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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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Merci d’être venu consulter ce blog. Si vous avez besoin de renseignements ou des informations à nous communiquer vous pouvez nous joindre sur alainbenardenthailande@gmail.com

17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 04:40

La bataille navale de Koh-Chang du17 janvier 1941 

 

koh-chang-map2Le 17 janvier 1941 au cours de la  2 ème guerre mondiale a lieu la "Bataille Navale de Ko Chang". Il est écrit dans les livres d’ histoire thaïe que "Les Thaïs remportèrent une grande victoire" .

Le 17 janvier est d'ailleurs fêté chaque année pour commémorer les héros navals qui sacrifièrent leurs vies pour protéger leur pays.


 

Nous vous proposons une version française :


 

 

 le-mekong Le pouvoir panthaïe s’efforçait de mobiliser son opinion publique et publiait un «livre blanc» récapitulant les actes hostiles commis par la France et énumérait les territoires que cette dernière avait arrachés à la mère-patrie. Pour appuyer ses revendications, le pouvoir en place à Bangkok se livra à quelques gesticulations militaires : incursions terrestres et aériennes, incidents sur le Mékong, fleuve frontière avec le Laos. Des gesticulations que Pierre Boulle (voir les références bibliographiques) décrit avec humour.

 

 

 La presse franco-indochinoise de l’époque raille Phibun, ce « maréchal d’opérette » qui n’a pas, comme le nôtre, gagné son bâton face à l’ennemi. Mais ce maréchal a une armée équipée par le Japon et l’Italie, peut-être aussi des mercenaires belges, habiles pilotes de chasse dans une aviation moderne, et ouvertement affiché un désir de revanche face aux « traités inégaux » conclus avec les puissances coloniales.

Face à lui, un vieux maréchal qui, aux dires de son médecin, le docteur Ménétrel, n’est « lucide que le matin ». Le destin de l’Indochine française est entre les mains de l’Amiral Decoux. Il a gagné ses étoiles pendant la première guerre et entre les deux. Il remplace comme Gouverneur le général Catroux, favorable à ce qu’on appelait alors « la dissidence ».

Une guerre franco-thaïe a-t-elle un sens sous ces tropiques 

Une colonie où la France n’est pas chez elle dit-on à Bangkok, L’Indochine est française dit-on à Saigon. Cette guerre incongrue offre pourtant à la France la seule victoire navale des deux guerres, flotte contre flotte, dont les artisans resteront toujours des pestiférés, aucun navire kochangfrançais ne portant fièrement sur ses flancs le nom de Koh Chang.

Les sources thaïes et les sources françaises se renvoient la responsabilité des affrontements ayant conduit au déclenchement des hostilités ?

Fabienne MERCIER-BERNADET  (article paru dans la très savante Revue historique des armées, n°223, 2001) insiste sur la responsabilité des Thaïs dans cette guerre d’escarmouche. « Le conflit franco-thaïlandais (juin 1940-mai 1941), une manipulation japonaise ? » titre-t-elle, pour conclure in fine que le point d’interrogation était de trop.

La radio de Bangkok multiplie en tous cas les invectives sur les ondes.

Pierre Boulle se retrouve à Savannakhet et ne fut pas impressionné par les  « gesticulations », petites bombes thaïes qui ne font aucun dégâts pas plus que n’en font les Potez français qui bombardent l’autre rive du Mékong. Les Thaïs invoquent de leur côté un bombardement ravageur de NakhonPhanom ?

Le site officiel du Ministère de la marine français décrit d’abondance la bataille navale. Je le présume impartial. Celui du Ministère de la marine thaïe aussi, je le présume également impartial ! Chacun accuse l’autre.

amiral-decouxIl est apparu en tous cas évident à Decoux que la Marine siamoise allait entrer en action. Pour mettre fin aux « agressions » siamoises, il décide de frapper la Thaïlande au moyen d'une offensive et charge l'amiral Jules Terraux et le capitaine de vaisseau Régis Bérenger de cette mission. Ses ordres étaient simples et brutaux « rechercher et détruire les forces navales des siamois ».

Cette opération contre la marine siamoise aboutira au combat de Koh Chang. L’armée du Laos a reçu ordre de faire diversion en engageant en même temps un fantastique tir d’artillerie sur plus de 100 kilomètres le long du Mékong, et faire le plus de bruit possible avec de vieilles automitrailleuses pour donner aux Siamois l’impression que quatre divisions de panzer vont fondre sur leur pays. Pierre Boulle s’en donna à cœur joie !

