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  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

(suite cliquez)   POURQUOI CE BLOG ?

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Merci d’être venu consulter ce blog. Si vous avez besoin de renseignements ou des informations à nous communiquer vous pouvez nous joindre sur alainbenardenthailande@gmail.com

16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 03:05

1913 05  Notre Isan : Un docteur français en Isan en 1913.

  Notre article précédent ( L’Isan  était lao au XIX ème siècle) avait montré notre étonnement à travers notre lecture des « NOTES SUR LE LAOS » d’ Etienne Aymonier. Nous découvrions que l’Isan était en fait, en 1885, un pays lao, un pays vassalisé au royaume de Siam. Nous en avions dégagé certaines caractéristiques. Nous avons ensuite lu « les Notes » du  Docteur Maupetit Georges, qui en 1913, soit 30 ans après, décrivait les  « Moeurs laotiennes », en arpentant pendant 3 ans le Laos siamois, notre Isan actuel. Certes on pouvait se demander ce que faisait un médecin français à Oubone et dans d’autres villages laos, on pouvait déjà pour le moins «  découvrir » ce que pouvait être, pour lui et en 1913, le Laos siamois.


Ces « Notes « sont avant tout celle d’un médecin qui va donc surtout s’intéresser à l’état physique et physiologique des Laotiens,  la morbidité et la mortalité, leurs maladies, l’hygiène, les médicaments et leurs remèdes…mais il va aussi aborder certains us et coutumes et traditions  (la naissance, les relations hommes/ femmes, , le mariage, le divorce, la mort …) qu’il essaye de comprendre et de nous présenter .


Rappel. Des Thaïs et des Laotiens de « l’Isan ».

Nous avions raconté dans « nos relations franco-thaïes » dans quelles circonstances,  le roi Rama V avait dû accepter les conditions de l’ultimatum le 29 juillet 1893 et signé un Traité de 10 articles et une convention le 3 octobre 1893 dont l’article 1 déclarait :

 « Le Gouvernement siamois renonce à toute prétention sur l’ensemble des territoires de la rive gauche du Mékong et sur les îles du fleuve ».

 Il y avait  depuis  un Laos français et un Laos siamois, et des Laotiens du Laos  siamois et des Laotiens du Laos français. Un « pays lao» divisée par deux colonisateurs.


1913 01L’Isan donc n’existait pas encore. C’était au contraire une époque où  Maupetit nous le rappelle « ces Thays refusent d'ailleurs avec vigueur et énergie les preuves qu'on pourrait faire de leur communauté d'origine avec les Laotiens »et ou

 « le terme de « Lao » suivant en cela les coutumes du pays [désignait]  les indigènes des classes inférieures, soumis à l'autorité siamoise, réservant aux maîtres du pays le nom de « Thay » qu'ils se donnent eux-mêmes ».

On n’oublie pas que l’esclavage avait été aboli en 1905 et que l’on ne change pas de mentalité en 8 ans ! De plus, on peut mesurer « l’effort » accompli pour que les Thaïs siamois puissent considérer 30 ans  plus tard les Laos comme des Thaïs à part entière. Enfin, sur le papier.


Les Européens n’étaient pas en reste et Maupetit nous confie que ceux  qui vivaient au Laos estimaient le plus souvent que les indigènes étaient des singes. Et pensant être différent, il nous rassure en avouant : nous sommes obligés de reconnaître que leur anatomie, qui est bien celle de la race humaine, a gardé certaines particularités que le développement social a fait perdre aux races civilisées. Ces caractères se retrouvent, d'ailleurs, chez tous les peuples sauvages ou demi-sauvages, restés près de l'état primitif.

Les qualificatifs employés indiquaient donc  que la vision des deux nations « colonisatrices » était commune pour considérer les Laotiens comme des êtres inférieurs, et justifier ainsi leur « colonisation 

                                           ____________________________

Au-delà de l’observation médicale, ( J'ai vécu au milieu d'eux, dans leurs villages de la brousse, dans leurs cases où je suis allé imposer patiemment mes idées de médecin français), il nous a semblé intéressant de retenir deux sujets, à savoir la description du style de vie des Laos et la stratégie matrimoniale.

 

1913 021/ le paysage, le village, la vie simple

Maupetit décrit donc le Laos siamois comme un vaste plateau aride en saison sèche et bien sûr en partie inondée en saison des pluies que le voyageur parcourt à « l’allure mortelle de 3 km/heure », « sous le soleil, la poussière, le grincement ahurissant des chars à boeufs  »

, « dans la monotonie accablante du khok, avec l'impression, déjà, que ce pays est pauvre, qu'il vit au minimun. Le khok « est une forêt clairière où des arbres, d'essences différentes poussent assez bien, mais éloignés les uns des autres et séparés par des zones où ne croissent que des herbes quand il pleut, où on ne trouve que du sable en saison sèche ».

 

Dans ce dénuement,  Maupetit est ravi, après avoir vu les grands quadrilatères irréguliers des rizières, avec leurs petits barrages de terre battue et les  troupeaux de buffles et de boeufs qui paissent paisiblement, de voir apparaître subitement  le village, «  très joli, avec son fouillis de palmiers, de bananiers, de bambous, au feuillage élégant, finement découpé, à travers lequel l'oeil arrive à distinguer quelques toits de paille, quelques maisons en bambou sur pilotis, un édifice sacré dans une pagode ».

 

Mais cette vision bucolique s’arrête avec les Laotiens présentés comme « encore des demi-sauvages ; très pacifiques, très doux », mais « apathiques, fatigués, incapables d'effort », qui ont une conception simple de la vie et de la société. Cette simplicité s’exprime par le peu d’ardeur au travail, « juste ce qu'il lui faut pour ne pas mourir de faim et qui, après, dort, mange, fume et chique le bétel. »

Mais il n’a pas peur de se contredire pour dire plus loin : « Le jour, peu de Laotiens sont désoeuvrés; la vie, avec ses exigences matérielles, demande un travail constant dans la case, au marché, aux champs ».Eh oui, le Laotien « prend son temps » : il faut cultiver le riz, semer, replanter, récolter, couper le bois, réparer la maison, soigner les bœufs et les buffles, prévoir les objets d’échange, discuter, participer aux fêtes du village, aller prier à la pagode... bref, vivre le temps rural …que le Dr Maupetit ne semble pas  avoir « accepté » :

   « Ce sont ces indigènes, ces êtres ralentis dans leurs manifestations vitales que j'ai regardé vivre pendant 3 ans. » 

 

2/ Stratégies et tactiques matrimoniales.

 

1913 03Le docteur Maupetit, observe que « dans un village un peu important, ou dans une ville comme Oubône, au marché, sur la rue, ou dans les rizières, on rencontre, à toutes les époques de l'année, plus de femmes en parturition que de femmes à l'état normal. ». De plus, il apprend lors de ses consultations que nombreuses sont les jeunes filles à avorter plus de 5 fois avant même le mariage.

 

 Il va s’interroger sur la fréquence de ces grossesses et sur les multiples avortements de ces  jeunes filles.

 

Il perçoit en quoi la naissance d’un enfant peut entrer dans la stratégie matrimoniale : «   le principal but d'un homme jeune, qui se marie, est d'avoir des enfants ; la stérilité de la jeune femme cause parfois des scènes de ménage fort graves et dans bien des cas, l'abandon de la femelle inutile» et que  « la conséquence des idées qu'a la femme laotienne sur la pratique de l'amour physique est la fréquence de la grossesse au Laos ».

 Il s’ensuit qu’avoir ou pas un enfant, garder ou non l’enfant, avoir un enfant au « bon moment » joue dans la stratégie de l’ « amour »,  des relations  amoureuses et du mariage.

 

Il découvre  «  une coutume laotienne, tout à fait spéciale, qui devient comme le noeud des intrigues amoureuses et que j'ai constaté partout, à la ville ou au village » : la Cour d’Amour. Mais, dit-il, «  nous allons voir que la coutume est une  chose et que la réalité est souvent autre chose ».

 

3/La coutume de la Cour d’Amour.

 

« Pour tous ceux qui l'adoptent elle est identique et tend au même but : le rapprochement des sexes et la possibilité, pour la jeune fille, d'établir un choix parmi ses adorateurs », et de trouver le bon mari.

 

On peut deviner les difficultés que peut rencontrer la jeune fille, écartelée souvent entre les désirs amoureux et la loi sociale du mariage avec ses codes, entre les fausses promesses des amants et l’accident de la grossesse qu’il va  falloir gérer.

 

Mais restons dans l’idéalité de la coutume, qui commence par le rituel de la séduction. Maupetit si critique sur les Laotiens ne peut ici qu’être charmé par l’esthétique mis en  œuvre. « On a presque l'impression d'avoir affaire à une race d'artistes aux âmes affinées et particulièrement sensitives ».

 

A/ La « soirée » des jeunes.

«  C'est l'heure des réunions.

La jeune Phû Saô, libre enfin, la journée finie, laisse ses parents s'étendre et s'endormir ; puis revêtant sa belle jupe de soie, souvent sans écharpe, ses seins fermes fièrement offerts à la fraîcheur du soir, elle s'installe sous sa verandah.

Dans un coin une torche fumeuse grésille, mettant dans la nuit une lueur pâle, pendant que la résine s'égoutte en flambant dans le plateau du support creusé en cendrier. Les jeunes gens qui passent et connaissent la jeune fille, comprennent ce que veut dire cette lumière; ils montent sous la verendah, deux, trois, quatre, rarement un seul; ils s'accroupissent à leur tour et, dans la nuit, s'élèvent les soupirs du khène ; ces mélodies lentes, si mélancoliques pour une âme européenne ; et, tard dans la nuit, on chante, on cause, on rit.

Certains vieux Laotiens m'ont affirmé que ces moeurs sont spéciales aux jeunes filles qui veulent des amants, plusieurs amants ; c'est probable ; mais' je puis affirmer pour l'avoir vu que rien d'immoral ne se passe pendant ces réunions où l'on doit se borner, tout au plus, à sceller des amitiés, des intimités qui se dénoueront probablement ailleurs en un

geste moins poétique. » (Maupetit a vu aussi certaines de ces soirées organisées dans les pagodes mêmes).

 

b/Après le rituel de la séduction vient celui des fiancailles, avec ses étapes : la mise à l’épreuve et la cour officielle.

 

La mise à l’épreuve commence quand les jeunes gens  assurés de leurs sentiments réciproques évaluent, au cours des jours ou des mois parfois,  la « valeur » des échanges promis et les « ressources «  des familles.

 « L'amant officiel, unique, préféré, tout en restant, évidemment, caché aux yeux de tous » peut au cours de « son enquête », découvrir que le parti promis n’« est pas à la hauteur ou tout simplement constaté l’usure de ses sentiments, qu’il n’est pas prêt à se marier de suite et que d’autres conquêtes l’attendent. »  

 

La cour d’  amour  officielle.

 

Si « l’enquête » a  rassuré les deux « fiancés » les parents sont mis dans la confidence et avec l’agrément des  deux familles, la cour officielle peut commencer.

 

Le jeune homme peut alors venir seul, le soir, faire sa cour, avec la complicité des parents. Le khène exhale les grands airs langoureux, et le jeune homme dit ces longs poèmes d'amour qu'on retrouve au Laos et qu'il égrène sur un rythme à quatre temps, monotone, sans fin, interminable récitatif aucours duquel, tout en redisant ce qu'on a appris par coeur, on improvise aussi des choses nouvelles, les louanges de la Phû Sâo.

Le « fiancé « n’oubliera pas de faire des cadeaux aux futurs parents.

Le fiancé est reçu dans la maison; ses visites deviennent fréquentes; il aide aux travaux de la famille; il mange le riz sur la natte commune; il devient l'allié et la plus grande liberté lui est laissée près de celle qui doit devenir sa femme.

 

Le mariage, la dot.

 

Lorsqu'ils sont sûrs qu'ils ne se trompent pas, le mariage est décidé. Les deux familles se mettent d'accord; de fréquentes entrevues ont lieu ; on débat le prix de la dot et les parents du fiancé la paie, rarement supérieure à vingt ticaux; il ne reste plus qu'à faire le mariage.

La noce a lieu chez la jeune fille.

 

 

Ensuite le Dr Maupetit décrit la cérémonie du mariage, très ritualisée.

 

4/ la Cour d’Amour dévoyée

 

Mais la Cour d’ Amour suit souvent d ’autres chemins et peut prendre différentes formes plus « intéressées ».

Les parents de la jeune fille peuvent s’opposer à l'union, soit qu'ils trouvent leur enfant trop jeune, soit que le parti ne leur plaise pas.

 

Ou bien, après une Cour d’ Amour, le « fiancé » s'éclipse et oublie  ses engagements. A ce moment s’il est passible des tribunaux, les Anciens  préfèrent les éviter car trop coûteux et infligent une indemnité (bien souvent dérisoire).

 

Ou bien, devant l’ annonce d’une grossesse, le soupirant ne veut pas  s’engager.  La jeune fille sans s'affoler, fait disparaître les traces de son amour, s'il en existe, et se prépare à recommencer. En effet, elle préfère avorter dans le silence plutôt que d’avouer que le « fiancé » s’est défilé après avoir profité de ses « faveurs » .

Il faut savoir également que « sur le marché de l'amour, une femme célibataire enceinte est dépréciée »  et aura des difficultés à trouver un mari.

 

Ou bien, c’est la jeune fille qui va « jouer » avec plusieurs amants à l’insu de la famille, soit pour trouver le bon futur mari soit par l’appât du gain afin d’obtenir des « cadeaux ».Elle sait qu’elle peut retirer un bénéfice du geste qu'elle autorisera ; aussi elle n'accorde ses faveurs qu'en présence  de promesses formelles ou de cadeaux appréciables pour elle  (argent, vêtements, aliments).

 

Ou bien, c’est une famille peu scrupuleuse qui va demander « réparation  » pour une « privauté » soit-disante non consentie par la jeune fille. Mais le jeune indélicat devra payer selon un barême connu dans le village  pour un baiser, un sein touché , soit pour l’ultime faveur. (Mais à l’inverse d’ Aymonier dans notre article précédent , le Dr Maupetit ne donne pas les tarifs du barême).

 

Bref, la Cour d’amour ou ses avatars se  comprennent toujours dans un « marché », un échange, une « dot » qui débouche sur un contrat, bien discuté, « réalisé » dans des étapes ritualisées. 

 

 

5/ Le mariage, un marché ? Une autre conception de l’amour et de la pudeur.

 

Que de débats aujourd’hui autour de ces notions, que d’incompréhensions !

 

Souvent le citadin farang qui veut se marier à une Isan  a du mal à comprendre qu’ il entre  dans une civilisation agricole et une autre culture .  Il a oublié les mariages de raison d’antan qui se pratiquaient dans les familles paysannes de France. Il oublie bien souvent que la conception de  l’ « Amour » de la femme Isan est forte différente de la passion amoureuse « occidentale ». 

 

Une autre conception de l’amour  et de voir son corps, une autre conception de la pudeur.

 

Certes  depuis 1913, le rapport à la pudeur a évolué et on ne voit plus, comme le Dr Maupetit, « les indigènes »,   le pagne, simplement noué à la taille, relevé autour des cuisses et sa partie antérieure, roulée, est ramenée en arrière, entre les jambes, attachée à la ceinture, et ceci constitue tout le costume.

Les jambes sont nues, les cuisses sont découvertes jusqu'au pli de l'aîne; au-dessus du bas-ventre, recouvert par le pagne, tout le tronc est libre et abandonne à la vue le nombril et les seins ; et, cependant, la pudeur est sauve, parce que, si un Laotien passe à côté de cette femme, il ne lui accordera même pas un regard.

 

Mais il n’est pas sûr que d’autres observations ne demeurent valables encore aujourd’hui.

 

Même au plus fort de son désir, l'indigène n'a que faire d'un ventre, d'une poitrine, d'une aisselle, d'un pli du coude ; il ignore les caresses et les baisers […]Par contrePuisque nous en sommes à étudier la désinvolture avec laquelle les Laotiennes livrent à tous le spectacle de leurs seins, je dois insister sur une habitude qui me paraît spéciale au Laos : le fait de toucher la main ou les seins d'une jeune fille ou d'une femme est considéré comme un attentat à la pudeur. 

Ceci est très intéressant et provient de l'habitude qu'ont les Laotiens de toucher les mains ou les seins pour sceller le pacte d'amour. 

 

Certes, nous avons vu que l’attirance, le plaisir d’être ensemble, l’amour physique ne sont pas absents dans l’ « évaluation » du mariage futur, mais le « fiancé » sait que «   le bonheur réel que sa jeune complice sera en droit d'espérer quand elle lui aura fait le don généreux de son corps et de son amour » est plus sur ses biens, « l'argent, les objets d'or ou de cuivre, les maisons, les rizières qu'il possède », bref la sécurité matérielle et sociale  qu’il lui apportera.

