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  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

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14 octobre 2017 6 14 /10 /octobre /2017 18:04
RH 19 - RAMATHIBODI Ier, LE FONDATEUR DU ROYAUME D’AYUTTHAYA. (1351-1369)

Nous avons vu précédemment qu’il existe de multiples versions  de la fondation du royaume d’Ayutthaya, pour ne pas dire que l’on en savait peu. « The Royal Chronicles of Ayutthaya » de Richard D. Cushman d’ailleurs, censées relater l’histoire de ce royaume, vue par les Thaïs, ne consacrent qu’une page à son fondateur le roi Ramathibodi Ier (สมเด็จพระรามาธิบดีที่ 1)  !  Cinq versions (classées par lui B-C-D-E-F) s’accordent pour rappeler qu’après la fondation du royaume  « En l’an 712, l’année du Tigre... 

RH 19 - RAMATHIBODI Ier, LE FONDATEUR DU ROYAUME D’AYUTTHAYA. (1351-1369)

... au sixième jour du premier croissant du cinquième mois, un vendredi, à trois nalika et neuf bat après le lever du soleil »,  le roi U-Thong ( พระเจ้าอู่ทอง) attendit la construction des palaces Phaiton, Phaichayon et Aisawan et que les brahmanes aient choisi la période des bons augures, pour accomplir les rites (l’expiation, obtention de la conque), avant d’entrer  dans la cité et s’asseoir sur le trône. Les brahmanes lui conférèrent alors le titre de Ramathibodi Ier. La version F précise que le titre était le même que celui du roi Ram Narai, un avatar de Vishnou...

RH 19 - RAMATHIBODI Ier, LE FONDATEUR DU ROYAUME D’AYUTTHAYA. (1351-1369)

... qui avait régné sur Ayutthaya dans une période antérieure. Le roi fut heureux de nommer son beau-frère comme le nouveau roi Boromracha de Suphanburi et le Prince Ramesuan (son fils) ( พระราเมศวร)  comme roi de Lopburi.

RH 19 - RAMATHIBODI Ier, LE FONDATEUR DU ROYAUME D’AYUTTHAYA. (1351-1369)

Il est dit dans une version, qu’à cette époque, le royaume était composé de 16 cités/Etats vassaux, à savoir : Malaka, Chawa, Tenasserim, Nakhon Si Thamarat, Tavoy, Martaban, Songkla, Canthabun, Phitsalunok, Sukhotai, Phichai, Sawankhalok, Phicit, Kamphangphet, et Nakhon Sawan.

 

(Cette liste d’états vassaux est quelque peu fantaisiste, si l’on considère le seul exemple du royaume de Sukhotai, qui devint un état vassal d’Ayutthaya en 1378. Le roi Ramathibodi était alors décédé depuis 1369. De plus, il est pour le moins curieux, que nul récit ne puisse relater la prise de ces « Etats » stratégiques.)

RH 19 - RAMATHIBODI Ier, LE FONDATEUR DU ROYAUME D’AYUTTHAYA. (1351-1369)

Par contre, 5 versions relatent en un paragraphe la prise du Cambodge. (Nulle date n’est donnée). Le roi Ramathibodi Ier invita le Prince Ramesuan en sa capitale pour lui confier la mission de « pacifier » les Cambodgiens. Il partit alors, selon le moment choisi  des bons augures, avec une armée  de 5.000 soldats pour atteindre la capitale. L’Uparat, le fils du roi du Cambodge, constatant que l’armée siamoise était fatiguée et pas encore toute rassemblée, demanda l’autorisation à son père de l’attaquer. L’avant-garde qui n’avait pas  eu le temps  d’établir une palissade fut mise en déroute et dû rejoindre l’armée principale. Quand les nouvelles atteignirent Ayutthaya, Le roi invita le roi Boromracha de Suphanburi en sa capitale pour lui confier la mission d’aller aider son neveu. Il organisa une armée pour rejoindre rapidement la capitale du Cambodge et vaincre. Il put prendre alors une grande quantité de riz et déporter à Ayutthaya énormément de familles cambodgiennes.

RH 19 - RAMATHIBODI Ier, LE FONDATEUR DU ROYAUME D’AYUTTHAYA. (1351-1369)

Ensuite quatre événements disparates sont signalés.

 

Le premier concerne, à une date précise,  l’inauguration par le roi d’un  monastère avec un hall de prière et d’une grande relique à la royale résidence de Wiang Lek. Deux autres sont relatifs à des naissances « surnaturelles » : un poulain appartenant à Khun Suwanphinitcai ayant une tête, deux corps et huit pattes ; l’autre, un poussin, appartenant à Phra Si Mahosot, né avec un corps et deux têtes. Le dernier événement, là aussi à une date précise, évoque la mort par choléra du Prince Kaeo et du Prince Thai. Et l’ordre donné par le roi qu’un monastère, qui aura le nom de Pa Kaeo, avec un monument sacré et un hall de prédication soit établi pour leurs crémations,

RH 19 - RAMATHIBODI Ier, LE FONDATEUR DU ROYAUME D’AYUTTHAYA. (1351-1369)

C’est tout.

 

Mgr Pallegoix ne fut pas plus prolixe et nous apprend qu’U-Thong devenu Ramathibodi, a fondé « Juthia »  en 1350 (sic) et qu’: « il ne se passa rien sous son règne, si ce n’est qu’il porta la guerre dans le Cambodge d’où il a ramené une grande quantité de captifs » (2).

 

Par contre, une version cambodgienne  confirme  cette prise d’Angkor par Ayutthaya, mais tient à affirmer que la capitale a été prise par traitrise. Il faut au moins sauver l’honneur. (Cf. Ce récit en note (3)). D’autres chroniques khmères assurent que de 1353 à 1357, les troupes siamoises ont occupé tout le Cambodge et que Ramathibodi I nomma successivement trois de ses fils comme rois « subordonnés » du pays conquis sur le règne desquels nous ne savons pratiquement rien d’ autre que leurs noms, à savoir : de 1353 à 1354 : Jao Bassat ; De 1354 à 1355 : Jao Baat ; Et de 1355 à 1357 : Jao Kampang. 

RH 19 - RAMATHIBODI Ier, LE FONDATEUR DU ROYAUME D’AYUTTHAYA. (1351-1369)

Les Khmers reprendront  Angkor en 1357 et repousseront  les Siamois jusqu'à Korat. Mais une nouvelle guerre éclata, qui dura près d'un demi-siècle, et aboutit à la prise et au nouveau sac d'Angkor, en 1431. (In (3))

RH 19 - RAMATHIBODI Ier, LE FONDATEUR DU ROYAUME D’AYUTTHAYA. (1351-1369)

On peut être étonné que les « Chroniques royales d’Ayutthaya » n’évoquent pas la rivalité et les guerres entre le royaume d’Ayutthaya et de Sukhotai. Vous vous souvenez que dans notre article consacré au règne du roi Lithai (4), nous avions cité le Prince Diskul qui présentait ainsi : Le petit-fils de Ram Kamhaeng, Lithai (พระมหาธรรมราชาที่ ) qui régna de 1347 à 1368 environ, réunifia de nouveau le royaume sans toutefois lui garantir les limites antérieures. Adepte zélé du bouddhisme Theravada (issu de la secte Shri Lanka), il est le premier souverain thai à avoir vécu comme un moine pendant une partie de sa vie. Il combattit le puissant royaume d'Ayudhya qui s'était implanté au sud depuis 1350 (sic). » (In « Le Courrier de l’UNESCO » de juin 1979). Nous disions alors : « Mais vous avez beau chercher, vous ne trouvez pas  comment le roi Lithai a réunifié le royaume,  même « sans toutefois lui garantir les limites antérieures. ». Vous ne trouverez ni le récit, ni la référence d’aucune bataille. »

RH 19 - RAMATHIBODI Ier, LE FONDATEUR DU ROYAUME D’AYUTTHAYA. (1351-1369)

Bref, que ce soit pour le roi Lithai de Sukhotai ou le roi Ramathibodi Ier d’Ayutthaya, nous étions dans le vide, l’incohérence. Au besoin, il fallait inventer.

 

Ainsi pour le roi Lithai, on lui attribuera le Tribhumikathà (les Trois Mondes bouddhiques organisés, à partir du mont Meru, en trente-deux niveaux de progression spirituelle), qui fut utilisé comme charte politique bouddhique. (Cf. Le débat in notre article 30. (4) )

RH 19 - RAMATHIBODI Ier, LE FONDATEUR DU ROYAUME D’AYUTTHAYA. (1351-1369)

Ainsi Ramathibodi I, sera l’auteur du code dit de Ramathibodi, présenté comme une évidence par beaucoup :

 

« Il a également compilé un code légal, basé sur le Dharma sâstra (un texte légal hindou) et la coutume thaïe, qui sont devenus la base de la législation royale. Composée en pâli, langue indo-aryenne des textes du Theravada, elle avait force d’injonction divine. Complété par des arrêtés royaux, le code légal de Ramathibodi est demeuré généralement en vigueur jusqu’à la fin du dix-neuvième siècle. »  

 

Il peut être étonnant que les « Chroniques royales d’Ayutthaya », qui sont censées honorer la grandeur des rois  ne font pas la moindre allusion à une œuvre de codification de Ramathibodi.

 

C’est peut-être, tout simplement,  que ce code n’existe pas ?

RH 19 - RAMATHIBODI Ier, LE FONDATEUR DU ROYAUME D’AYUTTHAYA. (1351-1369)

C’est du moins ce que nous avions eu l’intention de « démontrer » dans notre article  « 44. Avez-vous trouvé le code de Ramathibodi 1er, fondateur du royaume d’Ayutthaya ? ». (5) Rappelons ici quelques éléments de la démonstration.

 

Déjà, Il n’en existe aucune trace épigraphique, bien que les législateurs usent volontiers de cette procédure pour marquer la pérennité de leurs exploits et la force de leurs lois.

 

Le site « thailandlawforum » qui nous a semblé refléter l’opinion des avocats thaïs (orfèvres en la matière) nous informe que la législation thaïlandaise d’avant Sukhothaï et au cours de la période d’Ayutthaya (1351 – 1767) aurait trouvé ses sources dans le code de Manou.

RH 19 - RAMATHIBODI Ier, LE FONDATEUR DU ROYAUME D’AYUTTHAYA. (1351-1369)

Robert Lingat, qui a occupé dans l’étude de l’histoire du droit siamois une place immense, nous apprend  que nous ne connaissons les anciennes lois siamoises, que par leur recension opérée en 1805 sur ordre de Rama Ier, fondateur de la dynastie des Chakri. (Notre article 44 en présente un bref historique qui vaut d’être conté (5))

 

« Ces manuscrits de 1805 se présentent donc comme une édition fidèle des anciennes lois ; le droit ainsi rétabli correspondrait dans l’ensemble et à l’identique au droit en vigueur avant la chute d’Ayutthaya, mais il fut procédé à de multiples retouches, modifications ou additions qui ne reposent sur aucune critique des manuscrits existants. Ces retouches sont indécelables au milieu des dispositions admises comme authentiques. »

RH 19 - RAMATHIBODI Ier, LE FONDATEUR DU ROYAUME D’AYUTTHAYA. (1351-1369)

Ce sont de fait, les 41 volumes manuscrits étudiés par Monseigneur Pallegoix, copiés en trois exemplaires par les scribes royaux initialement dispersés entre divers ministères puis rassemblés par le Prince Damrong à la bibliothèque Vajiranana. Ils sont la source à peu près unique d’information sur l’ancien droit siamois. Cette codification de 1805 restera en vigueur jusqu’à la codification « à l’européenne » entreprise un siècle plus tard.

RH 19 - RAMATHIBODI Ier, LE FONDATEUR DU ROYAUME D’AYUTTHAYA. (1351-1369)

Ramathibodi Ier fut sans doute un grand guerrier, un grand roi pour fonder le nouveau royaume d’Ayutthaya qui va marquer à jamais l’histoire de la Thaïlande. Nul doute, qu’il a poursuivi la  propagation du bouddhisme theravada, construit de nombreux monastères, établi une étiquette et une législation royale, entrepris bien des guerres pour vassaliser d’autres muang, mais de cela nous ne pouvons rien dire, faute de sources. Seule, sa conquête du Kampuchéa est inscrite dans les « Chroniques royales », sans date donnée.

RH 19 - RAMATHIBODI Ier, LE FONDATEUR DU ROYAUME D’AYUTTHAYA. (1351-1369)

Notes et références.

 

(1)« The Royal Chronicles of Ayutthaya » : A Synoptic Translation, Cushman, Richard D. & Wyatt, David K. 8.2 x 11.4", 556 pp., Publié par la Siam Society; 1ère  édition,  Bangkok, 2000.

7 versions de chroniques et de fragments concernant le royaume d’Ayutthaya (1351-1767), éditées en thaï dans les années 1960-70, d’origines et de dates différentes et « reconstituées » par Khurusapa (1961, 1963, 1969),  Kao Na (1964), Klang Witthaya (1971), et Odéon Store.

 

(2) « Description du royaume thai ou Siam » deuxième volume, p.75.

 

(3) 43. Le fondateur d’Ayutthaya conquiert Angkor en 1353.

 

http://www.alainbernardenthailande.com/article-42-le-fondateur-d-ayutthaya-conquiert-angkor-en-1353-107557180.html

« Ramathibodi nomme en charge des opérations son fils, gouverneur de Lopburi. Rochedragon nous le décrit comme « un prince plein de bravoure » (loc.cit. Introduction) qui dirige une troupe de 15.000 hommes bien entrainés divisée en deux corps d’armée, le premier de 10.000 hommes confié à son fils Ramaso (sic) et une troupe de choc, 5.000 hommes confiée à son petit-fils Sisobath. Sur le chemin, il ne rencontre aucune résistance. Arrivé aux alentours de la capitale, défendue par 50.000 hommes, il l’investit en construisant des remparts de la hauteur des murailles de la ville mais les Khmers résistent aux assauts malgré les canons siamois auxquels ripostent les leurs. (Des canons siamois au XIVème siècle ?). Sisobath est tué en un combat singulier avec un prince khmer rappelant singulièrement celui d’Achille avec Hector. Le sort d’une guerre de siège est toujours incertain.

RH 19 - RAMATHIBODI Ier, LE FONDATEUR DU ROYAUME D’AYUTTHAYA. (1351-1369)

Seule la ruse permettra la prise de la ville.

 

Il faut trouver des volontaires, on va les trouver. Ce seront des « déserteurs » qui joueront le rôle du cheval de Troie. On crée donc une cour martiale fictive pour juger six « traitres » pour « lâcheté devant l’ennemi ». Le verdict tombe, 50 coups de fouet. Le supplice a lieu sous l’oeil réjoui des Khmers. Et pour écarter tout soupçon, comble de la ruse, on condamne également à mort six « traitres » volontaires (?) qui sont décapités sous les yeux des Khmers. Mais une fois la nuit tombée, les six traitres fouettés s’évadent avec la complicité de leurs gardiens et se réfugient dans les lignes khmères pour demander protection du monarque. Celui-ci leur accorde l’asile, les fait soigner par ses médecins et ils se battent courageusement du côté khmer. Deux d’entre eux meurent même au combat. Les survivants, considérés comme des amis, ont alors toute liberté pour circuler à l’intérieur de la cité ce qui leur permettra une nuit, après avoir massacré les sentinelles et envoyé un signal aux assiégeants, d’ouvrir l’une des portes et de faire entrer les troupes siamoises. Une belle légende qui peut flatter l’orgueil national cambodgien, la capitale a été prise par traitrise. »

RH 19 - RAMATHIBODI Ier, LE FONDATEUR DU ROYAUME D’AYUTTHAYA. (1351-1369)

(4) In 30. Notre Histoire. Le déclin de Sukhotai au temps du règne de Lithai. http://www.alainbernardenthailande.com/article-30-le-declin-de-sukhotai-sous-le-regne-du-roi-lithai-104137500.html

 

(5) 44. Avez-vous trouvé le code de Ramathibodi 1er, fondateur du royaume d’Ayutthaya ?

http://www.alainbernardenthailande.com/article-44-avez-vous-trouve-le-code-de-ramathibodi-1er-fondateur-du-royaume-d-ayutthaya-109520907.html

 

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Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans NOTRE RÉCIT DE LA THAÏLANDE.
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11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 18:17
RH 18 - LA FONDATION DU ROYAUME D’AYUTTHAYA (1351-1767) ?

Nous étions loin d’imaginer en écrivant « notre histoire de la Thaïlande », que nous aurions consacré pas moins de 6 articles à la fondation du royaume d’Ayutthaya en 1351 (1), tant nous découvrîmes de multiples versions différentes voire contradictoires. Nous n’avions même pas pu cacher notre exaspération après avoir identifié (et présenté) 10 versions qui faisaient venir le fondateur U Thong, d’Uthong (située à 25 km de Suphanburi),  du Cambodge, de Chieng-Raï, de Khampëng-Phet, de Cha Liang, de Suphan Buri, du Nord, du Sud, de l’Est,  de Deva Mahanagara ( !) … (Cf. Notre article 42) (2).

RH 18 - LA FONDATION DU ROYAUME D’AYUTTHAYA (1351-1767) ?

Notre agacement provenait du fait que les « experts » que nous lisions sur le sujet s’arrogeaient l’autorité de Chroniques, sans les nommer, pour alimenter leur interprétation et présenter leur récit fabriqué, qui n’avait de cohérence que leur  imagination, sachant que la capitale du royaume d’Ayutthaya fut, en avril 1767, rasée, pillée et brûlée par les Birmans, avec toutes ses « chroniques » et archives.

RH 18 - LA FONDATION DU ROYAUME D’AYUTTHAYA (1351-1767) ?

Il fallut l’œuvre magistrale de Richard D. Cushman, « The Royal Chronicles of Ayutthaya », publiées en l’an 2000, pour connaître en anglais, 7 versions de chroniques et de fragments concernant le royaume d’Ayutthaya (1351-1767), éditées en thaï dans les années 1960-70, d’origines et de dates différentes et « reconstituées » par Khurusapa (1961, 1963, 1969),  Kao Na (1964), Klang Witthaya (1971), et Odéon Store.

RH 18 - LA FONDATION DU ROYAUME D’AYUTTHAYA (1351-1767) ?

Une traduction effectuée par Richard D. Cushman durant 20 ans jusqu’ à sa mort en 1991, et dont le manuscrit fut confié par la famille à l’éminent historien américain David K. Wyatt qui précise dans son introduction, qu’il a lui-même à la fois présenté ces sept versions de façon synoptique, quand elles relatent le même événement, pour nous permettre de comparer  les divergences, les contradictions et les variations quand elles existent,  et structuré le livre en onze  livres (ou parties) et 554 sections (ou chapitres). Chaque partie contenant un nombre variable de chapitres, chacun d'eux ayant un titre selon le contenu du passage. La structure proposée n’est donc pas d’origine thaïe, mais a le mérite de la lisibilité et permet surtout de distinguer les dates et les événements majeurs retenus de l’histoire d’Ayutthaya, dans leurs différentes versions,  de repérer les rois qui ont compté (8 rois ont droit à un chapitre), ou les périodes « silencieuses », celles où les rois ont laissé peu de traces (Ainsi par exemple, 23 pages pour les premiers 15 rois pour une période de 197 ans.1351-1548). La période historique la mieux couverte étant celle qui correspond à l’ouverture du royaume d’Ayutthaya avec l’extérieur lors de la deuxième moitié du XVI ème siècle (1548-1605) (Ch. 2, 3, 4. Trois  rois, 119 p.) et la deuxième moitié du 17 ème siècle (154p.) avec une place prépondérante  accordée au roi Naraï (95p.). (Cf. Sa présentation in 41 (4))

 

David K. Wyatt  :

RH 18 - LA FONDATION DU ROYAUME D’AYUTTHAYA (1351-1767) ?

Mais qu’en est-il de la fondation du royaume d’Ayutthaya par le Prince U Thong, le futur roi Ramathibodi 1er (1351-1369) ?

RH 18 - LA FONDATION DU ROYAUME D’AYUTTHAYA (1351-1767) ?

Les « Royales chroniques d’Ayutthaya » ne consacrent qu’une page à sa fondation et une autre page à son fondateur le roi Ramathibodi 1er !

 

 Vous avez bien lu : deux pages ! qui sont précédées par neuf pages intitulées « Le début d’Ayutthaya » comprenant des légendes et prophéties concernant le roi Thammarat, le roi Ruang, le prince Sutthikuman qui informe le roi Rü de Chiang Mai, l’indépendance de Sacchanalai, la fondation de Phitsalunok, une ou deux histoires des rois Suthat et Khotthewarat, et puis comment le Prince Chaithatsakuman accompagné de son jeune frère moine Chaisanekuman ( les deux fils du roi Sukhanthakhiri de Chiang Maï !)  a couché avec la fille du roi de Sachanalai, comment il fut découvert et exécuté et que son frère moine  put retourner à Chiang Mai sain et sauf.

