréquentent régulièrement ou avec lesquelles ils vivent :


Elles vous « méprisent », » ne pensent qu’à vous dépouiller », « vous mentir », « ne savent rien faire d’autre que le trottoir », « ne  vous apporteront rien », ont la « mort cérébrale » (sic) … etc ** (cf. quelques citations en note)


A ce jeu du mépris, les forums sont pleins, tant les intervenants sont sûrs de leurs qualités. Notre « cas » se présente même comme un « occidental fier », « un libre penseur et un digne héritier des Lumières» (sic),


homme de lumière

 

qui conseille même de ne pas faire le waï. (« ne saluez pas les gens en faisant le Waï – salut traditionnel – vous avez l’air (aussi) stupide ».  Pauvres lumières.


Bien sûr-eux-,  ne mentent pas, sont fidèles, ne payent pas les filles, ne boivent pas, n’ont que des activités « intellectuelles », ne regardent pas la TV, n’utilisent pas de téléphones mobiles et facebook, n’aident pas leur famille (c’est un défaut ?) …etc.


Assez, assez. Les « filles tarifées » ne sont pas que des putes.


putes


Elles ne viennent pas de n’importe où. Elles ne sont pas arrivées dans les bars par hasard. Elles ont une origine, une histoire, une région, une famille, une « culture » ne vous en déplaisent.  Vous avez dit « culture ? » vous connaissez la suite.


Il faudrait apprendre, connaître un peu l’histoire du Lanna et de l’Isan  par exemple, « dialoguer » avec ces filles  « sans cerveau »,  avoir de l’empathie. Notre « homme des lumières » ne le peut pas car, dit-il, « De toute façon elles n’auront rien à vous apporter : dans la majorité des cas ». Effectivement, pourquoi établir une « relation » quand on est convaincu que l’autre n’a rien, n’est « rien ».

Son attitude est clair : « Ne ressentez ni pitié ni compassion pour les Siamois (car ils n’en auront pas pour vous) ».


3/ D’autres encore, (souvent les mêmes) en profiteront pour dresser un portrait de la société thaïlandaise, des Thaïlandais(es), et souvent sous couvert de « connaissances », les médire et les dénigrer.


Ici notre « homme des Lumières », nous dit pèle- mêle*** :


héritier

      

La Thaïlande est : une «  pseudo-démocratie corrompue », ses traditions familiales sont forcément « abrutissantes à la sauce asiatique « ,  « archaïques et liberticides », son système juridique (méprisant pour les farangs (surtout pour les divorces), son économie : « un circuit qui exploite très largement le travail des individus les plus faibles » , « leurs affaires (souvent désastreuses parce que très mal gérées »), ( dans un pays en voie de développement dont l’économie est complètement dépendante de la santé économique des pays occidentaux). Si vous avez des associés, ils seront des truands, des employés, ils seront incompétents (De plus, il vous faudra croiser les doigts pour ne pas vous faire truander par vos associés thaïlandais (obligatoire en théorie) et apprendre à gérer des employés particulièrement incompétents) ………………………… etc, etc. Si vous vous mariez et que vous êtes associé avec votre femme, elle aura «  pour loisir principal la consommation de yaba dans les bars à strip-tease du pays. » ……etc, etc.


Les Thaïlandais : « une bande de gueux décérébrés et sans éducation» … etc.

bande de gueux

Assez, assez. La charge est si affligeante, consternante, navrante, lamentable, insupportable, vile … stupide, insultante, que l’on ne peut même pas en discuter.


Vous pourriez me dire que c’est caricatural, que c’est trop, que j’ai choisi un cas particulier. Vous auriez tort. Il y pire bien souvent. Je ne réagis ici que parce que des « amis » bien intentionnés ont cru bon de m’envoyer cette nouvelle diatribe  méprisante et vulgaire sur les filles et les Thaïlandais.


4/ D’autres encore  se font conseiller en expatriation,  et  vont développer leurs conseils, que notre « homme des Lumières» développe en 5 points : « 1) Ne pas se marier à une Thaïlandaise 2) Ne pas passer son temps dans les bars 3) Ne pas respecter la loi 4) Ne pas monter une entreprise en Thaïlande 5) Apprendre la langue ».


Là encore, on ne peut que reprendre certains points tant l’ensemble est affligeant.


Ne pas se marier avec  une Thaïlandaise

  • car on divorce*** Une trouvaille !

Et il ajoute, croyant argumenter, « 70% des couples mixtes se mariant divorcent dans les 10 ans », ne connaissant pas apparemment les statistiques françaises, les 20 % de familles parentales, le taux des personnes vivant seul(e)s (presque 50% à Paris par ex.), des familles recomposées, des pacsés

 

divorces


  • car ce sont des prostituées (La majorité des femmes côtoyant les Occidentaux en Thaïlande sont des prostituées coachées à « tok farang »)
  • car elles n’en veulent qu’à votre argent. (Les femmes thaïlandaises, qu’elles soient des prostituées ou pas, représentent potentiellement une menace importante pour votre patrimoine et votre santé financière.) Vous devrez la prendre en charge ainsi que sa famille.
  • Car vous serez parasité par la famille.

 

On arrêtera là. Allez encore deux, tant il les collectionne. Ne pas passer son temps dans les bars, car « Généralement l’aventure se solde toujours de la même façon: soit le farang finit ruiné et en prison avec moultes casseroles aux fesses, soit il finit mort. » Quelle nuance !


Apprendre la langue. Non pas par curiosité, pour chercher à mieux comprendre le pays d’accueil, pouvoir dialoguer, échanger … Non, juste pour vous éviter de vous faire arnaquer  (sic).


« Pourtant apprendre le Thaï est un avantage considérable dans un environnement où tout le monde essaie de vous arnaquer d’une façon ou d’une autre. Vous n’imaginez pas le nombre de plans foireux que vous serez en mesure d’esquiver tout en souplesse juste parce que vous êtes en mesure de comprendre globalement ce qui ce dit autour de vous. ».