Les parties sont au moins d’accord sur les forces en présence.

Côté Siamois toute la marine thaïe est là :

Deux garde-côtes cuirassés (un seule disent les thaïs), dix torpilleurs, deux avisos, quatre sous marins et deux mouilleurs de mine. Ce ne sera pas un jeu d’enfants.

Côté français

lamotte-piquet1Les forces navales d’Indochine. Le croiseur Lamotte-Picquet de 8000 t, deux Avisos coloniaux, le Dumont d'Urville et l'Amiral Charner de 1970 t chacun, et deux avisos, le Tahure et le Marne respectivement  650 et 700 tonnes.

La Marine siamoise à Koh Chang possède une supériorité écrasante sur la division navale française d'Indochine, en tonnage (16.600 tonnes contre 12.500 pour la France) et en hommes (2.300 contre 950).

Ses bâtiments ou tout au moins certains d’entre eux sont récents, japonais ou italiens. La flotte française est âgée, nos marins ne connaissent pas les côtes siamoises mais ils savent que les fonds sont dangereux. L'issue du combat est aléatoire.


L'engagement

Bérenger décide de concentrer ses forces sur Koh Chang.

Le 17 janvier à 5 h 45, l'ordre d'attaque est donné, l'action commencera à 6h15.  Le temps est magnifique, nos bateaux se profilent sur un horizon dégagé, l'ennemi se fond dans la grisaille du petit matin.

domburi-couleLes Siamois ouvrent le feu à 6 h 14 avec des pièces de 203. Les deux sections d'avisos ripostent immédiatement. Les premiers coups, tirés à 12500 m. par les avisos coloniaux sont longs mais essentiels : Ils détruisirent un poste d'observation situé à terre et relié téléphoniquement à Chantaboun.

Le croiseur Lamotte ouvre le feu avec des pièces de 155 à 6h19, à 10000 m des bâtiments siamois, à 6 h 20, il lance ses torpilles, il ouvre le feu avec des 75 à tir rapide. Quelques minutes plus tard, il concentre tout son feu sur un second torpilleur, le premier ayant été détruit aux premiers coups de 155.

Quelques minutes plus tard encore nos avisos se rapprochent de l’ennemi, concentrent leur feu sur les torpilleurs. Deux se retrouvent la quille en l'air, le troisième explose. Nos marins voient une colonne de fumée de trois ou quatre cents mètres. Il ne reste plus rien sur rade. La première phase de l'engagement est terminée. Le croiseur Lamotte reprend la direction du mouillage. Béranger demande aux avisos de porter le coup de grâce aux torpilleurs,

A 6 h 38, il aperçoit à 4000 m un garde-côtes faisant route au nord-est et l’attaque engage immédiatement au 155. C'est le fameux Dombhuri. Il navigue en zigzag entre les îles pour tenter de dérégler le tir des français. Ses tirs sont lents mais précis.

Le croiseur Lamotte évolue difficilement, ses hélices brassent la vase. Il ne peut plus se hasarder sur des fonds inconnus. Bérenger décide donc de revenir à l'ouest. Le Dombhuri est en flammes, il cherche à se cacher derrière les îlots mais à chaque apparition, le croiseur reprend le feu.

le-Potez25-a-kochangA 7 h 50, le CV Bérenger ordonne le repli ne pouvant poursuivre le Dombhuri dans les eaux peu profondes où il s'est réfugié et on craint une riposte aérienne qui n'aura pourtant pas lieu

A 8 h 58, toutefois un biplan Vought Corsair lâche deux bombes sur le croiseur. A 9 h, une bombe manque l'Amiral Charner. Jusqu'à 9 h 40, quelques avions apparaissent, cherchent à profiter du soleil mais sont accueillis par la défense anti aérienne et les oblige à prendre la fuite.


