Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
  • Contact

Compteur de visite

Rechercher Dans Ce Blog

Pourquoi ce blog ?

  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

(suite cliquez)   POURQUOI CE BLOG ?

Pour nous contacter . alainbernardenthailande@gmail.com

Merci d’être venu consulter ce blog. Si vous avez besoin de renseignements ou des informations à nous communiquer vous pouvez nous joindre sur alainbenardenthailande@gmail.com

22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 03:18


Article 23 : du triangle d’or au quadrangle  d’or !


 
quadrangle 06Un article de Danielle Tan :
Du Triangle d’or au Quadrangle économique, Acteurs, enjeux et défis des flux illicites transfrontaliers dans le Nord-Laos, Sciences Po/CERI, IRASEC, Note de recherche n° 6,
permet de comprendre que, malgré les grandes transformations (ouverture des frontières, ouverture des nouvelles voies de communication (voir l’inauguration, le 31 mars 2008 , de la nouvelle « autoroute » de 228km qui relie  de Houeisay (sur la frontière thaïe), à Boten (sur la frontière chinoise), en à peine trois heures ,  les vastes plantations d’hévéa, de maïs et de canne à sucre qui ont progressivement remplacé les champs d’opium, l’économie illicite (quel euphémisme !) et la corruption politico-administrative sont toujours bien présents.

Il ne  s’agit pas ici de résumer cet excellent article mais de signaler tous  les intérêts en jeu  dans ces zones frontalières, ces « sites d’exception », qui mettent en oeuvre des formes exceptionnelles du pouvoir qui n’obéissent pas aux lois et qui se situent à la marge du licite et de l’illicite, du légal et de l’illégal.

 

1/ En effet, l’ouverture des frontières et l’amélioration des infrastructures ont effectivement accéléré les échanges commerciaux, mais permit aussi de développer  la contrebande et les réseaux internationaux du crime organisé.

 

Les réseaux des marchands chinois ont su s’adapter et changer leurs mules en 4x4, en bus et en camions  tout en empruntant les mêmes pistes désormais macadamisées. Les pilules de yaa baa et les migrants illégaux suivent le même chemin que les caravanes d’opium d’autrefois.

 

Si à l’époque coloniale, les grands bénéficiaires étaient les notables locaux taï/lao, depuis l’indépendance du Laos, les membres importants du Parti communiste ont su profiter de cette longue « tradition » ainsi que tous les échelons des agents de l’État (administration,  police, armée) …et les hommes d’affaires thaï et chinois. En effet ceux-ci sont obligés de s’associer avec des entreprises d’Etat et/ou des « officiels » laos de l’État et l’armée dans des joint-ventures pour continuer de développer leurs activités illicites sur le territoire lao.

 

2/ Ainsi Danielle Tan donne l’exemple des hommes d’affaires thaïs et chinois qui ont su, dès l’interdiction de l’exploitation forestière par le gouvernement thaï le 17 janvier 1989, investir dans l’industrie du bois et enrichir « au passage les militaires et l’administration provinciale pour obtenir les licences et les concessions. La commercialisation du bois était systématiquement sous-enregistrée et les taxes non payées étaient partagées entre les différents officiers ». 

 

Ensuite même si «  En 1994, l’État soucieux de réguler les excès de l’exploitation forestière, mais surtout de casser les alliances frontalières dangereuses entre certains entrepreneurs thaïs et officiels provinciaux, accorda le monopole de ce secteur à trois entreprises d’État liées à l’armée, qui se sont réparti le territoire. »

Rapidement ,  elles ont su se « ménager » d’autres accords « officiels  »  et illicites avec les  compagnies chinoises qui ont investi dans l’hévéa par exemple, si on en juge par le transport du bois qui se fait la nuit sur la route 17B qui relie Muang Sing, près de la frontière avec la Chine,à Xieng Kok, poste-frontière sur le Mékong faisant face à la Birmanie

 

 

3/ On retrouve la même logique en ce qui concerne le trafic de drogue. «  Par exemple, la campagne d’éradication du cannabis menée par le gouvernement thaï dans les années 1980 a poussé les trafiquants à délocaliser leur production vers le Laos, le Cambodge et la Birmanie.

Depuis l’ouverture officielle des frontières avec le Laos en 1988, le pays est devenu un des

plus gros producteurs pour la Thaïlande car les champs se trouvaient juste de l’autre côté du

Mékong, en face d’Ubon Ratchathani et de Nakhon Phanom. Les trafiquants thaïs

fournissent les graines, les techniques et avancent l’argent de la récolte aux producteurs lao,

sous le contrôle étroit de l’armée lao. »quadrangle 05

 

 

 

4/ Mais l’avènement du Quadrangle économique, matérialisé concrètement par le

Corridor sud n’a pas seulement offert des opportunités lucratives pour les grands réseaux du crime organisé et les agents de l’État, il est aussi devenu une autoroute libre pour des milliers de petits entrepreneurs chinois, originaires du Yunnan voisin et de provinces plus éloignées (Hunan, Sichuan, Zhejiang) venus tenter leur chance au Laos. Au niveau des postes frontaliers, la myriade de commerçants chinois, comparés à une « armée de fourmis » par certains officiels lao, sont devenus les nouveaux partenaires privilégiés des douaniers

 

quadrangle 035/ La contrebande pratiquée par les Chinois permet en fait aux populations montagnardes d’avoir accès à des produits de consommation car ils les distribuent dans les zones les plus éloignées, où les commerçants lao ne vont pas. En ce qui concerne la contrebande pratiquée par les Lao, plus au niveau de la frontière thaïe en raison de la proximité culturelle, elle constitue une source de revenus complémentaire importante : les femmes font des allers-retours réguliers en tuk tuk ou en pirogue pour rapporter des produits de consommation de Thaïlande et les vendent ensuite dans leur boutique installée dans la maison familiale. Le troisième rapport du Pnud sur le développement humain (2006) recommande même de ne pas prendre de mesures pour l’instant pour changer la situation car le commerce informel permettrait de lutter contre la pauvreté et cette situation « ne coûte rien au gouvernement ».

 

 

6/ Il faut préciser que les Chinois ont été sciemment courtisés pour venir tempérer la prépondérance des Thaïs dans l’économie lao et contrebalancer la tutelle politique exercée

traditionnellement par les Vietnamiens. La stratégie du gouvernement lao est de tirer un

maximum de bénéfices à travers la mise en concurrence de ces trois puissances. Dans le Nord-Laos, il apparaît de plus en plus clairement que l’État et ses agents privilégient

aujourd’hui la collaboration avec les investisseurs et les commerçants chinois pour tirer

profit du commerce transfrontalier.

 

Au Laos, le gouvernement semble avoir adhéré à cette vision puisqu’il tente aujourd’hui à travers la mise en place de zones économiques spéciales de légaliser et de normaliser des activités considérées comme illicites, comme le jeu ou la prostitution. En fait, il fait de ces zones frontalières des « sites d’exception », qui se situent à la marge du licite et de l’illicite, du légal et de l’illégal.