La possession pleine et entière des charmes physiques qu'il désire, se fera plus sur ces promesses « matérielles » que sur ses propres  charmes « physiques ».

 

De plus, pour fonder une famille, pour mettre en commun leur activité et leurs ressources ; il leur faudra obtenir l'assentiment des deux familles pour être mariés.

 

L’ « Article 7 du code civil laotien » en fait d’ailleurs foi, nous dit  le Dr Maupetit :

«  — II n'y a pas de mariage si les pères et mères des futurs époux n'ont pas donné leur consentement. Dans le cas où les parents sont divorcés, le consentement de l'époux qui aura obtenu la garde de l'enfant sera suffisant.

II n'est exigé aucune autre formalité. »

 

Il est consternant de voir que de nombreux Farangs aujourd’hui  voudraient oublier ces  « réalités » et cela d’autant plus qu’ils  seraient loin d’être des  sex symboles et auraient  le plus souvent plus de 30 ans de différence avec leurs jeunes promises.

 

Une note du Dr Maupetit sur la polygamie est aussi intéressante pour comprendre la situation de nombreuses femmes de l’Isan, même si « officiellement » cette coutume est désormais «  interdite ».

Au Laos siamois rien dans les moeurs, ni dans la loi ne s'oppose à ce que l'homme ait plusieurs femmes ; beaucoup de Siamois, d'ailleurs sont polygames ; or, il est très rare de rencontrer des indigènes du peuple ayant deux femmes.

J'ai cherché la raison de ce phénomène ; elle est très simple. La polygamie est toujours un signe de richesse; il faut de l'argent, beaucoup d'argent, non seulement pour acheter des femmes, mais pour les entretenir ensuite, elles  et leur progéniture. Or le Laotien est pauvre. Paresseux à l'excès, ne retirant du sol et de son travail que la somme de produits strictement nécessaire à son existence matérielle, il n'a jamais d'argent et c'est tout juste si, n'ayant même qu'une femme, il peut être sûr de toujours la nourrir avec les enfants qu'elle lui donnera.

Mais le cas qui se produit le plus souvent est que l'homme, curieux de nouveauté, qui a jeté son dévolu sur une autre, abandonne simplement la première, soit en la répudiant, soit en la laissant seule avec ses enfants pour aller ailleurs avec sa nouvelle amante.

 

Mais chacun sait que «  cette coutume »  est de l’histoire ancienne !!!

 

 

 

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 Docteur Maupetit Georges, Moeurs laotiennes,  In Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, VI° Série, tome 4, Fascicule 5, 1913. pp. 457-554.

 

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 03:04

 

 

 

 

 


aymonierNous étions en train de lire les  « NOTES SUR LE LAOS », d’ Etienne Aymonier (Saïgon, Imprimerie du Gouverneur, 1885), pour découvrir qu’il décrivait en fait notre Isan.

Ainsi en 1885 l’ Isan était un pays lao.

Il n’est pas besoin d’être un fin politique pour comprendre l’objet du voyage qu’effectua Etienne Aymonier au Laos en 1885, surtout qu’en fin de ses « Notes », il tint à préciser : « Il n’entrait pas dans notre plan de parler ici de l’objet spécial de notre voyage au Laos ».  Il est vrai que la France avait bien annexé la Savoie et Nice en 1860. Mais ici, il s’agissait d’un pays qui encore aujourd’hui était fier de n’avoir jamais été colonisé et qui jamais évoquait son passé « colonisateur ».


Nous avions déjà vu par contre dans nos articles sur les relations franco-thaïes (Cf. 1867, 1893, 1907,1941) comment les Siamois, dès la prise de Saïgon en 1859,  avaient défendu ce qu’ils considéraient comme des « possessions  siamoises », contre les nouvelles puissances coloniales anglaise et française. Nous avions évoqué une lettre du roi Rama IV datée du 19 janvier 1867 (citée par Pensri Duke) qui confirmait bien cette volonté siamoise : « nous prions qu’on veuille bien faire droit à notre requête, et donner une décision favorable qui nous permette de conserver et continuer à posséder en paix des provinces qui sont en notre pouvoir depuis plus de quatre règnes successifs durant l’espace de 84 ans », soit 1783 ?

 Laos ancien

Il apparaissait donc intéressant, d’étudier comment s’était effectué ce passage de provinces vassales à l’annexion au royaume de Thaïlande et comment un « voyageur français » voyait un pays lao en 1885 et notait les rapports de « vassalité », d’autant plus qu’Aymonier affirmait que « nulle part on retrouve des annales au Laos ».

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Nous n’allons pas refaire le long voyage effectué par Aymonier de Melou Prèh,  Tonlé Ropui, Attopeu, Sarawan, Bassac,  Khen Tao, Péchabun,les Moeungs du grand fleuve, du Moun , Sieng Khan, Phichaïe, Nongkaï, Nong Han, Pom Visaï, Sayaburi, Roi Et, Kalasin, Khon  Khen , Oubon , les Moeungs kouis et kmers, Koukhan et Souren , Ratanaburi ……Korat……. franchir fleuves et rivières , rapides et montagnes, forêts et plaines, mines et riziéres ………mais noter ce qu’il a remarqué sur les Laociens (sic) (les Isans d’aujourd’hui ?), à travers une méthode d’investigation qui retient essentiellement  : l’organisation  du pouvoir, la nomination et le titre des chefs et leurs signes distinctifs, le nombre de cases et de pagodes, le nombre d’  « imposables » (d’ « inscrits ») et formes d’impôts et montants payés au Roi du Siam, l’origine et la composition ethnique , l’économie  et le commerce et quelques traits « ethnographiques » [ physique, mariage/divorce, vêtement (porte jupe lao ou thaïe), coiffure mœurs (femmes « lègères » lao différente des femmes siamoises et kmères) , la justice (rapport au pouvoir siamois, les femmes tarifées), la monnaie, rites et superstitions…          

 

Mais, on peut remarquer3 faits d’ importance :

 

-  L’ Isan de 1885 se vit bien comme un pays lao , mais un pays éclaté sans roi reconnu, sans pouvoir central

- Tous les clans, Moeungs (province , districts) et villages  reconnaissent leur vassalité auprès du roi de Siam. Elle prend la forme de capitation / tribut, reconnaissance des pouvoirs des chefs lao selon une hiérarchie et un cérémonial  siamois, de recours à la justice siamoise  pour les conflits majeurs 

-  Le pouvoir siamois n’intervient pas pour imposer ses mœurs, ses coutumes, ses  valeurs et laissent les Laociens  vivre en Laociens

 

1/ Nous avons déjà cité un  article tiré du Larousse qui  explique dans quelles circonstances historiques  le royaume de Vientiane devient une province siamoise :

 

Ainsi Etienne Aymonier « visite » les Moeongs laos du pays « Isan » dont beaucoup d’habitants viennent de la « déportation ».

Il précise qu’est considéré comme moeongs (ou muang ?), tout royaume si petit soit-il, toute province, district, chef lieu, canton où on parle lao. Chaque entité est dirigée par un  « roitelet » dont le titre  correspond à l’importance du moeong : le chau (oppahat, ratsevong, ratsebout), le taseng est un petit chef de canton et le komnan un chef de village.  

Si un village devient important, il devient un moeong, avec une hiérarchie organisée au profit du chau supérieur. Avec des liens de dépendance différents selon les chaus (ou djao ?). Tous dans un rapport de vassalité souvent différent  avec le roi du Siam.

Toutefois on peut remarquer des traits communs.

Chaque chau jouit d’une grande liberté vis-à-vis du suzerain siamois : « Vis-à-vis de Bangkok, il s’agit de payer régulièrement l’impôt de capitation et de ne pas mettre la question de la domination siamoise », « ce à quoi -précise Aymonier- pas un Laocien ne songe».  

La Cour de Bangkok, en échange « respecte entièrement les moeurs et coutumes de tous ces pays éloignés. Elle n’intervient qu’à la suite de réclamations ». Mais les procès sont si coûteux (il convient d’offrir beaucoup de « présents ») et longs que peu de litiges remontent à Bangkok.

La Cour accepte la hiérarchie Lao, mais  chaque Chau important doit être reconnu et « officialisé » par le roi de Siam, à travers un cérémonial d’ investiture royale pour les chaus importants  dans lequel il s’engage à agir en fidèle et loyal vassal. Il reçoit à cette occasion son titre (Rappel des titres siamois : 1/Samdach 2/Chau phya  (ces 2 titres étant réservés à la Cour), 3/Phya 4/Phra 5/Louong 6/Khun 7/ Moeun ) et les insignes du pouvoir correspondant soit par exemple des insignes en or pour les Phya, en argent pour les Phra ou  Prah, avec des objets propres à chaque niveau (plateau à pied, boite pour le tabac et le bétel, aiguillère à bec, une urne appelée kanthor, un parasol (aux couleurs différentes selon le titre), un habit de gala, des sabres ,fusils, lances …

Les autres chaus  suivent une voie hiérarchique  sur un mode « écrit ». 

On peut à titre anecdotique donner le nom et le titre officiel du Chau de Khon Ken, il est vrai à l’époque composé de 150 cases ! : «  Phra lokhon si balibat bahomalat sah phakedey si saur phra santhon chau moeuong Khon Khen »

Des  moeuongs différents  (taille, hiérarchie, modalité de paiement de l’impôt, mode siamoise et lao).

La vassalité s’exprime essentiellement par l’impôt de capitation individuel et un tribut annuel payé par l’Autorité.

Siam coin C236d

On distingue 2 catégories : les inscrits extérieurs inscrit au registre de Bangkok, et les inscrits intérieurs. Aymonier a des difficultés d’en donner le nombre et donne souvent des évaluations approximatives. Par exemple pour la province d’Oubon composée de 12 moeungs, il dit que cela varie de 6 000 à 40 000 inscrits !

Le montant et la forme de l’impôt de capitation comme le tribut varient énormément selon l’histoire du moeung (par exemple Sieng khan paye un impôt très lourd car il se révolta) et de la Province et bien sûr de la production locale.

Les habitants peuvent devoir donner aussi  un autre « impôt » par maison au chau comme par exemple à Koukhan, il reçoit une natte ou un pain de cire ou un lingot de fer . Le circuit des différents impôts payés au roi du Siam passent à travers une  hiérarchie des chaus. (Melou Prèh ,par exemple, envoie à Koukhan qui transmet à Bangkok.  Khen Tao reçoit des ordres de Petchaboun pour recruter des « soldats » lors d’incursions ennemies).

L’impôt varie aussi bien souvent selon l’âge : le vieux de plus de 50 ans, l’adulte marié et le jeune célibataire de plus  de 20 ans payent des parts différentes. A Attopeu on produit de l’or , on payera donc en or. A khen tao la capitation est de 3 ticaux et le tribut de 50 cattis et 15 damling et est porté chaque année  à Péchabun. Tonlé Ropou relève de Bassak. Les inscrits payent  3 pains de cire et chaque chef de famille 3 mesures de riz pour la Province. Melou Prèy paye 5 pains ou 1.5 kg de cire et la Province  envoie cire, ivoire, cornes de rhinocéros …..à Koukan qui transmet à Bangkok . On peut aussi payer en monnaie locale (j’ai même vu en piastres mexicaines !).


Bref tout un système de capitation et de tribut variable selon les moeuongs et les provinces et les « accidents « historiques ».

Si tout l’Isan est décrit comme Lao, Aymonier note et décrit d’autres peuples comme les Kouis , les Kmers dans la province de Koukan par exemple . Il signale même des « sauvages » ! Il précise aussi pour chaque village, la présence ou non  de Siamois  et de Chinois et même parfois de Birmans au sein de la population lao.

Les moeurs et la mode. 

Selon les villages les femmes suivent la mode de leur choix  au niveau de l’habillement et de la coiffure à savoir selon la «  mode « siamoise ou lao : langouti siamois ou jupe laotienne (en général rayée rouge  et noire), cheveux courts ou cheveux longs en chignon. Certains hommes  suivent la mode siamoise de s’ enduire les cheveux de graisse de porc …Aymonier répète aussi souvent que les Laotiennes se baignent nues contrairement aux Siamoises , qu’elles sont de moeurs plus « légères ». Même les bonzes laotiens, dit-il, sont moins  sérieux que les bonzes siamois et cambodgiens. Certains  sont surpris à jouer et à pratiquer la « bagatelle ». 

Il remarque que chez les Laotiens si l’indulgence est générale pour « les péchés de la chair », les filles sont aussi sources de revenus.

La coutume des « cours d’ amour »est  souvent détournée.  On accepte les réunions  de jeunes le soir dans les cases. Mais si la jeune fille dénonce la « faute » commise, « Tout est tarifé : tant pour la prise de main, tant pour la prise de taille et des seins, et tant …pour les dernières faveurs ». Le garçon doit payer ou épouser. La somme dépend de la Province et de la situation des parents. Mais non sans humour, Aymonier précise que les Laotiens ne sont pas à l’abri des idées novatrices  et que certains mandarins demandent à leur fille de garder « leur capital intact ».

Et pourtant, il n y avait pas encore de farangs et de touristes !!! (Nous sommes  en 1885 !)

La 5 ème partie du livre résume ce qu’Aymonier a appris sur les Laotiens, pour aborder ensuite les Moeuongs kouis majoritaires au Sud (fort différents, précise-t-il, des Laotiens et des Kmers de la province de Koukhan).

On peut être surpris aujourd’hui de voir ensuite présenter Korat comme la Province la plus importante du Laos, même si elle est « frontière » avec le Siam. On peut être choqué que les esclaves soient à peine visibles dans ces « Notes ». On comprend pour le moins qu' Aymonier  « enquêtait » pour la « colonisation  »  future, qui ne se fera finalement  pas dans cette Province.

Nous avons vu dans nos « relations franco-thaïes » comment les Siamois vont réussir à préserver leur vassalité sur l’Isan, leur Province  lao, et au XXiéme siècle la transformer en une province siamoise. Si les Laos d’Isan ont oublié leur histoire, des Thaïs siamois n’hésitent pas encore aujourd’hui à Bangkok de les traiter de « sales Laos ».


____________________________________________________________

Étienne François Aymonier né à Le Chatelard (Savoie) le 2 janvier 1844, décédé à Paris le 21 janvier 1929 est un officier et administrateur colonial français, spécialiste des cultures khmère et cham, premier directeur de l'École coloniale (Wikipédia).

 

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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 03:07

 

Annam 2 Notre Isan au temps de la rivalité du Siam et de l’Annam?

 1 /Le recul des khmers.

Devenus (au début du XVIe siècle) vassaux du roi d'Ayuthia, les monarques khmers devaient obtenir de celui-ci l'investiture pour régner en paix et faisaient appel à la cour du Siam pour mâter les rebellions. Ils en payèrent parfois le prix en abandonnant aux Siamois l'administration de districts et même de provinces (comme Korat et Chantaboun). La cour d'Ayuthia prenait des princes khmers comme otages et ne les laissait revenir au Cambodge qu'après s'être assurée de leur loyauté.

Nous avons vus que certains rois résistèrent cependant au protectorat d'Ayuthia, comme par exemple vers 1540, le roi Ang Chan Ier qui avait transféré la capitale à Lovek. Mais les Siamois s'en emparèrent en 1593. Ils détruisirent les palais, les temples et les archives et déportèrent de nouveau une partie de la population khmère. La chute de Lovek porta un coup grave à la résistance cambodgienne, qui demeurait donc plus que jamais le vassal du Siam.

Le roi Chey Chêtthâ II (1618-1625) tente de secouer le joug siamois, repousse les armées venues de l'ouest et, pour se renforcer, va chercher un appui du côté de l'empire d'Annam, dont il a épousé une des princesses.


2/L’Annam entre dans le jeu 

La succession de Chey Chetta II donna lieu à de furieuses luttes intestines. Des prétendants obtinrent en 1658 le concours vietnamien et l'un put, en 1660, s'assurer le trône. Par traité, la cour de Hué imposa alors au Cambodge le versement d'un tribut régulier. Souverains, usurpateurs, prétendants n'en continuèrent pas moins à se disputer le trône. Hué profita de la passivité du Siam, alors occupé à faire face aux Anglais, Français et Hollandais, pour soutenir (d'ailleurs en vain) la rébellion du «second roi» (obbareach), Ang Non, au Cambodge. Le roi Chey Chetta IV domina la scène pendant trente ans (après 1675), abdiquant puis reprenant la couronne quatre fois à des héritiers jugés médiocres. Sous son règne, en 1701, les Vietnamiens annexèrent les provinces de Giadinh, Bien Hoa et Baria.

 C'est le début de la politique khmère d'équilibre précaire entre ses deux voisins, et le commencement de l'influence de la cour de Hué dans ce qui deviendra le sud du Viêt Nam et qui est encore cambodgien.