Bilan

Le bilan en trois heures de combat est dramatique du côté siamois. Deux torpilleurs coulés, l'un d'eux, légèrement atteint, a pu prendre la fuite. Le Dombhuri a coulé en feu. 40 % du tonnage de leur flotte de combat. Les pertes en hommes sont effroyables, 82 survivants seulement sur les quatre bâtiments ; un tiers de la flotte de guerre siamoise hors de combat pour longtemps. Côté français, on ne déplore aucune perte, ni en hommes ni en matériel. Pour les Thaïs, les pertes en hommes ont été minimes, 36 morts, les Français cachent à la fois la mort de leurs hommes et les très importants dégâts que leur artillerie aurait porté à au moins deux bâtiments français. C’est en tous cas ce que martèle Radio Bangkok face à radio Saigon .

indochine-kochangTrois raisons ont contribué à la victoire de Koh Chang :

• Un stratège de génie, le CV Bérenger : Lorsque les spécialistes (dont je ne suis pas) examinent les choix du commandant, ils admirent sa lucidité et son bon sens dans la simplicité, difficile dans le feu du combat.

• Nos équipages sont enthousiastes et surentraînés. La marine n'a pas subi comme nos troupes de terre et d'air, la déroute du printemps 1940. Leur esprit de combativité est intact.

• Un hasard bénéfique les premiers obus détruisent le poste de guet terrestre relié téléphoniquement à la base ennemie, retardant de ce fait l'intervention de l'aviation siamoise qui eut été gênante en plein combat naval. Par ailleurs, autre coup du sort heureux du croiseur Lamotte qui tua le Commandant duDombhuri et ses seconds dés les débuts de l'engagement.

Le retour à Saigon-Cholon est triomphal.

L’hebdomadaire « Indochine » tire le 1er février un numéro spécial. Question posée à un marin, « succès facile ? » « Succès total mais non pas succès facile, les Siamois se sont bien battus, ils ont bien manœuvrés, ils se sont bien servi de leur matériel. Ajoutez que leurs torpilleurs étaient modernes et rapides ». Le journal y ajoute de multiples photographies des bâtiments en flamme et ironise sur les « mensonges de Radio Bangkok »

 

Ne retenons de cette bataille gagnée mais inutile que l’ordre du jour de Béranger à ses troupes le lendemain pour les féliciter et louer aussi le courage des marins siamois.

legion-d'honneur-pour-koh-cLes Siamois font de même. Des deux côtés on distribue les médailles à la pelle. On reste chevaleresque d’un côté comme de l’autre.

La situation politique ne permettra pas au Gouvernement de l'État français de tirer le moindre profit de ce brillant fait d'armes, mais c'est une toute autre histoire de gagner une bataille et de perdre une paix. C’est terminé, un armistice est signé, le Japon tire les ficelles, nous cédons aux Siamois à peu près tout ce qu’ils voulaient. Des croix de guerre sont aussi distribuées à la pelle à l’armée du Laos.

On peut voir à Trat le monument « aux mort siamois du 17 janvier 1941 pour la défense de la Patrie ».

 

 

 kohang-4Une pensée pour ces marins thaïs morts courageusement pour rien. Le 19 janvier 1941, radio Saigon salue le courage de ces marins au cours d’une bataille épuisante... Une cérémonie à leur mémoire a lieu tous les 17 janvier à Trat.



 

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Vous pouvez, si cela vous amuse, trouver un « wargaming » appelé Wargaming Koh Chang, je ne vous dis pas où, car je trouve cela du dernier mauvais goût. Origine américaine évidemment.

Sources françaises

http://www.netmarine.net/bat/croiseur/lamotte/kohchang/, (site officieux du Ministère de la marine)

http://patrianostra.forum-actif.eu/t1909-le-comment-de-la-guerre-franco-thailandaise#23390 (site officieux de la légion étrangère)

Pierre Boulle, « Aux sources de la rivière Kwaï », Julliard, 1966, ISBN 2 266 00968 0.

Fabienne MERCIER-BERNADET Revue historique des armées, n°223, 2001) « Le conflit franco-thaïlandais (juin 1940-mai 1941), une manipulation japonaise ? »

« Maréchal » numéro 201, 2001, « une guerre oubliée : le conflit franco-thaïlandais », une revue « maréchaliste » contenant des articles de fond souvent fort sérieux.

Sources thaïes

http://www.navy.mi.th/navalmuseum/002_history/html/his_b23_gauchang_thai.htm (site apparemment officiel de la marine thaïe)

th.wikipedia.org/wikiการรบที่เกาะช้าง

http://www.btinternet.com/~david.manley/naval/genquar/kohchang.htm

http://www.bloggang.com/mainblog.php?id=skyman&month=26-01-2007&group=2&blog=1

 

 

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 04:30

Notre Isan

 

prajakUn préalable s’il vous plait, อีสาน  se prononce issan et DOIT s’écrire Isan. Il existe un système de transcription officiel du thaï tombé de l’académie royale (qui connaît sa langue) et qui a été adopté à Berlin en août 2002 par les Nations unies dans le cadre de l’uniformisation  de la transcription  des noms géographiques. Ne parlons pas des « ESARN » « ISSAN » ou autre « ISAAN » tombés de l’imagination de chefs de village rédigeant les panneaux indicateurs ou de certains guides francophones qui ignorent les normes de transcription.