 

 

C’ est vraiment le nouveau quadrangle d’or , qui profite aussi bien aux Etats lao, thaï, chinois et vietnamien , au crime organisé , aux hommes d’affaires thaïs et chinois, aux montagnards , au petit peuple de chaque côté des frontières , et à tous les échelons des « corrompus »

 

quadrangle 07

Partager cet article

Repost0
23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 04:22

Vous avez dit “farang” ?


Revenons une fois pour toutes sur le terme ฝรั่ง – farang, qu'utilisent les thaïs pour qualifier les occidentaux : ce mot, c’est du moins ce que l’on lit à peu près partout, proviendrait du mot « français » que les thaïs ne parviennent pas à prononcer, la consonne doublée « fr » n'existe pas en thaï et se prononce « far ». Lors de la tentative de colonisation du Siam par les troupes de Louis XIV entre 1685 et 1688 les siamois nous auraient alors baptisés non pas « français », mais « farançais » devenu « farangsais » (le son nasal n'existant pas en thaï) et par extension « farang » pour les autres. Il n'en est peut-être rien ? Il y a une coïncidence à tout le moins étrange ? Le farang est un fruit local, la goyave, dont la couleur de la chair rappelle étrangement celle de notre peau. Il est un procédé de réduction qui consiste à refuser à l’autre toute intelligence. Ainsi le terme de « melon », apparu probablement dans les années 60 chez les français d’Algérie, est une forme de simplification qui consiste tout simplement à considérer l'autre comme un fruit ou un légume ? La plante ne bouge pas, ne travaille pas. En nous appelant ainsi, les thaïs nous appelleraient tout simplement des melons, la connotation raciste en moins (encore que…). 

C'est moins bête que de dire les « blancs » puisque nous n'avons pas la peau blanche, ou les « jaunes » (je cherche désespérément un asiatique à la peau jaune depuis que je réside en Asie). Pour le reste, un noir, c'est parfois un นิโกร – nikrô, le mot est d'utilisation récente, importé de l'américain (negro, bien moins gentil que black) lorsque le pays servait d'arrière-base aux troupes US au Vietnam, il n'est pas académique et certainement négatif dans la bouche des thaïs. Ceux qui veulent donner dans le genre politiquement correct diront plus volontiers un « farang dam », un Farang noir.

 

Partager cet article

Repost0
18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 04:27

 Il y a corruption et corruption

 


Un article du 18 janvier 2011 du « Petit journal » titrait :


 « POLITIQUE – 53,2% des Thaïs seraient prêts à vendre leur vote (sondage)


Une majorité des Thaïlandais seraient prêts à vendre leur vote lors d'éventuelles élections, selon une enquête de l'Université de l'assomption de Bangkok qui a sondé 2.604 électeurs dans la capitale et 18 autres provinces, rapportait dimanche The Nation. 53,2% des personnes interrogées accepteraient de l'argent, contre 40,2% qui refuseraient et 6,6% étant indécis. La région du nord-est, bastion des manifestants antigouvernementaux "chemises rouges", rassemblerait la plus forte proportion de personnes prêtes à monnayer leur voix avec 69,6%, juste devant Bangkok où se concentre une bonne partie des supporters du Parti démocrate au pouvoir. Enfin, 79,5% des interrogés reconnaissent que la pratique de l'achat des votes aurait lieu dans leur communauté, contre 20,5% réfutant son existence. Cette année, la Thaïlande devrait connaître des élections, à une date toujours non fixée.
(http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html) »

 


Mais il y a vendre et vendre.

 

 

 Là encore nous avons une « tradition » thaïe ou du moins une façon particulière d’acheter et de vendre, une « corruption » qui ne peut se comprendre que dans un « contexte » thaïlandais voire «  asiatique ».

Car en fait le « sondage » ne raconte qu’une partie de cette pratique. 

 

Prenons le cas d’un village près de Kalasin que je connais. Au moment des élections, les candidats passent de maison en maison et comme tous les candidats du monde « annoncent » les merveilles qu’ils vont apporter au village et sollicitent le vote des habitants.

Mais ici, ils remercient la promesse de vote  en donnant qui 200 baths, qui 300, qui même 1 000 baths parfois.

 

Vous pourriez dire, à juste titre : « mais c’est de la corruption », sauf que, les roués paysans promettent leur vote à tous les candidats.

 

Considérant que « la corruption est un moyen que l’on emploie pour faire agir quelqu’un contre son devoir, sa conscience » (Petit Robert) et qu’ici le « corrompu » agit comme il l’entend, peut-on encore parler de corruption ?


Et si vous demandez au « roué » paysan quel est l’intérêt retiré par le futur « député », il vous répondra : « dans 4 ans, il sera riche ».

 

Etonnant, non ?

Partager cet article

Repost0
4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 04:31

-Allo ma chère, alors vous êtes au courant pour le « coup d’Etat » ? 

-Bah non, je ne savais pas. Mais comment l’avez-vous  su ?

-Eh bien par le 1 er ministre.

-Mais qu’a-t-il dit ? 

-Eh bien qu’il était « confiant » parce que le chef des armées ne complotait pas pour le renverser. 

 

-Allo, oui c’est moi.  Mon mari m’a dit qu’il n y avait rien à craindre parce qu’il a

entendu que le vice-1er ministre savait que «  certains groupes  (de militaires ) appellent sûrement à un coup d’Etat » « mais que ce n’était pas la solution pour le pays ».

- Ouf, ça me rassure. Bon, allez, à demain à 17h pour le thé, ma chère.

----------------------------------------------------------------------------

Nous avions programmé l’article sur le « Constitution Day » depuis longtemps, lorsque le Petit Journal publiait le 28 janvier :    Abhisit assure que l'armée ne fera pas de coup d'Etat

Le Premier ministre Abhisit Vejjajiva a réfuté hier les allégations de la part de l'opposition, la veille, selon lesquelles l'armée préparerait un coup d'Etat contre lui alors que la tension dans la rue augmente. Il s'est dit "confiant" que le chef des armées Prayut Chan-O-Cha ne complotait pas pour le renverser. Un peu plus tôt, le vice-Premier ministre Suthep Thaugsuban a tout de même été plus nuancé, estimant que"certains groupes (de militaires) appellent sûrement à un coup d'Etat", mais qu'une telle manœuvre ne serait "pas la solution pour le pays". De son côté, le porte-parole de l'armée Sunsern Kaewkumnerd a assuré que "le chef de l'armée avait répété ne pas vouloir faire un coup d'Etat et, dans les circonstances actuelles, aucun militaire ne s'y risquerait »

----------------------------------
On croit rêver !

On est donc dans un pays où les discussions  sur un coup d’ Etat éventuel sont  sur la place publique et où l’on peut sans danger , alors que le crime de lèse majesté est allégrement utilisé pour bâillonner les opposants, conclure non sans humour :


« En cas de prise du pouvoir par les militaires, la Thaïlande connaîtrait depuis 1932 sa 19ème tentative de coup d'Etat, cinq après le dernier qui a évincé du pouvoir l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra ».