 

QUE DIRE à notre « homme des Lumières »,  après tant d’insanités, de bêtises, d’inepties,  de stupidités ?

libre penseur


 RIEN. Voilà longtemps qu’il n’entend plus, qu’il ne voit plus, qu’il ne lit plus, qu’il ne cherche plus à comprendre la complexité d’une culture, de son Histoire, à discerner les travers et les qualités des peuples qui composent la Thaïlande.

 

 Et puis, nous avons déjà abordé ces sujets maintes et maintes fois (peut être trop) ?) et nous n’avons pas l’impression que nous avons donné le sentiment de notre naïveté.


Mais que diable, un peu de respect, un peu de nuances, un peu de culture.


Cf. par ex. Article 28 : « Ethnologie » et  prostitution en Thaïlande. 17. Notre Isan : les « filles  tarifées »  d’Isan et leur apport économique. A40. Colin Martin accuse la justice thaïe. « La parole est à la défense » . A 42. Justice thaïe-isan contre justice française ! 40. S’installer dans un village d’Isan ? A.59.  6 mois dans un  village d’Isan ? A60. 3 ans à la retraite dans un village d’Isan. A62. Le « sponsoring » sexuel en Thaïlande peut tuer.


Mais il  est vrai que nous aimons vivre dans notre pays d’adoption, que nous vivons dans un village d’Isan auprès de notre femme et de notre famille thaïe depuis de nombreuses années, et  que nous essayons d'écrire « Notre »  Histoire de la Thaïlande en conservant notre « esprit critique ».


Eh oui, comme dirait une écrivaine-blogueuse-photographe, Michèle Jullian, que nous apprécions et que nous vous invitons à lire :

 

« La Thailande (est une) terre de contrastes ». http://michjuly.typepad.com/blog/ 

 

 stupidités

 

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

*Article intitulé « 5 façons de rater sa vie en Thaïlande », in http://www.thailande-infos.net/guide-tourisme-thailande/conseils-voyageurs/5-facons-de-rater-sa-vie-en-thailande/13492/ 

 

**

« Pour ces femmes, qui n’ont d’intérêt que pour leur famille et méprisent profondément les Occidentaux , le but du jeu est de s’arranger pour qu’un farang tombe amoureux d’elles. Une fois que c’est fait, elles le dépouillent progressivement à grand renfort de sourires innocents et de mensonges éhontés »

« vous vous retrouverez avec à votre charge votre femme (qui ne sait rien faire d’autre que le trottoir) ainsi que toute sa famille de déshérités qui vous percevra comme le bon gros pigeon »

Quelques extraits, mais l’ensemble est à citer. Lisez plutôt l’article pour me reprocher d’avoir perdu du temps à le présenter  :

« Vous n’êtes pas Thaïlandais et vous ne le serez jamais alors laissez les Thaïlandais à « leurs affaires (souvent désastreuses parce que très mal gérées ») »

« c’est parce que vous avez recours à un circuit qui exploite très largement le travail des individus les plus faibles (à commencer par les birmans qui construisent les condos que vous louez et achetez). »

« mais votre vie sera constamment parasitée par les traditions familiales abrutissantes à la sauce asiatique qui vous apparaitront comme archaïques et liberticides si vous êtes un libre penseur et un digne héritier des Lumières. »

« en Thaïlande, si les prostituées vous méprisent, le système juridique aussi. N’espérez pas voir les choses tourner à votre avantage lors de la procédure de divorce: les Thaïlandais se tiennent les coudes »

« De toute façon elles n’auront rien à vous apporter: dans la majorité des cas, c’est la mort cérébrale par absence de stimulation qui vous guette après une semaine non-stop avec une idiote qui passera son temps à regarder des stupidités à la TV ou à facebooker sur téléphone portable (c’est vrai aussi bien pour les filles de bar que pour les femmes mainstream). »

« votre vie sera constamment parasitée par les traditions familiales abrutissantes à la sauce asiatique qui vous apparaitront comme archaïques et liberticides si vous êtes un libre penseur et un digne héritier des Lumières. »


***Ne pas se marier à une Thaïlandaise car on divorce (s’engager avec une femme thaïlandaise s’avère presque toujours être une grave erreur. 70% des couples mixtes se mariant divorcent dans les 10 ans) ou  mieux « La proportion de couples prenant l’eau avant le mariage est probablement encore plus importante »

 

 

 

 

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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 23:04

titreLe groupe Nitarat (suite).

Nous retrouvons périodiquement dans notre presse « occidentale » le sujet récurrent de la « lèse-majesté » en Thaïlande. La presse anglaise de Bangkok s’est émue des risques encourus par le groupe Nitirat qui veut instaurer l’Etat de droit, surtout après les propos (les menaces ?) du chef de l’Armée à leur égard, que nous avons évoqué dans notre article précédent.  Il nous a paru intéressant  de savoir si ce groupe « agitait » réellement la vie politique des thaïs au quotidien.


Sa  représentativité ?


Il est composé de 7 professeurs de droit de la prestigieuse Université Thammasat (มหาวิทยาลัยธรรมศาสตร์) qui passe pour être la seconde université la plus prestigieuse du pays.

 

université 2

 

Ils ont fait leurs études en France ou en Allemagne ce qui laisse à penser qu’ils ne sont pas issus du sous-prolétariat urbain et moins encore des rizières de l’Isan. Quant à leur « clientèle », si nous en jugeons par un feuilletage rapide du site Internet de l’Université, le coût des études paraît être de l’ordre de 400.000 baths par an (10.000 euros si nous savons compter) compte non tenu évidemment des frais auxquels sont assujettis les étudiants (logement, nourriture, loisirs, transports). Nous sommes dans le minuscule microcosme des gosses de riches, fils spirituels de professeurs de luxe, qui jouent à faire la révolution en en payant il est vrai parfois courageusement le prix.