 

Pas de quoi ici, vous l’avouerez, nous éclairer sur la fondation du royaume d’Ayutthaya.

RH 18 - LA FONDATION DU ROYAUME D’AYUTTHAYA (1351-1767) ?

Bref.  La fondation du royaume  est présentée dans les deux premiers paragraphes par la seule version C dite du British Museum (1807) de Kao Na (1964), qui nous raconte que le roi du Kampuchéa étant décédé et que faute de pouvoir trouver un successeur dans la famille royale,  tout le peuple a souhaité que le Prince U Thong, qui est le fils de Chodükserthi (précise-t-on), puisse devenir le roi et gouverner le royaume. La phrase suivante, il est déjà roi, il part au Sud avec ses troupes et sa population pour fuir une épidémie de variole (on précise « ils partirent de nuit »! ). Alors que son  ainé s’est installé provisoirement avec ses troupes à Suphanburi. (pourquoi ?). Le roi U Thong, après plusieurs jours de marche avec ses troupes, vit une large rivière et une île  apparemment saine. Il traversa la rivière avec ses troupes et s’installa sur l’île de Dong Sano.

RH 18 - LA FONDATION DU ROYAUME D’AYUTTHAYA (1351-1767) ?

Le deuxième paragraphe raconte la rencontre du roi avec un saint moine qui lui rappelle une prophétie qui lui confirme que cette région déserte deviendrait la royale cité d’Ayutthaya, qu’il était le grand souverain attendu et lui fit d’autres révélations qui confortaient U Thong dans son choix. Le moine s’envola pour veiller depuis la montagne au respect des «  Four Divine States of Mind ».

RH 18 - LA FONDATION DU ROYAUME D’AYUTTHAYA (1351-1767) ?

Les 7 versions dans les  14 lignes suivantes sont consacrées à évoquer brièvement divers actes royaux portant sur les chroniques à classer, sélectionner, assembler  en un seul lieu dans l'ordre chronologique ; l’édition d’une chronique royale, l’installation d’une statue de Bouddha;  mais surtout à préciser le signe zodiacal, l’année, le mois, le jour, la date, l’heure, de la fondation de la capitale Ayutthaya, décidé par les Brahmanes de la Cour (Ou par les chroniqueurs) ! :

RH 18 - LA FONDATION DU ROYAUME D’AYUTTHAYA (1351-1767) ?

 « En l’an 712, l’année du Tigre,  au sixième jour du premier croissant du cinquième mois, un vendredi, à trois nalika et neuf bat après le lever du soleil », soit  le vendredi 4 mars 1351, peu avant dix heures du matin. Pour une précision, c’est une précision ! (5)

RH 18 - LA FONDATION DU ROYAUME D’AYUTTHAYA (1351-1767) ?

D’autres auteurs et non des moindres (6), s’appuyant sur l’autorité prétendue d’autres annales  verront en U Thong, le  « fils d’un commerçant prospère, qui a pu épouser une princesse locale » (laquelle ?) : ou un gouverneur d’ U Thong qui s’est marié à une princesse de la maison de Suphan Buri ; ou le fils d'un richard appelé Xôdok, élu par le peuple cambodgien, qui épousa une princesse cambodgienne et devint le nouveau roi, nommé Phra-Chao-Uthong, qui régna sept ans à Inthapat- Nakon; ou le fondateur du royaume et de la dynastie de Chieng-Raï ; ou vint d’une dynastie qui aurait régné à Cha-Liang (Aurait été confirmé à Sir Bowring par le roi Mongkut), dont certains doutent même de l’existence (Cf. Aymonier ), etc …  

(Cf. Notre mise au point in 38. Les « Annales d’Ayutthaya », l’ « Arlésienne » ? (2))

RH 18 - LA FONDATION DU ROYAUME D’AYUTTHAYA (1351-1767) ?

L’éminent historien thaï Charnvit Kasetsiri, en 1992 dans un article du  très sérieux  “The journal of the Siam Society”, confirme les origines obscures et diverses  du Prince Uthong, le fondateur du royaume d’ Ayutthaya, en rappelant toutefois quelques origines possibles, comme celle provenant d’une maison royale de Chiangrai-Chiangsaen du Nord-Est ou d’une dynastie Mon-Khmer de Lopburi, ou d’une communauté chinoise du bassin central de la Menam, dont il était le fils du leader Choduksetthi. Bref, il n’en sait rien. (7)

RH 18 - LA FONDATION DU ROYAUME D’AYUTTHAYA (1351-1767) ?

Et même l’éminent historien spécialiste de la Thaïlande, B.J. Terwiel dans l’un de ses livres, nous donne les éléments qui le persuadent, qu’Ayutthaya existait bien avant 1351. (Cf. 8)

 

B.J.Terwiel :

RH 18 - LA FONDATION DU ROYAUME D’AYUTTHAYA (1351-1767) ?

Ainsi, nous ne pouvons que constater que la fondation du royaume d’Ayutthaya qui va, sur une période de 416 ans, voir se succéder 33  rois (plus un usurpateur et un roi birman), cinq dynasties, jusqu’à sa destruction par les Birmans en 1767, nous est inconnue.

 

RH 18 - LA FONDATION DU ROYAUME D’AYUTTHAYA (1351-1767) ?

Nous verrons dans l’article suivant que nous en savons également peu sur le roi Ramadhibodi 1er, son fondateur.

RH 18 - LA FONDATION DU ROYAUME D’AYUTTHAYA (1351-1767) ?

Notes et références.

 

  1. Cf. Notre catégorie : « Notre histoire de la Thaïlande » en 246 articles !
  2. Articles consacrés aux multiples versions de la fondation du royaume d’Ayutthaya :
  3.  

36. Notre Histoire. Introduction au royaume d’Ayutthaya (1351-1767).

http://www.alainbernardenthailande.com/article-36-introduction-au-royaume-d-ayutthaya-1351-1767-106338056.html

 

37.  Enquête sur la fondation du royaume d’Ayutthaya en 1351.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-37-enquete-sur-la-fondation-du-royaume-d-ayutthaya-en-1351-106685941.html 

38. Les « Annales d’Ayutthaya », l’ « Arlésienne » ?

 

http://www.alainbernardenthailande.com/article-38-les-annales-d-ayuthaya-l-arlesienne-106686080.html

RH 18 - LA FONDATION DU ROYAUME D’AYUTTHAYA (1351-1767) ?

39.  Les multiples versions de  la fondation du royaume d’Ayutthaya.

 

http://www.alainbernardenthailande.com/article-39-les-multiples-versions-de-la-fondation-du-royaume-d-ayutthaya-107076764.html

40. Et si Ayutthaya avait été fondée vers 1460 ?

 

http://www.alainbernardenthailande.com/article-40-et-si-ayutthya-avait-ete-fondee-vers-1460-107077118.html

 

  1. « The Royal Chronicles of Ayutthaya » : A Synoptic Translation, Cushman, Richard D. & Wyatt, David K. 8.2 x 11.4", 556 pp., Publié par la Siam Society; 1ère  édition,  Bangkok, 2000.

 

  1. 41. LA REFERENCE.  Les chroniques royales d’Ayutthaya de Richard D. Cushman. http://www.alainbernardenthailande.com/article-41-la-reference-les-chroniques-royales-d-ayutthaya-de-richard-cushman-107938358.html
  2.  

    42. Nous avons découvert la vraie  version thaïe de la fondation d’Ayutthaya.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-42-nous-avons-decouvert-la-vraie-version-thaie-de-la-fondation-d-ayutthaya-108092743.html

 

      (5) Nous verrons ultérieurement le pourquoi de cette « exactitude » nécessaire.

 

    (6) D’autres auteurs et non des moindres : Pallegoix, Sir Bowring, Pavie, B. Rochedragon,  Aymonier, Dovert, Xavier Galland, L., etc.

 

      (7) In « The journal of the Siam Society », Volume 80, Part 1, 1992. “AYUDHYA: CAPITAL-PORT OF SIAM AND ITS "CHINESE CONNECTION" IN THE FOURTEENTH AND FIFTEENTH CENTURIES CHARNVIT KASETSIRI DEPARTMENT OF HISTORY THAMMASAT UNIVERSITY”

http://www.siameseheritage.org/jsspdf/1991/JSS_080_1j_CharnvitKasetsiri_AyudhyaAndChineseConnection.pdf

 

     (8) pp. 13-14 in  « Thailand’s Political History », River books, 2011

RH 18 - LA FONDATION DU ROYAUME D’AYUTTHAYA (1351-1767) ?
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2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 18:05
RH 17- L’ART SCULPTURAL ET ARCHITECTURAL ET LES CÉRAMIQUES DE SUKHOTAI.

Cet article est la version remaniée et résumée de deux articles de « Notre histoire de la Thaïlande ». (Cf. liens)*

 

Nous avons vu que le roi Mongkut (Rama IV.1851-1868) avait créé l’Histoire nationale thaïe, pour faire face aux menaces bien réelles des deux puissances colonisatrices anglaise et française. Il attestait que le Siam était né avec la fondation du royaume de Sukhotai en 1238, un « grand » royaume thaï civilisé, avec un pouvoir royal reconnu, une religion, une écriture, un art spécifique … La dynastie Chakri « annexait » le royaume de Sukhotai et le « déclarait » le royaume fondateur du pays, « le berceau de la nation thaïe ».  

RH 17- L’ART SCULPTURAL ET ARCHITECTURAL ET LES CÉRAMIQUES DE SUKHOTAI.

Mais étonnamment l’ancienne capitale de Sukhotai avait été non seulement abandonnée deux siècles après son annexion par Ayutthaya en 1438, mais oubliée des Thaïs eux-mêmes. Elle sera redécouverte par deux explorateurs français, Louis-Lucien Fournereau (1890-1892)

RH 17- L’ART SCULPTURAL ET ARCHITECTURAL ET LES CÉRAMIQUES DE SUKHOTAI.

et le Commandant Lunet de la Jonquières en 1904,

RH 17- L’ART SCULPTURAL ET ARCHITECTURAL ET LES CÉRAMIQUES DE SUKHOTAI.
RH 17- L’ART SCULPTURAL ET ARCHITECTURAL ET LES CÉRAMIQUES DE SUKHOTAI.
RH 17- L’ART SCULPTURAL ET ARCHITECTURAL ET LES CÉRAMIQUES DE SUKHOTAI.

qui signalait alors que « le seul monument alors en place « à peu près tout ce qui mérite d’être visité est le Wat sisavai ».

RH 17- L’ART SCULPTURAL ET ARCHITECTURAL ET LES CÉRAMIQUES DE SUKHOTAI.

Et il faudra attendre les années 1960, pour que les autorités thaïes manifestent leur intérêt pour la restauration de leur ancienne capitale.

 

Pourquoi cet intérêt ?

 

A cette époque, les nouveaux Etats-Nations issus de la décolonisation procèdent à une collecte de leurs ressources culturelles, et à la « patrimonialisation » de leur culture pour fonder leur nouvelle identité nationale. En Thaïlande, ce nouvel intérêt s’expliquait par le sentiment que l’art, que la « restauration » des splendeurs d’antan ne pouvait être que bénéfique pour le pays, et renforcer l’idéologie nationaliste, la   « Thaïness », avec ses trois piliers (Une nation, un roi, la religion bouddhiste) mise en œuvre pour renforcer l’unité et l‘identité nationale, et aussi … pour le tourisme et ses devises. Et cela d’autant plus, que les plus grands spécialistes s’accordaient à démontrer l’originalité et la spécificité de l’Art de Sukhotaï.

 

RH 17- L’ART SCULPTURAL ET ARCHITECTURAL ET LES CÉRAMIQUES DE SUKHOTAI.

Alors que dire de l’ Art de Sukhotai ?

 

Nous avons présenté les différents peuplements successifs, Môns, Birmans, Laos, Khmers, Thaïs, leurs luttes, leurs rapports, leurs relations, leurs vassalisations, leurs annexions parfois. Ils ont tous eu une influence sur l’art de Sukhotai.


Ainsi, par exemple l’art Môn de la civilisation Dvaravati qui se développa du VIème au XIème siècle, eut une grande influence sur l’art de Sukhotai.

RH 17- L’ART SCULPTURAL ET ARCHITECTURAL ET LES CÉRAMIQUES DE SUKHOTAI.

Nous disions dans un article *** que « Les Môns étaient des artistes qui excellaient dans la sculpture de la pierre, le stuc et la terre cuite, et dans une moindre mesure, dans le travail du bronze. Leur style étaient essentiellement influencé par les styles Gupta et post-Gupta, qui étaient florissants en Inde centrale et de l'ouest du IVème siècle au VIIIème siècle. (…)

 

 

RH 17- L’ART SCULPTURAL ET ARCHITECTURAL ET LES CÉRAMIQUES DE SUKHOTAI.

... que « l’art de Dvâravatî est essentiellement tourné vers l’imagerie la plus représentative du bouddhisme dit du petit véhicule (theravâda). La figuration du Bouddha y est omniprésente quel que soit le matériau utilisé (bronze, terre cuite, stuc ou pierre),

RH 17- L’ART SCULPTURAL ET ARCHITECTURAL ET LES CÉRAMIQUES DE SUKHOTAI.

et de rares objets usuels ou religieux (monnaie, plaquettes votives, éléments de dépôt de fondation…), « Que l’iconographie s’inspire essentiellement du modèle indien (religions, langues, conceptions de la royauté…) avec de rares œuvres qui peuvent être rattachées au bouddhisme du grand véhicule (mahāyāna) et l’hindouisme lui-même. »

 

RH 17- L’ART SCULPTURAL ET ARCHITECTURAL ET LES CÉRAMIQUES DE SUKHOTAI.

On signalait l’originalité de l’iconographie mône avec cette nouvelle image du Bouddha représentée debout en position d’argumentation ou assis à l'européenne, les pieds posés sur un socle en forme de lotus. Traits accusés, visage large et carré, arcades sourcilières galbées, nez aplati, lèvres épaisses. Les yeux sont dirigés vers le bas, un regard bienveillant pour le fidèle qui prie à ses pieds.

RH 17- L’ART SCULPTURAL ET ARCHITECTURAL ET LES CÉRAMIQUES DE SUKHOTAI.

L'art khmer du VIIème siècle au XIIIème siècle, a eu aussi une influence, si on en juge par les nombreuses implantations des temples khmers en Isan ****, et les fameux temples du Wat Mahathat et du Wat Si Sawai à Sukhothai.*****

 

Le Wat Mahathat situé dans le centre de Sukhothai, est le principal temple de la cité. Il comprend plus de deux cents chedis. Le plus important d'entre eux, en forme de bouton de lotus, est entouré de huit autres chedis.

RH 17- L’ART SCULPTURAL ET ARCHITECTURAL ET LES CÉRAMIQUES DE SUKHOTAI.

Le Wat Si Sawai situé au sud-ouest de Wat Maha That Il se présente avec ses trois prangs (Pagode de style Khmer) entourés par un mur de latérite.

RH 17- L’ART SCULPTURAL ET ARCHITECTURAL ET LES CÉRAMIQUES DE SUKHOTAI.

A l'intérieur des murs, le viahara à l'ouest, est composé de latérite, et est séparé du prang principal qui fut édifié dans le style de Lop Buri ou le style hindou. Une trace de sculpture hindoue Sayomphu a été trouvée ici, témoignant de l'origine hindou authentique du temple, plus tard converti en un monastère bouddhiste. (D’après wikipédia)

 

RH 17- L’ART SCULPTURAL ET ARCHITECTURAL ET LES CÉRAMIQUES DE SUKHOTAI.

C’est donc au tournant du XIIIe et du XIVème siècle que se forme un premier art proprement thaï, qui affirme son originalité tout en absorbant et combinant subtilement des influences esthétiques très diverses.

 

Véronique Crombé, Du peuple thai aux Thailandais, dans une conférence au Musée Guimet, relevait que Sukhothaï, comportait un savant mélange d’urbanisme khmer et de concepts proprement thaïs, et que les effigies de Bouddha qui se sont imposées dans le royaume « sont immédiatement identifiables : le corps est mince et délié ; les membres d’une grande souplesse sont tout en courbes ; le visage présente un ovale parfait aux sourcils arqués, fondus à la naissance du nez légèrement busqué. Tous ces traits visent à traduire l’exceptionnelle spiritualité de l’Être Éveillé. L’autre innovation de cette période serait celle du Bouddha marchant, représenté auparavant uniquement dans les bas–reliefs.

 

 

RH 17- L’ART SCULPTURAL ET ARCHITECTURAL ET LES CÉRAMIQUES DE SUKHOTAI.

De même l’éminent Jean Boisselier reconnait le caractère original de l’architecture religieuse et de la statuaire de Sukhotai. « C'est à Sukhothai (Siam) et à Si Sacchanalai, capitales « jumelles » distantes de 55 kilomètres, que s'est élaborée l'architecture religieuse du royaume de Sukhothai. Profondément originale, adaptant les formules les plus diverses, elle devait, comme la statuaire, survivre durant quelque deux siècles à l'annexion de la contrée par Ayuthya (1438) » (In Universalis).

 

RH 17- L’ART SCULPTURAL ET ARCHITECTURAL ET LES CÉRAMIQUES DE SUKHOTAI.

Le rapport Cosimus, écrit en novembre 1991 pour l’UNESCO en vue du classement des trois anciennes villes historiques, à savoir Sukhotai, Si Satchanalai, Khamphena Pet, au patrimoine mondial de l’UNESCO confirme néanmoins l’intégration de multiples influences mais aussi la « création » du style de Sukhotai :

RH 17- L’ART SCULPTURAL ET ARCHITECTURAL ET LES CÉRAMIQUES DE SUKHOTAI.

« La grande civilisation qui se développa dans le royaume de Sukhothai est tributaire a de (sic) nombreuses influences et aux anciennes traditions locales, mais I’assimilation rapide de tous ces éléments forgèrent, en un temps record, ce que l’on appelle le “style Sukhothai”. »

RH 17- L’ART SCULPTURAL ET ARCHITECTURAL ET LES CÉRAMIQUES DE SUKHOTAI.

Vous pourrez le constater par vous-même. « La ville historique de Sukhothai se trouve a une dizaine de kilomètres de I’agglomération moderne et garde une bonne partie de ses fortifications. On dénombre parmi les monuments principaux : le monastère (wat) Mahathat (avec son temple royal et son cimetière), le wat Sra Si (avec ses deux stupas dont les silhouettes gracieuses se reflètent dans I’eau du plus grand réservoir de la ville) et même un impressionnant prang (tour reliquaire typique de I’art d’Ayuthaya) un peu plus tardif. Le site fait I’objet de fouilles et d’études depuis le milieu du siècle dernier. Un projet de campagne internationale a été adopté par I’UNESCO (1977) et une superficie de 70 km2 a été déclarée Parc historique (1988).

 

RH 17- L’ART SCULPTURAL ET ARCHITECTURAL ET LES CÉRAMIQUES DE SUKHOTAI.

La ville historique de Si Satchanalai est séparée de la ville moderne par la rivière Yom. Parmi les 140 constructions du site se remarque le monastère Chedi Chet Thao (temple à sept pointes) qui impressionne par les sept rangées de stupas élancés, érigés pour enfermer les cendres des gouverneurs de la ville. Le site est, depuis 1983, classé Parc historique (45 km2).

 

 

RH 17- L’ART SCULPTURAL ET ARCHITECTURAL ET LES CÉRAMIQUES DE SUKHOTAI.

La ville était célèbre pour sa production de céramiques. (Nous y reviendrons)

 

Four à céramique, photographie de Lucien Fournereau :

RH 17- L’ART SCULPTURAL ET ARCHITECTURAL ET LES CÉRAMIQUES DE SUKHOTAI.

La ville historique de Kampheng Pet (“mur de diamant”) a eu surtout un rôle militaire et, même après la chute du royaume de Sukhothai garda son importance stratégique. De ce fait, ses monuments se rattachent autant au style Sukhothai qu’Ayuthaya. Le site fut classé Parc historique en 1980 (3,38 km2). »

RH 17- L’ART SCULPTURAL ET ARCHITECTURAL ET LES CÉRAMIQUES DE SUKHOTAI.

Le musée national de Bangkok, permet aussi d’apprécier et/ou imaginer l’architecture sacrée, la statuaire bouddhiste, les céramiques de ce premier royaume thaï indépendant. L’office du tourisme thaïlandais vous recommande aussi le musée National de Ramkhmahaeng, offrant « une exceptionnelle initiation aux arts et artisanat de Sukhothaï et de ses cités vassales ». (http://www.tourismethaifr.com/decouvrir-les-regions/decouvrir_les_regions.tpl?region=6)

 

 

Mais l’Art de Sukhotai ne se limite pas à l’architecture sacrée, à la représentation particulière de bouddha. Du 14ème au 16ème Sukhotai fut aussi après la Chine le plus gros producteur et exportateur de céramiques.

