Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • Le blog des Grande-et-petites-histoires-de-la-thaïlande.over-blog.com
  • : Alain et Bernard, 2 retraités, mariés avec des femmes de l'Isan,veulent partager leurs découvertes de la Thaïlande et de l'Isan à travers la Grande Histoire et ses petites histoires,culturelles,politiques,sociales ...et de l'actualité.
  • Contact

Compteur de visite

Rechercher Dans Ce Blog

Pourquoi ce blog ?

  Il était une fois Alain, Bernard …ils prirent leur retraite en Isan, se marièrent avec une Isan, se rencontrèrent, discutèrent, décidèrent un  jour de créer un BLOG, ce blog : alainbernardenthailande.com

Ils voulaient partager, échanger, raconter ce qu’ils avaient appris sur la Thaïlande, son histoire, sa culture, comprendre son « actualité ». Ils n’étaient pas historiens, n’en savaient peut-être pas plus que vous, mais ils voulaient proposer un chemin possible. Ils ont pensé commencer par l’histoire des relations franco-thaïes depuis Louis XIV,et ensuite ils ont proposé leur vision de l'Isan ..........

(suite cliquez)   POURQUOI CE BLOG ?

Pour nous contacter

Merci d’être venu consulter ce blog. Si vous avez besoin de renseignements ou des informations à nous communiquer vous pouvez nous joindre sur blogthailande@yahoo.fr

26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 18:04
RH 12 -  LA REPRÉSENTATION  DU TERRITOIRE DU ROYAUME DE SUKHOTAI DURANT LE RÈGNE DU ROI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

Et de la nécessité de connaître le concept de « muang ».

 

La stèle dite de Ramkhamhaeng de 1292 nous informe que le royaume de Sukhotai comprenait alors 22 cités* (ou muang) dont l’étendue allait de Nakhon Si Thammarat dans la péninsule malaise au Sud et de Martaban (Birmanie actuelle)  à Luang Prabang et Vientiane  au Nord. Elle affirme également que le roi Ramkhamhaeng était  « le chef et le souverain de tous les Thaïs »,  avec  « Tous les Ma, les Kao, les Lao, les Thaï des contrées lointaines et les Thai qui vivent le long de la rivière U et du Khong (qui) viennent lui rendre hommage ». Elle a certes pour fonction d’exprimer la grandeur du roi, son prestige, l’étendue de son royaume, mais l’inconvénient  de ne pas nous informer sur la géopolitique de l’Asie du Sud-est pourtant si riche en événements en cette fin du XIIIème siècle, ni de nous aider à comprendre le système pyramidal d’intégration des territoires conquis, les réseaux d’alliance des muang, leurs rivalités, leurs révoltes, leur opportunisme pour renverser  les alliances établies. (Cf. Nos articles pour comprendre ce concept) **)

RH 12 -  LA REPRÉSENTATION  DU TERRITOIRE DU ROYAUME DE SUKHOTAI DURANT LE RÈGNE DU ROI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

D’ailleurs Ramkhamhaeng raconte lui-même sur la  stèle, que le jour de ses 19 ans,  il avait  contre-attaqué le gouverneur de la ville de Xot qui avait attaqué la ville de Tak et mis en fuite son père, en réussissant à monter sur l’éléphant Mat du gouverneur de la ville de Phré qui fut défait.

RH 12 -  LA REPRÉSENTATION  DU TERRITOIRE DU ROYAUME DE SUKHOTAI DURANT LE RÈGNE DU ROI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

De même nous savons que le royaume de Sukhotai n’était pas seul sur ce territoire qui deviendra le Siam. S’il a pu s’affranchir de l’Empire Khmer en 1238, le roi Mangraï du Lanna au Nord a pu également le faire en 1262, en mettant également sous sa coupe d’autres muang  plus petits, tandis que la cité de Phayao, par exemple  ne relevait pas de leur puissance. Et l’ensemble des muang thaïs était, selon leur position géographique et la période, sous la menace et les incursions d’autres puissances régionales, comme les royaumes d’Annam, du Champa, de Pagan en Birmanie (Dont il fut un vassal), et de l’Empire khmer, certes déclinant mais encore puissant, et surtout des Mongols à partir de 1271.

RH 12 -  LA REPRÉSENTATION  DU TERRITOIRE DU ROYAUME DE SUKHOTAI DURANT LE RÈGNE DU ROI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

En effet, Kubilaï, était devenu en 1260, le grand khan des Mongols, et avait fondé  la dynastie Yuan en 1271 ; Il avait achevé la conquête de la Chine en renversant la dynastie Song en 1279, pour tenter ensuite de conquérir d’autres royaumes (Cf. Les tentatives d'invasion du Japon  (1268-1281), de Java (1292) et des Daï Viet et du Champa (1281-1288)). (Cf. Notre article 25***)

RH 12 -  LA REPRÉSENTATION  DU TERRITOIRE DU ROYAUME DE SUKHOTAI DURANT LE RÈGNE DU ROI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

Le roi Narathihapati de Pagan (Birmanie) avait cru pouvoir les vaincre et  les avait attaqué en 1277 à Ngasaunggyan au Yunnan. Il avait subi une défaite cinglante, à la suite de laquelle les Mongols  avaient envahi dès 1283 le nord de la Haute Birmanie et établi des garnisons. Ils profiteront  de l’assassinat du roi par son fils  Thihathu,  pour descendre la vallée de l’Irrawaddy et écraser le nouveau roi en 1287, défaite qui fera éclater le royaume et le fera disparaître. (A l’issu duquel on verra la création du royaume éphémère  de Myinsaing (1298 -1313) fondé par trois frères shans, officiers  de l’Ancien royaume de Pagan,) 

RH 12 -  LA REPRÉSENTATION  DU TERRITOIRE DU ROYAUME DE SUKHOTAI DURANT LE RÈGNE DU ROI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

Dans ce contexte géopolitique, on peut comprendre que le roi Ramkhamhaeng qui débute son règne en 1279 connait la nouvelle puissance du nouveau royaume thaï de Lanna (créé en 1262), et la défaite cinglante du roi de Pagan (Birmanie) contre les Mongols et ,plus tard, la fin du royaume de Pagan en 1287, créant d’autres menaces à ses « frontières » de l’Ouest. Des annales chinoises prétendent même  qu’il effectuera une ambassade en 1282 auprès de Kubilaï Khan et fera allégeance. (Cf. Henri Cordier dans son livre « Histoire générale de la Chine et ses relations avec les pays étrangers », (1920. Cf. note 10) signale des ambassades de Sukhotai en 1282 et en 1323.)

RH 12 -  LA REPRÉSENTATION  DU TERRITOIRE DU ROYAUME DE SUKHOTAI DURANT LE RÈGNE DU ROI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

Estimant peut-être que cette allégeance le protégeait, il n’hésitera pas, avec l’aide des Mongols disent certains,  à attaquer Luang Prabang en 1286  et a renversé le roi Phana Lang avec l’aide du prince héritier Souvanna Khamphong. (Cf. Françoise Capelle in Luang Prabang, La cité du Bouddha d’or et du Flamboyant****)

 

Est-ce pour rassurer le roi Mangrai de Chiengmai et le Prince de Phayao, qu’il va établir une Alliance en 1287 avec eux ? Qui le sait ? Car nul ne connait les modalités de ce pacte, et les controverses dès lors sont possibles.  

RH 12 -  LA REPRÉSENTATION  DU TERRITOIRE DU ROYAUME DE SUKHOTAI DURANT LE RÈGNE DU ROI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

Le site de  l’Université de Chiangmaï, nous dit qu’ « En 1280, les Mongols auraient attaqué Rung Chiang, mais il (Mengraï) aurait réussi à les repousser. En 1315 et 1325 ( ?)  il a ou aurait envoyé une délégation de la paix aux Mongols. Mais à l’inverse de Ramakhamhaeng, il n’a ou n’aurait jamais fait acte d’allégeance aux Mongols » (Cf. Notre article 27 sur  la formation du Lanna) Des annales du Lanna racontent que non seulement Mengraï a repoussé les Mongols en 1280, mais aussi  en 1308 et que la guerre a continué jusqu’en 1311.

RH 12 -  LA REPRÉSENTATION  DU TERRITOIRE DU ROYAUME DE SUKHOTAI DURANT LE RÈGNE DU ROI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

(D’autres sources affirment, qu’en 1301,  les Mongols échouent dans leur volonté de faire tomber le nouveau royaume de Myinsaing pour imposer leur roi à Pagan et abolirent leur province de Chiang-Mien, centrée sur Tagaung,  pour se retirer entièrement de Haute-Birmanie et rapatrier toutes leurs troupes au Yunnan en 1303!) (Cf.***)

RH 12 -  LA REPRÉSENTATION  DU TERRITOIRE DU ROYAUME DE SUKHOTAI DURANT LE RÈGNE DU ROI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

 Le site  « MerveilleuseChiang-Mai »  rappelle une légende très populaire qui donne une autre origine à cette triple alliance (amitié, adultère, magie, arbitrage et réconciliation). (Cf. En note le résumé*****). L’auteur, l‘un des meilleurs connaisseurs du Lanna, estime que si peut-être Ramkhamhaeng a pu commettre l’adultère, l’alliance conclue a des origines historiques qui s’expliquent par la victoire définitive de Kubilaï Khan contre les Song en 1279, qui seul maître en Chine pouvait désormais jeter son dévolu contre le Japon qui lui résistait et le Sud-est asiatique. (Cf. Les tentatives d'invasion du Japon  (1268-1281), de Java (1292) et des Daï Viet et du Champa (1281-1288)). « Au Sud-est asiatique, les Sino-Mongols attaquèrent sur deux fronts, au nord-ouest et à l’est. Car les montagnes du nord étaient toujours un rempart difficile à franchir. Sans doute, comme à son habitude, avant d’en venir à la manière forte, il dut envoyer des émissaires pour demander le versement d’un tribut, c’est-à-dire obtenir acte de vassalité des royaumes de ces régions. Ainsi en 1281, Indravarman VI, maharadja du royaume de Champa, accepta un protectorat mongol

RH 12 -  LA REPRÉSENTATION  DU TERRITOIRE DU ROYAUME DE SUKHOTAI DURANT LE RÈGNE DU ROI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

Et quelques mois plus tard, en 1282, Ramkhamhaeng,  cinq mois après son avènement, envoya une mission en Chine. Pourquoi ?» Ensuite l’auteur raconte que le peuple du Champa refusa le protectorat mongol et comment les Mongols et les Chinois après leur victoire écrasante en 1283 contre l’armée birmane, subirent une lourde défaite en 1285 au Champa et en Annam. Après l’échec de ces deux tentatives d’invasion, Kubilai Khan va suspendre les préparatifs d’invasion du Japon pour concentrer ses forces pour une  troisième tentative d’invasion en Asie du Sud-est. En 1287, au nord-ouest ils commençaient leur 3ème campagne birmane qui allait mettre fin au royaume de Pagan et « à l’est, une « armada chinoise » sans précédent, se préparait à  un titanesque débarquement pour écraser une fois pour toutes, l’Annam et le Champa. » Ce sera un échec.

RH 12 -  LA REPRÉSENTATION  DU TERRITOIRE DU ROYAUME DE SUKHOTAI DURANT LE RÈGNE DU ROI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

L’auteur constate que les trois souverains thaïs ne pouvaient que se sentir menacés et doutaient de la résistance birmane, surtout après la cuisante défaite du roi Narathihapati en 1283. D’ailleurs « à l’avènement de Kyozwa en février ou mars 1287, la plupart des vassaux de Pagan se révoltèrent et refusèrent de lui verser tribut. » Les trois rois thaïs (sans doute informés, mais les chroniques du Lanna n’en disent mot préférant la légende) en tous cas, crurent bon  de se prêter assistance lors d’un serment solennel en 1287 pour faire face  à toute attaque. Et l’auteur de conclure : « les « bâtisseurs » du royaume thaïlandais, constitué de différents peuples, ont fait de ce serment, l’un des nombreux symboles de l’unité thaïlandaise. »

 

L’unité thaïlandaise?  Ramkhamhaeng, « le chef et le souverain de tous les Thaïs » ? Le souverain incontesté d’un immense royaume de muang vassalisés ?

RH 12 -  LA REPRÉSENTATION  DU TERRITOIRE DU ROYAUME DE SUKHOTAI DURANT LE RÈGNE DU ROI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

Dans une période où on assistera à la fin de la Dynastie Song, la prise de la Chine par les Mongols, la disparition du premier empire birman (1044-1287), les tentatives mongoles d'invasion du Japon  (1268-1281), de Java (1292), des Daï Viet et du Champa (1281-1288) ; Les  créations des principautés Shans au Nord (mercenaires du Nan Chao, chargés par Kubilai khan d'occuper la Région du Nord)), qui ont décidé  de se passer de la suzeraineté de la Chine, du royaume éphémère  de  Myinsaing (1298 -1313) au centre, du royaume mône d’ Hanthawaddy (1287-1539), (ou Ramanya ou royaume de Pegu/Martaban (les deux capitales)   fondé  par Waruru au Sud.

RH 12 -  LA REPRÉSENTATION  DU TERRITOIRE DU ROYAUME DE SUKHOTAI DURANT LE RÈGNE DU ROI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

Ah ! Que l’histoire officielle est loin des réalités historiques.

RH 12 -  LA REPRÉSENTATION  DU TERRITOIRE DU ROYAUME DE SUKHOTAI DURANT LE RÈGNE DU ROI RAMKHAMHAENG (1278-1317).

NOTES ET RÉFÉRENCES.

 

*« A l’est : Sra Luang, Song Kwae, Lambachaî, Sakha, les rives du Khong (Mékong), Wiangchan, Wiangkham. Au sud : Khonti, Phra Bang, Phraek, Suphannaphumi, ratchaburi, Phetchaburi, Sri Dhammaraja. A l’ouest : Muang Chot, Muang …n , Hongsawadi. Au nord : Muang Phrae, Muang Man, Muang N…, Muang, Phlua, et de l’autre côté du Khong, Muang Chawa. »

Coedès signale même que les annales du Viet-nam évoquent des incursions de Ramkhamhaeng au Champa. (In Les Etats hindouisés d'Indochine et d'Indonésie.)

 

**15. Notre Histoire. Le muang ?

http://www.alainbernardenthailande.com/article-15-le-muang-selon-michel-bruneau-99865623.html

Le muang,  est une clé essentielle, reconnue par tous, pertinente depuis l’origine jusqu’ à nos jours, couvrant tous les Territoires des Taï, pour comprendre leur identité, leur organisation territoriale, politique et religieuse.

« De nombreux auteurs citent la notion « de système d’emboîtement » de Georges Condominas pour expliquer le modèle pyramidal d’intégration des territoires conquis et de hiérarchie des catégories sociales :

« On a ainsi une société englobante et hiérarchisée : le phi müong, le génie tutélaire de la principauté « couvre » les différents phi ban, les génies tutélaires de chacun des villages que contient le müong. »

ou celui du parasol de Jean-François Papet :

« Au sommet, un vaste , le royaume ou müang « père », « coiffe » quelques grands parapluies, les principautés, ou müang « enfants », qui à leur tour « coiffent » plusieurs petites ombrelles, ou müang « petits enfants ». Enfin, au bas de l’échelle, le müang de base « coiffe » un certain nombre de villages ban ordonnés hiérarchiquement en fonction de la distance qui les sépare de la ville » (cités par Evrard).

 

Sur le plan politique, à chacun de ses niveaux hiérarchiques correspond un espace territorial plus ou moins vaste et une hiérarchie parallèle des fonctions politiques, le cao müang exerçant son autorité sur le chef du village cao ban ou « père du village pho ban dirigeant à son tour chaque chef de maisonnée pho heuen.

 

Sur le plan religieux, les entités spirituelles sont également hiérarchisées en phi müang divinité du müang), phi ban (divinité du village) et phi heuen (esprit des ancêtres). Le bouddhisme theravada est venu se superposer sur cette hiérarchie (les grades donnant droit à des fonctions et interprété comme un « mérite » gagné.). »

 

16. Notre Histoire : La conquête du « Siam » par les muang.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-16-notre-histoire-la-conquete-du-siam-par-les-muang-99006690.html

 

22. Notre Histoire : Le Royaume de Sukhothaï (1238-1438).

http://www.alainbernardenthailande.com/article-22-notre-histoire-le-royaume-de-sukhotai-1238-1438-102400771.html

 

24. Notre Histoire. Sukkhotai, un  nouveau pouvoir dominant en Asie du Sud-Est à la fin du XIII ème siècle.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-24-sukhotai-un-nouveau-pouvoir-dominant-en-asie-du-sud-est-a-la-fin-du-xiiieme-siecle-102975663.html

 

***25. Notre Histoire. Le roi Ramkhamhaeng de Sukhotaï et  les Mongols de Chine.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-25-notre-histoire-le-roi-ramkhamhaeng-de-sukhotai-et-les-mongols-de-chine-103323661.html

****Françoise Capelle in Luang Prabang, La cité du Bouddha d’or et du Flamboyant, (Ed. Thalia),  signale qu’en :

« 1271 ou 1272, Phana Lang accède au trône. Désormais, les renseignements sont beaucoup plus nombreux et l’on peut faire un compte-rendu plus exact des faits. 1286 marque un tournant. Les Mongols et Sukhotai renversent Phana Lang avec l’aide du prince héritier Souvanna Khamphong. Avec la mort de Phana Lang en 1316, Suvanna Khampong devient roi. (Mais Phana Lang avait exilé son fils Phi Fa, absent de Luang Prabang jusqu’en1330. L’épopée de Fa Ngum marque le début de la période historique et la naissance officielle du royaume en 1353). »

 

*****Voir le site http://merveilleusechiang-mai.blog4ever.com/blog/article-339774.html

In http://www.merveilleusechiang-mai.com/mengrai-15-a-la-legende-de-la-triple-alliance-1

 

La légende. 

 

On y apprend entre autre que Ramkhamhaeng était ami d’enfance du roi de Phayao, Phayao Ngam Muang ; qu’il tomba amoureux plus tard d’une de ses reines ; que Ngam Muang, trompé, se vengea avec l’aide de la magie, le mit en prison ; mais se refusait à le tuer pour préserver la paix entre les deux royaumes ; il fit appel alors à l’arbitrage de Mangraï auquel il reconnaissait de grands mérites et avec lequel il avait établi une alliance dès 1276. Le roi de Sukhotai reconnut l’adultère et accepta le verdict de Mangraï ( payer 990 000 cauris) ; Mais Ngam Muang craignant la vengeance magique de Ramkhamhaeng, se plaignit à Mangraï qui eut l’idée d’organiser une grande cérémonie de réconciliation, qui scelle leur amitié indéfectible.