Ce sont 20 provinces depuis la création récente de la dernière, celle de Bungkan à l’extrême nord marquée 1 ci dessous :

 


 

 

 

Notre province d’adoption est peut – être le berceau de la civilisation. Les fouilles de Banchian (à une cinquantaine de kilomètres d’Udonthani) démontrent l’existence d’une civilisation florissante et avancée 2500 ans avant Bouddha (métallurgie, élevage, culture du riz, tissage, poteries et rites funéraires). Un peu de modestie ne messied pas : A cette époque nos ancêtres habitaient des huttes, étaient vêtus de peaux d’auroch, s’exprimaient par grognements et attendaient la foudre pour avoir du feu.

Les statistiques thaïes sont incertaines, la population serait de 22 millions d’habitants concentrée dans les provinces de Khorat, Ubonratchathani, Udonthani et Khonkaen. 

Carte-Isan


La langue principale est l’Isan , un patois du lao dont il est très proche, lui même relativement proche du thaï. La partie sud-est, Buriram , Surin , et Sisaket  est plus spécifiquement proche des khmers. Beaucoup de Vietnamiens aussi, réfugiés dans les provinces de  Mukdahan et Nakhonphanom . L’Isan avait une écriture spécifique (entre thaï et lao) fâcheusement perdue et dont il ne subsiste plus que des vestiges dans les deux musées de Khonkaen. On parle toujours Isan dans les chaumières indépendamment des provinces proches du Cambodge où on utilise un dialecte proche du khmer. Le thaï « standard », on l’apprend à l’école et on le comprend partout.

 

L’Isan (à l’époque, les Français parlaient de « Laos siamois ») a échappé (de peu) à la voracité coloniale des Français. Les tentatives de christianisation venues du Laos avec les pères des missions étrangères se sont révélées un fiasco. Comme dans tout le pays, la population est bouddhiste theravada mais on rencontre d’incontestables traces de fétichisme et d’animisme venues à l’évidence du fonds des temps. Si les églises chrétiennes ne manquent pas, elles sont essentiellement fréquentées par les réfugiés Laos et vietnamiens. Ultra minoritaires, les catholiques sont d’une ferveur qui me rappelle un peu les cérémonies africaines, agrémentées de nos bons vieux psaumes traduits en thaï, de musique et de coutumes locale (on n’ offre pas le pain mais un panier d’ananas), elles ne sont assurément pas la corvée obligée du dimanche où l’on se rend par convenance. Les missions protestantes, anglaises et américaines, ne paraissent pas avoir eu le moindre impact. Il y a, épars, de petits noyaux musulmans, venus probablement des provinces de l’extrème sud.

 

Je ne sais s’il y a encore beaucoup d’illettrés en Isan, mais je constate qu’il y a des écoles partout et dans tous les coins, écoles « du gouvernement » ou écoles attachées au temple, qu’il y a plus de boutiques Internet dans mon village de 3.000 habitants que dans une ville française de 100.000 et qu’à l’occasion d’un scrutin local auquel j’ai assisté du début jusqu’à la fin, je n’ai vu qu’une très vieille personne apposant son pouce sur le registre des émargements... Ce qui n’empêche pas ma voisine d’en face de pisser debout ce que l’on ne fait plus dans les campagnes françaises depuis quelques dizaines d’années et que dans toutes les administrations qui installent des toilettes « à l’européenne », de gentilles affichettes joliment illustrées expliquent comment il faut les utiliser pour faire caca.

 

cagadous

 

Les provinces sont essentiellement agricoles, riz, canne à sucre et manioc (ce qui pue lorsque vous circulez au moment de la récolte)

 

Ne parlons pas de la « gastronomie » ( ?)  locale entre riz gluant, somtam agrémenté de crabes de rizière faisandé et lap incendiaire, des goûts et des couleurs, on ne discute pas. La pauvreté contraint les populations à être créatives, lézards, grenouilles et têtards, insectes grillés, voilà des morceaux de roi !