Nous avons vu qu’en 1767, Ayutthaya est  rasé par les Birmans. Le roi Outey II (1758-1775) refuse de reconnaître  la suzeraineté du nouveau roi Taksin installé à Thonburi. Celui-ci tente d’imposer un prince khmer, Ang Non, à Oudong en 1770. Outey II appela alors la cour de Hué à son secours. L'armée vietnamienne mit en fuite les Siamois, et imposa cette fois son protectorat (1771).

8011562-statue-du-roi-taksin


3/La rivalité Siam– Annam. Une histoire mouvementée.

Le protégé du Siam, Ang Non, s'était cependant retranché à Kampot, d'où il dirigea une guérilla contre son rival. Le pays était en ruine. Les Siamois avaient encore déporté à l'ouest une partie de la population. Le Vietnam, affaibli en 1774 par la révolte des Tayson, ne pouvait rien faire. Le Cambodge revenait sous la tutelle du Siam.

Le Cambodge devient le terrain de bataille entre Siamois et Annamites, avec complot, rivalité et lutte princière entre frères et sœurs, révoltes populaires, invasion successives du Siam et de l’Annam, occupation et vassalité conjointes, co-suzeraineté, tentative d’annexion, des territoires cédés et repris, des interventions incessantes…

Ainsi par exemple le complot de trois mandarins qui aboutit  à la capture et l’assassinat de Ang non  (août 1779). Mais ils s’entre-tuèrent et le survivant Ben fut contraint de se retirer avec le jeune roi à Bangkok, la nouvelle capitale que venait de fonder (en 1782) le nouveau roi de Siam, Chakri.

 

mandarinjs

Ang Eng y fut couronné par celui-ci (1794) qu'il reconnut comme suzerain et protecteur avant d'être reconduit à Oudong par une armée siamoise que Ben commandait (1795). Il laissa alors au Siam l'administration des provinces de Battambang, Mongkol Borey, Sisophon et Angkor. Mais il mourut dès août 1796, à l'âge de vingt-trois ans, laissant un fils aîné de quatre ans et une famille royale presque entièrement détruite.

Le roi Chakri (Rama Ier) chargea de la direction des affaires un mandarin khmer, Poc, qui jusqu'à sa mort (1806) fut son instrument docile. Le fils d'Ang Eng ayant alors atteint sa quinzième année, Chakri le fit couronner à Bangkok sous le nom d'Ang Chan II.

Rama I (1)

Le retour de l’Annam

Le Vietnam ayant alors reconstitué sa force et son unité (Gialong était empereur depuis 1802), Ang Chan renoua avec Hué et accepta de se reconnaître vassal de Gialong. Mais le roi de Siam Rama II (1809-1824) ne pouvait admettre que le Cambodge eût deux suzerains et il fit occuper le Cambodge (1812).En mai 1813, Ang Chan II, avec une armée khméro-vietnamienne, put reprendre Oudong. Peu après, le Siam acquiesça à sa restauration, moyennant la cession d'un vaste territoire au nord du royaume, les provinces de Melouprey et de Stungtreng.

Les Vietnamiens n'avaient toutefois pas restauré Ang Chan pour qu'il cède son royaume au Siam. Ils placèrent un résident auprès du roi et le gouverneur de Saigon reçut autorité militaire sur tout le Cambodge. Mais en 1831, venant au secours de rebelles khmers, les Siamois envahirent de nouveau le pays, contraignant le roi Ang Chan à se réfugier au Vietnam.

 Une révolte éclata alors contre l'occupation siamoise et l'empereur du Vietnam Minh Mang envoya une armée qui remit Ang Chan sur son trône. En 1834, à la mort du roi, les Vietnamiens imposèrent, pour lui succéder, sa troisième fille, Ang Mey. Le résident Truong Minh Giang s'engagea alors dans une politique de vietnamisation systématique du royaume, s'efforçant même de modifier les mœurs. Dans chaque province, un fonctionnaire vietnamien fut placé à côté du gouverneur cambodgien. L'armée khmère fut réduite au rang de milice locale. Les Vietnamiens imposèrent leur langue dans l'administration. En 1841, l'annexion fut décidée. Le gouverneur vietnamien fit déporter à Saigon la reine et ses ministres.


Le retour des Siamois 

En 1845, exaspéré par cette oppression, le peuple khmer se révolta, attaquant et massacrant les Vietnamiens dans tout le pays. Les grands dignitaires, contactés par des émissaires du prince Ang Duong (fils de Ang Chan II), réfugié à Bangkok, sollicitèrent l'intervention siamoise. La cour de Bangkok ne laissa pas échapper l'occasion qui s'offrait à elle de retrouver au Cambodge l'influence qu'elle avait perdue.

Le roi de Siam Rama III (1824-1851) chargea son général Bodin de placer Ang Duong sur le trône de Oudong et de bouter les Vietnamiens dehors. Les Khmers accueillirent avec joie cette intervention. L'armée siamoise occupa bientôt Oudong. En décembre 1845 cependant, à la demande d'Ang Duong, des pourparlers de paix s'engagèrent. Ils aboutirent vite. Il fut décidé, du consentement commun des gouvernements de Bangkok et de Hué, qu'Ang Duong serait fait roi, que les princesses et ministres khmers détenus au Vietnam seraient échangés contre des prisonniers de guerre vietnamiens et que le Siam conserverait les provinces cambodgiennes qu'il occupait depuis cinquante ans. De leur côté, les Vietnamiens se voyaient confirmer l'annexion de la basse Cochinchine (Kampuchea Krom).

L’Isan conservait ses villages « Kmer ». 

 

5/L’arrivée des Français au Cambodge

 

Nous avons déjà vu, dans « Les relations franco-thaïes » comment l’Angleterre la France allaient modifier les rapports de force (le Traité d’amitié de navigation et de commerce du 15 août 1856 et la prise de Saïgon le 9 juillet 1859 qui allaient bouleverser tout « l'équilibre » de l’Asie du sud-est. »

 20080913093232!Prise de Saigon 18 Fevrier 1859 Antoine More

Mais l’Isan, demeurait vassal du Royaume de Siam 

 

(Cf. article suivant sur ce sujet)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 03:01

31592 175117134 empire lao conquis par le grand roi fa ngumL’ISAN  au temps des royaumes laos de Lang Xang, de Vientiane, de Luang Prabang et de Champassak.

 

Après le déclin de l' empire kmer à partir du XIIIème siècle, l'Isan  a vu passé de multiples armées (et bandes armées) mais avec l’affaiblissement du Royaume de Sukkothaï et la formation du royaume laotien du Lan Xang et de Vientiane, la  Région sera de plus en plus colonisée par les migrants laotiens.


Naissance du « Laos »

Le prince fa Ngum, originaire de Xieng Dong-Xieng Thong.est chassé très jeune par son père, chef thaï du Haut Mékong, d’une longue lignée de chefs de la principauté du Muong Xua, connue plus tard sous le nom de Luang Prabang, Il se réfugie à la Cour d’ Angkor, où il est éduqué. Il épouse une princesse kmère, parente du Roi. 

Entre 1340 et 1350, Fa Ngum prend le commandement d'une armée khmère et entreprend d'unifier le Laos. Il s'empare du Bassac (Champassak) et de Xieng Khouang et finalement, en 1353, s'installe sur le trône à Xieng Tong.

 

fa ngun

Il se fait sacrer roi à Luang Prabang (1353), puis revient occuper Vientiane. Il étend ses possessions jusqu'au Yunnan et au nord-est du Siam. Il fonde ce qu’on va  appeler le royaume du Lan Xang,  constituant pour la première fois dans l'histoire de la région un territoire laotien uni. Le nouveau royaume est baptisé Lan Xang Hom Khao, ou littéralement « Le Royaume du Million d'Éléphants et du Parasol Blanc ». La capitale est presque tout naturellement installée à Muang Seua, et une nouvelle religion est proclamée pour tout le royaume, le bouddhisme Theravada que Fa Ngum rapportait de son séjour kmer.

Le nouveau royaume connaît soixante ans de prospérité avant de décliner durant près d'un siècle, vacillant aux mains de souverains trop rapidement remplacés (31 rois jusqu’en 1707.On ne compte pas moins de sept monarques entre 1416 et 1438, et six encore entre 1479 et 1520, dont.Mahaupahat (règne sous la domination birmane  (1574-1580), Saensurin (1580-1582) (règne interrompu par une brève occupation birmane) et Nakhon Noi   (règne aussi sous la domination birmane) (1582-1583).

 

Toutefois, il faut noter le rôle du roi Phothisarat  (1520-1548). Il relève le pays de ses ruines, étend son influence sur le Lan Na (1548), installe sa nouvelle capitale à Vientiane. Il guerroie contre Ayutthia, la capitale du Siam de l’époque Vientiane

C’est en 1520 que Phothisarat décida de transférer les centres politiques et administratifs du royaume à Wieng Chan (Vientiane), inquiété par la possibilité d’une invasion birmane.   (Luang Prabang ne fut donc, dans les faits, capitale du Laos que durant 170 ans mais conservera historiquement une ascendance dans la vie politique du pays (coexisteront d’ailleurs longtemps plusieurs rois au Laos : celui de Wieng Chan, celui de Champassak et celui de Luang Prabang, parfois amis, parfois ennemis !).  

La disparition (vers 1548) du roi Phothisarat est suivie d'une attaque des Birmans, qui prennent Vientiane en 1574 et imposent leur suzeraineté. (il y avait eu en 1479, les Thais Noirs, et en 1525,  les Annamites).

Le pays vit alors une longue période d'anarchie, qui prendra fin avec l'arrivée sur le trône de Souligna Vongsa (Suliyavongsa) [1637-1694].

 

souligna vongsa

Ce souverain, qui règne cinquante-sept ans, rétablit la paix dans le royaume et assure de bonnes relations avec l’Annam ; il épouse une princesse vietnamienne, et les deux pays fixent leur frontière. Sous son long règne, le Laos reçoit la visite d'Européens, parmi lesquels le commerçant hollandais Gerrit Van Wuysthoff (1641) et le jésuite italien Leria (1641-1647).

La mort de Souligna Vongsa (1694) entraîne entre ses descendants une querelle qui va mettre fin à l'unité et à l'indépendance du Laos pour plus de deux siècles pour voir coexister, au début du XVIIIe s. les royaumes de Vientiane, de Luang Prabang et de Champassak.

Ce dernier passera vite sous la suzeraineté siamoise. Celui de Luang Prabang, affaibli par ses rivalités avec Vientiane, est envahi par les Birmans (1753) au cours de leur campagne contre le Siam, puis mis à sac une seconde fois (1771).

Bien qu’allié de la Birmanie, le royaume de Vientiane signe un traité d'alliance avec le Siam trois ans plus tard, mais est envahi et conquis par le général Phraya Chakri (futur roi  Rama 1er) en 1778. Le pays et la capitale sont pillés, le bouddha d'émeraude est amené à Bangkok. Vientiane passe à son tour sous la suzeraineté siamoise. (réaffirmée en 1836).

 

De ce jour, Bangkok intronisera les rois laotiens et intégrera leurs troupes dans ses armées. Le roi Anou, qui règne de 1805 à 1828, et qui a été placé sur le trône par les Siamois, tente de secouer cette tutelle. Il obtient d'abord de Bangkok pour son fils le trône de Champassak, où il vient d'écraser une révolte des tribus khas (1819). En 1826, croyant le Siam menacé par la guerre anglo-birmane, il marche sur Korat et Bangkok. Il est arrêté par le général Bodin (sur ordre de Ram III), qui contre-attaque et s’empare de Vientiane en 1827. Il rase la ville et déporte ses habitants en Isan. Plus de six mille familles sont exilées sur la rive droite du Mékong, en territoire siamois. Quant au roi Chao Anou, vaincu, il fuit vers Annam (Vietnam). Il est capturé et transféré à Bangkok où il mourra en captivité. 

Là encore je n’ai pas encore trouvé d’étude qui analyse ces déportations, ni comment se décident  les nouvelles localisations, se font les nouvelles installations. Mais une chose est sûre : l’Isan devient de plus en plus Lao.

Un livre d’Etienne Aymonier  « NOTES SUR LE LAOS », (Saïgon, Imprimerie du Gouverneur) de 1885 nous donne toutefois une idée de l’organisation des nouvelles provinces, districts, villages et comment s’exerce la suzeraineté siamoise (Cf. l’analyse de cette étude en notre Isan 11 ).

L’ Isan se vit comme un pays essentiellement lao avec des minorités kmers, kouis … mais un pays éclaté sans roi reconnu, ni pouvoir central .

 

Le pouvoir siamois n’intervient pas pour imposer ses mœurs, ses coutumes, ses  valeurs et laissent les Laotiens  vivre en Laotiens. Il reconnait la hiérarchie et les pouvoirs des chefs lao à travers une procédure évidemment établie par la Cour, qui doivent accepter en retour leur vassalité, qui prend essentiellement les formes du respect de la hiérarchie et du cérémonial siamois, le paiement de capitation /tribut annuel adapté aux ressources  des différentes régions  et le recours à la justice siamoise  pour les conflits majeurs. 

 

L’ISAN était vu désormais comme une province surtout lao, vassal du Roi du Siam, mais à l’Est, des populations kmères de l’ancien Empire demeuraient, augmentées par des déportations successives.

 

_____________________________________________________________________

 

Nota. Une  étude de Michel Lorrillard « VIENTIANE ET LE MÉKONG, Situation de la ville dans l’espace régional et la longue durée » montre les limites de notre présentation des  Royaumes laos. Mais c’est toute la différence entre un véritable chercheur et un débutant.

Il est symptomatique que depuis le début des recherches historiques sur la vallée moyenne du Mékong, ce sont des sources écrites européennes qui, d’une façon quasiment exclusive, ont été utilisées pour donner un éclairage sur le passé de Vientiane. Le récit de voyage de Gerrit van Wuysthoff – marchand hollandais qui a séjourné dans la capitale du Lan Xang du 5 novembre au 20 décembre 1641 – est devenu une référence incontournable pour les livres d’histoire sur le Laos. Plus récemment, on s’est intéressé également à l’ouvrage du père de Marini et, à travers lui, au témoignage laissé par un autre missionnaire jésuite italien, le père Léria.

 Ces documents, certes précieux pour la connaissance de la civilisation lao, n’ont cependant pas été traités avec la rigueur scientifi que que nécessite la discipline historique. Ce sont au départ des textes relativement limités dans leur objet, puisque le premier est tout entier centré sur des questions commerciales, alors que le second consiste essentiellement en une violente critique de la pratique religieuse en pays lao. Leur interprétation rapide et exagérée a notamment servi de base à une affi rmation qui est vite devenue un dogme, à savoir que le XVIIe siècle, et en particulier le règne du roi Suriyavongsa, avait été pour le Lan Xang et sa capitale Vientiane un véritable âge d’or – une thèse qui n’est en rien  confi rmée par les documents en langue vernaculaire.

 

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 03:07

 


carte 1300Les royaumes thaïs de Sukhothaï et d’ Ayuthaya


Nous avons vu qu’au 13 ème siécle l’Empire kmer va décliner. Les Thaïs se rebellent, fondent le premier Royaume de Sukkhotaï en 1238 et chassent les autorités khmères, mais absorbent les populations kmères et Môn.(Rhama Kambeng (1283-1317) s’inspire du modèle politique Khmer et spirituel Môn (bouddhisme Theravada) ).Ensuite, le royaume d’ Ayuthaya, fondé en 1350 va s'emparer d'Angkor en 1431, la piller  et emmener ses habitants en captivité.

Mais que sont ces royaumes thaïs et quelle est l’origine des Thaïs ? :

 

 

« L'origine du peuplement de l'ancien royaume de Siam est encore très incertaine. Fuyant probablement les guerres meurtrières qui marquèrent la période dite des "Printemps et des Automnes" du VIIe au IVe siècle av. J.C., les Thaïs auraient quitté le Sichuan (Chine) pour s'installer dans les vallées du sud et du sud-ouest où ils se mélangèrent à des populations miao-yao.  

 

Durant les premiers siècles de l'ère chrétienne, ces communautés thaïes furent coupées en deux le long du fleuve Rouge. L'évolution de ces deux groupes fut dès lors séparée : l'un se sinisant peu à peu ; l'autre, localisé dans un large périmètre autour de Diên Biên Phu, s'indianisant plus tard et se subdivisant encore en plusieurs sous-groupes dont les Lao et les Siamois.
La présence de Thaïs dans la péninsule indochinoise est attestée par une inscription chame de 1050 puis par la représentation d'une troupe de mercenaires dits syam sur un bas–relief du temple d'Angkor.
Longtemps crédités de la fondation du royaume de Nanzhao qui se développa au Yunnan sous la dynastie des Tang, les Thaïs n'auraient, semble-t-il, que calqué les méthodes de celui-ci, principalement dans la région située immédiatement au sud, connue sous le nom de Sip-Song Pan Na.
Au cours du premier millénaire de notre ère, la nécessité de trouver des terres cultivables pour une population croissante aurait entrainé, le long des rivières et des vallées, un lent mouvement de population, endigué vers l'ouest et le sud-ouest par la situation géopolitique de l'époque.


