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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 18:23
DES HOLLANDAIS DU WAT PA KE DE LUANG PRABANG AUX HOLLANDAIS DU TEMPLE DE THAT PHANOM EN ISAN (NORD-EST)

Notre fidèle correspondant et ami, l’érudit Niçois Jean-Michel Strobino, que nous connaissons par de nombreux articles (1), nous livre le résultat de ses recherches sur un sujet qui demeure mystérieux et qui, depuis Luang Prabang au cœur du Laos, va nous conduire sur l’autre rive du Mékong, sur le site de That Phanom, situé entre Mukdahan et Nakonphanom, l’un des lieux le plus sacré du bouddhisme en Isan. Son article a été publié sous le titre « A propos des « Hollandais » du Vat Pa Khe de Luang Prabang »  dans la revue « Philao », numéro 106 du premier trimestre 2017, Bulletin de l’Association internationale des collectionneurs de timbres-poste du Laos. Nous le reproduisons avec son aimable  autorisation et celle de Monsieur Philippe Drillien son Président, nous les en remercions (2).

Parmi les nombreux monastères que compte le centre historique de Luang Prabang, le Vat Pa Khe est certainement l’un des plus originaux.

DES HOLLANDAIS DU WAT PA KE DE LUANG PRABANG AUX HOLLANDAIS DU TEMPLE DE THAT PHANOM EN ISAN (NORD-EST)

En plus des motifs décoratifs habituels que l’on rencontre dans tous les édifices religieux du Laos (compositions florales ou animales, arabesques, divinités ou princes, têtes de monstres ou de dragons, scènes tirées du grand poème épique de Pra Lak Pra Lam…), ce monastère abrite quelques représentations plus inattendues. En effet, certains des personnages sculptés qui ornent les vantaux de portes du vihan sont d’origine européenne : ceux de la façade orientale montrent des marchands hollandais en costume du XVIIe siècle et ceux de la façade nord des Italiens, probablement des pères jésuites.

DES HOLLANDAIS DU WAT PA KE DE LUANG PRABANG AUX HOLLANDAIS DU TEMPLE DE THAT PHANOM EN ISAN (NORD-EST)

Ces représentations ont valu au Vat Pa Khe le surnom de « pagode des Hollandais ».

 

L’origine de ces étranges portraits a suscité de nombreuses questions de la part de tous ceux qui se sont intéressés au problème depuis la fin du XIXe siècle : explorateurs, historiens de l’art laotien ou spécialistes locaux. Leurs interprétations ont soulevé une controverse, aujourd’hui toujours ouverte, à laquelle même notre revue a pris part dans deux articles (Philao n°14, août 1975 et n°15, octobre 1975).

 

A mon tour j’ai souhaité me pencher sur la question et y apporter ma part de réponse. En relisant avec beaucoup d’attention les différents textes qui abordaient le sujet et après les avoir mis en parallèle, j’ai découvert quelques éléments jusque là peu exploités qu’il m’a paru intéressant de présenter dans cet article. J’espère que cette contribution ouvrira de nouvelles pistes de réflexion pour permettre d’enrichir ce passionnant débat.

 

Les étrangers du Vat Pa Khe

 

Le Vat Pa Khe a été construit vers 1853 sur ordre de Chantharath, roi de Luang Prabang. C’est un bel exemple de la richesse et de la variété de l’art décoratif lao. En particulier les motifs de boiseries sculptées, vantaux de portes ou de fenêtres, dénotent une richesse de décor exceptionnelle.

 

DES HOLLANDAIS DU WAT PA KE DE LUANG PRABANG AUX HOLLANDAIS DU TEMPLE DE THAT PHANOM EN ISAN (NORD-EST)

Soucieux d’éviter la monotonie dans l’ornementation, ceux qui ont participé à la décoration du monastère ont fait preuve d’une grande créativité en laissant libre cours à leur esprit d’imagination. Ils n’ont pas hésité à s’inspirer d’influences et d’éléments étrangers qu’ils ont intégrés de manière habile et quelquefois originale aux représentations animales, végétales ou humaines plus classiques.

 

Dans son ouvrage L’art décoratif au Laos (Arts asiatiques, tome IX, P.U.F., 1964) Henri Marchal insiste sur le raffinement de la décoration des vantaux sculptés des portes de pagodes au Laos « où l’art de ce pays a réalisé ses plus belles conceptions. »

 

Il explique que ces vantaux sont le plus souvent composés par « un personnage au costume somptueux qui se dresse debout sur un animal plus ou moins fantastique, encadré dans un réseau d’entrelacs et de fleurons.»

 

Au Vat Pa Khe les vantaux sculptés de personnages étrangers sont la preuve de la volonté des artistes locaux d’enrichir en permanence la décoration, y compris par des apports exotiques inspirés de la lointaine Europe.

 

Ces portraits, reproduits dans tous les ouvrages qui traitent de Luang Prabang ou de l’art du Laos, sont suffisamment célèbres pour que je me limite ici à une description sommaire.

 

Les « Hollandais » : Les vantaux de la porte sud de la façade orientale du vihan représentent deux Occidentaux se tenant debout sur des gazelles dans un décor de palmiers stylisés en arrière-plan. Ils tiennent une longue pipe à la main, portent un chapeau à plumes à haute calotte (ou haute-forme) et larges rebords et des costumes semblables à ceux que portaient les marchands hollandais de la Compagnie des Indes orientales au XVIIe siècle. Ils pourraient rappeler le souvenir des membres de la mission commerciale ordonnée par le gouverneur-général de la Compagnie et conduite par Gerrit Van Wuysthoff, qui furent les premiers Européens à atteindre Vientiane en 1641.

DES HOLLANDAIS DU WAT PA KE DE LUANG PRABANG AUX HOLLANDAIS DU TEMPLE DE THAT PHANOM EN ISAN (NORD-EST)

Photos : Suzette Schoebitz

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Les « Italiens » ou « Vénitiens » : les deux personnages qui figurent sur la porte occidentale de la façade nord du vihan portent des habits de style italien. Si l’on en juge par la culotte bouffante et le petit bonnet ou chapeau plat sur le haut du crâne, il pourrait s’agir des premiers Jésuites (vénitiens ou piémontais) envoyés en mission au Laos au milieu du XVIIe siècle, dont le plus célèbre est le père Giovanni Maria Leria.

DES HOLLANDAIS DU WAT PA KE DE LUANG PRABANG AUX HOLLANDAIS DU TEMPLE DE THAT PHANOM EN ISAN (NORD-EST)
DES HOLLANDAIS DU WAT PA KE DE LUANG PRABANG AUX HOLLANDAIS DU TEMPLE DE THAT PHANOM EN ISAN (NORD-EST)

Rappelons toutefois qu’il est peu probable que Van Wuysthoff ou le père Leria se soient rendus à Luang Prabang au cours de leurs voyages respectifs au Laos.

 

Autres descriptions et illustrations d’étrangers dans l’imagerie locale

 

Au Laos et au Siam, la présence d’étrangers dans l’ornementation locale est rare, hormis dans quelques sites particuliers. C’est Francis Garnier qui, le premier, en mentionne l’existence dans une pagode qu’il visite au cours de la célèbre mission d’exploration du Mékong à laquelle il participe de 1866 à 1868. Dans la publication officielle de l’expédition (Voyage d’exploration en Indo-Chine effectué par une commission française, tome I, 1873), il signale des fresques à l’intérieur d’un sanctuaire de la rive siamoise du fleuve, sur lesquelles figurent des Occidentaux :

 

« Peu Nom, (transcription  actuelle Phanom – พนม) où la Commission arriva le 22 février 1867, est un village important situé sur la rive droite du fleuve, à une trentaine de milles de Ban Mouk, vis-à-vis de l’embouchure du Sé Bangfay. C’est un lieu célèbre dans tous le Laos inférieur par le sanctuaire qu’il possède (…) La pagode est construite dans le style des temples siamois modernes et les murailles sont couvertes de fresques représentant les sujets les plus variés. De chaque côté de la porte d’entrée sont deux figures représentant un seigneur européen et sa femme en grand costume du seizième siècle ; l’original de ce dessin aurait été offert à une ancienne pagode, jadis construite sur l’emplacement de celle-ci, par l’ambassadeur hollandais Wusthof… »

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Dans la version détaillée de sa relation de voyage qu’il rédige pour le journal Le Tour du Monde (années 1870, 1871, 1872 et 1873), la description de ces fresques est encore plus précise :

 

« Mais revenons à la pagode de Peunom. Nous en visitâmes l’intérieur. Les murailles sont couvertes de fresques semblables à celles de la plupart des pagodes de Bangkok et figurant les sujets les plus divers, mystères religieux, combats singuliers, palais célestes, dieux ou mandarins en promenade, enlèvements de princesses, supplices infernaux (…) lions, tigres, éléphants, dragons (…) et une foule d’autres animaux fantastiques. Nous remarquâmes particulièrement de chaque côté de la porte d’entrée deux figures représentant un seigneur du seizième siècle et sa femme en grand costume ; on nous assura que cette peinture n’était que la reproduction d’une autre plus ancienne de la vieille pagode. L’original avait été offert par un ambassadeur hollandais envoyé vers 1641 en mission à la ville capitale de Vien Chan, située un peu plus haut sur le fleuve, et les bonzes l’avaient soigneusement conservé en souvenir de son passage. »

 

Dans chacune des publications, ces passages sont illustrés par la même gravure, d’après un dessin de Louis Delaporte, qui représente un noble gentilhomme vêtu dans le style hollandais du XVIIe siècle.

