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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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28 juin 2018 4 28 /06 /juin /2018 06:36

 

Nous avons consacré et consacrerons encore de nombreux articles sur « le bouddhisme », bouddhisme thaï orthodoxe, celui de l’Asie du sud-est en général qui n’est ni celui de la Chine ni du Japon ni du Tibet ...

 

 

dont se targuent les occidentaux, souvent bouddhistes de comptoir ou bouddhistes d’Hollywood,

 

 

 

.... bouddhisme  hérétique pour les Thaïs. Il y a autant de chapelles bouddhistes que de chrétiennes. Les premiers voyageurs français du XVIIe siècle, tout érudits ou savants théologiens qu’ils aient été, ont à tout le moins été déconcertés par cette « religion idolâtre » qu’ils découvraient (1). Nous avons écrit il y a 7 ans que le bouddhisme est athée en posant toutefois un prudent point d’interrogation. Ce n’est certes point au sens strict une « fausse idée » mais tout simplement une idée absente remplacée par des banalités qui ne sont trop souvent que des lieux communs (non-violence,

 

 

... tolérance, ascétisme, détachement, etc…souvent éloignés de la réalité). Nous lui avons consacré un long article (2) dans lequel nous avons étudié une première source, un petit catéchisme intitulé « Questions et réponses sur l’histoire de Notre Seigneur Bouddha à l’usage des jeunes gens » présenté comme l’étaient nos « catéchismes des diocèses », sous forme de questions - réponses. Une seule citation : « Question : Y- a- t- il des créatures célestes et des dieux ? Qu’a dit Notre Seigneur Bouddha ?   Réponse : Il n’y en a pas du tout. Il faut s’acharner à découvrir la vérité de Bouddha uniquement pour atteindre l’illumination ».

 

 

 

Cette affirmation qui relève de la « foi du charbonnier » fut confortée par la déclaration du Pape Jean-Paul II en 1986 que nous citons sans, pensons-nous, le trahir « … Le bouddhisme est en grande partie un système athée ».

 

 

 

Que le bouddhisme thaï se soit singulièrement transformé en religion monothéiste tintinnabulante du culte intérieur institué par Bouddha n‘enlève rien à cette constatation.... Un culte religieux incontestablement fondé sur la base de l’athéisme et d’innombrables divinités peuplant le panthéon bouddhiste, dont le fondateur a dit qu’elles n’existent pas.

 

 

 

NOTES

 

(1) Voir notre article  http://www.alainbernardenthailande.com/article-15-les-relations-franco-thaies-le-bouddhisme-vu-par-les-missionnaires-du-xvii-eme-siecle-64650528.html

 

(2) http://www.alainbernardenthailande.com/article-a-35-le-bouddhisme-est-il-athee-79098567.html

 

Cet article a suscité de la part de notre ami Jeff de Pangkhan un commentaire qui mérite que nous le citions dans son intégralité : « Bravo pour l'article et sa conclusion avec notre « transporteur bouddhiste ». Cela m’a bien fait rire !  (Nous avions effectivement signalé l’une des dernières personnes devenue bouddhiste, le très médiatique acteur de la série des Transporteurs, bouddhiste d’Hollywood). J'ai côtoyé des moines tibétains et leur intolérance (si si ! ) envers ceux qui ne pensaient pas comme eux, était gênante loin de l'attitude  médiatique de leurs chefs et surtout leur « guide suprême ». Lorsqu’on leur parlait du bouddhisme srilankais (je ne connaissais pas la Thaïlande à l'époque) qui est le même qu'au pays du sourire, eh bien ils riaient à la limite du dédain pour ce Bouddhisme d'apparat ! Mais il est vrai que le Bouddhisme est athée, pas de dieux; c'est une doctrine; c'est peut-être pour cela que les pratiques animistes y sont si bien tolérées ? »

 

***

 

Voici les articles que nous avons consacrés directement au bouddhisme, cette liste n’est pas limitative :

 

21. LE BOUDDHISME THAÏLANDAIS ET D'ISAN ? (20 juillet 2011)

http://www.alainbernardenthailande.com/article-20-le-bouddhisme-thailandais-et-d-isan-78694128.html

 

22. NOTRE ISAN , BOUDDHISTE OU ANIMISTE ? (24 juillet 2011)

http://www.alainbernardenthailande.com/article-22-notre-isan-bouddhiste-ou-animiste-78694708.html

 

A.41 : LA CRISE DU BOUDDHISME EN THAÏLANDE ? (8 août 2012)

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a-41-la-crise-du-bouddhisme-en-thailande-82673729.html

 

A 211- L’ÉGLISE CATHOLIQUE A-T-ELLE CANONISÉ PAR ERREUR BOUDDHA EN 1583 ?  (27 février 2016)

http://www.alainbernardenthailande.com/2016/02/a211-l-eglise-catholique-a-t-elle-canonise-par-erreur-bouddha-en-1583.html

 

R 12 . REPUBLICATION DE NOTRE ARTICLE A 137 DU 1ER DECEMBRE 2013 : « BOUDDHISME ET POLITIQUE EN THAÏLANDE » (2 mars 2016)

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a137-bouddhisme-et-politique-en-thailande-121285295.html

 

 

H 5 – A PROPOS DU BOUDHA D’ÉMERAUDE DU WAT PHRA KEO. (23 novembre 2016)

http://www.alainbernardenthailande.com/2016/11/h-5-a-propos-du-boudha-d-emeraude-du-wat-phra-keo.html

 

INSOLITE 4. THAÏLANDE : BOUDDHISME, HINDOUISME ET … ANIMISME AVEC LE CULTE DES ESPRITS ET AUTRES CROYANCES MYTHIQUES ET LÉGENDAIRES … (30 novembre 2016)

http://www.alainbernardenthailande.com/2016/12/insolite-4-thailande-bouddhisme-hindouisme-et-animisme-avec-le-culte-des-esprits-et-autres-croyances-mythiques-et-legendaires.html

 

A 228 - QU’EN EST-IL DES 108 SIGNES PROPITIATOIRES ET DE BONNE AUGURE GRAVÉS SUR LES EMPREINTES SACRÉS DU PIED DE BOUDDHA ? (16 août 2017)

http://www.alainbernardenthailande.com/2017/06/a-228-qu-en-est-il-des-108-signes-propitiatoires-et-de-bonne-augure-graves-sur-les-empreintes-sacres-du-pied-de-bouddha.html

 

A 237 - LES SOIXANTE-SIX REPRÉSENTATIONS RITUELLES DE BOUDDHA (25 octobre 2017)

http://www.alainbernardenthailande.com/2017/08/a-237-les-soixante-six-representations-rituelles-de-bouddha.html

 

A 239 - LE « BOUDDHISME DE LA FORÊT » OU « LA VOIE DES ANCIENS » DANS LA THAÏLANDE CONTEMPORAINE (1er novembre 2017)

http://www.alainbernardenthailande.com/2017/09/a-239-le-bouddhisme-de-la-foret-ou-la-voie-des-anciens-dans-la-thailande-contemporaine.html

 

A 251- LA LÉGENDE DU TRÉSOR ENFOUI DU PHRA THATPHANOM SUR LES RIVES DU MÉKONG, LE LIEU LE PLUS SACRÉ DU BOUDDHISME DANS LE NORD-EST. (14 février 2018)

http://www.alainbernardenthailande.com/2018/02/a-251-la-legende-du-tresor-enfoui-du-phra-thatphanom-sur-les-rives-du-mekong-le-lieu-le-plus-sacre-du-bouddhisme-dans-le-nord-est.html

 

A 253- DES RELIQUES DE BUDDHA ET DE LEUR BON USAGE. (7 mars 2018)

http://www.alainbernardenthailande.com/2018/02/a-253-des-reliques-de-buddha-et-de-leur-bon-usage.html

 

A 256. BOUDDHISME ET POLITIQUE EN THAILANDE, SELON ARNAUD

DUBUS.

 

A 257.BOUDDHISME ET NATIONALISME

 

 

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13 juin 2018 3 13 /06 /juin /2018 22:02

 

 

Après un bref rappel historique sur les rapports du bouddhisme et du nationalisme en Thaïlande dans notre article précédent, il est temps de revenir à la 3e partie intitulée « Bouddhisme et nationalisme », du livre d’Arnaud Dubus « Buddhism and Politics in Thailand”.  (1) Elle traite de la situation particulière du bouddhisme dans le Sud, avec ses conséquences ; De la tentative de faire du bouddhisme la religion nationale ; Du débat autour du bouddhisme comme religion nationale ; Et de la place du bouddhisme dans la constitution. Elle comprend également  deux  encadrés : l’encadré 11 consacré au pont entre le nationalisme « bouddhiste » en Thaïlande et au Myanmar (2), et l’encadré 12, une interview de Louis Gabaude de juillet 2016, professeur émérite d’études bouddhistes de l’Ecole Française d’Extrême Orient et se termine – bien sûr - par une conclusion.

Nous tenons à dire que notre rappel historique du nationalisme de l’article précédent a été écrit avant de lire les propos de Dubus sur le sujet, et cela pour éviter toute influence préalable. De même, que les propos rapportés de Dubus ne peuvent être considérés comme une traduction, car nous n’en avons pas la compétence.

 

 

Bouddhisme et nationalisme.