Nota. Tout le monde aura compris que cette réaction n’a rien contre l’article du Petit Journal , dont je suis un fervent lecteur.

 

 

Partager cet article

Repost0
4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 04:25

Une tradition thaïe ?

 

J’ai rendu compte (Cf. article 2 ) du livre de Pompinol Seanawong, «  Les Liens qui unissent les Thaïs, Coutumes et culture », qui se donnait comme objectif de fournir

« des connaissances fondamentales sur les caractéristiques sociales et culturelles thaïes ». Je pense qu’elle devra inclure dans une prochaine édition le  "Constitution Day".

 

En effet, j’ai souri en lisant :

 

Pierre BENEDETTI, qui le 10 décembre 2010, écrivait dans « le petit journal de Bangkok » :

« Les Thaïlandais fêteront ce 10 décembre le "Constitution Day", un jour férié qui symbolise la promulgation de la première constitution permanente du royaume, et l’avènement de la monarchie constitutionnelle en 1932. Dans son histoire démocratique, la Thaïlande a connu 18 chartes et de nombreux coups d’Etat, dont le dernier en date remonte à 2006 ».

 

En effet, le 12 juin 2006 : lors du 60ème anniversaire de l'intronisation du roi Bhumibol de Thaïlande, le roi avait vu  20 Premiers ministres, 15 Constitutions (ou 18 chartes selon d’autres sources) et 17 coups d'Etat.  Et même le 19 septembre 2006, le roi pouvait assister  au 18ème  coup d’Etat militaire: qui évinçait Thaksin Shinawatra et le  19 août 2007 constater que 58% d’électeurs avaient approuvé une nouvellle constitution ! 

 

Certes, le sujet prête peu à sourire, mais il est indéniable que l’histoire de la Thaïlande a été marquée par ses coups d’Etat et auparavant, par les exécutions sommaires lors des successions ou les « révolutions »  de palais. Ainsi, par exemple Ratsadathiratkumara, 1533-1534 (5 mois, roi enfant), Kaeofa,1546-1548 (assassiné à 15 ans), Worawongsathirat, nov.1548-janv.1549 (usurpateur hors dynastie, assassiné), Mahintharatthirat, 1568-1569 (déposé par les Birmans), Chetthathirat II , 1628-1629 ; exécuté, Atitthayawong, 1629 ; roi enfant, déposé et exécuté, Chao Fa Chai,  sept.1656 ; règne quelques jours, exécuté, Si Suthammaracha, sept. 1656-nov. 1657 ; déposé et exécuté …et la « révolution de Pitracha de 1688 » (Cf. notre 13. Les relations franco-thaïes) où celui-ci exécute les deux frères légitimes successeurs du roi Naraï. Et au 19ème siècle,  pour le royaume de Thonburi (1767-1782), comment le général Tahksin se proclame roi  et est « éliminé » par son général en chef qui fonde la dynastie Chakri  actuelle à Bangkok en 1782, sous le nom de Rama I … et Rama VIII (auto censure)…

 

Comment expliquer ce triste record (qui ne compte pas les tentatives royalistes des années 30) ?


Les réponses sont forcément multiples, selon les opinions politiques des uns et des autres, selon que l’on appartienne à la famille royale, aux différentes factions de l’Armée, aux différentes familles commerçantes et industrielles, thaïes et sino-thaïes qui ont participé au Pouvoir, aux classes dirigeantes des différents Partis qui ont animé la vie politique depuis 1932… selon … selon …

Selon que l’on soit royaliste ou républicain, du Nord , du Centre ou du Sud,  de gauche ou de  droite, jaunes ou rouges, laïcs ou non, pro-chinois ou pro-américain, Thaïs ou farangs …


En effet, il est même beaucoup de « farangs » qui s’interdisent et interdisent toute proposition d’analyse au nom du principe « obligatoire » de neutralité ou au nom de la peur du « crime de lèse majesté ».


Il est vrai que le pouvoir en place utilise beaucoup ce moyen pour empêcher toute pensée critique et l’exercice des libertés démocratiques.

 

Il n’est pas pourtant si téméraire d’évoquer le coup d’Etat de 1932 qui transformait la monarchie absolue en monarchie constitutionnelle, la rébellion royaliste du Prince Boworadet d’octobre 1933, l’abdication de Rama VII le 2 mars 1935 dans une lettre envoyée d’Angleterre, que Phibun principal auteur avec Pridi, du coup d’Etat de 1932, mettra sur pied en 1938 un régime inspiré du fascisme européen, qu’à la fin de la guerre, il sera arrêté par les Alliés et inculpé de crimes de guerre pour être acquitté sous la pression populaire, etqu’il exercera un pouvoir dictatorial de 1938 à 1944 et de 1948 à 1957

Ce n’est pas un secret de savoir  qu’en 1954 : la Thaïlande est membre fondateur de l'Organisation du Traité de l'Asie du Sud-Est, l'OTASE, pacte militaire pro-occidental, qu’en 1957, le maréchal Sarit Dhanaraj(=Thanarat) prend le pouvoir et force Phibun à s'exiler au Japon et que le pays profite d’une aide américaine conséquente pour les infrastructures (on évoque 3 milliards de dollars chaque année entre 1951 et 1975), qu’un accord sera signé autorisant… à installer des bases aériennes « américaines » dans l'est du pays, d'où décollent les bombardiers B 52 qui vont pilonner le Nord Viêt Nam.

On n’offense personne en constatant que les militaires resteront au pouvoir jusqu'en 1973 (année où l’armée tire sur les manifestants le 14 octobre avec 77 morts), que la « révolution de 1973 » a été suivie d’une brève et instable démocratie, suivie par un nouveau coup d’État en 1976, et d’autres qui verront le général Prem Tinsulanonda règner sur la Thaïlande à la tête d’un régime militaire en 1980, et avec un mandat démocratique à partir de 1983 jusqu’en 1988 où le général Chatichai Choonhavan lui succède . Par la suite, le pays est demeuré une démocratie, mise à part une brève période sous un régime militaire de 1991 à 1992

Beaucoup ont vu en 1997, la "Constitution du peuple", comme une véritable avancée démocratique, avec la création d’organes indépendants de contre-pouvoir tels que la Commission électorale, la Commission nationale anti-corruption (NACC), et la Commission des droits de l’homme.

Qu’en 2001, le parti Thai Rak Thai (les Thaïs aiment les Thaïs) gagna les élections et que  le premier ministre Thaksin Shinawatra put gouverner, jusqu'à  septembre 2006, (où bien qu’élu deux fois élu au suffrage universel),  il fut renversé par des généraux putschistes voulant « sauver la démocratie en danger ». Mais les électeurs donneront le 23 décembre 2007 une large victoire aux élections législatives du Parti du pouvoir du peuple (PPP) au sein duquel se sont regroupés les partisans de Thaksin Shinawatra.