Pour  le commentaire de l’auteur du site sur cette légende et la situation historique de l’époque ; Cf. : http://www.merveilleusechiang-mai.com/mengrai-15-b-des-dessous-feminins-au-dessous-des-cartes-ou-la-triple-alliance

Le site de l’Université de Chiangmai :

 

http://www.sri.cmu.ac.th/~elanna/elanna_eng/public_html/home/home.htm

 

L’ attaque des Mongols au Lanna en 1300 qui se serait terminée en 1303. Henri Cordier, citant le jésuite  RP. Gaubil nous donne même des noms, les circonstances et décrit la résistance et la défaite :

 

Timour, qui s’était corrigé des habitudes d’ivrognerie de sa jeunesse, se montra un excellent Prince ; il fait la paix avec le Ngan Nan, ouvrit les communications avec l’Inde et termina les affaires du Mien. Il fut moins heureux en entreprenant une campagne contre le lointain royaume laotien de Xien Mai ou Muong Yong, habité par les Pa-pe Si-Fu ou Bât-bä T’uc-phu, qui se nomment eux-mêmes Thai niai ou grand Thaï. « L’an 1300, un des généraux représenta (sic) que le royaume de Papesifou ne voulait pas recevoir le calendrier de l’empire, et priait l’Empereur de lui permettre d’aller avec des troupes forcer ce royaume à suivre la forme d’année chinoise et à compter les lunes, comme les sujets de l’Empereur. Un des ministres, appelé WEN TSEU, regarda cette affaire comme sérieuse et persuada l’Empereur, à la 12ème lune de l’An 1300, d’attaquer le royaume de Papesifou. Alahasun s’opposa à cette résolution, et soutint que les peuples qu’on voulait attaquer étaient des barbares, qu’on pouvait instruire si on voulait, mais à qui il serait inutile et dangereux de faire la guerre. L’Empereur ne dit rien au ministre Alahasun, mais, contre sa coutume, il s’emporta contre un mandarin qui voulait faire des représentations (sic). 20 000 hommes furent commandés pour attaquer Papesifou. LIEOU CHEN qui, le premier, conseilla cette guerre, fut nommé général de l’Armée ».(Gaubil, pp. 227-228)

 

Ce fut un désastre : la faim décima les troupes harcelées par les tribus de la frontière qui se livrèrent au pillage ; on fut obligé d’appeler des troupes du Hong Kouang, du Chen si, du Se Tch’ouan et du Yun Nan ; cette guerre malheureuse ne fut terminée qu’en 1303 ; Lieou Chen, qui en était la cause eut la tête tranchée.

 

Cf. aussi Henri Cordier, Histoire générale de la Chine et ses relations avec les pays étrangers, Librairie Paul Gauthier, 1920.

 

 

RH 12 -  LA REPRÉSENTATION  DU TERRITOIRE DU ROYAUME DE SUKHOTAI DURANT LE RÈGNE DU ROI RAMKHAMHAENG (1278-1317).
Repost 0
Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans NOTRE RÉCIT DE LA THAÏLANDE.
commenter cet article
5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 18:01
RH 11 – LE ROYAUME DE SUKHOTAÏ VU PAR LE PRINCE DISKUL.

Il nous a paru intéressant de reprendre ici un article intitulé «Avec l’aide de l’Unesco, la Thaïlande restaure la splendeur d’une ancienne cité bouddhique » du Prince Subhadradis Diskul**, paru dans « Le Courrier de l’UNESCO » de juin 1979, qui expose certes  le projet de restauration du site de Sukhotai, en en décrivant la beauté, les principaux temples, les chédis, les statues de Bouddha retrouvées, caractéristiques de l’art de Sukhotai, témoins d’une capitale prestigieuse, mais aussi qui propose une introduction historique de ce royaume. Cette présentation avait l’avantage de venir d’un historien et archéologue thaï prestigieux et de surcroît fils du prince Damrong, « père » de l'histoire thaïe et ministre éminent du roi Chulalongkorn. (Cf. Son portrait in **)

RH 11 – LE ROYAUME DE SUKHOTAÏ VU PAR LE PRINCE DISKUL.

Quelle ne fut pas notre surprise de constater, une fois de plus, que les données sur ce royaume étaient limitées, hypothétiques, incertaines, imprécises ; ce que le prince ne cachait nullement en multipliant au fil de son texte les « sans doute », « on pense que », « environ », « Probablement », « semble-t-il », et le savoureux « Si l'on en croit une pierre gravée » évoquant la stèle de Ramkhamhaeng. 

RH 11 – LE ROYAUME DE SUKHOTAÏ VU PAR LE PRINCE DISKUL.

On y apprenait :

 

Qu’en « En se révoltant contre leurs souverains Khmers et en proclamant le premier royaume indépendant thaï de Sukhothai au 13ème siècle, les deux chefs thaïs,  Phra Muang et Bang Khang Thao, ne jetèrent pas seulement les fondations de la Thaïlande actuelle, ils ouvrirent aussi la voie à l'épanouissement de l'art sculptural et architectural thaï, dont l'influence se prolongea bien après que le royaume qu'ils avaient fondé fut tombé dans l'oubli ».

 

Au fil du texte, le Prince va nous communiquer ce qu’il sait de ce royaume, pour que l’on puisse y voir le berceau de la civilisation thaïe.

RH 11 – LE ROYAUME DE SUKHOTAÏ VU PAR LE PRINCE DISKUL.

Ainsi, dit-il, « la fondation du royaume de Sukhothai remonte sans doute au milieu du 13ème siècle, après que les souverains khmers eurent été chassés. Selon les recherches les plus récentes, on pense que  neuf rois régnèrent successivement à Sukhothai, de 1240 à 1438 environ ». Le « Royaume de Sukhothai » a donc duré deux cents ans « à peine », et « vers la fin du 15ème siècle, la ville de Sukhothai (au sens littéral : « l'aube du bonheur ») connut un abandon presque complet ».

RH 11 – LE ROYAUME DE SUKHOTAÏ VU PAR LE PRINCE DISKUL.

Mais il n’évoquera – lui aussi - que trois rois, à savoir :

 

« Le plus célèbre est probablement  Ram Khamhaeng le Grand, troisième souverain de la dynastie. Sous son règne, le royaume atteignit sa plus grande extension géographique. C'est lui qui créa l'alphabet thaï, en 1293 (sic). (La stèle  dit 1283). De nombreuses légendes le représentent, sous le nom de Pra Ruang, comme un héros doté de pouvoirs magiques considérables. » Le prince ensuite cite abondamment la stèle de 1292, qui dit-il, « fournit de précieux renseignements sur l'administration, d'une bienveillance paternelle, mise en place par le roi Ram Khamhaeng ». (Cf. en note son article)

RH 11 – LE ROYAUME DE SUKHOTAÏ VU PAR LE PRINCE DISKUL.

« Son successeur, le roi Leothai, perdit, semble-t-il, une vaste portion du territoire qu'il avait reçu en héritage ».

RH 11 – LE ROYAUME DE SUKHOTAÏ VU PAR LE PRINCE DISKUL.

Le petit-fils de Ram Kamhaeng, Lithai, qui régna de 1347 à 1368 environ, réunifia de nouveau le royaume sans toutefois lui garantir les limites antérieures. Adepte zélé du bouddhisme Theravada (issu de la secte Shri Lanka), il est le premier souverain thaï à avoir vécu comme un moine pendant une partie de sa vie. Il combattit le puissant royaume d'Ayudhya qui s'était implanté au sud depuis 1350 (sic). Si l'on en croit une pierre gravée, il fut contraint de quitter Sukhothai et de s'installer à Pitsanulok, ville importante située dans la région orientale du royaume.»

RH 11 – LE ROYAUME DE SUKHOTAÏ VU PAR LE PRINCE DISKUL.

« Depuis lors, ajoute-t-il,  bien qu'il y eût trois autres descendants de la dynastie régnante, la cité de Sukhothai perdit sa prééminence au profit de Pitsanulok (ou Kampaengpet, au Sud). Le dernier héritier du trône s'éteignit en 1438, date à laquelle le royaume fut annexé à l'empire d'Ayuthya. »

RH 11 – LE ROYAUME DE SUKHOTAÏ VU PAR LE PRINCE DISKUL.

On peut donc remarquer que nous avons peu avancé dans l’histoire de ce royaume en apprenant :

 

Que le royaume de Sukhotai est bien considéré comme la fondation de la Thaïlande actuelle et le berceau de la civilisation thaïe.

RH 11 – LE ROYAUME DE SUKHOTAÏ VU PAR LE PRINCE DISKUL.

Que seulement 4 rois sur 9 seulement sont nommés en  désignant le roi Ram Khamhaeng le Grand, comme le plus célèbre, en citant abondamment  « la stèle » qui dit-il, « fournit de précieux renseignements sur l'administration, d'une bienveillance paternelle, mise en place par le roi Ram Khamhaeng » et qui atteste que durant son règne le royaume atteignit sa plus grande extension géographique et qu’il créa l'alphabet thaï.

 

Que le royaume est régi par des lois royales mais aussi par la religion bouddhiste. (« Le roi Ram Khamhaeng, père des lois qui régissent la cité, ainsi que les princes et princesses, les gens de haut lignage et du peuple, tous se dévouent à la religion bouddhiste. »)

 

Que le royaume de Sukhotai apporte un art nouveau, spécifique, original. « Les images de Bouddha créées par les sculpteurs thais constituent l'apport le plus original de la période de Sukhothai. Elles offraient une conception nouvelle … ». Il signale également que la découverte de nombreux fours à céramiques atteste d’une forte production.

RH 11 – LE ROYAUME DE SUKHOTAÏ VU PAR LE PRINCE DISKUL.

En effet, nous verrons ultérieurement combien l’art de Sukhotai peut être considéré comme un chef-d’œuvre du premier style architectural et de la statuaire siamois. (Cf. Nos articles 34 et 35 sur ce sujet***) Il prouve pour le moins la fondation d’une nouvelle civilisation qui permet aux Thaïlandais d’être fier de leur pays. Mais l’article du prince Diskul ne nous apprend  rien de nouveau sur l’histoire de ce nouveau royaume et confirme même le peu d’informations historiques sur ce passé.

 

 

Certes il assure que « Anthropologues et ethnologues travaillent en collaboration étroite avec les habitants afin d'étudier les traditions orales, les contes populaires, ainsi que les objets usuels et le mode de vie en général », mais nous n’avons pas encore vu de productions susceptibles de fournir d’autres  informations historiques pertinentes sur ce royaume.

RH 11 – LE ROYAUME DE SUKHOTAÏ VU PAR LE PRINCE DISKUL.

Notes et références.

 

*21. Notre Histoire : Le Royaume de Sukhothaï (1238-1438) vu par le Prince Subhadradis Diskul.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-21-le-royaume-de-sukkhotai-1238-1438-vu-par-le-prince-diskul-102117551.html

 

**Louis Gabaude rend un hommage  au Prince Subhadradis Diskul (1923-2003), In Aséanie 12, 2003. pp. 10-14. Citer ce document / Gabaude Louis. Prince Subhadradis Diskul (1923-2003). In: Aséanie 12, 2003. pp. 10-14.

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/asean_0859-9009_2003_num_12_1_1791

 

***33. Notre Histoire : L’Art de Sukhotai ?

http://www.alainbernardenthailande.com/article-33-l-art-de-sukhotai-105074823.html

 

34. Notre Histoire. Les céramiques de Sukhotai.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-34-les-ceramiques-de-sukhotai-104900952.html

 

Repost 0
Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans NOTRE RÉCIT DE LA THAÏLANDE.
commenter cet article
24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 18:04
RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Nous avons vu dans notre article précédent la difficulté d’écrire l’histoire du royaume de Sukhotai, en apprenant que les inscriptions (stèles)  concernant ce royaume étaient peu nombreuses (moins d’une vingtaine) et que les informations qu’elles donnaient étaient très décevantes. Nous allons voir ici que la plus célèbre d’entre elles, appelée la stèle de Ramkhamhaeng (ou Rama Khamhaeng - พ่อขุน รามคำแหง) datée de 1292 et découverte en 1833 par le Prince Mongkut (Le futur Rama IV 1851-1868), bien que considérée comme l'acte fondateur de la nation thaïe suscite bien des questions. Elle a d’ailleurs été l’objet de nombreuses controverses et de nombreuses polémiques. (Cf. sur ce sujet notre article 19*)

 

Notons, tout au plus pour nous en étonner, que, de tous les experts pour beaucoup autoproclamés qui discutent sinon pérorent sur la stèle, à notre connaissance la seule reproduction lisible autre que de lointaines photographies est celle que nous en a donné Pavie en 1898, lesquels l’ont consultée ? Nous n’en connaissons pas de postérieure….

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.
RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.
RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.
RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Il est donc important d’en connaître  le contenu avant de s’autoriser tout commentaire. De nombreux érudits se sont risqués à cet exercice comme par exemple Le R. Bradley,

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Auguste Pavie,

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

et le R. P. Schmitt, que nous avons choisi à tout hasard.

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Il propose sa traduction dans une revue intitulée « Excursions et reconnaissances », d’octobre 1884. (Cf. La traduction en note**)

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Elle se présente sous la forme de 57 séquences (Pourquoi ?) alors que par exemple Pavie a traduit les 124 lignes de la pierre, ligne par ligne, et que Bradley l’a mise en 1909 sous la forme de 9 paragraphes, en ajoutant en marge les sujets traités et en mettant en exposant les lignes concernées  de la stèle.

 

Notons, toujours tout au plus pour nous en étonner, que la traduction française du R.P Schimtt de 1884, est la première avant celle de Pavie, la seconde est, semble-t-il, la dernière. Bradley semble avoir été le seul à en avoir donné une transcription en caractères thaïs contemporains mais ne donne pas d'explications sur les quelques lignes manquantes. Lesquels des experts postérieurs les ont consultés ?

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.
RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.
RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.
RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Ces traductions bien que semblables ne sont pas identiques, en sachant qu’elles relèvent d’un travail de transcription de la « première » écriture thaïe qui comporte aussi, selon Bradley, des mots d’origine indienne, Khamen (Khmer), ou inconnue (11 mots).

 

Notre lecture (Eléments d’un récit possible)  de la traduction du R.P.  Schmitt. (Cf. Dans notre article 20 d’autres éléments possibles **)

 

Notons que le R.P. Schmitt est le seul à donner un assez long glossaire de ce qu’il estime être le sens actuel des mots de la stèle :

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Pavie ne donne pas ses sources (probablement le dictionnaire de Monseigneur Pallegoix de 1854). Le Révérend Bradley donne lui aussi un glossaire.

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Il fait référence à l’ouvrage de Frankfurter de 1900.

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

La stèle est rédigée essentiellement par le roi Ramkamhaeng (Le R.P. Schmitt dit Rama Somdet) qui va raconter les événements de son histoire et du royaume qui l’ont marqué, Il évoquera la loi administrative et religieuse, les usages civils et religieux qui régissent ce pays, et la grandeur du vaste royaume.

 

Ainsi  Il donne sa filiation (Le nom de son  père, (le fondateur du royaume), de sa mère, de ses deux frères et n’oublie pas ses deux sœurs dont il ne donne pas le nom).  Il raconte brièvement son premier fait d’arme à l’âge de 19 ans (L’attaque de Tak par le gouverneur de la ville de Xot, la fuite des gens de son père ; son combat à dos d’éléphant mettant en fuite le seigneur Chon du muang de Chot et comment il fut honoré pas son père par le titre de Phra Rama Somdet). Il se voit comme un jeune guerrier, courageux et valeureux, et comme un bon fils respectueux de ses parents et de son frère quand il régna.

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Il présente ensuite de façon positive la vie et l’administration de son royaume, où tous sont heureux, bénéficient de l’abondance (eau, riz), de la  liberté du commerce, de la justice (héritage préservé pour le cadet ; la justice à l’amiable, la compréhension mutuelle des intérêts de chacun) ; mais une justice intraitable pour les marchands injurieux qui ne peuvent réparer leurs fautes par un don ; ou pour les chefs de bande qui peuvent être mis à mort. D’ailleurs, est-il précisé : Tout habitant de Sukkhotai peut avoir accès à sa justice en actionnant une cloche pour avoir un procès équitable.

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Il aime décrire la grandeur et la beauté de la capitale du royaume (avec ses routes, sa fontaine, l’eau en abondance, ses jardins  de palmiers, d’arecs, de tamariniers, ses statues de bouddha, ses pagodes, sa bibliothèque, ses instituteurs …), et il encourage chacun  à créer des jardins, car il en deviendra le propriétaire. Il n’oublie pas de mentionner les communautés et villages qui sont en dehors de la ville ; A l’Occident, il est honoré par la présence  de la communauté des Hindous-Brahms, appelé ici « les Aryens », à laquelle le roi rend hommage, d’autant plus que tous les instituteurs de la ville de Çri Dhamrammayara y demeurent.

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Il se félicite de la piété et de la générosité de ses habitants qui font des offrandes au roi et aux temples pour acquérir des mérites et qui observent les préceptes pendant la saison des pluies, et  suivent les processions avec respect, tout en s’amusant. Il rappelle la nécessité d’être respectueux envers les esprits et de les honorer si on veut leur protection et le bonheur, car ils peuvent se venger.

 

Le roi évoque ensuite trois événements importants datés qui l’ont marqué durant son règne.

 

En 1281, le roi Ramkamhaeng fit venir un maître qui crée l’écriture siamoise et qui ensuite enseigna tous les Siamois et leur fit connaître le vrai mérite et la vraie foi.

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

En 1285, a été organisé une grande cérémonie qui va durer un mois et six jours pour honorer les reliques devant lui et tous les habitants.

 

Et en 1290, il sera fier d’avoir pu reconstruire la ville de Sachannallai - Sukkhotai, à l’occasion de laquelle il fit tailler un trône  de pierre, où fut organisé de nombreuses  cérémonies, rites, fêtes, et où tous les habitants firent le  serment de défendre la ville et le pays.