 

Dubus indique qu’en parallèle avec l’augmentation de la crise politique, la longue campagne pour faire du bouddhisme la religion nationale en Thaïlande s’est intensifiée depuis 2005, nourrie par le conflit dans le Sud entre les insurgés musulmans et l’Etat central, rejoint par celui entre les Thaïs bouddhistes et musulmans, mais aussi par les divisions politiques entre les moines ; une campagne qui a renforcé le fossé entre la communauté monastique et les autorités politiques et réduit le rôle de la sangha en augmentant la distance entre la hiérarchie bouddhiste et les communautés locales.

(Note. Ceci dit, voilà bien longtemps que cette distance a été établie. Cf. infra. L’encadré de l’interview de Gabaude qui la situe depuis les réformes de centralisation du pays par le roi Chulalongkorn à la fin du XIXe siècle : « La volonté politique d’unifier le pays eut pour conséquence de détruire les cultures locales. »)

 

 

Bouddhisme et le Sud : le renforcement du nationalisme.

 

Le conflit dans le Sud de la Thaïlande est une bonne illustration entre la proximité entre le bouddhisme et l’Etat. Dubus rappelle que l’idéologie nationaliste a été défini durant le règne du roi Vajiravudh (1910-1925) avec ses trois piliers « Nation, Religion et Roi » ; et que si le roi est supposé élu par l’Assemblée du peuple, il pratique la justice et la protection de son peuple sous la loi morale bouddhiste. Mais l’idéologie nationaliste officielle n’use que du terme de religion et non de bouddhisme, bien que par ailleurs le roi Vajiravudh insistait toujours sur la supériorité du bouddhisme par rapport aux autres religions, et sur le fait que le bouddhisme theravada était un élément essentiel de l’identité thaïe. (Une citation du roi confirme ce propos)

Nota. Nous ne comprenons pas ici, qu’évoquant le roi Vajiravudh (1910-1925), Dubus évoque aussitôt  « le roi est supposé élu par l’Assemblée du peuple ». Or, évidemment il sait bien que la première constitution  a été promulguée le 10 décembre 1932, dans laquelle il était écrit que le pouvoir du roi n’est plus désormais de droit divin, mais « émane de la nation siamoise. ». Il y a là un risque d’anachronisme. De plus dans cette Constitution le roi a l'obligation de professer la foi bouddhique.

 

 

Cette association entre le bouddhisme et l’Etat perdure jusque de nos jours, poursuit-il, ce qui ne veut pas dire que les non-bouddhistes soient excluent de la communauté nationale, même si cela crée  malaise et ressentiment, parmi les non-bouddhistes surtout pour les Malais musulmans du Sud, qui constituent 80% de la population des provinces de Pattani, Yala, Narathiwat, et de 5 districts de Songkla. Ailleurs le bouddhisme est hégémonique –surtout dans la plaine centrale-  et se confond avec l’identité nationale. La contradiction entre ces deux réalités (hégémonie et situation locale différente) créé des tensions et aussi des conflits. On peut citer le projet public en accord avec la sangha locale de créer un  parc bouddhiste sur 16 ha dans un district à majorité musulmane. Ensuite, on ne comprend pas pourquoi Dubus a besoin de citer le livre de Michael K. Jerryson « Buddhist Fury : Religion and violence in the Southern Thailand », pour nous rappeler que l’Etat se sert des moines bouddhistes comme symbole de la Nation.

(Ceci d’autant plus que le nationalisme s’est toujours forgé sur la thainess, à savoir sur les intérêts mutuels du roi et du bouddhisme.  Voilà plus de 80 ans que les Thaïs musulmans (Ou Thais malais Cf.3) de culture et d’ethnie malaise des provinces du Sud de Pattani, Yala, Narathiwat, subissent des tentatives de thaïfication. (4) Celles-ci ont connu différentes phases. Dubus rappelle trop brièvement qu’après 30 ans d’insurrection (4) on a assisté à une recrudescence de la violence depuis 2004, surtout dû, dit-il,  « à l’approche conflictuelle  du gouvernement Thaksin ». )

 

 

Nota. « L’approche conflictuelle  du gouvernement Thaksin. » !  Doux euphémisme.

Dubus aurait pu rappeler que « Dès son accession au poste de premier ministre en 2001, Thaksin  supprime les institutions de dialogue entre thaïs et musulmans. Il accroît le rôle de la police au détriment de celui de l'armée, dont il remplace les dirigeants. Le nationalisme agressif qui accompagne son discours rompt avec les tentatives de dialogue mises en place depuis les années 1990. L'effet de ces politiques est immédiat. La déstructuration des réseaux d'influence de l'armée permet un retour incontrôlé des groupes séparatistes, muselés jusqu'alors. La multiplication des arrestations aveugles et l'utilisation d'une rhétorique agressive à l'encontre des minorités brise la confiance qui avait pu naître entre thaïs bouddhistes et musulmans malais. », avec son escalade en 2004 embrasant le Sud… (Cf (5) in Notre article sur les deux gouvernements de Thaksin du 17 férvrier 2001 au coup d’Etat du 19 septembre 2006)

 

 

Cette position, dit-il, a transformé les moines comme des cibles pour les insurgés musulmans, et 23 ont été tués depuis 2004. Les moines devenant une combinaison de la religion et du nationalisme. Chaque meurtre de moine dans le Sud, même s’il n’a rien à voir avec l’insurrection, est transformé en un nouvel épisode de l’histoire du conflit entre les séparatistes musulmans et les moines de l’Etat Nation, ou en d’autres mots  en une guerre de religion.

 

 

La militarisation des temples du Sud, occupés et gardés par des soldats et des policiers, avec la présence de moines « militaires » - militaires qui ont été ordonnés moines -  et qui ont gardé leurs armes, ne peut que renforcer l’amalgame entre la religion bouddhiste et la politique nationaliste dans les yeux des Thaïs malais musulmans.

Toutefois certains moines participent consciemment à ce processus. Ainsi Dubus nous rappelle quelques faits : le 20 octobre 2005, le Conseil de la Sangha  de Pattani a publié une déclaration en 20 points, après l’assassinat du vieil abbé et de deux jeunes servants du temple. Le chef des moines de Pattani, initié par Phra Maha Thawing Khemkaro va déclarer que les moines bouddhistes du Sud doivent s’impliquer en politique car ils sont restés tranquilles pendant longtemps et cela n’a donné aucun résultat. La déclaration a aussi violemment critiqué la Commission de Réconciliation Nationale, une commission indépendante dirigée par l’ancien premier ministre (deux fois entre 1991 et 1992) Anand  Panyarachun, destinée à diminué les tensions et  aider à résoudre le conflit. Khemkaro et d’autres moines ont estimé que cette commission était trop pro-musulmane et oeuvrait contre leurs intérêts.

 

 

Ensuite l’encadré 11 signale (en 1 page #) les premiers liens créés en juin 2015 entre le nationalisme bouddhiste de Thaïlande et le mouvement bouddhiste antimusulman Ma Ba Tha (la protection de la race et de la religion) du Myanmar, avec plus précisément une  donation  de 1,5 million de baths (42 000 US §) de l’Association des jeunes bouddhistes de Bangkok  dirigée par Pornchai Pinyapong au Ma Ba Tha, qui a lancé depuis 2012 une violente campagne antimusulmane contre les Rohingyas vivant à l’Ouest du Myanmar et d’autres communautés musulmanes du pays, pour installer deux stations de radio  diffusant ses messages. Dans la cérémonie officielle  de la donation à Yangon, Pornchai a justifié son don en  expliquant que le problème des Rohingyas dans l’Etat de Rahkine était le même que celui du Sud de la Thaïlande.

 

 

Une nouvelle étape a été franchie en février 2017, quand le moine Ashin Wirathu, leader du Ma Ba Tha, a reçu une distinction à Bangkok pour son soutien remarquable au mouvement du bouddhisme pour la paix organisé par l’Organisation mondiale des leaders bouddhistes, dont le chef est également Pornchai. Mais la cérémonie a également été présidée par un ancien du Conseil Suprême de la Sangha. Durant son séjour, Wirathu a  été reçu en grande pompe par le temple Dhammakaya et l’Université bouddhiste Mahachulalongkorn. En février 2017,  Ma Ba Tha et Wirathu ont organisé deux manifestations pour montrer le soutien reçu par le temple Dammakaya. Et Dubus précise que toutes ces institutions et temples sont très actifs pour faire du bouddhisme la religion nationale.

 

 

D’autres moines en dehors du Sud mirent de plus de l’huile sur le feu, comme par exemple Maha Apichat, un moine de 30 ans du temple Wat Benchamabophit à Bangkok, qui en octobre 2015, écrivait dans sa page Facebook « qu’il fallait brûler une mosquée pour chaque moine tué dans le Sud ». Son message provoqua de vives réactions de soutien et d’opposition jusqu’à ce que le gouvernement militaire le forçât à enlever sa page. Maha Apichat et d’autres moines radicaux avaient établi des relations avec des moines ultra-nationalistes du Myanmar, dirigé par Ashin Wiratu, très violent contre les Rohingyas installés près de la frontière du Bangladesh. (Cf. Encadré 11 ci-dessus)

 

 

La mise en  place de milices de volontaires bouddhistes « Or Ror Bor » (Volontaires pour la protection des villages) patronnées par la reine, n’a fait qu’augmenter le chauvinisme et la haine. Les volontaires furent armés et entraînés, non seulement pour protéger des villages, mais aussi en vue d’une possible guerre civile, lorsque les attaques des insurgés auront atteint une telle échelle qu’elles forceront les villageois à quitter leurs villages en masse. La campagne pour  faire du bouddhisme la religion nationale a été nourrie par les violences exercées contre les moines dans le Sud. D’ailleurs les moines bouddhistes du Sud, considérant que la hiérarchie de la Sangha était trop longue pour agir ont formé leurs propres associations, comme par exemple le Centre des Affaires Bouddhistes pour soutenir les trois provinces frontalières (Le CBA). En 2015 et 2016, des pétitions ont circulé dans les temples du pays, pour que les fidèles signent  des sermons antimusulmans.