On n’évoquera pas les « événements » de 2008 à 2010 encore trop « sensibles », bien que l’on aimerait connaitre le fonctionnement et le rôle de la Cour Constitionnelle, qui a pu contraindre le 1er ministre Samak Sundaravej à démissionner pour… avoir présenté une émission culinaire pendant son mandat (sic), et ensuite le 2 décembre 2008 dissous le parti au pouvoir, reconnu coupable de fraude électorale, et interdit au Premier ministre toute activité politique pendant cinq ans.

On ne dira rien sur les « événements » d’avril et de mai 2010, de l’état d’urgence qui a suivi…


Peut-on dire que la démocratie a du mal à s’installer quand on doit subir un coup d’Etat miltaire tous les 4 ans en moyenne et qu’on utilise le « crime de lèse majesté » pour faire taire les opposants, dans un système  où les gens ne sont pas des citoyens (prachathipattai baep Thaithai) mais des sujets du roi et des serviteurs de la nation (phonlamueang) .

 

Il est bien de fêter le « Constitution day », il serait bien aussi de fêter une constitution qui garantisse la démocratie et redonne à l’Armée sa fonction de défense nationale.

 

_________________________________

 

Je ne peux que recommander la lecture du petit journal, qui chaque matin nous livre les principales informations thaïlandaises et les principaux événements de la vie francophone en Thaïlande :  (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html) et que M. Benedetti veuille me pardonner d' avoir "détourné" son article.

Partager cet article

Repost0
20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 04:58

Un cinéma d’art, en difficulté

 

affiche-oncle-boonmeebEn Mai 2010, au moment où la Thailande s’entredéchirait dans les rues de Bangkok, c’est non sans quelque ironie que l’on a vu le triomphe au festival de Cannes , du cinéaste Apichatpong Veerasethakul, avec son film « Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures » et qui obtint la Palme d’Or. Même si le sujet du film semble bien loin des événements évoqués, il prend ses racines dans la culture thaïe et nous verrons ce qu’un tel film peut apporter à la Thaïlande d’aujourd’hui

L’histoire tient plus du conte légendaire que d’une critique sociale. : « Oncle Boonmee souffre d’une insuffisance rénale aigüe et décide de finir ses jours auprès des siens à la campagne. Etrangement, les fantômes de sa femme décédée et de son fils disparu lui apparaissent et le prennent sous leurs ailes. Méditant sur les raisons de sa maladie, Boonmee va traverser la jungle avec sa famille jusqu’à une grotte au sommet d’une colline- le lieu de naissance de sa première vie… »

 

On comprend toute de suite que ce conte onirique vise à mettre du baume au cœur du peuple thaïlandais, en le ramenant à ses authentiques valeurs. C’est un hymne à la beauté de la vie dans ce qu’elle a d’exceptionnelle mais aussi d’ordinaire. Ainsi chaque événement du film fait partie d’un tout, rien n’arrive au hasard. Les scènes les plus irréalistes, prennent tout leur sens dans une certaine logique de la vie. Et quand on est confronté comme dans le film à des situations incompréhensibles, alors on accepte en silence. On est à peine surpris de voir resurgir l’épouse défunte devenue fantôme à la table de la famille on l’est à peine lorsqu’on assiste au retour du fils disparu, évanoui dans la nature, devenu singe aux yeux rouges brillants dans la nuit. Le fantastique est quotidien, la réincarnation naturelle. C’est le voyage spirituel d’une âme en transit… Voilà pour l’identité culturelle thaïe.

 

apichatpong-weerasethakul.

 

Apichatpong Weerasethkul est né en juillet 1970. Il grandit à Khon Kaen où ses parents sont médecins dans un hôpital. Il est diplômé de la grande université de Kong Kaen en architecture, puis il obtiendra un master en Beaux Arts à « l’Art Institute de Chigago » en 1997. Depuis le début de 1990 il tourne des films expérimentaux et documentaires axés sur les habitants modestes des régions de l’Isan (grand réservoir des chemises rouges). Il tournera ensuite plusieurs longs métrages qui l’ont fait connaître hors de Thaïlande. Ses œuvres aiment partir d’une histoire évoquant un quotidien banal pour basculer à mi chemin dans une imagerie poétique, onirique et mythologique. Le cinéaste cultive le goût du mystère et la lenteur dans le style contemplatif qui confronte le moderne à l’archaïque. Mais dans cet univers du cinéaste tout est normal si l’on ose dire. Simplement  il faut accepter qu’on peut être soi et un autre, être là et ailleurs, hier et aujourd’hui

 

Apichatpong Weerasethkul, est donc considéré comme un cinéaste majeur du début du XXIe siècle. Il n’a que 40 ans en  2010, mais il n’est pas le seul et nous citerons plus loin le cas de Tanwarin Sukkhapisit, autre figure de proue de ce cinéma d’art si original.

 

On sera donc d’autant plus étonné d’apprendre que le film, Oncle Boonmee est censuré aux moins de quinze ans en Thaïlande au motif qu’on y voit un bonze s’adonner aux joies du karahoké, et une scène d’amour entre une princesse et un poisson-chat !


apichatpong-weerasethakulto

 

Apichatpong Weerasethakul (avec Tanwarin Sukkhapisit)  est la figure phare d’une nouvelle vague du cinéma thaïlandais. Déjà en 2004 il avait reçu le prix spécial du jury à Cannes pour  « Tropical malady ». En 2007 de la sortie de son film Sang Sattawat (Syndromes and a Century) en Juin 2007, les censeurs thaïs s’étaient manifestés avec violence en émettant un avis défavorable à la sortie en salle du film en Thailande. Il fut distribué en DVD.

Les censeurs reprochaient des scènes jugées inappropriées, notamment l’une qui montrait un moine jouant de la guitare !!! scènes jugées obscènes ou blasphématoires. Mais n’oublions pas qu’en thailande, ne pas se lever pendant l’hymne royal (qui ouvre toute séance de cinéma) vous conduit en prison. On avait donc demandé au cinéaste de retirer ces scènes mais il avait préféré renoncer à la sortie de son film en salles plutôt que de le couper. Dans un communiqué, le cinéaste indique en comparant ses films à ses enfants «  Peu m’importe qu’ils soient aimés ou méprisés. Si mes descendants ne peuvent vivre dans leur propre pays, qu’ils soient libres. Puisque d’autres lieux les accueillent chaleureusement tels qu’ils sont, il n’y a aucune raison de les mutiler par peur du système. »Belle preuve d’indépendance !


En effet ce film (Syndrome and a Century) a été sélectionné au festival international du film de Venise et a reçu le prix du meilleur film asiatique au festival à Deauville. En 2002 Blissfully Yours avait reçu le prix « un certain regard. » et Tropical Malady est classé par les Cahiers du cinéma comme troisième film le plus important des années 2000/2009.

 

 Oncle-Boonmee-scene-film

 A côté de toutes ces aventures, le sort de la palme d’or seulement interdit aux moins de quinze ans (et non aux mois de 18/20 ans) c’est plutôt une bonne nouvelle  voire une victoire pour celui qui a fondé en 2007 le Mouvement libre du cinéma thaïlandais. : Et la conclusion était toute dans cette interrogation du journal « The Nation »  «  des signes montrent que le gouvernement est plus réceptif… Est-ce parce que les autorités commencent à voir le cinéma comme un art plutôt que comme un divertissement ?