 

Selon la « tradition », l’art de la céramique céladon aurait été introduit dans le royaume de Siam à la fin du 13ème siècle par 300 potiers chinois que le roi Ramkhamhaeng aurait ramenés de son voyage en Chine. Les érudits semblent confirmer cette tradition.

 

RH 17- L’ART SCULPTURAL ET ARCHITECTURAL ET LES CÉRAMIQUES DE SUKHOTAI.

Mais il faudra attendre la fin du XIXème siècle pour redécouvrir les céramiques de Sukhotai, de Sawankhalok et de Sri Sachanalai, en sachant qu’elles sont aussi appelées « céramiques Sangkhalok » ou « céramiques Sawankhalok ». On retrouvera au XXème siècle des fours anciens près de l’ancienne ville de Sukhothai, mais le plus gros et le meilleur de la production était situé à quelques kilomètres de Si Satchanalaï, sur les sites de Ban Pa Yang et de Ban Ko Noï, où l’argile était d’une qualité supérieure. 

RH 17- L’ART SCULPTURAL ET ARCHITECTURAL ET LES CÉRAMIQUES DE SUKHOTAI.

Les épaves de navires marchands retrouvées récemment dans le Golfe de Thaïlande montrent que le premier royaume siamois exportait des poteries vers la Malaisie, les Philippines, l'Indonésie et le Japon, et qu’elles étaient décorées par de magnifiques décors architecturaux en terre cuite, comme les chôfas de temples représentant des nagas. Les céramiques étaient aussi célèbres pour leurs motifs peints en noir sous couverte blanc crème et celles à couverte céladon rappelaient les techniques des artisans chinois de l’époque Song.

RH 17- L’ART SCULPTURAL ET ARCHITECTURAL ET LES CÉRAMIQUES DE SUKHOTAI.

49 vestiges fours de potier ont été restaurés à Sukhotaï (près de la douve Mae Chon). A quelques kilomètres de Si Satchanalaï, vous pourrez visiter un premier site au village de Pa Yang (20 emplacements de fours de potiers) et le très important site de Ban Ko Noy un peu plus au nord où ont été retrouvés 150 fours au bord de la rivière Yom, et/ou encore aller au Musée national Ramakhaheang à Sukhotaï qui comporte une somptueuse collection de ces céramiques des XIIIème et XIVème siècle.

 

 

RH 17- L’ART SCULPTURAL ET ARCHITECTURAL ET LES CÉRAMIQUES DE SUKHOTAI.

Bref. Si, comme nous l’avons vu, les sources pour écrire l’histoire du royaume de Sukhotai sont minces, nous pouvons aujourd’hui admirer de nombreux temples, une statuaire spécifique, et des céramiques qui témoignent de l’originalité et de la spécificité de l’Art de Sukhotaï. En 1991, l’UNESCO inscrira l’ancienne capitale au patrimoine mondial de l’humanité.

RH 17- L’ART SCULPTURAL ET ARCHITECTURAL ET LES CÉRAMIQUES DE SUKHOTAI.
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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 18:01
RH 16 - DE LA FIN DU ROI LITHAI (1368 ?) A L’ANNEXION DU ROYAUME DE SUKHOTAI EN 1438.

Nos articles précédents, faute de sources historiques, ont tenté vainement de retracer l’histoire des six premiers rois du royaume de Sukhotai de 1238 à 1368 (ou 1374)*. Nous n’avons pu évoquer que des fables, des légendes, des annales fantaisistes, quelques stèles trouvées après la disparition du royaume (Une quinzaine), dont la célèbre stèle controversée de Ramkhamhaeng de 1292 trouvée par le Prince Mongkut (Le futur Rama IV) en 1833.

RH 16 - DE LA FIN DU ROI LITHAI (1368 ?) A L’ANNEXION DU ROYAUME DE SUKHOTAI EN 1438.

Les spécialistes eux-mêmes comme Mgr Pallegoix, Coedès, Aymonier, Pavie, Schmitt, Fournereau, Barth, Lunet de la Jonquières, etc, reconnaissaient ne proposer que des interprétations, des hypothèses, des reconstitutions, qui s’avéraient parfois contradictoires et surtout ne donnaient aucun  événement « historique ». ** Même le Prince Subhadradis Diskul (1923-2003) ... 

RH 16 - DE LA FIN DU ROI LITHAI (1368 ?) A L’ANNEXION DU ROYAUME DE SUKHOTAI EN 1438.

... l’un des plus prestigieux historiens/archéologues thaïs, - nous l’avons déjà dit - exprimait encore en 1979 ses doutes en présentant le royaume de Sukhotaï « on pense que neuf rois régnèrent successivement à Sukhothai, de 1240 (sic) à 1438 environ. » et ne donnait même pas le nom des trois rois qui vont succéder au roi Lithai. « Depuis lors, bien qu'il y eût trois autres descendants de la dynastie régnante, la cité de Sukhothai perdit sa prééminence au profit de Phitsanulok, ou Kampaengpet, au Sud. Le dernier héritier du trône s'éteignit en 1438, date à laquelle le royaume fut annexé à l'empire d'Ayuthya. »***

 

RH 16 - DE LA FIN DU ROI LITHAI (1368 ?) A L’ANNEXION DU ROYAUME DE SUKHOTAI EN 1438.

D’ailleurs notre article consacré au roi Lithai (1347-1368 ou 1374), pourtant considéré comme un grand roi de l’Histoire officielle thaïe, ne relatait aucun événement historique le concernant, si ce n’est l’avènement  en 1351 d’un nouveau royaume thaï, le royaume d’Ayutthaya qui allait bouleverser la géopolitique de la Région et les relations avec les trois derniers descendants du royaume de Sukhotai, à savoir Leuthai (Thammaracha II) (1368-1399) (fils de Lithai), Saileuthai (Thammaracha III) (1400-1419) (fils de Leuthai) et Borommapan (Thammaracha IV) (1419-1438) (fils de Saileuthai). (Nota. Rappelons que les dates données ici sont sujet à controverses)

RH 16 - DE LA FIN DU ROI LITHAI (1368 ?) A L’ANNEXION DU ROYAUME DE SUKHOTAI EN 1438.

De fait, l’histoire officielle de Sukhotai, après la fondation du royaume d’Ayutthaya en 1351 parait être l’histoire de leurs rivalités, de leurs guerres, avec en 1378 la défaite du roi de Sukhotai, Phra Maha Thammaracha II (1368-1399) par le roi d’Ayutthaya Boromorachathirat 1er, qui aura comme conséquence la vassalisation de son royaume et son annexion en 1438, à la mort du dernier roi de Sukhotai,  Borommapan (Thammaracha IV) (1419-1438), et son intégration au royaume d’Ayutthaya en 1448 lorsque Ramesuan  redevient le roi Ramesuan II. 

RH 16 - DE LA FIN DU ROI LITHAI (1368 ?) A L’ANNEXION DU ROYAUME DE SUKHOTAI EN 1438.

Les sources sont minces et se trouvent  essentiellement dans les annales du Lanna et « The Royal Chronicles of Ayutthaya » de Richard D. Cushman. ( En sachant que son chapitre 1 évoque en 23 pages, 15 rois sur une période de 197 ans (1351-1548),  dont 9 pages de légendes. C’est dire le peu.)

RH 16 - DE LA FIN DU ROI LITHAI (1368 ?) A L’ANNEXION DU ROYAUME DE SUKHOTAI EN 1438.

D’ailleurs le fondateur du royaume d’Ayutthaya, le roi Ramathibodi I (U Thong) (1351-1369) semble délaisser Sukhotai pour  mener une politique d’expansion vers le Cambodge. Il prend Angkor en 1353 et l’occupera jusqu’en 1357 en plaçant au pouvoir, ses fils Chau Bassat (1353-1354), et  Chau Kampang Pisey (1355-1357).

RH 16 - DE LA FIN DU ROI LITHAI (1368 ?) A L’ANNEXION DU ROYAUME DE SUKHOTAI EN 1438.

Que disent les Chroniques royales ?

 

Le roi Ramesuan (1369-1370), qui avait été nommé par son père Ramathibodi 1er au trône de Lopburi, lui succède donc à Ayutthaya en 1369. Mais son oncle, qui était « roi » de Suphanburi, lui « confisque » le pouvoir en 1370, sous le nom de Boromracha I (1370-1388). Toutefois Ramesuan put retourner à son ancienne principauté de Lopburi.

RH 16 - DE LA FIN DU ROI LITHAI (1368 ?) A L’ANNEXION DU ROYAUME DE SUKHOTAI EN 1438.

Le roi Boromracha 1er  est un conquérant et veut s’emparer de toutes  les cités du Nord. On cite ses combats en 1373 et 1374 contre Nakhon Phankha et Chakangrao (Kamphaeng Phet) ; la prise de Phitsalunok en 1376 ; une nouvelle attaque en 1377 contre Chakangrao, où beaucoup de dignitaires  furent capturés et « emmenés » à la capitale. Mais Chakangrao se rebelle encore en 1379 (sic), mais à cette occasion le Phra Maha Thammaracha de Phitsalunok s’allie à cette cité, mais doit se rendre à l’évidence et constater qu’il n’est pas capable de s’opposer à l’armée royale d’Ayutthaya. Il se voit contraint de reconnaître sa vassalité.

RH 16 - DE LA FIN DU ROI LITHAI (1368 ?) A L’ANNEXION DU ROYAUME DE SUKHOTAI EN 1438.

On peut remarquer que Phra Maha Thammaracha est dit de Phitsalunok et n’est pas présenté comme le roi de Sukhotai ; que le principal rival est le « chef » de la cité de Chakangrao ((Kamphaeng Phet).  On peut donc avancer l’hypothèse que le royaume de Sukhotai n’existe pas en tant que tel  à cette époque. Il n’est pas un Territoire en ses frontières. Il n’est qu’un ensemble de muang (cités-Etat), plus ou moins importants, ayant fait allégeance et/ou vassalité au muang principal et entretenant des relations (militaires, économiques, d’entre-aide, etc.) entre eux. 

 

Les chroniques royales prétendent ensuite,  qu’en 1381, le roi prend Chiang Mai et attaque Nakhon Lampang sans succès, mais que son chef répond favorablement  à un message du roi  pour reconnaître sa vassalité. La royale armée retourna  alors à la capitale.

RH 16 - DE LA FIN DU ROI LITHAI (1368 ?) A L’ANNEXION DU ROYAUME DE SUKHOTAI EN 1438.

A la mort de Boromracha I, en 1388, son fils Thong Lan monte sur le trône (à l’âge de15 ans) et règne 7 jours. Ramesuan venu de Lopburi vient l’arrêter et le fait exécuter au monastère du Khok Phrya.  Il redevient le roi d’Ayutthaya (1388-1395). Les Chroniques lui consacrent une page et demie, où Sukhotai n’apparait pas. Il va régner 7 ans de 1388 à 1395 et comme son fils Ramaracha (1395-1406) seront plus intéressés par la  prise du Cambodge.

RH 16 - DE LA FIN DU ROI LITHAI (1368 ?) A L’ANNEXION DU ROYAUME DE SUKHOTAI EN 1438.

En 1419 le roi de Sukhotai Maha Thammaracha III meurt, et comme souvent, un conflit éclate pour sa succession entre ses deux fils Phaya Ram et Phaya Ban. Il sera arbitré par le roi d’Ayutthaya, Intharacha Ier (Nakarinthara Thirat) (1409-1424) qui divisera les zones d’influence du royaume en deux et en assurera la suzeraineté. Phraya Ram sera installé à Sukhotai et  Phaya Ban Muang à Phitsalunok deviendra le  nouveau roi Thammaracha IV (1419-1436).

 

 

RH 16 - DE LA FIN DU ROI LITHAI (1368 ?) A L’ANNEXION DU ROYAUME DE SUKHOTAI EN 1438.

Le roi d’Ayutthaya Intharacha 1er s’empare ensuite de la ville de Chaynat où il met son fils Chao Sam Phraya comme gouverneur. Chao Sam Phraya épouse une sœur du nouveau roi du « royaume » de Sukhotai,  Maha Thammaracha IV.  Ils auront un fils, Ramesuan.

 

RH 16 - DE LA FIN DU ROI LITHAI (1368 ?) A L’ANNEXION DU ROYAUME DE SUKHOTAI EN 1438.

La mort d’Intharacha 1er en 1424 va provoquer une curieuse succession. Ses deux fils aînés (Paya Ram et Paya Banmeung) en lutte pour le trône  vont s’affronter en duel à éléphants et meurent tous les deux, laissant leur frère cadet  Chao Sam Phraya, alors gouverneur de Chaynat, devenir le nouveau roi d’Ayutthaya sous le nom de Boromma Ratchathirat II (Ou Borommaracha II ou Boromorachathirat II) (1424-1448).

RH 16 - DE LA FIN DU ROI LITHAI (1368 ?) A L’ANNEXION DU ROYAUME DE SUKHOTAI EN 1438.

Maha Thammaracha IV meurt en 1438 à Phitsalunok. Boromorachathirat II envoie donc son fils Ramesuan faire valoir ses droits au trône de Sukhotai, et lui succéder comme gouverneur de Phitsalunok, avec la dignité de Phra Maha Uparat (soit l’héritier du royaume d’ Ayutthaya). C’est la fin de l’indépendance du « royaume » de Sukhotai.

 

(Le frère cadet Phraya Ram de  Maha Thammaracha IV, installé à Sukhotai ne réagira pas)

 

En 1448, Boromorachathirat II meurt. Son fils Ramesuan, alors gouverneur de Phitsalunok, et héritier désigné du royaume d’Ayutthaya (l’uparat),  lui succède, sous le nom de Ramesuan II (Boromma Trailokanat) (1448-1488). Le royaume de Sukhotai n’est plus.

RH 16 - DE LA FIN DU ROI LITHAI (1368 ?) A L’ANNEXION DU ROYAUME DE SUKHOTAI EN 1438.

Il faut avouer – comme prévu - que nous n’avions pas appris grand-chose sur les trois derniers descendants du royaume de Sukhotai, à savoir Leuthai (Thammaracha II) (1368-1399), Saileuthai (Thammaracha III) (1400-1419) et Borommapan (Thammaracha IV) (1419-1438). Pire, nous avions constaté que la notion même de royaume n’était pas pertinente et que les Annales évoquent essentiellement les cités de Phitsalunok et de Kampaengpet, oubliant la capitale Sukhothai.

 

D’ailleurs celle-ci sera abandonnée à la fin du XVème siècle après son annexion par Ayutthaya, et oubliée par les Thaïs eux-mêmes. Elle sera redécouverte par deux explorateurs français, Louis-Lucien Fournereau en 1890-1892 et le Commandant Lunet de la Jonquières en 1904. ******

 

Sukhotai : Photographie de Lucien Fournereau  prise en 1891 :

RH 16 - DE LA FIN DU ROI LITHAI (1368 ?) A L’ANNEXION DU ROYAUME DE SUKHOTAI EN 1438.

Il faudra attendre les années 1960, pour que les autorités thaïes manifestent leur intérêt pour la préservation de leur ancienne capitale ; que l’on multiplie les études pour montrer l’originalité et la spécificité de l’Art sculptural et architectural de Sukhotaï, que des nouvelles fouilles apportent de nouvelles preuves  de la formidable production de céramiques qui a eu lieu du 14ème au 16ème siècle, la plaçant  après la Chine; et les années 80 pour que commence un vaste programme de restauration de l’ancienne capitale sous l’égide de l’UNESCO ; 1991, pour qu’elle soit inscrite au patrimoine mondial de l’humanité.

 

RH 16 - DE LA FIN DU ROI LITHAI (1368 ?) A L’ANNEXION DU ROYAUME DE SUKHOTAI EN 1438.

Mais auparavant, le roi Mongkut (1851-1868) (et ses successeurs) avait décidé que la fondation du royaume de Sukhotai en 1238 serait considérée  comme le début de la Nation siamoise, le berceau de la civilisation thaïe.

 

Le prince Diskul, en 1979***, ne dira pas autre chose :

 

« En se révoltant contre leurs souverains Khmers et en proclamant le premier royaume indépendant thai de Sukhothai au 13e siècle, les deux chefs thais,  Pha Muang et Bang Khang Thao, ne jetèrent pas seulement les fondations de la Thaïlande actuelle, ils ouvrirent aussi la voie à l'épanouissement de l'art sculptural et architectural thai, dont l'influence se prolongea bien après que le royaume qu'ils avaient fondé fut tombé dans l'oubli ».

 

 

 

RH 16 - DE LA FIN DU ROI LITHAI (1368 ?) A L’ANNEXION DU ROYAUME DE SUKHOTAI EN 1438.

* A savoir : Sri Indrahit (Pho Khun Bang Klang Hao) (1238-1279), le  fondateur du Royaume ;  Ban Muang (1279-1279) (fils de Sri Indrahit) ; Ramkhamhaeng, le Grand (1279-1298) (frère de Ban Muang) Loethai (1298-1323) (fils de Ramkhamhaeng), (Après une brève régence de Phu Saisongkhram, dûe à l’absence de Loethai, alors en mission en Chine) :  Nguanamthom (Coup d’Etat en 1347 ?) (cousin de  Loethai et fils de Ban Muang) ;  Lithai (Thammaracha I (1347-1368) ( cousin de Nguanamthom,  Fils de Loethai).

 

** ce que disait déjà notre introduction au royaume de Sukhotai (1238-1438) (RH 7)

Voir aussi 23. Notre Histoire : Les sources du Siam ancien ?

http://www.alainbernardenthailande.com/article-23-notre-histoire-les-sources-du-siam-ancien-102401104.html

 

*** in Le Courrier de l’UNESCO de juin 1979. Cf. « Le Royaume de Sukhothaï (1238-1438) vu par le Prince Subhadradis Diskul. »

http://www.alainbernardenthailande.com/article-21-le-royaume-de-sukkhotai-1238-1438-vu-par-le-prince-diskul-102117551.html

 

 

RH 16 - DE LA FIN DU ROI LITHAI (1368 ?) A L’ANNEXION DU ROYAUME DE SUKHOTAI EN 1438.

****31.  Notre Histoire : La fin de Sukhotai en 1438.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-31-la-fin-de-sukhotai-en-1438-104504624.html

 

*****Cf. La présentation, in notre article 41. LA REFERENCE.  « Les chroniques royales d’Ayutthaya » de Richard D. Cushman.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-41-la-reference-les-chroniques-royales-d-ayutthaya-de-richard-cushman-107938358.html

On peut ajouter un article de Gilles Delouche, L’Incorporation du royaume de Sukhotai au royaume d’Ayudhya par le roi PhraBoromotraylokanat (1448/1488), présentant les étapes de l’annexion de Sukhotai par le royaume d’Ayutthaya.

 

*****32. Notre Histoire. La redécouverte de Sukhotai à la fin du XIX ème siècle. http://www.alainbernardenthailande.com/article-32-la-redecouverte-de-sukhotai-a-la-fin-du-xix-eme-siecle-104664052.html

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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 18:01
RH 15 – LE ROI LITHAI DE SUKHOTAI (1347-1368 OU 1374).

Pho Khun Lithaï ou Phaya Luethai ou Lüthai ou Thammaracha 1er (ลิไทย ou ธรรมราชาที่ ๑).

 

Il est le sixième roi de la dynastie Phra Ruang (พรพเรือง) fondée à Sukhotai en 1238, en sachant que Phu Saisongkran en 1317 à la mort du roi Ramkhamhaeng, a – dit-on - assuré l’intérim ou la régence  du roi Lothai en mission en Chine. A la mort du roi Lothai en 1347, Pho Kun (ou  Phaya) Nguanamthom est nommé roi. Cette même année, le roi Lithai lui succède (Fils de Loethai et donc petit fils de Ramkhamhaeng). Mais cette chronologie peut être contestée, dans la mesure où – nous l’avons vu dans l’article précédent -  les dates de prise de pouvoir et de décès sont variables selon les sources. Ainsi certaines par exemple, font régner Nguanamthom (Cousin de Loethai et fils de Ban Muang) de 1323 à 1347. C’est dire les confusions possibles. La tradition populaire ne s’embarrasse pas des incertitudes et préfère voir Lithai comme le 4ème roi du royaume de Sukhothai, en éliminant ce qui apparait plutôt comme des successions difficiles.

RH 15 – LE ROI LITHAI DE SUKHOTAI (1347-1368 OU 1374).