 

 

 

Dans cette campagne pour faire du bouddhisme la religion nationale,  Dubus va indiquer le rôle très actif du temple du Dhammakaya  qui aide les moines du Sud en leur envoyant des fonds de soutien et des moines pour des séjours temporaires.

Dhammakaya n’oublie pas ses intérêts financiers et  Dubus signale qu’il n’a pas hésité à dire que la réforme menée par Paiboon Nittitawan pour un audit des richesses des temples et vérifier leur conformité à la doctrine du Theravada a contribué à augmenter la montée de l’Islam dans le Sud. De même Dhammakaya demande au gouvernement militaire d’agir pour « réveiller » le bouddhisme et d’en faire la religion nationale. Cette campagne fut un succès sur Facebook, ainsi que celle visant à évoquer le « grand remplacement » par les Musulmans.

 

 

Le bouddhisme comme religion nationale, et la Constitution.

 

A chaque nouvelle constitution prévue, plusieurs associations bouddhistes lancent une campagne pour que le bouddhisme   devienne la religion nationale.

Après leur échec pour la Constitution de 2007 (En juin 2007, environ 3 000 moines avaient manifesté devant le Parlement,  pour obtenir que le bouddhisme devienne la religion de l’Etat de Thaïlande), les radicaux bouddhistes ont pu enregistrer quelques progrès avec la Constitution  de la junte, approuvée par le référendum du 7 août 2016.

L’article 67 stipule : « Dans le but de promouvoir et de protéger le bouddhisme professé par la majorité du peuple Thaï, l’Etat va promouvoir et soutenir l’éducation et la propagation des principes du bouddhisme theravada dans le but du développement mental et intellectuel et établir des mesures et des mécanismes pour en empêcher sa profanation sous quelque forme que ce soit. » La constitution, commente Dubus,  établit donc clairement la supériorité du bouddhisme sur les autres religions ; ce qui peut expliquer la majorité du non au référendum dans les provinces du Sud à majorité musulmane. Redoutant les effets de cet article, le chef de la junte Prayut a tenu à rappeler deux semaines plus tard la section 44, qui proclame  que l’Etat  était aussi chargé de promouvoir une bonne entente et une harmonie entre tous les fidèles de toutes religions et de protéger toutes les religions équitablement. (Cf. Notre article A. 219- Que penser du référendum du 7 août 2016 ?)  (5)

 

 

Le débat sur le bouddhisme comme religion nationale.

 

On peut trouver les partisans  du bouddhisme comme religion nationale principalement parmi les moines « chemises » rouges, ce qui peut être surprenant, dit-il,  au vu de leur réputation de « progressistes ». Le Wat Phra Dhammakaya ainsi que le Phrah Methe Dhammanchan, le vice-recteur de l’Université bouddhiste Mahachulalongkorn sont aussi des partisans de cette campagne, qui est basée sur  plusieurs arguments.

Le premier est culturel et s’appuie sur le fait que le bouddhisme a joué depuis plusieurs siècles un rôle fondamental dans la culture thaïe et l’éthique. La gentillesse, le calme, la générosité, le sens du compromis des Thaïs proviennent du bouddhisme. Le fait aussi que 95 % des Thaïs soient bouddhistes justifie que le bouddhisme devienne  la religion nationale. Ils donnent aussi en exemple d’autres pays comme la Malaisie qui a l’islam comme religion nationale alors que seulement 55 % de la population soit musulmane.

Leur second argument s’appuie sur leur besoin de protection. Le bouddhisme étant affaibli par l’agressivité des musulmans, illustré par l’assassinat des moines et des bouddhistes, et par les critiques qu’il subit comme le montre le cas de Somdet Chuang, ce qui conduit les moines vers plus de mauvaises conduites. Inscrire le bouddhisme dans la constitution serait le premier pas pour protéger et renforcer le bouddhisme. Mais certains veulent aller plus loin, comme Korn Meedee, le secrétaire du Comité pour protéger le bouddhisme comme religion nationale, qui demande que de lourdes sanctions comme la prison soient infligées aux moines qui causent le déshonneur, et que soient éradiquées les images non conformes au bouddhisme. L’idée étant de créer  une protection légale comme celle de l’article 112 qui protège le roi, la reine, la famille royale et le régent, et que semblable au  crime de lèse-majesté soit créé le crime de lèse-bouddhisme.

 

 

Ensuite vient l’encadré 12, avec une  Interview de Louis Gabaude, professeur émérite de l’Ecole Française d’Extrême Orient.

 

A la question de l’évolution du bouddhisme thaï de la fin du XIXe siècle au début du XXe, Gabaude pense que nous n’avons pas assez étudié le rôle du roi Chulalongkorn dans la destruction des cultures locales. Il n’en avait peut-être pas l’intention quand il a standardisé l’écriture thaïe pour tout le pays, mais de fait cela a éliminé les écritures locales. L’écriture thaïe n’était pas utilisée dans les textes bouddhistes de la Thaïlande centrale, mais le khorm, une forme d’écriture khmère. Mais de fait  toutes les cultures religieuses locales (Au centre, comme au nord-est et au nord-ouest) ont progressivement disparu.

Peu à peu, le peuple fut incapable de lire les alphabets régionaux et les textes locaux ne furent plus transmis. Le passé culturel et religieux fut en grande partie inaccessible à l’exception de quelques individus. La volonté politique d’unifier le pays eut pour conséquence de détruire les cultures locales.

Cela a affecté également l’organisation de la communauté monastique quand les moines furent organisés selon une hiérarchie nationale en fonction des titres obtenus ; titres qui s’obtenaient, non par une grande connaissance des textes mais par les grades obtenus en pali (du grade 4 au grade 9) qui permettaient de grimper dans la hiérarchie à Bangkok pendant que les titres locaux disparaissaient. Le prestige obtenu n’était pas d’essence religieuse, alors que certains moines se distinguaient par leurs pouvoirs miraculeux et de méditation. Une seconde hiérarchie s’établit alors assez semblable à celle des saints chez les catholiques.

Dubus lui demande alors si cette campagne de faire du bouddhisme une religion nationale est une conséquence logique du fait que le bouddhisme a été utilisé par l’Etat central comme source de sa légitimation.

Quand les nouveaux dirigeants du Siam ont écrit la Constitution de 1932, ils ont joué sur l’ambiguïté du mot satsana. Pour les moines et la majorité du peuple, ce mot signifiait l’enseignement de Bouddha (ou du bouddhisme) mais pour les intellectuels et les laïcs cela signifiaient « religion ». Pridi Banomyong, qui avait étudié en France, et qui était probablement pour la laïcité, joua avec d’autres, sur l’ambiguïté du mot, pour dire que le roi était le protecteur des religions ou de la religion, sans préciser qu’il était le protecteur du bouddhisme.

Mais pour les moines qui veulent que le bouddhisme devienne la religion nationale, ils veulent surtout une forte institution qui garantisse leur sécurité. (Ils pensent surtout, nous dit Gabaude, à leur « sécurité alimentaire ».) Mais les hommes politiques ne veulent pas cela, surtout en cette période de conflits avec les musulmans du Sud, en ce temps des bombes.

 

 

Les opposants proviennent de divers groupes.

 

Les moines virulents opposés au temple du Dhammakaya, comme Phra Buddha Isara (Défroqué en mai 2018 ? Affaire à suivre), ou plus modérés comme le moine de la forêt Phra Paisal Visalo, des intellectuels bouddhistes laïcs, comme Suwanna Satha-Anand, Vichak Panich, ou Sulak Siwaraksa. La plupart d’entre eux estiment que mettre le bouddhisme comme religion nationale ne peut qu’encourager les radicaux bouddhistes et augmenter les tensions entre les bouddhistes et les musulmans. Pour eux, le lien qui a été fait depuis le 19e siècle entre le bouddhisme et la nation est à la racine de nombreux problèmes qui touchent la religion : le bouddhisme a été un instrument pour l’Etat thaï et cela a créé un fossé entre la sangha et le peuple. Les moines ont été déconnectés de la souffrance du peuple et la décision de faire du bouddhisme la religion nationale ne pourrait qu’augmenter le problème.

 

 

Le fait que le bouddhisme soit le facteur dominant de la culture thaïe est suffisant, et l’inclure dans la constitution comme religion de l’Etat ne donnerait aucun avantage. Ce serait un aveu d’échec, la reconnaissance que le bouddhisme est si affaibli qu’il n’est plus capable d’avoir une influence positive dans la société thaïe. Ils pensent que la priorité est de promouvoir et d’expliquer les valeurs essentielles du bouddhisme dans la société thaïe plutôt que d’adopter une protection légale  pour le bouddhisme.