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Il termine enfin sur les qualités des habitants du Siam (intelligence, ruse, courage, audace, rudesse, force ), qui  ont fondé un grand royaume « avec beaucoup d’éléphants), en soumettant à l’Orient les villes de Saraluang, Songkhéo, Lumbachai, Sakhathao, sur les bords du fleuve Khong jusqu’à Viengkham, qui font frontière ; au Sud, les habitants de Phra : Bang Phrek, Suvannaphum, Ratxaburi, Phetxaburi …, Cri Dharmmarat, qui fait frontière sur les bords de la mer ; A l’Occident, le pays de Xot, de …, de Hongsawadi Samutra, qu’ils ont fait frontière ; Au Nord, la ville Phlé, la ville Nan, la ville … , la ville Phlaophon, sur le bord du fleuve, la ville de Sava fait frontière.

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Pour terminer avec : « Après cela ils se mirent à installer et à nourrir les habitants des villages et des villes, et tous pratiquèrent la justice. »

 

(Qui devient chez Pavie par exemple : « Après (la conquête) ils se sont livrés à l’agriculture pour nourrir les nombreux habitants des villages et des villes ; tout le monde observe le dharma. »

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Quelques commentaires. (Cf. Article 20 **)

 

A défaut d’histoire, nous avons là une belle hagiographie.

 

Le roi Ramkamhaeng est : bon fils, grand guerrier, grand roi, sage et maître bouddhiste, a été l’initiateur de la création de l’écriture thaïe, et « le chef et le souverain de tous les Thaïs ».

 

Ses qualités sont immenses : Respectueux de ses parents, de ses sujets (même de ses prisonniers. Il ne les frappe pas), juste, généreux, équitable, savant, audacieux, hardi, énergique, fort … Il ne convoite pas les biens d’autrui ; Accorde aide et assistance aux pays qui se mettent sous sa protection, comme à tout sujet « si quelqu’un vient, n’ayant ni éléphants, ni chevaux, ni hommes, ni femmes, ni argent, ni or, il lui en donne et l’aide jusqu’à ce qu’il puisse se constituer son propre état ».

 

Il règne sur un pays stable et prospère, où « les habitants font tous l’éloge du roi », et « se plaisent à observer les préceptes (bouddhistes) et à pratiquer l’aumône », ou « Tous les Ma, les Kao, les Lao, les Thaï des contrées lointaines et les Thai qui vivent le long de la rivière U et du Khong viennent lui rendre hommage ».

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Un pays où les sujets : Ne payent pas de péage ; Sont libres de commercer même les éléphants, l’argent, et l’or ; Ne payent pas de droit de succession, pas de taxes, pas d’impôts (quiconque fait des plantations, en récolte le produit et le garde pour lui-même) ; Ont droit à la justice du roi, rien qu’en sonnant la cloche du palais.

 

La stèle pour le moins propose un modèle idéal : un Roi exemplaire, une  utopie politique, une religion bouddhiste observée par tous. (On se doit « d’observer les préceptes » de Bouddha, de « pratiquer l’aumône », de suivre le calendrier, cérémoniel et les rites  bouddhistes.)

 

Elle montre une société hiérarchisée : avec le roi, la noblesse, les princes, ses  sujets, ses « prisonniers ». (La stèle indique une autre hiérarchie entre éléphants, chevaux, hommes, femmes, argent et or), une société organisée en muang  dans une relation de vassalité au muang « central » (La stèle donne la liste des cités vassales du royaume de Sukhotai en 1292.)

 

Une société néanmoins dépendante d’un double pouvoir royal et religieux en synergie. (Le roi assis sur le nouveau  trône en pierre reçoit en audience, et les moines prêchent la Loi de Bouddha) dans un royaume qui a désormais une écriture (La stèle  indique la date de la création de l’écriture thaïe en 1283)

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

On ne peut manquer d’être étonné par plusieurs omissions : le fait que la stèle n’évoque pas les cérémonies des funérailles du roi précédent et de l’intronisation de Ramkhamhaeng, si essentielles dans la légitimité de tout nouveau règne, comme nous le verrons dans « les Chroniques royales d’Ayutthaya » ; le fait que la stèle  ne remémore qu’un seul fait d’armes alors que Ramkhamhaeng a soumis de nombreux muang et fondé un immense royaume ; le fait qu’il n’est jamais fait mention les dieux hindous (Brahma, Vishnu, etc) et des interventions surnaturelles (tremblement de terre, présages, actions citées des esprits, etc) présentes dans toutes les autres stèles trouvées de cette période ou dans les annales siamoises. On pourrait ainsi multiplier nos étonnements, comme par exemple "l'oubli" du pacte d'amitié de 1287  avec le roi Mangraï du Lanna et  le prince de Phayao pour faire face à la menace mongole ...

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Mais quels que soient  les commentaires et les controverses,  la stèle dite de Ramkhamhaeng de 1292 a été considérée comme l'acte fondateur de la nation thaïe par le roi Mongkut et ses descendants. La mettriez-vous en doute publiquement, qu’il vous en coûterait un procès pour lèse-majesté. ****

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Notes et références.

 

*19. Notre Histoire : « La stèle de Ramakhamhèng (fin du XIIème ou début du XIIIème ?) » http://www.alainbernardenthailande.com/article-19-notre-histoire-la-stele-de-ramakhamheng-101595328.html 

 

Et 20. Notre Histoire : « Le roi  de Sukkhotaï  Ramkhamhèng, selon la stèle de 1292. » http://www.alainbernardenthailande.com/article-20-notre-histoire-le-roi-de-sukkhotai-ramkhamhaeng-selon-la-stele-de-1292-101594410.html

 

**Article de Schmitt, « Les deux Inscriptions de la pagode Phra-kéo à Bangkok, 2ième partie », pp. 169-188, in Cochinchine Française, « Excursions et reconnaissances », VIII, n° 19, septembre, octobre 1884.

 

Schmitt a repéré 22 informations sur le 1er côté de la pierre, 23 à 34 sur  le 2ème côté, 35 à 46 sur le 3ème côté, et 47 à 57 sur le 4ème et dernier côté ; soit 57 informations.

 

Traduction.

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

1) Mon père se nommait  Sri Indra Ditiya et ma mère se nommait   Suang.

2)  Mes frères s’appelaient Ban et Muang. Nous avons eu cinq frères et sœurs du  même père et mère : trois garçons et deux filles.

3) Le frère  qui suivit l’aîné (le cadet) mourut quand il était encore tout petit.

4) Quand je fus devenu grand et que j’eu atteint mes dix-neuf ans, le seigneur de troisième rang, gouverneur de la ville de Xot, vint attaquer la ville de Tak.

5) Mon père alla combattre le seigneur de troisième rang, sur la rive gauche, le seigneur de troisième rang s’avança par la rive droite.

6)  Le  seigneur de troisième rang dispersa le peuple et poursuivit, en se moquant,  mon père était qui avait pris la fuite.

 7) Quant-à moi, je n’ai pas fui. J’ai monté sur  un éléphant, percé la foule et attaqué avant mon père. 

8) Je poussais mon éléphant contre celui du seigneur de troisième rang, je sautais sur l’éléphant du seigneur de troisième rang, surnommé  Mat, de la ville de Phé.

9) Le seigneur de troisième rang tourna le dos et prit la fuite. Mon père alors éleva mon nom au titre de Phra : Rama Somdet pour avoir sauté sur l’éléphant du seigneur de troisième rang.

10) Tant que vivait mon père,  je pris soin de lui; je pris soin aussi  de ma mère. Quand je pus prendre des chevreuils, du poisson, je les portai à mon père.

11) Quand je pus trouver de l’arek, doux ou aigre, bon à manger, je le portais à mon père.

12) Quand je pus, faisant la chasse dans les marais, avoir des trompes d’éléphants, je les portais à mon père.

13) Quand faisant la guerre  aux villages et aux villes, je pris des éléphants, des trompes d’éléphants, des esclaves  hommes et femmes, de l’argent, de l’or, j’en fis mettre à part pour mon père.

14) mon père mourut, il me resta mon frère. Je pleurai mon père, et n’ayant plus à soigner ce dernier,  je continuais les soins à mon frère.

15)  A la mort de mon frère (aîné), le gouvernement me revint avec ses revenus.

16) Sous le règne du seigneur Rama Somdet la ville de Sukkhothaï fut  heureuse. Le poisson abondait dans l’eau et le riz dans les champs. Le seigneur ne prélevait pas d’impôts sur le peuple.

17)  Parmi ceux qui s’associent pour mener les bœufs, monter des chevaux et aller les vendre, s’il y en a qui désirent vendre des éléphants, qu’ils le fassent,  vendre des chevaux, faire le commerce de l’argent et d’or, ils  peuvent le faire.

18) Si parmi le peuple, les princes ou mandarins, quelque individu meurt qui est déjà marié, le chef de la famille demandera ses habits, ses bijoux, ses éléphants pour ses enfants et la veuve qui rentrent dans les rangs du peuple, les jardins d’arec et de bétel seront conservés par le tuteur,  chef de la famille, pour les enfants tout au complet.

19) Le peuple, princes et mandarins, s’il arrive parmi eux une altercation et qu’ils se séparent les uns des autres, après enquête, qu’on me fasse un rapport avec les noms des individus, sans envoyer devant les juges. Je voudrais trouver quelqu’un pour les instruire à ne pas être trop passionnés quand ils voient la richesse leur arriver et à ne pas trop s’affliger quand la richesse leur échappe.

20/ Si quelque marchand vient dans notre royaume et qu’il me fasse injure, s’il n’a ni éléphants, ni chevaux, ni esclaves hommes et femmes, pour me faire réparation de l’injure, que lui-même, avec ses biens, devienne propriété du royaume.

21/ Pour condamner et mettre à mort, il faut faire choix des chefs de bande, des chefs de brigands, qui sont de vrais tigres ; ne pas les tuer ne serait pas bien.

22/ A l’entrée de la porte, il y a une cloche suspendue là ; s’il arrive dans la ville que le peuple ait quelque dispute ou qu’on lui fasse du mal, en allant trouver les princes et les mandarins, le roi ne le saurait pas, qu’il sonne alors cette cloche suspendue là, et le roi Rama Somdet entendra appeler.

Deuxième côté de la pierre.

23/ Après s’être assuré du nom de l’individu et reconnu sa qualité d’habitant de de la ville de Sukkhotai, le roi jugera son procès.

24/ Jardins d’arec, jardins de bétel par toute la contrée, il y en a partout. Les cocotiers sont nombreux par toute la contrée, les jardins de palmiers sont nombreux par la contrée, les manguiers sont nombreux par la contrée, les tamariniers sont nombreux dans cette contrée. Quiconque fait un jardin en devient propriétaire.

25/ Au milieu de la ville de Sukkhotai, il y a une source qui découle d’un rocher avec une eau claire, limpide, bonne à boire ; il faut boire l’eau du fleuve au temps de sécheresse. Le contour de la ville de Sukkhotai, les trois faubourgs compris, mesure trois mille quatre cents va ou brasses (une va a deux mètres)

26/ Les habitants de la ville de Sukkhotai désireux de faire des offrandes, d’acquérir des mérites et d’avoir les bonnes grâces  du seigneur Rama Somdet, gouverneur de la ville de Sukkhotai, tant princesses que princes, lui offrirent des serviteurs, garçons et filles, de toutes les classes de la société, enfants de princes, enfants de mandarins, garçons et filles.

27/ La foule qui fait des offrandes a foi dans la religion du phra : Bouddha, elle observe les préceptes pendant la saison des pluies.

28/ Tout individu, après la saison des pluies, assiste aux processions tout un mois durant, jusque la conclusion. En assistant aux processions,  on fait des offrandes en arec, des offrandes en argent (monnaies), des offrandes en fleurs, des coussins pour s’asseoir, coussins pour dormir.

29/ En célébrant les processions, on fait l’aumône, on joue de la musique, et, à l’entrée de la cour des pagodes, on récite les louanges des processions, jusqu’au moment où l’on entend comme un  tumulte : c’est quand tout le monde est entré et qu’un chacun s’est rangé à sa place ; dès que ce  tumulte se fait d’un bout  à l’autre de la cour de la pagode, à travers les bambous, semblable au bruit de quelque chose qui s’agite, vole, change de place et chasse devant lui, alors qui veut jouer joue, qui veut causer cause, qui veut quitter sa place la quitte.

30/ Notre ville de Sukkhotai a quatre grandes portes tournantes où le peuple peut entrer en foule compacte, pour assister aux fêtes des crémations, aux fêtes ……….., aux fêtes des feux d’artifice.

31/ Dans notre ville de Sukkhotai les routes se croisent, au milieu de la ville ; au milieu de la ville,  il y a des vihâras (pagodes) et de statues de Bouddha en or.

32/ Il y a une bibliothèque, il y a des statues de Bouddha, de grandes, de magnifiques ;  il y a de grands vihâras (pagodes), il y a des vihâras splendides ; il y a des instituteurs …. ; il y a des bonzes, des bonzes vénérables.

33/ Dans le pays qui se trouve à l’Occident de la ville de Sukkhotai, il y a les Aryens. Le seigneur Rama Somdet fait l’aumône au grand chef bonze de l’Assemblée (sangkarat) qui a su retenir par cœur les trois pitakas (corbeilles ou la somme des ouvrages bouddhiques). Tous les instituteurs de notre ville sont tous venus   de la ville de çri Dhamrammayara et demeurent avec les Aryens, qui ont un temple immense très élevé de  grande beauté ; il y a une bibliothèque.

34/ Les aînés de leur race, dans le pays à l‘est de la ville de Sukkhotai ont des vihâras (temples), des instituteurs; ils ont la grande mer ; ils ont des jardins d’arec, ils ont des jardins de bétel ; ils ont des rizières, ils ont des places publiques, ils ont des villes, des villages, des jardins  de manguiers, de tamariniers ; tout charme la vue. Ils portent le toupet.

Troisième côté de la pierre.

35) …. Au Nord de la ville de Sukkhotai, il y a un bazar où les maisons se touchent.

36) Il y a un maitre instituteur, il y a un palais, il y a des jardins d’aréquiers, de cocotiers, il y a des jardins de palmiers, des rizières, des places publiques, des villes, des villages.

37) Il y a là, du côté Sud de Sukkhotai, des vihâras, des instituteurs pour bénir, de célèbres pénitents ; il y a des jardins de cocotiers, de palmiers, de manguiers, des jardins de tamariniers.

38) Il y a des citernes, il y a des lieux de séjour pour les esprits, les dèvas, dans les montagnes ; ceux-ci sont supérieurs à tous ceux de la ville.

39) Quel que soit le seigneur de la ville de Sukkhotai, s’il adore comme il convient et s’il sacrifie (à ces esprits) selon les règles,  notre ville est en sûreté, notre ville est heureuse.

40) Tandis que s’il les adore mal et si les sacrifices ne sont pas convenables, les génies de la montagne ne nous protègent point, et ne nous respectent plus. La ville alors, devra périr.

41) En l’an saka 1212 (C’est de nous : saka ? de l’ére Mahasakarat du Cambodge ; +78 ans de l’ère A. D.),  année du grand dragon, le seigneur Rama Somdet, gouverneur de la célèbre ville de Sajjannallai Sukkhotai, la reconstruisit de nouveau ; il y a cela quatorze ans aujourd’hui.

42) Ensuite il fit tailler par les ouvriers un trône en pierre qu’il plaça sur la nouvelle place publique ; à ce moment-là, le jour et le mois prescrits, le huitième mois à la lune croissante, le jour du lundi, tout un mois plus huit jours du mois suivant,

43/ La foule des instituteurs, les bonzes ainsi que le grand bonze, montèrent s’asseoir sur le trône de pierre, ils récitèrent les préceptes aux fidèles qui, en grand nombre offrirent des présents et observèrent le jeune.

44) Le jour où les bhikhous (talapoins) récitèrent les préceptes, le seigneur Rama Somdet, gouverneur de Çri Sajjannallai Sukkhotai monta s’asseoir sur le trône en pierre pour se voir présenter les fils de princes et de mandarins, et se voir recevoir de la foule le serment de défendre la ville et le pays.

45) Pendant un mois entier, selon la coutume, on fit des fêtes à installer l’éléphant blanc, qui fut nourri par les révoltés ; on dora son beau palais. De même pour le taureau appelé Rupa Çri (l’excellente  créature), le seigneur Rama Somdet le monta  pour aller faire ses dévotions dans le vihâra des Aryens et revenir.

46) Il y a une inscription dans la ville Xalieng Sakhahok, avec les précieuses reliques ; une inscription dans une caverne appelée la bénédiction de Rama ; une inscription dans la caverne de la source précieuse ; au milieu de la forêt. En ce moment nous avons deux sâlas (caravansérails), qu’on appelle, l’un le Sâla phra : Masa (doré), l’autre le bouddhabala (la force de bouddha). Cette pierre-ci (la pierre de cette inscription même), nous l’appelons Manga sila (pierre glorieuse). Ces faits ont été incisés dans la pierre pour que tout le monde les  puisse voir.

Quatrième et dernier côté de la pierre.

47) Le seigneur Rama Somdet, fils du seigneur Cri Indrathitya, fut seigneur de la ville de Çri Sajjannallai Sukkhotai, tous les habitants, les Makhaos, les Laotiens et les Siamois de la province, ceux de la plaine et tous ceux qui vivent le long des canaux et des rizières vinrent se réunir.

48) En l’an saka 1207 (1285 A.D.), année du porc, il fallut creuser et retirer toutes les reliques pour les voir, les honorer en faisant des offrandes.

49) Après un mois et six jours, on les enterra au milieu de la ville de Sajjannallai Sukkhotai ; on construisit des chétis (sic) (tours) sur ces reliques, Jusqu’au nombre de six ; et pour tout compléter, on éleva autour des glorieuses reliques une triple enceinte avec colonnes en pierres.

50) Autrefois l’écriture siamoise n’existait pas encore. En l’an saka 1203 (1281 A.D.), année de la chèvre, le seigneur Rama Somdet fit venir un maître qui sut créer l’écriture siamoise ; depuis lors l’écriture siamoise a demeuré. Ce maître bienfaiteur a  lui-même fait cette inscription.

51) Le seigneur Rama Somdet le fit venir comme maître et instituteur de tous les Siamois, comme précepteur pour enseigner tous les Siamois et leur faire connaître le vrai mérite et la vraie foi.