Leurs objectifs ?


« Créer une véritable idéologie de l’Etat de droit en Thaïlande et contribuer à réformer en profondeur la vie politique thaïlandaise.


« Réformer la vie politique (…) : il faut que le peuple thaïlandais prenne en main son destin et ne le confie plus à des institutions (armée, monarchie, pouvoir judiciaire) qui ne doivent pas être des acteurs politiques.


Restons courtois avec Messieurs les professeurs, ne disons pas qu’il s’agit de rêveries d’un songe creux mais tout au plus de pétitions de principe.


petition

Leurs actions que notre presse susvisée qualifie de « conséquentes » ?


Obtenir une réforme du fameux article 112 du code pénal thaïlandais qui réprime le crime de lèse-majesté.

Commenter dans les revues juridiques les décisions de la Cour constitutionnelle. 

 

Sur le second point, chacun sait (eux les premiers puisqu’ils ont fait leurs études en Europe) que tous les professeurs de droit enseignent le droit (comme aurait dit ce bon Lapalice) mais agrémentent aussi leur salaire en écrivant dans les revues spécialisées des articles qui sont ce qu’on appelle dans le jargon juridique des « commentaires d’arrêt ». S’esbaudir devant un professeur de droit public qui commente des décisions de la plus haute juridiction revient à tomber en admiration devant un paysan Isan parce qu’il repique son riz.

 

Les discussions sur la « légalité » du coup d’état de 2007 sont des discussions oiseuses de casuistique juridique.


S’ils avaient mieux étudié le droit en France, ils y auraient probablement approfondi la différence entre le « légal » et le « légitime », le « légal » pouvant devenir « illégitime » (le gouvernement de Vichy) et l’ « illégitime » devenir « légal » (le coup de force du 13 mai 1958).

 

legalite-legitimite-L-P9D6lN


La question du crime de lèse – majesté, conduit effectivement à des situations que nos esprits occidentaux ont tendance à considérer comme choquantes, mais son utilisation forcenée semble toujours complaire aux gouvernements successifs, jaunes ou rouges, ces derniers ayant manifesté l’intention de ne pas y renoncer.

 

Cette question agite-t-elle en profondeur l’opinion publique thaïe ?

 

Les deux quotidiens « qu’il faut lire » (comme on dit à Sciences-Po ou à l’ENA) sont le « Bangkok post » et « the Nation » (ils sont en anglais, c’est plus distingué). Leur tirage est dérisoire (quelques dizaines de milliers d’exemplaires, beaucoup plus toutefois que « Gavroche »). Les deux plus grands quotidiens, mais il y en a bien d’autres, le « daily niou »


DailyNews25360628

 

et le « thaï rat » (en thaï)

 

thairat

 

passent tous deux le million d’exemplaire, deux ou trois fois plus que les quotidiens français qui viennent en tête de peloton, « Le Parisien », « le Figaro » et « le Monde » (ne parlons pas de « l’Equipe »). Et il ne semble pas, d’une lecture épisodique et en diagonale de ces quotidiens, l’un étant plutôt rouge, l’autre plutôt jaune que ce passionnant sujet passionne leurs lecteurs comme il peut intéresser ceux des journaux thaïs anglophones.


Au demeurant, nos professeurs ne revendiquent pas l’abolition pure et simple de l’article 112 mais une simple minoration des peines encourues. La condamnation d’Emile Zola à un an de prison (ferme) pour diffamation en 1898 parait par exemple correspondre à leur idéal ?

Nos professeurs semblent avoir plus grande écoute dans l’ambiance confidentielle des amphithéâtres de leur faculté et à l’étranger qu’au sein la « Thaïlande d’en bas ».

en bas

 

Car ils ont donné à leur campagne une « dimension internationale » (on veut bien le croire) en obtenant qu’une lettre ouverte signée par 224 écrivains, universitaires ou journalistes à travers le monde soit adressée à notre charmante premier ministre.

 

Nous y avons trouvé presque au hasard et avec amusement le nom du très sulfureux linguiste et philosophe américain Noam Chomsky

 

chomsky

 

qui s’est rendu célèbre pour le soutien sans faille qu’il apporte au professeur Faurisson lors de ses multiples procès puis à tous ceux qui furent ou sont poursuivis en vertu de la Loi Gayssot. Ses liens avec « La vieille taupe » (revue des négationistes français) sont probables, c’est en tous cas la seule qui publie sans les censurer ses écrits qui lui ont valu une interdiction de conférences en Israël. « L'Institute for Historical Review » de Californie organise des conférences « révisionnistes » depuis 1979 auxquelles ont participé Faurisson, l'ancien général SS belge Léon Degrelle, l'ancien SS Thies Christofersen, Noam Chomsky et bien d'autres encore, conférences qui sont le passage obligé de tous les négationnistes de «renom ». Signalons au passage qu’il était considéré par Ben Laden, orfèvre en matière de démocratie, comme le seul écrivain américain méritant lecture. « Chomsky – Ben Laden, même combat » décréta le fabuliste de Charlie Hebdo dans sa chronique sur France Inter du 14 septembre 2007.

chomsky 2

 

Il est rejoint sur la liste par le sociologue américain Immanuel Wallerstein qui se présente sur son site Internet avec une louable modestie comme « une figure intellectuelle internationale » et dont le titre de gloire est de proposer « une interprétation de la période actuelle à la lumière de l’hypothèse des cycles de Kondratieff », ne nous demandez pas ce que cela signifie et ne nous demandez surtout pas de le traduire en thaï. Nos épouses qui sont des « thaïes d’en bas » n’en ont jamais entendu parler.

 

Peut-on sans rire parler de « dimension internationale » ?