Mais les faits donnent déjà une sorte de réponse. En 2010, après la palme d’or d’Apichatpong Weerasethakul  le cinéaste Tanwarin Sukkhapisit a vu son film « Insects in the backyard » dont le héros est un père transsexuel, censuré totalement au motif d’immoralité. Le mince espoir qui semblait se dessiner est tombé à l’eau et Tanwarin Sukkhapisit a rejoint le combat d’Apichatpong Weerasethakul  pour la « libération du cinéma thailandais » et la réforme par le ministère de la culture du comité de la censure décidemment mal inspiré.

 

UncleBonmee-le-singe-aux-ye


On peut se poser la question, comment un pays peut- il produire une œuvre aussi belle et nuancée sur l’homme en général, comme Oncle Boonmee, et en même temps se laisser déchirer par les divisions politiques les plus barbares et les plus simplistes ; les interlocuteurs ne sont plus que des couleurs, les rouges contres les jaunes, et la communication n’est plus qu’une condamnation primaire… On peut comprendre de voir défiler d’étranges portraits d’adolescents soldats, au sourire dérangeant, possible écho de la guerre civile qui gronde en Thaïlande.  Il faut se garder d’interprétations hâtives et plutôt se laisser enivrer par le calme du propos, par son rythme paisible comme l’est la vie des paysans de l’Isan.

 

Ce film est donc le bienvenu dans le paysage thaïlandais pour remettre les choses en perspective, et au-delà du conflit pour redonner le sens des vraies valeurs thaïes bien éloignées de nos cinémas réalistes, et militants…La Thaïlande peut fièrement revendiquer ces grands artistes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost0
17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 04:40

La bataille navale de Koh-Chang du17 janvier 1941 

 

koh-chang-map2Le 17 janvier 1941 au cours de la  2 ème guerre mondiale a lieu la "Bataille Navale de Ko Chang". Il est écrit dans les livres d’ histoire thaïe que "Les Thaïs remportèrent une grande victoire" .

Le 17 janvier est d'ailleurs fêté chaque année pour commémorer les héros navals qui sacrifièrent leurs vies pour protéger leur pays.


 

Nous vous proposons une version française :


 

 

 le-mekong Le pouvoir panthaïe s’efforçait de mobiliser son opinion publique et publiait un «livre blanc» récapitulant les actes hostiles commis par la France et énumérait les territoires que cette dernière avait arrachés à la mère-patrie. Pour appuyer ses revendications, le pouvoir en place à Bangkok se livra à quelques gesticulations militaires : incursions terrestres et aériennes, incidents sur le Mékong, fleuve frontière avec le Laos. Des gesticulations que Pierre Boulle (voir les références bibliographiques) décrit avec humour.

 

 

 La presse franco-indochinoise de l’époque raille Phibun, ce « maréchal d’opérette » qui n’a pas, comme le nôtre, gagné son bâton face à l’ennemi. Mais ce maréchal a une armée équipée par le Japon et l’Italie, peut-être aussi des mercenaires belges, habiles pilotes de chasse dans une aviation moderne, et ouvertement affiché un désir de revanche face aux « traités inégaux » conclus avec les puissances coloniales.

Face à lui, un vieux maréchal qui, aux dires de son médecin, le docteur Ménétrel, n’est « lucide que le matin ». Le destin de l’Indochine française est entre les mains de l’Amiral Decoux. Il a gagné ses étoiles pendant la première guerre et entre les deux. Il remplace comme Gouverneur le général Catroux, favorable à ce qu’on appelait alors « la dissidence ».

Une guerre franco-thaïe a-t-elle un sens sous ces tropiques 

Une colonie où la France n’est pas chez elle dit-on à Bangkok, L’Indochine est française dit-on à Saigon. Cette guerre incongrue offre pourtant à la France la seule victoire navale des deux guerres, flotte contre flotte, dont les artisans resteront toujours des pestiférés, aucun navire kochangfrançais ne portant fièrement sur ses flancs le nom de Koh Chang.

Les sources thaïes et les sources françaises se renvoient la responsabilité des affrontements ayant conduit au déclenchement des hostilités ?

Fabienne MERCIER-BERNADET  (article paru dans la très savante Revue historique des armées, n°223, 2001) insiste sur la responsabilité des Thaïs dans cette guerre d’escarmouche. « Le conflit franco-thaïlandais (juin 1940-mai 1941), une manipulation japonaise ? » titre-t-elle, pour conclure in fine que le point d’interrogation était de trop.

La radio de Bangkok multiplie en tous cas les invectives sur les ondes.

Pierre Boulle se retrouve à Savannakhet et ne fut pas impressionné par les  « gesticulations », petites bombes thaïes qui ne font aucun dégâts pas plus que n’en font les Potez français qui bombardent l’autre rive du Mékong. Les Thaïs invoquent de leur côté un bombardement ravageur de NakhonPhanom ?

Le site officiel du Ministère de la marine français décrit d’abondance la bataille navale. Je le présume impartial. Celui du Ministère de la marine thaïe aussi, je le présume également impartial ! Chacun accuse l’autre.

amiral-decouxIl est apparu en tous cas évident à Decoux que la Marine siamoise allait entrer en action. Pour mettre fin aux « agressions » siamoises, il décide de frapper la Thaïlande au moyen d'une offensive et charge l'amiral Jules Terraux et le capitaine de vaisseau Régis Bérenger de cette mission. Ses ordres étaient simples et brutaux « rechercher et détruire les forces navales des siamois ».

Cette opération contre la marine siamoise aboutira au combat de Koh Chang. L’armée du Laos a reçu ordre de faire diversion en engageant en même temps un fantastique tir d’artillerie sur plus de 100 kilomètres le long du Mékong, et faire le plus de bruit possible avec de vieilles automitrailleuses pour donner aux Siamois l’impression que quatre divisions de panzer vont fondre sur leur pays. Pierre Boulle s’en donna à cœur joie !

Les parties sont au moins d’accord sur les forces en présence.

Côté Siamois toute la marine thaïe est là :

Deux garde-côtes cuirassés (un seule disent les thaïs), dix torpilleurs, deux avisos, quatre sous marins et deux mouilleurs de mine. Ce ne sera pas un jeu d’enfants.

Côté français

lamotte-piquet1Les forces navales d’Indochine. Le croiseur Lamotte-Picquet de 8000 t, deux Avisos coloniaux, le Dumont d'Urville et l'Amiral Charner de 1970 t chacun, et deux avisos, le Tahure et le Marne respectivement  650 et 700 tonnes.

La Marine siamoise à Koh Chang possède une supériorité écrasante sur la division navale française d'Indochine, en tonnage (16.600 tonnes contre 12.500 pour la France) et en hommes (2.300 contre 950).