Un premier « royaume » thaï vit alors le jour en pays Yonok, situé dans la région de Chiang Saen où les Môns introduisirent le bouddhisme theravada vers la fin du Xe siècle.
Le Nanzhao constituant l'un des principaux points de communication terrestres entre l'Inde et la Chine, via l'Assam et le Yunnan, la présence thaïe dans la péninsule indochinoise fut renforcée par l'arrivée de pèlerins et de marchands ainsi que d'un certain nombre d'esclaves, prisonniers de guerre.


Cette pénétration se fit dans trois directions principales (sud-ouest, sud, sud-est) et les populations thaïes essaimèrent vers ce qui est aujourd'hui l'Inde du Nord-Est, la Birmanie, la Thaïlande, le Laos et le nord du Viêt-nam.
Au cours des XIe et XIIe siècles, suite à des raids successifs vers le sud et le sud-ouest, les Thaïs contrôlaient une large population et, au début du XIIIe siècle, quelques principautés et/ou chefferies furent fondées dont Mogaung, Muang Nai, Ahom et — en ±1238 — Sukhothai. Petit à petit, et par alliances matrimoniales avec de puissantes familles locales, une aristocratie thaïe prit le contrôle de principautés déjà existantes et en fonda de nouvelles.


Premiers seigneurs
Contrôlant d'importantes forces humaines et dominant les plaines des confins de l'empire, ces seigneurs thaïs se virent octroyer titres et prérogatives par les empereurs d'Angkor désireux de se les concilier.
(Rappelons que, l'Asie du Sud-est disposant de grandes étendues mais non des nombreux bras nécessaires à la riziculture inondée, la richesse et le pouvoir se mesuraient à l'importance de main-d'œuvre dont un souverain ou un noble disposait, et que les guerres avaient donc plus pour but d'accaparer des populations que de les détruire.)
Il était ainsi plus ou moins inévitable qu'un jour ou l'autre quelque seigneur local tente de s'émanciper de la tutelle khmère pour se tailler son propre territoire.
C'est ce qui arriva dans les années 1238/1240 quand, profitant de l'affaiblissement du pouvoir angkorien fragilisé depuis la mort de Jayavarman VII en 1218, deux chefs thaïs — Pha Muang de Muang Rat et Bang Klang Thao de Muang Bang Yang — évincèrent le gouverneur khmer de Sukhothai et le remplacèrent par Bang Klang Thao qui fut nommé roi sous le nom de Si Indraditya,
titre que Pha Muang tenait du pouvoir central d'Angkor et qu'il lui abandonna.
Les Thaïs prirent ainsi le pouvoir sans effusion de sang inutile, ce qui a fait dire à Georges Cœdès que cette émergence des Thaïs était
« moins un bouleversement soudain dans le peuplement de la péninsule, que la prise du pouvoir par une classe dirigeante d'origine t'aie [...] la substitution du gouvernement des T'ais à l'administration khmère dans le bassin du Ménam et sur le Haut-Mékong. »


Quoi qu'il en soit, au milieu du XIIIe siècle le premier royaume siamois était une réalité. Il ne devait durer qu'un peu moins d'un siècle et demi mais son histoire allait être dominée par un souverain dont les Thaïs ont encore la nostalgie de nos jours : Ramkhamhaeng. »(référence non retrouvée)

 

A la fin du XIIIe s, le royaume thaï de Sukkhotai étend sa domination vers l'est jusqu'à Luang Prabang et  Vientiane (ou Vieng Chan).

Les historiens thaïs traditionnels considèrent la fondation du royaume de Sukhothaï comme le début de leur nation, tant les informations sont limitées pour les périodes qui précèdent. Les premiers Ayutthayiens « ne considéraient probablement pas Sukhothai différemment d'autres muang tels Chiang Mai, Lop Buri ou Nakhon Sri Thammarat. » (Charnvit Kasetsiri, 1976. Cité par Xavier Galland « Les Débuts d’ Ayutthaya : quels débuts, in Gavroche)


L'histoire de Sukhothaï fut intégrée pour la première fois à l'histoire « nationale » thaï par le roi Mongkut (Rama IV)

Rama 4

dans un traité offert à la fin du XIXe siècle à la mission diplomatique britannique, basée sur sa découverte de la stèle de Ramkhamhaeng, « première preuve » de cette histoire.

Sukhothai Ramkhamhaeng stele

Sukhothaï devenait la « première capitale nationale », suivie par Ayutthaya, puis Thonburi et enfin l’actuelle Bangkok On peut voir dans Gavroche ce que pense  Xavier Galland de cette « idéologie » linéaire. Les publications et les recherches sur Sukhothaï devinrent abondantes après la Révolution siamoise de 1932. Même pour l'essayiste communiste Chit Phumisak (1930-1966), la période de Sukhothaï marquait le début du mouvement de libération du peuple thaï contre Angkor, l'oppresseur étranger !

Pourtant,  avant le XIIIe siècle, des royaumes Tais étaient établis dans les collines de l'extrême nord de l'actuelle Thaïlande, notamment le royaume de Ngoen Yang (prédécesseur du Lanna autour de Chiang Saen, dans l'actuelle Province de Chiang Rai) et le royaume Lü de Heokam (autour de Chiang Hung, l'actuelle Jinghong au Yunnan). Sukhothaï était un centre commercial du royaume de Lavo, vassal de l'Empire Khmer dont la capitale était l'actuelle Lopburi. Les migrations des populations Thaïs dans la haute-vallée de la Chao Phraya étaient donc encore en cours.

Ayutthaya

La puissance de Sukhothaï fut de courte durée. Après la mort de Ramkhamhaeng, les royaumes vassaux s'émancipèrent (la province d'Uttaradit dans le nord, puis les royaumes laotiens de Luang Prabang et Vientiane, en 1319, les Môns,  et en 1321 le Lanna ,Suphanburi). Ainsi le royaume fut-il rapidement réduit à son ancienne puissance locale.

Uthong devenu le roi Ramathibodi (1350-1369) fonde une nouvelle capitale à Ayutthaya en 1350 et se développe en absorbant le royaume de Lavo (Lopburi) ), et s’agrandit vers le sud en suivant les migrations des Thaïs.

Ramathibodi I small

En 1360, il a déclaré le  bouddhisme theravâda religion officielle d'Ayutthaya et invité des membres d' une sangha (communauté monastique bouddhiste) de Ceylan à établir un nouvel ordre religieux et à propager la foi parmi ses sujets. Il a également compilé un code légal, basé sur le Dharmasatra (un texte légal hindou) et la coutume thaïe, qui sont devenus la base de la législation royale. Composée en pâli, langue indo-aryenne des textes du Theravâda, elle avait force d’injonction divine. Complété par des arrêtés royaux, le code légal de Ramathibodi est demeuré généralement en vigueur jusqu’à la fin du dix-neuvième siècle.(wikipédia)

À la fin du XIVe siècle, Ayutthaya est considérée comme l'entité politique la plus puissante d'Asie du Sud-Est et a donc dû influencer « l’Isan ».

ayou

Mais Ayutthaya n'était pas un État unifié mais plutôt un ensemble de principautés autonomes et de provinces tributaires qui prêtaient allégeance à son roi. Ces territoires étaient gouvernés par des membres de la famille royale. Ils avaient leur propre armée et guerroyaient souvent les uns contre les autres. Le roi devait donc veiller en permanence à ce que les princes du sang ne s'allient pas entre eux contre lui, ou avec les ennemis d'Ayutthaya. Quand éclatait une querelle de succession, les princes rassemblaient leurs troupes et marchaient sur la capitale pour faire valoir leurs droits.

Durant une bonne partie du XVe siècle, Ayutthaya va consacrer son énergie à la péninsule malaise et Malacca le port le plus important de l'Asie du Sud-Est. Mais elle échoua à cause de l’islamisation et  de la protection de la Chine.

Nous avons déjà relaté dans nos relations franco-thaïes avec les ambassades de Louis XIV ce que pouvait être la vie de la Cour et des Siamois sous  les roi Naraï (1657-1688) et Petratcha (1688-1703). Mais là encore nous ne pouvons évoquer 417 années d’existence de ce Royaume  (1350-1767) avec 35 rois qui se sont succédés et des guerres incessantes avec des royaumes birmans, laos et même vietnamiens.

La plus marquante fût peut être celle du royaume de Toungou (birman) qui en 1569 conquiert Ayuthya, et impose sa tutelle pendant 15 ans avec leur roi Sanphet 1 (1569-1584). Le royaume redeviendra indépendant en 1584. Mais les guerres ne cessèrent pas pour autant.

Mais nous ne disposons d’aucune archive car en 1758, la Birmanie attaqua la ville d'Ayuthya qui fut rasée en avril 1767. Tout fût brûlé. Les Siamois y perdirent toutes leurs archives et presque tout leur patrimoine culturel. Des milliers d’habitants furent déportés en Birmanie tandis que les survivants se retirèrent vers le sud.

Un des généraux d'Ayutthaya, Taksin, libéra rapidement le pays (1767-1782). Son successeur Rama 1er est le fondateur de la dynastie Chakri, encore régnante aujourd'hui.

 

Quid de l’Isan de cette époque ? 

En fait, après le déclin de l’Empire Kmer au XIIIème siècle et l’affaiblissement du royaume de Sukkhotaï au milieu du XIV ème, l’Isan fut surtout dominé par le royaume d’Ayutthaya et ensuite par les royaumes laos (Lan Xang, Luang Prabang et Vientiane) (Cf. 10.4 article suivant).

Les vagues migratoires dépendaient des guerres, car « Avec des réserves importantes de terre disponible pour la culture, la viabilité de l'État dépendait de l'acquisition et de la commande d’une main-d’œuvre à répartir entre le travail à la ferme et la défense. La population globale était peu nombreuse, estimée à seulement 2,2 millions d'habitants vers 1600. La primauté politique d'Ayutthaya nécessitait une guerre constante, car aucun des états dans la région ne possédant d'avantage technologique, le résultat des batailles était habituellement déterminé par la taille des armées. Après chaque campagne victorieuse, Ayutthaya déportait une partie des peuples vaincus sur son propre territoire, où ils étaient assimilés et ajoutés à la main-d’œuvre locale.

Chaque homme libre devait être enregistré en tant que domestique, ou "phrai", auprès du seigneur local, ou "Nai", pour le service militaire et les corvées de travaux publics sur la terre du fonctionnaire à qui il avait été affecté. Le phrai pouvait également remplir ses obligations de travail en payant un impôt. S'il trouvait le travail obligatoire sous son Nai trop pénible, il pouvait se vendre en esclavage à un Nai plus attrayant, qui payait alors une compensation au gouvernement pour la perte de travail de corvées. Pas moins d'un tiers de la main-d’œuvre au dix-neuvième siècle se composait de phrais » (wikipédia).

Cette politique fut aussi, nous l’avons déjà vue, pratiquée évidemment par les Kmers, les Birmans , les Laos …au gré des conquêtes. Et on doit retrouver en Isan, au fil des guerres,  des vestiges de ces anciennes déportations. Cela sera plus évident, car plus visible au XIX ème siècle.


 

 

 

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 03:14

 

Nous avions écrit dans notre Isan 7 :Cambodia 1997 CIA map


« Le principal attrait de l’Isan est assurément les vestiges de la civilisation khmère. A partir du IXe siècle, l’empire khmer commence à s’étendre au-delà des frontières du Cambodge actuel. À son apogée, du XIe siècle au début du XIIIe, il englobe de vastes territoires aujourd’hui thaïlandais, dont, au nord-est, la vallée de la Mun et les provinces de Nakhon Ratchasima, Buri Ram, Surin et Ubon Ratchathani. Dans cette seule vallée, on estime que les Khmers ont construit plus de 300 temples, dont Phimai, qui était relié à Angkor, au sud, par une « voie royale » longue de 225 kilomètres. Aujourd’hui, les Prasat Hin Phimai, Prasat Hin Mueang Tam, Prasat Kamphaeng Yai et Preah Vihear - uniquement accessible depuis la Thaïlande, bien qu’appartenant techniquement au Cambodge - figurent parmi les plus beaux sanctuaires khmers au pays. Mais beaucoup de provinces possèdent des temples kmers » 

En effet, l' Empire khmer a été le royaume dominant de cette Région du IX ème au XIIIème siècle. Il découle de la réunification des 2 royaumes khmers de TCHEN LA   au début du IXème siècle par Jayavarman II( 802-850).

On ne va pas  retracer toutes les péripéties et les conflits et les luttes de pouvoir qui s’achèvent avec Suryanavaran II (1113-1150),

 

suryya

mais noter que l’empire s’agrandit, à l’ouest en intégrant l’état Môn de Hariphunchai (aujourd’hui au centre de la Thaïlande) et certaines zones frontalières du royaume de Pagan, en vassalisant certaines « tribus » thaïes au Nord, en annexant à l’est plusieurs provinces du Champa, au sud jusqu’au royaume malais de Grahi (correspondant à peu près à l’actuelle province thaïlandaise de Nakhon Si Thammarat et enfin au nord en poussant jusqu’au sud du Laos.

C’est donc un vaste Empire qui va développer un vaste réseau routier, créer plus de 120  gites d'étape pour les marchands, les fonctionnaires et les voyageurs, construire une centaine d’ hôpitaux sur l’ensemble du territoire et bien sûr construire de  multiples temples de tailles différentes selon l’importance des localités, comme ceux de Phimaï et de Phnom Penh.

Mais l’Empire n’empèchent pas les révoltes, et on verra les Chams mettrent à sac Angkor en 1177, les sujets thaïs se rebeller, chasser les  khmers et fonder le premier Royaume de Sukkhotaï en 1238.

Le royaume Ayuthia, fondé en 1350 s'étend aux dépens de l'empire khmer, affaibli, et dont la décadence s'amorce. Les hostilités incessantes tournent à l'avantage des Siamois, qui s'emparent d'Angkor en 1431, la pillent et emmènent ses habitants en captivité. La prestigieuse capitale est abandonnée et en 1434, la cour s'installe aux « Quatre Bras », près du site de l'actuelle Phnom Penh.

La civilisation khmère a subi comme le royaume de Dväravati, l’influence culturelle indienne. Le bouddhisme  s’est progressivement imposé à côté de l’adoration de Shiva et d’autres divinités hindouistes avec le culte du Dieu Roi. Durant cette période, beaucoup d’Indiens, lettrés, artistes et brahmanes furent invités à la cour d’Angkor et la littérature sanscrite soutenue par la royauté, y était florissante.

Tant qu’on reste dans ses généralités, on est en fait loin de l’Histoire, car nous dit Claude Jacques (Directeur d’études à l’EPHE (IVe section) Conseiller spécial pour Angkor auprès du directeur général de l’Unesco, 2000), l’Histoire fût mouvementée (les dix premières années du XIe siècle allaient être houleuses : deux rois se disputèrent le pouvoir suprême et la guerre fut dure à travers l'empire). l’Empire n’a pas  toujours été unique, il y eut de nombreuses capitales et des guerres de religion ainsi par exemple  :

La situation politique troublée du XIIIe siècle est la cause des hésitations des historiens. Le successeur de Jayavarman VII, bouddhiste lui aussi, continua son œuvre, mais à sa mort – naturelle ou provoquée ? – apparut un roi Jayavarman VIII qui venait d'une famille hindoue et qui bannit le bouddhisme avec une intolérance exceptionnelle au Cambodge : plusieurs dizaines de milliers de figures de Bouddha ont été bûchées, accompagnant certainement la destruction de beaucoup de statues.

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Du bouddhisme à l'hindouisme…… et d'une capitale à l'autre

Angkor revint au bouddhisme dès l'avènement de son successeur, mais au bouddhisme du Theravâda, qui est resté la religion actuelle du Cambodge. Elle n'avait pas besoin de sanctuaires construits en pierre, se contentant de constructions en matériaux légers – surtout du bois – qui ont disparu au cours des siècles ; une fois de plus, on a cru à la disparition subite de l'ancienne civilisation : il n'en est rien et un bon nombre de faits viennent témoigner de la vitalité d'Angkor, sans doute jusqu'à la fin du XVIe siècle. Mais un autre royaume s'était installé dans le sud du Cambodge, et la division de l'Empire khmer n'a laissé aux rois d'Angkor qu'un domaine réduit.

À ce jour, les plus anciennes traces des origines de l’empire ont été découvertes sur le site du temple de Sdok Kok Thom, dans la province thaïlandaise de Sa Kéo. Une stèle, datée de 1053, énonce la chronologie des anciens souverains khmers, depuis l'accession au trône de Jayavarman II en 802, jusqu'à Udayädityavarman II (1050-1066).