 

En 1877, au cours de l’une de ses nombreuses missions scientifiques le long du Mékong, au cœur du Laos, le docteur Harmand remarque lui aussi sur la porte de la même pagode ces fresques mettant en scène des Occidentaux (Le Tour du Monde, années 1879, 1880) :

 

« Le 30 avril au soir, à la nuit faite, j’arrivais à Peunom, célèbre dans tout le Laos par sa vieille pagode et sa bonzerie. Dès le lendemain matin, j’escaladai la berge pour aller visiter le monument (…) L’intérieur, très sombre, est couvert de fresque dégradées (…) Les volets et les baies des fenêtres sont décorés de personnages presque de grandeur naturelle représentant des Chinois, des Birmans et aussi des Européens. J’ai trouvé là, pour mon compte, le marquis classique, avec son tricorne, sa perruque poudrée, son jabot de dentelles, sa culotte et ses bas bien tirés, copié sans doute sur quelque vieille image rapportée de Bang-kôk il y a bien longtemps… »

 

Lors de son passage à Peunom en juillet 1894, Auguste Pavie semble ne pas avoir remarqué les fresques : « … nous stationnons à Peunom, le pays du sanctuaire le plus célèbre du Laos, devant le confluent du Sé-bang-hien… » (Mission Pavie Indo-Chine, tome II, Ernest Leroux, 1906).

 

La pagode de Peunom décrite par Garnier, Harmand et Pavie correspond à l’actuel Wat Phra That Phanom, un temple très populaire situé sur la rive droite du Mékong, dans la province thaïlandaise de Nakhon Phanom, en face de la confluence de la rivière Xe Bangfai (côté laotien). Chaque année en février, s’y déroule un célèbre festival qui attire pendant une semaine des milliers de pèlerins.

 

Ce temple a été construit au XVIe siècle par Setthathirath, roi de Lane Xang. Le bâtiment principal, en mauvais état, s’est effondré en 1975 à la suite de fortes pluies. Il a été entièrement reconstruit en 1978 mais les fresques d’origine n’existent plus...

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D’autres temples en Thaïlande possèdent des fresques où figurent des portraits d’étrangers, en particulier le Wat Phumin. Cette pagode de la vallée de Nan (dont la partie orientale fut cédée à la France en 1893) a été fondée en 1596 et restaurée vers la fin du XIXe siècle sous le règne de Chao Ananta. Elle est célèbre pour ses peintures murales réalisées en 1894 par l’artiste laotien Thit Buaphan, dont plusieurs représentent des Occidentaux.

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Etranges comparaisons

 

Prenons le temps de rapprocher les rares illustrations d’étrangers qui sont parvenues jusqu’à nous et comparons-les avec les sculptures des vantaux du Vat Pa Khe.

 

On est frappé par la ressemblance entre l’image du gentilhomme figurant sur les fresques de la pagode de Peunom et les marchands hollandais du monastère de Luang Prabang.

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Bien sûr on constatera certaines différences dans leur représentation qui peuvent s’expliquer de plusieurs manières :

  • les techniques utilisées ne sont pas les mêmes : les peintures exécutées a tempera sur des surfaces sèches de temples permettent d’apporter plus de nuances et de détails que la technique de la sculpture sur bois,
  • l’époque à laquelle a été réalisée chaque œuvre : près de deux siècles séparent les deux représentations (XVIIe et XIXe siècles),

- il faut aussi prendre en compte les influences artistiques propres aux différentes sphères culturelles concernées : Isan, Lan Na, Luang Prabang.

 

Néanmoins, malgré quelques disparités, on imagine facilement que l’artiste qui a sculpté les Hollandais de Luang Prabang ait pu être inspiré par le personnage peint sur les murs de Peunom avant son effondrement.

 

On pourrait, de la même manière, trouver aussi quelque ressemblance entre ces missionnaires du Wat Phumin et les « Vénitiens » de Luang Prabang.

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Où les artistes locaux ont-ils puisé l’inspiration qui leur a permis de reproduire avec autant de précision ces Occidentaux que pourtant peu de Laotiens avaient eu l’occasion de côtoyer ?

 

H. Parmentier dans L’Art du Laos (A. Maisonneuve, 1955) et P. M. Gagneux alias Tao Boun Souk dans Louang Phrabang, 600 ans d’art bouddhique lao (Bulletin des amis du Royaume Lao, 1974) ont avancé l’hypothèse, pour ce qui concerne les étrangers du Vat Pa Khe, que l’artiste avait pu s’inspirer de « nobles étrangers européens » figurant sur des estampes chinoises des XVIIe et XVIIIe siècles. Il existe en effet dans la production artistique chinoise (mais aussi japonaise qui en a fait un style spécifique appelé nanban-e) de nombreuses représentations de personnages occidentaux ayant pu servir de modèle.

 

Cette hypothèse est la plus fréquemment admise parmi les spécialistes. Elle semble sérieuse et logique, si l’on considère la proximité géographique et les liens privilégiés qu’ont toujours entretenus le royaume de Lane Xang et l’Empire chinois.

 

Cependant, cette explication me laisse quelque peu perplexe. Comment imaginer que des artistes lao aient pu atteindre un tel degré de réalisme dans la représentation d’étrangers en ayant pour seuls modèles des portraits d’Occidentaux que les estampes chinoises avaient sans doute déjà adaptés à leur style ? La copie de la copie d’un original est rarement fidèle !

 

Et si leur source d’inspiration venait d’ailleurs ? Si les personnages étrangers du Vat Pa Khe avaient été inspirés par d’autres modèles, plus « authentiques » que ceux provenant des estampes chinoises ?

 

La « piste hollandaise »

 

Selon P. M. Gagneux, les premiers Européens qui ont visité le Laos au milieu du XVIIe siècle n’ont pas marqué durablement la mémoire locale au point de figurer sur des vantaux d’un monastère royal, encore moins à Luang Prabang où l’on pense qu’ils ne se sont jamais rendus.

 

Aujourd’hui, je me permets de remettre en question cette affirmation. En effet, d’après mes dernières recherches sur les étrangers du Vat Pa Khe, je suis convaincu que les Hollandais qui ont visité le Laos au XVIIe siècle ont laissé plus de traces qu’on ne l’imagine.

 

On leur doit tout d’abord le premier texte significatif dont on dispose sur le Laos : la relation de voyage du marchand Gerrit Van Wuysthoff qui a dirigé la fameuse mission commerciale envoyée par la Compagnie des Indes orientales au Laos entre 1641 et 1642. La traduction française la plus complète et la plus fidèle a été faite par Jean-Claude Lejosne (Le journal de voyage de Gerrit Van Wuysthoff et de ses assistants au Laos, Cercle de culture et de recherches laotiennes, Paris, 1986). Ce remarquable ouvrage, enrichi de nombreux commentaires et notes, m’a été fort utile pour ce travail.

 

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C’est en relisant attentivement la traduction du récit d’origine de Van Wuysthoff qu’un détail a attiré mon attention. Il y est mentionné que les membres de l’expédition offraient toutes sortes de présents aux notables locaux (princes, prêtres, fonctionnaires…) rencontrés sur leur parcours, ainsi que le voulait la coutume. Ces cadeaux avaient pour but de les remercier pour leur hospitalité mais aussi de s’attirer leurs bonnes faveurs. Ils permettaient en plus de stimuler de nouveaux marchés, face à la concurrence acharnée des Portugais et des Anglais dans la région.

 

Les objets offerts par les marchands hollandais étaient essentiellement des produits textiles (pièces de mousseline, satin, cotonnade ou damas), mais aussi quelques produits plus précieux (bijoux, ambre, corail) ou plus insolites comme des longues-vues ou encore des « miroirs-livres ».

 

Intrigué par ce dernier objet, j’ai essayé d’en savoir plus mais il est malheureusement très difficile  de trouver le moindre renseignement ou illustration sur le sujet.

 

J.-C. Lejosne explique dans son ouvrage que le terme est la traduction littérale du néerlandais « boeckspiegeltjen ». Il s’agit de deux ou trois glaces reliées par des charnières et dans lesquelles les images sont démultipliées. Ce produit qui venait de Nuremberg était un cadeau très apprécié à l’époque pour son côté original, voire magique. En effet, sous l’effet combiné des différents miroirs et suivant l’angle qu’on leur donnait, les images ou personnages étaient reproduits à l’infini, créant une certaine fascination pour ce gadget avant l’heure. Ces miroirs-livres, quelquefois dénommés « curiosités de Nuremberg », ont longtemps été utilisés comme monnaie d’échange par les explorateurs hollandais ou allemands durant leurs expéditions.