 

Il nous est difficile sinon impossible de savoir ce que contiennent exactement les écrits thaïs lourdement censurés, justement parce qu’ils sont censurés. Lorsque la sanction frappe un étranger, on peut en avoir une analyse sereine lorsque nous avons accès à ces écrits. Pour un site animé par un américain (qui a eu la sottise de remettre les pieds en Thaïlande), site au demeurant présentement inaccessible, les écrits qu’il contenait étaient un champ de mines de déjections.


Un australien a écrit un roman (pas à succès puisqu’il a été tiré à 7 exemplaires mais fut un moment accessible sur le net) concernant l’héritier du trône d’une monarchie fictive se livrant à des actes éhontés sur des jeunes filles impubères ; encore des déjections. Pour les écrits thaïs sanctionnés, il est difficile de savoir si nous sommes dans ces abysses ?

 

Les « thaïs d’en bas » n’ont-ils pas l’impression d’être face à une aristocratie de professeurs, censeurs de la pensée, porteurs de ce que Renan appelait la « pédantocratie » ?

 

pedantocratie


Mais vivons-nous en démocratie ? 

 

L' Economist  Intelligence Unit ( EIU ) est une une société américaine créée en 1986. Depuis 2006, elle publie l’ « indice de démocratie », un indice basé sur un examen scrupuleux de l'état de la démocratie dans 167 pays, en essayant de le quantifier au vu de nombreux – soixante - paramètres, regroupés en cinq catégories, processus électoral et pluralisme, libertés civiles, fonctionnement du gouvernement, participation politique et culture politique.

Nous n’étonnerons personne en indiquant que le bon dernier, la Corée du nord dispute la place de cancre à la Birmanie et à quelques républiques bananières africaines ou monarchies moyen-orientales dirigées par des Caligula aux petits pieds. Pour le peloton de tête, les monarchies scandinaves se disputent, les Vikings norvégiens se sont flattés de battre leurs voisins Suédois. Les éternels donneurs de leçons de démocratie, les USA étaient en 2008 au 17ème rang, ils y sont restés en 2010 et la Grande-Bretagne au 23ème (battue par Malte !) est passée au 19ème, mais toujours battue par Malte !


En 2006, la Thaïlande était classée au 90ème rang dans les « régimes hybrides », presque un cancre, 5,67/10, à peine la moyenne, guère mieux que la Zambie.


Cocorico, la France en 2006 avec une note de 8,07 était au 24ème rang dans le peloton des « vraies démocraties ». Sa moyenne est alors baissée par une fort mauvaise note au chapitre de la « participation des citoyens à la vie politique » et celui du « fonctionnement démocratique du gouvernement » !


En 2010, « coup de tonnerre dans un ciel serein » !


Notre pays d’adoption accède au rang des « démocraties imparfaites », remontée au 57ème rang avec une bonne moyenne, 6,55/10 (ex-aequo avec la Colombie et mieux placé que certains pays de la Communauté européenne).

Et nous Français ? Et bien une chute en flèche, nous passons au 31ème rang, mais surtout sommes rétrogradés dans le lot des « démocraties imparfaites » avec une note de 7,77/10, battus par le Cap-Vert, l’Italie, la Grèce et l’Afrique du Sud !


indice 2


N’oublions pas que le Siam est sorti d’un régime de monarchie absolue « de droit divin » - et du moyen-âge - en 1932, il y a 80 ans seulement alors que le moyen-âge européen s’est terminé aux environs de l’an 1500.


Pourquoi cette spectaculaire remontée de la démocratie thaïe ?


« Après l’organisation du coup d’état en septembre 2006 pour évincer le gouvernement élu du premier ministre Thaksin Shinawat, l’armée a respecté son engagement de revenir à un gouvernement civil par le biais de nouvelles élections. L'élection de décembre 2007 est un pas de l'avant en douceur, et un nouveau gouvernement a été installé peu de temps après avec une majorité viable à la Chambre des Représentants (chambre basse). L'armée est depuis retournée à la caserne. Cependant, l'instabilité politique signifie qu'il y a un important risque que les militaires pourraient à nouveau intervenir et renverser un gouvernement démocratiquement élu. »

Le raz de marée électoral de juillet 2011 confirme – mutatis mutandis - la remontée du pays vers une véritable démocratie ... ». Il reste vain bien sûr d’augurer de l’avenir politique de quelque pays que ce soit et, bien sûr aussi, d’évaluer le risque hypothétique d’une intervention militaire ?


Mais lorsqu’un pays vit au milieu des difficultés économiques, hors ses notables richissimes et ses « élites », enseignantes ou pas, le soucis de « vulgum pecus » est-il vraiment d’accéder à l’état de droit plutôt que de pouvoir bénéficier d’un logement décent, d’avoir des soins gratuits, de pouvoir élever dignement sa progéniture et de lui permettre de poursuivre des études supérieures sans devoir aligner 10 ans du revenu annuel d’un paysan de l’Isan ? « Je vis de bonne soupe et non de beau langage » surtout quand il est celui – incompréhensible – d’absconds sociologues ou philosophes américains.


Plus concrètement, nos éminents professeurs « émérites » (évidemment) ou autres donneurs de leçons de démocratie devraient méditer longuement l’exemple récent de la Grèce, berceau de la démocratie qui y vit le jour il y a 2.500 ans. Sans se soucier le moins du monde du souvenir de Solon ou de Périclès, les électeurs en proie à d’effroyables difficultés économiques face à une élite de popes, d’archimandrites et d’armateurs milliardaires en euros qui n’ont jamais payé un drachme d’impôts et à des dirigeants soucieux de leurs prébendes mais incapables de maitriser la crise, ont envoyé à l’Assemblée nationale, et le plus démocratiquement du monde, une collection complète de marteaux, de faucilles


pc

 

et de croix gammées.


grece-aube-doree.1


ขอให้พระเจ้ารักษาในประเทศไทย

Que Dieu en préserve la Thaïlande !