Toutefois, nous avançons l’hypothèse qu’à la mort du roi Lothai en 1347, Phaya Nguanamthom profita ou encouragea des troubles pour se nommer roi. Le fils de Lothai, Lithai, alors uparat, (second roi) à Srisatchanalai, un important centre urbain près de Sukhotai, l’attaqua pour reprendre le pouvoir qui lui revenait de droit.  (Uparat : second roi ou vice-roi. Rama V supprimera ce titre et cette fonction en 1876). Une hypothèse avancée aussi par Coedès : « En 1347, il (Lithai) se rendit à Sukhothai, où des troubles semblent avoir éclaté, sans doute à la mort de son père. Il s'empara de la ville et s'y fit sacrer roi avec le titre Çrî Sûryavamça Râma Mahâdharmarâjâdhirâja. » *
 

RH 15 – LE ROI LITHAI DE SUKHOTAI (1347-1368 OU 1374).

Lithai.

 

(Principales sources in notre article « 30. Le déclin de Sukhotai au temps du règne de Lithai. »**


Le Prince Diskul, un historien thaï éminent le présente ainsi :

RH 15 – LE ROI LITHAI DE SUKHOTAI (1347-1368 OU 1374).

Le petit-fils de Ram Kamhaeng, Lithai, qui régna de 1347 à 1368 environ, réunifia de nouveau le royaume sans toutefois lui garantir les limites antérieures. Adepte zélé du bouddhisme Theravada (issu de la secte Shri Lanka), il est le premier souverain thaï à avoir vécu comme un moine pendant une partie de sa vie. Il combattit le puissant royaume d'Ayudhya qui s'était implanté au sud depuis 1350. ***

 

Nous avons là un portrait flatteur qui voit en Lithai, un grand roi, un guerrier conquérant, résistant au nouveau royaume d’Ayutthaya, et pieux (a vécu longtemps comme un moine).


 

RH 15 – LE ROI LITHAI DE SUKHOTAI (1347-1368 OU 1374).

Nous avions déjà vu que Coedès, parmi les 15 inscriptions retrouvées pour le royaume de Sukhotai qui s’échelonnent chronologiquement entre 1292 et 1530, avait traduit trois d’entre elles qui concernaient le roi Lithai et qui avaient aussi  pour fonction d’exalter ses mérites, ses qualités, son immense savoir, sa grande piété :  

 

« La 1ère stèle évoque le roi Lidaiyaraja (Loethai), petit-fils de Sri Ramaraja. Elle a pour fonction de montrer combien il est un grand roi, un grand scientifique, vertueux, etc. Elle a aussi pour objet de commémorer la venue à Sukhodaya en 1361 d’un moine de Ceylan et l’ordination du roi au monastère du bois du Manguier. La stèle 2 concerne également le roi Loethai avec son accès au trône du royaume de Sukhodaya (Généalogie, réception, son titre) ; Ses qualités (religieuses, morales, sa générosité) ; et encore la venue et le séjour d’un moine, d’un Mahasami  Sangharaja,  en 1283, après 22 ans de règne du roi, provenant de Lanka dans le temple du bois des Manguiers durant lequel le roi sera ordonné avec faste. (Observez les dates !) La stèle 3 exalte encore les mérites du roi Loethai (Lideyya ou Lidayya) ; son immense savoir (La grammaire, la nature de Tipitaka), son ordination au saint bois des Manguiers avec tremblement de terre et autres prodigues » (In, Notre article RH 9- « De la difficulté d’écrire  l’histoire du royaume de Sukhotai »).

RH 15 – LE ROI LITHAI DE SUKHOTAI (1347-1368 OU 1374).

Coedès estime aussi que « Ce prince était un lettré qui composa en 1345 un gros traité de cosmologie bouddhique, le Traibhûmikathâ, qui nous est parvenu sous le nom de Traiphum Phra Ruang (ไตรภูมิพระร่วง) dans sa rédaction siamoise ancienne à peine altérée, et dont les versions modernes constituent encore actuellement le fond des connaissances populaires au Siam et au Cambodge. » (Toutefois certains chercheurs ont émis des doutes quant à l'authenticité du Tribhumikathà (les Trois Mondes), écrit par Lithai. Ces chercheurs avancent l'hypothèse que ce traité cosmologique sur l'éthique du souverain bouddhiste (utilisé comme charte politique bouddhique) a été écrit à la fin du XVIIIème siècle, durant le règne de Rama I (1782-1809) afin d'aider à soutenir une monarchie thaïe dévastée par le sac birman d'Ayutthaya. Durant la période moderne, on peut noter que le Tribhumikathà (les Trois Mondes) fut utilisé par les groupes conservateurs néo-traditionnels pour renforcer le pouvoir des élites thaïes. ». (In Article de Guy David)****

 

RH 15 – LE ROI LITHAI DE SUKHOTAI (1347-1368 OU 1374).

Finot, dans sa note de lecture de « Coedès, Recueil des inscriptions du Siam. Première partie. Inscriptions de Sukhodaya » n’est pas plus prolixe :

 

« Celui-ci (Thammaracha I), d’abord vice-roi de Sajjanalaya monta sur le trône de Sukhodaya à la mort de son père (1347) ; il est l’auteur du Traiphum, traité de cosmologie bouddhiste. Il régnait encore en 1362. Après la fondation d’Ayudhya (1350), Sukhodaya commença à décliner et les rois suivants tombèrent peu à peu au rang de gouverneurs de province. Le dernier est nommé dans une inscription de 1500 A. D. »                                                          

RH 15 – LE ROI LITHAI DE SUKHOTAI (1347-1368 OU 1374).

Mais vous aurez beau chercher, vous ne trouverez pas  comment le roi Lithai a réunifié le royaume,  même « sans toutefois lui garantir les limites antérieures ». Vous ne trouverez ni le récit, ni la référence d’une quelconque  bataille.

 

De plus émerge en 1351 un nouveau royaume thaï, le royaume d’Ayutthaya, qui va bouleverser la géopolitique de la Région.

 

Il est difficile de croire à un roi Lithai conquérant quand le nouveau royaume d’Ayutthaya peut déjà en 1353 prendre Angkor et l’occuper jusqu’en 1357 avec les fils de Ramathobi 1er, Chau Bassat (1353-1354), et  Chau Kampang Pisey (1355-1357).

 

Mgr Pallegoix, dans sa Description du royaume de Siam (1854), citant  les Annales, confirme que dès son arrivée au pouvoir, le nouveau roi fondateur d’Ayutthaya  Ramathibodi Ier même une politique d’expansion, et de citer  «la liste des 16 États qui étaient alors sous sa domination :

 

Malaka,  Xava,  Tanaosi (Ténassérin), Nakhon Si-thamarât (Ligor), Thavai, Mo Ta Ma (Martaban), Mo-Lamlong (Molmein), Song-Kla,Chantabun, Phisalunok, Sukhotai, Phixai, Savankha-Lok, Phichit, Khampheng-phet, NakhonSawan ; ».

 

RH 15 – LE ROI LITHAI DE SUKHOTAI (1347-1368 OU 1374).

Certes on peut douter de ces annales qui attribuent au fondateur d’Ayutthaya le royaume de Sukhotai, quand on sait que ce royaume  ne sera défait qu’en 1378 par le roi d’Ayutthaya Boromorachathirat 1er, défaite qui imposera au roi Phra Maha Thammaracha II (1368-1399), de reconnaitre la suzeraineté d’Ayutthaya. Le royaume de Sukhotai sera alors divisé en deux : Phra Maha Thammaracha gardera Sukhotai comme capitale et un gouverneur de la dynastie de Sukhotai sera installé à Khamphaengphet.                                     

RH 15 – LE ROI LITHAI DE SUKHOTAI (1347-1368 OU 1374).

Alors une question se pose : à quoi et à qui peut-on attribuer le prestige du roi Lithai, que l’on  connait si  peu  historiquement parlant ?

 

La réponse est à trouver dans les nombreuses légendes dont bénéficient ce roi et essentiellement dans la volonté du roi Mongkut de fonder l’histoire officielle du royaume de Siam face aux puissances occidentales et aux colonisateurs anglais et français qui menacent ses frontières.

Le roi Lithai a donc profité d’un statut particulier dans l’Histoire de la Thaïlande, que l’on peut attribuer aux nombreuses légendes dont il est le héros. Ainsi par exemple :

 

La Statue du Dieu Indra

 

La légende raconte que le souverain Li Thai, désireux d’acquérir ce qui serait le plus beau Bouddha du royaume du Siam, commanda trois statues à ses trois meilleurs sculpteurs : l’un originaire de Chiang Saen, l’autre de Sukhothai et le troisième sculpteur de Sawankhalok (…) La troisième statue Phra Chinarat, bénéficia de la touche personnelle du Dieu Indra, ce qui érigea la statue au rang de chef-d’œuvre. Cette oeuvre d’art, fût choisie par le souverain Li Thai pour trôner dans le sanctuaire de sa capitale, en 1357. 

RH 15 – LE ROI LITHAI DE SUKHOTAI (1347-1368 OU 1374).

Une statue similaire siège dans le temple de marbre, à Bangkok. Les chroniques racontent aussi que tous les souverains, au fil des siècles, vinrent rendre hommage à l’éveillé de Phitsanulok en le parant de feuilles d’or.

RH 15 – LE ROI LITHAI DE SUKHOTAI (1347-1368 OU 1374).

L’origine de Loy Kratong.

 

Selon la légende la plus communément admise, il y avait dans le royaume de Sukhotai à la cour du roi Pra-Ruang (aussi connu sous le nom de Lithai), un prêtre brahmane qui avait une fille extrêmement belle du nom de Naang Noppamart(Cf. la suite en note *****).

RH 15 – LE ROI LITHAI DE SUKHOTAI (1347-1368 OU 1374).

Et si on quitte les légendes, on reste dans des généralités que l’on pourrait appliquer à  presque tous les rois bouddhistes de l’Asie du Sud-Est, comme celles présentées par des spécialistes comme Guy David, professeur à l'Institut de science et de théologie des religions de Toulouse (****) :

 

« À l'image du dieu Indra, le roi terrestre, le cakravartin, Lithai fit construire son palais au centre symbolique du royaume, ainsi que des tours-caitya jusque dans les provinces éloignées afin de montrer les liens qui unissaient la capitale et les provinces. Stupa et reliques légitimaient les droits territoriaux de Li'thai. Une roue géante (cakra) et une ombrelle, symboles du pouvoir religieux et de la royauté, accompagnaient le roi dans ses déplacements. Il faisait en même temps distribuer par la communauté monastique des images de Buddha, des reliques, des empreintes de pas de Buddha aux 108 signes cosmologiques surnaturels. »

 

Mais si les légendes sont nécessaires à l’édification des romans nationaux, il a fallu la décision  royale du roi Mongkut (Rama IV (1851-1868)). Le roi Mongkut, qui, nous rappelle W. Pongsripian, un éminent historien thaï, « se considérait comme la réincarnation du roi Lithai de Sukhothai. » (Cf. ******)

 

RH 15 – LE ROI LITHAI DE SUKHOTAI (1347-1368 OU 1374).

L’histoire au sens occidental du terme n’a jamais intéressé les rois et leurs sujets jusqu’au règne du roi Mongkut (Rama IV)(1804-1868). En effet, le roi Mongkut  avait pu mesurer la nouvelle puissance militaire des puissances occidentales et surtout celle des Anglais (Traité de Nankin de 1842 avec la Chine, après la 1ère guerre de l’opium, l’annexion de la basse-Birmanie en 1852)  et celle des Français qui entendaient bien jouer un rôle dans cette partie du monde. (Cf. Leur expédition avec les Anglais, et le sac du palais d’été de l’Empereur de Chine à Pékin le 18 octobre 1860. La campagne de Cochinchine (1858-1862)). Il dut composer et ouvrir son pays au commerce occidental (Traité de 1855 de Bowring avec l’empire britannique, et  le traité de1856 avec la France).

RH 15 – LE ROI LITHAI DE SUKHOTAI (1347-1368 OU 1374).

Le roi Mongkut pour préserver l’indépendance de son pays, se fera un point d’honneur de démontrer que son pays était un grand et vieux pays qui datait de Sukhotai ; qu’il avait une grande histoire, une belle histoire nationale. L’histoire officielle était née, qui allait alimenter le nationalisme et son idéologie, la thainess avec ses trois piliers : le roi, le bouddhisme, la nation.****** La stèle de Ramkhamhaeng de 1292, qu’il avait découverte n’en était-elle  pas la  preuve.

 

Nous avions certes peu appris sur le roi Lithai si ce n’est qu’il jouait un grand rôle dans le roman national de ce pays. Chaque pays a le privilège de choisir ses héros !

RH 15 – LE ROI LITHAI DE SUKHOTAI (1347-1368 OU 1374).

Notes et références.

 

*Georges CŒDES, Les Etats hindouisés d'Indochine et d'Indonésie, XIII, LE DÉCLIN DES ROYAUMES HINDOUS,(Première moitié du XIVe siècle)

 

**30. Notre Histoire. « Le déclin de Sukhotai au temps du règne de Lithai ». http://www.alainbernardenthailande.com/article-30-le-declin-de-sukhotai-sous-le-regne-du-roi-lithai-104137500.html

 

*** M.C.Subhadradis Diskul, Le Courrier de l’UNESCO de juin 1979

****Guy david, (professeur à l'Institut de science et de théologie des religions de Toulouse), Article : Communauté bouddhique et pouvoir politique en Asie du Sud-Est, In, DROIT ET RELIGIONS EN ASIE DU SUD-EST sous la direction de Jean-Marie Crouzatier ; Colloque du Jeudi 10 mai 2001.

 

***** Suite : Légende de Loy Kratong de Lithai : voir notre article :

 

http://www.alainbernardenthailande.com/article-a167-une-des-plus-belles-fetes-de-thailande-le-loykratong-124921789.html

 

Elle était très intelligente et douée de talents artistiques la rendant capable de confectionner de magnifiques guirlandes de fleurs. Sa beauté et ses talents attirèrent l’attention du roi et à l’âge de 17 ans, elle fut admise au rang de concubine royale. À cette époque, les Hindous célébraient au cours du 12e mois lunaire une fête où ils vénéraient leurs trois principaux dieux (Brahmâ, Shiva et Vishnou) avec des lanternes montées sur de longues perches et par le lâcher de lanternes dans le fleuve sacré du Gange afin de rendre hommage à la déesse Gangâ, « Mère des Eaux ».

 

Accompagnant l’expansion de l'hindouisme en Asie du Sud-Est, ces traditions atteignirent l'Empire khmer, puis la Thaïlande, d’abord le royaume môn d'Haripunchai puis ceux de Lanna et de Sukhothai. Le roi Pra-Ruang voulut créer une version thaïe de cette fête hindoue et organisa un concours de « Lanternes Flottantes » lors de la nuit de la 12e pleine lune. Naang Noppamart se servit de ses talents pour fabriquer une magnifique embarcation, utilisant un tronc de bananier comme flotteur et des feuilles de bananier pour la décorer en forme de feuilles de lotus. Sa création remporta le concours et le roi décréta que dorénavant, ce Kratong dénommé à l’origine Khamot, servirait de modèle pour cette nouvelle cérémonie thaie des Lumières ou Loy Kratong.

 

Naang Noppamart devint la favorite du roi et mena une vie heureuse. A son actif, on compte le Tumrub Thao Srichulaluck, un compte-rendu autobiographique sur l’histoire et le déroulement de la cérémonie du 12e mois lunaire, ou Loy Krathong. Légende ou réalité ? Qui sait ?

 

RH 15 – LE ROI LITHAI DE SUKHOTAI (1347-1368 OU 1374).

****** « dans son récit intitulé Témoin de miracles (Aphinihan kanprachak), le prince-patriarche Pavaret laisse entendre que le roi Mongkut se considérait comme la réincarnation du roi Lithai de Sukhotai. » http://www.persee.fr/doc/asean_0859-9009_2000_num_6_1_1691

 

*******Le nationalisme thaï ? http://www.alainbernardenthailande.com/article-notre-isan-13-le-nationalisme-thai-73254948.html

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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 18:07
RH 14 - NOUS SAVONS SI PEU SUR LOETHAI (เลอไทย), LE ROI DE SUKHOTAI. (1317-1345 ou 1347 ou ?)

Comme pour ses successeurs d’ailleurs.

Nous avions le projet de vous proposer un récit de l’histoire de la Thaïlande, nous basant sur nos modestes recherches de « « Notre » histoire de la Thaïlande », mais depuis 13 articles sur l’origine des Thaïs et la fondation des premiers royaumes thaïs indépendants, nous avons surtout montré notre impossibilité de le faire, faute de sources viables. Il en sera ainsi pour le roi Loethai de Sukhotai.

 

                                           **************

 

Le grand héros national, le roi Ramkhamhaeng (รามคำแหง)  est donc mort, mais quand ? «Officiellement » en 1317 ; Mais d’autres historiens  le font mourir en 1298 ou 1313, ou 1323; d’autres le font régner entre 1283 et 1292. Coedès est plus catégorique : « On ignore la date exacte de la mort de Ramakham­haeng. Il semble résulter d'un passage de l'Histoire des Yuan  qu'elle aurait eu lieu entre l'ambassade de 1295 et celle de 1299 »*.

RH 14 - NOUS SAVONS SI PEU SUR LOETHAI (เลอไทย), LE ROI DE SUKHOTAI. (1317-1345 ou 1347 ou ?)

Autant dire qu’il en sera de même pour son successeur, son fils  Loethai, le quatrième roi de la dynastie Phra Ruang : 1298-1323 ou 1317-1345 (ou 1347 pour Coedès) Une liste qui se veut officielle et donc ne souffrant pas les incertitudes, signale qu’en 1317, Phu Saisongkran aurait assuré l’intérim alors que Loethai était en mission en  Chine (Mais on ne sait rien de cette mission) et que Lithai (Lüthai) lui aurait succédé en 1347 (1347-1374), après un « intérim » de Phaya Nguanamthom  (งั่วนำถุม) en 1347. (Pourquoi ?).
 

RH 14 - NOUS SAVONS SI PEU SUR LOETHAI (เลอไทย), LE ROI DE SUKHOTAI. (1317-1345 ou 1347 ou ?)

Aux dates incertaines de son règne, Coedès nous assure que le nom de Loethai ne peut être associé qu'à fort peu d'événements historiques, comme d’ailleurs pour ses successeurs.

 

« (Ils) ne nous sont guère connus que par des inscriptions postérieures à leurs règnes et qui les mentionnent incidemment. La pénurie des documents réellement utilisables nous contraint donc de rentrer plus que jamais dans le champ des hypothèses » (Aymonier).

RH 14 - NOUS SAVONS SI PEU SUR LOETHAI (เลอไทย), LE ROI DE SUKHOTAI. (1317-1345 ou 1347 ou ?)

Et encore ces hypothèses sont très différentes, contradictoires selon que les sources proviennent de Siam, de Malaisie, de Birmanie, de Chine (Cf. Notre article RH 9-**) … Nous vous avons déjà donné dans notre article 28*** consacré au « déclin de Sukhotai. Le roi Loethai.», un aperçu de ces histoires quelque peu farfelues, ou - si vous préférez - magiques, légendaires, merveilleuses … plus propres aux goûts des Siamois :

 

 « Les Siamois ajoutent foi à une foule de contes merveilleux, tirés des livres des Brames ils croient aux sirènes, aux ogres ou géants, aux nymphes de bois, aux fantômes, aux revenants, et à plusieurs animaux monstrueux et prodigieux, parmi lesquels je citerai les nagas (นาค) ou serpents, qui vomissent des flammes;

RH 14 - NOUS SAVONS SI PEU SUR LOETHAI (เลอไทย), LE ROI DE SUKHOTAI. (1317-1345 ou 1347 ou ?)

les héras et mangkons ou dragons, dont la forme ressemble un peu au crocodile (มังกร), 

RH 14 - NOUS SAVONS SI PEU SUR LOETHAI (เลอไทย), LE ROI DE SUKHOTAI. (1317-1345 ou 1347 ou ?)

l'aigle garuda qui dévore les hommes (ครุฑ), et l'oiseau appelé Katsadilung qu'on dit avoir un bec semblable à une trompe d'éléphant. ». (Mgr Pallegoix)****

 

RH 14 - NOUS SAVONS SI PEU SUR LOETHAI (เลอไทย), LE ROI DE SUKHOTAI. (1317-1345 ou 1347 ou ?)

On caractérise son règne comme le début du déclin de Sukhotai, au vu de la perte de nombreux muang vassaux, comme par exemple (Cf. wikipédia, où peu de dates sont proposées) : Uttaradit au Nord, les royaumes laotiens de Luang Prabang et de Vientiane ; Suphanburi au sud ; Il aurait envoyé une expédition contre le Champa vers 1312 (Mais Coedès pense que c’est son père en 1313) ;  En 1319, les Môns de Martaban auraient rompu leur alliance ; En 1321, le Lanna aurait pris Tak (Une des plus anciennes villes contrôlée par Sukhotai) et aurait absorbé Phayao en 1338 ; le royaume vassal de Pegu (Birmanie) se serait emparé des villes portuaires de Mergui et Tenesserim sur la côte occidentale de Thaïlande. (Quand ?)