 

Ainsi, le récit de Van Wuysthoff nous apprend qu’un grand nombre de ces miroirs-livres ont été distribués par les marchands hollandais au cours de leur voyage le long du Mékong, entre Phnom Penh et Vientiane. J’ai relevé pas moins de dix passages où il en est fait mention, parmi lesquels :

 

Le 8 août 1641 : « …l’après-midi les capitaines laotiens se sont présentés au Radia Pourson (sorte de prêtre suprême) de Sambabour (Sambor au Cambodge ?) et ont marqué leur respect en offrant une pièce de bétille (mousseline) blanche et un petit miroir-livre… »

 

Le 10 août 1641 : « Nous avons été invités avec tous les capitaines chez le Tévinia (administrateur civil placé sous les ordres du Radia Pourson) et, selon la coutume, nous lui avons fait l’honneur de lui offrir un petit miroir-livre. En retour, il nous a offert du riz, du poulet et de l’arak… »

 

Le 23 septembre 1641 : « Nous sommes arrivés dans l’après-midi à Oknum (actuelle Pak Moun). Un Tévinia nous a offert des poulets, des noix de coco, du riz et autres nourritures. Nous avons marqué notre gratitude en offrant un petit miroir-livre. »

 

Le 19 décembre 1641 : « Puisque je dois me préparer à quitter demain Vientiane, j’ai pris des dispositions envers le Tévinia Tahom, puisque c’est lui qui est intervenu auprès du roi et des nobles et qui s’est donné beaucoup de peine. Par l’intermédiaire de notre interprète, et comme c’est la coutume, je lui ai offert une pièce de damas rouge, une paire de bétilles et deux petits miroirs-livres. J’ai également donné au Napra (fonctionnaire subalterne) qui avait été chargé par Sa Majesté de faire monter la garde par quatre esclaves devant nos quartiers pour empêcher les importuns de pénétrer chez nous et aussi pour servir de commissionnaire à chaque fois qu’il était nécessaire, une pièce de madop (cotonnade servant à faire des vêtements) et un petit miroir-livre. Enfin, à chacun des esclaves, j’ai offert un miroir-livre de même type. »

 

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Enfin, voici le passage qui a le plus attiré mon attention car il concerne le site de Peunom que nous avons déjà évoqué plus haut :

 

Le 16 octobre 1641 : « Nous sommes arrivés l’après-midi à Pha Panom, un gros village où réside le Radia Talempoy. Sur avis des capitaines, nous sommes allés le saluer et lui avons offert un petit miroir-livre. Nous n’étions pas du tout obligés de le faire, mais nous voulions uniquement lui montrer que nous respectons les coutumes locales… »

 

Ce témoignage confirme donc ce qu’écrivait 226 ans plus tard F. Garnier dans Le Tour du Monde (voir p. 5) à propos de l’origine du fameux seigneur hollandais représenté sur les murs de la pagode de Peunom. C’est bien l’image contenue dans le miroir-livre offert par les membres de la mission hollandaise qui, conservée précieusement par les bonzes, a servi plus tard d’inspiration à un artiste-peintre pour représenter des étrangers sur des fresques.

 

Et s’il en était de même pour les Hollandais du Vat Pa Khe ?

 

On pourrait ainsi imaginer qu’un des nombreux miroirs-livres donnés par Van Wuysthoff et ses assistants ait été ramené à Luang Prabang par celui qui l’avait reçu. Puis, il aurait été soigneusement rangé dans la bibliothèque d’un monastère où il serait resté longtemps à l’abri des regards, à moitié oublié. A la construction du Vat Pa Khe en 1853, lorsqu’on a confié à un artiste local le soin de sculpter des étrangers pour diversifier la décoration du monastère, quelqu’un s’est alors souvenu qu’un vieil objet contenant l’image d’un Européen reposait sagement quelque part depuis plus de deux siècles…

 

Le modèle était bien plus fidèle que ceux qui illustraient les estampes chinoises.

 

Désormais, il ne reste plus qu’à retrouver un de ces miroirs-livres pour confirmer la « piste hollandaise » !

 

©Jean-Michel STROBINO

Nice, Novembre 2016

 

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QUELQUES OBSERVATIONS

 

• Malgré des recherches que nous avons menées sur le site de That Phanom, il nous a été impossible de retrouver la moindre reproduction de l’intérieur du sanctuaire. Le petit musée situé à l’extérieur du Chedi ne contient que des photographies ou gravures de l’extérieur avant et après l’écroulement et aucun des ouvrages vendus non plus. Ce temple est inconnu des guides de Claudius Madrolle qui aurait pu le visiter avant son effondrement ?

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• La fascination des Lao-siamois pour ces miroirs dépliants s’explique : La fabrication du verre est un art difficile, celui du verre à vitre plus encore et celui du miroir au mercure beaucoup plus encore. Les ambassadeurs du Roi Naraï ont été fascinés par la galerie des glaces, qui constitua alors une exceptionnelle prouesse technique, et par la visite des miroiteries d’Orléans. La Loubère nous dit ? (tome I de 1691, page 270) « ils n’ont ni cristal fondu ni verre et c’est une des choses qu’ils aiment le mieux. Le roi de Siam trouvait fort à son gré ces verres taillés à facettes qui multiplient un objet ; et il demandait des vitres entières avec cette même propriété… ». Qu’entendait-il par « verre à facettes » ? Les secrets des verriers de Venise-Murano-Altare sont venus très tardivement chez nous, à l’époque du Roi René en Provence, ceux de Bohème dans l’Est probablement à la même époque ainsi que dans les Flandres et le verre est longtemps resté une denrée précieuse. Jusqu’à quelle époque il n’y avait pas de verre à vitre dans nos campagnes mais du papier huilé et le seul miroir était celui du barbier du village ?

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Aujourd’hui encore, les maisons traditionnelles ici comportent souvent des fenêtres sans vitre avec volets ! Les  Hollandais ont donc vite dû s’apercevoir que ces miroirs à plusieurs faces fascinaient les Laos et les Siamois et, avec le sens du commerce qui les caractérise, en inonder le marché ! A cette époque, on pouvait acheter une colonie avec de la verroterie : Jacques Savary des Bruslons dans son « Dictionnaire universel de commerce, contenant tout ce qui concerne le commerce qui se fait dans les quatre parties du monde » (tome I, V° « Afrique » pp. 665-674) publié en 1744 donne quelques conseils pratiques sur la manière de négocier avec les africains notamment pour les achats de « nègres, négrillons et négrillonnes » : Les Portugais, alors spécialisés dans ce triste négoce payent souvent partie de la marchandise en « miroirs », « miroirs à coulisse » « miroirs pliants » qui paraissaient aussi prisés que les armes blanches et les outils. L’ouvrage est malheureusement muet sur l’Asie.

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• Jean- Michel Strobino, toujours infatigable curieux, va-t-il vers de nouvelles découvertes bien qu’il se heurte provisoirement à un certain goût du secret ! Voici ce qu’il nous a livré le 27 mai 2017 « J'ai appris lors de mon dernier séjour à Luang Prabang qu'il existait dans les réserves du Musée national (ancien Palais royal) de Luang Prabang un petit meuble de style cabinet d'écriture qui aurait été donné par Gerrit Van Wuysthof au roi Suryavongsa et sur lequel figure des portraits de Hollandais. Ce meuble se trouve dans la salle de lecture du dernier roi Sisavang Vatthana qui n'est malheureusement pas ouverte à la visite publique et où il est interdit de prendre des photos. Je ne désespère pas d'obtenir un laissez-passer et une autorisation de photographier afin de pouvoir comparer ces représentations avec celles du Vat Pa Khe ». A suivre …

 

Et un avis de recherche … Y-a-t-il parmi nos lecteurs et lectrices, notamment ceux qui ont des affinités passées ou présentes avec le Laos quelqu’un qui aurait la chance de détenir une photographie ou une illustration de ce cabinet d’écriture ? Merci d’avance.
 

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(3) Peinture murale du temple de Wat Phumin (วัดภูมินทร์) à Nan : La scène ici reproduite est évidemment l’incident de Pak Nam en 1893.

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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 18:07

Le 31 décembre 2016, nous avions  eu  le plaisir de vous présenter nos vœux. Nous rendions  compte du chemin parcouru au cours de  l’année écoulée. Nous y rappelions le tableau réalisé par Jean-Michel Fournier – un de nos plus fidèles lecteurs - répertoriant 500 de nos articles publié le 23 juillet 2015 :

 

http://www.alainbernardenthailande.com/2015/08/table-des-matieres.html


Il récidive aujourd’hui, qu'il soit assuré de notre sincère gratitude. Son  tableau  répertorie cette fois répertorie 600 de nos articles. Nous apprécions le travail accompli et nous le remercions.

 

Pour ceux de nos lecteurs qui le souhaitent, nous leur adresserons bien volontiers cette liste soit sous format PDF soit sous format Excel permettant d'utiliser le moteur de recherches et encore merci à JMF.

ARTICLES 1 - 33

LISTE ET DÉTAIL DES 600 ARTICLES DU BLOG (À CE JOUR)

ARTICLES 34 - 76

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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 22:18
NOUVELLES TROUVAILLES AU FIL DU MEKONG - PAR JEAN-MICHEL STROBINO

Nous vous avons par trois fois présenté l’infatigable Jean-Michel Strobino, à l’occasion de trois de ses articles que nous avons publié sur notre blog avec son aimable autorisation (1).

 

Dans la revue « Philao – bulletin de l’association internationale des collectionneurs de timbre-poste du Laos » (A.I.C.T.P.L), numéro du 1er trimestre 2016, notre infatigable chercheur, nous fait découvrir l’une de ces dernières découvertes sur les rives du Mékong. Nous reproduisons cet article avec son aimable autorisation et celle des responsables de la revue. Qu’ils en soient remerciés (2).

NOUVELLES TROUVAILLES AU FIL DU MEKONG - PAR JEAN-MICHEL STROBINO

***

 

Dans le cadre de mes recherches sur les vestiges de monuments français au Laos, les dernières prospections que j’ai menées cette année (mars 2015) le long du Mékong, en aval de Luang Prabang, m’ont permis de retrouver deux monuments funéraires à l’abandon :

 

  • Le monument commémoratif du naufrage du La Grandière
  • La tombe du caporal Jean Dumont

Remarques préliminaires :

 

- Ces monuments se trouvent sur la rive gauche du Mékong, à peu de distance l’un de l’autre, quelques kilomètres en amont du village de Tha Deua  :

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Il s’agit de monuments funéraires qui ont été érigés à la mémoire de victimes de naufrages survenus dans le fleuve. Ils sont situés en sommet de berge (à quelques dizaines de mètres de hauteur par rapport au fleuve en saison sèche), sur des positions dominantes, afin d’être visibles depuis le Mékong mais aussi protégés de ses crues en période de hautes eaux. Véritables sentinelles veillant sur le fleuve, ces constructions ont longtemps servi de repères à la navigation, rappelant les pilotes d’embarcation à la plus grande prudence.

 

- La présence de ce type de monuments en ces lieux n’est pas un hasard car l’endroit correspond à une portion du fleuve qui comporte de nombreux dangers ....

 

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... et difficultés. 

