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  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 23:02

Terra-IncognitaDocument.

 

Avant de pénétrer plus avant dans le royaume de Siam, il est bon de relater ici l'état de nos connaissances sur cette contrée. En 1856, à l'époque où M. de Montigny remplissait sa mission, toute la partie intérieure de l'Indo-Chine était presque entièrement inconnue. Du cours du Mékong lui-même, on ne connaissait qu'un seul point, Xieng-Hong, situé par le 22° de latitude nord, auquel était parvenu le lieutenant anglais Mac Leod, en 1837.

 

Xieng thong

 

Nous ne pouvons mieux faire, du reste, pour donner une idée exacte de cette situation, que de reproduire ici même, à titre de document, la note que M. Jomard adressait à M. de Montigny

 

Montigny

 

sur le royaume de  Siam, en novembre 1855, et dans laquelle il indiquait en même temps les points principaux à élucider.

 

Nota. Est-ce que M. Jomard avait pris connaissance du livre de Mgr Pallegoix intitulé « Description du royaume thaï ou Siam » publié à Paris en 1854 ?


 copiage.jpg


LE ROYAUME DE SIAM

 

1.-- GÉOGRAPHIE

 

Selon John Crawfurd (ambassade à Siam)

 

Crawfurd

 

le royaume de Siam se composait en 1822, des contrées suivantes :

 

1° Siam proprement dit, habité par la race siamoise ;

2° Une grande portion de Lao (ou Laos) ;

3° Une portion de Cambodge ;

4° Certains États malais, tributaires de Siam.

 

La limite la plus méridionale est à la rive ouest de la presqu'île Malay, à Kurao, S0 nord.

La limite est  à Kamamong, 5° nord, au moins, jusqu'au 105° longitude est de Greenwich.

La limite nord, probablement jusqu'au 21° nord. La limite ouest à 97° est, longitude Greenwich, comprenant des îles désertes, baie du Bengale. Siam a ainsi, au moins, 16° en latitude et environ 7° en longitude : surface 190,000,000 milles géographiques carrés.

 

La Loubère 02

 

1° Il y aurait à vérifier cette division du pays de Siam, ces limites, cette étendue (le rectangle entier ferait plus de 403,000 milles carrés);

 

2° Les cartes de Symes, de J. Crawfurd, de Wyld, même la carte toute récente de Mgr Pallegoix sont peu satisfaisantes, vagues et incomplètes ; le cours des rivières est à rectifier.

 

carte

 

Un point curieux de géographie est à éclaircir :

 

la rivière Meinam, qui traverse le royaume de Siam dans toute sa longueur, nord et sud, se rejoint avec le Meinam de Cambodge, au moyen d'une rivière qui les unit, dit-on, tous les deux ; c'est un fait rare en hydrographie coutinentale. La source du Meinam est très reculée, mais on peut prendre des informations sur son emplacement : les cartes sont contradictoires sur ce point ;

 

La Loubère06

 

3° La partie du Laos, réunie à Siam, n'est pas déterminée, c'est une lacune à remplir.

 

II. — POPULATION

 

4° La population de Siam paraît avoir été beaucoup exagérée par les voyageurs qui estiment que la capitale seule, Bang-kok, compte 400,000 âmes : des géographes l'ont réduite beaucoup trop en la réduisant à 90,000 habitants. La population principale se compose de Chinois ; les races siamoise, cochinchinoise, hindoue, malaise, noire, composent le reste;

 La Loubère 03

 

5° Il est à désirer qu'on recueille des types exacts des diverses physionomies bien caractérisées, notamment les hommes de couleur noire, appelés nègres, improprement sans doute, par certains auteurs ;

 sia;ois

6° Les villes, dans un pays aussi peuplé, doivent être assez nombreuses : les descriptions n'en font connaître qu'un petit nombre, trois ou quatre ; il faut s'informer à cet égard et déterminer la population de chacune des cités ou grosses bourgades;

 

7° La ville appelée aujourd'hui par les Européens, Siain, a succédé à une antique ville florissante, entièrement ruinée : ce lieu s'appelait Si-yo-thy-ya. Y a-t-il des vestiges de son ancienne grandeur ?

 La Loubère 09

 

Bang-kok, la capitale actuelle, est une ville flottante en très grande partie : les détails manquent sur cette disposition des lieux.