 

On aimerait en savoir plus, apprendre leur mode de vie  mais les  spécialistes avouent bien souvent leur ignorance, tant ils sont « soumis » à l’interprétation des monuments religieux et leurs inscriptions lapidaires. De plus, nous dit encore Claude Jacques :

« tout le reste a disparu, habitations humaines, faites essentiellement de bois, et bibliothèques, brûlées ou dévorées par les termites ou autres insectes. C'est dire qu'il y a de nombreuses lacunes dans notre connaissance de cette civilisation ; en tout cas, les inscriptions ont permis de rétablir au moins un squelette d'histoire, ce qui donne une chronologie sinon toujours absolue, du moins relative des monuments».

 

« L'histoire du Cambodge du XVe au XIXe s. est celle des longues luttes qu'il doit soutenir contre ses deux puissants voisins, le Siam et l' Annam, auxquelles s'ajoute l'instabilité interne chronique. Le prince Ponhéa Yat, couronné en 1441, donne au pays une brève période de stabilité et de paix, avant d'abdiquer en 1467. Les rivalités intestines reprennent, avec parfois une intervention siamoise en faveur d'un prétendant au trône. Ang Chan (1516-1566) tente de contenir par les armes la pression des Siamois, qu'il bat près d'Angkor dans un lieu qui devient Siem Réap (« La défaite des Siamois »). Il transfère sa capitale à Lovêk. Ses successeurs se disputent à leur tour le pouvoir et ne parviennent pas à repousser une invasion siamoise, qui s'achève par la prise de Lovêk (1594). C'est vers le milieu du XVIe s. que les premiers Européens arrivent au Cambodge, missionnaires, commerçants et aventuriers, Espagnols ou Portugais ; une tentative de deux d'entre eux, Veloso et Ruiz, pour prendre le contrôle du royaume échouera en 1559 ».(Larousse)


Après la chute de Lovêk, le Cambodge est devenu le vassal du Siam. On peut penser que le prix fut encore payé par la captivité d’une grande partie de ses habitants, qui ont dû être contraints, pour une grande part, de s’installer en Isan. Mais de cela nous n’avons pas encore le récit.

 

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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 05:15

10.1 Notre ISAN : Empires et royaumes sur la terre d’Isan 

drapeau-thai

Une terre multiculturelle et/ou multiethnique.

Nous avons vu que l’Isan actuel a été autrefois la terre des dinosaures (Cf. notre article Notre Isan 8 : Les dinosaures en Isan), et la terre de l’Age de bronze au temps de la Préhistoire (Cf. Notre Isan 9 :  Préhistoire et Ban Chang ), nous allons évoquer maintenant comment cette terre a été placée successivement sous le joug ou la direction de multiples empires et cultures qui l’ont modelé : (1) d’abord l’influence de la culture de Fuanan, de  Dvâravatî et de Tchen La, (2) puis l’empire Khmer, pour être  dominé  ensuite progressivement à partir du XIIIème par (3) les royaumes Thaï de   Sukkothaï puis d’Ayuttaya  , puis ensuite (4) le Royaume laotien du Lan Xang, jusqu’à son effrondement en 1707 et les royaumes de Vientiane, de Luang Prabang et de Champassak. , et enfin du (5) par le Royaume  du Siam.

 

Il ne s’agit pas ici de jouer à l ‘historien, mais d’essayer de comprendre les multiples influences  qui ont marquées cette terre d’Isan avant qu’elle ne devienne une terre lao et cambodgienne  vassalisée au XIX ème siécle et une province thaïlandaise au XX ème siécle.


Ainsi, nous comprendrons à l’issue de cet article et de quelques autres ? pourquoi il y a en fait aujourd’hui plusieurs Isan faits de groupes culturels imbriqués.

Il faut savoir que les connaissances acquises dépendent des fouilles archéologiques et se limitent souvent à l’épigraphie, aux épitaphes et aux bas reliefs des temples nouvellement découverts et aux récits et chroniques des diplomates chinois et voyageurs et commerçants étrangers et des missionnaires.

On se doute que l’histoire est plus complexe, et qu’elle est toujours en train de se réécrire, sous les fourches caudines des nationalismes birmans, laos, kmers et thaïs, ou ici plus simplement sous la plume d’un « honnête homme » qui veut savoir, et qui propose sa « petite » histoire … sa première recherche.

1/Dvâravatî  ( VIe au XIe siècle)

Dvaravati

Je trouve assez rapidement un premier résumé qui avait l’avantage de sa simplicité :

Avant la période angkorienne, et après la chute du FU NAN, l’Asie du Sud Est était dominée par 4 royaumes indianisées (source : wikipédia):

Dvâravatî me semblait alors  le royaume ayant eu le plus d’influence sur l’actuel Isan.

 

On commence donc notre « enquête » avec Wikipédia, pour apprendre que

 

« La destruction de l'empire du Fou-nan (en anglais, Funan) permit l'établissement de différents royaumes dont celui de Dvâravatî, qui s'étendait dans la baie de Bangkok et la plaine centrale. Ses principales villes étaient Nakhon Pathom, Khu Bua, Lopburi, Si Thep et U Thong. Il était constitué de populations môn, premier peuple à majorité bouddhique de la péninsule indochinoise, qui aurait été converti au bouddhisme theravâda par des missionnaires indiens. On retrouve aussi chez lui des éléments de religion brahmanique

 Funan Tchen La

Mais si on poursuit, on apprend qu’il  est encore incertain si le terme de Dvâravatî fait référence à une cité, un royaume, une entité géopolitique, une culture ou tout cela.

 

C’est en fait une découverte récente ; Ce n'est que dans les années 1960 que l'on a découvert des témoignages archéologiques. On a pu traduire des légendes en langue Môn sur de petites monnaies votives mentionnant le nom de Dvâravatî.

En Thaïlande, la culture de Dvâravatî est connue essentiellement par des sculptures religieuses. Il en reste peu de traces architecturales (vestiges de stûtpas à Nakhon Pathom, Si Thep, et Lamphun) .


Et puis ont commencé les récits :

La destruction de l'empire maritime du Fou-Nan permit l'établissement de différents royaumes dont celui de Dvâravatî, qui s'étendait dans la baie de Bangkok et la plaine centrale.  

Il était constitué de populations môn, premier peuple à majorité bouddhique de la péninsule indochinoise, qui aurait été converti au bouddhisme theravâda par des missionnaires indiens en suivant les routes commerciales. La période de Dvâravatî correspond à l'introduction de l’hindouisme et du bouddhisme depuis l'Inde dans cette région de l'Asie du Sud- Est avec la diffusion des langues pâli et sanscrit.

Le royaume de Dvâravatî devint vassal de l’empire khmer  à partir du Xème siècle. Il ne survécut pas à la triple pression birmane, khmère et siamoise et disparut, selon les auteurs, entre 1050 et 1200. C’est vous dire la précision. Les populations Môns émigrèrent vers le nord de l'actuelle Thaïlande, dans la région de Chiang Maï pour y fonder le  royaume de Harpunchaï.

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2/ Mais nous avions vu qu’en fait LE FUNAN   (que l’on décrit comme le 1 er royaume du Cambodge ) avait eu un fort impact dans l’indianisation de la région (hindouisme, bouddhisme, sanscrit, lois, conception indienne du dieu roi (devaraja ) …et donc ensuite eu forcément un impact « culturel » important sur le Tchen La vassal.


Mais l’Encyclopédie Universalis avec prudence nous dit que FUNAN [ FOU-NAN ] & ZHENLA [ TCHEN-LA ] sont des noms par lesquels les annalistes chinois désignaient deux royaumes situés dans le sud de l'Indochine.


Donc admettons que le Funan a été fondé au 1 er siècle après JC par des populations môn kmer. Quoi qu'il en soit, ce royaume paraît avoir exercé son autorité sur le sud du Cambodge actuel et le delta du Mékong, sans doute aussi sur une partie du bassin inférieur du Ménam (dans l'actuelle Thaïlande) et une partie de la Péninsule Malaise.

Le Funan tirait sa richesse du grand commerce, comme en témoignent les fouilles de Louis Malleret en divers lieux du delta du Mékong et notamment à Oc-èo: là a été mise en évidence l'existence d'un réseau de canaux et d'un port de commerce maritime, où se retrouvent des objets venus de Rome et du monde méditerranéen, de l'lran, de l'lnde et de la Chine

3/le royaume de Tchen La (Zhenla) (pré-Angkor)

royaumes

On situe l'une des capitales successives du Funan (la dernière?) à Angkor Borei, non loin de la colline du Phnom Da qui porte des sanctuaires vishnuïtes en relation évidente avec cette cité. A partir du milieu du Vle siècle, le Funan, toujours selon les sources chinoises, cède la prééminence à un ancien vassal, le Zhenla, nom que les Chinois conserveront pour désigner le Cambodge jusqu'au Xllle siècle.

Le berceau du Zhenla paraît avoir été dans la région de Vat Phu (Laos méridional) et le long de la Sé-Mun. C'est alors qu'apparaissent, au Vlle siècle, les plus anciennes inscriptions sur pierre rédigées partiellement en khmer, et non plus seulement en sanskrit. Dans la première moitié du Vlle siècle régnait à Sambor Prei Kuk, le grand souverain Isanavarman, dont l'influence s'étendait sur les pays voisins du Cambodge, tant à l'ouest (région de Chantabun) qu'à l'est (sur le royaume indianisé du Champa).

Mais, dans toute cette période préangkorienne (et dans une certaine mesure, même dans la période angkorienne), I'allégeance due à un suzerain devait en nombre de cas n'être que fictive, bien des principautés ne demandant qu'à rester où à redevenir indépendantes, et la diversité des écoles d'art préangkoriennes au Vlle siècle en est peut-être le reflet.

Au Vllle siècle, le mouvement paraît s'accentuer, les inscriptions lapidaires - de plus en plus nombreuses aussi à avoir été conservées - attestent l'existence au Cambodge de plusieurs lignées royales parallèles et, d'autre part, il semble bien que des royaumes plus méridionaux, indonésiens (Péninsule Malaise et Sumatra), dont la puissance grandit alors, aient hérité de l'ancien empire commercial du Funan et exercé une certaine domination sur le sud du pays.

Mais c’est surtout la division du royaume de Tchen la en 706 ( !), d’abord vassal du Funan, en Tchen la de terre (actuel Laos) et Tchen d’ eau  qui  apportera à notre Isan , peut être sa première culture  « indianisée ».

Le Tchen La (de terre) me semblait alors  avoir eu une influence plus importante que Dvaravati sur l’Isan , du fait seul de son implantation

Au début du VIe siècle, les textes chinois mentionnent un royaume qu'ils appellent Tchen-la. Ce royaume, peuplé par des gens qui semblent être Khmers, s'étend sur le Cambodge actuel et le plateau de Korat, dans le nord-est de la Thaïlande actuelle.


Le Tchen La de terre était très différent des Tchen La de mer installé surtout dans le delta du Mékong et au bord de mer, qui accueillait toutes les influences « cosmopolites » et avait un mode de vie plus méridionale occupé à drainer le delta du Mékong et à vivre de la mer avec le commerce, comme une part importante de leurs revenus. Le Tchen de terre installé dans les terres hautes du bassin du Mékong ignorait tout de la mer. C’était un peuple de cultivateurs / guerriers qui devait conserver l’eau dans des réservoirs artificiels durant la saison sèche, arroser ses rizières de montagne, et suppléer leur pauvreté par du pillage et des conquêtes.


Mais il est difficile de cerner la réalité. Là encore on s’appuie sur des annalistes chinois et arabes souvent peu fiables. Les  spécialistes avouent que la seule documentation fondamentale se trouve dans les  listes généalogiques découvertes dans les fouilles archéologiques.


Mais qu’ensuite viennent les récits. Disons que celui-ci est notre premier. Il indique que la terre d’Isan a subi des influences multiples. Nous y avons vu celles du Funan, de Dvâravatî et du Tchen La de terre.

Mais le Tchen La va se disloquer, déjà, on l’a vu, par ses divisions internes, son morcellement , par les raids des pirates malais, les suzerainetés des souverains indonésiens au Sud, et au Nord vers 790 avec Jayavarman II, fondateur de la royauté angkorienne, qui, venu d'une région sous contrôle de "Javâ", rassemblera différentes principautés et se fera sacrer, en 802 "souverain universel", sur le Phnom Kulên, qui est une colline située au nord-est proche du site de la future Angkor, et un haut lieu qui s'appelait alors Mahendraparvata.

L’Empire kmer d’Angkor aura plus tard une influence encore plus déterminante sur la terre d’Isan.

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10.2. L’Empire kmer d’Angkor en Isan

 

Article suit 

Sans titre-1


 

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 03:03

photos Banchiang-129. Notre ISAN : La civilisation est-elle née en Isan ?

 

Le village de Ban Chiang se situe à 55 km à l’est d’Udonthani dans l’amphoe de Nonghan. Il se trouve sur une colline entourée d’une plaine alluviale propice à l’agriculture et a été habité depuis la préhistoire jusqu’au 2ème siècle avant notre ère. Le village actuel a été fondé à la fin du 18ème par un petit groupe de réfugiés laotiens Ce sont des découvertes purement fortuites d’objets anciens, qui entrainèrent des recherches archéologiques révélant les traces d’une très ancienne occupation humaine.

Ces recherches livrèrent des pièces de poterie, perles de verre, outils de fer et de bronze, bijoux, témoignant d’une civilisation datant ( ?) de 3 à 7.000 ans avant notre ère, démontrant des techniques avancées dans l’utilisation du bronze et du fer (moulage à la cire perdue, creusets d’argile, moules bivalves). Ces découvertes battent en brèche l’idée que l’âge du bronze est né en Mésopotamie, qu’il est de bon ton de considérer toujours comme le « berceau de la civilisation ». Sans tenir compte de la civilisation mythique de l’Atlantide que nous connaissons par le Timée et le Critias de Platon (7 ou 8.000 ans avant Jésus-Christ ?) une comparaison chronologique s’impose :

La civilisation chinoise a 5.000 ans d’histoire tout comme les civilisations de l’Indus.

Menés, premier pharaon à l’aube de l’époque historique a vécu aux environ de 2.400 AJC, à cette époque, l’Egypte est à l’âge de la pierre polie.

Moïse serait né aux environs de 1.500 avant notre ère, contemporain de Ramsès II. A cette époque, le « peuple élu » pratique les sacrifice humains. La grande pyramide de Chéops est datée de 1.200 AJC

La civilisation sumérienne a disparu aux environ de 2.000 ans AJC.

La civilisation de Ninive et de Babylone se situe aux environs de 1.200 ou 1.300 avant Jésus Christ.

Les guerriers d’Homère se battaient avec des armes de bronze aux environs de 1.200 AJC.

A l’époque de Ban Chiang, sur notre terre de France, les hommes de Cro-Magnon massacraient ceux de Neandertal à coups de bâtons et de haches de pierre, peut-être bien pour les manger selon des théories récentes ?

 

 

Ban Chiang


reconstitution


 

Cette communauté pacifique vivait dans des maisons sur pilotis, élevait du bétail, poulets et porcs, cultivait le riz, tissait, tournait la poterie, habiles chasseurs et habiles artisans. Les pratiques funéraires révèlent un souci spirituel, des nourrissons enterrés dans des jarres,

petit enfant

et pour les adultes, des tombes où les corps sont repliés ou allongés et accompagnés d’objets funéraires et de poteries emportant leur nourriture pour l’au-delà.

Sans titre-1

L’élégance de la poterie témoigne d’un véritable sens artistique, évoluant au fil des siècles.

Le musée national de Ban Chiang rassemble les trésors découverts au terme de longues fouilles : haches, fers de lance, faucilles, pointes de flèche, bracelets, bijoux et poteries peintes. Vous pouvez observer sur place le travail des archéologues sur les deux aires de fouilles qui leur sont réservées.

 

Les trouvailles les plus impressionnantes proviennent d’un cimetière démontrant l’existence de sept niveaux de civilisations successifs. 
Les objets retrouvés ont permis de dater cette civilisation.

bijoux

 

Elle serait la première civilisation au monde à avoir utilisé le fer. La région de Ban Chiang est classée au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1992.
La légende voudrait que Ban Chiang ait été découvert par un étudiant américain maladroit, tombé sur la route et trouvant des reste de poterie. Les américains n’ont inventé que le western et les bombardements au napalm. Ce sont en réalité tout simplement des résurgences de débris de poteries dues à l’érosion qui ont attiré l’attention des chercheurs.