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Ici le Mékong qui peut atteindre plusieurs dizaines de mètres de profondeur, s’écoule avec force au milieu de roches à pic et d’îlots plus ou moins apparents, en une succession de rapides d’une violence inouïe.

 

Ce secteur a toujours constitué l’un des pires obstacles à la navigation entre Vientiane et Luang Prabang. Si l’on en juge par le nombre de naufrages connus qui ont eu lieu dans les parages, on devrait encore pouvoir retrouver d’autres monuments en plus des deux que j’ai pu localiser au cours de cette exploration.

 

- Les dangers que constitue cette portion du fleuve et le nombre d’épisodes tragiques qui s’y sont déroulés ont fait naître dans l’esprit des Laotiens, dont on sait l’importance qu’ils prêtent à la superstition et au culte des esprits, la certitude que ce lieu est maudit et envoûté. Certains se plaisent à rappeler les étranges disparitions et les coïncidences troublantes qui ont eu lieu dans les environs : naufrage du La Grandière, tentatives malheureuses pour renflouer l’épave et sa mystérieuse cargaison, catastrophe du vol Luang Prabang – Vientiane dont l’avion a coulé à pic dans le Mékong, presque au même endroit.

 

- Ces monuments, abandonnés depuis des décennies, sont aujourd’hui totalement en ruine. Leur manque d’entretien associé aux effets dévastateurs de la nature dans ces contrées, a entraîné un délabrement rapide. D’autres dégradations plus récentes ont malheureusement accéléré le processus. Elles proviennent des profanations commises par des bandes de pilleurs de tombes professionnels qui ont creusé les sites...

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...dans l’espoir d’y trouver quelques biens précieux (d’après moi sans grand succès).  

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- Cette région du Mékong fait partie aujourd’hui d’une zone en pleine restructuration où de vastes projets de développement ont été mis en œuvre. Depuis septembre 2013, le pont de Thadeua-Pakkhone (620 m de long) est opérationnel et permet de franchir le Mékong en évitant désormais l’ancien bac entre Luang Prabang et Sayaboury 

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De plus, un gigantesque barrage hydro-électrique est en cours de construction juste en aval de Tha Deua. Ainsi l’accès à ces monuments dans cette portion du fleuve devient de plus en plus difficile. Le bateau à moteur reste le moyen le plus commode pour s’y rendre.

 

1/ Monument commémoratif du naufrage du La Grandière

 

J’ai été très ému de retrouver ce monument érigé en souvenir du naufrage de la chaloupe La Grandière et de ses victimes. Il est situé à environ 6 kilomètres en amont de Tha Deua, sur une colline de la rive gauche du Mékong, juste au niveau du rapide de Thong Soum (Keng Thong Soum) qu’il domine et qui fut fatal au La Grandière . Complètement recouvert par la végétation, le monument n’est aujourd’hui plus visible depuis le fleuve.

 

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Le naufrage du La Grandière

 

Cette ancienne canonnière, lancée à Saigon en août 1893, a joué un rôle de premier plan dans l’histoire de l’exploration du Mékong à laquelle elle est intimement liée. Commandée par de brillants officiers de marine, elle a participé successivement aux plus célèbres missions de reconnaissance hydrographique menées sur le grand fleuve. 

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Depuis son transbordement à Khone en septembre 1894 jusqu’au passage des terribles rapides de Tang Ho aux confins des frontières de Birmanie et de Chine en 1897, elle a réalisé de véritables exploits en matière de navigation sur le Mékong (fig. 1-2). Curieusement c’est aussi le La Grandière qui, le 30 août 1895, aux ordres du lieutenant de vaisseau Georges Simon, avait été le premier navire à vapeur à franchir le Keng Thong Soum, là même où il coulera 15 ans plus tard !

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Désarmée en 1903, la canonnière est cédée à la Compagnie des Messageries fluviales qui lui fait subir une cure de rajeunissement dans ses ateliers de Savannakhet. Elle est alors affectée à la Résidence supérieure du Laos qui va l’utiliser comme chaloupe pour le service du moyen Mékong.

 

Le 15 juillet 1910, lors d’un voyage entre Luang Prabang et Vientiane, elle sombre corps et biens dans le Mékong au passage du Keng Thong Soum. Le naufrage fait trois victimes dont le général Léon de Beylié, commandant la 3ème brigade de Cochinchine et le docteur Vincent Rouffiandis, médecin-major des troupes coloniales, chef du service de santé du Laos

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Compte-tenu de la renommée du La Grandière et de la notoriété des personnalités disparues, le naufrage provoque une vive émotion dans toute l’Indochine et jusqu’en métropole. Après le retour de leurs dépouilles à Saigon, le général de Beylié et le docteur Rouffiandis ont droit à des funérailles officielles.

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Pour autant, les raisons de ce tragique accident n’ont jamais été clairement élucidées et des zones d’ombre persistent, notamment au sujet de sa cargaison, laissant toujours planer un certain mystère sur cette affaire. Dans les années 1990, l’hypothèse selon laquelle un trésor constitué d’objets d’art de grande valeur aurait été embarqué à bord de la chaloupe, a relancé les interrogations et suscité toutes les convoitises, d’autant plus que l’épave du La Grandière repose toujours au fond Mékong, par plusieurs dizaines de mètres de profondeur, à l’endroit même où il a coulé.

 

Description du monument

 

Après avoir accosté sur une petite plage du fleuve ...

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... il faut escalader le flanc de la colline en se frayant péniblement un chemin à travers une forêt dense d’arbustes. Le monument est situé à une trentaine de mètres de hauteur par rapport au niveau du fleuve et on le remarque à peine tant il est envahi par la jungle. Il est en très mauvais état et sa dégradation ne fait que s’accélérer.

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A la base de la structure une fosse assez profonde indique que l’endroit a été fouillé par des pilleurs de tombe qui n’ont pas pris la peine de remblayer le trou laissé béant 

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L’édifice, d’une hauteur totale d’environ cinq mètres, a été conçu sur le modèle d’un stupa (thât en laotien), forme architecturale très répandue dans le monde bouddhiste, utilisé comme reliquaire ou monument funéraire dans la plupart des temples et pagodes. On reconnaît assez bien le dôme en pierre, 

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caractéristique des stupas, édifié sur une base à gradins et surmonté d’une structure sommitale quadrangulaire en briques ...

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...en partie détruite  qui devait se terminer en forme de flèche. 

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On peut encore apercevoir quelques éléments décoratifs en plâtre qui enjolivaient les angles à la base du monument. Le dôme a été en partie défoncé par des profanateurs. 

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Malheureusement, il existe très peu de documents tant écrits que photographiques sur le monument et malgré mes recherches, je n’ai pas pu encore en trouver un qui le représente dans son état d’origine.

 

Le seul témoignage qui le montre est une vidéo assez récente d’une série-télé documentaire intitulée Dive detectives qui relate l’expédition sous-marine organisée en 2009 par Mike et Warren Fletcher, plongeurs-détectives professionnels canadiens, à la recherche de l’épave du La Grandière et de son supposé trésor. On y voit l’équipe en train de dégager de la jungle le monument, malheureusement déjà en très mauvais état.

 

Il existe aussi un ouvrage peu connu qui mentionne son existence : celui du lieutenant-colonel Pierre Paquier intitulé Aviation, école de bonheur (édit. Didier, Paris) dans lequel l’auteur raconte un voyage aérien en hydravion de Saigon à Luang Prabang entrepris dans les années 1920 :

 

11 avril (l’année n’est pas précisée - NDA) - Nous décollons de Pak Lay et mettons le cap vers Luang Phrabang... Le fleuve se rétrécit d'abord entre des montagnes arides puis présente une succession de rapides, bordés de hautes murailles rocheuses que recouvre la forêt dense et grasse. Les eaux se précipitent au milieu des blocs pierreux qu'elles inondent d'écume jaunâtre. Ces rapides s'étagent sur une longueur de 150 kilomètres environ, entre Paklay et Tha-Dua, rendant pratiquement impossible tout amerrissage... 10h10 : nous survolons le monument élevé sur la rive gauche, près d'une plage de sable blanc, à la mémoire du général de Beylié et de ses soldats, disparus le 10 (sic - NDA) juillet 1910, avec le La Grandière dans les rapides de Tha-Dua : l'homme et ses compagnons sont aujourd'hui oubliés; on ne se souvient plus que de l'œuvre...

 

Ce document intéressant permet de situer approximativement la construction du monument entre fin 1910 et début 1920. Faute de renseignements supplémentaires sur le sujet il est difficile de donner une date plus précise.

 

Ainsi, malgré l’énorme retentissement qu’a provoqué à l’époque le naufrage du La Grandière auprès de l’opinion publique, il est étonnant que le monument construit à sa mémoire n’ait pas fait l’objet d’un intérêt équivalent, à en juger par le peu de témoignages existants. Cela ne fait décidemment qu’entretenir un peu plus le mystère autour de cette tragédie…

2/ Tombe du caporal Jean Dumont

 

En poursuivant mon exploration des berges du Mékong ...

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... à seulement deux kilomètres environ en amont du monument du La Grandière, toujours sur la rive gauche du fleuve, j’ai eu la chance de découvrir un autre monument funéraire encore moins connu et apparemment oublié depuis de nombreuses années.

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On y accède plus difficilement car il n’existe aucun chemin depuis le fleuve, obligeant à monter droit dans la pente abrupte qui domine la berge, 

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... envahie par la végétation. 

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Situé à peu près à la même hauteur par rapport au fleuve que son proche voisin, il est dans un bien plus mauvais état, à en juger par les restes que l’on retrouve éparpillés sur un rayon de plusieurs mètres. 

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On devine qu’il s’agit d’une tombe mais elle a malheureusement été cassée en plusieurs morceaux par des pilleurs qui se sont acharnés sur elle, sans doute déçus de ne rien avoir trouvé de précieux à dérober. Les trous de fouille sont encore visibles.