 

III. — MOEURS, USAGES, INSTITUTIONS

 

8° Selon un voyageur, les Siamois ont horreur d'un geste fait au-dessus de leur tête ; ils ne peuvent rien souffrir au-dessus de leur tête. Pour qu'il n'arrive pas que quelqu'un habile et marche au-dessus de leur tête, ils n'ont pas de maison à deux étages ; toutes les maisons consistent en un rez-de-chaussée.

 

La Loubère 04

Cette singularité bizarre a besoin d'explication. Les obsèques, les mariages donnent lieu à des cérémonies peu connues.


 BEAUVOIR-02

On recommande les questions suivantes :

 

9° Recueillir des notions sur les lois de succession, les castes, les conditions diverses des habitants, l'administration, les institutions, les écoles et le commerce avec la péninsule malaise, la Cochinchine, la Chine, etc. ;

 

10° Sur les armes, les instruments, les poids et mesures, etc.

 monnqies

On peut conclure d'un passage du livre de Crawfurd que les Siamois ont une brasse longue de 1m,98 : ce point est à vérifier ;

 

11° L'ère siamoise a-t-elle commencé en l'an 641 de Jésus-Christ ? Cela résulterait -du synchronisme de l'année siamoise 755 avec l'année 1406 de l'ère chrétienne ;

 

12° La religion de Bouddha est dominante; quels sont les autres cultes pratiqués et tolérés dans le royaume ? Cérémonies religieuses; influence des prêtres sur le gouvernement ? Nombre des monastères ?

 

IV. — ARTS, SCIENCES, LITTÉRATURE, ARCHITECTURE

 

L'architecture, la sculpture, le travail des métaux et des matériaux divers sont assez avancés pour qu'on puisse comparer les ouvrages des Siamois avec ceux des Indiens et des Chinois. Leurs monuments ont un caractère propre et une certaine grandeur ;

 

La Loubère 11

les statues de Bouddha sont innombrables; elles sont travaillées avec art.

 

Monuments :

 

Les voyageurs et les savants se sont peu occupés des antiquités de Siam, du moins pas autant que des productions, du commerce, de la population et de la politique. Il y existe pourtant des monuments anciens dignes d'être, non seulement décrits, mais figurés comme l'ont été ceux de l'lndostan. John Crawfurd (mission de 1822) doit être excepté ; mais ce qu'il dit des monuments fait sentir le besoin d'avoir des notices et surtout des dessins complets. Par exemple, cet envoyé anglais avoue qu'il n'examina d'abord que légèrement et en passant le temple bouddhique de Gautama (de Bangkok) qui n'est pas le plus grand des temples siamois. Les murs étaient revêtus de papier de Siam, doré, couvert de peintures d'un beau travail, qui retracent les aventures de Rama. Ces bâtiments, dit-il, supposent une énorme dépense de travail et de matériaux, et un grand progrès dans les arts et la civilisation. 


 palais b

 

Il s'y trouve des statues gigantesques de Gautama, avec d'autres, en nombre considérable, d'une moindre proportion. L'une d'elles, représentée debout, est en cuivre doré, elle a 35 pieds anglais 3/4; sa largeur, aux épaules, est de 6 coudées; chaque pied a 2 coudées et 2 pouces ; une inscription apprend que le temple a coûté 465,440 ticaux, ce qui équivaut à 58,180 livres sterling (1,454,500 francs). Le grand temple renferme une belle bibliothèque pleine de riches et beaux livres écrits en Bali ;

 

13° Outre les monuments plus ou moins récents qui ornent la ville de Bang-kok, il y a des ruines d'anciens édifices qui méritent d'être visitées et sur lesquelles J. Crawfurd ne donne pas de détails;

 

14° Les grands temples ont des bibliothèques riches en livres de poésie, de littérature, d'histoire et de religion ; y en a-t-il sur la navigation et le commerce? On prétend qu'il s'y trouve des hommes instruits en astronomie. Il serait utile de rapporter la nomenclature siamoise des principales constellations, les livres astronomiques (s'il y en a), les almanachs, les calendriers et généralement les vocabulaires des divers idiomes;

 

15° Recueillir aussi les instruments de musique, les airs notés, etc.