 

Les premières fouilles ont été réalisées en 1967 par l'archéologue Vidya Intakosai, par le ministère des Beaux-Arts et l'Université de Pennsylvanie, sous la direction du Dr Chester Gorman et F. Pisit Charoenwongsa. Le site s’étend sur environ 8 hectares. Situé pour l’essentiel sous le village moderne, l’extension des fouilles est difficile. La partie non explorée est donc intacte et il y a peu de danger pour elle. Les principales ont eu lieu sur la périphérie du village moderne, l’une d’entre elle a été conservée dans un bâtiment couvert. Il est protégé par la législation générale des antiquités thaïlandaise de 1961 et par le Conseil exécutif en 1972, décret spécifique à Ban Chiang. Le village moderne est propriété privée, mais le gouvernement thaïlandais a le « domaine éminent ». Il y a une interdiction absolue de toute forme de travaux d'excavation dans le village sans autorisation.  La désignation du site par l'UNESCO comme site du patrimoine mondial a contribué à encourager les villageois à respecter le site.

 

Bien sûr, des débats d’experts sont acerbes sur cette datation. Je ne me prononce pas n’ayant aucune compétence en la matière. Plusieurs thèses s’affrontent sur l’origine et l’apparition de la métallurgie dans la vallée du Mékong.

 

Il y a toutefois au moins un accord entre eux, nous sommes, et l’exemple est unique dans l’histoire de l’humanité, à l’ « âge du bronze pacifique » .

Le premier besoin de l’humanité qui s’éveille fut celui de sa nourriture et son premier acte d’intelligence fut l’invention des armes qui le dota d’une puissance énorme contre le milieu animal terrible qui l’entourait. De la brute déchirant sa proie avec ses ongles et ses dents, elle en fit un chasseur habile. Il sur ensuite extraire les métaux de la terre et les travailler.

poteties

L’homme a inventé l’arme pour assurer sa survie, il s’en est hélas immédiatement servi contre ses semblables et depuis lors la guerre inique et monstrueuse règle en maitresse souveraine depuis les débuts de l’humanité. Elle débute avec Caïn, fils du premier homme qui tue son frère. Or, la civilisation de Ban Chiang ignore les armes de combat. Des pointes de flèche pour chasser le gibier, point d’épées ..... Ce sont des chasseurs et non des guerriers. C’est probablement, certainement, ce qui explique sa disparition. Est-elle due aux thaïs venus du sud de la Chine vers  les années 1.200 de notre ère ? Est-elle venue de quelqu’autre population prédatrice ? Le saurons-nous jamais ?

 

En attendant , une petite visite s'impose, non ?

 

      Office du tourisme de Thaïlande


LE SITE ARCHÉOLOGIQUE DE BAN CHIANG

Situé à quelque 55 km d'Udon Thani, dans l'Amphoe Nong Han, près de l'autoroute nº22 (Udon Thani-Sakon Nakhon) au km 50, Ban Chiang est le site historique le plus important de la région.

En raison de ses trésors archéologiques, il a été inscrit au Patrimoine mondial par l'UNESCO en 1992.

Des fouilles réalisées sur le site dans les années 1970 ont confirmé l'existence d'unephotos Banchiang-7 civilisation florissante à l'âge de bronze, il y a plus de 5000 ans. Aujourd'hui, le site est divisé en deux parties : sur la gauche, le Musée national de Ban Chiang expose des objets préhistoriques, notamment les célèbres poteries de Ban Chiang ; sur la droite, des fouilles en plein air ont permis de retrouver des ossements et d'autres vestiges à cet endroit précis, dans l'enceinte de Wat Pho Si Nai. Le musée est ouvert tous les jours de 08h30 à 17h00.

Sur la route de Ban Chiang, vous pourrez également visiter plusieurs villages spécialisés dans l'artisanat. Par exemple, le long de la route Udon Thani - Sakon Nakhon, le village de Ban Kham O produit des poteries dans le style de Ban Chiang.

Le village de Ban Pu Lu est spécialisé dans la réalisation de peintures sur poteries.

Ouvert tous les jours de 08h30 à 17h00.
Entrée : 30 bahts. Tél. : 0 4220 8340

 

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 03:03

P8010009-copie-1L’ Isan au temps des dinosaures.

1/Les provinces de Khon Kaen et Kalasin, au cœur du plateau de l'Isan, constitue la région de la Thaïlande la plus riche en sites paléontologiques. On peut y trouver un certain  Siamotyrannus isanensis découvert en 1996 et lointain ancêtre du très célèbre Tyrannosaurus rex qui vivait sur le continent américain environ 50 millions d'années après son cousin asiatique.

 

Ainsi on peut aussi y visiter de nombreux sites, comme le parc national de Phu Wiang,  ou le fameux Sirinthorn Museum à l'ouest de Khon Kaen (à 90 km et 80 km)  et son musée de site situé au pied de la colline de Phu Kum Khao (2 km avant Sahatsakhan  et 28 km de Kalasin.).


2/ La recherche de Dinosaures en Thaïlande est un tradition plutôt récente.

 

carte-sites-prehistoire

 

Le premier os de dinosaure fut mis au jour en 1976 dans la région de Phu Wiang (500km au nord-est de Bangkok) par le géologue Sudham Yaemniyom. En un quart de siècle, les paléontologues et les géologues de la mission paléontologique franco-thaïlandaise ont découvert des dizaines de milliers d'ossements de dinosaures, crocodiles et autres Siamotyrannus isanensis, Siamosaurus suteethorni, Phuwiangosaurus sirindhornae, Psittacosaurus sattayaraki, etc., justifiant la création de deux grands musées de paléontologie dans le Nord-Est de la Thaïlande.

Les nombreux travaux issus de cette coopération ont ainsi contribué à l'essor de la paléontologie en Thaïlande.

La région du Nord-Est qui correspond au plateau de Khorat (155 000 km2) est bordée à l'ouest par le fleuve Mékong, frontière naturelle avec le Laos, et limitrophe au sud avec le Cambodge. Le plateau de Khorat est constitué de plusieurs milliers de mètres de sédiments essentiellement d'origine continentale. L'âge de ces sédiments mésozoïques va du Trias supérieur (230 millions d'années) au début du Crétacé supérieur (100 millions d'années) avec probablement une lacune de 50 millions d'années au début du Jurassique.

Les gisements fossilifères découverts dans cette région appartiennent à différentes formations géologiques : Formations Huai Hin Lat et Nam Phong (Trias supérieur). Formations Phu Kradung (Jurassique terminal à Crétacé inférieur), Phra Wihan, Sao Khua, Phu Phan, Khok Kruat (Crétacé inférieur). Formation Phu Tok (Crétacé supérieur-Tertiaire).

 

 

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3/le Musée Sirindhorn, près de Kalasin.


Le Musée Sirindhorn et son musée de site, Phu Kum Khao situés à 2 km avant Sahatsakhan , à 28 km de Kalasin.

Pour la petite histoire, Phrakhru Wichit Sahatsakhan, l'abbé de Wat Sakkawan, a découvert  des  os dans l'enceinte du temple en 1970. Il ne savait pas que les os étaient en fait des fossiles de dinosaures. Il  a fallu attendre 1978, pour que le géologue du Département des ressources minérales les authentifie  comme fossiles.

Puis, en 1980, un groupe de géologues franco-thaïlandais étudie les trois os conservés au Wat Sakkawan et détermine que ces fossiles appartenaient à la famille des dinosaures sauropodes.

Par la suite, en 1994, des fouilles systématiques vont révélé un  nombre impressionant de fossiles de dinosaures dans la formation rocheuse de Sao Khrua. Ces fossiles datent du début du Crétacé, soit plus de 130 millions d'années. Plus de 700 fossiles de sept dinosaures ont été récupérés lors de l'excavation, ainsi que d’autres fossiles, comme ceux d’ un poisson mésozoïque de 30 à 60 centimètres de longueur connu sous le nom de Lépidotes.

Phu Kum Khao est en fait l'une des plus importantes concentrations de fossiles de dinosaures en Thaïlande. Vous pouvez visiter le Musée Sirindhorn et le site de fouille tous les jours de 8h00 à 17h00 (fermé le lundi).


dinausore

Le musée est un centre de recherche qui permet aussi, à travers des « chemins » pédagogiques, de comprendre l’évolution de la vie, et d’imaginer l’Isan à l’époque  des dinosaures

 

Ils vous expliqueront qu’en fait, différents types de dinosaures ont prospéré autrefois sur terre, à différentes époques. Comme l'Acrocanthosaurus, carnivores du crétacé moyen, qui vivait il y a 125 à 100 millions  d’années ; l'Albertosaurus, il y a env. 75 millions d’années ;  l'Allosaurus, à la fin du jurassique et crétacé précoce, de 154 à 135 millions d’années ; le Gigantosaurus  de 6 tonnes et 43 pieds au crétacé tardif, le fameux Tyrannosaurus rex , carnivores, de 93 à 89 millions  d’années, et le Spinosaurus, l'Achelousaurus, l'Apatosaurus, le Brachiosaurus , le Diplodocus ….

 

Tous ces dinosaures ont dominé la Terre pendant plus de 160 millions d’années, à partir de la période du Trias supérieur jusqu'à la fin de la période du Crétacé.

Le nom ‘Dinosaure’ est dérivé du mot grec « Denios », signifiant terrible ou puissants, et « Sauros », le lézard. Le terme a été inventé par le fameux biologiste anglais Sir Richard Owen en 1842.

Mamenchisaurus youngi skeletal by shartman

Sur la base de la structure particulière des os des hanches, ils sont généralement divisés en deux grands ordres. Les Ornithischiens, ou dinosaures au « bassin d'oiseau », incluent entre autre une bonne partie des dinosaures à têtes étranges : bec de canards, casque osseux, cornes sur-dimensionnées, casque-tuba, etc . Les Saurischiens quant à eux, dinosaures au « bassin de reptiles », peuvent être classés selon leurs régimes alimentaires : viande pour les « théropodes » carnivores et plantes pour les grands « sauropodes » herbivores.

Et, comme chacun sait, ils ont disparu, il y a 65 millions d’année.
Après cela commence une autre histoire. Histoire qui n'est même pas encore la notre puisque notre plus veille ancêtre hominines, la lignés des hominidés à laquelle le genre humain appartient, apparaît il y a seulement 7 millions d'années. Homo habilis le premier Homo, le genre auquel nous appartenons, apparaît entre 2,5 et 1,5 millions d'années soit avec quelques années de retards par rapport à notre cousin disparus le célèbre australopithèque. Puis vient l'Homo erectus, (dont on espère trouver des restes dans les mines de charbons de Mae Sot dans le nord), qui va laisser la place a ces néandertaliens, qui eux aussi disparaitront mystérieusement laissant seul ce drôle de cousin à l'appétit si féroce, Homo sapiens sapiens ...

Combien d’ espèces disparues ?  de frères humains  disparus? d’énigmes ? pour arriver vers -150 000 / -100 000 aux humains modernes ? … et en 2011 aux  franco-Udonthaniens, une  espèce qui reste aussi à découvrir?


On croyait aller au musée près de Kalasin et on plonge dans l histoire de  la vie, du monde  et des hommes …

Et ce n’ est pas fini puisque, lors d'une mission franco-thaïlandaise réalisée en février 2010, le squelette d'un énorme dinosaure herbivore du groupe des sauropodes, appartenant apparemment à une espèce nouvelle, a été mis au jour dans le Nord-Est de la Thaïlande. La découverte a été réalisée par des chercheurs du Laboratoire de Géologie de l’École Normale Supérieure, du Département des Ressources Minérales de Thaïlande, et du Centre de Recherches Paléontologiques de l'Université de Mahasarakham (Thaïlande). Les ossements ont été trouvés lors de fouilles effectuées au sommet de la colline de Phu Noi, dans la province de Kalasin. Ils proviennent de couches argileuses appartenant à la Formation Phu Kradung, dont l'âge est proche de la limite entre le Jurassique et le Crétacé (environ 145 millions d'années), et qui ont livré aussi sur ce site des restes de poissons, de crocodiles et de dinosaures carnivores.


4/1 Maintenant , vous pouvez aussi consulté un excellent dossier sur les dinosaures, de plus bien illustré et réalisé par Manu (Chiengmaï) http://www.forumthailandeinfo.com/index.php?topic=104.0

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4/2 Mais rien ne vaudra un  jeune paléontologue français  comme Romain,  installé près du Musée et marié avec une paléontologue thaïe, et qui intervient dans certains forums pour partager sa passion .

 

 

Tha Uthen - Empreintes de dinosaures. Situé sur la route 212 qui longe littéralement le Mékong entre Nong Khai et Nakhon Phanom




Le site est protégé et ouvert au public depuis 2009, la mise en valeur ayant été effectué par la Direction des Ressources Minéralogiques Thaïlandaise et le Musée Sirindhorn de Kalasin. Chose suffisamment rare pour le préciser, car en France ce type de site temps a disparaître par érosion avant même que le gouvernement ne pense à le préserver.

C'est un arrêt obligé pour tous amateurs de préhistoire qui séjournerait dans la région, ce type de site étant plutôt rare de part le monde.


Un extrait de la Lettre de Dinosauria qui vient juste de paraître avec un article par Christel Souillat sur ce site:

[En 2008] une nouvelle campagne de fouilles a été organisée.
Elle a, comme nous l'avions prévu, permis la découverte d'une grande quantité de nouvelles empreintes et notamment d'une dalle recouverte d'empreintes de pas de crocodiles. Il s'agit de la première découverte en Asie d'empreintes de pas de crocodiles dans des niveaux datés de la fin du Crétacé inférieur, il y a 110 millions d'années (Aptien-Albien).
Pas moins de quinze pistes ont été repérées dont la plus longue parcourt près de 6 mètres.
Sur l'ensemble des empreintes, certaines ont été laissées par un crocodile nain dont les ossements qui appartiennent certainement à Theriosuchus sont en cours d'étude. Il mesurait seulement 50 centimètres du bout du museau au bout de la queue. D'autres empreintes appartiennent à un crocodile de taille plus habituelle puisqu'il mesurait 2,50 mètres de long.
Une des nouvelles pistes se distingue par la présence d'un long sillon très bien conservé et qui semble appartenir à l'animal qui a laissé les pas qu'il longe de façon régulière. S'il s'agit d'un crocodile, comme nous le pensons au premier coup d’œil, quelle partie de son corps a telle pu laisser ce type d'empreinte ? La réponse tardant à venir, nous imaginons donc que nous pourrions avoir affaire à un autre animal. Et pourquoi pas un ptérosaure ? Ce long sillon correspondrait alors à la trace laissée par le bout de son aile au moment de son envol. Les
discussions vont bon train pour trouver la solution alors que les photos de cette piste passent en ce moment entre les mains des plus grands spécialistes d'ichnologie

 

4.3 Romain , A qui on pose  souvent ces  questions (Repris avec son autorisation) :


dino 3

Si vous voulez trouver du dinosaure, il vous faut chercher trois choses:

- Premièrement on recherche une zone contenant des roches dites "mésozoïques" c'est à dire correspondant à la période durant laquelle les dinosaures ont vécu sur Terre. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, c'est finalement assez courant et étendu comme "zone".

- ensuite ces roches doivent être "continentales" c'est à dire quelles doivent s'être formées sur les continents de l'époque à partir des sédiments de l'érosion et ne pas être des dépôts de fonds marins d'époque (aucun dinosaure ne s'étant adapté à la vie marine). Ce type de roche est déjà plus rare.

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- finalement on recherche des zones à élévation moyenne voir fortes car il faut que l'érosion actuelle puisse mettre à jour de vastes zones rocheusse pour simplement "voir" le fossile.
Par exemple, même si la plaine du Brahmapoutre répondait au deux premier points nous n'irions pas chercher du dinosaure dans ce marécage. Inversement on sait que les montagnes Bouriates abritent de beaux spécimens de dinosaure mais l'aspect fortement "alpin" de ces montagnes en réduit l'exploration. Le climat est aussi un facteur qui jouera, allez trouver un fossile dans la plaine à varzea amazonienne ou dans la mangrove birmane...

Mais alors pourquoi en Isan?
Et bien parce qu'en Isan on a les deux premiers points qui apparaissent clairement sur les cartes géologiques.

Dés le Trias l'Isan était un micro-continent perdu au milieu de la Téthys mais lié à la Chine du sud. Bref une grosse île à très faible élévation globale mais avec possiblement une chaîne de montagne située quelque part alimentant un vaste réseau fluvial.
La pénétration de l'Inde au milieu du continent eurasiatique a mis fin à cette isolation et a aggloméré tous un tas de micro-continents qui dérivait vaguement.
L'Isan s'est alors trouvé séparé de la Chine via une faille que suit aujourd'hui la rivière rouge, et s'est retrouvé par la même en position élevée (entre 100 et 200 m au-dessus du niveau de la mer).
Cette position ayant donné au passage ce climat si particulier et ce biome (écorégion) de savane tropicale assez propices à la recherche de fossiles (précipitation condenseé sur une courte période de l'année, humidité réduite en milieu tropical).