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Avec l’aide du pilote de la barque, nous avons retrouvé et dégagé de la végétation différents fragments de la sépulture ...

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... des briques, une pièce de soubassement, un morceau de la partie sommitale du monument funéraire et une croix en pierre. 

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De tous ces débris, la croix nous a paru être l’élément le plus intéressant car c’est souvent à cet emplacement que peut figurer le nom du défunt. Bien qu’aucune inscription n’y était décelable à première vue ...

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...ma fille Vannina eut l’idée de faire « parler » la pierre.

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Après avoir rincé sa surface avec de l’eau du fleuve, elle la gratta énergiquement à l’aide d’un bâton en bambou pour décaper la croûte de terre et de résidus qui s’y étaient accumulés avec le temps. 

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A mesure que Vannina grattait, des lettres commençaient à apparaître, formant des mots de plus en plus lisibles qui ont fini par occuper la plus grande surface de la croix. 

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Après une demi-heure de travail méticuleux, nous découvrions avec beaucoup de joie et d’émotion le message qui figurait sur la croix :

 

ICI

REPOSE

DUMONT Jean     Caporal         10è R.M.I.C.

MORT            POUR  LA         FRANCE

Noyade accidentelle                Le 1(?) Jui…

 

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Cette tombe à l’abandon est donc celle du caporal Jean Dumont, soldat du 10ème Régiment Mixte d’Infanterie Coloniale (RMIC). Stationné à Haiphong, ce régiment formait une des nombreuses unités de l’armée de terre qui ne dépendait d’aucune division militaire classique (Tonkin, Annam-Laos ou Cochinchine-Cambodge). Ces types de régiments indépendants étaient dispersés dans toute l’Indochine pour assurer la défense locale et la tenue de postes destinés à mailler le territoire. Le 10ème RMIC couvrait plus particulièrement le Laos.

 

D’après la mention qui figure sur la croix, le caporal Jean Dumont s’est noyé accidentellement dans le Mékong sans que l’on en connaisse plus précisément les circonstances. 

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La date de la mort n’est malheureusement plus lisible car la partie du texte correspondant est trop endommagée. A mon avis, elle est bien postérieure à la tragédie du Lagrandière et pourrait se situer entre 1930 et 1950 (NB : les premiers RMIC ont été créés à partir de 1914).

 

Je n’ai pour l’instant trouvé aucun autre renseignement sur le caporal Jean Dumont et sa tragique disparition. Je continue néanmoins à rechercher activement toute information afin de pouvoir honorer comme il se doit la mémoire de ce militaire qui, à l’image de sa sépulture perdue au bord du Mékong, semble avoir sombré dans l’oubli et l’indifférence de ses compatriotes.

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***

 

Remercions enfin et pour conclure Monsieur Strobino qui, ensuite de l’envoi de son article, nous a envoyé ce texte dont nous reproduisons la partie concernant le mythique trésor en nous disant « Pour ma part, j'aime bien en rester à cette part de mystère et d'inconnu… Pour la beauté du rêve ! »

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NOTES

 

(1) Références : article du 30 mai 2015 : « Invité 1- LAOS : LE CHEMIN DE FER DES CANONNIÈRES. Un article de Jean-Michel STROBINO », 

article du 11 juillet 2015 « INVITÉ 2 - HISTOIRE DE LA SÉPULTURE D’HENRI MOUHOT ET DE SON MONUMENT FUNÉRAIRE 1861-1990 »

article du 15 août 2015 « A 191 – LE COMMANDANT JULES DIACRE (1864 – 1903) UN HÉROS OUBLIÉ DU MÉKONG.

 

(2) Voir le site :

http://collection-laos.cabiddu.net/?tag=association-internationale-des-collectionneurs-de-timbres-poste-du-laos

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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 18:01
« HOMMAGE RENDU À LA PRINCESSE MARSI PAR UN AMI QUI L’ESTIMAIT ».

....Suite à notre article A188- AUTOUR DE LA THÈSE DE S.A.S. LA PRINCESSE MARSI PARIBATRA « LE ROMANTISME CONTEMPORAIN » 1954 ...

 

Nous avons reçu de Monsieur Steve le courrier suivant qu’il nous a autorisés à publier. Qu’il en soit chaleureusement remercié :

 

« HOMMAGE RENDU À LA PRINCESSE MARSI PAR UN AMI QUI L’ESTIMAIT ».

Monsieur, je vous remercie de cet envoi. Je n’ai pas lu intégralement cet article très long mais j’ai apprécié son sérieux et le caractère très solide des recherches annexes sur les personnages cités.

 

La petite erreur d’interprétation que j’y vois, tout au moins à travers ce que j’ai cru comprendre de la personnalité de Marsi en la fréquentant, est qu’il ne faut pas, contrairement à ce qu’ont évoqué par endroit les auteurs, voir de signification profonde à la référence à des personnalités discutées par la critique, notamment pour des raisons politiques. Même observation pour la coïncidence sur la curieuse majorité de femmes titrées parmi les auteurs féminins qu’elle cite. Il ne faut y voir ni goût du paradoxe, ni de la provocation, ni réflexe de classe (en l’occurrence aristocratique). Marsi était tellement au-dessus de cela qu’elle disait, exposait, pensait, comme il lui semblait bon, sans  se soucier de ces interprétations abusives. Marsi était une personne profondément aristocratique, c'est-à-dire qu’elle privilégiait la valeur intellectuelle ou les qualités d’âme à toute autre considération  dans son choix de ses sujets d’étude comme dans celui de ses amis.

 

« HOMMAGE RENDU À LA PRINCESSE MARSI PAR UN AMI QUI L’ESTIMAIT ».

Le second point est sur l’appréciation de son essai Le romantisme contemporain. Je l’ai lu moi-même avec attention et avec de plus en plus d’admiration en avançant. Car, comme souvent chez Marsi, ce qui est admirable est, sans parler de la stupéfiante maturité par rapport à l’âge où elle a écrit cet essai, la sûreté du coup d’œil, la profondeur du jugement, une faculté à dépasser tout de suite les apparences stylistiques de forme, qui égarent trop souvent la critique artistique, qu’elle soit littéraire comme picturale, par exemple.

 

Marsi, à la fois en personne immensément cultivée et exceptionnellement intelligente, se plaçait d’office au niveau des arrière-pensées des auteurs qu’elle évoquait ; elle était capable de déceler ce qu’ils pensaient, à travers le masque stylistique qu’ils prenaient. Sa conception du classicisme et celle de l’égotisme, pour employer le terme stendhalien qui convient bien ici pour sa connotation et son caractère littéraire, est exceptionnellement efficace et clairvoyante. Définitive et intemporelle aussi. Il est regrettable que la bibliographie ordinaire l’ignore si souvent car son analyse nous a paru (et aux critiques experts de son époque aussi) avoir ces qualités rares.

« HOMMAGE RENDU À LA PRINCESSE MARSI PAR UN AMI QUI L’ESTIMAIT ».

La preuve de cette clairvoyance, dans un sujet (le romantisme) qui a égaré plus d’un critique savant, nous semble révélée dans d’autres articles, notamment sur le rapport de l’Homme à la nature, et où elle évoque, dès le début des années 1960, la plupart des problèmes écologiques actuels, notamment d’échelle, à une époque où l’écologie n’existait même pas.

« HOMMAGE RENDU À LA PRINCESSE MARSI PAR UN AMI QUI L’ESTIMAIT ».

 

Je pense que toute production intellectuelle de Marsi doit être considérée avec la plus humble admiration et je me hasarderais peu à la critique, car j’aurais trop peur d’y dévoiler seulement la faiblesse de mon propre regard. Je n’ai connu ses deux thèses qu’après sa mort et j’y ai retrouvé cet éclat, ce regard d’aigle qui faisait de conversations sur l’art avec elle de très précieux moments.

 

 

« HOMMAGE RENDU À LA PRINCESSE MARSI PAR UN AMI QUI L’ESTIMAIT ».

Michel Steve est docteur en histoire de l'art (thèse soutenue en 1993 sur le « néo-classicisme en 1900 »). Il publie régulièrement des articles sur l’architecture de la Côte d'Azur.

 

Œuvres publiées :

 

L'Architecture Belle Époque à Nice, Éditeur Demaistre, 1995, (ISBN 2841940020)

 

La Métaphore méditerranéenne, Éditeur Demaistre, 1996, (ISBN 2841940039)

 

Hans-Georg Tersling , Éditeur Serre, 1997, (ISBN 2864101440)

 

L'Architecture Belle Époque à Menton, Éditeur Demaistre, 1998,(ISBN 284194008X)

 

La Riviera de Charles Garnier, Éditeur Demaistre, 1998, (ISBN 2841940071)

 

Italianisme en architecture, la Riviera de 1840 à 1940, Édition Grandi, 2000,(ISBN 2951610815)

 

En collaboration avec Jean-Pierre Demoly et Alain Renner Villa Ephrussi de Rothschild, Éditeur L'amateur, 2001, (ISBN 2859173277)

 

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Marsi Foundation   - 82 Sukhumvit 26  - Bangkok 10110 – Thaïlande  - Ph : 02 258 9461 - Fax: 02 259 6634
Email: info@marsifoundation.org

 

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Pour dénicher la thèse de la princesse ......

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15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 18:21
A 191 – LE COMMANDANT JULES DIACRE (1864 – 1903) UN HÉROS OUBLIÉ DU MÉKONG.

Nous vous avons par deux fois présenté l’infatigable Jean-Michel Strobino, à l’occasion de deux de ses articles que nous avons publié sur notre blog avec son aimable autorisation (1).