RH 14 - NOUS SAVONS SI PEU SUR LOETHAI (เลอไทย), LE ROI DE SUKHOTAI. (1317-1345 ou 1347 ou ?)

Coedès* quant-à lui, nous dit que Lothaï aurait profité des trou­bles qui survinrent à Martaban pour reprendre Tavoy et Tenasserim, mais qu’il fut moins heureux lorsqu'il essaya de venger le meurtre de son petit-fils qui avait tenté de prendre le pouvoir à Martaban : son armée fut défaite et Martaban cessa de reconnaître sa suzeraineté. Sur la foi d’inscriptions, Lothaï aurait envoyé en 1335 au col de Cüa Rao, sur la cordillère indochinoise, une délégation pour saluer l'empereur du Dai Viét, TrânHièn-tôn, qui menait alors campagne contre le royaume t'ai d'Ai-lao (Sud-Ouest du Yun-nan).

RH 14 - NOUS SAVONS SI PEU SUR LOETHAI (เลอไทย), LE ROI DE SUKHOTAI. (1317-1345 ou 1347 ou ?)

Vers 1340, Lothaï aurait nommé son fils Lu Taï vice-roi à Si Sachanalai (ศรีสัชนาลัย) (Savankolok), et qu’il mourut très probablement en 1347.

 

RH 14 - NOUS SAVONS SI PEU SUR LOETHAI (เลอไทย), LE ROI DE SUKHOTAI. (1317-1345 ou 1347 ou ?)

Nous avons bien là des bouts d’événements bien souvent au conditionnel qui nous informent fort peu sur l’histoire de ce règne.

 

On est toujours dans  les généralités creuses ou dans les « il semble » comme « il semble que, vers 1330 les Pégouans battirent les Siamois et s’affranchir complètement de leur domination ; ce qui occasionna de longues guerres entre les deux pays. » Ou bien, on évoque des annales chinoises, birmanes ou malaises, pour donner d’autres faits, d’autres anecdotes mais qui ne concordent pas entre eux. Ainsi des chroniques malaises mentionneraient qu’en 1340 il y aurait eu une guerre entre le roi de Siam et le roi de Malacca !

RH 14 - NOUS SAVONS SI PEU SUR LOETHAI (เลอไทย), LE ROI DE SUKHOTAI. (1317-1345 ou 1347 ou ?)

Bref, on ne sait rien de sérieux, d’historique. Même le wikipédia anglais vous allèche en vous disant qu’après la révolution de 1932, les  recherches et les écrits sur Sukhotai furent abondants, mais il ne donne en référence que le livre de Bradley qui a traduit et commenté la stèle de Ramkhamhaeng de 1292. (Cf. La présentation de son article in Cf. Notre article RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.) *****

 

RH 14 - NOUS SAVONS SI PEU SUR LOETHAI (เลอไทย), LE ROI DE SUKHOTAI. (1317-1345 ou 1347 ou ?)

Bien entendu, comme pour les successeurs, vous trouverez toujours une mention signalant sa grande dévotion au bouddhisme et que ses œuvres religieuses lui valurent le titre de Dhar­maacha ou Dharmikaracha, ou Dharmarajadhiracha, «roi pieux». On évoquera des relations plus intenses  avec Sri Lanka, la métropole du boud­dhisme, mais sans donner d’exemples.                                                  

RH 14 - NOUS SAVONS SI PEU SUR LOETHAI (เลอไทย), LE ROI DE SUKHOTAI. (1317-1345 ou 1347 ou ?)

Bref, c’est encore Georges Coedès, qui dans « Les Etats hindouisés d'Indochine et d'Indonésie, XIII, LE DÉCLIN DES ROYAUMES HINDOUS (Première moitié du XIVe siècle), propose le meilleur récit à partir de sources dont il disposait, dont il ne cache pas l’aspect légendaire et laconique.******

RH 14 - NOUS SAVONS SI PEU SUR LOETHAI (เลอไทย), LE ROI DE SUKHOTAI. (1317-1345 ou 1347 ou ?)

« On ignore la date exacte de la mort de RâmaK'am­hèng. Il semble résulter d'un passage de l'Histoire des Yuan  qu'elle aurait eu lieu entre l'ambassade de 1295 et celle de 1299. A cette date, en effet, le roi du Sien « présenta au trône une supplique disant qu'au temps où son père était sur le trône, la Cour avait accordé en don à celui-ci des chevaux blancs avec selles et brides et des vêtements en fil d'or, et il demandait que conformément à ce précédent on lui en accordât ». Cette supplique, qui fut suivie d'un refus partiel, a l'air d'émaner d'un nouveau roi. Toutefois, l'avènement avant 1299 du suc­cesseur de RâmaK'amhèng semble difficile à concilier avec les données du Râjâdhirâjaou Histoire de Marta-ban, d'après lesquelles, à la mort de Wareru en 1313, son successeur reçut de P'raRuang le titre de Râma­pratishtha « établi par Râma », qui ne peut guère avoir été conféré que par RâmaK'amhèng. Par ailleurs, si le fils de RâmaK'amhèng avait succédé à son père avant 1299, il aurait régné environ 50 ans, ce qui semble bien long pour un roi dont on sait si peu de chose. Il est plus vraisemblable que RâmaK'amhèng cessa de régner peu avant 1318, date à laquelle le roi de Martaban envahit Tavoy et Tenasserim.

RH 14 - NOUS SAVONS SI PEU SUR LOETHAI (เลอไทย), LE ROI DE SUKHOTAI. (1317-1345 ou 1347 ou ?)

Si cette conjecture est exacte, c'est encore RâmaK'amhèng qui en 1313 provoqua au Champa ces incursions dont parlent les annales du Viêt-nam. Ses troupes durent pour cela traverser des territoires qui avaient appartenu au Cambodge, et que celui-ci avait perdus ou n'était plus en état de défendre contre son redoutable voisin.

 

La légende veut que P'raRuang ait disparu dans les rapides de la rivière de Savank'alok. Il est difficile de dire si cette légende repose sur un fait historique, et si elle s'applique à RâmaK'amhèng ou à quelque autre souverain de sa dynastie.

 

RâmaK'amhèng eut pour successeur son fils Lô T'ai, que par suite d'une fausse lecture on a longtemps appelé Süa T'ai, « le Tigre des T'ais » : cet idolum libri reparaît de temps en temps dans les livres.

 

Le nom de Lô T'ai ne peut être associé qu'à fort peu d'événements historiques. Du côté de la Birmanie, il semble avoir profité de trou­bles qui survinrent à Martaban pour reprendre Tavoy et Tenasserim. Mais il fut moins heureux lorsqu'il essaya de venger le meurtre de son petit-fils qui avait tenté de prendre le pouvoir à Martaban : son armée fut défaite et Martaban cessa de reconnaître sa suzeraineté ».

 

C'est encore Lô T'ai qui, vu la date, envoya en 1335 au col de Cüa Rao, sur la cordillère indochinoise, une délégation pour saluer l'empereur du DaiViét, TrânHièn-tôn, qui menait alors campagne contre le royaume t'ai d'Ai-lao (Sud-Ouest du Yun-nan).


Vers 1340, Lö T'ai désigna comme vice-roi à Si Sach'analai (Savank'alok) son fils Lü T'ai, et mourut très probablement en 1347. Sa dévotion au bouddhisme et ses oeuvre religieuses lui valurent le titre de Dhar­marâja ou Dharmikarâja, « roi pieux », que ses suc­cesseurs portèrent après lui. On lui doit notamment la fondation de plusieurs Buddhapâdaou empreintes du pied du Buddha, faites à l'imitation de celle qui est vénérée à Ceylan sur le sommet du Sumanakûta ou Pic d'Adam.

RH 14 - NOUS SAVONS SI PEU SUR LOETHAI (เลอไทย), LE ROI DE SUKHOTAI. (1317-1345 ou 1347 ou ?)

Les relations entre Sukhot'ai et la métropole du boud­dhisme s'intensifièrent en effet sous le règne de Lö T'ai, en partie grâce à l'action d'un prince t'ai qui prit la robe jaune, fit un voyage dans l'Inde et à Ceylan et en rapporta des reliques miraculeuses. Ce prince, qui après ce voyage reçut le titre de MahâtheraÇrîSradhârâjachûlâmuniSrîRatanalankâdipaMahâsâmi, était un petit-fils de ce PhaMüöng qui, l'on s'en sou­vient, avait mis sur le trône de Sukhot'ai le père de RâmaK'amhèng. »

 

On a bien là un récit évoquant le roi Lothaï, mais dont nous pouvons douter qu’il puisse vous éclairer.

RH 14 - NOUS SAVONS SI PEU SUR LOETHAI (เลอไทย), LE ROI DE SUKHOTAI. (1317-1345 ou 1347 ou ?)

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Notes et références.

*CŒDES, Les Etats hindouisés d'Indochine et d'Indonésie, XIII, LE DÉCLIN DES ROYAUMES HINDOUS (Première moitié du XIVe siècle).

**RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI. http://www.alainbernardenthailande.com/2017/02/rh-9-de-la-difficulte-d-ecrire-l-histoire-du-royaume-de-sukhotai.html

***28. Notre Histoire : Le déclin de Sukhotai. Le roi Loethai. (1298- 1323)

http://www.alainbernardenthailande.com/article-28-le-declin-de-sukhotai-le-roi-loethai-103729913.html

(Une autre source  donne : 4/ Loethai (1298-1323) (fils de Ramkhamhaeng) 5/ Nguanamthom (1323-1347) (cousin de  Loethai et fils de Ban Muang) 6/  Lithai (Thammaracha 1) (1347-1368) ( cousin de Nguanamthom,  Fils de Loethai) 7/ Leuthai (Thammaracha II) (1368-1399) ( fils de Lithai) ) 8/ Thammaracha III (1399-1419) 9/ Thammaracha IV (1419-1438)

**** Cf.29. Comment les Annales thaïes présentent Sukhotai.

Ou plutôt comment Mgr Pallegoix dans sa Description du royaume de Siam propose un abrégé de l’Histoire de Sukhotai.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-29-comment-les-annales-thaies-presentent-le-royaume-de-sukhotai-103730087.html

In Chapitre 19, Histoire des Thaï, appelés Siam, in DESCRIPTION du ROYAUME THAI OU SIAM, tome second, Lagny, Imprimerie de Vialat et Cie, 1854

*****in, « The oldest known writing in Siamese, the inscription of Phra Ram Khamhaeng of Sukkhotai, 1293 A. D. », (by Cornelius Beach Bradley, A. M., Professor of rhetoric in the University of California, Bangkok, 1909)

******Déjà cité in notre article 28. Notre Histoire : « Le déclin de Sukhotai. Le roi Loethai.(1298- 1323) »

http://www.alainbernardenthailande.com/article-28-le-declin-de-sukhotai-le-roi-loethai-103729913.html

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 18:06
RH 13 - LE ROYAUME MÔN D’HANTAWADDY FONDÉ EN 1287, UN NOUVEAU VASSAL DU ROI DE SUKHOTAI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

Il s’agit ici de reprendre notre article intitulé « Fondation du royaume môn d’ Hanthawaddy en 1287. Vassal de Sukhotai ? »* pour essayer de comprendre la complexité historique de cette période de la fin du 13ème siècle, et dans quel contexte géopolitique, le règne de Ramkhamhaeng (1278-1317) a pu s‘exercer, en prenant l’exemple de la fondation du royaume môn d’Hantawaddy en 1287, qui deviendra son vassal en 1294.

RH 13 - LE ROYAUME MÔN D’HANTAWADDY FONDÉ EN 1287, UN NOUVEAU VASSAL DU ROI DE SUKHOTAI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

Rappel du contexte historique.

 

Notre récit a montré – jusqu’ici-  que si le royaume de Sukhotai était devenu une nouvelle puissance en Asie du Sud-Est durant le règne de Ramkhamhaeng dont l’influence, nous dit la stèle de 1292, s’étendait de Nakhon Si Thammarat dans la péninsule malaise au Sud et de Martaban (Birmanie actuelle) à Luang Prabang et Vientiane au Nord, dans un réseau de muang vassalisés, au sein duquel pouvaient surgir des révoltes et des  conflits ; Une puissance  qui devait faire face aux appétits des autres puissances « étrangères » comme ceux du puissant royaume birman de Pegu (dont il était d’ailleurs vassal), jusqu’à son éclatement en 1287, de l’empire khmer, certes en déclin mais toujours présent, aux incursions du Daï Viet, du Champa, voire au sud, à celles des sultanats malais.

RH 13 - LE ROYAUME MÔN D’HANTAWADDY FONDÉ EN 1287, UN NOUVEAU VASSAL DU ROI DE SUKHOTAI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

Un royaume qui devra, comme les autres royaumes de la Région, faire face à l’ambition de Kubilaï, le grand khan des Mongols, qui  va fonder  la dynastie Yuan en 1271 et achever la conquête de la Chine en renversant la dynastie Song en 1279. Le nouveau pouvoir mongol va alors entreprendre la conquête d’autres royaumes (Cf. Les tentatives d'invasion du Japon  (1268-1281), de Java (1292) et des Daï Viet et du Champa (1281-1288)) ; laminer le roi de Pagan (Birmanie) en 1277 à Ngasaunggyan au Yunnan, envahir  dès 1283 le nord de la Haute Birmanie, écraser le nouveau roi en 1287, défaite qui fera éclater le royaume et le fera disparaître en 1297, après l’abdication du roi obtenu par les « trois frères », Athinhkaya, Yasathingyan et Thinathu, anciens officiers de l'armée de Pagan, qui avaient pris le contrôle de la région stratégique de Kyaukse au début des années 1290.

RH 13 - LE ROYAUME MÔN D’HANTAWADDY FONDÉ EN 1287, UN NOUVEAU VASSAL DU ROI DE SUKHOTAI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

Ils fonderont ensuite le nouveau et éphémère royaume de Myinsaing (1297-1310) au centre de la Birmanie. Les Mongols tenteront bien en 1301 de faire tomber ce nouveau royaume pour imposer leur roi à Pagan mais échoueront. Ils aboliront alors leur province de Chiang-Mien, centrée sur Tagaung, pour se retirer entièrement de Haute-Birmanie et rapatrier toutes leurs troupes au Yunnan en 1303 et laisser se créer  des principautés Shans au Nord (mercenaires du Nan Chao, qui d’ailleurs décideront  de se passer de la suzeraineté de la Chine), tandis qu’en basse Birmanie, Waruru va fonder le royaume môn  d’ Hanthawaddy (1287-1539), (Ou Ramanya ou royaume de Pegu/Martaban (les deux capitales) ). Un nouveau royaume qui pouvait déstabiliser la politique suivie par le roi Ramkhamhaeng.

RH 13 - LE ROYAUME MÔN D’HANTAWADDY FONDÉ EN 1287, UN NOUVEAU VASSAL DU ROI DE SUKHOTAI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

En effet, le roi avait envoyé une ambassade en 1282 auprès de Kubilaï en Chine pour lui faire allégeance, avant de prendre Luang Prabang en 1286 (Avec l’aide des Mongols ?) et établir en 1287 une alliance avec le roi Mangrai du Lanna et le Prince de Phayao au Nord.  Ce nouveau royaume môn au sud en 1287 devenait une menace potentielle.

RH 13 - LE ROYAUME MÔN D’HANTAWADDY FONDÉ EN 1287, UN NOUVEAU VASSAL DU ROI DE SUKHOTAI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

L’ascension sociale de Waruru, le futur roi d’ Hanthawaddy.

 

On dit que Waruru est né près de Thaton d'un père shan, chef d’un petit clan, et d'une mère mône en avril 1252 dans un village nommé Doowun. Il aurait fait du commerce entre Martaban et Sukhotai, avant de trouver un emploi dans les étables royales à éléphants du roi Ramkhamhaeng. Il aurait alors accompli une ascension sociale fulgurante en devenant chef des écuries royales, puis officier après avoir participé à des campagnes militaires (lesquelles ?), et capitaine des gardes dans les années 1270. Il aurait séduit Me Nang Soy Da, une des filles du roi en 1280, et aurait dû s’enfuir avec elle à Martaban.

RH 13 - LE ROYAUME MÔN D’HANTAWADDY FONDÉ EN 1287, UN NOUVEAU VASSAL DU ROI DE SUKHOTAI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

La conquête du Pouvoir.

 

Entre 1281 et 1287, il est dit, selon des chroniques birmanes (lesquelles ?), qu’il aurait utilisé les charmes de sa sœur pour séduire le gouverneur Aleimma de Martaban, et le tuer lors de la cérémonie nuptiale et prendre le pouvoir de la ville. Pagan anéanti par les Mongols n’était plus en état de réagir. Il fut couronné en décembre 1287, et nomma son royaume Ramanya ou Ramanna (pays des Môns), avec Martaban comme capitale. Mais son pouvoir s’arrêtait là où s’exerçait encore celui du gouverneur Tarabaya de Pegou encore en place.

RH 13 - LE ROYAUME MÔN D’HANTAWADDY FONDÉ EN 1287, UN NOUVEAU VASSAL DU ROI DE SUKHOTAI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

L’éclatement du royaume de Pagan en 1287 causé par les Mongols et les menaces des trois frères, Athinhkaya, Yazathingyan et Thihathu, anciens officiers de l'armée de Pagan, qui, comme nous l’avons dit, s’étaient rebellés et tentaient de prendre le contrôle  de la région stratégique de Kyaukse, ne pouvaient qu’encourager Waruru et le gouverneur de Pegou à établir une alliance. Ils unirent donc les deux familles en épousant leurs filles respectives.

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 Waruru victorieux et seul maître à bord.

 

Leur alliance fut bien utile, car Ils durent effectivement se défendre et repousser les forces « nordistes » de Yazathingyan, (un des trois frères, futur cofondateur du royaume de Myinsaing en 1297), et ils réussirent à conquérir toute la Basse-Birmanie. Mais plus tard (quand ?) ils se « querellèrent » (à quel sujet ?), et lors d’un affrontement, Tarabaya fut capturé et exécuté.

 

Le nouveau royaume d’Hanthawaddy vassal du roi Ramkhamhaeng de Sukhotai ?

 

On peut lire dans certaines annales que le roi Ramkhaenheng aida le roi Waruru, son « gendre », dans la conquête du royaume môn d’ Hanthawaddy en 1287, mais nul ne peut dire sous quelle forme. Mais on peut facilement supposer que le nouveau roi Waruru qui venait de fonder son nouveau royaume et de  repousser la tentative des  trois frères du futur  royaume de Myinsaing, n’ignorait pas que d’autres menaces perduraient, à savoir celle proche de Sukhotai (qui avait des visées sur la côte du Tenasserim, au Sud de son territoire avec la  capitale Tavoy (Dawei) et la cité de Mergui),  celle toujours présente au Nord des Mongols, et celle du royaume du Lanna, menaces qui l’obligeaient à établir des alliances pour stabiliser le nouveau pouvoir acquis.

RH 13 - LE ROYAUME MÔN D’HANTAWADDY FONDÉ EN 1287, UN NOUVEAU VASSAL DU ROI DE SUKHOTAI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

La stratégie lui imposait de proposer sa vassalité à son beau-père, le roi Ramkhamhaeng. Il  envoya donc un tribut à son « beau-père » qui accepta la demande de vassalité en 1294,  et qui en retour, lui offrit un éléphant blanc, signe de souveraineté reconnue. (L’éléphant blanc a une symbolique puissante pour les bouddhistes puisqu’il est considéré comme une incarnation de l’âme de Bouddha et représente le savoir et la fertilité).

 

Bien lui en a pris, car il dut repousser une attaque avec succès en cette même année des trois frères shan de Myiansing à Martaban. De même, il put en 1298 devenir le vassal des Mongols de la dynastie Yuan.

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Il utilisa un autre moyen avec le roi Mengrai du Lanna. Il est dit dans les annales que le roi d’Hanthawaddy envoya sa fille, la princesse Pai Go, pour se marier avec le roi  Mengrai.

 

Mais le roi Waruru qui avait montré des talents de guerrier et de diplomate pour fonder un royaume qui allait durer 252 ans (1287-1539), dut subir à son tour la loi de l’ambition de  ses petits-enfants, descendants de Tarabaya. Il fut assassiné en 1307. On lui doit aussi le code dit de Waruru (Dhammathat), le plus ancien recueil de lois conservé en Birmanie, qui forme encore la base du droit coutumier birman. **

RH 13 - LE ROYAUME MÔN D’HANTAWADDY FONDÉ EN 1287, UN NOUVEAU VASSAL DU ROI DE SUKHOTAI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

L’évocation de la fondation de ce royaume mon d’ Hantawaddy en 1287 était pour nous l’occasion d’illustrer que le territoire « gagné » par le roi Ramkhamhaeng en cette fin du 13ème siècle s’était réalisé dans une période très mouvementée qui avait vu – entre autres - l’éclatement en 1287 du royaume birman de Pagan dû aux forces mongoles,  les guerres qu’il va engendrer qui auront pour conséquences de permettre  la  fondation du royaume môn d’Hanthawaddy en 1287, d’assister à la disparition du royaume birman  de Pagan et à la fondation de  l’éphémère royaume de Myinsaing en 1297 ; d’assister  en 1301 à la dernière tentative des Mongols pour reprendre ce nouveau royaume, puis en 1303 de les voir quitter leur province de Chiang-Mien, centrée sur Tagaung, pour se retirer entièrement de Haute-Birmanie et laisser se créer  des principautés Shans au Nord, qui auront ensuite un rôle très important dans l’histoire du Siam.