Dans sa conclusion, Dubus estime que la soumission au bouddhisme depuis longtemps dans la plaine centrale et son utilisation pour construire la nation a été le principal facteur de son affaiblissement. Cela a creusé l’écart entre les dirigeants de la sangha et la vie du peuple, et a augmenté sa polarisation politique depuis 20 ans et aggravé sa déliquescence. La communauté monastique a perdu de son sens pour de nombreux fidèles et chaque scandale financier, politique ou sexuel, diminue sa pertinence. L’archaïque hiérarchie monastique n’est plus capable de contrôler ses déviances, et n’est plus en phase avec la société thaïe contemporaine, et obstinément résiste aux tentatives de réformes.

La sangha semble ne plus être capable de jouer un rôle pour guider et unifier un pays moderne en transition dans une période turbulente. Il appuie son point de vue avec une citation de l’historien Niddhi Eoseewong qui estime aussi que la sangha n’a plus les capacités intellectuelles, sociales et morales nécessaires et est hors de propos en terme d’organisation et d’idéologie. De  plus les moines ne sont pas adaptés et ne sont plus en mesure de donner des réponses aux situations nouvelles du monde. Dubus pense que la trilogie nationaliste de l’identité thaïe (Nation-Religion-Roi) est fragile ( ?) et que rien n’émerge pour donner une nouvelle cohésion à la société thaïe.

 

 

Il est difficile dit-il, de voir un scénario positif pour le bouddhisme thaï (Il n’y a qu’un bouddhisme ?). Le bouddhisme thaï peut continuer avec le nationalisme thaï et la politisation, en faire la religion nationale du pays, mais il prendrait le risque de s’évider ou de tomber sous le contrôle du mouvement opportuniste et dynamique du Wat Phra Dhammaya, qui userait du bouddhisme et de ses institutions pour leur propre bénéfice.

(C’est ce qu’ils font, non ? Mais il a ses ennemis. Episodes de la tentative d’arrestation de son chef, la mise à l’écart du Patriarche élu, et Prayut qui a soumis au roi Maha Variralongkorn une liste de cinq candidats, qui a nommé le 7 février 2017, Phra Maha Munivong comme  Patriarche suprême.)

 

 

Dubus envisage alors (Est-ce réaliste ?) la possibilité que la sangha rompe ses liens avec l’Etat (Se rappeler que l’Etat paye les moines selon un barème hiérarchique et subventionne les temples, accorde privilèges à la hiérarchie, le temples ne payent pas d’impôts, etc.) et choisisse de se rapprocher des communautés locales, comme dans le passé. Mais de suite, il déclare que cela est irréaliste et impliquerait une réforme radicale de l’organisation de la sangha, avec une décentralisation et une plus grande participation des moines à la vie locale (Mais ces moines existent déjà dans nos villages) Cela rencontrait une autre difficulté d’ordre culturel car la majorité des thaïs considèrent déjà le bouddhisme comme la religion nationale.

Dubus ensuite tombe dans les vœux pieux en indiquant la nécessité d’un renouvellement comme a pu le faire la religion catholique en Amérique latine, en rompant son association avec l’Etat dans les années 70, avant que « la théologie de la libération » vienne injecter du sang neuf dans le système, en se rapprochant du peuple, et non de l’élite et de l’Etat.

En terminant, une fois de plus sur le vœu (dont on peut supposer qu’il connaisse la réponse) de la nécessité pour le bouddhisme thaï, s’il veut se régénérer, qu’une grande proportion de moines veuille agir, et/ou que les autorités politiques ou l’élite puissent procéder à des réformes internes. (?)

 

 

Notre conclusion.

 

Arnaud Dubus est un journaliste indépendant français installé en Thaïlande depuis 1989. Il parle couramment le thaï. Il connait bien la situation politique et culturelle de ce pays. Il rend compte d’ailleurs régulièrement à de nombreux médias français  (RFI, Libération, Le Temps, Marianne et TV 5)  des principaux événements qui touchent ce pays. Nous avons d’ailleurs consacré deux articles à deux de ses livres : En collaboration avec Nicolas Revise, « Armée du peuple, armée du roi » et « Thaïlande : histoire, société, culture ». (L’un des meilleurs livres sur la Thaïlande)

Il a donc entre autre, écrit au fil des années sur les crises qui  touchaient le bouddhisme, comme par exemple en 2011 sur le « bouddhisme en crise » (dans l’un des chapitres de son livre « Thaïlande : histoire, société, culture » ) ; et puis au fil de l’actualité, l’élection contestée du Patriarche Somdet Phra Maha Ratchamangalacharn, appelé communément Somdet Chuang, la politisation de la sangha, l’ambivalence du bouddhisme politique, et surtout la dénonciation du puissant temple du Wat Phra Dhammakaya qui provoque de multiples controverses doctrinales, financières et politiques depuis les années 90, etc.,  montrant que derrière les questions religieuses se jouaient avant tout une redistribution du pouvoir religieux et politique.

 

 

Il a donc eu la bonne idée d’en faire ici une synthèse, oubliant néanmoins quelque peu  la politique  menée par le chef de la junte au pouvoir au Sud. On peut également regretté qu’il n’ait pas rappelé l’action menée par Thaksin depuis son accession au pouvoir en 2001 avec l’escalade violente de 2004, qui a traumatisé les populations du Sud,  n’évoquant qu’une  « approche conflictuelle ». Quelques repères historiques auraient aussi permis de mieux comprendre que l’usage du nationalisme basé sur la triade « Nation, Religion et Roi) (La thainess) a pu varier selon les hommes au pouvoir et les circonstances historiques. Quand le roi Chulalongkorn réforme son pays pour fonder un Etat centralisé ; quand Rama V  définit le nationalisme s’appuyant sur la défense de Nation, du bouddhisme et du roi, c’est pour faire face aux menaces colonisatrices étrangères.  On peut regretter également qu’il ne dit rien sur les transformations du bouddhisme à l’heure de la société de consommation et  de l’usage d’internet et des réseaux sociaux. Par contre, on peut apprécier qu’il ait donné la parole à plusieurs personnalités, multipliant ainsi les points de vue sur le sujet « Bouddhisme et politique en Thaïlande ».

 

Nous espérons toutefois  vous avoir donné envie de  lire son livre qui ne peut que vous donner quelques clés supplémentaires pour mieux comprendre les relations entre le bouddhisme et la politique en Thaïlande.

Références.

(1) pp.73-84 in  Irasec, Bangkok, janvier 2018, 92 p.

(2)1 page entre pp. 75-76 

(3) Depuis 2017, l’Etat  a reconnu les ethnies et les désigne comme les « Malais thaïs ». Cf. Notre article : INSOLITE 25 -  LES ETHNIES OFFICIELLEMENT RECONNUES EN THAÏLANDE POUR LA PREMIÈRE FOIS EN 2017.

http://www.alainbernardenthailande.com/2018/04/insolite-25-les-ethnies-officiellement-reconnues-en-thailande-pour-la-premiere-fois-en-2017.html

 

(4)Terrorisme ou insurrection séparatiste dans le Sud de la Thaïlande ?http://www.alainbernardenthailande.com/article-article-12-terrorisme-ou-insurrection-separatiste-dans-le-sud-68166091.html

 

Et A 234. QU’EN EST-IL DE L’INSURRECTION  AU SUD DE LA THAÏLANDE EN 2017 ?

http://www.alainbernardenthailande.com/2017/07/a-234.qu-en-est-il-de-l-insurrection-au-sud-de-la-thailande-en-2017.html

 

245. LES DEUX GOUVERNEMENTS DU LIEUTENANT-COLONEL THAKSIN SHINAWATRA DU 17 FÉVRIER 2001 AU COUR D’ÉTAT DU 19 SEPTEMBRE  2006.

http://www.alainbernardenthailande.com/2016/09/245-les-deux-gouvernements-du-lieutenant-colonel-thaksin-shinawatra-du-17-fevrier-2001-au-cour-d-etat-du-19-septembre-2006.html

(5) http://www.alainbernardenthailande.com/2016/09/a-219-que-penser-du-referendum-du-7-aout-2016.html

(6)  Satsana ?

Y –a-t-il vraiment ambiguïté du mot « satsana » qui recevrait une interprétation différente selon le niveau d’instruction, « les moines et la majorité du peuple » (les moujiks !) pour lesquels il signifierait « religion bouddhiste » et les « intellectuels » pour lesquels il signifierait « religion » ?

Le mot satsana (ศาสนา) signifie incontestablement « religion ». Il est traduit comme tel dans tous les dictionnaires usuels. Il est défini plus précisément dans le « Dictionnaire de l’académie royale » comme (traduction libre) « les croyances des hommes, c’est-à-dire celles qui lui enseigne les origines et la fin du monde ». Cette définition n’est évidemment pas spécifique au bouddhisme. Depuis toujours, les thaïs ont constaté la présence dans leur pays de religions qui n’étaient pas la leur, celle des musulmans dans le sud et des persans arrivés en masse dans le royaume puis des occidentaux depuis le XVIe siècle Jusqu’à une date récente, les cartes d’identité thaïes portaient la mention de la religion de leur porteur : Satsana Khrit (ศาสนาคริศต์ - chrétien) - Satsana Phut (ศาสนาพุทธ - bouddhiste) ou Satsana Isalam (ศาสนาอิสลาม  -musulman).