 

Dans la revue « Philao – bulletin de l’association internationale des collectionneurs de timbre-poste du Laos » (A.I.C.T.P.L) numéro 100 du troisième trimestre 2015, il nous fait découvrir l’un de ces pionniers méconnu (2), nous reproduisons cet article avec son aimable autorisation et celle des responsables de la revue. Qu’ils en soient remerciés.

A 191 – LE COMMANDANT JULES DIACRE (1864 – 1903) UN HÉROS OUBLIÉ DU MÉKONG.

L’exploration du Mékong et l’étude de sa navigabilité ont été un défi majeur pour tous les officiers de marine et scientifiques français qui ont sillonné le fleuve pendant près de 50 ans, depuis la première mission de reconnaissance dirigée par Doudart de Lagrée (1866-1868) jusqu’aux ultimes tentatives de franchissement des rapides du haut-Laos dans les premières années du XXème siècle.

 

L’histoire de cette exploration a été marquée, en particulier dans sa partie laotienne, par une succession d’exploits humains et de prouesses techniques inimaginables, mais aussi d’accidents dramatiques. En effet, malgré les compétences et le courage des hommes engagés dans ces missions à risque, les dangers du Mékong ont fait de nombreuses victimes.

 

Si certaines personnalités disparues tragiquement sont toujours présentes dans nos mémoires grâce aux articles, monuments funéraires ou plaques commémoratives qui leur ont été consacrés et qui existent toujours (Général de Beylié, Docteur Rouffiandis, Henri Mouhot, Capitaine Quilichini), d’autres n’ont pas eu cette chance posthume et restent totalement oubliés, bien que leurs exploits n’en soient pas moins dignes.

 

C’est le cas du commandant Diacre dont j’ai retrouvé par hasard la trace il y a quelques années grâce à une ancienne carte de la région des chutes de Khone, publiée dans le volume Indochine du Sud de la série des Guides Madrolle, que je m’étais procurée dans le cadre des recherches que je mène sur l’histoire de l’exploration du Mékong

 

« Carte des chutes du Mé-Khong à Khone », extraite du volume Indochine du Sud de la série des Guides Madrolle, Paris, Hachette, 1928 :

A 191 – LE COMMANDANT JULES DIACRE (1864 – 1903) UN HÉROS OUBLIÉ DU MÉKONG.

Sur cette carte, un détail à peine visible avait attiré mon attention : un petit symbole cruciforme était représenté sur la berge sud-ouest de l’île de Sadam (Don Sadam), accompagné de la mention « Mont. Diacre » (fig. 2). 

 

Agrandissement de la carte sur la zone mentionnant « Mont. Diacre » :

A 191 – LE COMMANDANT JULES DIACRE (1864 – 1903) UN HÉROS OUBLIÉ DU MÉKONG.

Comme l’abréviation le laissait supposer, il devait certainement s’agir d’un monument, mais j’étais curieux de savoir pourquoi il était situé à cet endroit, quelle était sa fonction précise et que signifiait le mot « Diacre ».

 

J’ai d’abord imaginé que c’était un édifice utilisé par un diacre local pour célébrer sur place des offices religieux. Mais cela semblait bien peu probable car le lieu n’a jamais été beaucoup peuplé et encore moins par des chrétiens. Puis, la majuscule à « Diacre » m’a mis sur la piste d’un nom de famille. Après des recherches dans les dossiers personnels des officiers de marine ayant servi au Laos et grâce au fichier des anciens élèves de l’Ecole navale, j’ai enfin trouvé l’explication à cette annotation mystérieuse : il s’agissait d’un monument funéraire érigé à la mémoire du capitaine de frégate Jules Diacre, chevalier de la Légion d’Honneur, disparu tragiquement le 6 août 1903 à l’âge de 39 ans lors du naufrage de sa pirogue dans le Hou Sadam, une des nombreuses passes parmi les rapides de Khone

 

Une victime de plus qui vient se rajouter à la longue liste des marins morts accidentellement dans le Mékong dans l’accomplissement de leur devoir !  En présentant cette courte biographie, je suis heureux de faire revivre le souvenir de ce brillant officier de marine tombé malheureusement dans l’oubli depuis longtemps.  Jules, Louis, Marie, Joseph Diacre est né le 10 mars 1864 à Chevilly (Loiret) où son père était instituteur. Il manifeste très tôt des goûts prononcés pour la marine et entre à l’Ecole navale en 1880. Dès sa sortie de l’école d’application en 1883, l’aspirant Diacre est envoyé au sein du corps expéditionnaire de Chine, à l’escadre d’Extrême-Orient commandée par l’amiral Courbet.

 

Il est embarqué à bord du Bayard puis rejoint l’équipage du cuirassé La Triomphante, sous les ordres du lieutenant de vaisseau Pierre Dehorter. Il participe à la guerre franco-chinoise (août 1884 – avril 1885) en particulier aux combats de Fou-Tchéou (23 août 1884) et de la rivière Min (26-29 août 1884), à l’attaque de Formose et à la prise de Keelung (1er octobre 1884). Le 8 octobre 1884 il est grièvement blessé au bras lors de la bataille de Tamsui où il se distingue par son courage en protégeant, malgré sa blessure et le feu nourri des Chinois en supériorité numérique, la retraite de ses camarades et du commandant Dehorter, mortellement touché.

 

La bataille de Tamsui (8 octobre 1884) :

 

A 191 – LE COMMANDANT JULES DIACRE (1864 – 1903) UN HÉROS OUBLIÉ DU MÉKONG.

Les navires français bombardent Tamsui (de gauche à droite : Vipère, La Triomphante, d’Estaing, La Galissonnière) :

A 191 – LE COMMANDANT JULES DIACRE (1864 – 1903) UN HÉROS OUBLIÉ DU MÉKONG.

Gravure du lieutenant de vaisseau Pierre Dehorter :

A 191 – LE COMMANDANT JULES DIACRE (1864 – 1903) UN HÉROS OUBLIÉ DU MÉKONG.

Il est décoré pour cet acte de bravoure à l’âge de vingt ans, avant d’être promu enseigne de vaisseau le 10 décembre 1884. Il conservera de la grave blessure contractée à Tamsui (son bras droit a été traversé par une balle) une certaine faiblesse au niveau du membre qui le fera souffrir toute sa vie et lui sera probablement fatale lors de l’accident du Mékong.

 

En 1886 Diacre est affecté à la division navale de l’Océan Indien à bord du croiseur Limier qui participe à la campagne de Madagascar. Le 25 août 1889, il est promu lieutenant de vaisseau et part rejoindre à nouveau l’escadre de Chine, à bord de La Triomphante. De retour en France, il suit la formation de torpilleur à l’Ecole des torpilles dont il ressort officier breveté en 1896, commandant le Torpilleur 97 de la Défense Mobile de la Corse. Le 11 juillet 1896, il est nommé chevalier de la Légion d’Honneur.

 

Brevet de Chevalier de la Légion d’Honneur de Jules Diacre :

 

A 191 – LE COMMANDANT JULES DIACRE (1864 – 1903) UN HÉROS OUBLIÉ DU MÉKONG.

En 1898 il est attaché au ministère de la Marine à Paris, à la 4ème section de l’Etat-major général.

 

Le 6 juin 1899 il quitte la France pour prendre le commandement de l’aviso La Caravane, un transport de munitions de 3ème classe faisant partie de l’escadre d’Extrême-Orient

 

La Caravane au mouillage de Shan-Hai-Kouan (photographie prise 10 jours avant l’abordage) :

A 191 – LE COMMANDANT JULES DIACRE (1864 – 1903) UN HÉROS OUBLIÉ DU MÉKONG.

Dans la nuit du 22 au 23 octobre 1900, lors d’une mission de routine le long des côtes du Japon, le bâtiment est percuté accidentellement par un vapeur japonais qui le traverse de part en part, alors qu’il navigue sur la mer intérieure entre Kobé et Takou. La Caravane coule en moins de sept minutes, faisant deux victimes parmi l’équipage, un officier et un quartier-maître. Le bilan aurait pu être plus élevé sans la conduite exemplaire et la bravoure des officiers et la discipline de l’équipage.

 

En vertu des règlements de la marine française qui exigent que le commandant de tout bâtiment de guerre disparu soit traduit devant un conseil de guerre qui juge sa conduite, Diacre comparaît en 1901 devant le 1er conseil de guerre maritime de Toulon présidé par le capitaine de vaisseau Compristo. Mais le réquisitoire du commissaire du Gouvernement est entièrement à l’éloge du commandant de La Caravane et le conseil rend un jugement acquittant, à l’unanimité, le lieutenant de vaisseau. Son président va même jusqu’à le féliciter pour le sang-froid et le courage dont il a fait preuve avec son équipage dans les terribles circonstances qu’il a traversées et le propose au tableau d’avancement pour le grade de capitaine de frégate (3).

 

Après son acquittement, il est envoyé en Angleterre pour négocier, en remplacement du transport perdu, l’achat d’un navire affecté au Service du littoral, auquel il donne le nom de Loiret et dont on lui confie le commandement.

 

Promu au grade de capitaine de frégate le 1er avril 1902, il est envoyé à Saïgon comme second à bord du cuirassé Redoutable qui appartient à la division de réserve de l’escadre d’Extrême-Orient commandée par le capitaine Charles Duroch.

 

Cuirassé Le Redoutable :

 

A 191 – LE COMMANDANT JULES DIACRE (1864 – 1903) UN HÉROS OUBLIÉ DU MÉKONG.

Durant son séjour en Indochine, il se passionne pour la navigation sur le Mékong et les améliorations qui peuvent être apportées au service des transports, en particulier sur le bief laotien du fleuve. Ayant appris qu’une des passes au milieu des rapides de Khone, le Hou Sadam, était fréquemment traversée par les pirogues de commerçants indigènes ou de colons, il élabore le projet de la parcourir d’amont en aval pour en faire la reconnaissance.