R0010375On remarquera aussi l'influence de l''homme qui s'est chargé au passage de la déforestation malheureusement nécessaire pour mettre à jour la roche contenant les fossiles (mais cela c'est réellement anecdotique).


Il ne vous reste plus qu'à faire la visite. Une de plus , après les temples kmers

 

 

 

 

 

 

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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 03:02

Les temples khmers en Isan.kmerscarte

 

Le titre nous fait entrer dans une histoire  qui indique que  les Khmers ont occupé autrefois le Siam. Il nous ouvre une voie de recherche et implique une série de questions :

-         Histoire : A quelle époque ?

-         Où sont situés les temples ? combien ?

-         Qu’est-ce qu’un temple khmer ? l’art khmer ? styles ?

-         Quel itinéraire choisir?

 

1. Rappel historique

Originaires du sud du Yangzi en Chine, les Thaïs gagnent, dès le VIII e siècle de notre ère, les hautes vallées du Yunnan où ils fondent le royaume de Nanzhao. Les Thaïs étaient alors connus des Chinois, des Chams et des Khmers sous le nom de Siamois.
Durant cette longue période, le Nord montagneux de la Thaïlande actuelle est soumis à une principauté môn dont la capitale est Lamphun. La vallée de la Mae Nam Chao Phraya (le fleuve qui baigne la plaine centrale) dépend alors du royaume môn de Dvaravati qui connaît aux VI e et VII e siècles après J.-C. une ère de prospérité qui lui permet d'exercer une véritable tutelle sur les provinces périphériques.

À partir du IX e siècle, les Khmers imposent leur domination sur la région du centre, dont la conquête est achevée à la fin du XII e siècle par le roi Jayavarman VII. À la même époque, le peuple thaï, qui descend le long des grands fleuves à partir du Yunnan, s'installe progressivement dans la région. Après la mort de Jayavarman VII (1238), deux princes thaïs s'emparent de la frange nord du bassin de la Mae Nam Chao Phraya où ils fondent le royaume du Sukhothaï - "l'aube du bonheur"-, premier royaume Thaï indépendant. La conquête du Yunnan, qui fut annexée à la Chine en 1253, accélère la migration des Thaïs vers le sud et leur installation dans le nouveau royaume et dans de petites cités-états au Lanna et à Phayao.

Le premier grand roi du Sukhothai, Rama Khamheng, s'empare des possessions khmères du Laos (sud-est de l'Isan) et progresse vers le sud-ouest, jusqu'à Petchaburi ; en 1294, il conquit le nord de la péninsule malaise. Imitant les structures sociales et militaires mongoles, les Thaïs mettent un terme à l'hégémonie khmère sur le Sud-Est asiatique, mais, faisant une nouvelle fois la preuve de leur génie de l'adaptation, ils adoptent la brillante culture des vaincus.
C'est durant l'époque de Sukhothai que le bouddhisme Theravada devient la religion prédominante et que l'on voit apparaître les premières manifestations de l'art Thaï dans les domaines de la peinture, de la sculpture, de l'architecture et de la littérature. C'est aussi à cette époque, précisément en 1282, que Rama Khamheng fait graver une stèle commémorant les hauts-faits de son règne et la splendeur de son royaume, et " invente " les caractères de l'écriture thaïe, en les adaptant de l'écriture khmère : " Et ces caractères d'écriture existent parce que le roi les a inventés dans son cœur. " Date mémorable, victoire de la culture et de l'expression nationales.

En 1350, un prince du Sud, Ramadhipati (1350/1369) fonde une nouvelle dynastie et installe sa capitale Ayuthaya sur une île de la Mae Nam Chao Phraya. En 1431, les Thaïs s'emparent de la capitale des Khmers, Angkor, dont ils réduisent les habitants en esclavage.

C'est à cette époque que débute le déclin de la puissance de Sukhothai au point de devenir vassal d'Ayuthaya en 1438. Seule la principauté montagneuse de Chiang Mai oppose une forte résistance, et manifesta des velléités d'indépendance jusqu'en 1595. C'est le début de l'ouverture sur l'Occident mais aussi des innombrables conflits avec son voisin du nord-ouest, la Birmanie. Selon : http://www.thailandeguide.com/fr/his_histoire.php


2. Angkor

Traditionnellement, l'histoire angkorienne commence en 802, date à laquelle le roi Jayavarmanangkor

II se fait sacrer " empereur universel ", mais la première ville d'Angkor n'est fondée qu'en 889, lorsque des conflits obligent les souverains khmers à changer de résidence. A partir de cette date et durant six siècles le site d'Angkor ne cesse de se développer et de s'enrichir. Parmi les rois importants de l'histoire d'Angkor citons Yaçovarman I, Jayavarman IV, Râjendravarman, Sûryavarman I, Sûryavarman II (qui fit construire le joyau de l'art khmer, le temple d'Angkor Vat) et Jayavarman VII, le plus grand souverain de cette époque, bâtisseur frénétique, il couvrit Angkor de monuments religieux. La date traditionnelle de l'abandon d'Angkor est 1432


3. Le style d'Angkor Vat (et les autres  styles ?)


Le style d’Angkor vat est apparu sous le règne troublé de Jayavarman VI qui n'élèvera pas deJayavarman VII gros 2 temple-montagne, témoigne de la parfaite maîtrise des techniques acquises au cours du siècle précédent. Suryavarman II fondera sa propre montagne sacrée à Angkor au début de son règne, à l'angle sud-est de l'antique Yasodharapura autour du Bakheng. La construction d'Angkor Vat, entreprise sans doute vers 1122, sera pratiquement achevée à la mort de Suryavarman II, vers 1150.

Contrairement aux sanctuaires précédents, celui d'Angkor Vat de distingue par son exceptionnel décor sculpté qui couvre des dimensions considérables. Les pilastres, les plinthes, les panneaux sont revêtus de feuillages qui imitent des tissus de soie brochée en provenance de Chine. Les panneaux de mur sont ornés des figures exquises des apsaras, danseuses divines qui prodiguent aux dieux et élus les joies inépuisables des paradis. Les reliefs de la galerie pourtournante du premier étage d'Angkor Vat (plus de deux kilomètres carrés de sculpture), largement inspirés de thèmes vishnuites, comptent parmi les chefs d'oeuvre plastiques de l'humanité. Il n'existe pas de reliefs narratifs sculptés plus beaux et plus audacieux dans le monde.

La qualité de la ronde-bosse du style d'Angkor Vat sera en retrait par rapport la beauté des reliefs, et même est en décadence par rapport à celle du Baphuon. Les statues, au modelé conventionnel et proportions trapues, au visages carrés avec leurs arcades sourcilières coupantes et bouches boudeuses chez les femmes, sont presque insignifiantes. L'accent est mis sur le costume. Quelques petits bronzes, souvent préférer au grès, se détachent de cette production.

Le style d'Angkor Vat, sommet de l'art khmer, marque la fin de l'art sivaïte au Cambodge, implantée par les Indiens douze siècles auparavant. Jayavarman VII, qui va relever Angkor de ses ruines et bâtira plus de temples que tous ses prédécesseurs réunis, les placera sous le signe du Bouddha.

Le site insecula nous aide à mieux comprendre les différents styles  selon leur époque, selon surtout l’art pré-angkorien marqué avant tout par la religion  brahmanique  et l’art angkorien sacralisant la religion bouddhiste du Mahayana. Ainsi :

Le style Koh Ker (hindouïsme, culte de Shiva et du linga) inspiré du style du Bakheng,koh ker attachera une plus grande importance à la représentation de la vie et à la notion de dignité de l'homme. Le style architectural, marqué par la persistance du modèle du temple en briques, verra l'apparition de galeries.

Le style de Kulen est un courant artistique de transition entre l'art pré-angkorien et l'art angkorien. Ce dernier verra le jour à Prasat Thma Dap, le plus tardif du groupe. La statuaire, essentiellement des idoles de Vishnou peu à peu libérées des traditions antérieures, annonce la ronde-bosse intégrale, l'esthétique et les ajustements du règne d'Indravarman.

Le style de Phnom Da. L'art préangkorien sera marqué par trois styles (qui donnerontPhnom Da Style naissance à des variantes locales) : le style de Sambor Prei Kuk (vers 600/vers 650), le style de Prei Kmeng (vers 635/vers 700) et celui de Kompong Preah (vers 706/après 800).

Cette chronologie, dans laquelle s'inscrivent presque tous les édifices connus de cette époque, est complétée pour la sculpture de deux divisions supplémentaires, le style du Phnom Da et celui de Prasat Andet.

Les oeuvres en ronde bosse de la première moitié du VIIème siècle se rattachent à deux grands domaines stylistiques : le sud du pays khmer où se développera, dès le VIème siècle, le style dit du Phnom Da, le centre et le nord donneront naissance au style dit de Sambor Prei Kuk. L'art du Phnom Da, dont les pièces majeures découvertes dans la région d'Angkor Borei s'inscrivent dans un contexte iconographique vishnuïte, est sans doute la phase la plus ancienne de l'art brahmanique du Cambodge.

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Le style de Prei Kmeng Ce style, influencé par l'art Indien et les styles de Phnom Da etprei kmeng Sambor Prei Kuk, est contemporain des styles de Prasat Adet et de Kompong Preah. Il accompagnera le développement du shivaïsme et du bouddhisme Mahayana.

Marqué par une prolifération du décor feuillu, les premières représentations de Brahma et l'apparition de statues féminines à la silhouette plus fine, ce style produira notamment les temples de Prei Kmeng, Ta Keo, et Phnom Preah Vihear.

 

sambor prei kukLe style de Sambor Prei Kuk   L'art préangkorien sera marqué par trois styles (qui donneront naissance à des variantes locales) : le style de Sambor Prei Kuk (vers 600/vers 650), le style de Prei Kmeng (vers 635/vers 700) et celui de Kompong Preah (vers 706/après 800).

Cette chronologie, dans laquelle s'inscrivent presque tous les édifices connus de cette époque, est complétée pour la sculpture de deux divisions supplémentaires, le style du Phnom Da et celui de Prasat Andet.

Les oeuvres en ronde bosse de la première moitié du VIIème siècle se rattachent à deux grands domaines stylistiques : le sud du pays khmer où se développera, dès le VIème siècle, le style dit du Phnom Da, le centre et le nord donneront naissance au style dit de Sambor Prei Kuk. L'art du Phnom Da, dont les pièces majeures découvertes dans la région d'Angkor Borei s'inscrivent dans un contexte iconographique vishnuïte, est sans doute la phase la plus ancienne de l'art brahmanique du Cambodge.

Les temples (Hindouisme, cultes de Vishnou, Shiva et Harihara) de style de Sambor Prei Kuk sont parfois octogonaux ou rectangulaires, ce qui est exceptionnel dans l'architecture khmère. La statuaire, assez pudique dans son expression, est modelée avec naturel et sensibilité. La décoration des temples (tour-sanctuaire (prasat) avec cella) est essentiellement constituée de bas-reliefs.

Le style du Bayon  L'empire khmer connaîtra une période très troublée entre 1150 et 1170.Bayon g Les armées Chams s'empareront d'Angkor, qu'elles mettront à sac, en 1177. Jayavarman VII reconstruira un pouvoir nouveau et un royaume plus puissant, en reléguant au second plan la religion brahmanique et élevant le bouddhisme Mahayana au rang de religion d'état.

Ce monarque universel (cakravartin) entreprendra de nombreuses conquêtes, couvrira l'empire de fondations religieuses, et fera construire une nouvelle capitale, Angkor Thom, qui accueillera en son centre le vaste temple du Bayon et le Palais royal.

L'oeuvre du souverain se caractérisera par la présence des tours-visages . La sculpture, élaborée avec soin, témoigne d'une intense activité créatrice, l'iconographie se diversifie, le symbolisme gagne en importance et les scènes de vie quotidiennes sont représentées pour la première fois.

Le style de Pre Rup  Ce nouveau style plus raisonnable et plus modéré, que l'on retrouve ausambor prei kuk Mebon Oriental, au Pre Rup et au Preah Vihear à Angkor, sera au service de la religion hindouiste (royaume divin, vénération des rois morts) et de la construction de cloîtres bouddhistes (Mahayana).

Il agrège les éléments stylistiques antérieurs sans apporter de changements notables dans les sculptures. Les attitudes sont douces et le lignes du corps ondulantes. La facture est soignée.

Le style de Banteay Srei  Le temple de Banteay Srei, construit juste avant la mort de Râjendravarman et au cours des premières années du règne de son successeur Jayavarman V, exprime à lui seul un style qui portera son nom.  Fait unique dans l'histoire khmère, ce style sera associé non à un roi mais à un brâhmane de sang royal, petit-fils de Harshavarman I et précepteur de Râjendravarman puis de Jayavarman V. Le religieux bouddhiste fera édifier le temple Tribhuvanamahesvara (actuel Banteay Srey) sur ses terres d'Ishavarapura, à 20 kilomètres au nord-est d'Angkor, en 967.


-KhleangLe style des Khleang s'étend de la seconde partie du règne de Jayavarman V jusqu'au début du règne de Suryavarman Ier. Jayavarman V serait le fondateur du Phiméanakas, temple-montagne au centre de sa capitale. Les deux beaux monuments des Khleang qui serviront à baptiser ce style sont situés en face du palais royal, au centre d'Angkor Thom.

Leur plan et leur destination exacte posent une énigme. La sobre décoration du bâtiment nord, le plus ancien, en souligne à la perfection les proportions. En dehors d'Angkor, Chau Srei Vibol et les parties ajoutées par Suryavarman ler à Preah Vihear amorcent la transition qui donnera naissance au style du Baphuon.

 

 

 


Le style du Bakheng  Ce style, que l'on retrouve dans les monuments de Phnom Bakheng,bakheng500 Phnom Krom et Phnom Bok, sera au service de l'hindouïsme (royaume divin, début de la vénération des rois morts, Trimurti de Brahma, Shiva, et Vishnou). Caractérisé par le géométrisme, l'austérité et la froideur, ce style idéalisera la forme de visages en sculpture et adoptera la forme des temples-montagnes en architecture.

 

 

 

 

 

 

 

Preah Ko 01Le style Preah Ko Ce style, que l'on retrouve dans les monuments de Preah Ko et Bakong, Lolei, sera au service de l'hindouïsme (Brahmanisme orthodoxe réactivé), du shivaïsme. Il se caractérisera par ses codes de représentation homogènes qui apparaissent sur les bas-reliefs et les premières fresques narratives.

Les sculptures expriment, pour la première fois, un mouvement du corps. Le motif du garuda-naga et la représentation de groupes de divinités font leur apparition. Le traitement des traits du visage et du corps manque de finesse. Les statues royales, idéalisées, présentent des formes plus lourdes. Cette période est également marquée par les premiers temples-montagnes.


4. Les temples khmers en Isan


Le principal attrait de l’Isan est assurément les vestiges de la civilisation khmère.

A partir du IXe siècle, l’empire khmer commence à s’étendre au-delà des frontières du Cambodge actuel. À son apogée, du XIe siècle au début du XIIIe, il englobe de vastes territoires aujourd’hui thaïlandais, dont, au nord-est, la vallée de la Mun et les provinces de Nakhon Ratchasima, Buri Ram, Surin et Ubon Ratchathani. Dans cette seule vallée, on estime que les Khmers ont construit plus de 300 temples, dont Phimai, qui était relié à Angkor, au sud, par une « voie royale » longue de 225 kilomètres. Aujourd’hui, les Prasat Hin Phimai, Prasat Hin Mueang Tam, Prasat Kamphaeng Yai et Preah Vihear - uniquement accessible depuis la Thaïlande, bien qu’appartenant techniquement au Cambodge - figurent parmi les plus beaux sanctuaires khmers au pays. Mais beaucoup de provinces possèdent des temples kmers.