 

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Références


Celles, bien sûr de notre précédent article A 69.

La rédaction de celui-ci nous a conduit à consulter un certain nombre de sites internet pour la plupart hébergés aux Etats-Unis (où la liberté d’expression, n’en déplaise à Chomsky, reste totale) mais dont la consultation en France depuis la « jurisprudence Yahoo » (Tribunal de grande instance de Paris, ordonnance de référé du 22 mai 2000) est devenu aléatoire sinon impossible et aussi dans des pays « phares » de la démocratie et donneurs de leçons de démocratie comme la Suisse.


Elle ne l’est pas en Thaïlande. « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà ». Il existe en Thaïlande un crime de lèse-majesté mais il n’existe pas comme en France un crime de « lèse-pensée politiquement correcte ».

 

 

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 23:02

limule1Pitié pour le limule, le « crabe des amoureux » !

 

J’ai découvert le limule (alias « crabe des Moluques », alias « waterbug  – punaise de mer » pour les Anglais, alias « Mèngda thalé » « แมงดา ทะเล » ou « cafard de mer » pour les Thaïs alias « lethocerus indicus » « Carciscorpius rotundicauda » ou encore « Tachypleus gigas » pour les savants), un soir où, partant avec un ami déguster en bord de mer quelques-unes des huitres des parcs de Kandjanadit, grasses et laiteuses à souhait, les œufs de cet animal sympathique nous furent proposés en remplacement de coquillages, rupture de stock.

 

Bigre !  Qu’est-ce donc que ce ragout ? Pour une fois les Anglais et les Thaïs à la fois ont culinairement raison, il a les qualités gastronomiques d’un mélange de punaise et de cafard.

 

Quel est donc ce monstre en forme d’Alien ou de sous-marin à chenilles ?

 

C’est un animal marin de la classe des mérostomates, qui a connu son âge d'or au paléozoïque, fossile vivant n'ayant pas évolué depuis des centaines de millions d'années. Il est témoin de notre « évolution », redoutablement menacé d'extinction suite à son utilisation massive par les chiliens comme engrais et comme nourriture ... pour les cochons, sous prétexte d'être responsable d’une consommation excessive de mollusques. Ce ne serait peut-être pas dramatique, nous nous passons bien de ne plus rencontrer de dinosaures (autrement qu’à l’état de fossile) dans les collines de la Province de Kalasin.

 

S014mesolimulus.JPG

 

J’aurais pensé ainsi jusqu'à ce que je découvre les propriétés uniques de son sang désormais très étudié, de couleur bleue du fait de la présence d'hémocyanine au lieu d'hémoglobine. Utilisé dans le domaine pharmaceutique, il permet entre autres de tester l'absence des endotoxines bactériennes (composés ayant un effet pyrogène dangereux lorsqu'ils sont injectés chez l'homme) dans les médicaments, les produits de dialyse et le matériel médico-chirurgical. Ce fossile vivant aurait 500 millions d’années, 150 millions de plus que le cœlacanthe, plus ancien que nos dinosaures. En clair, il serait de la famille des scorpions et des araignées

 

Si les Patagons et les Chiliens le donnent à manger à leurs cochons, les Thaïs (ainsi que les Viets et les Chinois) en consomment les œufs et la chair, bien que la législation internationale protège cet animal comme le Saint Sacrement, ce dont ils se moquent tous éperdument. Ce n’est pas par souci gastronomique, mais – paraît-il – car il est considéré comme le « crabe des amoureux », le mâle serait aussi fortement attaché à sa femelle que le pigeon à sa pigeonne, il faut donc en consommer les oeufs, infects ou pas, tous les deux avec l'être aimé et nullement pour ses propriétés gastronomiques qui ne sont pas celles du caviar, croyez-moi.

 

Déjà difficile à avaler cuit au barbecue, le pire  est atteint lorsque les Thaïs mélangent les œufs de cette petite bête sympathique avec un bon vieux somtam ou en font un simple tomyam.

 

Limule Thalande 4

 

Il n’est en outre pas certain que ce ne soit pas toxique !

 

Que les Patagons le donnent à manger à leurs cochons est une chose, qu’il apparaisse sur nos tables en est une autre. Rien à dire jusqu’à il y a peu de temps. La diffusion de cet animal semblait confidentielle, et les restaurateurs qui en accommodaient les œufs, très discrets sur leur origine. Une fois essayé, on ne recommence plus, affaire réglée. Hélas ! Je vais par pur hasard traîner mes espadrilles dans les rayons d’une grande surface. Que vois-je dans les coffres des surgelés ?  Des dizaines de limules congelés, de provenance indéterminée ! Imaginez-vous donc au Carrefour du coin achetant des darnes de cœlacanthe congelées ou une côtelette de tigre !

 

Ne l’achetez pas, c’est immangeable, probablement toxique, c’est déjà une raison nécessaire et suffisante.

 

Ne vous imaginez pas que la bestiole vous transmettra son sang bleu si vous n’en avez pas.

Si vous souhaitez une nourriture aphrodisiaque, vous en trouverez d’autres.

N’achetez pas, même pour faire de la coquille un cendrier, ce serai une mauvaise action. Imaginez-vous que vous aurez peut-être un jour la vie sauve grâce à une dialyse au sang bleu du crabe des Moluques.

 

 

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Références

De nombreux sites Internet (en dehors du très contournable Wikipédia) établis par des passionnés éleveurs (donc passionnants) de cette bébête ... par exemple

http://www.webidev.com/limule/

 

fin.jpg

 

http://gd-biosubsea.pagesperso-orange.fr/insolites.htm#LIMULE

 

Sites en thaï

 

http://www.med.cmu.ac.th/dept/parasite/public/Mangdataley.htm

http://www.ra.mahidol.ac.th/poisoncenter/bulletin/bul95/v3n1/Hors_crab.html

http://www.oknation.net/blog/peejeab/2012/04/06/entry-1

http://www.carbuyi.com/tag/แมงดาทะเล

 

Et beaucoup d’autres ...