RH 13 - LE ROYAUME MÔN D’HANTAWADDY FONDÉ EN 1287, UN NOUVEAU VASSAL DU ROI DE SUKHOTAI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

*A26. Notre Histoire : Fondation du royaume môn d’ Hanthawaddy en 1287. Vassal de Sukhotai ? http://www.alainbernardenthailande.com/article-a26-fondation-du-royaume-mon-d-hanthawaddy-en-1287-103435939.html

 

** Le royaume môn fut plus tard intégré au royaume birman Taungû (ou Toungou) en 1539 (1485-1752), un royaume qui deviendra « l’ennemi héréditaire » des Thaïs. Mais de cela nous reparlerons, tant les guerres furent nombreuses entre les Thaïs, les Birmans et les Môns. Eh oui, il fallait bien contrôler les ports de Martaban, Moulmein, Tavoy, Mergui et Tenasserim. (Cf. carte). Il annexera le royaume d’Ayutthaya de 1564 à 1584.

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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 18:04
RH 12 -  LA REPRÉSENTATION  DU TERRITOIRE DU ROYAUME DE SUKHOTAI DURANT LE RÈGNE DU ROI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

Et de la nécessité de connaître le concept de « muang ».

 

La stèle dite de Ramkhamhaeng de 1292 nous informe que le royaume de Sukhotai comprenait alors 22 cités* (ou muang) dont l’étendue allait de Nakhon Si Thammarat dans la péninsule malaise au Sud et de Martaban (Birmanie actuelle)  à Luang Prabang et Vientiane  au Nord. Elle affirme également que le roi Ramkhamhaeng était  « le chef et le souverain de tous les Thaïs »,  avec  « Tous les Ma, les Kao, les Lao, les Thaï des contrées lointaines et les Thai qui vivent le long de la rivière U et du Khong (qui) viennent lui rendre hommage ». Elle a certes pour fonction d’exprimer la grandeur du roi, son prestige, l’étendue de son royaume, mais l’inconvénient  de ne pas nous informer sur la géopolitique de l’Asie du Sud-est pourtant si riche en événements en cette fin du XIIIème siècle, ni de nous aider à comprendre le système pyramidal d’intégration des territoires conquis, les réseaux d’alliance des muang, leurs rivalités, leurs révoltes, leur opportunisme pour renverser  les alliances établies. (Cf. Nos articles pour comprendre ce concept) **)

RH 12 -  LA REPRÉSENTATION  DU TERRITOIRE DU ROYAUME DE SUKHOTAI DURANT LE RÈGNE DU ROI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

D’ailleurs Ramkhamhaeng raconte lui-même sur la  stèle, que le jour de ses 19 ans,  il avait  contre-attaqué le gouverneur de la ville de Xot qui avait attaqué la ville de Tak et mis en fuite son père, en réussissant à monter sur l’éléphant Mat du gouverneur de la ville de Phré qui fut défait.

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De même nous savons que le royaume de Sukhotai n’était pas seul sur ce territoire qui deviendra le Siam. S’il a pu s’affranchir de l’Empire Khmer en 1238, le roi Mangraï du Lanna au Nord a pu également le faire en 1262, en mettant également sous sa coupe d’autres muang  plus petits, tandis que la cité de Phayao, par exemple  ne relevait pas de leur puissance. Et l’ensemble des muang thaïs était, selon leur position géographique et la période, sous la menace et les incursions d’autres puissances régionales, comme les royaumes d’Annam, du Champa, de Pagan en Birmanie (Dont il fut un vassal), et de l’Empire khmer, certes déclinant mais encore puissant, et surtout des Mongols à partir de 1271.

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En effet, Kubilaï, était devenu en 1260, le grand khan des Mongols, et avait fondé  la dynastie Yuan en 1271 ; Il avait achevé la conquête de la Chine en renversant la dynastie Song en 1279, pour tenter ensuite de conquérir d’autres royaumes (Cf. Les tentatives d'invasion du Japon  (1268-1281), de Java (1292) et des Daï Viet et du Champa (1281-1288)). (Cf. Notre article 25***)

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Le roi Narathihapati de Pagan (Birmanie) avait cru pouvoir les vaincre et  les avait attaqué en 1277 à Ngasaunggyan au Yunnan. Il avait subi une défaite cinglante, à la suite de laquelle les Mongols  avaient envahi dès 1283 le nord de la Haute Birmanie et établi des garnisons. Ils profiteront  de l’assassinat du roi par son fils  Thihathu,  pour descendre la vallée de l’Irrawaddy et écraser le nouveau roi en 1287, défaite qui fera éclater le royaume et le fera disparaître. (A l’issu duquel on verra la création du royaume éphémère  de Myinsaing (1298 -1313) fondé par trois frères shans, officiers  de l’Ancien royaume de Pagan,) 

RH 12 -  LA REPRÉSENTATION  DU TERRITOIRE DU ROYAUME DE SUKHOTAI DURANT LE RÈGNE DU ROI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

Dans ce contexte géopolitique, on peut comprendre que le roi Ramkhamhaeng qui débute son règne en 1279 connait la nouvelle puissance du nouveau royaume thaï de Lanna (créé en 1262), et la défaite cinglante du roi de Pagan (Birmanie) contre les Mongols et ,plus tard, la fin du royaume de Pagan en 1287, créant d’autres menaces à ses « frontières » de l’Ouest. Des annales chinoises prétendent même  qu’il effectuera une ambassade en 1282 auprès de Kubilaï Khan et fera allégeance. (Cf. Henri Cordier dans son livre « Histoire générale de la Chine et ses relations avec les pays étrangers », (1920. Cf. note 10) signale des ambassades de Sukhotai en 1282 et en 1323.)

RH 12 -  LA REPRÉSENTATION  DU TERRITOIRE DU ROYAUME DE SUKHOTAI DURANT LE RÈGNE DU ROI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

Estimant peut-être que cette allégeance le protégeait, il n’hésitera pas, avec l’aide des Mongols disent certains,  à attaquer Luang Prabang en 1286  et a renversé le roi Phana Lang avec l’aide du prince héritier Souvanna Khamphong. (Cf. Françoise Capelle in Luang Prabang, La cité du Bouddha d’or et du Flamboyant****)

 

Est-ce pour rassurer le roi Mangrai de Chiengmai et le Prince de Phayao, qu’il va établir une Alliance en 1287 avec eux ? Qui le sait ? Car nul ne connait les modalités de ce pacte, et les controverses dès lors sont possibles.  

RH 12 -  LA REPRÉSENTATION  DU TERRITOIRE DU ROYAUME DE SUKHOTAI DURANT LE RÈGNE DU ROI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

Le site de  l’Université de Chiangmaï, nous dit qu’ « En 1280, les Mongols auraient attaqué Rung Chiang, mais il (Mengraï) aurait réussi à les repousser. En 1315 et 1325 ( ?)  il a ou aurait envoyé une délégation de la paix aux Mongols. Mais à l’inverse de Ramakhamhaeng, il n’a ou n’aurait jamais fait acte d’allégeance aux Mongols » (Cf. Notre article 27 sur  la formation du Lanna) Des annales du Lanna racontent que non seulement Mengraï a repoussé les Mongols en 1280, mais aussi  en 1308 et que la guerre a continué jusqu’en 1311.

RH 12 -  LA REPRÉSENTATION  DU TERRITOIRE DU ROYAUME DE SUKHOTAI DURANT LE RÈGNE DU ROI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

(D’autres sources affirment, qu’en 1301,  les Mongols échouent dans leur volonté de faire tomber le nouveau royaume de Myinsaing pour imposer leur roi à Pagan et abolirent leur province de Chiang-Mien, centrée sur Tagaung,  pour se retirer entièrement de Haute-Birmanie et rapatrier toutes leurs troupes au Yunnan en 1303!) (Cf.***)

RH 12 -  LA REPRÉSENTATION  DU TERRITOIRE DU ROYAUME DE SUKHOTAI DURANT LE RÈGNE DU ROI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

 Le site  « MerveilleuseChiang-Mai »  rappelle une légende très populaire qui donne une autre origine à cette triple alliance (amitié, adultère, magie, arbitrage et réconciliation). (Cf. En note le résumé*****). L’auteur, l‘un des meilleurs connaisseurs du Lanna, estime que si peut-être Ramkhamhaeng a pu commettre l’adultère, l’alliance conclue a des origines historiques qui s’expliquent par la victoire définitive de Kubilaï Khan contre les Song en 1279, qui seul maître en Chine pouvait désormais jeter son dévolu contre le Japon qui lui résistait et le Sud-est asiatique. (Cf. Les tentatives d'invasion du Japon  (1268-1281), de Java (1292) et des Daï Viet et du Champa (1281-1288)). « Au Sud-est asiatique, les Sino-Mongols attaquèrent sur deux fronts, au nord-ouest et à l’est. Car les montagnes du nord étaient toujours un rempart difficile à franchir. Sans doute, comme à son habitude, avant d’en venir à la manière forte, il dut envoyer des émissaires pour demander le versement d’un tribut, c’est-à-dire obtenir acte de vassalité des royaumes de ces régions. Ainsi en 1281, Indravarman VI, maharadja du royaume de Champa, accepta un protectorat mongol

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Et quelques mois plus tard, en 1282, Ramkhamhaeng,  cinq mois après son avènement, envoya une mission en Chine. Pourquoi ?» Ensuite l’auteur raconte que le peuple du Champa refusa le protectorat mongol et comment les Mongols et les Chinois après leur victoire écrasante en 1283 contre l’armée birmane, subirent une lourde défaite en 1285 au Champa et en Annam. Après l’échec de ces deux tentatives d’invasion, Kubilai Khan va suspendre les préparatifs d’invasion du Japon pour concentrer ses forces pour une  troisième tentative d’invasion en Asie du Sud-est. En 1287, au nord-ouest ils commençaient leur 3ème campagne birmane qui allait mettre fin au royaume de Pagan et « à l’est, une « armada chinoise » sans précédent, se préparait à  un titanesque débarquement pour écraser une fois pour toutes, l’Annam et le Champa. » Ce sera un échec.

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L’auteur constate que les trois souverains thaïs ne pouvaient que se sentir menacés et doutaient de la résistance birmane, surtout après la cuisante défaite du roi Narathihapati en 1283. D’ailleurs « à l’avènement de Kyozwa en février ou mars 1287, la plupart des vassaux de Pagan se révoltèrent et refusèrent de lui verser tribut. » Les trois rois thaïs (sans doute informés, mais les chroniques du Lanna n’en disent mot préférant la légende) en tous cas, crurent bon  de se prêter assistance lors d’un serment solennel en 1287 pour faire face  à toute attaque. Et l’auteur de conclure : « les « bâtisseurs » du royaume thaïlandais, constitué de différents peuples, ont fait de ce serment, l’un des nombreux symboles de l’unité thaïlandaise. »

 

L’unité thaïlandaise?  Ramkhamhaeng, « le chef et le souverain de tous les Thaïs » ? Le souverain incontesté d’un immense royaume de muang vassalisés ?

RH 12 -  LA REPRÉSENTATION  DU TERRITOIRE DU ROYAUME DE SUKHOTAI DURANT LE RÈGNE DU ROI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

Dans une période où on assistera à la fin de la Dynastie Song, la prise de la Chine par les Mongols, la disparition du premier empire birman (1044-1287), les tentatives mongoles d'invasion du Japon  (1268-1281), de Java (1292), des Daï Viet et du Champa (1281-1288) ; Les  créations des principautés Shans au Nord (mercenaires du Nan Chao, chargés par Kubilai khan d'occuper la Région du Nord)), qui ont décidé  de se passer de la suzeraineté de la Chine, du royaume éphémère  de  Myinsaing (1298 -1313) au centre, du royaume mône d’ Hanthawaddy (1287-1539), (ou Ramanya ou royaume de Pegu/Martaban (les deux capitales)   fondé  par Waruru au Sud.

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Ah ! Que l’histoire officielle est loin des réalités historiques.

RH 12 -  LA REPRÉSENTATION  DU TERRITOIRE DU ROYAUME DE SUKHOTAI DURANT LE RÈGNE DU ROI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

NOTES ET RÉFÉRENCES.

 

*« A l’est : Sra Luang, Song Kwae, Lambachaî, Sakha, les rives du Khong (Mékong), Wiangchan, Wiangkham. Au sud : Khonti, Phra Bang, Phraek, Suphannaphumi, ratchaburi, Phetchaburi, Sri Dhammaraja. A l’ouest : Muang Chot, Muang …n , Hongsawadi. Au nord : Muang Phrae, Muang Man, Muang N…, Muang, Phlua, et de l’autre côté du Khong, Muang Chawa. »

Coedès signale même que les annales du Viet-nam évoquent des incursions de Ramkhamhaeng au Champa. (In Les Etats hindouisés d'Indochine et d'Indonésie.)

 

**15. Notre Histoire. Le muang ?

http://www.alainbernardenthailande.com/article-15-le-muang-selon-michel-bruneau-99865623.html

Le muang,  est une clé essentielle, reconnue par tous, pertinente depuis l’origine jusqu’ à nos jours, couvrant tous les Territoires des Taï, pour comprendre leur identité, leur organisation territoriale, politique et religieuse.

« De nombreux auteurs citent la notion « de système d’emboîtement » de Georges Condominas pour expliquer le modèle pyramidal d’intégration des territoires conquis et de hiérarchie des catégories sociales :

« On a ainsi une société englobante et hiérarchisée : le phi müong, le génie tutélaire de la principauté « couvre » les différents phi ban, les génies tutélaires de chacun des villages que contient le müong. »

ou celui du parasol de Jean-François Papet :

« Au sommet, un vaste , le royaume ou müang « père », « coiffe » quelques grands parapluies, les principautés, ou müang « enfants », qui à leur tour « coiffent » plusieurs petites ombrelles, ou müang « petits enfants ». Enfin, au bas de l’échelle, le müang de base « coiffe » un certain nombre de villages ban ordonnés hiérarchiquement en fonction de la distance qui les sépare de la ville » (cités par Evrard).

 

Sur le plan politique, à chacun de ses niveaux hiérarchiques correspond un espace territorial plus ou moins vaste et une hiérarchie parallèle des fonctions politiques, le cao müang exerçant son autorité sur le chef du village cao ban ou « père du village pho ban dirigeant à son tour chaque chef de maisonnée pho heuen.

 

Sur le plan religieux, les entités spirituelles sont également hiérarchisées en phi müang divinité du müang), phi ban (divinité du village) et phi heuen (esprit des ancêtres). Le bouddhisme theravada est venu se superposer sur cette hiérarchie (les grades donnant droit à des fonctions et interprété comme un « mérite » gagné.). »

 

16. Notre Histoire : La conquête du « Siam » par les muang.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-16-notre-histoire-la-conquete-du-siam-par-les-muang-99006690.html

 

22. Notre Histoire : Le Royaume de Sukhothaï (1238-1438).

http://www.alainbernardenthailande.com/article-22-notre-histoire-le-royaume-de-sukhotai-1238-1438-102400771.html

 

24. Notre Histoire. Sukkhotai, un  nouveau pouvoir dominant en Asie du Sud-Est à la fin du XIII ème siècle.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-24-sukhotai-un-nouveau-pouvoir-dominant-en-asie-du-sud-est-a-la-fin-du-xiiieme-siecle-102975663.html

 

***25. Notre Histoire. Le roi Ramkhamhaeng de Sukhotaï et  les Mongols de Chine.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-25-notre-histoire-le-roi-ramkhamhaeng-de-sukhotai-et-les-mongols-de-chine-103323661.html

****Françoise Capelle in Luang Prabang, La cité du Bouddha d’or et du Flamboyant, (Ed. Thalia),  signale qu’en :

« 1271 ou 1272, Phana Lang accède au trône. Désormais, les renseignements sont beaucoup plus nombreux et l’on peut faire un compte-rendu plus exact des faits. 1286 marque un tournant. Les Mongols et Sukhotai renversent Phana Lang avec l’aide du prince héritier Souvanna Khamphong. Avec la mort de Phana Lang en 1316, Suvanna Khampong devient roi. (Mais Phana Lang avait exilé son fils Phi Fa, absent de Luang Prabang jusqu’en1330. L’épopée de Fa Ngum marque le début de la période historique et la naissance officielle du royaume en 1353). »

 

*****Voir le site http://merveilleusechiang-mai.blog4ever.com/blog/article-339774.html

In http://www.merveilleusechiang-mai.com/mengrai-15-a-la-legende-de-la-triple-alliance-1

 

La légende. 

 

On y apprend entre autre que Ramkhamhaeng était ami d’enfance du roi de Phayao, Phayao Ngam Muang ; qu’il tomba amoureux plus tard d’une de ses reines ; que Ngam Muang, trompé, se vengea avec l’aide de la magie, le mit en prison ; mais se refusait à le tuer pour préserver la paix entre les deux royaumes ; il fit appel alors à l’arbitrage de Mangraï auquel il reconnaissait de grands mérites et avec lequel il avait établi une alliance dès 1276. Le roi de Sukhotai reconnut l’adultère et accepta le verdict de Mangraï ( payer 990 000 cauris) ; Mais Ngam Muang craignant la vengeance magique de Ramkhamhaeng, se plaignit à Mangraï qui eut l’idée d’organiser une grande cérémonie de réconciliation, qui scelle leur amitié indéfectible.

Pour  le commentaire de l’auteur du site sur cette légende et la situation historique de l’époque ; Cf. : http://www.merveilleusechiang-mai.com/mengrai-15-b-des-dessous-feminins-au-dessous-des-cartes-ou-la-triple-alliance

Le site de l’Université de Chiangmai :

 

http://www.sri.cmu.ac.th/~elanna/elanna_eng/public_html/home/home.htm

 

L’ attaque des Mongols au Lanna en 1300 qui se serait terminée en 1303. Henri Cordier, citant le jésuite  RP. Gaubil nous donne même des noms, les circonstances et décrit la résistance et la défaite :

 

Timour, qui s’était corrigé des habitudes d’ivrognerie de sa jeunesse, se montra un excellent Prince ; il fait la paix avec le Ngan Nan, ouvrit les communications avec l’Inde et termina les affaires du Mien. Il fut moins heureux en entreprenant une campagne contre le lointain royaume laotien de Xien Mai ou Muong Yong, habité par les Pa-pe Si-Fu ou Bât-bä T’uc-phu, qui se nomment eux-mêmes Thai niai ou grand Thaï. « L’an 1300, un des généraux représenta (sic) que le royaume de Papesifou ne voulait pas recevoir le calendrier de l’empire, et priait l’Empereur de lui permettre d’aller avec des troupes forcer ce royaume à suivre la forme d’année chinoise et à compter les lunes, comme les sujets de l’Empereur. Un des ministres, appelé WEN TSEU, regarda cette affaire comme sérieuse et persuada l’Empereur, à la 12ème lune de l’An 1300, d’attaquer le royaume de Papesifou. Alahasun s’opposa à cette résolution, et soutint que les peuples qu’on voulait attaquer étaient des barbares, qu’on pouvait instruire si on voulait, mais à qui il serait inutile et dangereux de faire la guerre. L’Empereur ne dit rien au ministre Alahasun, mais, contre sa coutume, il s’emporta contre un mandarin qui voulait faire des représentations (sic). 20 000 hommes furent commandés pour attaquer Papesifou. LIEOU CHEN qui, le premier, conseilla cette guerre, fut nommé général de l’Armée ».(Gaubil, pp. 227-228)

 

Ce fut un désastre : la faim décima les troupes harcelées par les tribus de la frontière qui se livrèrent au pillage ; on fut obligé d’appeler des troupes du Hong Kouang, du Chen si, du Se Tch’ouan et du Yun Nan ; cette guerre malheureuse ne fut terminée qu’en 1303 ; Lieou Chen, qui en était la cause eut la tête tranchée.

 

Cf. aussi Henri Cordier, Histoire générale de la Chine et ses relations avec les pays étrangers, Librairie Paul Gauthier, 1920.

 

 

RH 12 -  LA REPRÉSENTATION  DU TERRITOIRE DU ROYAUME DE SUKHOTAI DURANT LE RÈGNE DU ROI RAMKHAMHAENG (1278-1317).
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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 18:01
RH 11 – LE ROYAUME DE SUKHOTAÏ VU PAR LE PRINCE DISKUL.