Les rédacteurs de la constitution de 1932 n’ont pas pu ni voulu faire régner la confusion dans l’esprit des lecteurs, section 7 du chapitre II : พระมหากษัตริย็ทรงเป็นพุทธมาคะ และทรงเป็น อัคร ศาสนูปถัมภก dont la seule traduction possible est « le roi est bouddhiste et protecteur des religions ». Cette définition est reprise in extenso à la section 9 du chapitre concernant le roi dans la dernière constitution adoptée par référendum en août 2016.

Pour des références plus complètes, voir notre article précédent.

 

 

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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 04:02

titre.jpgNous avons déjà fort longuement parlé de la romanisation du thaï (1), citant d’abondance le roi Rama VI alias Vajiravudh, pour nous contenter, ici,  de rappeler en guise d’introduction les conclusions du monarque dans un article publié dans le journal de la Siam Society (2) ironisant (peut-être) courtoisement à la fois sur ses compatriotes et sur les diverses propositions de romanisation déjà discutées la docte revue  (3) :


« Je voudrais répondre à une question, est-ce que le système proposé est destiné aux chercheurs,


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aux touristes

 

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et aux globe-trotters

 

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ou aux résidents européens ?

 

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S’il est destiné aux chercheurs, le système devrait à mon avis autant que possible être fondé sur le système Hunterian afin de les aider dans leur travail de recherche de l’étymologie et des dérivations.

 

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S’il est destiné  aux résidents européens, alors il faudrait y qu’il y ait au moins trois tableaux distincts tant pour la phonétique que pour l’orthographe, l’un pour les résidents de Bangkok, l’autre pour les résidents des régions du nord et un troisième pour la péninsule malaise, à moins qu'ils ne préfèrent adopter le tableau des lettrés, qui conviendrait à l’ensemble du Siam.

 

Si ce sont les touristes et les globe-trotters qui sont concernés, alors je suis fortement enclin à leur donner le fameux conseil de Mr Punch à ceux qui sont sur le point de se marier : n’en faites rien ! »

 

***

Toutefois, on peut noter que le système élaboré par le roi Vajiravudh, est toujours en vigueur dans un domaine restreint, à savoir la « transcription du palais » qui rend tout simplement hommage à l’étymologie en donnant aux consonnes ayant un son similaire une transcription différente selon leur origine thaï, pali ou sanscrit.


Il s’appelle วชิราวุธ, nom systématiquement transcrit Vajiravudh. La transcription officielle de l’académie royale serait Wachirawut. N’entrons pas dans le détail mais la consonne finale ธ qui en position finale dans une syllabe se prononce « t » et en position médiane « » suivi d’une expiration (« th ») est délibérément transcrite par le monarque « dh », elle est d’origine sanscrit, rien à voir avec un « t » ordinaire ! Ceux qui parlent peu que peu le thaï savent d’ailleurs qu’à l’oreille la différence entre le son « » et le son « t » n’est pas toujours évidente.


Son successeur, ประชาธิปก Prachathipok selon la transcription officielle devient en transcription du palais Prajadhipok. อานันทมหิดล son successeur, Ananda Mahidol en transcription royale serait selon le RTGS Anantha Mahidon. Son successeur enfin, le roi Rama IX se nomme ภูมิพลอดุลยเดช. La transcription officielle conforme à la prononciation serait Phumiphon-adunyadet mais le roi a lui-même choisi, suivant les instructions de son oncle, la transcription Bhumibol Adulyadej qui peut sembler incohérente en première analyse (mais en première analyse seulement) si l’on sait que le son « bh » n’existe pas en thaï, que la lettre « » en position finale dans la syllabe se prononce « » et que la lettre « j » en position finale dans la syllabe se prononce « ». Même observation pour ceux qui connaissent un peu le thaï, la différence à l’oreille entre le son « b » et le son « » est souvent difficile à faire surtout lorsqu’en position finale dans la syllabe, sa prononciation est à moitié avalée : le ครับ khrap de courtoisie qui doit terminer chacune de nos phrases (pour les hommes) est parfois transcrit (notamment dans des méthodes anglophones) « khrab ».


Restons-en là de cette très érudite translitération : En fonction de leur origine, le monarque transcrit des consonnes qui représente le même son de façon différente, ainsi un ฆ « kh » sanscrit et rarissime deviendra « gh », un autre plus ou moins obsolète ฅ devient « q » un ฌ « j » tout aussi sanscrit et tout aussi rarissime deviendra « jh » et un ษ « s » également sanscrit mais plus fréquent deviendra « sh » (15).


Une dernière observation sous forme d’ailleurs de question, cette romanisation royale ne semble pas pouvoir s’appliquer au commun des mortels. L’épouse de l’un d’entre nous répond au nom de famille de ภูสีไม้ transcrit sur son passeport Phusimai mais la translitération royale donnerait Bhusimai ? Je me garderai de l’utiliser.


***

Le roi a eu le mérite, dans la citation que nous donnons en tête de cet article, de poser une bonne question, chacun sachant ou devant savoir que le meilleur moyen de répondre intelligemment à une question, c’est d’abord de la poser intelligemment et c’est ce qu’il a fait, beaucoup mieux que les signataires des très érudits articles du journal de la Siam society.


SSS.jpg

 

Pourquoi faire ?


Pour les vrais érudits, il est probable qu’ ils savent lire le thaï et une romanisation ne s’impose pas. Et ils connaissent éventuellement le système Hunterian qui n’est pas du niveau d’un B.A.-BA. Mais ils disposent des deux systèmes académiques, norme ISO

 

Consonnes

Consonnes

 

voyelles

Voyelles

 

diacritiques-

Signes diacritiques

 

chiffres

Signes de ponctuation et chiffres

 

ou la phonétique internationale.

 

API

Pour les nécessités géographiques, cartes routières, panneaux de signalisation, il existe le RTGS qui est largement suffisant, la tonalité selon laquelle doit se prononcer le nom de la ville ou son étymologie n’ayant strictement aucune importance.

 

RTGS

 

Il en est de même pour les documents administratifs bilingues, passeports par exemple.


Pour les besoins du palais, la transcription royale de Rama VI est plus élaborée, payant sa dette à l’étymologie (mais pas aux tonalités) et parfaitement adaptée aux rapports internationaux. Il ne viendrait à personne l’idée d’appeler notre roi autrement que S.M. Bhumibol Adulyadej !

Et pour les touristes et les globe-trotters, le conseil royal est toujours d’actualité !

A ces systèmes de translitération, et pour être complet, le professeur Carral en analyse un cinquième dans sa thèse, celui des karaokés, un aspect comme un autre de la vie en Thaïlande. Il nous semble pour l’avoir un peu pratiqué, qu’il est le plus souvent aberrant et ne peut être d’aucun secours, sauf à avoir quelques connaissances élémentaires de la langue parlée.

                                               _____________________________


Bref, rien de bien nouveau sous le soleil du Siam, que depuis la première description de la langue siamoise par La Loubère (4),

 

La-Loubere.jpg

 

où tous les érudits -qui se sont intéressés à la langue, auteurs de grammaires ou de dictionnaires- ont cherché à reproduire à l’aide de nos caractères romains les éléments essentiels de la langue siamoise en sus du son des consonnes et du son des voyelles, la tonalité de la syllabe et la longueur de la voyelle (5).


On discutera encore longtemps sur le meilleur mode de noter en lettres latines les mots de la langue thaïe, indispensable pour faciliter aux apprenants l'acquisition des premiers éléments de la langue.

 

La romanisation officielle (Royal Thai General Système RTGS) dont nous avons longuement parlé (1) est un pis-aller mais toutefois indispensable pour les retranscriptions des noms de lieux même si elle est respectée de façon aléatoire. Elle est utilisée (et apparemment bien respectée) dans la transcription des noms propres sur les passeports en particulier. Elle a au moins le mérite de n’utiliser que les lettres de notre alphabet en évitant les diacritiques et autres signes cabalistiques. Les deux méthodes d’apprentissage (française et anglaise) les plus répandues n’ont rien inventé par rapport à la translitération de Monseigneur Pallegoix (6).

 
Pallegoix.jpg 

 

Les méthodes purement scientifiques, l’alphabet phonétique international est un outil pour spécialistes, la norme ISO 11940 (7) est inutilisable au quotidien (8). Elle est un outil à utiliser dans un contexte purement académique qui dénature totalement la physionomie et l’orthographe de la langue tout en étant d’une complexité extrême. Elle a une forme simplifiée, la norme ISO 11940-2, qui se rapproche beaucoup de la norme officielle de l’académie royale RTGS.

 

***

 

Il nous faut bien dire quelques mots sur une tentation perverse, celle d’un changement pur et simple d’alphabet ! Pour éviter tout malentendu, il n’a jamais été dans les pensées de nos érudits de substituer l'alphabet latin à celui de Rama Kamhaeng mais simplement d'établir une orthographe rationnelle pour les noms propres.

 

La tentation a pourtant existé et existe peut-être encore.