Ses bâtiments ou tout au moins certains d’entre eux sont récents, japonais ou italiens. La flotte française est âgée, nos marins ne connaissent pas les côtes siamoises mais ils savent que les fonds sont dangereux. L'issue du combat est aléatoire.


L'engagement

Bérenger décide de concentrer ses forces sur Koh Chang.

Le 17 janvier à 5 h 45, l'ordre d'attaque est donné, l'action commencera à 6h15.  Le temps est magnifique, nos bateaux se profilent sur un horizon dégagé, l'ennemi se fond dans la grisaille du petit matin.

domburi-couleLes Siamois ouvrent le feu à 6 h 14 avec des pièces de 203. Les deux sections d'avisos ripostent immédiatement. Les premiers coups, tirés à 12500 m. par les avisos coloniaux sont longs mais essentiels : Ils détruisirent un poste d'observation situé à terre et relié téléphoniquement à Chantaboun.

Le croiseur Lamotte ouvre le feu avec des pièces de 155 à 6h19, à 10000 m des bâtiments siamois, à 6 h 20, il lance ses torpilles, il ouvre le feu avec des 75 à tir rapide. Quelques minutes plus tard, il concentre tout son feu sur un second torpilleur, le premier ayant été détruit aux premiers coups de 155.

Quelques minutes plus tard encore nos avisos se rapprochent de l’ennemi, concentrent leur feu sur les torpilleurs. Deux se retrouvent la quille en l'air, le troisième explose. Nos marins voient une colonne de fumée de trois ou quatre cents mètres. Il ne reste plus rien sur rade. La première phase de l'engagement est terminée. Le croiseur Lamotte reprend la direction du mouillage. Béranger demande aux avisos de porter le coup de grâce aux torpilleurs,

A 6 h 38, il aperçoit à 4000 m un garde-côtes faisant route au nord-est et l’attaque engage immédiatement au 155. C'est le fameux Dombhuri. Il navigue en zigzag entre les îles pour tenter de dérégler le tir des français. Ses tirs sont lents mais précis.

Le croiseur Lamotte évolue difficilement, ses hélices brassent la vase. Il ne peut plus se hasarder sur des fonds inconnus. Bérenger décide donc de revenir à l'ouest. Le Dombhuri est en flammes, il cherche à se cacher derrière les îlots mais à chaque apparition, le croiseur reprend le feu.

le-Potez25-a-kochangA 7 h 50, le CV Bérenger ordonne le repli ne pouvant poursuivre le Dombhuri dans les eaux peu profondes où il s'est réfugié et on craint une riposte aérienne qui n'aura pourtant pas lieu

A 8 h 58, toutefois un biplan Vought Corsair lâche deux bombes sur le croiseur. A 9 h, une bombe manque l'Amiral Charner. Jusqu'à 9 h 40, quelques avions apparaissent, cherchent à profiter du soleil mais sont accueillis par la défense anti aérienne et les oblige à prendre la fuite.


Bilan

Le bilan en trois heures de combat est dramatique du côté siamois. Deux torpilleurs coulés, l'un d'eux, légèrement atteint, a pu prendre la fuite. Le Dombhuri a coulé en feu. 40 % du tonnage de leur flotte de combat. Les pertes en hommes sont effroyables, 82 survivants seulement sur les quatre bâtiments ; un tiers de la flotte de guerre siamoise hors de combat pour longtemps. Côté français, on ne déplore aucune perte, ni en hommes ni en matériel. Pour les Thaïs, les pertes en hommes ont été minimes, 36 morts, les Français cachent à la fois la mort de leurs hommes et les très importants dégâts que leur artillerie aurait porté à au moins deux bâtiments français. C’est en tous cas ce que martèle Radio Bangkok face à radio Saigon .

indochine-kochangTrois raisons ont contribué à la victoire de Koh Chang :

• Un stratège de génie, le CV Bérenger : Lorsque les spécialistes (dont je ne suis pas) examinent les choix du commandant, ils admirent sa lucidité et son bon sens dans la simplicité, difficile dans le feu du combat.

• Nos équipages sont enthousiastes et surentraînés. La marine n'a pas subi comme nos troupes de terre et d'air, la déroute du printemps 1940. Leur esprit de combativité est intact.

• Un hasard bénéfique les premiers obus détruisent le poste de guet terrestre relié téléphoniquement à la base ennemie, retardant de ce fait l'intervention de l'aviation siamoise qui eut été gênante en plein combat naval. Par ailleurs, autre coup du sort heureux du croiseur Lamotte qui tua le Commandant duDombhuri et ses seconds dés les débuts de l'engagement.

Le retour à Saigon-Cholon est triomphal.

L’hebdomadaire « Indochine » tire le 1er février un numéro spécial. Question posée à un marin, « succès facile ? » « Succès total mais non pas succès facile, les Siamois se sont bien battus, ils ont bien manœuvrés, ils se sont bien servi de leur matériel. Ajoutez que leurs torpilleurs étaient modernes et rapides ». Le journal y ajoute de multiples photographies des bâtiments en flamme et ironise sur les « mensonges de Radio Bangkok »

 

Ne retenons de cette bataille gagnée mais inutile que l’ordre du jour de Béranger à ses troupes le lendemain pour les féliciter et louer aussi le courage des marins siamois.

legion-d'honneur-pour-koh-cLes Siamois font de même. Des deux côtés on distribue les médailles à la pelle. On reste chevaleresque d’un côté comme de l’autre.

La situation politique ne permettra pas au Gouvernement de l'État français de tirer le moindre profit de ce brillant fait d'armes, mais c'est une toute autre histoire de gagner une bataille et de perdre une paix. C’est terminé, un armistice est signé, le Japon tire les ficelles, nous cédons aux Siamois à peu près tout ce qu’ils voulaient. Des croix de guerre sont aussi distribuées à la pelle à l’armée du Laos.

On peut voir à Trat le monument « aux mort siamois du 17 janvier 1941 pour la défense de la Patrie ».

 

 

 kohang-4Une pensée pour ces marins thaïs morts courageusement pour rien. Le 19 janvier 1941, radio Saigon salue le courage de ces marins au cours d’une bataille épuisante... Une cérémonie à leur mémoire a lieu tous les 17 janvier à Trat.



 

  --------------------------------------------------------------------------------------------------------

Vous pouvez, si cela vous amuse, trouver un « wargaming » appelé Wargaming Koh Chang, je ne vous dis pas où, car je trouve cela du dernier mauvais goût. Origine américaine évidemment.

Sources françaises

http://www.netmarine.net/bat/croiseur/lamotte/kohchang/, (site officieux du Ministère de la marine)

http://patrianostra.forum-actif.eu/t1909-le-comment-de-la-guerre-franco-thailandaise#23390 (site officieux de la légion étrangère)

Pierre Boulle, « Aux sources de la rivière Kwaï », Julliard, 1966, ISBN 2 266 00968 0.