Il nous a paru intéressant de reprendre ici un article intitulé «Avec l’aide de l’Unesco, la Thaïlande restaure la splendeur d’une ancienne cité bouddhique » du Prince Subhadradis Diskul**, paru dans « Le Courrier de l’UNESCO » de juin 1979, qui expose certes  le projet de restauration du site de Sukhotai, en en décrivant la beauté, les principaux temples, les chédis, les statues de Bouddha retrouvées, caractéristiques de l’art de Sukhotai, témoins d’une capitale prestigieuse, mais aussi qui propose une introduction historique de ce royaume. Cette présentation avait l’avantage de venir d’un historien et archéologue thaï prestigieux et de surcroît fils du prince Damrong, « père » de l'histoire thaïe et ministre éminent du roi Chulalongkorn. (Cf. Son portrait in **)

RH 11 – LE ROYAUME DE SUKHOTAÏ VU PAR LE PRINCE DISKUL.

Quelle ne fut pas notre surprise de constater, une fois de plus, que les données sur ce royaume étaient limitées, hypothétiques, incertaines, imprécises ; ce que le prince ne cachait nullement en multipliant au fil de son texte les « sans doute », « on pense que », « environ », « Probablement », « semble-t-il », et le savoureux « Si l'on en croit une pierre gravée » évoquant la stèle de Ramkhamhaeng. 

RH 11 – LE ROYAUME DE SUKHOTAÏ VU PAR LE PRINCE DISKUL.

On y apprenait :

 

Qu’en « En se révoltant contre leurs souverains Khmers et en proclamant le premier royaume indépendant thaï de Sukhothai au 13ème siècle, les deux chefs thaïs,  Phra Muang et Bang Khang Thao, ne jetèrent pas seulement les fondations de la Thaïlande actuelle, ils ouvrirent aussi la voie à l'épanouissement de l'art sculptural et architectural thaï, dont l'influence se prolongea bien après que le royaume qu'ils avaient fondé fut tombé dans l'oubli ».

 

Au fil du texte, le Prince va nous communiquer ce qu’il sait de ce royaume, pour que l’on puisse y voir le berceau de la civilisation thaïe.

RH 11 – LE ROYAUME DE SUKHOTAÏ VU PAR LE PRINCE DISKUL.

Ainsi, dit-il, « la fondation du royaume de Sukhothai remonte sans doute au milieu du 13ème siècle, après que les souverains khmers eurent été chassés. Selon les recherches les plus récentes, on pense que  neuf rois régnèrent successivement à Sukhothai, de 1240 à 1438 environ ». Le « Royaume de Sukhothai » a donc duré deux cents ans « à peine », et « vers la fin du 15ème siècle, la ville de Sukhothai (au sens littéral : « l'aube du bonheur ») connut un abandon presque complet ».

RH 11 – LE ROYAUME DE SUKHOTAÏ VU PAR LE PRINCE DISKUL.

Mais il n’évoquera – lui aussi - que trois rois, à savoir :

 

« Le plus célèbre est probablement  Ram Khamhaeng le Grand, troisième souverain de la dynastie. Sous son règne, le royaume atteignit sa plus grande extension géographique. C'est lui qui créa l'alphabet thaï, en 1293 (sic). (La stèle  dit 1283). De nombreuses légendes le représentent, sous le nom de Pra Ruang, comme un héros doté de pouvoirs magiques considérables. » Le prince ensuite cite abondamment la stèle de 1292, qui dit-il, « fournit de précieux renseignements sur l'administration, d'une bienveillance paternelle, mise en place par le roi Ram Khamhaeng ». (Cf. en note son article)

RH 11 – LE ROYAUME DE SUKHOTAÏ VU PAR LE PRINCE DISKUL.

« Son successeur, le roi Leothai, perdit, semble-t-il, une vaste portion du territoire qu'il avait reçu en héritage ».

RH 11 – LE ROYAUME DE SUKHOTAÏ VU PAR LE PRINCE DISKUL.

Le petit-fils de Ram Kamhaeng, Lithai, qui régna de 1347 à 1368 environ, réunifia de nouveau le royaume sans toutefois lui garantir les limites antérieures. Adepte zélé du bouddhisme Theravada (issu de la secte Shri Lanka), il est le premier souverain thaï à avoir vécu comme un moine pendant une partie de sa vie. Il combattit le puissant royaume d'Ayudhya qui s'était implanté au sud depuis 1350 (sic). Si l'on en croit une pierre gravée, il fut contraint de quitter Sukhothai et de s'installer à Pitsanulok, ville importante située dans la région orientale du royaume.»

RH 11 – LE ROYAUME DE SUKHOTAÏ VU PAR LE PRINCE DISKUL.

« Depuis lors, ajoute-t-il,  bien qu'il y eût trois autres descendants de la dynastie régnante, la cité de Sukhothai perdit sa prééminence au profit de Pitsanulok (ou Kampaengpet, au Sud). Le dernier héritier du trône s'éteignit en 1438, date à laquelle le royaume fut annexé à l'empire d'Ayuthya. »

RH 11 – LE ROYAUME DE SUKHOTAÏ VU PAR LE PRINCE DISKUL.

On peut donc remarquer que nous avons peu avancé dans l’histoire de ce royaume en apprenant :

 

Que le royaume de Sukhotai est bien considéré comme la fondation de la Thaïlande actuelle et le berceau de la civilisation thaïe.

RH 11 – LE ROYAUME DE SUKHOTAÏ VU PAR LE PRINCE DISKUL.

Que seulement 4 rois sur 9 seulement sont nommés en  désignant le roi Ram Khamhaeng le Grand, comme le plus célèbre, en citant abondamment  « la stèle » qui dit-il, « fournit de précieux renseignements sur l'administration, d'une bienveillance paternelle, mise en place par le roi Ram Khamhaeng » et qui atteste que durant son règne le royaume atteignit sa plus grande extension géographique et qu’il créa l'alphabet thaï.

 

Que le royaume est régi par des lois royales mais aussi par la religion bouddhiste. (« Le roi Ram Khamhaeng, père des lois qui régissent la cité, ainsi que les princes et princesses, les gens de haut lignage et du peuple, tous se dévouent à la religion bouddhiste. »)

 

Que le royaume de Sukhotai apporte un art nouveau, spécifique, original. « Les images de Bouddha créées par les sculpteurs thais constituent l'apport le plus original de la période de Sukhothai. Elles offraient une conception nouvelle … ». Il signale également que la découverte de nombreux fours à céramiques atteste d’une forte production.

RH 11 – LE ROYAUME DE SUKHOTAÏ VU PAR LE PRINCE DISKUL.

En effet, nous verrons ultérieurement combien l’art de Sukhotai peut être considéré comme un chef-d’œuvre du premier style architectural et de la statuaire siamois. (Cf. Nos articles 34 et 35 sur ce sujet***) Il prouve pour le moins la fondation d’une nouvelle civilisation qui permet aux Thaïlandais d’être fier de leur pays. Mais l’article du prince Diskul ne nous apprend  rien de nouveau sur l’histoire de ce nouveau royaume et confirme même le peu d’informations historiques sur ce passé.

 

 

Certes il assure que « Anthropologues et ethnologues travaillent en collaboration étroite avec les habitants afin d'étudier les traditions orales, les contes populaires, ainsi que les objets usuels et le mode de vie en général », mais nous n’avons pas encore vu de productions susceptibles de fournir d’autres  informations historiques pertinentes sur ce royaume.

RH 11 – LE ROYAUME DE SUKHOTAÏ VU PAR LE PRINCE DISKUL.

Notes et références.

 

*21. Notre Histoire : Le Royaume de Sukhothaï (1238-1438) vu par le Prince Subhadradis Diskul.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-21-le-royaume-de-sukkhotai-1238-1438-vu-par-le-prince-diskul-102117551.html

 

**Louis Gabaude rend un hommage  au Prince Subhadradis Diskul (1923-2003), In Aséanie 12, 2003. pp. 10-14. Citer ce document / Gabaude Louis. Prince Subhadradis Diskul (1923-2003). In: Aséanie 12, 2003. pp. 10-14.

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/asean_0859-9009_2003_num_12_1_1791

 

***33. Notre Histoire : L’Art de Sukhotai ?

http://www.alainbernardenthailande.com/article-33-l-art-de-sukhotai-105074823.html

 

34. Notre Histoire. Les céramiques de Sukhotai.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-34-les-ceramiques-de-sukhotai-104900952.html

 

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24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 18:04
RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Nous avons vu dans notre article précédent la difficulté d’écrire l’histoire du royaume de Sukhotai, en apprenant que les inscriptions (stèles)  concernant ce royaume étaient peu nombreuses (moins d’une vingtaine) et que les informations qu’elles donnaient étaient très décevantes. Nous allons voir ici que la plus célèbre d’entre elles, appelée la stèle de Ramkhamhaeng (ou Rama Khamhaeng - พ่อขุน รามคำแหง) datée de 1292 et découverte en 1833 par le Prince Mongkut (Le futur Rama IV 1851-1868), bien que considérée comme l'acte fondateur de la nation thaïe suscite bien des questions. Elle a d’ailleurs été l’objet de nombreuses controverses et de nombreuses polémiques. (Cf. sur ce sujet notre article 19*)

 

Notons, tout au plus pour nous en étonner, que, de tous les experts pour beaucoup autoproclamés qui discutent sinon pérorent sur la stèle, à notre connaissance la seule reproduction lisible autre que de lointaines photographies est celle que nous en a donné Pavie en 1898, lesquels l’ont consultée ? Nous n’en connaissons pas de postérieure….

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.
RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.
RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.
RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Il est donc important d’en connaître  le contenu avant de s’autoriser tout commentaire. De nombreux érudits se sont risqués à cet exercice comme par exemple Le R. Bradley,

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Auguste Pavie,

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

et le R. P. Schmitt, que nous avons choisi à tout hasard.

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Il propose sa traduction dans une revue intitulée « Excursions et reconnaissances », d’octobre 1884. (Cf. La traduction en note**)

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Elle se présente sous la forme de 57 séquences (Pourquoi ?) alors que par exemple Pavie a traduit les 124 lignes de la pierre, ligne par ligne, et que Bradley l’a mise en 1909 sous la forme de 9 paragraphes, en ajoutant en marge les sujets traités et en mettant en exposant les lignes concernées  de la stèle.

 

Notons, toujours tout au plus pour nous en étonner, que la traduction française du R.P Schimtt de 1884, est la première avant celle de Pavie, la seconde est, semble-t-il, la dernière. Bradley semble avoir été le seul à en avoir donné une transcription en caractères thaïs contemporains mais ne donne pas d'explications sur les quelques lignes manquantes. Lesquels des experts postérieurs les ont consultés ?

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.
RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.
RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.
RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Ces traductions bien que semblables ne sont pas identiques, en sachant qu’elles relèvent d’un travail de transcription de la « première » écriture thaïe qui comporte aussi, selon Bradley, des mots d’origine indienne, Khamen (Khmer), ou inconnue (11 mots).

 

Notre lecture (Eléments d’un récit possible)  de la traduction du R.P.  Schmitt. (Cf. Dans notre article 20 d’autres éléments possibles **)

 

Notons que le R.P. Schmitt est le seul à donner un assez long glossaire de ce qu’il estime être le sens actuel des mots de la stèle :

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Pavie ne donne pas ses sources (probablement le dictionnaire de Monseigneur Pallegoix de 1854). Le Révérend Bradley donne lui aussi un glossaire.

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Il fait référence à l’ouvrage de Frankfurter de 1900.

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

La stèle est rédigée essentiellement par le roi Ramkamhaeng (Le R.P. Schmitt dit Rama Somdet) qui va raconter les événements de son histoire et du royaume qui l’ont marqué, Il évoquera la loi administrative et religieuse, les usages civils et religieux qui régissent ce pays, et la grandeur du vaste royaume.

 

Ainsi  Il donne sa filiation (Le nom de son  père, (le fondateur du royaume), de sa mère, de ses deux frères et n’oublie pas ses deux sœurs dont il ne donne pas le nom).  Il raconte brièvement son premier fait d’arme à l’âge de 19 ans (L’attaque de Tak par le gouverneur de la ville de Xot, la fuite des gens de son père ; son combat à dos d’éléphant mettant en fuite le seigneur Chon du muang de Chot et comment il fut honoré pas son père par le titre de Phra Rama Somdet). Il se voit comme un jeune guerrier, courageux et valeureux, et comme un bon fils respectueux de ses parents et de son frère quand il régna.

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Il présente ensuite de façon positive la vie et l’administration de son royaume, où tous sont heureux, bénéficient de l’abondance (eau, riz), de la  liberté du commerce, de la justice (héritage préservé pour le cadet ; la justice à l’amiable, la compréhension mutuelle des intérêts de chacun) ; mais une justice intraitable pour les marchands injurieux qui ne peuvent réparer leurs fautes par un don ; ou pour les chefs de bande qui peuvent être mis à mort. D’ailleurs, est-il précisé : Tout habitant de Sukkhotai peut avoir accès à sa justice en actionnant une cloche pour avoir un procès équitable.

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Il aime décrire la grandeur et la beauté de la capitale du royaume (avec ses routes, sa fontaine, l’eau en abondance, ses jardins  de palmiers, d’arecs, de tamariniers, ses statues de bouddha, ses pagodes, sa bibliothèque, ses instituteurs …), et il encourage chacun  à créer des jardins, car il en deviendra le propriétaire. Il n’oublie pas de mentionner les communautés et villages qui sont en dehors de la ville ; A l’Occident, il est honoré par la présence  de la communauté des Hindous-Brahms, appelé ici « les Aryens », à laquelle le roi rend hommage, d’autant plus que tous les instituteurs de la ville de Çri Dhamrammayara y demeurent.

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Il se félicite de la piété et de la générosité de ses habitants qui font des offrandes au roi et aux temples pour acquérir des mérites et qui observent les préceptes pendant la saison des pluies, et  suivent les processions avec respect, tout en s’amusant. Il rappelle la nécessité d’être respectueux envers les esprits et de les honorer si on veut leur protection et le bonheur, car ils peuvent se venger.

 

Le roi évoque ensuite trois événements importants datés qui l’ont marqué durant son règne.

 

En 1281, le roi Ramkamhaeng fit venir un maître qui crée l’écriture siamoise et qui ensuite enseigna tous les Siamois et leur fit connaître le vrai mérite et la vraie foi.

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

En 1285, a été organisé une grande cérémonie qui va durer un mois et six jours pour honorer les reliques devant lui et tous les habitants.

 

Et en 1290, il sera fier d’avoir pu reconstruire la ville de Sachannallai - Sukkhotai, à l’occasion de laquelle il fit tailler un trône  de pierre, où fut organisé de nombreuses  cérémonies, rites, fêtes, et où tous les habitants firent le  serment de défendre la ville et le pays.

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Il termine enfin sur les qualités des habitants du Siam (intelligence, ruse, courage, audace, rudesse, force ), qui  ont fondé un grand royaume « avec beaucoup d’éléphants), en soumettant à l’Orient les villes de Saraluang, Songkhéo, Lumbachai, Sakhathao, sur les bords du fleuve Khong jusqu’à Viengkham, qui font frontière ; au Sud, les habitants de Phra : Bang Phrek, Suvannaphum, Ratxaburi, Phetxaburi …, Cri Dharmmarat, qui fait frontière sur les bords de la mer ; A l’Occident, le pays de Xot, de …, de Hongsawadi Samutra, qu’ils ont fait frontière ; Au Nord, la ville Phlé, la ville Nan, la ville … , la ville Phlaophon, sur le bord du fleuve, la ville de Sava fait frontière.

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Pour terminer avec : « Après cela ils se mirent à installer et à nourrir les habitants des villages et des villes, et tous pratiquèrent la justice. »

 

(Qui devient chez Pavie par exemple : « Après (la conquête) ils se sont livrés à l’agriculture pour nourrir les nombreux habitants des villages et des villes ; tout le monde observe le dharma. »

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Quelques commentaires. (Cf. Article 20 **)

 

A défaut d’histoire, nous avons là une belle hagiographie.

 

Le roi Ramkamhaeng est : bon fils, grand guerrier, grand roi, sage et maître bouddhiste, a été l’initiateur de la création de l’écriture thaïe, et « le chef et le souverain de tous les Thaïs ».

 

Ses qualités sont immenses : Respectueux de ses parents, de ses sujets (même de ses prisonniers. Il ne les frappe pas), juste, généreux, équitable, savant, audacieux, hardi, énergique, fort … Il ne convoite pas les biens d’autrui ; Accorde aide et assistance aux pays qui se mettent sous sa protection, comme à tout sujet « si quelqu’un vient, n’ayant ni éléphants, ni chevaux, ni hommes, ni femmes, ni argent, ni or, il lui en donne et l’aide jusqu’à ce qu’il puisse se constituer son propre état ».

 

Il règne sur un pays stable et prospère, où « les habitants font tous l’éloge du roi », et « se plaisent à observer les préceptes (bouddhistes) et à pratiquer l’aumône », ou « Tous les Ma, les Kao, les Lao, les Thaï des contrées lointaines et les Thai qui vivent le long de la rivière U et du Khong viennent lui rendre hommage ».

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Un pays où les sujets : Ne payent pas de péage ; Sont libres de commercer même les éléphants, l’argent, et l’or ; Ne payent pas de droit de succession, pas de taxes, pas d’impôts (quiconque fait des plantations, en récolte le produit et le garde pour lui-même) ; Ont droit à la justice du roi, rien qu’en sonnant la cloche du palais.

 

La stèle pour le moins propose un modèle idéal : un Roi exemplaire, une  utopie politique, une religion bouddhiste observée par tous. (On se doit « d’observer les préceptes » de Bouddha, de « pratiquer l’aumône », de suivre le calendrier, cérémoniel et les rites  bouddhistes.)

 

Elle montre une société hiérarchisée : avec le roi, la noblesse, les princes, ses  sujets, ses « prisonniers ». (La stèle indique une autre hiérarchie entre éléphants, chevaux, hommes, femmes, argent et or), une société organisée en muang  dans une relation de vassalité au muang « central » (La stèle donne la liste des cités vassales du royaume de Sukhotai en 1292.)

 

Une société néanmoins dépendante d’un double pouvoir royal et religieux en synergie. (Le roi assis sur le nouveau  trône en pierre reçoit en audience, et les moines prêchent la Loi de Bouddha) dans un royaume qui a désormais une écriture (La stèle  indique la date de la création de l’écriture thaïe en 1283)

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

On ne peut manquer d’être étonné par plusieurs omissions : le fait que la stèle n’évoque pas les cérémonies des funérailles du roi précédent et de l’intronisation de Ramkhamhaeng, si essentielles dans la légitimité de tout nouveau règne, comme nous le verrons dans « les Chroniques royales d’Ayutthaya » ; le fait que la stèle  ne remémore qu’un seul fait d’armes alors que Ramkhamhaeng a soumis de nombreux muang et fondé un immense royaume ; le fait qu’il n’est jamais fait mention les dieux hindous (Brahma, Vishnu, etc) et des interventions surnaturelles (tremblement de terre, présages, actions citées des esprits, etc) présentes dans toutes les autres stèles trouvées de cette période ou dans les annales siamoises. On pourrait ainsi multiplier nos étonnements, comme par exemple "l'oubli" du pacte d'amitié de 1287  avec le roi Mangraï du Lanna et  le prince de Phayao pour faire face à la menace mongole ...

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Mais quels que soient  les commentaires et les controverses,  la stèle dite de Ramkhamhaeng de 1292 a été considérée comme l'acte fondateur de la nation thaïe par le roi Mongkut et ses descendants. La mettriez-vous en doute publiquement, qu’il vous en coûterait un procès pour lèse-majesté. ****

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Notes et références.

 

*19. Notre Histoire : « La stèle de Ramakhamhèng (fin du XIIème ou début du XIIIème ?) » http://www.alainbernardenthailande.com/article-19-notre-histoire-la-stele-de-ramakhamheng-101595328.html 

 

Et 20. Notre Histoire : « Le roi  de Sukkhotaï  Ramkhamhèng, selon la stèle de 1292. » http://www.alainbernardenthailande.com/article-20-notre-histoire-le-roi-de-sukkhotai-ramkhamhaeng-selon-la-stele-de-1292-101594410.html

 

**Article de Schmitt, « Les deux Inscriptions de la pagode Phra-kéo à Bangkok, 2ième partie », pp. 169-188, in Cochinchine Française, « Excursions et reconnaissances », VIII, n° 19, septembre, octobre 1884.

 

Schmitt a repéré 22 informations sur le 1er côté de la pierre, 23 à 34 sur  le 2ème côté, 35 à 46 sur le 3ème côté, et 47 à 57 sur le 4ème et dernier côté ; soit 57 informations.