52) Les habitants du pays de Siam n’ont pas leur pareille en intelligence, en ruse, en courage, en audace, en rudesse, en force ; ils ont su vaincre la foule des ennemis, ils ont un grand royaume, beaucoup d’éléphants.

53) Ils ont soumis à l’Orient les villes de Saraluang, Songkhéo, Lumbachai, Sakhathao, sur les bords du fleuve Khong jusqu’à Viengkham, qui font frontière.

54) Dans le Sud, ils ont soumis les habitants de Phra : Bang Phrek, Suvannaphum, Ratxaburi, Phetxaburi …, Cri Dharmmarat, qui fait frontière sur les bords de la mer.

55) A l’Occident, le pays de Xot, de …, de Hongsvadi Samutra, qu’ils ont fait frontière.

56) Au Nord, ils ont soumis, la ville Phlé, la ville Nan, la ville … , la ville Phlaophon, sur le bord du fleuve, la ville de Sava fait frontière.

57) Après cela ils se mirent à installer et à nourrir les habitants des villages et des villes, et tous pratiquèrent la justice. 

Ensuite le R.P. Schmitt présente en deux pages : « Les cérémonies religieuses mentionnées dans l’inscription ».

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Ainsi pour la traduction de Schmitt, nous pouvons proposer les séquences  suivantes :

1/ Lignes 1-3 : La filiation

2/ 4-9 : le futur roi est un jeune prince courageux et un guerrier redoutable. Il vient au secours de son père et défait à dix-neuf ans, le seigneur de troisième rang, gouverneur de la ville de Xot qui vint attaquer la ville de Tak. Son père l’honore du titre de Phra : Rama Somdet pour avoir sauté sur l’éléphant du seigneur de troisième rang surnommé  Mat, de la ville de Phé).

 3/ 10-15.   Le jeune prince est respectueux et prend soin de son père et de son frère.

4/ 16-23 : Le règne du roi qui présente lui-même la vie et l’administration de son royaume : heureux, abondant (eau, riz), liberté du commerce, juste (héritage préservé pour le cadet. Privilégie la justice à l’amiable,  la compréhension mutuelle des intérêts de chacun ; mais est intraitable pour une injure qu’un marchand ne peut réparer que par un don ; ou pour les chefs de bande qui peuvent être mis à mort. Tout habitant de sukkhotai peut avoir accès à sa justice en actionnant une cloche pour avoir un procès équitable.

5/ 24-25 : Description de la beauté de la capitale du royaume, encouragement à créer des jardins (on en devient le propriétaire).

6/ 26-29 : Religion.  Ses habitants sont généreux (font des offrandes au roi et aux temples pour acquérir des mérites et observe les préceptes pendant la saison des pluies. Suit les processions avec respect, s’y amuse, s’y sent bien.

7/ 30-32 : Revient sur la description de la capitale, (routes, statues de bouddha, pagodes bibliothèque, instituteurs …

8/ 33- 38 : Décrit les communautés et villages qui sont en dehors de la ville. (De l’occident, les Aryens (Hindou-Brahms) ;  à l’orient, du nord au sud. A l’Occident, il est honoré par la présence  de la communauté des Hindous-Brahms, appelé ici « les Aryens », à laquelle le roi rend hommage, d’autant plus que tous les instituteurs de la ville de çri Dhamrammayara y demeure.

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

9/  39-40 : Religion.  Il convient d’être respectueux et d’honorer les esprits si on veut leur protection et être heureux, sinon ils peuvent se venger.

10/ 41- 45 : En l’an 1290, reconstitution de la ville de Sachannallai Sukkhotai, taille d’un trône  de pierre, cérémonies, rites, fêtes,   serment de défendre la ville et le pays.

11/ 46. Signale le lieu de trois autres inscriptions et que cette stèle est la pierre glorieuse.

12/ 47-49. Un événement important : En 1285, a lieu devant le roi et tous les habitants, une grande cérémonie qui va durer un mois et six jours pour honorer les reliques.

13/ 50-51 : Création de l’écriture siamoise.  En 1281, le roi Ramkamhaeng fait venir un maître qui crée l’écriture siamoise et qui ensuite enseigna tous les Siamois et leur fit connaître le vrai mérite et la vraie foi.

14/ 51- 57 : Les habitants du Siam ont beaucoup de qualités (intelligence, ruse, courage, audace, rudesse, force ) ; Ils ont fondé un grand royaume,  en vainquant leurs ennemis du nord au sud et de l’est à l’ouest, (53-56, énumération des 15 villes vaincues) ; un grand royaume où tous ont de quoi manger et de pratiquer la justice.

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

D’autres traductions :

 

Bradley in , « The oldest known writing in Siamese, the inscription of Phra Ram Khamhaeng of Sukkhotai, 1293 A. D. », (by Cornelius Beach Bradley, A. M., Professor of rhetoric in the University of California, Bangkok, 1909)

 

Bradley donne le texte original tel que gravé, ligne par ligne :

 

Soit pour la 1ère face : 1-35 (35 lignes) ; La 2ème face : 36-70 (34 lignes) ; La 3ème face : 71-97 (26 lignes) ; La 4ème face :  98-124 (26 lignes).

 

Il explique ensuite en citant les lignes ou groupe de lignes les difficultés rencontrées dans la traduction.

 

Il traduit en anglais mais sous la forme de paragraphes, en ajoutant en marge les sujets traités et en mettant en exposant les lignes concernées  de la stèle. Parfois certains d’entre eux sont en fin de § à cheval sur 2 §.

 

 Ses 9 paragraphes concernent :

 

 §1 : Ses origines et sa famille, son jeune exploit guerrier (Ligne 1-10). §2 : Sa dévotion filiale au père et au frère  (11-17). §3 : Son règne prospère ; la liberté et la sécurité ; la justice ; généreux traitement donné aux visiteurs ; l’appel au prince (17-36). §4 : La capitale   (36-43). §5 : Religion (44-55). §6 : Objets d’intérêts (sur la cite de Sukhotai …)   (56-Début 80). §7 : Les inscriptions, leurs localisations. (Fin 80-100). § 8 : La 1ère écriture siamoise  (100-début 108). Et §9 : Epilogue. (Fin 108- 124)

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Ou bien la traduction de Pavie in « Mission Pavie, Indo-chine 1879-1895. Etudes diverses II, Paris, 1898 », « Inscription thaïe du roi Rama Khomheng, groupe Sajjanayya Sukhodaya, recuellie au Vat Phrakéo à Bangkok en août 1883, (planches 1, 2, 3 ,4.), pp. 176-201.

Il commence avec une notice qui nous donne – entre autre - le sujet de cette stèle, « le roi Rama-Khomheng, après nous avoir fait connaître ses prédécesseurs : Çri Indrâtitya, son père qui fut probablement (remarquer le probablement) le premier roi thaï de ce royaume, et son frère Bân, nous raconte les aventures de sa jeunesse. Il donne ensuite la constitution de son royaume, tant administrative que religieuse. Il a fait graver sur cette pierre la loi qui régit ce royaume, pour que le peuple en prît connaissance. Les usages civils et religieux indiqués sur cette inscription sont encore aujourd’hui mis en pratique, dans le pays de Siam sans changement notable. Cette inscription est restée la base fondamentale de leur vie civile et religieuse. » (Nous sommes en 1883)

Après avoir donné sa transcription des 124 lignes de la pierre, il propose sa traduction ligne par ligne, en ajoutant des notes explicatives en bas de page.

RH 10 - Le roi de Sukhotai Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292.

Voir aussi : Barend Jan Terwiel, “The Ram Khamhaeng inscription, the fake that did not come true.” http://www.reihe-gelbe-erde.de/rge/bilder/005.pdf

                                           ---------------------

Pour les controverses. Entre autres :

 

Notre article 19. Notre Histoire : « La stèle de Ramakhamhèng (fin du XIIème ou début du XIIIème ?) » http://www.alainbernardenthailande.com/article-19-notre-histoire-la-stele-de-ramakhamheng-101595328.html

 

Et « The inscription and its image of a Sukhothai utopia remain central to Thai nationalism, and the suggestion it may have been faked caused Michael Wright, an expatriate British scholar, to be threatened with deportation under Thailand's lèse majesté laws » (In Seditious Histories: Contesting Thai and Southeast Asian Pasts, by Craig J. Reynolds. University of Washington Press, 2006, p. vii . (Wikipédia)

 

Et : « Récréations épigraphiques (2 2). Un western épigraphique : le cas du Ramkhamhaeng », by Jean –Michel Filippi, 28 juin 2012

 

https://kampotmuseum.wordpress.com/tag/the-ramkhamhaeng-controversy/

 

 

 

 

Repost 0
Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans NOTRE RÉCIT DE LA THAÏLANDE.
commenter cet article
18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 18:01
RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

Toute « Histoire » ne peut s’écrire qu’à partir de sources écrites, orales, archéologiques, ou autres traces, et leur nombre diminue à mesure que l’on plonge dans le passé ou que le pays a disparu. Ainsi Finot* nous rappelle que  Cœdès a relevé 218 inscriptions pour les royaumes qui ont occupé la Thaïlande actuelle dont 15 pour le royaume de Sukhodaya (Sukhotai) qui s’échelonnent chronologiquement entre 1292 et 1530.

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

La plus célèbre et controversée est la stèle de Rama Khamphen (ou Ramakhaheng) de 1292 trouvée par le Prince Mongkut en 1833 (Ce sera notre prochain article);

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

La stèle II a été trouvée en 1887 au Vat Sri Jum de Sukhotai (Jum est une ville);

 

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

La stèle III est dite celle de Nagara Jumet

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

...et les stèles IV-VII forment un groupe qu’on peut appeler le groupe du bois des Manguiers à l’ouest de la ville de Sukhotai ;

 

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

La stèle VIII a été découverte en 1908 par le roi Chulalongkorn ;

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

... et la IX se compose de trois stèles contenant des portions d’une même inscription de 1406 env. ; les autres n’offrent qu’un intérêt secondaire. Ce qui fait peu pour l’histoire d’un royaume qui a duré 200 ans (de 1238 à 1438), surtout comme vous pouvez le voir en note avec Cœdès dans  « Documents sur la dynastie de Sukhodaya »,  la traduction du texte gravé de trois de ces  stèles donne un résultat décevant.

 

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

La 1ère stèle évoque le roi Lidaiyaraja (Loethai), petit-fils de Sri Ramaraja. Elle a pour fonction de montrer combien il est un grand roi, un grand scientifique, vertueux, etc. Elle a aussi pour objet de commémorer la venue à Sukhodaya en 1361 d’un moine de Ceylan et l’ordination du roi au monastère du bois du Manguier.

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

La stèle 2 concerne également le roi Loethai avec son accès au trône du royaume de Sukhodaya (Généalogie, réception, son titre) ; Ses qualités (religieuses, morales, sa générosité) ; et encore la venue et le séjour d’un moine, d’un Mahasami  Sangharaja,  en 1283, après 22 ans de règne du roi, provenant de Lanka dans le temple du bois des Manguiers durant lequel le roi sera ordonné avec faste. (Observez les dates !)

 

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

La stèle 3 exalte encore les mérites du roi Loethai (Lideyya ou Lidayya); son immense savoir (La grammaire, la nature de Tipitaka), son ordination au saint bois des Manguiers avec tremblement de terre et autres prodigues.

 

Ce qui, là encore,  fait peu pour écrire l’histoire de Sukhotai, surtout que, nous dit Cœdès, les chroniques siamoises comme le Phongsavadan ignore complètement ce qui s‘est passé avant la fondation d’Ayutthaya en 1350 (sic) et le Phongsavada Nira, compilé en 1807, est mis en doute quant-à sa valeur historique par les érudits siamois.

 

Nous n’avons - dit-il désolé- que les inscriptions et quelques textes chinois.

 

Les inscriptions publiées jusqu’ici ne mentionnent que cinq rois :

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

1 - Indrathitya dont on ignore les dates de règne, et dont on  sait qu’il eut des difficultés avec ses voisins de l’Ouest. (Selon la stèle de Rama Khamheng)

2 - Ban Muang, fils du précédent. (Selon encore la stèle de Rama Khamheng)

3 - Rama Khamheng, fils puîné du roi Indrathitya, qui régnait déjà en 1283 –date à laquelle il inventa l’écriture thaïe -  et qui régnait encore en 1292, date probable de la stèle qui porte son nom. Roi de  Sajjanalaya et de Sukhodaya. Il exerçait sa suzeraineté sur de vastes territoires depuis Luang Prahbang jusqu’à Ligor, et de Vieng Chan jusqu’au Pegou.

4 - Lodaiya (Lo Thai), fils du précédent. (Selon l’inscription de Jum)

5 - Lidaiya (Lu Thai), fils du précédent, sacré sous le nom de Suryavamça Rama Mahadharmarajadhiraja, qui semble avoir été surtout un lettré, versé dans l’astronomie et fort dévot. Roi ou peut-être simplement uparaja en 1340. Il reçut l’abhiséka en 1347 et prit le froc en 1361. C’est le héros de l’inscription de Sukhodaya (Insc. de Jum).

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

Après elles, l’inscription de Sukhodaya mentionne encore un Dharmarajadhiraja en 1388 et 1406 ; un Mahadharmajadhiraja, fils du précédent en 1426 et enfin un Dharmasokaraja à une date indéterminée.

 

Les Annales chinoises de la fin des Song et des Yuan quant-à elles, divisent le pays que nous appelons le Siam, en deux Etats : le Sien (Syam en épigraphie cambodgienne) (Le royaume de Sukhodaya, région de la Haute Ménam) et le Lo-hou (Région de la Basse Ménam où devait s’ériger Ayudhya.

 

Les Annales des Yuan mentionnent entre 1282 et 1323 une série d’ambassades du Sien où régnait en 1294 un roi nommé Kan-mou-ting. Elles nous apprennent qu’entre 1341 et 1368, l’Etat de Lo-hou s’empara de celui de Sien. Un passage de San lao yi tche lio précise que c’est en 1349 que le Sien se soumit au Lo-hou. Date concordante ( ?) précise Cœdès avec les annales birmanes et siamoises qui placent respectivement 1348 et 1350 pour la création du royaume d’Ayudhya.

 

On a donc, conclut Cœdès, selon ces annales chinoises, une liste de souverains de Sukhodya dont le troisième Rama Khamheng régnait entre 1283 et 1292 et le cinquième Lidaiya entre 1340 et 1361 et la date de 1350 qui indique la suprématie de Ayudhya sur Sukhodaya. (Cela fait peu, non ?)

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

Puis Cœdès passe à l’examen de deux ouvrages palis : la Jinakalamalini (1516) et  le Sihinganidana  (XVème-XVIème siècle) dont il nous dit qu’ils parlent incidemment  de la dynastie  de Sukhodaya et de  sa chute ; ce qui n’encourage guère à le lire. Mais consciencieux, il nous donne la version originale de quelques pages et leur traduction.

Bref, nous sortons de cette lecture à la fois admiratif par le travail de traduction érudite (Khmer, thaï, pali) effectué par Cœdès avec les sources dont il disposait, ici essentiellement trois stèles et deux extraits de texte en pali, mais en même temps, perplexe sur les résultats qu’il juge lui-même décevants. (Cf. Notre lecture de son étude en note)

 Nous ne savons toujours pas avec quelles sources de nombreux historiens ont pu proposer une histoire du royaume de Sukhotai. Peut-être avec la stèle de 1292 dite de Rama Khamphen ( ou Ramakhaheng) ; c’est que nous allons étudier dans notre prochain article.

*Finot Louis, « Cœdès, Recueil des inscriptions du Siam. Première partie. Inscriptions de Sukhodaya » in Bulletin de l’Ecole française de l’Extrême Orient, Tome 24, 1924, pp. 265-268 

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

**Notre lecture de l’étude de George Cœdès, « Documents sur la dynastie de Sukhodaya », Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient,  Année 1917 Volume 17 Numéro 1 pp. 1-47.

 

L’étude comporte deux chapitres : le chapitre 1. (pp. 1- 32) consacré à la traduction du texte de trois stèles et le  chapitre 2 évoquant des annales chinoises et deux textes pâlis. (pp.32-47)

 

Chapitre 1. (pp. 1- 32)

 

  1. L’inscription khmère.

 

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

Coedès dans son premier chapitre rappelle que la stèle a été trouvée en 1834 par le roi Mongkut dans le Vat Jai de Sukhodaya et que l’information fut signalée pour la première fois par Pavie en 1884 et a été traduite fidèlement par Aymonier. La version siamoise est due à une commission de lettrés nommés par le roi Mongkut et présidée par le Prince Pavarèsvariyalankarn et fut publiée en 1884 dans le « Varijanana Rai Diren ». Cœdès critique le zèle avec lequel les lettrés siamois ont  restauré les parties dégradées, et signale deux faces perdues, et de nombreuses inexactitudes de leur traduction du khmer au siamois, dont il donne un exemple. Il existe également une version thaïe ancienne gravée sur une stèle de grès assez semblable à la version khmère qui fut découverte par le  Phraya Boran dans une pagode d’Ayutthaya. (Quand ?)

 

Il évoque ensuite une confusion avec une autre stèle dont l’inscription est un panégyrique du roi Lidaiya qui a pour objet de commémorer la venue à Sukhodya en 1361 d’un moine de Ceylan et l’ordination du roi au monastère du bois des Manguiers. Les dates extrêmes données du texte khmer sont 1347 et 1361 qui correspondent à celle du petit fils de Ramaraja, qui est bien le même prince que l’auteur de « l’inscription de Jum » et vraisemblablement aussi l’auteur du traité cosmologique appelé communément « Traiphum de Phra Ruang ». Cœdès confirme que le Ramaraja nommé dans les trois stèles est bien Rama Khamheng et estime qu’il faudrait plutôt mettre le nom de Loethai pour Lidaiya.

 

Ensuite Cœdès va contester, en apportant ses preuves,  la date d’avènement de Lidaiya (Loethai)  données par le Prince Damrong et Petithuguenin pour proposer 1340.

 

Puis il va proposer la traduction des trois stèles.

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

1/ La stèle khmère de Sukhodaya conservée au Wat Phra Kéo sur le roi Lidaiyaraja. Elle comporte 4 faces avec de nombreux trous, et la  face C est pratiquement effacée.