Tous insistent sur les risques potentiels de toxicité.

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 00:47

TITRE« CHIFFRE DE LA SEMAINE – 59% des femmes en Issan seraient alcooliques… » (1)

 

« 59% des femmes habitant dans les zones rurales de l’Issan affirmeraient consommer de l’alcool au quotidien selon une étude menée par des organisations qui tentent d’alerter la société thaïlandaise sur les dangers de l’alcool. Ces femmes, qui boivent en particulier de la bière et du lao khao, expliquent que l’alcool est très facile d’accès et qu’il les aide à entretenir des relations sociales. »

 

Les sources ?  

« une étude menée par la Fondation pour la promotion de la Santé. »

 

Les éléments ?

 

«  Sur 400 femmes interrogées, 59% admettent consommer de l’alcool, pas seulement pour des occasions spéciales, mais aussi dans leur vie quotidienne. L’échantillon du sondage rendu public la semaine passée à l’occasion d’un séminaire pour la réduction de la consommation de l’alcool était composé de femmes âgées de 25 ans à 60 ans et habitant dans les zones rurales de l’Issan. » 


Les causes ?

«  ...elles justifient leur consommation par la facilité d’acheter de l’alcool à toute heure de la journée.... »


Les conclusions ?


« La consommation d’alcool au quotidien n’est pas seulement le signe de l’alcoolisme, elle favorise aussi les accidents de la route et les violences conjugales ». Et celle du « féministe »  de service :


feministe

 

Pour Chadet Chaowilai, directeur de la « Fondation du Mouvement progressiste des hommes et des femmes » et avocat spécialisé en droits de la femme, l’alcoolisme en Thaïlande est lié au fait que la société est dominé par les hommes ».


Notre propos n’est pas de nier les effets néfastes de l’alcoolisme dans notre pays d’accueil, les hécatombes sanglantes des semaines du nouvel an, fruits d’excessives beuveries nous donneraient trop mauvaise conscience.


Mais il faut tout de même garder la raison.


- Confondre la « consommation d’alcool au quotidien » et « l’alcoolisme » relève d’une perversion intellectuelle totale. Accompagner son repas d’une bouteille de Singh ce n’est pas se pochetroner.


- Vertus des « sondages ? ».

 

Il y a 25 millions d’habitants en Isan, la moitié de femmes (évidemment) et probablement une petite ou une grosse moitié en âge de boire une bière. Tirer des conclusions péremptoires sur les affirmations (?) de 400 personnes (un séminaire de pétroleuses ?) est de la même farine qu’un sondage nord-coréen : « Selon une enquête révélée par la télévision nord-coréenne, les nords-coréens seraient le deuxième peuple le plus heureux du monde juste derrière les Chinois et Cuba. »  (2)


corée

 

Nos propres « sondages » valent bien ceux de la Fondation pour la promotion de la Santé, et le résultat sera strictement inverse : nos épouses, les épouses ou les compagnes Isan de nos amis ne sont pas, et de loin, toutes des pochardes, buvassent-elles de la bière pendant les repas.

 - Facilité d’acheter de l’alcool à toute heure de la journée ? Contre- vérité éhontée. Les magasins ouverts 24 heures sur 24 respectent scrupuleusement les horaires d’interdiction (essayez !) et les échoppes locales ouvrent en général au lever du soleil et ferment à son coucher.

 

Nous voyons poindre là une argumentation sournoise qui a conduit en 1919 les Etats-unis  à l’instigation de vertueuses héroïnes à mi-chemin entre la pucelle d'Orléans et Calamity Jane,

PROHIB

soutenues par leurs pasteurs méthodistes, à adopter le 18ème amendement à la constitution ... la fameuse prohibition à laquelle seul le vin de messe échappa. (3) Ce fut la fortune du crime organisé. F.D. Roosevelt avait les pieds sur terre et en 1933 « beer is back ».


 fdv36 maurice2 beerisback

- Mais y-a-t-il un « lobbying » derrière tout cela ?

 

 La Thai Health Promotion Foundation a été créée en 2001 sous l’égide de l’OMS et est alimenté par les taxes sur les alcools et le tabac. Son budget annuel serait de 90 millions de dollars US. Elle lutte -et elle a raison  de le faire- contre la tabagisme et l’alcoolisme. Aux côtés des bouteilles de bière que vous ne pouvez pas acheter hors les heures légales, vous trouverez des processions de Coca, Fanta et autres Spryte (tous produits de la firme Coca).

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Les effets néfastes de ces boissons sont connus de tous, ils alimentent des milliers de pages sur Internet. Le moindre est de transformer les gamins thaïs qui en abusent en obèses petits cochons et leurs parents en précoces diabétiques.


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Et pourtant, aucune association de féministes progressistes (et encore moins l’OMS) n’en dénoncent les dangers. Curieux tout de même ? Un seul pays a eu le courage d'interdire le "Coca zéro", le pire, et Chavez y a trouvé plaisir, le ministre vénézuélien de la santé en 2009 « afin de préserver la santé des Vénézuéliens »

« Un verre, ça va …», nous le savons tous.


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Yann Queffélec a écrit en 2006 « Eloge de l’alcool ». Ce n’est point une invitation à la pochetronisation, mais une légitime manifestation de colère face au « politiquement correct » souvent pisse-vinaigre importé d'outre-Atlantique et amélioré (selon lui) par l'esprit de Vichy encore présent en France, qui entend régenter la vie quotidienne de chacun à coups d'interdits.