Fabienne MERCIER-BERNADET Revue historique des armées, n°223, 2001) « Le conflit franco-thaïlandais (juin 1940-mai 1941), une manipulation japonaise ? »

« Maréchal » numéro 201, 2001, « une guerre oubliée : le conflit franco-thaïlandais », une revue « maréchaliste » contenant des articles de fond souvent fort sérieux.

Sources thaïes

http://www.navy.mi.th/navalmuseum/002_history/html/his_b23_gauchang_thai.htm (site apparemment officiel de la marine thaïe)

th.wikipedia.org/wikiการรบที่เกาะช้าง

http://www.btinternet.com/~david.manley/naval/genquar/kohchang.htm

http://www.bloggang.com/mainblog.php?id=skyman&month=26-01-2007&group=2&blog=1

 

 

Partager cet article

Repost0
13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 04:30

Notre Isan

 

prajakUn préalable s’il vous plait, อีสาน  se prononce issan et DOIT s’écrire Isan. Il existe un système de transcription officiel du thaï tombé de l’académie royale (qui connaît sa langue) et qui a été adopté à Berlin en août 2002 par les Nations unies dans le cadre de l’uniformisation  de la transcription  des noms géographiques. Ne parlons pas des « ESARN » « ISSAN » ou autre « ISAAN » tombés de l’imagination de chefs de village rédigeant les panneaux indicateurs ou de certains guides francophones qui ignorent les normes de transcription.

Ce sont 20 provinces depuis la création récente de la dernière, celle de Bungkan à l’extrême nord marquée 1 ci dessous :

 


 

 

 

Notre province d’adoption est peut – être le berceau de la civilisation. Les fouilles de Banchian (à une cinquantaine de kilomètres d’Udonthani) démontrent l’existence d’une civilisation florissante et avancée 2500 ans avant Bouddha (métallurgie, élevage, culture du riz, tissage, poteries et rites funéraires). Un peu de modestie ne messied pas : A cette époque nos ancêtres habitaient des huttes, étaient vêtus de peaux d’auroch, s’exprimaient par grognements et attendaient la foudre pour avoir du feu.

Les statistiques thaïes sont incertaines, la population serait de 22 millions d’habitants concentrée dans les provinces de Khorat, Ubonratchathani, Udonthani et Khonkaen. 

Carte-Isan


La langue principale est l’Isan , un patois du lao dont il est très proche, lui même relativement proche du thaï. La partie sud-est, Buriram , Surin , et Sisaket  est plus spécifiquement proche des khmers. Beaucoup de Vietnamiens aussi, réfugiés dans les provinces de  Mukdahan et Nakhonphanom . L’Isan avait une écriture spécifique (entre thaï et lao) fâcheusement perdue et dont il ne subsiste plus que des vestiges dans les deux musées de Khonkaen. On parle toujours Isan dans les chaumières indépendamment des provinces proches du Cambodge où on utilise un dialecte proche du khmer. Le thaï « standard », on l’apprend à l’école et on le comprend partout.

 

L’Isan (à l’époque, les Français parlaient de « Laos siamois ») a échappé (de peu) à la voracité coloniale des Français. Les tentatives de christianisation venues du Laos avec les pères des missions étrangères se sont révélées un fiasco. Comme dans tout le pays, la population est bouddhiste theravada mais on rencontre d’incontestables traces de fétichisme et d’animisme venues à l’évidence du fonds des temps. Si les églises chrétiennes ne manquent pas, elles sont essentiellement fréquentées par les réfugiés Laos et vietnamiens. Ultra minoritaires, les catholiques sont d’une ferveur qui me rappelle un peu les cérémonies africaines, agrémentées de nos bons vieux psaumes traduits en thaï, de musique et de coutumes locale (on n’ offre pas le pain mais un panier d’ananas), elles ne sont assurément pas la corvée obligée du dimanche où l’on se rend par convenance. Les missions protestantes, anglaises et américaines, ne paraissent pas avoir eu le moindre impact. Il y a, épars, de petits noyaux musulmans, venus probablement des provinces de l’extrème sud.

 

Je ne sais s’il y a encore beaucoup d’illettrés en Isan, mais je constate qu’il y a des écoles partout et dans tous les coins, écoles « du gouvernement » ou écoles attachées au temple, qu’il y a plus de boutiques Internet dans mon village de 3.000 habitants que dans une ville française de 100.000 et qu’à l’occasion d’un scrutin local auquel j’ai assisté du début jusqu’à la fin, je n’ai vu qu’une très vieille personne apposant son pouce sur le registre des émargements... Ce qui n’empêche pas ma voisine d’en face de pisser debout ce que l’on ne fait plus dans les campagnes françaises depuis quelques dizaines d’années et que dans toutes les administrations qui installent des toilettes « à l’européenne », de gentilles affichettes joliment illustrées expliquent comment il faut les utiliser pour faire caca.

 

cagadous

 

Les provinces sont essentiellement agricoles, riz, canne à sucre et manioc (ce qui pue lorsque vous circulez au moment de la récolte)

 

Ne parlons pas de la « gastronomie » ( ?)  locale entre riz gluant, somtam agrémenté de crabes de rizière faisandé et lap incendiaire, des goûts et des couleurs, on ne discute pas. La pauvreté contraint les populations à être créatives, lézards, grenouilles et têtards, insectes grillés, voilà des morceaux de roi !

 

Les Thaïs considèrent les Isans, pauvres, paysans, peau foncée, parlant patois, comme des plouks ce qui ne les empêche nullement d’utiliser cette population industrieuse comme travailleurs sous payés et maltraités dans tout le pays. Ceci expliquant (partiellement) cela, le souvenir des maquis communistes n’est pas loin et la région est politiquement et globalement « rouge ».

 

Pour découvrir l’Isan, le « guide vert Michelin » a le mérite de donner un bref apperçu de toutes les provinces, il ne peut malheurement pas être exhaustif. Notre ami Patrick, le blogueur,  est le vaillant rédacteur d’un guide remarquable sur sa propre province, « l’Isan, Udonthani et sa province ». Chaque province a également son site Internet, une mine d’or... mais le plus souvent il vous faudra lire le thaï !

 

Bienvenue sur notre blog, où, avec l’amour que nous avons tous trois pour cette région, nous essayerons de vous transmettre au fil des jours et des semaines notre passion pour l’histoire des rapports sinusoidaux entre le pays et la mère patrie. Après donc « nos » relations franco-thaïes, nous vous proposerons une  série sur la découverte de l’ Isan , historique, géographique, culturelle, et même politique (soyons fous !).

 

Partager cet article

Repost0
4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 04:15

Lecture de "Les Liens qui unissent les Thaïs, Coutumes et culture", de Pornpimol Senawong, 2006.


 

Nous avons tous quelques idées sur les coutumes et la culture thaïes, aussi ai-je ouvert ce livre avec le projet de retenir ce que l’auteur juge comme essentiel et  également de noter ce qui était « nouveau » pour moi.

 

La préface donne souvent le pacte de lecture. Ainsi l’auteur nous dit que ce livre est destiné aux apprentis-guides du tourisme et qu’ « il fournit des connaissances fondamentales sur les caractéristiques sociales et culturelles thaïes ».