 

L’idée récurrente de la suprématie de l’écriture latine est un héritage de la colonisation qui voyait dans l’emploi des lettres latines le signe d’une civilisation supérieure.


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Pourquoi pas d’ailleurs l’alphabet grec, l’alphabet cyrillique, l’alphabet arabe, l’alphabet gothique ou l’alphabet étrusque ?


alphabet-etrusque.jpg

 

Les autorités coloniales françaises (auxquelles les Siamois ont échappé) l’ont mise en avant dans les pays antérieurement soumis à la souveraineté siamoise, le Cambodge et dans une moindre mesure le Laos. Au Cambodge, dont la langue n’est pas tonale, on critiquait la complexité de son alphabet (laquelle est toute relative).

 

L’érudit français, Louis Finot

 

FINOT.jpg

 

avait déjà proposé une romanisation du cambodgien (9). Son système est probablement tout aussi compliqué que l’alphabet cambodgien mais présentait (pour lui) l’avantage d’utiliser notre alphabet. Quarante ans plus tard, le gouverneur français du Cambodge (de 1942 à 1945) est un dénommé Hoeffel qui semble n’avoir laissé aucune trace dans l’histoire. En 1943, le gouvernement royal du Cambodge et lui-même croient devoir se lancer dans la romanisation de l’alphabet khmer selon un système conçu par Georges Coedés


img-6-George-Coedes-1930.jpg

 

alors directeur de l’Ecole Française d’Extrême-Orient. Cette opération mercenaire n’ajoute rien à la gloire de Coedés. Le Ministère de l'éducation était chargé de sa mise en œuvre.


Il aurait alors déclaré que la romanisation engendrerait le progrès dans le domaine de la littérature et des arts cambodgiens en général. On se demande pourquoi et comment ?  Et d’ajouter que le progrès du Cambodge l’exigeait. C’est évident, non ?

 

Coedés imagina donc un  alphabet romanisé cambodgien composé de 26 lettres et d’une série de signes diacritiques pour les voyelles courtes et longues, en empruntant quelques signes de ponctuation au français. Un journal local, Kambuja utilisa partiellement ce système d'écriture de septembre 1943 jusqu’au début de 1945, couvrant  de caractères romanisés un dixième de ses pages avec des nouvelles de l'étranger, des publicités locales et les avis du gouvernement.

 

Mais, et c’est une évidence, une grande partie de la population y était hostile, lettrés ou même illettrés, chefs religieux ou militants nationalistes hostiles à la présence française.  C’était tout simplement pure provocation. L’occupation japonaise en 1945 s’empressa de faire disparaître toute trace de ce système et les Japonais ne semblent pas avoir voulu « nipponisé » la langue.

 

Lorsque la France reprit le contrôle du Cambodge, elle ne relança pas ces tentatives. Le Laos y échappa de peu, probablement parce que Coedès ne pouvait être à la fois au four et au moulin ! (10). Il est permis de se demander si, dans les années 43-45, il n’y avait pas en Indochine française des problèmes plus sérieux que de romaniser le cambodgien ?

 

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***

 

L’exemple justificatif choisi par les partisans de cette romanisation était un fort mauvais exemple, le pire peut-être, celui du vietnamien.

Le vietnamien est une langue à six tons (le thaï n’en a que cinq et le cambodgien n’en a aucun). Lors de son évangélisation, il existait bien une écriture mais qui utilisait les idéogrammes chinois. L’apprentissage de ces caractères nous dit Lunet de la Jonquières qui a étudié le chinois à l’école des langues orientales nécessite « trois à quatre ans d’études journalières pour apprendre les quatre mille caractères qui constituent le premier bagage littéraire d’un étudiant » (11).

 

Les premiers missionnaires portugais venus évangéliser la péninsule y ont appris la langue et  cherché à la romaniser. C’est le père Alexandre de Rhodes,

 

Alexandre de Rhodes 6

 

un jésuite d’Avignon (12) qui eut le mérite au XVIIème de formaliser cette romanisation, un système appelé le « Quoc Ngu » amélioré ensuite par les érudits locaux, notamment  Nguyen Van Vinh


240px-Nguyễn Văn Vĩnh

 

qui l’a un peu dépoussiéré, système toujours en vigueur, utilisant l’alphabet romain et cinq signes de tonalité. La question de la paternité réelle du système est actuellement discutée (13), laissons le à l’actif du R.P. de Rhodes, les nationalistes et les communistes lui reconnaissent le mérite d’avoir permis aux masses laborieuses de pouvoir accéder à la lecture et au savoir.

Or, le personnel administratif des français au Cambodge et au Laos était souvent d’origine vietnamienne, savait lire et écrire le Quoc Ngu 

 

Quoc ngu 10 2

 

et avait évidemment la flemme de s’intéresser à la langue vernaculaire locale d’où l’idée insidieuse de romaniser ces deux langues comme la leur !


Comparons ce qui est comparable, l’écriture traditionnelle vietnamienne était inaccessible au plus grand nombre et la nécessité d’une écriture vernaculaire s’imposait ce qui ne fut jamais le cas au Siam(14).

 

dictionnaire4a

 

***

L'écriture thaïe a ou aurait été créée de toutes pièces en 1283 par le Roi Rama Kamhaeng en adaptant l'écriture brâhmi  venue de l'Inde, par l'intermédiaire du khmer (Cambodge) et du mon (Birmanie).

 

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Les premiers inventeurs de l’écriture thaïe n’ont pas agi au hasard. Ils ont créé, et bien créé, un alphabet correspondant aux structures propres à leur langue. Il s’agissait probablement d’érudits de très haut niveau connaissant parfaitement les différents systèmes d’écriture, sanscrit-pali évidemment, indien, chinois, sémite, arabe et gréco-latin. L’alphabet ne porte pas la trace d’une longue évolution, pénible et embarrassée, du figuratif ou de l’idéographique vers l’alphabétique. Il est issu au moins indirectement de l’alphabet sanscrit, le Devanagari, l’écriture des Dieux, l’écriture sacrée de l’Inde Brahmanique, l’écriture de la cité divine.

 

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S’il est, disent les linguistes, une loi qui veut que toute écriture alphabétique dérive d’une écriture idéographique, il est en tous cas certain que l’alphabet thaï n’a gardé aucune trace de cette origine.


Existe-t-il dans l’histoire du monde un système d’écriture créé méthodiquement, scientifiquement et ab nihilo ? Il y a une certitude, l’alphabet latin n’est pas adapté à une langue monosyllabique à tons. C’est certainement de façon délibérée que les inventeurs de l’écriture ne l’ont pas utilisé, pas plus que les idéogrammes chinois.


Il semble donc de toute évidence que la meilleure façon de transcrire la langue thaïe par l'écriture, reste l'écriture thaïe.


 Elle est même un instrument magnifique pour cela. La construction quasi mathématique des syllabes à partir des 44 consonnes de l’alphabet et des 32 voyelles à l’aide de 4 signes diacritiques de tonalité et de quelques autres diacritiques permet tout simplement de retranscrire tous les mots de la langue avec ses deux paramètres essentiels, l’une des cinq tonalités et la longueur des voyelles. Le matériel phonétique est parfaitement adapté et approprié.


Mais comme le fait pertinemment remarquer le professeur Carral (8) le thaï, comme le français, paye son tribut à l’étymologie, cette construction est compliquée du fait que certaines consonnes on plusieurs formes traduisant une origine sanscrit, pali ou khmer, que certaines voyelles ne sont pas écrites (probablement par soucis d’économie dans l’épigraphie ?). Néanmoins l’étude de l’écriture thaïe ne présente aucune des difficultés de celle des idéogrammes chinois. Comme le fait remarquer Lunet de la Jonquières (11) « quelques jours de travail suffisent pour en comprendre le mécanisme et un ou deux mois pour déchiffrer passablement les imprimés et les manuscrits soignés ».

 

Lunet-de-la-J

 

Ceux qui connaissent l’écriture ne le contrediront certainement pas.

 

 

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Notes 

(1) Notre article A 91 « La romanisation du thaï »


(2) « Note on the proposed system for the transliteration of the siamese words »m volu;e 10.4 de 1913.


(3) « The romanizing of Siamese » par Oscar Frankfurter (numéro 4.2 de 1907). (Cet érudit allemand, ami du prince Damrong,  est l’auteur de  « Elements of Siamese grammar » publié à Bangkok en 1900). Suivit en 1912 (volume 9.3) « Method for romanizing siamese » par Petithuguenin, un érudit français que nous avons rencontré à diverses reprises.  Après l’article du monarque susvisé, le bulletin de la Siam society nous livre un nouvel article de Frankfurter en 1913 (volume 10.4) « Proposed system for the transliteration of siamese words » et dans le même numéro d’un autre du souverain « Note on the proposed system for the transliteration of the siamese words » que nous venons de citer.


(4) La Loubère «  Du royaume de Siam » à Paris, 1690. La description qu’en fait le père Tachard, qui ne l’a manifestement pas étudié, est pitoyable.


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(5) Voir nos deux articles A.58 « Les premières grammaires de la langue thaïe. (1ère et 2ème Partie) ».


(6) « Introduction au thaï », Assimil par G. Butori, 1990 (ISBN 2 7005 0155 1)

 

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et les trois volumes de la méthode de Benjawan Poomsan Becker : « Thai for beginers »,1995 (ISBN 1 521 003), « Thai for intermediate learners », 1998 (ISBN 1 887 521 01 1) et « Thai for advanced readers », 2000 (ISBN 1 887 521 03 8).