 

Après avoir obtenu l’autorisation du chef de la division navale de réserve, il s’embarque le 6 août 1903 à l’entrée nord du chenal à bord d’une pirogue spécialement aménagée, en compagnie du lieutenant de vaisseau Georges Eugène Simon, directeur des Messageries fluviales de Cochinchine et pionnier de l’exploration des chutes de Khone, de Monsieur Demay, commis de l’Agence des Messageries, et de quatre bateliers.

 

 

Le lieutenant de vaisseau Georges Eugène Simon :

A 191 – LE COMMANDANT JULES DIACRE (1864 – 1903) UN HÉROS OUBLIÉ DU MÉKONG.

A un tournant du fleuve, l’embarcation chavire à cause des lames très fortes et tout l’équipage se retrouve à l’eau. Un moment les hommes arrivent à se maintenir à la surface, accrochés à la pirogue emportée par un courant impétueux. Mais bientôt, par suite d’une manœuvre des bateliers essayant de redresser le bateau, tout le monde se retrouve plongé sous l’eau. Le commandant Diacre, sans doute gêné par sa vieille blessure de guerre, n’arrive pas à remonter à la surface et est englouti par le tourbillon des eaux, en même temps qu’un des piroguiers. Non sans peine, le capitaine Simon et M. Demay rejoignent la berge où ils retrouvent les trois bateliers rescapés du naufrage. Durant deux jours Monsieur Simon entreprend d’intenses recherches le long des berges pour tenter de retrouver l’infortuné officier. En vain ; malgré tous les efforts possibles, le corps du commandant Diacre ne sera jamais retrouvé.

 

Faute de pouvoir le porter en terre dans une sépulture décente, un petit monument sera élevé à proximité du lieu du naufrage, le long de l’île de Sadam, afin de rappeler la mémoire de ce courageux officier de marine victime de l’amour de son métier et de son désir d’en étendre la connaissance et l’expérience.

 

La berge sud-ouest de Don Sadam (photo J.M. Strobino - Mars 2012) :

 

A 191 – LE COMMANDANT JULES DIACRE (1864 – 1903) UN HÉROS OUBLIÉ DU MÉKONG.

A cet endroit peu fréquenté, le monument au commandant Diacre va tomber dans l’oubli et faute d’entretien, il se détériore rapidement, victime des crues successives du fleuve à la saison des hautes eaux.

 

De passage dans la région de Khone en mars 2012, je me suis rendu en pirogue à moteur jusqu’au village de Ban Sadam sur l’île du même nom afin d’obtenir quelques renseignements sur le sujet. Les habitants m’ont conduit auprès d’un vieux Laotien qui se souvenait de l’édifice à la mémoire d’un farang. Il a bien voulu me conduire le long de la berge du Mékong sur le terrain d’un jeune propriétaire local. Nous avons traversé plusieurs de ses champs et à un endroit précis, au beau milieu de cultures potagères, le vieil homme s’est arrêté et m’a désigné de la main le lieu où se trouvait le monument à l’époque.

 

J’ai pu vérifier que l’emplacement correspondait précisément à celui indiqué sur ma vieille carte Madrolle ! Par contre, je n’ai retrouvé aucun reste du monument…

 

Site où était érigé le monument à Diacre (photo J.M. Strobino - Mars 2012) :

 

A 191 – LE COMMANDANT JULES DIACRE (1864 – 1903) UN HÉROS OUBLIÉ DU MÉKONG.

N.B. : Je recherche tout document (ouvrage, photo, carte postale, gravure) relatif au commandant Diacre et à son monument. Merci par avance à tous ceux qui pourront me fournir des renseignements à ce sujet afin de me permettre de compléter mes recherches (4).

 

Notes

 

(1) Références : article du 30 mai 2015 : « Invité 1- LAOS : LE CHEMIN DE FER DES CANONNIÈRES. Un article de Jean-Michel STROBINO » et article du 11 juillet 2015 « INVITÉ 2 - HISTOIRE DE LA SÉPULTURE D’HENRI MOUHOT ET DE SON MONUMENT FUNÉRAIRE 1861-1990 »

 

(2)  Le Bulletin de l’Association Internationale des Collectionneurs de Timbres-poste du Laos (A.I.C.T.P.L), paraît tous les trimestres. PHILAO a pour objectifs de « faire parler » les timbres, cartes postales … et de permettre aux membres de l’association d’échanger leurs connaissances et leurs informations sur le Laos. Le contenu du bulletin va bien au-delà de simples considérations de « timbromanie », l’article de J.M. Strobino en est la preuve !

www.aicptl.fr

http://collection-laos.cabiddu.net/?tag=association-internationale-des-collectionneurs-de-timbres-postes-du-laos 

http://www.payslaojadis.net

 

(3) Cette affaire a eu un certain retentissement « médiatique » à l’époque puisque nous en trouvons en particulier des traces dans « Le Figaro », « La Presse », « L’Aurore », « L’Ouest-éclair » et « Le matin ».

 

Que savons-nous des circonstances de l’abordage ? Il est constant que « lorsque deux navires viennent en collision, chacun d’eux est tenu de manœuvrer de façon à rester à proximité de l’autre jusqu’à ce que les capitaines, ayant jugé l’importance des avaries de leurs navires puissent en décider soit l’évacuation immédiate, soit la direction  sur la côté la plus rapprochée…Lors du naufrage du transport Caravane survenu en 1900 dans les mers de Chine, le paquebot japonais abordeur faisait en arrière pour se dégager ; le commandant de la Caravane lui demanda au contraire de faire en avant à petite vitesse pour soutenir sur son étrave le navire défoncé. Grâce à cette manœuvre, presque tout l’équipage de la Caravane put passer sur le japonais » (« L’Ouest-éclair » du 3 juillet 1903).

 

Le conseil de guerre chargé de juger le commandant était composé de du capitaine de vaisseau Compristo, président, et des officiers MM. Pelletier de Raviguières, Parry, Tracoa, Hurdin et Atge. Le capitaine de frégate de Marliave, remplit les fonctions de commissaire du gouvernement.

 

Ce compte rendu est extrait de « l’Ouest-éclair » du 12 février 1901 :

 

A 191 – LE COMMANDANT JULES DIACRE (1864 – 1903) UN HÉROS OUBLIÉ DU MÉKONG.

Nous savons par ailleurs (divers numéros de « l’Ouest-éclair ») que le gouvernement japonais versa une indemnité de 200.000 francs pour indemniser les victimes, la veuve de l’enseigne Capitaine obtint 90.000 francs. La famille du matelot L’Hyver (décédé) toucha 24.000 francs, la même somme pour celle de Guérin, (blessé gravement ?), 12.000 pour un  matelot blessé et de petites sommes pour une quinzaine d’autres. Si l’on en croit le site de l’Insee, un franc de 1901 valait environ 20 francs à la date de l’introduction de l’euro (2000) c’est-à-dire un peu plus de 3 euros, somme qu’il nous faut réévaluer d’au moins 25 pour cent en 2015. Le total représente donc 700.000 euros. Ces comparaisons valent ce qu’elles valent.

 

(4) Vous pouvez à cette fin nous contacter, nous nous ferons un plaisir de transmettre vos informations à J.M. Strobino.

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11 juillet 2015 6 11 /07 /juillet /2015 18:00
INVITÉ 2 - HISTOIRE DE LA SÉPULTURE D’HENRI MOUHOT ET DE SON MONUMENT FUNÉRAIRE 1861-1990

Nous avons eu le plaisir et l’honneur d’accueillir dans nos colonnes le 30 mai 2015 Monsieur Jean-Michel STROBINO (voir notre article « Invité 1 - LAOS : LE CHEMIN DE FER DES CANONNIÈRES. Un Article De Jean-Michel STROBINO ». Cet érudit niçois, infatigable « globe trotter » parti dans le Laos profond en 1889 sur les traces d’Henri Mouhot, y a redécouvert sinon sa tombe du moins son cénotaphe en très mauvais état et a multiplié les efforts pour en obtenir avec succès la réhabilitation. Il nous conte cette aventure dans un très bel article publié en 2013 dans le bulletin de la «  Société d'Histoire Naturelle du Pays de Montbéliard », nous le reproduisons avec son amiable autorisation.

 

Nous ne dirons que quelques mots de Mouhot, il l’a fait mieux que nous. Voici comment le décrit la « société géographique de Paris » (document gallica.bnf.fr) :

INVITÉ 2 - HISTOIRE DE LA SÉPULTURE D’HENRI MOUHOT ET DE SON MONUMENT FUNÉRAIRE 1861-1990

Parti comme entomologiste, c’est le hasard qui lui fait redécouvrir les ruines d’Angkor, la cité avait été abandonnée par ses habitants fuyant les invasions, temples et palais étaient oubliés de tous, même du peuple qui les avait construits, quand en particulier des aventuriers espagnols ou portugais les découvrirent au XVIème siècle et peut être des Chinois avant eux.

 

Puis-ce fut de nouveau l'oubli jusqu'au milieu du XIXe siècle, quand Mouhot en fit la (re)découverte à son tour.

 

« …et les monuments dus à l'amour de l'art des princes de la dynastie de Jayavarman, telle la Belle au Bois dormant, cachèrent leur magnificence sous le voile épais d'une végétation luxuriante qui ne tarda pas à les étouffer dans ses  embrassements. Cette solitude fut violée par de hardis étrangers parmi lesquels nous comptons deux compatriotes morts à la peine, Henri Mouhot et Doudart de Lagrée » (Henri Cordier « Mélanges d’histoire et de géographie orientales » Tome II, Paris 1920).