Avant lui le truculent Gabriel Domenech avait écrit dans le même esprit en 1981 « Eloge de l’ivresse ». Il fallait à « Gaby » un petit coup dans le nez (mais pas deux) pour friser le génie.


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Sans la délicieuse absinthe, Rimbaud n’aurait pas écrit « le bateau ivre » (et non « le bateau sobre » ) et l’ivresse d’Appolinaire dans le vin nous a valu  « Alcool » (et non « camomille »).

Il est l’heure de notre bière du soir, restons-en là et terminons sur deux de ses vers.

« Et tu bois cet alcool brûlant comme ta vie

Ta vie que tu bois comme une eau de vie »

 

 

 absinthe 2

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(1) Titre un peu trop accrocheur (modéré par la prudente utilisation du conditionnel) d’un article paru dans l’excellent « Petit journal de Bangkok » le 16 mai sous la signature de Yann Fernandez ….

(2) révélé par « Marianne » le 16 juin 2011.

(3) Légende du panneau brandi par ces créatures de rève :  "Les lèvres qui touchent à l'alcool ne toucheront pas les nôtres "

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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 23:07

drapeau-republicainQuand Franco-Thaï devient inutilement agressif envers la communauté française de Thaïlande. (Cf. l’article en note)

1/ Grande nouvelle !

Nous venons d’apprendre qu’il existe (au moins) un expatrié qui « fréquente beaucoup d’intellectuels thaïlandais »

intellectuel siamois

ce qui me laisse à penser qu’il est lui même (ou qu’il prétend être) un « intellectuel ?

un intellectuel 02

Dommage qu’il cache son identité derrière un pseudonyme aussi grotesque que prétentieux ! Quand on pisse ce style de « copie », on a le courage de ses opinions ! Il est permis de fêter ce que l’on veut le 14 juillet.

Les bons chrétiens fêtent Saint Bonaventure, docteur de l’Eglise.

saint bonaventure

Les bons irakiens fêtent l’anniversaire de la révolution du 14 juillet 1958 qui a mis à mal la monarchie anglo-américanophile.

Faycal 2

D’autres fêtent le 14 juillet comme fête nationale de la France. Si notre « intellectuel » (de rivière, de mangrove ou de khlong ?) avait un (tout petit) embryon de connaissances, il aurait peut-être appris qu’en 1880, le 14 juillet a été choisi comme fête nationale en commémoration du 14 juillet 1790, le jour de la grande fête de la fédération voulue par Lafayette,

Fete de la federation panorama

journée au cours de laquelle aucune goutte de sang n’a été versée et qui a consacré pour malheureusement peu de temps la réconciliation et l’unité du pays en ses trois corps. Le symbole subsiste, un peu oublié, hélas !

14-juillet thailandaise et histoire france (1)

Je m’étonne que le site se fasse l’écho de ces propos dignes du « café du commerce », tarte à la crème de tout ce que l’on peut lire de rengaines sur les français musulmans, et ses « pronostics électoraux » qui en feront sourire plus d’un par leur incommensurable naïveté. Mon vieux copain Gilbert Collard fait peut-être de même mais il le fait avec du talent.

Gilbert

Je me garderai de traiter leur auteur de « con » (vocable dont il vous – nous – fait l’hommage), le réservant à d’autres occasions, ayant tiré leçon d’un joli mot que l’on prête au Roi Louis XVI. Lors d’une soirée à Versailles, la conversation tourne autour d’un personnage quelconque :

 

C'est un imbécile, dit l'un,

C'est un sot, dit un autre,

C'est un con, dit un troisième.

Vous exagérez, répondit le Roi, il n'en a ni l'agrément, ni la profondeur.

                           --------------------------------------------

2/ J’avoue lire le Gavroche, le Petit Journal, Franco-Thaï, Siam Life, Thaïlander … et de nombreux blogs que nos compatriotes écrivent pour rendre compte de leur vie, de leur vision  et parfois de leurs idées sur la  Thaïlande. Le niveau de leurs prestations est, bien sûr, d’inégale valeur, selon les jours, comme peut l’être actuellement, notre vision de l’Isan que nous vous présentons semaine après semaine.

 

Chacun peut réagir, et parfois exprimer ses désaccords sur telle ou telle intervention, mais encore faudrait-il être pertinent et « respectueux ».

 

On peut se demander pourquoi Franco-Thaï a tenu aujourd’hui (le 4 août 2011) à exprimer un tel mépris pour nos compatriotes qui se sont réunis pour « fêter » le 14 juillet 2011, et pour les sites « informatifs » qui ont encouragé, organisé parfois, rendu-compte de cet événement majeur de notre Histoire de France.

 

On peut aussi trouver pour le moins curieux que cette critique s’est faite au nom d’une intégration supposée meilleure dans ce pays de Thaïlande. : « Mais moi, c'est pas le 14 juillet que je fête mais le Songkran !!! » et aussi sur le supposé que tous les « expats » de Thaïlande seraient lepénistes et « communautaristes » (sic)  ( et cela en termes galants : « Et ils se sont retranchés dans leur communautarisme à la con »)

L’article se veut donc polémique et en fait aborde des questions diverses :

-que représente le 14 juillet pour les Français de Thaïlande ? les idées « lepénistes » de ces Français ? et leur intégration dans ce  pays ?...

14 07 2009

Hommage.

Avant  d’aborder ces questions, je voudrais au contraire rendre hommage à tous ceux qui, année après année, essayent dans leur coin, de réunir leur compatriotes autour d’activités diverses, de les  aider, de partager ensemble autour d’une bonne table les événements importants de notre histoire et de notre culture (ici le 14 juillet), sans oublier, le plus souvent, d’inviter des amis et des « autorités » thaïs. Et aussi à Gavroche et au Petit Journal, qui ont soutenu, animé voire organisé ces rendez- vous « français » et qui surtout contribuent aussi à informer nos compatriotes.  Ils sont certes critiquables, comme n’importe lequel d’entre nous, mais surtout pas dans leur volonté de nous aider à mieux connaître ce pays.