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(7) http://www.iso.org/iso/catalogue_detail?csnumber=20574 « transliteration of thai ».


(8) Nous ne pouvons faire mieux que de renvoyer le lecteur à la thèse en sciences du langage du professeur Carral qui fait un point en tous points remarquables à ce sujet : « L’écriture dans l’espace urbain à Bangkok. Supports et alphabets ». (Université Paris 5 - René DESCARTES - Ecole doctorale « Education,  communications et Sociétés » Département de Sciences du langage - Faculté des Sciences Humaines et Sociales - 45 rue des Saints Pères, 75270 Paris cedex 06). La thèse est accessible sur Internet sur le site :

http://thammasat.academia.edu/FredericCarral

 

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(9) « Notre transcription du cambodgien » in Bulletin de l’école française d’extrême orient, tome 2 de 1902.


(10) Sur cette éphémère romanisation du Cambodgien, voir « Français et japonais en Indochine, 1940 – 1945 » par  Chizuru Namba, édition Khartala, 2012 et « Creating Laos, the making of a Laos space beetween Indochina and Siam, 1860 – 1945 » par Soren Ivarson, 2008, ainsi que deux très beaux articles signés Jean-Michel Filippi « Une romanisation avortée » in :

http://kampotmuseum.wordpress.com/tag/romanisation-du-khmer/

http://kampotmuseum.wordpress.com//?s=romanisation&search=Go


Cette prestation de Georges Coedès effectuée au moins indirectement pour le gouvernement de Vichy est soigneusement occultée dans toutes ses biographies  (par exemple celle de l’Ecole Française d’extrême orient : sur son site

http://www.efeo.fr/biographies/notices/codes.htm) et plus encore sur la liste de ses travaux. D’après les sources ci-dessus, il aurait utilisé d’abondance et plus encore le travail de Finot ? (note 9).


(11) Préface de son « Dictionnaire français-siamois » de 1904.

 

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(12) Ce jésuite d’Avignon nous est bien connu. Issu d’une famille de juifs espagnols convertis et réfugiés chez le Pape lors des persécutions d’Isabelle, son père était originaire de Rhodia (d’où son patronyme), aujourd’hui Rosas en Espagne ou plutôt Rosés en Catalogne, et sa mère une tolédane. Voir l’article de Michel Barnouin « La parenté vauclusienne d’Alexandre de Rhodes – 1593 – 1660 » in Mémoires de l’Académie de Vaucluse, 1995.

 

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(13) Voir « Le Portugal et la romanisation de la langue vietnamienne. Faut – il réécrire l'histoire ? », Article de Roland Jacques In  Revue française d'histoire d'outre-mer, tome 85, n°318, 1er trimestre 1998. pp. 21-54.


(14) Selon un ami Vietnamien, il y aurait probablement encore une centaine de personnes érudites au Vietnam capables de lire les anciens idéogrammes,

 

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probablement autant que d’Egyptiens capable de lire les idéogrammes de Ramsès II.

 

 

(15) Les deux articles que le roi a consacrés à la romanisation sont accessibles sur le site de la Siam society :

http://www.siamese-heritage.org/jsspdf/1911/JSS_009_4b_KingVajiravudh_RomanisationOfSiameseWords.pdf 

http://www.siamese-heritage.org/jsspdf/1911/JSS_010_4c_KingVajiravudh_NotesOnProposedSystemForTransliteration.pdf 

 

 

tour de babel

 

 

 

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 04:01

logo Il y a un siècle, la « Siam society » à la demande du Roi Rama VI, a lancé le débat sur la romanisation du thaï.

Aucune procédure de romanisation au sens strict (1) n’avait, jusqu’à présent, été réalisée. Les méthodes d’apprentissage de la langue dont nous avons surabondamment parlé (2) donnaient une transcription insuffisante du siamois destinée à l’apprenant (comme actuellement l’Alphabet Phonétique International utilisé par les linguistes ou la méthode « Assimil » la plus répandue chez les francophones).

Nous avions souligné dans nos deux articles sur les premières grammaires siamoises, la modernité de la transcription adoptée par Monseigneur Pallegoix et encore dans un autre (3) une certaine mauvaise humeur devant les transcriptions fantaisistes (monstruosités du style «  E-san », « Esarn » ou autres Is-âneries) du nom de notre région d’adoption, l’Isan.

Nous sommes en 1913.

A cette époque, les érudits orientalistes européens utilisent de façon systématique pour transcrire les mots sanscrits ou palis le système Hunterian, système de transcription du Dévanagari.

 

hunterian

 

Mais ni le Sanscrit ni le Pali ne sont la langue vernaculaire du Siam.

La question est d’importance, pour la transcription des noms propres en particulier, question sur laquelle tous s’accordent à rechercher une solution uniforme et nécessaire. Le débat est lancé par le roi, qui se flatte de son titre de « patron » de la « Siam society » mais qui signe modestement « Vajiravudh R. » (4).

Il est relancé dans un autre article (5) que le « Bulletin de l’école française d'extrême orient » (6) attribue fort injustement au seul Paul Petithuguenin (7) alors qu’il est co-signé de deux noms tout aussi prestigieux, celui d’Oscar Frankfurter (8) et celui de Josiah Crosby (9).

 

befo

 

La signature d’un Français, d’un Allemand et d’un Anglais est significative de l’intérêt à chercher sinon à trouver un mode de romanisation transcription qui transcende nos barrières linguistiques.

Mais il semblerait que les auteurs des deux articles (tous familiers du sanscrit et du pali)  ne se soient pas préalablement concertés ? C’est tout simplement un débat sur lequel le monarque a souhaité que la Siam Society se penche.

 

Ce débat est-il clos ? Existe-t-il cent ans après une romanisation du thaï ?

Ceux que la question intéresse consulteront avec intérêt la thèse du Professeur Carral (qu’il soit chaleureusement remercié de nous l’avoir fait découvrir)

 

large frederic.carral

 

dont le contenu va bien au delà de ce que son titre peut laisser supposer (10).

N’entrons pas dans les détails, mais quelques mots sur ces deux propositions tout aussi érudites l’une que l’autre.

Nous savons que la langue thaïe est tonale, le ton changeant ou pouvant changer du tout au tout le sens d’une syllabe. Nous savons aussi que la longueur d’une voyelle dans une syllabe peut changer du tout au tout le sens d’un mot, aussi importante sinon plus que la tonalité (ดุ dou bref = méchant ดู dou long = regarder). Nous savons aussi que s’il y a 44 consonnes, elles ne représentent que 20 sons consonantiques fondamentaux, qu’elles sont divisées en trois classes (selon un mécanisme subtil qui, en fonction du choix de la classe de la consonne permet de déterminer le ton de la syllabe). Mais nous savons aussi que certaines consonnes au sein ou non de la même classe ont plusieurs formes d’écriture (4 kh, 3 ch, 2 d, 2 t, 6 th, 2 n, 3 ph,  2 y, 2 l, 4 s et 2 h !). C’est tout simplement un tribut payé à l’étymologie à laquelle nos érudits du début du siècle dernier sont particulièrement sensibles.

Les uns et les autres conviennent donc :

- qu’il est inutile que le système de romanisation marque les tonalités, ce qui n’aurait effectivement aucun intérêt pour la lecture d’une carte de géographie,

- qu’il convient de marquer la longueur de la voyelle,

- qu’il convient de marquer l’expiration notée en thaï par la présence de l’équivalent de la lettre h isolée ou suivant une autre consonne (11).

- qu’il convient de marquer l’étymologie.

Etymologie


Pour marquer la longueur, le monarque choisit une solution extrêmement simple, poser un accent circonflexe sur la voyelle longue (a bref, â long). Îsân et non Isan. Solution similaire pour notre érudit trio, l’accent circonflexe étant remplacé par un trait horizontal (a bref, ā long). Īsān et non Isan.

Ne nous attardons pas sur la marque de l’étymologie, qui n’est peut-être pas d’un intérêt majeur en 2013. Disons simplement que le monarque choisit la consonne en fonction de l’origine du mot, siamois, ou sanscrit-pali. Il écrira donc lân xâng (ล้าน ช้าง) et non lan chang pour parler du « million d’éléphants ».

Pour marquer l’expiration qui existe en thaï, en anglais et en allemand mais pas en français, le monarque utilise la lettre h, isolée ou postposée après la consonne qui nécessite une expiration.

Nos trois érudits (certainement pénétrés de culture gréco-latine) adoptent une autre solution, elle est (elle était alors) universelle, ils utilisent le « spiritus asper », l’ « esprit rude » du grec ancien qui est justement destiné à marquer une légère expiration (un signe diacritique en forme d’accent posé par eux conventionnellement après la consonne). Mais qui sait encore ce qu’est un « esprit rude » (12) ?

 

      ***

Il existe enfin une difficulté qui n’est résolue ni par les uns ni par les autres, mais les uns et les autres n’ont pas honte de ne parler que d’ébauche : Il existe deux voyelles o en thaï, l’une fermée (le dôme), longue ou brève (โอ - โอะ), l’autre ouverte (la pomme) longue ou brève (ออ - เอาะ). Pour les uns et pour les autres, la solution est à trouver.