Ainsi la Province  de Nakhon Ratchasima (Khorat) propose 10 temples : Prasat Non Ku, Prasat Muang Khaek, Prasat Muang Kao, Hin Phanom Wan et son Musée, Prasat Pha Kho, Prasat Nang Ram 1 et 2, Prang Ku, Prang, Sida, Prasat Hin Phimaï

La Province de Buriram 9 temples : Prasat Khok Ngio, Phanom Rung, Kuti Rishi Nog Bua Lai, Kuti Rishi Khok Meuang, Meuang Tam, Prasat Baibek, Ban Bu, Ku Suan Taeng et le musée de Khon Kaen

La Province d e Surin (12 temples) : Ta Meuen et Ta Meuen Tot, Ta Meueun  Thom, Prasat Ban Phlai et Prasat Hin Ban Phluang, Boran Sathan Ta Priang Tia, ta Mon, Prasat Phum Phon, Prasat Yai Ngao, Prasat Muang Thi, Prasat Si Khoraphum, Prasat Chom Pra

La Province de Sisaket  (11 temples) : Prasat Yoe, Prasat Tamnak Sai, Khao Phra Wihan, Prasat Sa Khampaeng Noi, Prasat Koo Som Boom, Prasat Sa Kampaeng Yai, Prasat Huay Tab Tan, Prang Ku, Prasat Ban samo, Prasat Chong Don Tuan , Prasat Ta Leng

La Province d’Ubon Ratchatani : le temple de Prasat Ban Ben

La Province de Chaiyaphum : Prang Ku

La Province de Khon Kaen : Puai Noi

La Province de Maha Sarakham : Ku Maha That, Ku Santarat, Prasat Ku Ban Deang (cité au Musée de Pimaï pour un linteau)

La Province de Roy Et : Ku Phara Khuna, Ku Ka Sing , Prang Ku

On peut en voir un à Yasothon , 1 à Nong Khai , 3 à Sakon Nakon : Wat Phra That Choeng Chum,   Wat Pra That Narai Jaeng Waeng, Ku Phan Na et  une quinzaine dans la plaine centrale et le centre ouest et est, sans compter tous les vestiges signalés et non encore découverts.

Le site officiel du tourisme thaïlandais vous propose une belle ballade

(Vous trouverez un descriptif de ces curiosités sur le site de l'office du tourisme thaïlandais (en français)
(source principale Office du tourisme Thaïlandais)

La route des cités Khmères en I-SanLe sud d'Isan possède les plus belles ruines khmères de Thaïlande ainsi que des villes et des villages de caractère abritant des sites uniques. Cette région faisait partie du royaume khmer d' Angkor au temps de sa splendeur.Le point de départ de cette découverte des cités Khmères se situe à Nakhon Ratchasima (Khorat) ville située à 249 km de Bangkok.


Et nous allons commencer par Phimaï, La version miniature de l'Angkor Wat au Cambodge. Phimaï est située à environ 60 km au nord est de Nakhon Ratchasima.

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La ville de Phimaï abrite l'un des plus beaux temples khmers du nord-est de la Thaïlande dans son parc historique, le Wat Phimaï . La légende raconte que celui-ci aurait influencé la construction d'Angkor Wat au Cambodge un siècle plus tard. D'ailleurs, le temple est sur un axe nord-sud tourné vers l'Angkor au lieu de l'est-ouest traditionnel des autres monuments thaïlandais.
Phimaï fût fondée au VIIIe siècles et connut une époque glorieuse aux XIe et XIIe siècles... La suite...

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Ce magnifique parc est situé à 396 m d'altitude au sommet d'un volcan éteint d'où son nom, Phanom Rung, qui signifie « grande montagne ».
Un sanctuaire, éponyme, y a été construit entre le Xe et le XIIIe siècle. C'est à l'époque, un haut lieu de culte qui accueille des temples satellites d'Angkor Wat au Cambodge. Ainsi, l'architecture du monument a subi diverses influences à travers les âges. De nombreux écrits ont été retrouvés    
Sans doute édifié aux 11e - 12e siècle pour servir de résidence au gouverneur khmer, le prasat Muang Tham "temple de la ville basse " dédié à Shiva, offre un tableau évocateur. Pilastres, linteaux et frontons, richement décorés dans les styles des Khleang et du Baphuon avec leurs animaux mythiques (naga et kala), guirlandes et motifs floraux, démontrent la maîtrise des artisans khmers.

 

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Sous son couronnement à forte moulure, le mur extérieur est percé de quatre gopura Ta Muen Thom est l'un des plus beaux temples de pierre sur la voie qui relie Angkor à Phimaï. Il a subit de gros dommages pendant la guerre récente du Cambodge, et a été depuis pillé par les voleurs. Un escalier massif en latérite descend de l'entrée sud vers une petite rivière marquant la frontière du Cambodge.

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Quatre portes (gopura) ponctuent la galerie d'enceinte du temple, l'entrée principale étant au sud. Le prasat redenté, de grès gris-rose, abrite deux curiosités inhabituelles:

Le sanctuaire de Prasat Phum Phon est l'un des temples khmers le plus ancien.
Ce temple des 7-8e siècles dans le style Phrei Kmeng comporte un prasat de briques orné d'encadrements de portes, de linteaux et de colonnettes en grès. on voit à l'ouest le soubassement d'un bâtiment, et un peu plus loin une autre ruine.
D'accès toujours difficile, Preah Vihear(phra Wihan pour les thaïs) n'a pas son pareil, c'est un temple magique dont les nâgas géants sont les gardiens éternels. Même après avoir exploré tous les temples majeurs du Cambodge, le « saint temple des Dangrek » reste celui qui fait la plus forte impression au voyageur.

Le temple de Preah Vihear est situé au sommet d'un pic de la chaîne Dangrek,à quelques centaines de mètres de la frontière thaïlandaise.
La construction du sanctuaire,   La suite . . .

 

 

Prasat Hin Phimaï

La ville de Phimai abrite l'un des plus beaux temples khmers du nord-est de la Thaïlande dans son parc historique, le Wat Phimaï. La légende raconte que celui-ci aurait influencé la construction d'Angkor Wat au Cambodge un siècle plus tard. D'ailleurs, le temple est sur un axe nord-sud tourné vers l'Angkor au lieu de l'est-ouest traditionnel des autres monuments thaïlandais.


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Phimaï fût fondée au VIIIe siècle et connut une époque glorieuse aux XIe et XIIe siècles sous le contrôle cambodgien d'Angkor. Le retour des terres en pays Siam fut synonyme de déclin pour la cité.
Le site est sur une île entourée des rivières Mun et du Khlong Chagrai. Des douves protégeaient la ville ainsi que des enceintes avec quatre portes situées aux quatre points cardinaux. Tout cela a été détruit par le temps : il ne reste que la porte principale, la porte de la Victoire bâtie en pierre.

Le temple est au milieu de la ville. Le roi Khmer Jayavarman V commença l'ouvrage à la fin du Xe siècle et Suriyavarman le termina au début du XIe siècle.
Le prang central est à l'image du Mont Méru, centre du monde et demeure des dieux. De forme arrondie, il s'élève à 28 mètres surmonté d'un toit en ogive à cinq niveaux en forme de bouton de lotus.
Le temple est composé d'une première enceinte rectangulaire, percée de quatre portes, à l'intérieur de laquelle une seconde enceinte protège le sanctuaire principal. Ce dernier, construit entre 1106 et 1112, est en pierre travaillée dans le style Khmer. La précision de l'ouvrage est assez remarquable notamment dans le détail des personnages et des créatures mythologiques. Les linteaux intérieurs sont fidèles à la tradition hindouiste alors que les linteaux extérieurs sont bouddhiques. Les premiers racontent divers épisodes du Ramayana, livre sacré hindou.
La mandapa, pièce de méditation hindouiste, est traversée par un somasutra, sorte de canal qui permettait à l'eau sacrée arrosant le Bouddha de s'évacuer.

 

A proximité de Phimaï, vous pourrez découvrir:
Le musée national de Phimai
Situé à proximité du pont de la rivière Mun, juste avant de pénétrer dans le parc historique de Phimai, ce musée renferme une intéressante collection d'objets anciens, notamment de magnifiques linteaux en grès sculptés datant de l'époque khmère.
Prasat Hin Phanom Wan.
A 20 km au nord-est de Nakhon Ratchasima, ce sanctuaire du 12ème siècle est l'ancien monument khmer le plus proche de la ville. Bien que de taille réduite, les ruines sont impressionnantes par leur architecture et l'atmosphère de sérénité qui y règne.
Sai Ngam
Située au bord de la rivière Mun et à deux kilomètres de Phimai, cette aire de loisirs est célèbre pour ses nombreux banyans qui procurent 1.500 m2 d'ombre et ont probablement pour origine un seul et unique arbre.
Le site archéologique de Ban Prasat 
A 45 km de la capitale de la province sur la route de Nakhon Ratchasima à Phimai, Ban Prasat est le deuxième site archéologique préhistorique (après le site de Ban Chiang dans la province d'Udon Thani) présenté comme un musée en plein air.

Les fouilles, qui ont permis de découvrir des ossements humains et des poteries, révèlent que le site était habité il y a plus de 3000 ans.
Les sites des fouilles ont été aménagés et sont désormais ouverts au public.

Un cloître avec quatre entrées entoure le sanctuaire. A l'est, un singha debout et un ascète assis décorent la porte du gorupa. Le fronton extérieur représente une divinité assise sur une face de kala, avec un naga à cinq têtes dans sa partie haute, le fronton intérieur figure un singha, un singe et un éléphant parmi les motifs floraux, et le linteaux montre Krishma maîtrisant le Serpent Kaliya.
Quatre des cinq prasat d'origine subsistent dans le sanctuaire. Le grand prasat du milieu de la première rangée s'est effondré. A proximité, un beau linteau de grès représente une divinité assise sur la face de kala et, au dessus, sept ascètes assis en rang. Sur le linteau du prasat nord, Shiva et Uma montent le taureau Nandin. Au dessus, dix ascètes sont assis sur le dos d'un naga. La colonnette de l'encadrement de porte est finement sculptée de motifs en diamant. Le prasat sud est orné d'une divinité assise sur une face de kala crachant desguirlandes, surmontée d'une rangée de neuf ascètes assis.
A l'arrière, le linteau du prasat nord décrit Krishna soulevant le mont Govardhana, alors que celui du prasat sud montre Aruna assis sur un trône soutenu par trois oies sauvages, perchées sur un kala crachant des guirlandes.

Muang Tham fut occupé très longtemps comme en atteste la présence de "Baray" tout près du temple et dans la région.
Le plus important "Baray", proche du temple, est en fait un grand réservoir d'irrigation de plus d'un kilomètre de long sur cinq cents mètres de large - nommé "la mer de la cité d'en bas".
"Cité d'en bas" était en effet le nom donné à ce vaste temple et ce par opposition à Phanom Rung qui sur la hauteur, était "la cité d'en haut".
Sa construction est l'œuvre de l'homme comme en atteste sa forme parfaitement géométrique et il est idéalement placé pour récolter les eaux des collines et les redistribuer sur près de 30 kilomètres de canaux construits et entretenus par les habitants. Aujourd'hui encore il assure les besoins d'irrigations indispensables aux activités agricoles.

Prasat Muang Tham

Sans doute édifié aux 11e - 12e siècles pour servir de résidence au gouverneur khmer, le prasat Muang Tham, dédié à Shiva, offre un tableau évocateur. Pilastres, linteaux et frontons, richement décorés dans les styles des Khleang et du Baphuon avec leurs animaux mythiques (naga et kala), guirlandes et motifs floraux, démontrent la maîtrise des artisans khmers.
Sous son couronnement à forte moulure, le mur extérieur est percé de quatre gopura encadrées de fenêtres élégantes décorées de balustres. L'entrée principale, aux trois portes donnant vers l'est, ouvre sur une enceinte aux quatre bassins à gradins en L, bordés de murets à statues en pierre de naga à cinq têtes, dont les queues soulignent des encadrements de portes en pierre. Les bassins symbolisent les quatre océans qui entourent la montagne sacrée Meru.

 

Prasat Hin Wat Sa Kamphaeng Yaï

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Wat Sa Kamphaeng Yaï, ce grand temple khmer datant probablement du règne de Suryavarman 1e au 10e siècle, fut d'abord un sanctuaire brahmanique avant d'être converti en temple bouddhiste mahayana au 13e siècle.Une galerie enclôt le domaine, qui comprend un chedi principal flanqué de deux édifices plus petits en briques, avec un autre chedi de briques à l'arrière et deux bibliothèques, toujours en briques côté est.

la porte monumentale présente trois entrées : l'inscription en Khmer ancien gravée côté cour sur l'entrée principale rappelle que le domaine a été dédié à Shiva en 1042.

 

Les encadrements de portes, linteaux et frontons sculptés ont une grande valeur artistique. Le fronton sud du prang central représente Shiva montant le taureau Nardin, son épouse Uma sur ses genoux, et des membres de leur suite. Le linteau intérieur montre Indra chevauchant un éléphant, avec, au dessous, un kala escorté de singha, crachant des guirlandes. Sur le linteau intérieur de la bibliothèque nord, Vishnou est couché sur le naga couronné, ses épouses assises près de lui. Dans la chapelle moderne, on voit une belle statue du 13e siècles du Bouddha assis abrité par le naga, et d'autres sculptures découvertes lors des fouilles.

  

Prasat Hin Phanom Rung


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Ce magnifique parc est situé à 396 m d'altitude au sommet d'un volcan éteint d'où son nom, Phanom Rung, qui signifie « grande montagne ».
Un sanctuaire, éponyme, y a été construit entre le Xe et le XIIIe siècle. C'est à l'époque, un haut lieu de culte qui accueille des temples satellites d'Angkor Wat au Cambodge. Ainsi, l'architecture du monument a subi diverses influences à travers les âges. De nombreux écrits ont été retrouvés sur place, permettant de mieux comprendre la construction du parc historique.

 

Une grande allée conduit au sanctuaire principal, en passant par trois terrasses successives et un escalier gigantesque. Longue de 160 m et large de 7 m, elle correspond à la distance spirituelle entre la Terre et le monde céleste. C'est la Voie Sacrée .
Vous passerez devant la Maison aux éléphants avant d'aboutir aux trois ponts à naga (serpent mythique). Enfin, vous arriverez dans le sanctuaire central. Le prasat central est entouré de quatre galeries, aux magnifiques linteaux. Ce temple est typique de l'architecture khmer, semblable à celle d'Angkor Wat.
Les nombreuses représentations de Shiva ou Vishnu sur les frontons et les linteaux des portes laissent penser que le temple était hindou à l'origine. L'entrée principale est ornée de Shiva Nataraja, le « roi de la danse », datant du XIIe siècle.

 

En avançant encore un peu, se dresse le garbaghra , la partie réservée au roi, où sont également exposées des statues de divinités hindouistes.
Vous pouvez sortir par la porte de derrière et admirer l'extérieur du bâtiment : le prang , la tour de style khmer, est sculpté de figurines inspirées du Ramayana , le livre sacré hindouiste. Il s'élève sur cinq niveaux bouclés par un bouton de lotus.
Le site a été restauré de 1971 à 1988 par des experts qui ont adopté comme technique de démanteler le monument pierre par pierre et de le remonter ensuite en suivant les techniques traditionnelles… un travail de titan vu la taille du temple.

Prasat Phra Wihan (Preah Vihear)

 

Preah Vihear Temple

D'accès toujours difficile, Preah Vihear n'a pas son pareil, c'est un temple magique dont les nâgas géants sont les gardiens éternels. Même après avoir exploré tous les temples majeurs du Cambodge, le « saint temple des Dangrek » reste celui qui fait la plus forte impression au voyageur.
Le temple de Preah Vihear est situé au sommet d'un pic de la chaîne Dangrek,à quelques centaines de mètres de la frontière thaïlandaise.
La construction du sanctuaire, commencée au XI° siècle sous le règne de Suryavarman Ier, est un ensemble assez gigantesque qui s'étale sur pas moins de 4 niveaux reliés par des escaliers (il y en a 800 mètres !) qui progressivement vous amèneront au Prang principal, dédié à Shiva et à la superbe vue sur la plaine et les montagnes environnantes.

Ce sont chaque coin et recoin de ce sanctuaire, exceptionnellement orienté au Nord face à la Thaïlande, qui méritent l'attention et le regard tant il y a de sculptures et linteaux « dans l'état ». En effet Prasat Phra Wihan n'a fait l'objet d'aucun soin particulier ni même de restauration de la part des autorités cambodgiennes. Il s'offre donc à vous à l'état « brut » de ruines magnifiques.
Indirectement elles permettent de mesurer la qualité des travaux de restauration effectués en Thaïlande par le Département des Beaux-Arts.

Face à l'impossibilité de voir le temple du chemin d'accès, ses richesses sont donc à découvrir au fur et à mesure de l'ascension des escaliers. Après une première volée de 163 marches, la monumentale allée d'accès s'ouvre devant vous avec ses 78,5 mètres de long, ses 8 mètres de large et ses Singhas qui montent la garde.
De là, ce ne seront plus que successions de Nagas aux 7 têtes, de Gorupas, de portes et linteaux sculptés, de Barays (réservoirs d'eau), d'allées et escaliers, de salles, librairies… jusqu'au grand Gorupa du 3ème niveau, la plus imposante des constructions, et qui servait en fait de Palais.

Mais vous ne serez pas au bout de vos découvertes.
La progression continue parfois à même la roche pour finalement arriver au sanctuaire principal au sommet de la montagne.
Sa galerie bien conservée vous permettra aisément de faire le tour du Prasat dont une partie est malheureusement effondrée.
De là, quelques pas vous mèneront au superbe point de vue si la brume de chaleur ne perturbe pas trop l'horizon.



Qui a dit qu’il n’y avait rien à visiter en Isan ?

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