 

Citons encore Louis Finot : (« Les études indochinoises » in « Bulletin de l’école française d’extrême orient » tome 8 – 1908 pages 221-233). « C'est seulement au milieu du siècle dernier que le voyageur français Henri Mouhot inaugura l'exploration de la vallée du Mékhong. Chargé en 1858 d'une mission par les Sociétés géographique et zoologique de Londres, il parcourut le bas Ménam, visita le Cambodge et traça un premier itinéraire dans le Laos mystérieux, entre Korat et Luang-prabang. Mouhot était avant tout un naturaliste, mais les bêtes et les plantes ne lui cachaient pas les beautés de la nature et de l'art. Le jour où les ruines d'Angkor surgirent à ses yeux, il se sentit transporté d'admiration : « Nous mîmes, écrivait-il, une journée entière à parcourir ces lieux, et nous marchions de merveille en merveille dans un état d'extase toujours croissant. Ah ! que n'ai-je été doué de la plume d'un Chateaubriand ou d'un Lamartine, ou du pinceau d'un Claude Lorrain, pour faire connaître aux amis des arts combien sont belles et grandioses ces ruines peut-être incomparables ! »

 

Citons enfin le comte de Carné, père de l’explorateur Louis de Carné également mort à la tâche : « … Bientôt on atteignit le Laos, dont les émanations putrides avaient été fatales à tous les missionnaires qui  les avaient affrontées et plus récemment encore à M. Mouhot, le seul voyageur sérieux qui, depuis deux siècles, eût mis le pied sur cette terre mal famée ». (« Revue des deux mondes » du 1er janvier 1872, tome 97 «  L’expédition du Mékong et son historien »).

 

Dés après la disparition tragique de Mouhot dans ces « émanations putrides », ses proches remplirent ce qu’ils considéraient comme un « devoir de mémoire » en offrant au grand public la primeur de son journal de de voyage, de ses notes et de ses dessins. Elles furent publiées dans la revue à grande diffusion « Le tour du monde -  Nouveau journal de voyages », livraison du 2ème semestre 1863, pages 224 à 357  (document gallica.bnf.fr) :

 

INVITÉ 2 - HISTOIRE DE LA SÉPULTURE D’HENRI MOUHOT ET DE SON MONUMENT FUNÉRAIRE 1861-1990

 

Cette revue semestrielle fut fondée en 1860 par Edouard Charton, convaincu de l’importance de l’illustration tant pour la compréhension que pour l‘agrément.

 

Ainsi, après le portrait du défunt, nous trouvons la carte de son voyage :

INVITÉ 2 - HISTOIRE DE LA SÉPULTURE D’HENRI MOUHOT ET DE SON MONUMENT FUNÉRAIRE 1861-1990

… nous trouvons de très nombreuses gravures sur bois établies sur les dessins de Mouhot   (document gallica.bnf.fr) :

 

INVITÉ 2 - HISTOIRE DE LA SÉPULTURE D’HENRI MOUHOT ET DE SON MONUMENT FUNÉRAIRE 1861-1990

Le compte rendu de son périple fut publié en Angleterre l’année suivante (« Travels in the central parts of Indo-China (Siam), Cambodia and Laos, during the years 1858, 1859 and 1860 » by Henri Mouhot, avec une préface de son frère Charles) (document archives.org) : 

INVITÉ 2 - HISTOIRE DE LA SÉPULTURE D’HENRI MOUHOT ET DE SON MONUMENT FUNÉRAIRE 1861-1990

Il comporte une carte de ses pérégrinations (document JM Strobino) :

INVITÉ 2 - HISTOIRE DE LA SÉPULTURE D’HENRI MOUHOT ET DE SON MONUMENT FUNÉRAIRE 1861-1990

..... mais c’est seulement en 1868 que fut publié en France un volume (ayant fait l’objet depuis lors de multiples rééditions) établi par le journaliste Ferdinand de Lanoye au vu des notes de voyages de Mouhot détenues par sa veuve Anne (elle appartenait à la famille de l’explorateur anglais Mungo Park mais l’acte de naissance de Mouhot aux archives numérisées de Montbéliard ne porte aucune mention en marge de ce mariage pas plus d’ailleurs que de son décès) et son frère Charles (né le 12 décembre 1828, lui-même marié à Jenny, la sœur de l’épouse de Henri) qui apparait dans certaines éditions comme préfacier et dans d’autres comme co-auteur (document gallica.bnf.fr) :

 

INVITÉ 2 - HISTOIRE DE LA SÉPULTURE D’HENRI MOUHOT ET DE SON MONUMENT FUNÉRAIRE 1861-1990

Cet ouvrage est malheureusement beaucoup moins étoffé que l’édition anglaise en deux volumes et beaucoup moins illustré de gravures sur bois qui n’ont par ailleurs pas la qualité de celles de l’édition britannique.

 

Le voyage de Mouhot fit encore l’objet d’autres narrations à l’intention du grand public notamment encore plus tard dans le très populaire « Le magasin pittoresque » par exemple dans sa livraison de 1909 (pages 248 s.).

 

Il a fait l'objet deux ans plus tard d'une édition à l'usage de la jeunesse dans la très populaire "Bibliothèque rose" (qui a fait l'objet d'une rédition en 1989). (Document JM Strobino) :

 

INVITÉ 2 - HISTOIRE DE LA SÉPULTURE D’HENRI MOUHOT ET DE SON MONUMENT FUNÉRAIRE 1861-1990

Ce ne furent toutefois ni Chateaubriand ni Lamartine qui firent découvrir Angkor au monde érudit mais Pierre Loti qui eut son imagination enfantine enflammée par la lecture (il avait 13 ans) du « Tour du monde » (toutes les bonnes familles bourgeoises étaient abonnées aux livraisons du Tour du monde et du Magasin pittoresque) et partit visiter Angkor en 1901 ce qui nous vaut son inoubliable ouvrage (Document Gallica.bnf.fr)  :

 
INVITÉ 2 - HISTOIRE DE LA SÉPULTURE D’HENRI MOUHOT ET DE SON MONUMENT FUNÉRAIRE 1861-1990

Plus que l’ « inventeur » d’Angkor, Mouhot fut celui qui fit découvrir la vieille cité au grand public français  mais bien plus que cela, il est « L’homme qui a ouvert la terre indochinoise au monde » อองรีมูโอต์ ผู้เปิดแดนดินอินโดจีนสู่สังคมโลก, ainsi est-il qualifié dans un site Internet thaï http://e-shann.com/?p=2233  car il n’a pas laissé aux Siamois la détestable impression que leur a laissé Auguste Pavie ! Il a même sa page « face book » créée il y a peu !

 

***

 

Mais avant de lui laisser la plume en vous priant de vouloir bien excuser la longueur de ces prolégomènes, rendons cet hommage à Jean-Michel Strobino en citant Jean Claude SOUM :

 

« Ainsi, après plus de vingt ans d'oubli et grâce aux efforts désintéressés de quelques passionnés, l'esprit de Mouhot revivait enfin sur les bords de la Nam Khan et son monument était, une nouvelle fois, sauvé ! Saluons l’esprit d’initiative et la volonté de Jean-Michel Strobino d'avoir permis la réhabilitation de ce grand explorateur et suivons  ces tribulations dans son récit qui suit : 

INVITÉ 2 - HISTOIRE DE LA SÉPULTURE D’HENRI MOUHOT ET DE SON MONUMENT FUNÉRAIRE 1861-1990
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Video en hommage à Mouhot (2009) :

Vidéo   ... à l'occasionde l'emission d'un timbre-poste en hommage à Mouhot en 2011 :

INVITÉ 2 - HISTOIRE DE LA SÉPULTURE D’HENRI MOUHOT ET DE SON MONUMENT FUNÉRAIRE 1861-1990

 

Note annexe due aux renseignements aimablement fournis  par Monsieur Strobino :

 

Les papiers de Mouhot  (correspondances, journal, notes) ont été dispersés entre les sociétés savantes anglaises (British Museum, Royal Geographical Society…) et les petits neveux d'Henri qui n'a pas eu d'enfant. Son frère cadet, Charles (1828-1895), eut 4 enfants (2 garçons et 2 filles). 

 

La plupart des collections se trouvent aujourd'hui au British Museum : Monsieur Strobino a effectué des recherches auprès des institutions anglaises et a commencé à dressé une liste impressionnante de toutes les espèces nouvelles découvertes par Mouhot

 

Planche extraite du deuxième volume de l'édition anglaise, page 186 :

INVITÉ 2 - HISTOIRE DE LA SÉPULTURE D’HENRI MOUHOT ET DE SON MONUMENT FUNÉRAIRE 1861-1990

Terminons sur ces photographies aimablement communiquées par Monsieur Strobino : 

 

Les deux premières photos sont intéressantes car elles ont été prises le jour de la redécouverte du tombeau en 1989. Sur la première, il pose (à droite) en compagnie de son ami Mongkhol Sasorith (fils de l'ancien premier ministre du Laos Kathay Sasorith) qui l'a aidé à retrouver le site : 

INVITÉ 2 - HISTOIRE DE LA SÉPULTURE D’HENRI MOUHOT ET DE SON MONUMENT FUNÉRAIRE 1861-1990
INVITÉ 2 - HISTOIRE DE LA SÉPULTURE D’HENRI MOUHOT ET DE SON MONUMENT FUNÉRAIRE 1861-1990

Les deux autres ont été prises l'année suivante (1990) lors de son retour sur place avec des officiels lao et les responsables du village de Ban Phanom qui l'avaient aidé dans les opérations de restauration.

INVITÉ 2 - HISTOIRE DE LA SÉPULTURE D’HENRI MOUHOT ET DE SON MONUMENT FUNÉRAIRE 1861-1990
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30 mai 2015 6 30 /05 /mai /2015 18:01
Invité 1- LAOS : LE CHEMIN DE FER DES CANONNIÈRES. Un article de Jean-Michel STROBINO.
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Les panneaux explicatifs rédigés par Jean-Michel Strobino :

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