***

 

Sommes-nous plus avancés un siècle plus tard ?


La question est actuellement  réglée par le système de romanisation officielle de l’Académie royale de Thaïlande, version améliorée en 2000. Vous la trouverez sous ses deux versions, thaïe et anglaise, sur le site

  http://www.arts.chula.ac.th/~ling/tts/

 

Non seulement la question est réglée, mais elle a FORCE DE LOI. Le système a en effet été homologué par la Huitième Conférence des Nations Unies sur la normalisation des noms géographiques, tenue à Berlin, 27 août-5 septembre 2002 :


« La Conférence,

« Constatant que, dans sa résolution 14, la première Conférence des Nations Unies sur la normalisation des noms géographiques avait recommandé l’adoption du système général thaï amendé de l’Institut royal thaïlandais en tant que système international de romanisation des noms géographiques thaïs,

Constatant aussi qu’en 2000, le Gouvernement thaïlandais a officiellement adopté la version révisée de ce système comme norme nationale et que le système ainsi révisé a été mis en place,

Recommande que ce système révisé, dont les principes ont été énoncés dans le rapport intitulé  « Principles of romanization for Thai script by the transcription method »   présenté par la Thaïlande  à  la huitième Conférence des Nations Unies sur la normalisation des noms géographiques, soit adopté comme système international de romanisation des noms géographiques thaïs


Voilà qui est limpide !


Le système actuel vaut ce qu’il vaut mais il a le mérite d’exister.


Il n’est pas certain qu’il vaille mieux que la version royale et centenaire.


Il ne tient pas non plus compte des tonalités, mais cela est sans importance lorsqu’il s’agit d’établir une carte géographique, d’écrire des panneaux de signalisation ou les enseignes des administrations.

Il utilise aussi pour marquer l’expiration non pas l’ « esprit rude » cher aux hellénistes mais tout simplement la lettre h.

Il ne fait par contre aucune différence entre les voyelles courtes et les voyelles longues.

Il n’a pas résolu non plus la question de la différence pourtant fondamentale entre les o ouvert et  le o fermé.

Il ne tient aucun compte de la nécessité ( ?) de marquer l’étymologie du mot.


Faut-il s’en plaindre avec un esprit chagrin ou ne peut-on passer outre ?


Essayons de comparer ce qui est comparable : rh, th et ph, c’est une rançon que le français paye aux étymologistes. La France compte 65 millions d’habitants dont 64 millions ne doivent plus même soupçonner l’existence du grec classique, quelques dizaines de milliers ont peut-être encore des souvenirs de leur jeune âge passé à fatiguer le gros dictionnaire Bailly (13).

 

Bailly

 

Quelques centaines ou peut-être quelques milliers lisent encore le grec aperto libro ....pour lesquels notre langue reste pourtant grevée des rh, th et ph. « Filosofía » (φιλοσοφία) pourra écrire un espagnol qui en connait l’origine et « philosophie » un français qui l’ignore.

Mais si la norme officielle du gouvernement fait fi des considérations étymologiques, il n’en est pas de même de celle du palais royal, il a en effet la sienne, qui reste largement inspirée de celle de Rama VI.

ภูมิพลอดุลยเดช, le nom sanscrit de notre roi, se transcrit Phumiphon-adunyadet mais pour lui (il en a choisi la transcription) Bhumibol Adulyadej. 

Sous cette seule réserve qui met en cause l ‘éventualité de supprimer de l’alphabet thaï une douzaine de lettres sinon inutiles du moins superfétatoires - ce qu’a fait le Laos sans état d’âme - nous pouvons considérer que la romanisation du thaï depuis le projet centenaire de son roi n’a pas sérieusement avancé d’un iota (14).


Ce qui est à déplorer, ce ne sont pas les défauts de tel ou tel système de romanisation, mais que, une fois un système adopté de façon quasi officielle, son respect ne soit pas assuré.


Sur les cartes routières bilingues, en général, sur les panneaux de circulation dans les grandes villes ou les routes principales, en général (encore que ...), sur les routes secondaires (dans la mesure où les panneaux sont bilingues), pas toujours. Quant au reste, ne citons que deux exemples : นครศรีธรรมราช, la grande métropole du sud, l’ancienne Ligor, elle est Nakhonsithammarat. Vu sur un bâtiment officiel il y a quelques années un texte en caractère romains (à l’anglaise ?) que j’ai pu lire à la française « Nacore si tu m’arraches ». Sans parler des panneaux sur les autobus « du gouvernement » qui se rendent à สกลนคร, Sakonnakhon que je peux lire (à la française toujours) « ça colle, Nakore ? ». Ceux-là, nous pouvons les voir tous les jours à la station de bus de Kalasin !


***

 

Nous laisserons la conclusion au monarque sous sa royale responsabilité après qu’il nous ait dit que cette question ne concernait pas essentiellement les Siamois mais les Européens (15) :

« Je voudrais répondre à une question, est-ce que le système proposé est destiné aux chercheurs, aux touristes et aux globe-trotters ou aux résident européens ?

S’il est destiné aux chercheurs, le système devrait à mon avis autant que possible être fondé sur le système Hunterian afin de les aider dans leur travail de recherche de l’étymologie et des dérivations.

S’il est destiné aux résident européens, alors il faudrait y qu’il y ait au moins trois tableaux distincts tant pour la phonétique que pour l’orthographe, l’un pour les résidents de Bangkok, l’autre pour les résidents des régions du nord et un troisième pour la péninsule malaise, à moins qu'ils ne préfèrent adopter le tableau des lettrés, qui conviendrait à l’ensemble du Siam.

Si ce sont les touristes et les globe-trotters qui sont concernés, alors je suis fortement enclin à leur donner le fameux conseil de Mr Punch à ceux qui sont sur le point de se marier : n’en faites rien ! » (16).

 

______________________________________________________________________________

 

Notes 

(1) Comme le Vietnamien est passé des idéogrammes aux caractères romains, le turc des caractères arabes aux caractères romains ou le persan qui s’est arabisé en passant des caractères archaïques aux caractères arabes).


(2) A. 58 « Les premières grammaires de la langue thaïe ».

http://srv08.admin.over-blog.com/index.php?id=1306867078&module=admin&action=publicationArticles:editPublication&ref_site=1&nlc__=381357180202

http://srv08.admin.over-blog.com/index.php?id=1306868366&module=admin&action=publicationArticles:editPublication&ref_site=1&nlc__=631357180150

 

 (3) Article 3 « Notre Isan ».

http://srv08.admin.over-blog.com/index.php?id=1202705910&module=admin&action=publicationArticles:editPublication&ref_site=1&nlc__=861357180259

 

(4) Vajiravudh  « The romanisation of Siamese words » Journal de la Siam society, 1903  part 4, p, 1.

 

(5) « Method for romanizing Siamese » Journal de la Siam society, 1903  part 4, p, 1.

 

(6) Tome 13, 1913, page 8.

 

(7) Nous connaissons déjà cet érudit qui fut à la fois consul de France, président de l’alliance française au Siam et responsable de florissantes affaires commerciales.

 

(8) Bibliothécaire de la Bibliothèque nationale de Thaïlande, auteur d’un solide « Element of siamese grammar » publié à Bangkok en 1900, membre fondateur de la Siam society, il fut comme sujet allemand expulsé vers les Indes où les anglais le retinrent honteusement prisonnier jusqu’en 1920.

 

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(9) Il fut de longues années consul de Grande-Bretagne à Bangkok.

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(10)  Frédéric CARRAL est  lecteur à l’Université Thammasat, et en France docteur en sciences du langage. Sa thèse soutenue à la prestigieuse Université de Paris V (« Paris-Descartes », fille de la Sorbonne) « L’écriture dans l’espace urbain à Bangkok. Supports et alphabets » est disponible sur le site

http://thammasat.academia.edu/FredericCarral.

 

Elle est bien résumée dans son article publié dans le Bangkok post le 5 mars 2010 « Tourist translation …. Dans les rues de Bangkok ».

 

(11) Contrairement à ce qu’on lit trop souvent, il n’y a pas de h aspiré, en français du moins, il y a un h muet, un h répulsif (qui refuse la liaison) et éventuellement expiré (ha, ha, ha !).

 

(12) Du passage du grec classique au latin, l’esprit rude s’est tout simplement transformé en h, lettre qui n’existait pas en grec.

 

(13) Molière nous consolait-il ?

« Quoi, Monsieur sait du grec ! Ah ! permettez, de grâce

Que, pour l’amour du grec, monsieur, on vous embrasse. »

 « Les femmes savantes » acte III, scène V.

 

(14) Voir à ce sujet les pertinentes observations du professeur Carral dans sa thèse, loc.cit. en particulier pages 68 – 160.

 

(15) « Cette question de la romanisation concerne essentiellement les Européens plus que mon peuple, mais en même temps, je serais heureux de voir une sorte de système uniforme adopté, plutôt que d'avoir à supporter des systèmes aléatoires et de fantaisie, que chaque groupe, chaque individu, semble utiliser pour romaniser ma langue. »


(16) « Mr Punch’s book of love, being the humour of courtship and matrimony », ouvrage de John Leech publié à Londres en 1910 par le journal Punch, un classique de l’humour anglais.

 

punch

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