                                        ---------------------------------

   unis thai-copie-1

 L’ambition est affichée et la table des matières doit donc nous donner l’importance que l’auteur accorde aux éléments constitutifs de sa  culture. Je ne suis pas étonné que sur 170 pages, 66 pages soient consacrées aux croyances, traditions bouddhistes, cérémonies et festivals . 

 

unisthai


C'est aussi  la vision la plus évidente pour chacun. On ne sera donc pas surpris  par la description des objets  des temples, des rituels, par l’évocation par ex. des moines bouddhistes dans leur robe safran recevant le matin leurs aumônes dans leurs bols, la participation  aux jours « sacrés » bouddhistes (même si on ne souvient pas des noms), et aux  événements/fêtes comme par exemple le Loy Krathong et Songkran… et la cérémonie si typique du mariage.

 

amulettes


Par contre, on sera plus étonné que l’auteur commence son livre par les amulettes et charmes, la maison des esprits et les superstitions, à moins, bien sûr, qu’il considère que l’animisme avec sa croyance aux  esprits constitue le socle culturel fondamental  commun à tous les Thaïs. Il constate au moins : « Bien que la majorité des Thaïlandais soit bouddhiste, l’animisme a une grande influence sur leur vie ».

 

Ensuite 44 pages sont consacrées à ce que l’on peut considérer comme le fond de commerce du genre, à savoir la nourriture thaïe et l’artisanat.

 

La nourriture thaïe est présentée avec ses plats les plus typiques : le kaeng-curry, le nam phrik et ses ingrédients, les phat-plats frits/sautés, les différentes tom-soupes, les yams-salades thaïes et som tam et toute la richesse des herbes utilisées comme dans le tom yam par exemple. On ne peut éviter  la culture du riz « au centre des coutumes et des pratiques traditionnelles nationales ». L’auteur insiste à juste titre, mais sans vraiment développer, sur le caractère « sacré » et « symbolique » de cet aliment de base, dont de nombreuses coutumes associées demeurent encore aujourd’hui.

 

bencharong-3

 

Ensuite vient l’artisanat, qui commence avec l’évocation des « produits Bencharong » qui sont en fait les céramiques émaillées anciennes vernies à cinq couleurs (bencha cinq, rong couleur) qui étaient utilisées à la Cour. Mais ce qui est intéressant et assez rare est que ces ustensiles anciens sont « à nouveau produits pour un usage quotidien et pour l’exportation ». Ils sont redevenus un marqueur culturel. Ensuite quelques pages sont consacrées à l’artisanat populaire avec le masque Khon porté par les personnages du Ramakien, les produits laqués, les articles « Nielle » et l’art de décorer  les ustensiles en argent.

 

Par contre ensuite pour la première fois, l’auteur décrit un projet gouvernemental : l’OTOP, un tambon, un produit. Ce projet vise surtout à « renforcer le développement communautaire » en générant des revenus. Il termine sur l’argenterie, les objets en bronze et la soie.

 

Aux 2/3 du livre (p.119) l’auteur se devait d’aborder ce qui est le «  lien » fondamental de toute culture : la langue.

 

danses-thaies

 

Après le rappel classique de l’origine et du caractère infléchi tonale de la langue (les 5 tons), l’auteur adopte la présentation officielle qui renvoie les langues du sud, du nord et du nord-est à des dialectes régionaux. Il précise ensuite que la société thaïe est très hiérarchisée et que des termes spécifiques sont requis pour s’adresser aux différentes personnes, selon le statut social, l’âge, la richesse, le lien de parenté, d’amitié… avec un vocabulaire particulier pour le roi et la reine et la famille royale. Il évoque ensuite p.124, le système des noms qui est lié à « l’astrologie ». J’y vois le désir « religieux »  (« superstitieux » ?) de se protéger en se mettant sous les bons auspices du « ciel ». Le livre commençait, on s’en souvient, par les amulettes, l’offrande à la maison des esprits. Il y a, je crois, dans ce désir de protection, un trait « culturel » fondamental.

 

Le chapitre suivant intitulé « Identité nationale » (p.127/ p.145) fait l’impasse sur ce qui en  constitue souvent les « fondamentaux » (la langue ayant été traitée dans le chapitre précédent), à savoir l’Histoire et ses valeurs  pour ne décrire que ses symboles « nationalistes » : l’hymne national, le drapeau, les trois emblèmes nationaux  (la fleur « jaune » rathaphruek, l’éléphant et le sala thaï (pavillon de style thaï) ), l’hymne royal.


drapeauthai

 

En effet, on ne peut échapper à l’hymne national et nous avons tous été étonnés la première fois, quand dans la rue à 8 h et à 18 h les gens s’arrêtent pour écouter l’hymne national, ou bien , en passant devant une  école assister au début des cours à la levée des couleurs et d’écouter les élèves chanter l’hymne national, ou bien encore dans une salle de cinéma, avant la projection du film, voir tout le monde se lever pour écouter l’hymne avec la photo du roi à l’écran. Je suis plus surpris ensuite par le choix des processions de barges royales (sic).

 

Par contre, j’avoue mon ignorance à propos du sourire, un véritable système de communication, dit-elle. J’en étais encore au  pays du sourire et ne savais pas que derrière se cachaient en fait 18 types de message  (voire plus ?) de sourires répondant à des situations et sentiments codés, du style : grand, penaud, méprisant, sec, embarrassé, amical non reconnu (sic), joyeux, triste, encourageant, épanoui, doux, honteux, encourageant, provocant, dédaigneux, contenu.

 

wai

 

J’aime assez cette « découverte » qui nous invite à plus d’humilité dans ce que l’on croit savoir d' une culture. Le chapitre se termine sur l’usage du waï. Il n’est pas propre à la Thaïlande, mais souvent le premier geste « coutumier » que l’on apprend.

 

Ensuite le livre aborde les arts du spectacle (p. 145/163) avec les danses et pièces de théâtre, chansons interprétées lors des festivals et /ou cérémonies (le li-ké, le cam tat, le mo lan dans le nord-est, le nova dans le sud, la danse masquée Khon, et bien sûr le célèbre ramakien dérivé du Ramanaya (si important dans l’enseignement populaire bouddhiste))…

 

Le livre se termine par le chapitre « styles de vie » (p. 163/179), avec un curieux rappel du mâchement passé de la noix de bétel, et un catalogue disparate qui va du pagne au poisson de combat, à la boxe, aux cerfs volants, et pour la fin : les massages et saunas aux herbes.

 

Conclusion

Le livre qui se présentait comme un manuel qui devait fournir les « connaissances fondamentales » sur les coutumes et  la culture thaïe ne dit rien sur la culture actuelle. Il n’y a aucune référence à la littérature, peinture, cinéma, chansons, séries TV, nouveaux modèles culturels et styles de vie  de la société de consommation … sur cette « confrontation  » entre les coutumes, traitées ici de façon « classique », et les nouvelles aspirations culturelles et « modernes ».

 

 

 

Partager cet article

Repost0