Je connais le Club Ensemble de Pattaya

ensemble

et le club francophone d’Udon Thani (j’y réside) pour savoir qu’il n’est pas simple de réunir nos compatriotes.

assofi

Hommage donc.

    

Un 14 juillet « communautariste » ? 

Nous serions donc tous « franchouillards », « lepénistes », ne désirant pas nous « intégrer », « communautaristes » mêmes !

franchouillard

Or, nous savons que la communauté française de Thaïlande est diversifiée : avec des actifs et des retraités, des célibataires et des mariés, des franco-français et des couples mixtes, des citadins et des « villageois », des « touristes » et des gens curieux de leur pays d’accueil. Tous n’ont pas le même rapport avec la Thaïlande et les Thai(e)s, comme tous n’ont pas la même idée de la France.

Nous sommes 2 à animer ce blog et avons souvent des idées différentes sur les grandes questions qui animent ce monde et notre société, sur notre approche des « réalités » thaïes  et de l’Isan et nous sommes heureux de partager nos « différences ».

Nous n’avons pas besoin de critiquer nos compatriotes pour exprimer notre désir de compréhension du monde thaï et de l’Isan. Les deux n’ont rien à voir ensemble.

Nous n’aurions même pas l’idée d’exprimer notre « attachement » à ce pays par le concept dit de « l’intégration » !

 

 L’Intégration ?

 

Il nous serait jamais venu à l’esprit de citer notre participation à « Song kran » pour prouver notre « intégration », alors que l’idéologie officielle apprend à ses enfants thaïs à se « prosterner » devant le roi, à « diviniser » Bouddha  et à saluer le drapeau. Les 3 piliers qui « unissent les Thaïs », dit la Thaïness, et les programmes d’éducation appris aux jeunes enfants à l’école.

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Il faudrait aussi pour le moins commencer par la langue thaïe,  « pratiquer » les coutumes locales et « superstitions » diverses…

Alors ?

Si vous ne connaissez pas la langue, si vous n’êtes ni royalistes, ni bouddhistes, ni nationalistes (d’ailleurs, les lepénistes le sont !), ni animistes,  et ne vivez pas dans une famille thaïe… si en plus, vous n’avez que des notions sur l’Histoire et la culture de ce pays, vous en conviendrez, il faudrait trouver une autre idée que l’intégration, pour montrer votre « attachement » à ce pays. Nous espérons que vous ne pensez pas à certaines « coutumes locales » comme par exemple boire du whisky thaï, parier sur les coqs, avoir une Mia noï…par exemple.

Notre 14 juillet en Thaïlande est bien loin de ces considérations. (Et en plus –ironie de l’histoire- l’article de Franco-Thaï paraît le 4 août, qui annonçait la fin des privilèges en France, et qui mériterait aussi un repas « patriotique »).

 

04 08

Il est l’occasion de se réunir, de rappeler partout dans le monde nos valeurs, et d’inviter, ici,  nos amis thaïs à partager ce moment convivial.

14-juillet-couleur-754492

Il  n’est nul besoin de faire appel à Le Pen, aux arabes de France, au « communautarisme », « au retour de bâton », pour montrer une quelconque « intégration ». Le respect, le désir d’apprendre (la langue, la culture, l’histoire, les coutumes …), de chercher à communiquer, sans renier ce que nous sommes,  suffisent.

En plus, nous sommes un certain nombre à chercher à comprendre nos femmes thaïes, et on peut vous dire que cela n’est pas simple. Elles ne nous demandent pasd’ailleurs de nous « intégrer ».

Pour l’instant, on se contente de les aimer.

 

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Le sujet  a touché.

 

On peut en juger aussi à la réaction de notre ami Titi sur cet article :

 http://www.titiudon.com/

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Article de Franco-Thaï :          

 Le 14 juillet en Thaïlande, une fête communautariste 

de rackham le rouge » 03 Août 2011, 20:07

Le 14 juillet en Thaïlande, une fête communautariste
Pendant toutes mes années en Thaïlande (plus de 15 ans), je voyais passer les 14 juillets sans même me rappeler que c'était la fête nationale. Le lendemain, en lisant un journal en ligne (Libération, Le Monde ou Le Figaro) je voyais des articles sur le défilé (que je ne lisais pas) et je me disais: "Tiens, c'est vrai, c'était hier". Mais cette année, ils en ont fait tout un fromage les expats (ou immigrés) français en Thaïlande. Le Gavroche (le mal nommé), le Petit Journal... Et ils se sont retranchés dans leur communautarisme à la con. Le pire c'est que c'est les mêmes qui reprochent aux Arabes de France de se retrancher dans leur communauté et de ne pas s'intégrer parce que ces derniers suivent le Ramadan ou mangent Halal. Je suis entièrement d'accord avec le fait que la communauté musulmane de France doit accepter les lois de la République et chercher à s'intégrer et je condamne totalement ceux qui ne le font pas mais ceci est aussi valable pour les immigrés français en Thaïlande. Mais j'ai l'impression que la majorité des Français expats ne le désirent pas et que le vote Le Pen va malheureusement faire un carton parmi les expats de Thaïlande. Mais qu'ils fassent gaffe au retour de bâton ces expats, qui ne sont que des Français immigrés en Thaïlande. Je fréquente beaucoup d'intellectuels thaïlandais et je peux vous dire qu'ils n'apprécient pas trop qu'on expulse des Thaïs qui étaient en France depuis plus de 15 ans. Ici, en Thaïlande, les immigrés, c'est eux (les Français) et moi. Mais moi, c'est pas le 14 juillet que je fête mais le Songkran !!!

http://www.lepost.fr/article/2011/08/03 ... riste.html

certified pseudo intellectual

 

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