 

Les Thaïs considèrent les Isans, pauvres, paysans, peau foncée, parlant patois, comme des plouks ce qui ne les empêche nullement d’utiliser cette population industrieuse comme travailleurs sous payés et maltraités dans tout le pays. Ceci expliquant (partiellement) cela, le souvenir des maquis communistes n’est pas loin et la région est politiquement et globalement « rouge ».

 

Pour découvrir l’Isan, le « guide vert Michelin » a le mérite de donner un bref apperçu de toutes les provinces, il ne peut malheurement pas être exhaustif. Notre ami Patrick, le blogueur,  est le vaillant rédacteur d’un guide remarquable sur sa propre province, « l’Isan, Udonthani et sa province ». Chaque province a également son site Internet, une mine d’or... mais le plus souvent il vous faudra lire le thaï !

 

Bienvenue sur notre blog, où, avec l’amour que nous avons tous trois pour cette région, nous essayerons de vous transmettre au fil des jours et des semaines notre passion pour l’histoire des rapports sinusoidaux entre le pays et la mère patrie. Après donc « nos » relations franco-thaïes, nous vous proposerons une  série sur la découverte de l’ Isan , historique, géographique, culturelle, et même politique (soyons fous !).

 

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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 04:15

Lecture de "Les Liens qui unissent les Thaïs, Coutumes et culture", de Pornpimol Senawong, 2006.


 

Nous avons tous quelques idées sur les coutumes et la culture thaïes, aussi ai-je ouvert ce livre avec le projet de retenir ce que l’auteur juge comme essentiel et  également de noter ce qui était « nouveau » pour moi.

 

La préface donne souvent le pacte de lecture. Ainsi l’auteur nous dit que ce livre est destiné aux apprentis-guides du tourisme et qu’ « il fournit des connaissances fondamentales sur les caractéristiques sociales et culturelles thaïes ».

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   unis thai-copie-1

 L’ambition est affichée et la table des matières doit donc nous donner l’importance que l’auteur accorde aux éléments constitutifs de sa  culture. Je ne suis pas étonné que sur 170 pages, 66 pages soient consacrées aux croyances, traditions bouddhistes, cérémonies et festivals . 

 

unisthai


C'est aussi  la vision la plus évidente pour chacun. On ne sera donc pas surpris  par la description des objets  des temples, des rituels, par l’évocation par ex. des moines bouddhistes dans leur robe safran recevant le matin leurs aumônes dans leurs bols, la participation  aux jours « sacrés » bouddhistes (même si on ne souvient pas des noms), et aux  événements/fêtes comme par exemple le Loy Krathong et Songkran… et la cérémonie si typique du mariage.

 

amulettes


Par contre, on sera plus étonné que l’auteur commence son livre par les amulettes et charmes, la maison des esprits et les superstitions, à moins, bien sûr, qu’il considère que l’animisme avec sa croyance aux  esprits constitue le socle culturel fondamental  commun à tous les Thaïs. Il constate au moins : « Bien que la majorité des Thaïlandais soit bouddhiste, l’animisme a une grande influence sur leur vie ».

 

Ensuite 44 pages sont consacrées à ce que l’on peut considérer comme le fond de commerce du genre, à savoir la nourriture thaïe et l’artisanat.

 

La nourriture thaïe est présentée avec ses plats les plus typiques : le kaeng-curry, le nam phrik et ses ingrédients, les phat-plats frits/sautés, les différentes tom-soupes, les yams-salades thaïes et som tam et toute la richesse des herbes utilisées comme dans le tom yam par exemple. On ne peut éviter  la culture du riz « au centre des coutumes et des pratiques traditionnelles nationales ». L’auteur insiste à juste titre, mais sans vraiment développer, sur le caractère « sacré » et « symbolique » de cet aliment de base, dont de nombreuses coutumes associées demeurent encore aujourd’hui.

 

bencharong-3

 

Ensuite vient l’artisanat, qui commence avec l’évocation des « produits Bencharong » qui sont en fait les céramiques émaillées anciennes vernies à cinq couleurs (bencha cinq, rong couleur) qui étaient utilisées à la Cour. Mais ce qui est intéressant et assez rare est que ces ustensiles anciens sont « à nouveau produits pour un usage quotidien et pour l’exportation ». Ils sont redevenus un marqueur culturel. Ensuite quelques pages sont consacrées à l’artisanat populaire avec le masque Khon porté par les personnages du Ramakien, les produits laqués, les articles « Nielle » et l’art de décorer  les ustensiles en argent.