 

(pp.10–12). Il donne le déchiffrement du texte khmer  en laissant les trous des mots effacés et en mettant en italiques les mots dont il n’est pas sûr.

 

(pp. 13-17) La traduction.

(Il met des points pour les mots effacés. Il appartient à chacun de combler les trous pour construire des phrases correctes.) 

 

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

Mon résumé.

 

Le sujet porte sur le roi Lidaiyaraja (Loethai), petit-fils de Sri Ramaraja, qui conduisit ses troupes hors de Sri Janalaiya pour vaincre (Un trou. Qui ?) et succéda à son père et son grand-père. Après s‘être diverti, (les souverains) des quatre points cardinaux lui donnèrent le parasol blanc, l’ondoyèrent et lui donnèrent le nom de Brah Pada Kamraten an Sri Suryavamca Rama Mahadharmarajadhiraja. Il régna et fit le bonheur de ses sujets, accorda, la vie sauve à beaucoup. En présence des brahmanes et des ascètes à la date choisie ; Le vendredi le 11ème jour de la lune croissante d’Ashada, mansion lunaire de phurvasadha, au lever du soleil)  le roi  érigea une figure de Mahechvara, de Vishnu (dans le temple) de Davalayamahaksetra de ce bois des Manguiers où les brahmanes et ascètes lui rendirent un hommage perpétuel. (Sans transition) Le roi Sri  Suryavamca Rama Mahadharmarajadhiraja a étudié intégralement les trois corbeilles.

 

(Le Tripitaka (sanskrit IAST : Tripiṭaka ; pali : Tipiṭaka ; tri : trois, piṭaka : corbeille) ou Trois corbeilles est l'ensemble des textes du canon bouddhique.)

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

La face B porte sur la science immense  du roi.

 

Il a étudié le Vinaya, et l’Abhidharma ; il connait les vedas, les traités, les traditions, la loi, les maximes, l’astronomie, les années, les mois, les éclipses. Le roi corrigea le calendrier.

 

Le roi résidait et  gouvernait à Sri Sajjanalaya- Sukhodaya depuis 22 ans lorsqu’il envoya en 1283 çaka, année du bœuf, un pandit royal inviter dans l’île de Lanka un Manhasami Sangharaja observant les préceptes et ayant étudié intégralement les trois corbeilles. Lorsque le roi entendit que le religieux eut quitté la ville de Canna, il envoya des artisans préparer l’édification des kutis et un vihara à l’ouest de Sukhodaya dans le bois des Manguiers. Suit une page sur la préparation de l’accueil dans ce qu’un roi pouvait faire de plus magnifique pour honorer la venue du Mahasami Sangharaja, qui entra en retraite pour trois  mois. Le roi fit des donations, inaugura une statue de bouddha qui fut érigée au centre de Sukhodaya, à l’est de la grande relique. Le roi offrit des offrandes « innombrables et d’infinies variétés » (Des exemples sont donnés)  Après la sortie des varsas, le roi prit la résolution de devenir novice à l’occasion d’une cérémonie solennelle à la tour d’or du palais royal en présence du Mahasami Sangharaja et des religieux. Le roi rendit hommage à la statue d’or, aux trois corbeilles conservées dans le palais royal et au Mahasami Sangharaja et prononça le vœu de ne pas vouloir la puissance de Bouddha, ni celle d’un souverain cakravartin, d’Indra, de Brahma, mais seulement de devenir un saint bouddha pour aider les êtres à traverser leurs trois existences. Et la terre trembla dans toutes les directions.

 

La face C est presque toute effacée et ne comporte que quelques mots.

 

La face D  (Avec aussi des mots manquants) comporte un paragraphe où il est dit que le roi fit ériger cette stèle afin que les gens sachent comment se comporter et réaliser des bonnes œuvres. Et on vit subitement ceux-ci accomplir des actions méritoires et conformes à la loi, écouter prêcher la Loi. Le Mahasami Sangharaja de Lanka écrivit de saintes gathas à la gloire et la renommée du roi, là où il est entré dans les ordres. Il a gravé une stèle et l’a placée dans l’enceinte consacrée du bois des Manguiers, à l’ouest de Sukhodaya.

 

(Les gathas sont de courts poèmes qui nous aident à maintenir notre pleine conscience tout au long de nos activités quotidiennes.)

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

Ensuite on a  7 pages d’explications savantes de certains mots et signes du lexique. (p.17-milieu p. 24) 

 

2/ La stèle 2.

 

La stèle en  thaï, décrite par Lajonquière, avec la face A (35 lignes),  C (40 lignes), bien conservées, B ruinée (37 lignes) et D usée et donc illisible. (pp.24-28).

 

Le texte en thaï puis la traduction pp.27-28.

 

On peut remarquer de nombreux mots manquants

 

Résumé.

 

Face A.

 

royaume de Sukhodaya (Généalogie, réception, titre donné).

 

2/ Ses qualités. (13 lignes)

 

Il règne en observant les 10 préceptes royaux. Plein de pitié pour ses sujets thaïs ;  ne convoite pas le riz et les biens d’autrui ; respecte la succession due aux cadets ; ne frappe pas à mort quiconque fait du mal ; ne frappe ni ne tue adversaire ou ennemi ou  criminel qui se présentent à lui ; fait grâce à ceux qui sont mauvais envers lui ; ne se met pas en courroux désirant devenir Bouddha et aider les autres à leur transmigration.

 

Face B. (10 lignes) (Un vingtaine de mots sont effacés) Annonce la venue d’un Mahasami  Sangharaja provenant de Lanka dans le temple du bois des Manguiers,  en 1283, après 22 ans de règne du roi.  

 

Face C. (3/4 de p. 28.)

 

La face C raconte le séjour du Mahasami  Sangharaja qui fit sa retraite de trois mois (Analogue à la stèle khmère de Sukhodaya conservée au Wat Phra Kéo. Cf. Plus haut) à l’issu duquel le roi offrit de riches donations, inaugura une statue de bouddha, offrit encore de nombreuses et riches offrandes (Des exemples sont donnés) Puis ensuite le roi fit son ordination (Il s’écoula 695601 jours (sic)), promit d’observer les dix préceptes, puis lors d’une cérémonie au palais royal devant le Mahasami  Sangharaja et les dignitaires religieux  se fit novice.

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

3/ Stèle 3.

 

La stèle de la bibliothèque Vajiranana, où sont gravés les gathas palies du Mahasami Sangharaja. La grande face B est complètement ruinée.  (p.29-haut 32).

 

Retranscription du texte original  et traduction (p.31-haut p. 32)

 

Résumé.

 

La stèle exalte les mérites du roi Lideyya (Lidayya). Le 1er § montre à quel point le roi est habile en sciences ( La grammaire, la nature de Tipitaka), ensuite un court § évoque comment il a quitté le monde pour revêtir la robe jaune (de novice). Le 3ème § indique à cette occasion qu’un tremblement de terre a eu lieu avec d’autres prodigues. Suit en termes fleuris et ampoulés (jardin d’Indra, oiseaux, éclats de perles et d’argent) son arrivée au saint bois des Manguiers pour y recevoir l’upasampadâ.

 

Face B. (Est effacée.)

 

Face C. (Une vingtaine de lignes avec aussi de nombreux mots effacés)

 

Le texte consacre le roi Lidaya, en rappelant les grands exemples des dix Bodisavats (et  autres termes métaphoriques religieux) en buvant le rasa, ressenti l’ambroisie de Bouddha ayant quitté la terre mais entendit les voix suppliantes des gens de bien qui souffrent de la décadence de la saint religion de Muni (…) « triste comme un roi cakkavatti qui a perdu son joyau qu’est son cakka. »

 

Ainsi s’achève sa traduction pour aborder le chapitre 2 intitulé  « Textes pâlis ».

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

Chapitre 2 : « Textes pâlis ». (pp.32-47)

 

D’entrée, Cœdès nous confie que les chroniques siamoises ne sont de peu de secours pour connaître l’histoire de Sukhotai jusqu’à l’avènement du royaume d’Ayutthaya, puisque le Phongsavadan ignore complètement ce qui ‘est passé avant la fondation d’Ayutthaya en 1350 (sic) et que le  Phongsavada Nira, compilé en 1807,  est mis en doute quant-à sa valeur historique par les érudits siamois. Aussi, dit-il, l’histoire des rois de Sukhotai n’a pu être reconstitué qu’avec l’aide des inscriptions et de quelques textes chinois.

 

Les inscriptions publiées jusqu’ici, dit-il,  mentionnent cinq rois :

 

Indrathitya dont on ignore les dates de règne, et dont on  sait qu’il eut des difficultés avec ses voisins de l’Ouest. (Selon la stèle de Rama Khamheng)

 

Ban Muang, fils du précédent. (Selon encore la stèle de Rama Khamheng)

 

Rama Khamheng, fils puîné du roi Indrathitya, qui régnait déjà en 1283 – date à laquelle il inventa l’écriture thaïe-  et qui régnait encore en 1292, date probable de la stèle qui porte son nom. Roi de Sajjanalaya et de Sukhodaya. Il exerçait sa suzeraineté sur de vastes territoires depuis Luang Prahbang jusqu’à Ligor, et de Vieng Chan jusqu’au Pegou.

 

Lodaiya (Lo Thai), fils du précédent. (Selon l’inscription de Jum)

 

Lidaiya (Lu Thai), fils du précédent, sacré sous le nom de Suryavamça Rama Mahadharmarajadhiraja, qui semble avoir été surtout un lettré, versé dans l’astronomie et fort dévot. Roi ou peut-être simplement uparaja en 1340. Il reçut l’abhiséka en 1347 et prit le froc en 1361. C’est le héros de l’inscription de Sukhodaya (Insc. de Jum)

 

Après eux, l’inscription de Sukhodaya mentionne encore un Dharmarajadhiraja en 1388 et 1406 ; un Mahadharmajadhiraja, fils du précédent en 1426 et enfin un Dharmasokaraja à une date indéterminée.

 

(Ce qui fait peu pour raconter l’histoire de Sukhotai.)

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

Les Annales chinoises de la fin des Song et des Yuan divisent le pays que nous appelons le Siam, en deux Etats : le Sien (Syam en épigraphie cambodgienne) (Le royaume de Sukhodaya, région de la Haute Ménam) et le Lo-hou (Région de la Basse Ménam où devait s’ériger Ayudhya.

 

Les Annales des Yuan mentionnent entre 1282 et 1323 une série d’ambassades du Sien où régnait en 1294 un roi nommé Kan-mou-ting. Elles nous apprennent qu’entre 1341 et 1368, l’Etat de Lo-hou s’empara de celui de Sien. Un passage de San lao yi tche lio précise que c’est en 1349 que le Sien se soumit au Lo-hou. Date concordant précise Cœdès avec les annales birmanes et siamoises qui placent respectivement 1348 et 1350 pour la création du royaume d’Ayudhya.

 

On a donc, conclut Cœdès, selon ces annales chinoises, une liste de souverains de Sukhodya dont le troisième Rama Khamheng régnait entre 1283 et 1292 et le cinquième Lidaiya entre 1340 et 1361 et la date de 1350 qui indique la suprématie de Ayudhya sur Sukhodaya.

 

Ensuite Cœdès évoque une autre inscription de 1510 du Civa de Kampheng Phet, cité dans une inscription de Xieng Mai de 1581 qui cite le fameux Phra Ruang, le libérateur des Thaïs (que certains identifient à Rama Khamheng) mais qui évoque la rencontre en 1296 entre Phraya Mangrai, Phraya Ngam muang et Phraya Ruang.

 

Puis Cœdès passe à l’examen de deux ouvrages pâlis : la Jinakalamalini (1516) (pp.mi p.34 -41) et  le Sihinganidana  (XVème-XVIème siècle) ( pp. 41-47) dont il nous dit qu’ils parlent incidemment  de la dynastie  de Sukhotaya et de  sa chute ; ce qui n’encourage guère à le lire. Mais consciencieux, il nous donne la version originale de quelques pages et leur traduction. Leur lecture n’est pas aisée et loin de nous apporter des informations nouvelles nous embrouillent avec d’autres histoires, qui n’ont pas forcément de liens avec d’autres noms de roi que nous ne connaissons pas, et force détails, où le merveilleux, les esprits interviennent. De plus, Cœdès ne choisit que quelques pages.

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

Ainsi pour la Jinakalamlini (1516) (pp.mi p.34-41), il choisit la page 118, où il est question du pacte d’amitié de 1287 entre les trois rois, mais les noms sont autres que ceux que nous connaissons.


Ensuite la page 122 dont il nous donnera le texte original et la traduction. On est là vers 1355 pendant que le roi Dhamaraja régnait à Sukhodya, le roi Kilana de Xieng Mai désirant la venue des moines, nous raconte un certain nombre de faits ( L’envoi du messager le thera Sumana au roi de Sukhodaya ; comment il découvrit une relique cachée avec l’aide d’une divinité sylvestre ; ses rencontres avec le fils de Dhamaraja et Dhamaraja lui-même heureux de voir la relique ; les offrandes ; un miracle accompli.) Pour partir sur une autre histoire du roi Kilana de Xieng Mai qui désire aussi recevoir un moine qualifié et envoie un messager à Udumbaramahasami qui repart avec son disciple le thera Ananda, pour aller rejoindre le roi ;

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.

... mais le thera Ananda refuse d’accomplir les actes du Sangha car il a besoin de la présence de Sumana qui est à Sukhodayapura ; le roi envoya le chercher mais Sumana refusa ; il dut alors envoyer un autre messager avec des présents pour le roi au Dhammaraja qui consentit à envoyer Sumana avec la relique au roi de Xieng Mai. Ensuite il traduit la page 126, et on repart sur un autre sujet qui concerne cette fois-ci, en 1256  l’origine divine du roi Rocajara (Connu aussi sous le nom de Naradraraja) ; puis son voyage et sa rencontre avec le roi Siridhamaraja de Nakhon si Thammarat, qui lui raconta les miracles accomplis par la statue de Phra Sihin de l’île de Lanka et l’envoi d’un messager et le retour avec la statue qui se brise sur un récif mais dont les morceaux sont sauvés par le  roi des Nagas; et une divinité qui signale dans un  songe au roi Siridhammaraja l’arrivée de la statue et le roi des Devas qui lui permit de la retrouver ; de lui construire un sanctuaire, de l’honorer ainsi que ses successeurs (son fils Ramaraja qui régna à Sukodaya, Palaraja, son fils Udakajotthataraja, puis Lideyyaraja qui fut nommé Dhammaraja, et là on raconte certains  faits qui se sont passés durant son règne : le roi d’Ayojja (Cambodge) Ramadhipati qui prit la ville de Jayanadapura, y mit un administrateur nommé Vattitejo. Le roi avec des cadeaux envoyés à Ramaraja (Ramadhipati) put la récupérer.  Dhammaraja confia alors le gouvernement de Sukhodayapura à sa sœur cadette Mahadevi, celui de Vajirapakara au mandarin Tippannamacca, et il s’en retourna à Jayanadapura avec la statue de Phra Sihing. (Quand ?) A la mort de Ramadhipati, Vattitejo quitta Suvannabhumi pour conquérir le Cambodge. A la mort de Dhammaraja à Jayanadapura, Vattitejo quitta  Ayojjapura pour prendre Jayanadapura et revenir à Ayojjapura avec la statue de Phra Sihing. Le mandarin Brahmajeyya prit Sukodaya. (Quand ?)

 

Ainsi s’achève la traduction de Cœdès  du  Jinakalamalini (1516) (pp.mi p.34 -41) pour aborder ensuite  le texte pali du Sihinganidana (par Bodhiramsi, XVème-XVIème siècle) (pp. 41-47). Là encore, il ne va traduire que des parties plus ou moins longues des pages 64, 75, 76.

 

Après un paragraphe concernant les vertus et la grandeur de Seyyaranga (appelé aussi plus loin dans le même § Suranga et Ranaranga) (Pour simplifier la lecture !) qui régna à Sukhodeyyanagara ; un royaume qui alla du Mékong à la rivière de Nan au Nord jusqu’à Ayodaya et au royaume de Siridhamma au Sud, un royaume où ses habitants furent prospères. Vient ensuite la même histoire du culte rendu à la statue du Phra Sihing comme dans le Jinakalamalini, que nous laisserons pour arriver aux commentaires de Cœdès.

Commentaires de Cœdès. (mi p. 43-p.47)

 

Il constate que le premier roi de Sukhodaya cité par les textes pâlis est pour le Jinakalamalini (J) Rocaraja celui que le Sihinganidana (S) nomme Seyyaranga ou Suranga ou Ranaranga. Selon S. il règne en 756 et selon J. en 1256 et en 1287. Il conclut un pacte d’amitié avec Manraya, le futur fondateur de Xieng Rai, et un troisième prince nommé Purachadana. Il gouvernait un vaste empire qui alla du Mékong à la rivière de Nan au Nord jusqu’à Ayodaya et au royaume de Siridhammaraja au Sud. Le fait capital de son règne fut son expédition pour ramener de Siridhammaraja la statue du Phra Sihing qu’il installa à Sukhodaya.

 

Ensuite Cœdès estime que ce personnage est identique au Phra Ruang de la tradition populaire ! Mais qu’il n’est pas Rama Khamheng. Plus loin il ajoute que J. distingue nettement Rocaraja : Phra ; de Ruang de Ramaraja : Rama Khamheng. Pour J. comme pour S., Phra Ruang est un personnage fabuleux et le fondateur de la dynastie. Le Prince Damrong estime quant à lui, que le fondateur est Indratitya. La tradition populaire aurait confondu les divers rois de Sukhodaya et attribué en bloc au fondateur et l’invention de l’écriture thaïe qui appartient à Rama Khamheng et la réforme du calendrier qui semble revenir à Lidaya. J. et S. faisant vivre Phra Ruang à la même date que Ram Khamheng. Ensuite J. et S. donnent des listes de rois un peu divergentes.

                             

J.

S.

1. Rocaraja                            

1. Suranga

Ramaraja, fils de 1.