 

musique.jpg

 

V. — HISTOIRE NATURELLE, CLIMAT, PRODUCTIONS, ETC.

 

16° Des observations météorologiques suivies seraient une acquisition précieuse et toute neuve; on ne s'est pas occupé de l'étude du climat dans le royaume de Siam, si ce n'est pour apprécier la température. Il faudrait faire connaître les vents régnants, les courants, les pluies tropicales et leur limite et les autres points essentiels de la météorologie;

 

17° Les montagnes n'ayant pas été décrites par les voyageurs, le climat des parties élevées du sol est encore moins connu que celui de la vallée du Meinam; il dépend d'ailleurs de la direction des chaînes et de l'altitude des points culminants, choses sur lesquelles on ne sait presque rien ;

 

18° La géologie de Siam est tout entière à créer ; la nature du sol, celle des roches demandent à être déterminées;

 

19° Quelles sont les mines exploitées ou h travailler? Les métaux précieux, les gemmes, la houille, le cuivre et le fer, etc.

 

20° On sait assez que l'étain y abonde ; l'or et les émeraudes qu'on voit dans les temples sont-ils extraits du pays ?

 

Passant sous silence tout ce qui regarde les végétaux, nous poserons deux questions sur les animaux rares du pays;

 

21° L'éléphant blanc était autrefois rangé parmi les albinos : cet animal à Siam est naturellement de couleur blanche, et non blanc par maladie ou par une cause accidentelle ; son existence n'est plus mise en question, mais il y a lieu de faire encore beaucoup d'observations. L'on sait qu'il existe à Siam des éléphants mi-partie blancs, mi-partie noirs; la teinte, blanc pur, par tout le corps, fait la rareté de l'individu; aussi la superstition populaire suppose que les éléphants blancs sont l'habitation de l'âme d'un roi puissant, marchant par degrés à la perfection; ils sont respectés et traités en princes, ont chacun dix serviteurs et portent le titre de Roi puissant, de Roi merveilleux. Ces animaux viennent de la forêt de Pisilak, à peu de distance du Meinam. Ceux que Crawfurd a vus à Bang-kok étaient bien portants, sans aucun signe de maladie ; le plus petit avait six pieds six pouces.

 

Plusieurs voyageurs parlent d'un très fort quadrupède, du royaume de Siam, qui a de l'analogie avec le rhinocéros, et qui est armé d'une grande corne implantée sur le front, animal féroce qui peut redresser sa corne en avant et frapper avec. Cette description convient très bien avec celle que les Ouadâyens ont faite au Cheykh-el-Tounsy et plusieurs Africains à M. Fresnel, le distinguant du rhinocéros dont la corne pose sur le nez; ce savant compare l'animal africain très rare dont il s'agit à l'unicornis, à la licorne si longtemps cherchée et reléguée parmi les animaux fabuleux. On l'appelle abouearn, traduction exacte du mot unicornis, dont Pline s'est servi. Il serait important de prendre les informations les plus exactes sur l'animal siamois, d'en rapporter au moins la dépouille et la corne avec son attache sur le front. Ce serait une véritable conquête pour l'histoire naturelle, surtout si un hasard heureux procurait aussi l'animal africain.

BEAUVOIR- 01 

Le simple énoncé de questions aussi étendues suffit à montrer la durée qu'impliquaient, nous ne dirons pas leur solution, mais la seule recherche des éléments destinés à la préparer. On ne s'étonnera donc pas que M. de Montigny n'ait pas trouvé le secret de concilier les nécessités de sa mission diplomatique — la seule dont il fut d'ailleurs investi — avec des travaux qui, sous leur apparence accessoire, embrassaient un champ assez vaste pour occuper laborieusement les investigations spéciales d'une mission scientifique de plusieurs membres, pendant de longs mois.

 

Car les questions proposées à son zèle reconnu pour la science ne se bornaient pas à celles de M. Jomard. La Société de Géographie avait aussi formulé les siennes par l'organe de MM. Walcknaer, de la Roquette, Jomard, Cortambert, Alex. Bonneau et Alfred Maury, chargés par elle de dresser la liste des principaux desiderata de la géographie du royaume de Siam.

 

Enfin le Muséum avait à son tour rédigé des instructions, en vue de diverses recherches relatives à certains points de culture, de botanique et de zoologie.

 

Sans titre-1

 

L'exécution d'un pareil programme dépassait, évidemment, de beaucoup la capacité d'un seul homme dont le temps se trouvait, par surcroît, étrangement limité.

 

Mais, si M. de Montigny eut ainsi le regret de ne pouvoir réaliser pleinement l'impossible effort qu'on lui avait demandé, on verra qu'il n'en sut pas moins employer son activité de manière à provoquer les hommages et la gratitude du monde savant.

 

 

Nous essayerons de vérifier si le livre de Mgr Pallegoix, « Description du royaume thaï ou Siam » publié à Paris en 1854, ne répond pas à plusieurs de ces questions.

 

harem 01

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