 

Par contre ensuite pour la première fois, l’auteur décrit un projet gouvernemental : l’OTOP, un tambon, un produit. Ce projet vise surtout à « renforcer le développement communautaire » en générant des revenus. Il termine sur l’argenterie, les objets en bronze et la soie.

 

Aux 2/3 du livre (p.119) l’auteur se devait d’aborder ce qui est le «  lien » fondamental de toute culture : la langue.

 

danses-thaies

 

Après le rappel classique de l’origine et du caractère infléchi tonale de la langue (les 5 tons), l’auteur adopte la présentation officielle qui renvoie les langues du sud, du nord et du nord-est à des dialectes régionaux. Il précise ensuite que la société thaïe est très hiérarchisée et que des termes spécifiques sont requis pour s’adresser aux différentes personnes, selon le statut social, l’âge, la richesse, le lien de parenté, d’amitié… avec un vocabulaire particulier pour le roi et la reine et la famille royale. Il évoque ensuite p.124, le système des noms qui est lié à « l’astrologie ». J’y vois le désir « religieux »  (« superstitieux » ?) de se protéger en se mettant sous les bons auspices du « ciel ». Le livre commençait, on s’en souvient, par les amulettes, l’offrande à la maison des esprits. Il y a, je crois, dans ce désir de protection, un trait « culturel » fondamental.

 

Le chapitre suivant intitulé « Identité nationale » (p.127/ p.145) fait l’impasse sur ce qui en  constitue souvent les « fondamentaux » (la langue ayant été traitée dans le chapitre précédent), à savoir l’Histoire et ses valeurs  pour ne décrire que ses symboles « nationalistes » : l’hymne national, le drapeau, les trois emblèmes nationaux  (la fleur « jaune » rathaphruek, l’éléphant et le sala thaï (pavillon de style thaï) ), l’hymne royal.


drapeauthai

 

En effet, on ne peut échapper à l’hymne national et nous avons tous été étonnés la première fois, quand dans la rue à 8 h et à 18 h les gens s’arrêtent pour écouter l’hymne national, ou bien , en passant devant une  école assister au début des cours à la levée des couleurs et d’écouter les élèves chanter l’hymne national, ou bien encore dans une salle de cinéma, avant la projection du film, voir tout le monde se lever pour écouter l’hymne avec la photo du roi à l’écran. Je suis plus surpris ensuite par le choix des processions de barges royales (sic).

 

Par contre, j’avoue mon ignorance à propos du sourire, un véritable système de communication, dit-elle. J’en étais encore au  pays du sourire et ne savais pas que derrière se cachaient en fait 18 types de message  (voire plus ?) de sourires répondant à des situations et sentiments codés, du style : grand, penaud, méprisant, sec, embarrassé, amical non reconnu (sic), joyeux, triste, encourageant, épanoui, doux, honteux, encourageant, provocant, dédaigneux, contenu.

 

wai

 

J’aime assez cette « découverte » qui nous invite à plus d’humilité dans ce que l’on croit savoir d' une culture. Le chapitre se termine sur l’usage du waï. Il n’est pas propre à la Thaïlande, mais souvent le premier geste « coutumier » que l’on apprend.

 

Ensuite le livre aborde les arts du spectacle (p. 145/163) avec les danses et pièces de théâtre, chansons interprétées lors des festivals et /ou cérémonies (le li-ké, le cam tat, le mo lan dans le nord-est, le nova dans le sud, la danse masquée Khon, et bien sûr le célèbre ramakien dérivé du Ramanaya (si important dans l’enseignement populaire bouddhiste))…

 

Le livre se termine par le chapitre « styles de vie » (p. 163/179), avec un curieux rappel du mâchement passé de la noix de bétel, et un catalogue disparate qui va du pagne au poisson de combat, à la boxe, aux cerfs volants, et pour la fin : les massages et saunas aux herbes.

 

Conclusion

Le livre qui se présentait comme un manuel qui devait fournir les « connaissances fondamentales » sur les coutumes et  la culture thaïe ne dit rien sur la culture actuelle. Il n’y a aucune référence à la littérature, peinture, cinéma, chansons, séries TV, nouveaux modèles culturels et styles de vie  de la société de consommation … sur cette « confrontation  » entre les coutumes, traitées ici de façon « classique », et les nouvelles aspirations culturelles et « modernes ».

 

 

 

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