2. Palaraja, fils de 1.

3. Palaraja                               

3. Lideya, fils de 2.

4. Udakajjhotthata, fils de 3.       

4. Dakosita, fils de 3.

5. Lideyya (Dhammaraja)           

5. Attakalideyya (Dhammaraja)         

           

 

Cœdès remarque les énigmatiques Dakosita et Udakajjhotthata, et des inversions, mais reconnait pour Lideyya, le Lidaiya des inscriptions. Il constate aussi une concordance de dates. Les textes pâlis, dit-il, nous apprennent que Lideyya était contemporain de Ramadhipati qui fonda Ayudhya en 1350 et de Kilana qui monta sur le trône de Xieng Mai en 1355, ce qui correspond aux inscriptions qui disent que Lidaiya régna de entre 1340 et 1361 (!). D’après J., Lideyya gouvernait Sajanalaya en qualité d’uparaja de son père Dhammaraja qui régnait à Sukhodaya.

Ensuite il revient sur les textes chinois qui disent que le Lo-hou s’est emparé du Sien en  1349 pour ne former qu’un seul Etat le Sien-lo, alors qu’on trouve après cette date encore un roi indépendant à Sukhodaya. Il suffit peut-être, dit-il, de penser que même après la mise sous tutelle, le roi a conservé son titre honorifique. Les textes pâlis arrivent à la même conclusion rappelant qu’après sa soumission, Ramadhipati reçut de Dhammaraja le gouvernement de Muang San, qui à sa mort revint au royaume d’Ayudya. Après être revenu sur d’autres faits des relations entre Sukhotai et Ayutthaya, Coedès termine ses commentaires avec « Tout cela prouve que les événements de 1349-1350 n’avaient pas anéanti la puissance du royaume de Sukhodaya et que les rois d’Ayudhya durent s’y reprendre à plusieurs fois avant de l’incorporer définitivement. » (Quelle précision !)

*** Finot Louis, in sa note de lecture de « Coedès, Recueil des inscriptions du Siam. Première partie. Inscriptions de Sukhodaya » :

« Voici brièvement résumée l’histoire de cette première dynastie ».

« Vers le milieu du XIIIème siècle, Sukhodaya était sous les ordres d’un gouverneur cambodgien portant le titre de Khlon Lampan. Il fut attaqué par deux seigneurs thaïs. L’un Pha Muan, chef de Muan Rat, était en faveur du roi du Cambodge (Muan Sri Sodharapura) qui lui avait conféré le titre de Kamraten çri Indrapatindraditya, et il avait épousé une princesse khmère. L’autre Ban Klan Thao, était chef de Muan Ban Yan. Les deux chefs ayant réussi à prendre Sukhodaya, Pha Muan céda cette conquête commune à son allié ; il lui conféra l’abhiseka et lui transmit son propre titre de çri Indrapatindraditya, ou sous une forme abrégée çri Indraditya. Ce fut le premier souverain indépendant de Sukhodaya, celui qui est connu dans la tradition des Thai (sic) sous le nom de Phra Ruan. Il eut pour successeur ses deux fils Ban Muan et Rama Khamhen. Ce dernier bien connu par sa célèbre inscription régnait en 1283-1292 A.D. Après Rama Khamhen vinrent Lothai et Luthai. Celui-ci (Dharmaraja I), d’abord vice-roi de Sajjanalaya monta sur le trône de Sukhodaya à la mort de son père (1347) ; il est l’auteur du Traiphum, traité de cosmologie bouddhiste. Il régnait encore en 1362. Après la fondation d’Ayudhya (1350), Sukhodaya commença à décliner et les rois suivants tombèrent peu à peu au rang de gouverneurs de province. Le dernier est nommé dans une inscription de 1500 A. D. »

 

 

 

RH 9 - DE LA DIFFICULTÉ D’ÉCRIRE L’HISTOIRE  DU ROYAUME DE SUKHOTAI.
Repost 0
Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans NOTRE RÉCIT DE LA THAÏLANDE.
commenter cet article
11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 18:06
RH 8. LE ROYAUME DE SUKHOTAÏ A DONC ÉTÉ FONDÉ EN 1238 !

Tous les Thaïlandais ont appris à l’école que leur pays, leur Nation est né avec  le royaume de Sukhotai  fondé en 1238 par le roi Sri Indraditya (ou Pho Khun Sri Indrathit) (1238- 1257), en chassant l’occupant khmer.

RH 8. LE ROYAUME DE SUKHOTAÏ A DONC ÉTÉ FONDÉ EN 1238 !

En effet, à la mort du roi khmer Jayavarman VII en 1218, le pouvoir angkorien qui dominait la région va se fragiliser et de nombreuses cités thaïes vont tenter de s’émanciper de la tutelle khmère. Et en 1238 deux chefs thaïs - Phya Muang de Muang Rat et Bang Klang Thao de Muang Bang Yang – vont réunir leurs forces et réussir à évincer le gouverneur khmer de Sukhotai.


Bang Klang Thao prendra alors le pouvoir pour devenir le 1er roi de Sukhotai.

RH 8. LE ROYAUME DE SUKHOTAÏ A DONC ÉTÉ FONDÉ EN 1238 !

Pour comprendre cet événement historique majeur, il faut savoir que de nombreux muang (cités) thaïs existaient bien auparavant dans le bassin du Ménam et sur le Haut-Mékong, certains depuis plus de deux siècles, et bien que vassalisés par le pouvoir môn ou khmer avaient su par alliance, mariage, se voir accorder titres et prérogatives, et autonomie parfois. D’ailleurs pour Georges Cœdès,  cette émergence des Thaïs était « moins un bouleversement soudain dans le peuplement de la péninsule, que la prise du pouvoir par une classe dirigeante d'origine thaïe [...] la substitution du gouvernement des Thaïs à l'administration khmère ».

RH 8. LE ROYAUME DE SUKHOTAÏ A DONC ÉTÉ FONDÉ EN 1238 !

Mais la fondation du royaume de Sukhotai a commencé bien avant 1238. Un article de wikipédia nous dit que « Selon les historiens modernes, la sécession de Sukhotai d'avec l'Empire khmer commença dès 1180, sous le règne de Po Khun Sri Naw Namthom, souverain de Sukhotai et de la cité voisine de Sri Satchanalai (…) Il bénéficiait à cette époque d'une large autonomie, mais il  fut repris vers 1180 par les Môns de Lavo sous leur roi Khomsabad Khlonlampong. » (Référence ?)

RH 8. LE ROYAUME DE SUKHOTAÏ A DONC ÉTÉ FONDÉ EN 1238 !

Mais que savons-nous du règne du roi Sri Indraditya (1238- 1257) ?

RH 8. LE ROYAUME DE SUKHOTAÏ A DONC ÉTÉ FONDÉ EN 1238 !

Il faut tout d’abord constater que nous savons peu de choses. L’article du wikipédia anglais sur le roi Sri Indraditya est proposé avec la référence de l’étude de G. Coedes de 12 pages, intitulée « The origins of Sukhodaya Dynasty. »  datée de  1921 ( !), dans laquelle il avoue ne rien avoir appris de probant sur l’origine de Sukhotai, ni sur la personnalité du roi Sri Indraditya, au vu des sources dont il disposait (épigraphie, textes en pali composés à Chiangmai au début du XVI ème siècle, des légendes préservées dans les « Annales du Nord », des textes chinois traduits par le professeur Pelliot, etc. )

RH 8. LE ROYAUME DE SUKHOTAÏ A DONC ÉTÉ FONDÉ EN 1238 !

Son étude commence avec la traduction d’une inscription datée de 1357, nommée « Nagara Jum » qui fait référence, entre autres, à Pho Kun  Ban Klang Thao et à Pho Kun Pha Chao Muang Rat.

RH 8. LE ROYAUME DE SUKHOTAÏ A DONC ÉTÉ FONDÉ EN 1238 !

Il y est dit que Pho Kun Ban Klang Thao s’est uni militairement avec Pho Kun Pha Chao, le chef de  Muang Rat (Que l’on ne peut plus situer), et a pris possession du muang Sri Sajjanalaya. Pho Kun Pha Chao, quant-à lui, a pris Ban Klong, dont le territoire allait jusqu’à Pho Khun Pha Muang. Malgré des passages effacés, Coédés signale que Khlon Lampong,  probablement  un Khmer, devant le danger représenté par les deux armées thaïes les attaqua, mais fut vaincu. (Date ?) Pho Khun Pha muang entra dans Sukhodaya et confia le gouvernement à Pho Kun  Ban Klang Thao.

RH 8. LE ROYAUME DE SUKHOTAÏ A DONC ÉTÉ FONDÉ EN 1238 !

Celui-ci attendit que l’armée de Pho Khun Pha muang évacua la cité avant de s’y rendre. Il devenait le Chao Muang de Sukhodaya (Sukhotai), avant de prendre le nom de Sri Indrapatindratitya et le titre de Kamrateng An (ou Khamaeng) Pha Muang. Il est dit que Pho Khun Pha Muang accepta de céder le pouvoir car le nouveau roi avait pris sa fille comme épouse. Coédés précise que ce titre de Kamrateng An provenait du Cambodge et légitimait le  nouveau pouvoir. Il sera d’ailleurs donné à ses successeurs.

 

Il est dit ensuite qu’une fois le roi nommé, chacun retourna dans sa cité ou son village comme auparavant. Et il est évoqué rapidement les successeurs : Son fils Pho Khun Ramaraja qui a construit le dharma à Sri Sajjanalaya, puis Rama Khamheng qui a construit le grand Chedi de Sawankalok en 1285 ou 1287, puis Dharmaraj, le petit fils de Sri Indraditya et fils du roi Lodai (qui aurait eu aussi le titre de Dharmaraja), qui aurait  lu tout le « Tripitaka », réformer le calendrier, et serait l’auteur du « Traiphum ».  (sic) (Nous reviendrons sur cette succession)

RH 8. LE ROYAUME DE SUKHOTAÏ A DONC ÉTÉ FONDÉ EN 1238 !

Autrement dit, l’article de wikipédia anglais était la traduction simplifiée de l’étude de Coedès, qui était elle-même une proposition de traduction d’une stèle de 1357 dont certaines parties étaient effacées et qui – vous l’avouerez- nous donnait peu d’informations sur cette fondation de Sukhotai.

 

Ainsi l’histoire de la fondation du royaume de Sukhotai qui est considéré comme le premier royaume de la Thaïlande, peut se résumer en quelques lignes, et sans ne  rien connaître de son premier roi. 

RH 8. LE ROYAUME DE SUKHOTAÏ A DONC ÉTÉ FONDÉ EN 1238 !
Repost 0
Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans NOTRE RÉCIT DE LA THAÏLANDE.
commenter cet article
4 février 2017 6 04 /02 /février /2017 18:16
RH 7- INTRODUCTION AU ROYAUME DE SUKHOTAI (1238-1438).

A ce moment du récit, nous avons appris que le roi Mongkut (Rama IV) (1851-1868) a décidé que la fondation du royaume de Sukhotai en 1238 serait considérée comme l’origine de la Nation, le berceau de la civilisation thaïe, tout en sachant qu’il y eut auparavant de nombreuses cités thaïes indépendantes et/ou autonomes, sous la vassalité - selon l’endroit ou la période - des Birmans, des Khmers ou des Môns et même des Chinois. Cette origine de la Thaïlande fut donc décidée par le roi Mongkut (Rama IV)...

RH 7- INTRODUCTION AU ROYAUME DE SUKHOTAI (1238-1438).

sur la « preuve » d’une stèle controversée, dite la stèle de Ramkhamhaeng de 1292 (Nous la présenterons), que le roi aurait trouvée en 1833, alors qu’il était encore prince moine, dans la forêt de Sukhotai ;

RH 7- INTRODUCTION AU ROYAUME DE SUKHOTAI (1238-1438).

 ... événement d’autant plus surprenant  qu’à la fin du XIXème siècle on ne savait plus au milieu des ruines où se trouvait exactement le cœur  de cette capitale ;  

RH 7- INTRODUCTION AU ROYAUME DE SUKHOTAI (1238-1438).

... ou bien encore que Mgr Pallegoix, le meilleur connaisseur du royaume de Siam de l’époque et « ami » du roi déclarait que les annales de ce pays (« phongsawada Muang nua » ou « histoire du royaume du Nord ») donn(ant) l'origine des Thaïs, et un abrégé de leur histoire jusqu'à la fondation d’ Ayutthaya, étaient pleine de fables et présentaient peu de faits historiques. ».

RH 7- INTRODUCTION AU ROYAUME DE SUKHOTAI (1238-1438).

D’autres « savants » après lui, comme Aymonier, Pavie, Schmitt, Fournereau, Barth, Lunet de la Jonquières, Coedés, etc**, signaleront les difficultés de recherche des sources, de leur traduction, de leur interprétation, et proposeront parfois des hypothèses différentes tant sur les dates que sur les événements. Même le Prince Subhadradis Diskun (1923-2003) l’un des plus prestigieux historiens/archéologues thaïs, exprimera en 1979 ses doutes en présentant le royaume avec des « « environ », « Probablement », « semble-t-il », et le savoureux « Si l'on en croit une pierre gravée »), ou bien encore « on pense que neuf rois régnèrent successivement à Sukhothai, de 1240 (sic) à 1438 environ. » ( in Le Courrier de l’UNESCO de juin 1979.)***

RH 7- INTRODUCTION AU ROYAUME DE SUKHOTAI (1238-1438).

Autant dire le manque de fiabilité des sources dont nous disposons. Mais l’histoire officielle n’est pas là pour exprimer des doutes. Elle a une fonction idéologique ; elle est là pour légitimer le roman de la Nation, l’histoire d’un grand et vieux pays, sa monarchie, sa religion (Le bouddhisme theravada), son unité face à ses ennemis. Il lui faut une chronologie, des dates/événements, des héros que l’écolier apprendra à l’école.

RH 7- INTRODUCTION AU ROYAUME DE SUKHOTAI (1238-1438).

Il saura que son pays est né à Sukhotai en 1238, a été annexé en 1438 par le royaume d’Ayutthaya (1351-1767), qui depuis la date de sa fondation en 1351 est devenu  le nouveau centre du royaume jusqu’en 1767, où il succomba sous l’assaut de l’ennemi birman, pour retrouver son indépendance 7 mois plus tard avec le roi Taksin ...

RH 7- INTRODUCTION AU ROYAUME DE SUKHOTAI (1238-1438).

... qui établira le royaume de Thonburi en 1767, et qui sera « destitué et mis à mort » en 1782 par Rama I (1782-1809) qui  fondera la dynastie Chakri qui règne depuis.

RH 7- INTRODUCTION AU ROYAUME DE SUKHOTAI (1238-1438).

L’histoire sera basée sur l’histoire de ses rois les plus importants et/ou sur leurs légendes et ses héros, auxquels on rajoutera, dans le meilleur des cas, la révolution de 1932 et l’histoire de la monarchie constitutionnelle, sous l’autorité avisée et paternelle des monarques constitutionnels.

RH 7- INTRODUCTION AU ROYAUME DE SUKHOTAI (1238-1438).

Une histoire nationale qui montre au monde combien la Thaïlande est un grand et ancien royaume, dont les sujets peuvent être fiers avec ses trois piliers : une Nation, un roi, une religion (Le bouddhisme theravada).                                                 

RH 7- INTRODUCTION AU ROYAUME DE SUKHOTAI (1238-1438).

Convenons donc que le royaume de Sukhotai a existé 200 ans de 1238 à 1438 et a connu 9 rois :1/ Sri Indrahit (Pho Khun Bang Klang Hao) (1238-1279) Fondateur du Royaume.   

RH 7- INTRODUCTION AU ROYAUME DE SUKHOTAI (1238-1438).

2/ Ban Muang (1279-1279) (fils de Sri Indrahit) 3/ Ramkhamhaeng, le Grand (1279-1298) (frère de Ban Muang)

RH 7- INTRODUCTION AU ROYAUME DE SUKHOTAI (1238-1438).

4/ Loethai (1298-1323) (fils de Ramkhamhaeng) 5/ Nguanamthom (1323-1347) (cousin de  Loethai et fils de Ban Muang) 6/  Lithai (Thammaracha (1347-1368) ( cousin de Nguanamthom,  Fils de Loethai)

RH 7- INTRODUCTION AU ROYAUME DE SUKHOTAI (1238-1438).

7/ Leuthai (Thammaracha II) (1368-1399) ( fils de Lithai), 8/ Saileuthai (Thammaracha III) (1400-1419) (fils de Leuthai), 9/ Borommapan  (Thammaracha IV) (1419-1438) (fils de Saileuthai).

 

Mais vous aurez beau chercher, l’histoire de ce royaume se réduit  essentiellement à son  fondateur  Sri Indrahit (1238- 1279) ;  Rama Khamhaeng le Grand (1279-1298) qui va établir pour la première fois  un pouvoir dominant thaï en Asie du Sud-Est, et qui sera considéré comme le fondateur de la nation et de la culture thaïe, son successeur et fils, le roi Leothai (1298-1323) qui ne pourra pas empêcher le déclin du royaume, et le petit-fils de Ram Kamhaeng, Lithai (1347-1368) (le sixième roi de la dynastie ) qui va réussir à réunifier le royaume sans toutefois lui redonner les limites de sa splendeur d’antan, malgré l’émergence du nouveau royaume et rival d’Ayutthaya. On lui attribuera aussi une grande piété et d’être l’auteur d’un grand traité de cosmologie bouddhique, le Tribhumikathà (les Trois Mondes bouddhiques). 

RH 7- INTRODUCTION AU ROYAUME DE SUKHOTAI (1238-1438).

Son fils Leuthai (1368-1399) ( ils de Lithai) verra son royaume vassalisé en 1378 par le royaume thaï d’Ayutthaya et annexé en 1438 à la mort du roi Borommapan (1419-1438).

 

RH 7- INTRODUCTION AU ROYAUME DE SUKHOTAI (1238-1438).

Le récit de Sukhotai se devra d’aborder quelques dates importantes : 1238, 1262, 1287, 1292, 1351, 1378, 1438.

 

En 1238 donc, la naissance du royaume de Sukhotai ( dont Sukhothai et Si Sacchanalai (aujourd'hui Sawankalok) étaient les capitales « jumelles ») rompt l’équilibre spatial du pouvoir que se partageait le royaume de Pagan et le royaume Khmer d’Angkor (qui dominait le royaume môn de Lavo). Il est considéré comme le premier royaume thaï indépendant.

 

En 1262, le roi Mangraï dans le nord, fonde le royaume thaï de Lanna, qui va avec la cité thaï du Phayao établir une alliance avec Sukhotai face aux « ennemis » birmans et mongols.