 

Traduction.

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

1) Mon père se nommait  Sri Indra Ditiya et ma mère se nommait   Suang.

2)  Mes frères s’appelaient Ban et Muang. Nous avons eu cinq frères et sœurs du  même père et mère : trois garçons et deux filles.

3) Le frère  qui suivit l’aîné (le cadet) mourut quand il était encore tout petit.

4) Quand je fus devenu grand et que j’eu atteint mes dix-neuf ans, le seigneur de troisième rang, gouverneur de la ville de Xot, vint attaquer la ville de Tak.

5) Mon père alla combattre le seigneur de troisième rang, sur la rive gauche, le seigneur de troisième rang s’avança par la rive droite.

6)  Le  seigneur de troisième rang dispersa le peuple et poursuivit, en se moquant,  mon père était qui avait pris la fuite.

 7) Quant-à moi, je n’ai pas fui. J’ai monté sur  un éléphant, percé la foule et attaqué avant mon père. 

8) Je poussais mon éléphant contre celui du seigneur de troisième rang, je sautais sur l’éléphant du seigneur de troisième rang, surnommé  Mat, de la ville de Phé.

9) Le seigneur de troisième rang tourna le dos et prit la fuite. Mon père alors éleva mon nom au titre de Phra : Rama Somdet pour avoir sauté sur l’éléphant du seigneur de troisième rang.

10) Tant que vivait mon père,  je pris soin de lui; je pris soin aussi  de ma mère. Quand je pus prendre des chevreuils, du poisson, je les portai à mon père.

11) Quand je pus trouver de l’arek, doux ou aigre, bon à manger, je le portais à mon père.

12) Quand je pus, faisant la chasse dans les marais, avoir des trompes d’éléphants, je les portais à mon père.

13) Quand faisant la guerre  aux villages et aux villes, je pris des éléphants, des trompes d’éléphants, des esclaves  hommes et femmes, de l’argent, de l’or, j’en fis mettre à part pour mon père.

14) mon père mourut, il me resta mon frère. Je pleurai mon père, et n’ayant plus à soigner ce dernier,  je continuais les soins à mon frère.

15)  A la mort de mon frère (aîné), le gouvernement me revint avec ses revenus.

16) Sous le règne du seigneur Rama Somdet la ville de Sukkhothaï fut  heureuse. Le poisson abondait dans l’eau et le riz dans les champs. Le seigneur ne prélevait pas d’impôts sur le peuple.

17)  Parmi ceux qui s’associent pour mener les bœufs, monter des chevaux et aller les vendre, s’il y en a qui désirent vendre des éléphants, qu’ils le fassent,  vendre des chevaux, faire le commerce de l’argent et d’or, ils  peuvent le faire.

18) Si parmi le peuple, les princes ou mandarins, quelque individu meurt qui est déjà marié, le chef de la famille demandera ses habits, ses bijoux, ses éléphants pour ses enfants et la veuve qui rentrent dans les rangs du peuple, les jardins d’arec et de bétel seront conservés par le tuteur,  chef de la famille, pour les enfants tout au complet.

19) Le peuple, princes et mandarins, s’il arrive parmi eux une altercation et qu’ils se séparent les uns des autres, après enquête, qu’on me fasse un rapport avec les noms des individus, sans envoyer devant les juges. Je voudrais trouver quelqu’un pour les instruire à ne pas être trop passionnés quand ils voient la richesse leur arriver et à ne pas trop s’affliger quand la richesse leur échappe.

20/ Si quelque marchand vient dans notre royaume et qu’il me fasse injure, s’il n’a ni éléphants, ni chevaux, ni esclaves hommes et femmes, pour me faire réparation de l’injure, que lui-même, avec ses biens, devienne propriété du royaume.

21/ Pour condamner et mettre à mort, il faut faire choix des chefs de bande, des chefs de brigands, qui sont de vrais tigres ; ne pas les tuer ne serait pas bien.

22/ A l’entrée de la porte, il y a une cloche suspendue là ; s’il arrive dans la ville que le peuple ait quelque dispute ou qu’on lui fasse du mal, en allant trouver les princes et les mandarins, le roi ne le saurait pas, qu’il sonne alors cette cloche suspendue là, et le roi Rama Somdet entendra appeler.

Deuxième côté de la pierre.

23/ Après s’être assuré du nom de l’individu et reconnu sa qualité d’habitant de de la ville de Sukkhotai, le roi jugera son procès.

24/ Jardins d’arec, jardins de bétel par toute la contrée, il y en a partout. Les cocotiers sont nombreux par toute la contrée, les jardins de palmiers sont nombreux par la contrée, les manguiers sont nombreux par la contrée, les tamariniers sont nombreux dans cette contrée. Quiconque fait un jardin en devient propriétaire.

25/ Au milieu de la ville de Sukkhotai, il y a une source qui découle d’un rocher avec une eau claire, limpide, bonne à boire ; il faut boire l’eau du fleuve au temps de sécheresse. Le contour de la ville de Sukkhotai, les trois faubourgs compris, mesure trois mille quatre cents va ou brasses (une va a deux mètres)

26/ Les habitants de la ville de Sukkhotai désireux de faire des offrandes, d’acquérir des mérites et d’avoir les bonnes grâces  du seigneur Rama Somdet, gouverneur de la ville de Sukkhotai, tant princesses que princes, lui offrirent des serviteurs, garçons et filles, de toutes les classes de la société, enfants de princes, enfants de mandarins, garçons et filles.

27/ La foule qui fait des offrandes a foi dans la religion du phra : Bouddha, elle observe les préceptes pendant la saison des pluies.

28/ Tout individu, après la saison des pluies, assiste aux processions tout un mois durant, jusque la conclusion. En assistant aux processions,  on fait des offrandes en arec, des offrandes en argent (monnaies), des offrandes en fleurs, des coussins pour s’asseoir, coussins pour dormir.

29/ En célébrant les processions, on fait l’aumône, on joue de la musique, et, à l’entrée de la cour des pagodes, on récite les louanges des processions, jusqu’au moment où l’on entend comme un  tumulte : c’est quand tout le monde est entré et qu’un chacun s’est rangé à sa place ; dès que ce  tumulte se fait d’un bout  à l’autre de la cour de la pagode, à travers les bambous, semblable au bruit de quelque chose qui s’agite, vole, change de place et chasse devant lui, alors qui veut jouer joue, qui veut causer cause, qui veut quitter sa place la quitte.

30/ Notre ville de Sukkhotai a quatre grandes portes tournantes où le peuple peut entrer en foule compacte, pour assister aux fêtes des crémations, aux fêtes ……….., aux fêtes des feux d’artifice.

31/ Dans notre ville de Sukkhotai les routes se croisent, au milieu de la ville ; au milieu de la ville,  il y a des vihâras (pagodes) et de statues de Bouddha en or.

32/ Il y a une bibliothèque, il y a des statues de Bouddha, de grandes, de magnifiques ;  il y a de grands vihâras (pagodes), il y a des vihâras splendides ; il y a des instituteurs …. ; il y a des bonzes, des bonzes vénérables.

33/ Dans le pays qui se trouve à l’Occident de la ville de Sukkhotai, il y a les Aryens. Le seigneur Rama Somdet fait l’aumône au grand chef bonze de l’Assemblée (sangkarat) qui a su retenir par cœur les trois pitakas (corbeilles ou la somme des ouvrages bouddhiques). Tous les instituteurs de notre ville sont tous venus   de la ville de çri Dhamrammayara et demeurent avec les Aryens, qui ont un temple immense très élevé de  grande beauté ; il y a une bibliothèque.

34/ Les aînés de leur race, dans le pays à l‘est de la ville de Sukkhotai ont des vihâras (temples), des instituteurs; ils ont la grande mer ; ils ont des jardins d’arec, ils ont des jardins de bétel ; ils ont des rizières, ils ont des places publiques, ils ont des villes, des villages, des jardins  de manguiers, de tamariniers ; tout charme la vue. Ils portent le toupet.

Troisième côté de la pierre.

35) …. Au Nord de la ville de Sukkhotai, il y a un bazar où les maisons se touchent.

36) Il y a un maitre instituteur, il y a un palais, il y a des jardins d’aréquiers, de cocotiers, il y a des jardins de palmiers, des rizières, des places publiques, des villes, des villages.

37) Il y a là, du côté Sud de Sukkhotai, des vihâras, des instituteurs pour bénir, de célèbres pénitents ; il y a des jardins de cocotiers, de palmiers, de manguiers, des jardins de tamariniers.

38) Il y a des citernes, il y a des lieux de séjour pour les esprits, les dèvas, dans les montagnes ; ceux-ci sont supérieurs à tous ceux de la ville.

39) Quel que soit le seigneur de la ville de Sukkhotai, s’il adore comme il convient et s’il sacrifie (à ces esprits) selon les règles,  notre ville est en sûreté, notre ville est heureuse.

40) Tandis que s’il les adore mal et si les sacrifices ne sont pas convenables, les génies de la montagne ne nous protègent point, et ne nous respectent plus. La ville alors, devra périr.

41) En l’an saka 1212 (C’est de nous : saka ? de l’ére Mahasakarat du Cambodge ; +78 ans de l’ère A. D.),  année du grand dragon, le seigneur Rama Somdet, gouverneur de la célèbre ville de Sajjannallai Sukkhotai, la reconstruisit de nouveau ; il y a cela quatorze ans aujourd’hui.

42) Ensuite il fit tailler par les ouvriers un trône en pierre qu’il plaça sur la nouvelle place publique ; à ce moment-là, le jour et le mois prescrits, le huitième mois à la lune croissante, le jour du lundi, tout un mois plus huit jours du mois suivant,

43/ La foule des instituteurs, les bonzes ainsi que le grand bonze, montèrent s’asseoir sur le trône de pierre, ils récitèrent les préceptes aux fidèles qui, en grand nombre offrirent des présents et observèrent le jeune.

44) Le jour où les bhikhous (talapoins) récitèrent les préceptes, le seigneur Rama Somdet, gouverneur de Çri Sajjannallai Sukkhotai monta s’asseoir sur le trône en pierre pour se voir présenter les fils de princes et de mandarins, et se voir recevoir de la foule le serment de défendre la ville et le pays.

45) Pendant un mois entier, selon la coutume, on fit des fêtes à installer l’éléphant blanc, qui fut nourri par les révoltés ; on dora son beau palais. De même pour le taureau appelé Rupa Çri (l’excellente  créature), le seigneur Rama Somdet le monta  pour aller faire ses dévotions dans le vihâra des Aryens et revenir.

46) Il y a une inscription dans la ville Xalieng Sakhahok, avec les précieuses reliques ; une inscription dans une caverne appelée la bénédiction de Rama ; une inscription dans la caverne de la source précieuse ; au milieu de la forêt. En ce moment nous avons deux sâlas (caravansérails), qu’on appelle, l’un le Sâla phra : Masa (doré), l’autre le bouddhabala (la force de bouddha). Cette pierre-ci (la pierre de cette inscription même), nous l’appelons Manga sila (pierre glorieuse). Ces faits ont été incisés dans la pierre pour que tout le monde les  puisse voir.

Quatrième et dernier côté de la pierre.

47) Le seigneur Rama Somdet, fils du seigneur Cri Indrathitya, fut seigneur de la ville de Çri Sajjannallai Sukkhotai, tous les habitants, les Makhaos, les Laotiens et les Siamois de la province, ceux de la plaine et tous ceux qui vivent le long des canaux et des rizières vinrent se réunir.

48) En l’an saka 1207 (1285 A.D.), année du porc, il fallut creuser et retirer toutes les reliques pour les voir, les honorer en faisant des offrandes.

49) Après un mois et six jours, on les enterra au milieu de la ville de Sajjannallai Sukkhotai ; on construisit des chétis (sic) (tours) sur ces reliques, Jusqu’au nombre de six ; et pour tout compléter, on éleva autour des glorieuses reliques une triple enceinte avec colonnes en pierres.

50) Autrefois l’écriture siamoise n’existait pas encore. En l’an saka 1203 (1281 A.D.), année de la chèvre, le seigneur Rama Somdet fit venir un maître qui sut créer l’écriture siamoise ; depuis lors l’écriture siamoise a demeuré. Ce maître bienfaiteur a  lui-même fait cette inscription.

51) Le seigneur Rama Somdet le fit venir comme maître et instituteur de tous les Siamois, comme précepteur pour enseigner tous les Siamois et leur faire connaître le vrai mérite et la vraie foi.

52) Les habitants du pays de Siam n’ont pas leur pareille en intelligence, en ruse, en courage, en audace, en rudesse, en force ; ils ont su vaincre la foule des ennemis, ils ont un grand royaume, beaucoup d’éléphants.

53) Ils ont soumis à l’Orient les villes de Saraluang, Songkhéo, Lumbachai, Sakhathao, sur les bords du fleuve Khong jusqu’à Viengkham, qui font frontière.

54) Dans le Sud, ils ont soumis les habitants de Phra : Bang Phrek, Suvannaphum, Ratxaburi, Phetxaburi …, Cri Dharmmarat, qui fait frontière sur les bords de la mer.

55) A l’Occident, le pays de Xot, de …, de Hongsvadi Samutra, qu’ils ont fait frontière.

56) Au Nord, ils ont soumis, la ville Phlé, la ville Nan, la ville … , la ville Phlaophon, sur le bord du fleuve, la ville de Sava fait frontière.

57) Après cela ils se mirent à installer et à nourrir les habitants des villages et des villes, et tous pratiquèrent la justice. 

Ensuite le R.P. Schmitt présente en deux pages : « Les cérémonies religieuses mentionnées dans l’inscription ».

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Ainsi pour la traduction de Schmitt, nous pouvons proposer les séquences  suivantes :

1/ Lignes 1-3 : La filiation

2/ 4-9 : le futur roi est un jeune prince courageux et un guerrier redoutable. Il vient au secours de son père et défait à dix-neuf ans, le seigneur de troisième rang, gouverneur de la ville de Xot qui vint attaquer la ville de Tak. Son père l’honore du titre de Phra : Rama Somdet pour avoir sauté sur l’éléphant du seigneur de troisième rang surnommé  Mat, de la ville de Phé).

 3/ 10-15.   Le jeune prince est respectueux et prend soin de son père et de son frère.

4/ 16-23 : Le règne du roi qui présente lui-même la vie et l’administration de son royaume : heureux, abondant (eau, riz), liberté du commerce, juste (héritage préservé pour le cadet. Privilégie la justice à l’amiable,  la compréhension mutuelle des intérêts de chacun ; mais est intraitable pour une injure qu’un marchand ne peut réparer que par un don ; ou pour les chefs de bande qui peuvent être mis à mort. Tout habitant de sukkhotai peut avoir accès à sa justice en actionnant une cloche pour avoir un procès équitable.

5/ 24-25 : Description de la beauté de la capitale du royaume, encouragement à créer des jardins (on en devient le propriétaire).

6/ 26-29 : Religion.  Ses habitants sont généreux (font des offrandes au roi et aux temples pour acquérir des mérites et observe les préceptes pendant la saison des pluies. Suit les processions avec respect, s’y amuse, s’y sent bien.

7/ 30-32 : Revient sur la description de la capitale, (routes, statues de bouddha, pagodes bibliothèque, instituteurs …

8/ 33- 38 : Décrit les communautés et villages qui sont en dehors de la ville. (De l’occident, les Aryens (Hindou-Brahms) ;  à l’orient, du nord au sud. A l’Occident, il est honoré par la présence  de la communauté des Hindous-Brahms, appelé ici « les Aryens », à laquelle le roi rend hommage, d’autant plus que tous les instituteurs de la ville de çri Dhamrammayara y demeure.

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

9/  39-40 : Religion.  Il convient d’être respectueux et d’honorer les esprits si on veut leur protection et être heureux, sinon ils peuvent se venger.

10/ 41- 45 : En l’an 1290, reconstitution de la ville de Sachannallai Sukkhotai, taille d’un trône  de pierre, cérémonies, rites, fêtes,   serment de défendre la ville et le pays.

11/ 46. Signale le lieu de trois autres inscriptions et que cette stèle est la pierre glorieuse.

12/ 47-49. Un événement important : En 1285, a lieu devant le roi et tous les habitants, une grande cérémonie qui va durer un mois et six jours pour honorer les reliques.

13/ 50-51 : Création de l’écriture siamoise.  En 1281, le roi Ramkamhaeng fait venir un maître qui crée l’écriture siamoise et qui ensuite enseigna tous les Siamois et leur fit connaître le vrai mérite et la vraie foi.

14/ 51- 57 : Les habitants du Siam ont beaucoup de qualités (intelligence, ruse, courage, audace, rudesse, force ) ; Ils ont fondé un grand royaume,  en vainquant leurs ennemis du nord au sud et de l’est à l’ouest, (53-56, énumération des 15 villes vaincues) ; un grand royaume où tous ont de quoi manger et de pratiquer la justice.

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

D’autres traductions :

 

Bradley in , « The oldest known writing in Siamese, the inscription of Phra Ram Khamhaeng of Sukkhotai, 1293 A. D. », (by Cornelius Beach Bradley, A. M., Professor of rhetoric in the University of California, Bangkok, 1909)

 

Bradley donne le texte original tel que gravé, ligne par ligne :

 

Soit pour la 1ère face : 1-35 (35 lignes) ; La 2ème face : 36-70 (34 lignes) ; La 3ème face : 71-97 (26 lignes) ; La 4ème face :  98-124 (26 lignes).

 

Il explique ensuite en citant les lignes ou groupe de lignes les difficultés rencontrées dans la traduction.

 

Il traduit en anglais mais sous la forme de paragraphes, en ajoutant en marge les sujets traités et en mettant en exposant les lignes concernées  de la stèle. Parfois certains d’entre eux sont en fin de § à cheval sur 2 §.

 

 Ses 9 paragraphes concernent :

 

 §1 : Ses origines et sa famille, son jeune exploit guerrier (Ligne 1-10). §2 : Sa dévotion filiale au père et au frère  (11-17). §3 : Son règne prospère ; la liberté et la sécurité ; la justice ; généreux traitement donné aux visiteurs ; l’appel au prince (17-36). §4 : La capitale   (36-43). §5 : Religion (44-55). §6 : Objets d’intérêts (sur la cite de Sukhotai …)   (56-Début 80). §7 : Les inscriptions, leurs localisations. (Fin 80-100). § 8 : La 1ère écriture siamoise  (100-début 108). Et §9 : Epilogue. (Fin 108- 124)

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Ou bien la traduction de Pavie in « Mission Pavie, Indo-chine 1879-1895. Etudes diverses II, Paris, 1898 », « Inscription thaïe du roi Rama Khomheng, groupe Sajjanayya Sukhodaya, recuellie au Vat Phrakéo à Bangkok en août 1883, (planches 1, 2, 3 ,4.), pp. 176-201.

Il commence avec une notice qui nous donne – entre autre - le sujet de cette stèle, « le roi Rama-Khomheng, après nous avoir fait connaître ses prédécesseurs : Çri Indrâtitya, son père qui fut probablement (remarquer le probablement) le premier roi thaï de ce royaume, et son frère Bân, nous raconte les aventures de sa jeunesse. Il donne ensuite la constitution de son royaume, tant administrative que religieuse. Il a fait graver sur cette pierre la loi qui régit ce royaume, pour que le peuple en prît connaissance. Les usages civils et religieux indiqués sur cette inscription sont encore aujourd’hui mis en pratique, dans le pays de Siam sans changement notable. Cette inscription est restée la base fondamentale de leur vie civile et religieuse. » (Nous sommes en 1883)

Après avoir donné sa transcription des 124 lignes de la pierre, il propose sa traduction ligne par ligne, en ajoutant des notes explicatives en bas de page.

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Voir aussi : Barend Jan Terwiel, “The Ram Khamhaeng inscription, the fake that did not come true.” http://www.reihe-gelbe-erde.de/rge/bilder/005.pdf

                                           ---------------------

Pour les controverses. Entre autres :

 

Notre article 19. Notre Histoire : « La stèle de Ramakhamhèng (fin du XIIème ou début du XIIIème ?) » http://www.alainbernardenthailande.com/article-19-notre-histoire-la-stele-de-ramakhamheng-101595328.html

 

Et « The inscription and its image of a Sukhothai utopia remain central to Thai nationalism, and the suggestion it may have been faked caused Michael Wright, an expatriate British scholar, to be threatened with deportation under Thailand's lèse majesté laws » (In Seditious Histories: Contesting Thai and Southeast Asian Pasts, by Craig J. Reynolds. University of Washington Press, 2006, p. vii . (Wikipédia)

 

Et : « Récréations épigraphiques (2 2). Un western épigraphique : le cas du Ramkhamhaeng », by Jean –Michel Filippi, 28 juin 2012

 

https://kampotmuseum.wordpress.com/tag/the-ramkhamhaeng-controversy/

 

 

 

 

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