RH 7- INTRODUCTION AU ROYAUME DE SUKHOTAI (1238-1438).

En 1287, le roi Ramkamheng de Sukhotai, le roi Mangraï du Lanna, et le prince Ngam Muang (Phayao) établissent un  pacte d'amitié  devant la menace mongole.

 

RH 7- INTRODUCTION AU ROYAUME DE SUKHOTAI (1238-1438).

Signalons qu’en 1281, le roi Mangrai prend la ville de Lamphun qui met fin au royaume d’Haripunchai des Mons  et à la période de Dvâravati.

 

1292. La fameuse stèle de Ram Kamhaeng ?
 

RH 7- INTRODUCTION AU ROYAUME DE SUKHOTAI (1238-1438).

En 1351, la fondation du royaume thaï d’Ayutthaya par le Prince Uthong (Ramathibobi), va rompre cet équilibre et engager les hostilités contre Sukhotai.  (Sukhotai perdit sa prééminence au profit de Phisanulok)

 

En 1378, Sukhotai devient vassal d’Ayutthaya, sous le règne du roi Leuthai (1368-1399).

 

En 1438, le dernier roi de Sukhotai Borommapan (1419-1438) décède, et le royaume est annexé par le royaume d’Ayutthaya.

                                                  -----------------

Nous avions là quelques éléments (des noms, des dates, peu d’événements), mais  l’histoire officielle n’en disposait  guère plus.

 

*Nous avons consacré une quinzaine d’articles au royaume de Sukhotai dans notre « Histoire de la Thaïlande ». Cf. à partir de « 18. Notre Histoire : Les Thaïs entrent dans l’Histoire, avec la fondation du royaume de Sukhotai ».

http://www.alainbernardenthailande.com/article-18-notre-histoire-les-thais-entrent-dans-l-histoire-avec-le-royaume-de-sukkhotai-101594784.html

Et par exemple :

« 22. Notre Histoire : Le Royaume de Sukhotai (1238-1438). »

http://www.alainbernardenthailande.com/article-22-notre-histoire-le-royaume-de-sukhotai-1238-1438-102400771.html

**23. Notre Histoire : Les sources du Siam ancien ?

http://www.alainbernardenthailande.com/article-23-notre-histoire-les-sources-du-siam-ancien-102401104.html

***21. Notre Histoire : Le Royaume de Sukhotai (1238-1438) vu par le Prince Subhadradis Diskul.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-21-le-royaume-de-sukkhotai-1238-1438-vu-par-le-prince-diskul-102117551.html

 

On pourrait aussi citer B. J. Terwiel - l’un des meilleurs spécialistes de la Thaïlande - qui,  dans son livre « Thailand’s Political History » de 2011 rappelle que Sukhotai, s’est formé parmi d’autres mini-Etats thaïs, de même que la présentation du Lanna comme un Etat unifié a été créé au XXème siècle et n’est qu’un mythe. Il rappelle aussi qu’Ayutthaya a existé bien avant 1351 et exprime de nombreux doutes ou versions sur les scénari possibles de l’histoire de la Thaïlande. 

 

 

 

 

RH 7- INTRODUCTION AU ROYAUME DE SUKHOTAI (1238-1438).
Repost 0
Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans NOTRE RÉCIT DE LA THAÏLANDE.
commenter cet article
28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 18:03
RH 6 - LES PREMIERS ROYAUMES THAÏS ENTRENT DANS L’HISTOIRE, MAIS QUELLE « HISTOIRE » ?

2. Le Lanna.

 

Si l’histoire officielle du Siam commence, nous l’avons vu,  avec la fondation du royaume de Sukhotai  en 1238 par décision royale du roi Mongkut (Rama IV (1851-1868) ), il ne faut pas oublier, que d’autres royaumes ou cités/Etats thaïs sont apparus au 13ème siècle, comme le Lanna à Chiangrai en  1262, avec le roi Mangrai (1262-1317), celui de Phayao (Quand ?) et d’autres muang autonomes (et vassalisés) plus petits (Combien ?), dont nous ne connaissons rien.

 

Mais que savons-nous  de la fondation du Lanna ?

RH 6 - LES PREMIERS ROYAUMES THAÏS ENTRENT DANS L’HISTOIRE, MAIS QUELLE « HISTOIRE » ?

Cet article est une version simplifiée et remaniée de notre article 27, « Notre Histoire - La  formation de l’Etat de Lanna en 1262 dans le Nord de la Thaïlande. »*

 

Les origines légendaires.


Suvanna Khamdaeng est un héros de légende qui  n’est connu que par une chronique, plus religieuse qu’historique, « La chronique de Suvanna Khamdaeng » mélangeant allégrement le merveilleux et le réel. Elle conte l’installation de ces chasseurs « venus du nord » dans la région de Chiangmai jusqu’à la formation du muang Lanna après de multiples vicissitudes.

RH 6 - LES PREMIERS ROYAUMES THAÏS ENTRENT DANS L’HISTOIRE, MAIS QUELLE « HISTOIRE » ?

Elle évoque de nombreux souverains dans une chronologie qui permet de la situer à partir du 8ème siècle de notre ère. Ce muang a dû sa naissance à une fructueuse alliance de ces chasseurs-explorateurs avec les aborigènes locaux, les Lawas, qui leur offrent un cadre territorial symbolisé par une colonne dédiée au Dieu Indra toujours visible (une fois par an) dans la Wat Djedi Luang à Chiangmai, modernisée et surmontée d’une statue de Bouddha.
 

RH 6 - LES PREMIERS ROYAUMES THAÏS ENTRENT DANS L’HISTOIRE, MAIS QUELLE « HISTOIRE » ?

Nous devons la connaissance de cette  chronique unique, retrouvée, traduite et commentée par Camille Notton, ancien consul à Chiangmai, mais  nous avons là une légende qui ne repose sur aucun document historique, archéologique ou épigraphique. (Cf. La présentation de Camille Nothon en note**)


Ce texte tente de démontrer que Suvanna Khamdaeng est le fondateur du royaume de Lanna « dont la prospérité fut le fruit de sa grande sagesse ». Il attribue à Suvanna Khamdaeng l’introduction des 5 préceptes fondamentaux du bouddhisme chez les Lawas

RH 6 - LES PREMIERS ROYAUMES THAÏS ENTRENT DANS L’HISTOIRE, MAIS QUELLE « HISTOIRE » ?

Il aurait eu 15 successeurs dont l’un serait le fondateur de Chiangmai, ce qui est formellement contredit par l’histoire même car si Mangraï installe sa capitale le 27 mars 1292 à Chiangmai, il s’adresse aux occupants des lieux pour prêcher l’harmonie, ce qui établit tout au plus une occupation antérieure.

 

Le roi Mangrai nous fait quitter la légende pour entrer dans l’Histoire.

RH 6 - LES PREMIERS ROYAUMES THAÏS ENTRENT DANS L’HISTOIRE, MAIS QUELLE « HISTOIRE » ?

Avant la fondation du royaume de Lanna, il existe deux puissants royaumes, Haryphundjaï (หริภุญไชย) et Yonok (โยนก). Le premier, correspond aujourd’hui à Lampang, Lamphun et Chiangmai, et le second à Chiangrai. Chaque groupe ethnique construit sa ville dirigée par un « djaomuang » (เจ้าเมือง).

RH 6 - LES PREMIERS ROYAUMES THAÏS ENTRENT DANS L’HISTOIRE, MAIS QUELLE « HISTOIRE » ?

Mangraï est le premier roi « historique » du royaume de Lanna (« le million de champs »). Sa statue domine la ville de Chiangrai où elle est toujours l’objet de la vénération des foules. Notre héros est né en 1238 (ou 1239) et est décédé en 1317. Il vient d’une dynastie Lao dont la chronologie est flottante, et est originaire de Chianglao, actuellement Chiangsaen, actuel amphoe de la province de Chiangrai, sur les rives du Mékong et au milieu du triangle d’or. Nous connaissons de lui une généalogie montant sur 25 générations en arrière, mais tout aussi légendaire que la généalogie descendante de Suvanna Khamhèng.

RH 6 - LES PREMIERS ROYAUMES THAÏS ENTRENT DANS L’HISTOIRE, MAIS QUELLE « HISTOIRE » ?

Sa première épouse est fille du prince (ou du roi ?) de Chiang Rung. Il n’a que 21 ans, lorsqu’il prend le pouvoir avec déjà l’ambition d’étendre son royaume, de vassaliser les autres muang thai ou môns. Ainsi  deux  ans plus tard, il transporte sa capitale à Chiangrai qu’il vient de conquérir sur les Môns.

RH 6 - LES PREMIERS ROYAUMES THAÏS ENTRENT DANS L’HISTOIRE, MAIS QUELLE « HISTOIRE » ?

Il faut se rappeler que le muang,  est un système hiérarchisé politico-religieux et qu’en fonction de sa taille est, soit  le centre, soit dans un rapport de vassalité(s) ou d’allégeance(s), plus ou moins autonome, selon la distance par rapport au centre. (Si le centre faiblit, il peut se placer sous la protection d’ autres muang, soit s’ intégrer dans 2 , 3 réseaux hiérarchiques (sous la tutelle de 2 ou de 3 chefs) ). (On peut donc repérer au moins 3 hiérarchies : La hiérarchie politique et religieuse à l’intérieur du muang; la hiérarchie entre les muang).

 

Mais il doit aussi, comme les royaumes thaïs de Sukhotai et de Phayao faire face aux menaces des Birmans du royaume de Pagan et des Mongols. On doit se rappeler que le mongol  Kubilai Khan a fondé la dynastie des Yuan en 1271 et qu’en 1279, il a conquis toute la  Chine, après avoir écrasé le reste de l’armée Song à la bataille de Yamen à Guangzhou. Déjà en 1277, le roi birman de Pagan sentant la menace avait pris les devants  et attaqué les Mongols à Ngasaunggyan, où il fut écrasé.

RH 6 - LES PREMIERS ROYAUMES THAÏS ENTRENT DANS L’HISTOIRE, MAIS QUELLE « HISTOIRE » ?

On peut comprendre que dans ce contexte, dès 1280, le roi Mangrai s’associe avec le roi Ramkhamhaeng (1278-1317) de Sukhotai, et le roi Ngam Mueng de la cité-Etat de Phayao. Certains écrivent qu’en 1280, Mangrai aurait repoussé les Mongols qui avaient attaqué Chiang Rung.

RH 6 - LES PREMIERS ROYAUMES THAÏS ENTRENT DANS L’HISTOIRE, MAIS QUELLE « HISTOIRE » ?

En 1287, le roi de Pagan Narhatipati est assassiné par l’un de ses fils. Les Mongols envahissent le royaume, prennent la capitale Pagan et place un souverain fantoche. C’est la fin du royaume (849- 1287) qui est alors morcelé. Les trois frères Athinhkaya, Yazathingyan et  Thihatu vont alors co-régner l’ancien royaume depuis Myinsaing, Mekkara et Pinle.

 

Ces événements avec la menace mongole toujours présente vont amener le roi Mangrai, le roi de Sukhothai Ramkhamhaeng et le roi Ngam Muang, de Phayao, à conclure en 1287 un traité de paix.

 

En 1315 et 1325 ( ?) il a ou aurait envoyé une délégation de la paix aux Mongols. Mais à l’inverse de Ramakhamhaeng, il n’a ou n’aurait jamais fait acte d’allégeance aux Mongols. Où est la vérité ? C’est tout au moins ce que nous apprend le site l’Université de Chiangmaï. (Cf. La controverse dans notre article 25***)

RH 6 - LES PREMIERS ROYAUMES THAÏS ENTRENT DANS L’HISTOIRE, MAIS QUELLE « HISTOIRE » ?

Mais si Mangraï a pu contenir les Mongols, il va par contre s’engager lui-même dans une politique de conquêtes, invasions ou alliances. Il s’empare de Lamphun vers 1290 au détriment des Môns, et de Haripunchaï  en 1292 alors que la ville est en proie à des troubles qu’il a probablement suscités.


En 1294, il construit une nouvelle ville, Wiang Kumkan  (เวียง กุม กาม située à environ 30 kilomètres au sud de Chiangmai, actuellement dans l’amphoe de Saraphi อำเภอ สารภี)

RH 6 - LES PREMIERS ROYAUMES THAÏS ENTRENT DANS L’HISTOIRE, MAIS QUELLE « HISTOIRE » ?

Il est en paix avec le roi de Hamthavatdi qui lui donne sa fille en mariage et 500 artisans pour décorer sa ville. Mais celle-ci est l’objet d’inondations constantes. C’est alors qu’il découvre le site où sera construite la ville de Chiangmai en 1296.

RH 6 - LES PREMIERS ROYAUMES THAÏS ENTRENT DANS L’HISTOIRE, MAIS QUELLE « HISTOIRE » ?

Site à l’écart de la route des Mongols en direction des Indes, de la Bactriane, du Proche-Orient puis de l’Europe et dont les conditions physiques étaient très favorables (près d’une rivière mais pas inondable, alimenté en eau par deux cours d’eau, climat clément). La ville devient la capitale du royaume du Lanna, un Etat centralisé qui peut tenir sous sa dépendance les territoires entourant la ville, et  régner sur des petites « principautés » annexées ou vassalisées. Mengraï « attirera » les paysans de la région de Chiangmai et les encouragera à cultiver le riz et le bétel. Il fallait bien assurer la puissance du nouveau royaume.


Diplomate autant que chef de guerre, bâtisseur avisé****, Mangraï fut aussi un législateur, lointain fondateur du droit siamois.***** A la fondation de Chiangmai, il légifère par exemple sur le régime des eaux nécessaires à l’irrigation des terres. Un exemplaire manuscrit de son « code » est conservé au monastère de Chang Kham à Nan et a fait l’objet d’une traduction en thaï moderne et en anglais.

RH 6 - LES PREMIERS ROYAUMES THAÏS ENTRENT DANS L’HISTOIRE, MAIS QUELLE « HISTOIRE » ?

Ces vieux textes ont ou auraient encore été en usage lors du rattachement définitif du royaume au Siam en 1884. L’actuel droit de la propriété foncière trouve sa lointaine origine dans son code qui autorisait ses sujets d’être temporairement propriétaires des terres qu’ils cultivaient depuis trois ans, en payant une redevance qui permettait l’enregistrement de leurs droits auprès de l’ancêtre du « land office » ! Fondé sur l’intention plus que sur l’action, loi du Karma, le « code Mangraï » détaille ainsi par exemple les cas d’homicide justifiés au regard du Dharma de ceux qui ne le sont pas.

RH 6 - LES PREMIERS ROYAUMES THAÏS ENTRENT DANS L’HISTOIRE, MAIS QUELLE « HISTOIRE » ?

De la mort de Mengraï en 1317 jusqu’à la chute du Lanna, pris par les Birmans en 1558, l’histoire n’est qu’une suite de guerres de succession, fils contre père, frères contre frères, assassinats ou trahisons. Le Lanna ne se libéra du joug birman qu’en 1774.Le « royaume de Chiangmai» subsista jusqu’en 1884, date à laquelle le roi Rama V le rattacha définitivement au Siam avant d’avoir la sagesse de prendre en 1886 comme « première concubine » (épouse secondaire et « mariage de raison ») une princesse de la famille royale de Chiangmai, la princesse Dara Rasmi.

RH 6 - LES PREMIERS ROYAUMES THAÏS ENTRENT DANS L’HISTOIRE, MAIS QUELLE « HISTOIRE » ?

Mangrai reste toutefois pour les habitants de l’ancien Lanna qui conservent tout ou partie de leurs coutumes leur génie tutélaire comme Ramakhamhèng est toujours celui des Thaïs, et les descendants de la dernière famille royale y bénéficieraient encore d’un « certain prestige ».

RH 6 - LES PREMIERS ROYAUMES THAÏS ENTRENT DANS L’HISTOIRE, MAIS QUELLE « HISTOIRE » ?

Nous reviendrons ultérieurement sur cette histoire du Lanna et en attendant, reprenons notre récit avec l’histoire du royaume de Sukhotai.

 

*27. Notre Histoire : La  formation de l’ Etat de Lanna en 1262 dans le Nord de la Thaïlande.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-27-la-formation-de-l-etat-du-lanna-en-1262-dans-le-nord-de-la-thailande-103436169.html 

 

**Camille Notton est né dans un petit village du Limousin en 1881. Etudiant en droit à Paris, il y apprend également aux « Langues-O » le chinois et le siamois. Il est nommé en 1906 interprète à l’ambassade de France à Bangkok où il épouse (probablement) une siamoise, et devient en 1914, pendant la première guerre, vice-consul de France à Chiangmai jusqu’à la seconde guerre mondiale. Il refusera toute autre affectation ou promotion et ne quittera Chiangmaï qu’en 1959.

 

Il est un infatigable traducteur de textes anciens, chinois ou siamois. Archéologue amateur aussi, il se signale par des dons au Musée de l’Ecole française d’Extrême-Orient (Surtout ses trouvailles préhistoriques). Mais son oeuvre essentielle comme traducteur et historien du Lanna, en 1926 passe presque inaperçue (la première édition est publiée à Paris) mise à part une brève mention dans les « livres récemment acquis » par l’Ecole française d’Extrême-Orient : « Annales du Siam, première partie, chroniques de Suvanna Khamdaeng  Sinhanavati ».

 

La maison de Notton à Chiantmaï - Photograpphie aimablement communiquée par Madame Christine Peyraud :

RH 6 - LES PREMIERS ROYAUMES THAÏS ENTRENT DANS L’HISTOIRE, MAIS QUELLE « HISTOIRE » ?

Cf. Françoise Lagirarde « Note sur Camille Notton traducteur de la chronique de Suvanna Khamdaeng » in « Aséanie » 9, 2002, pp. 94-100

 

***La contreverse, in 25. Notre Histoire. Le roi Ramkhamhaeng de Sukhotaï et  les Mongols de Chine.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-25-notre-histoire-le-roi-ramkhamhaeng-de-sukhotai-et-les-mongols-de-chine-103323661.html  

 

**** Voir le remarquable article « Chiangmaï, 7 siècles de tradition urbaine » de Sophie Clément-Charpentier et Kunwadee Jintavom, « Archipel » volume 37, 1989, pp 219-246

 

*****« The laws of king Mangraï », version bilingue traduite par Aroonrut Wichienkeo, 1986, cité par Georges Condominas, « Formes extrêmes de dépendence. Contribution à l’étude de l’esclavage en Asie du sud-est », in « Asean », 4 – 1999.

Pour en savoir plus sur l’histoire du Lanna :

http://www.sri.cmu.ac.th/~elanna/elanna_eng/public_html/home/home.htm

Et l’excellent blog « Merveilleuse Chiangmai » :http://www.merveilleusechiang-mai.com/

Avec son « histoire du Lanna » : http://www.merveilleusechiang-mai.com/articles/08-histoire-du-lanna

Repost 0
Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans NOTRE RÉCIT DE LA THAÏLANDE.
commenter cet article
14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 18:18
RH 4- LES PREMIERS ROYAUMES THAÏS INDÉPENDANTS : SUKHOTAI EN 1238 ET LE LANNA EN 1262.

La longue immigration des Thaïs (siamois) qui a commencé au VIIIème siècle mit donc plusieurs siècles pour arriver à fonder les premiers royaumes indépendants dans ce qui sera le Siam, comme celui de Sukhotai en 1238 ou celui du royaume de Lanna au Nord en 1262, avec, à la même époque la cité-État de Phayao.

 

Mais, avions-nous dit,  nous ne connaissons rien ou si peu de cette longue période historique de près de cinq siècles, qui a été nécessaire pour former ces premiers royaumes thaïs, comprenant chacun d’autres muang thaïs plus petits qui leur ont fait allégeance. (Cf. En note * pour le royaume de Sukhotai, la liste des muang inscrits sur la stèle  datée de 1292 du roi Ramkhamhaeng et pour le royaume du Lanna, les cités-états de Ngoen Yang rassemblées par Mangrai en un royaume unifié).
 

RH 4- LES PREMIERS ROYAUMES THAÏS INDÉPENDANTS : SUKHOTAI EN 1238 ET LE LANNA EN 1262.

Mais nous ignorons également comment se sont constitués ces cités, quelles relations elles ont dû  établir avec les Môns, les cités dites de Dvaravati, les Birmans, les autres peuples autochtones, et l’empire khmer d’Angkor qui à partir du IXème siècle va se rendre maître de toute l’Asie du Sud-Est continental, en assurant son pouvoir, par un système militaro-religieux, composé de temples et de garnisons militaires au sein d’un réseau de communications élaboré, qu’assurent nombre de fonctionnaires et de prêtres (bouddhiste ou brahmane selon la période), en s’appuyant sur les chefs locaux.

RH 4- LES PREMIERS ROYAUMES THAÏS INDÉPENDANTS : SUKHOTAI EN 1238 ET LE LANNA EN 1262.

Il a fallu bien d’épisodes durant ces siècles à ces différents muang au fil des migrations, pour s’établir, composer avec les différents pouvoirs, les peuples autochtones, établir des alliances, se mélanger parfois, dans le jeu des vassalités réciproques, pour  réussir à obtenir pour certains une forme d’autonomie. Nul doute que cette histoire ne fut pas épargnée par des combats et des révoltes parfois. Mais ne subsiste que des légendes ou des bribes d’information (reprises par wikipédia), comme celles du premier royaume thaï qui aurait vu le jour au Xème siècle en pays Yonok, dans la région de Chiang Saen ; ou celle du prince Phrom qui, à la fin de XIème siècle aurait vaincu les Khmers pour fonder la cité de Fang (rebaptisé Chai Prakan), repris ensuite ;  Ce sont ses descendants qui auraient créés la principauté de Phayao au XIIIème siècle ; ou celle qui évoque des principautés thaïes fondées avant le XIIIème, dans les collines de l'extrême nord de l'actuelle Thaïlande, notamment le royaume de Ngoen Yang (prédécesseur du Lanna autour de Chiang Saen) et le royaume Lu de Heokam, un temps où Sukhothai était alors un centre commercial du royaume môn de Lavo, vassal de l'Empire Khmer dont la capitale était l'actuelle Lopburi. Ou bien encore l’idée qui estimerait que la sécession de Sukhotai largement autonome, d'avec l'Empire khmer aurait commencé dès 1180, sous le règne de Po Khun Sri Naw Namthom, souverain de Sukhotai et de la cité voisine de Sri Satchanalai (actuel Amphoe Si Satchanalai, dans la province de Sukhothai),  pour dire plus loin que Sukhotai fut reprise vers 1180 par les Môns de Lavo sous leur roi Khomsabad Khlonlampong

 

RH 4- LES PREMIERS ROYAUMES THAÏS INDÉPENDANTS : SUKHOTAI EN 1238 ET LE LANNA EN 1262.

Même Camille Notton (vice-consul de France à Chiangmai jusqu’à la seconde guerre mondiale), l’un des meilleurs spécialistes du Lanna, ne put proposer qu’une légende sur l’histoire des prédécesseurs du roi Mangrai, qui descendrait du premier fondateur Susanna Khamdaeng et aurait été suivi par 15 successeurs. (Cf. Notre article sur ce texte, in La  formation de l’Etat du Lanna en 1262 dans le Nord de la Thaïlande.*)

RH 4- LES PREMIERS ROYAUMES THAÏS INDÉPENDANTS : SUKHOTAI EN 1238 ET LE LANNA EN 1262.

Ou comme les traditionnelles et énigmatiques sources chinoises : « qui mentionnent dans les toutes premières années du XIII e siècle l’ambassade d’un petit Etat probablement situé aux alentours de Phetchaburi et qu’ils appellent « Chen-Li-fu ». Mais on ignore s’il était de de construction mône, khmère ou thaïe !!! (O.W. Wolters)(Cité par Dovert)**.

RH 4- LES PREMIERS ROYAUMES THAÏS INDÉPENDANTS : SUKHOTAI EN 1238 ET LE LANNA EN 1262.

Il fallut donc attendre la mort du grand roi khmer Jayavarman VII vers 1220, pour assister à l’affaiblissement du pouvoir khmer et que les habitants de Sukhotai réussissent à chasser le gouverneur khmer,

RH 4- LES PREMIERS ROYAUMES THAÏS INDÉPENDANTS : SUKHOTAI EN 1238 ET LE LANNA EN 1262.

... pour qu’en 1238 le roi Si Intharathit fonde le premier royaume thaï de Sukhotai,

RH 4- LES PREMIERS ROYAUMES THAÏS INDÉPENDANTS : SUKHOTAI EN 1238 ET LE LANNA EN 1262.

..et qu’en 1262, le roi Mangraï fonde à Chiang Raï, le royaume de Lanna,

RH 4- LES PREMIERS ROYAUMES THAÏS INDÉPENDANTS : SUKHOTAI EN 1238 ET LE LANNA EN 1262.

...sachant, comme l’a dit Georges Cœdès que cette émergence des Thaïs était « moins un bouleversement soudain dans le peuplement de la péninsule, que la prise du pouvoir par une classe dirigeante d'origine thaie [...] la substitution du gouvernement des Thaïs à l'administration khmère dans le bassin du Ménam et sur le Haut-Mékong. » ***

 

Bref, on comprend, dans ces conditions, pourquoi le roi Mongkut (1851-1868) décidera que la fondation du royaume de Sukhotai en 1238 serait considérée  comme le début de la Nation siamoise, le berceau de la civilisation thaïe.

RH 4- LES PREMIERS ROYAUMES THAÏS INDÉPENDANTS : SUKHOTAI EN 1238 ET LE LANNA EN 1262.

Il était donc judicieux désormais de présenter  ces premiers royaumes thaïs qui allaient redistribuer les cartes de l’Asie du Sud-est au détriment des Khmers, des Birmans, des Laos et des royaumes Môn ...

 

Les Thaïs entraient dans l’Histoire.

----------------------------------------------------------------------------------------------

* Les muang vassalisés du royaume de Sukhotai en 1292 : « A l’est : Sra Luang, Song Kwae, Lambachai, Sakha, les rives du Khong (Mékong), Wiangchan, Wiangkham. Au sud : Khonti, Phra Bang, Phraek, Suphannaphumi, Ratchaburi, Phetchaburi, Sri Dhammaraja. A l’ouest : Muang Chot, Muang …n , Hongsawadi. Au nord : Muang Phrae, Muang Man, Muang N…, Muang, Phlua, et de l’autre côté du Khong, Muang Chawa ».

Pour le Lanna, voir : 27. Notre Histoire : La  formation de l’Etat du Lanna en 1262 dans le Nord de la Thaïlande.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-27-la-formation-de-l-etat-du-lanna-en-1262-dans-le-nord-de-la-thailande-103436169.html

16. Notre Histoire : La conquête du « Siam » par les muang.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-16-notre-histoire-la-conquete-du-siam-par-les-muang-99006690.html

**Cité en note p.204, par Stéphane Dovert in « Thaïlande contemporaine », IRASEC, Les Indes savantes, 2011.

***24. Notre Histoire. Sukhotai, un  nouveau pouvoir dominant en Asie du Sud-Est à la fin du XIIIème siècle.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-24-sukhotai-un-nouveau-pouvoir-dominant-en-asie-du-sud-est-a-la-fin-du-xiiieme-siecle-102975663.html

****In 18. Notre Histoire : Les Thaïs entrent dans l’Histoire, avec la fondation du royaume de Sukkhotai.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-18-notre-histoire-les-thais-entrent-dans-l-histoire-avec-le-royaume-de-sukkhotai-101594784.html

Repost 0
Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans NOTRE RÉCIT DE LA THAÏLANDE.
commenter cet article
11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 18:05
RH 3 -  LA MIGRATION DES THAÏS DANS CE QUI SERA LE SIAM ?

Si les Thaïs s’étaient sans doute installés depuis fort longtemps dans le Yunnan chinois (1er siècle ?), les historiens et chercheurs les ont repérés au sein du royaume de Nanzhao (737-902) devenu le royaume de Dali (937- 1253), avec lesquels ils ont entretenus des rapports de vassalité et commerciaux, ou  des  alliances, mais sans pouvoir expliciter leur nature. A partir du Xème siècle ( ?), du fait des bouleversements guerriers incessants, beaucoup d’entre eux ont émigré (Combien ?), par vagues successives en prenant des chemins migratoires différents –comme nous l’avons déjà dit- selon le groupe auquel ils appartenaient : les Thaïs (siamois) dans ce qui sera le Siam (Dont, les Thaïs Yuans du Nord), les Shans ou Thai Yai en Birmanie, les Zhuangs du Yunnan en Chine du Sud, les Thai Lue au Laos et en Chine, (encore appelés Dai), les Nung en Chine, au Laos, et au Siam et au Viêtnam, les Tai Dam ou « Thai Noirs » au Laos et au Viêt Nam, les Tai Daeng ou « Thai Rouges », les Tai krao ou « Tai Blancs » …

RH 3 -  LA MIGRATION DES THAÏS DANS CE QUI SERA LE SIAM ?

Mais nous savons peu sur la mémoire des migrations des Thaïs. Elle ne peut être sujette qu’à des  « reconstitutions » plus qu’approximatives, ne serait-ce que par la diversité et le nombre des populations de langues tai, l’absence de nom des muang et des dates des premières installations. On ne connait même pas comment se sont déroulés les différentes et principales étapes migratoires. Les éminents spécialistes comme Stéphane Dovert* affirme qu’ « Entre le XIe et le XIIIe siècle, les empires de Pagan (Birmanie), du Champa, et d’Angkor dominent l’Asie du Sud-Est. On n’y trouve toujours guère de trace des Tai, sauf à travers la présence d’esclaves de cette communauté à Pagan ou au Champa ». Michel Jacq-Hergoualch*, quant-à lui, nous apprend qu’ils  sont mentionnés vers 1050 dans une inscription chame du Po Nagar de Nha Trang comme prisonniers de guerre, et qu’ils apparaissent comme mercenaires sur l'un des bas-reliefs d'Angkor Vat (galerie sud, aile ouest).

RH 3 -  LA MIGRATION DES THAÏS DANS CE QUI SERA LE SIAM ?

Pourtant dès cette époque, les muang Thaïs avaient déjà commencé leur migration du Nord au Sud, en suivant les vallées et les rivières et notamment le Chao Praya, à la recherche des terres cultivables, en tenant compte de la situation géopolitique du moment et de la situation locale. Ils durent « composer », pour obtenir des terres,  établir des alliances, des rapports de vassalité avec le royaume khmer d’Angkor, qui depuis le IX ème siècle avait entrepris la conquête de vastes territoires du futur Siam qu’il avait achevée à la fin du XIIème siècle. Mais de cela, nulle histoire ou si peu.

RH 3 -  LA MIGRATION DES THAÏS DANS CE QUI SERA LE SIAM ?

Mais ils durent aussi composer avec les Môns qui avaient  émigré en nombre du Founan quand celui-ci fut absorbé par le Tchen-la au milieu du VIème pour renforcer des villages môns déjà établis et former un certain nombre de cités-états ou petits royaumes au sein de la culture dite de Dvaravati, comme ceux  du royaume de Lavo (Lopburi), de Supannabhum (Dans la province de Suphanburi) et au nord, celui de Haripunchai (Capitale Lamphun), conquis en 1292 par Mangraï, (le roi thaï du Lanna). Une « civilisation » qui s'étendait de la basse Birmanie, dans la baie de Bangkok, et la plaine centrale du Chao Phraya, jusqu’en Isan. (Cf. Notre article précédent citant d’autres centres : Nakhon Pathom, Sri Thep (Province de Phetchabun), U-Thong  (Berceau du royaume d'Ayutthaya dont le premier roi, Ramathibodi était prince d'U Thong.), Khu-Bua (près de Ratchaburi), Non Muang - Muang boran, Muang Fa (à 80 kilomètres de Khonkaen),  Muang Fa Daet Song Yang ou Kanok Nakhon (près de Kamalasai (Kalasin))

RH 3 -  LA MIGRATION DES THAÏS DANS CE QUI SERA LE SIAM ?

Pendant qu’à l’Est, les Birmans du royaume de Pagan menaçaient, attaquaient parfois,  (Ils ont pris le royaume Môn de Pegou en 1057, qui  retrouvera son indépendance après la chute de Pagan devant les Mongols en 1287), et au Nord les muang laos étaient prêt à défendre ou élargir leur territoire, et au Sud les cités/Etat ou sultanats musulmans comme  ceux de Tambralinga (autour de Nakhon Si Thammarat)  Kedah, Pattani, Singgora (Songkhla en Thaï) … n’entendaient pas se laisser envahir.

RH 3 -  LA MIGRATION DES THAÏS DANS CE QUI SERA LE SIAM ?

On avait là, la géopolitique, les forces avec lesquelles les muang thaïs durent composer, s’allier, ou combattre parfois, jusqu’à pouvoir se constituer en royaume. Mais nous ignorons tout de l’organisation de ces cités Dvaravati***,  et des relations qu’elles ont pu établir avec les Thaïs, de même nous ne savons pas (ou si peu)  où étaient installés les gouverneurs et autres officiels khmers ainsi que leurs garnisons, même si les temples khmers importants retrouvés permettront un jour d’établir une carte de leur quadrillage militaro-administratif. (Rien qu’au Nord-Est (Isan) on estime que les Khmers ont construit plus de 300 temples, dont Phimai, qui était relié à Angkor, au sud, par une « voie royale » longue de 225 kilomètres.).

RH 3 -  LA MIGRATION DES THAÏS DANS CE QUI SERA LE SIAM ?

Il y avait donc eu des guerres, des raids, des coups de forces. Mais comment se formèrent les principautés et/ou chefferies de Mogaung, Muang Nai, Ahom ? Qui en avait le contrôle ? Comment se forma cette nouvelle aristocratie thaïe ? Comment ces nouveaux seigneurs thaïs se virent octroyer titres et prérogatives par les empereurs d'Angkor ? ****

RH 3 -  LA MIGRATION DES THAÏS DANS CE QUI SERA LE SIAM ?

Il faudra attendre la mort de Jayavarman VII en 1218 pour assister au déclin de l’Empire khmer et  voir surgir les premiers royaumes thaïs comme par exemple : Phayao (Quand exactement ?), Sukhothai en 1238 (1239 ?), et le Lanna en 1259.

RH 3 -  LA MIGRATION DES THAÏS DANS CE QUI SERA LE SIAM ?

Mais chacun de  ces trois royaumes avaient auparavant sa propre histoire dont ne connaissons que quelques bribes.

RH 3 -  LA MIGRATION DES THAÏS DANS CE QUI SERA LE SIAM ?

Ainsi wikipédia, sans référence, nous apprend que « Selon les historiens modernes, la sécession de Sukhothaï d'avec l'Empire khmer commença dès 1180, sous le règne de Po Khun Sri Naw Namthom, souverain de Sukhothaï et de la cité voisine de Sri Satchanalai (actuel Amphoe Si Satchanalai, dans la province de Sukhothaï). Sukhothaï bénéficiait à cette époque d'une large autonomie, mais elle fut reprise vers 1180 par les Môns de Lavo sous leur roi Khomsabad Khlonlampong. » Pour poursuivre  « Deux frères, Po Khun Bangklanghao et Po Khun Phameung (Po Khun était un titre de noblesse) arrachèrent Sukhothai aux Môns en 1239. Bangklanghao gouverna Sukhothai sous le nom de Sri Indrathit et fut le premier souverain de la dynastie Phra Ruang. »

 

RH 3 -  LA MIGRATION DES THAÏS DANS CE QUI SERA LE SIAM ?

Au Nord, le roi Mangraï, le 17ème( ?) roi de Ngoenyang (Chiang Sen), (qui avait succédé au muang de Singhanavati)   réussissait en 1259 ( ?) à fonder le royaume de Lanna (Capitale Chiangraï), en rassemblant Ngoenyang avec des cités-États plus ou moins autonomes comme Chiang Mai, Lampang, Lamphun, Nan et Phrae. Mais comment s’était formés ces muang thais autonomes ?

RH 3 -  LA MIGRATION DES THAÏS DANS CE QUI SERA LE SIAM ?

Et la cité-Etat de Phayao ? On évoque des « légendes » et des chroniques thaïes (Mais lesquelles ?), pour dire que « le prince Phrom (fin du 11° siècle) (fut) un roi héroïque de Thaïlande. Avec son armée, il a attaqué victorieusement les troupes de l'empire Khmer pour conquérir les territoires au sud de Chalieng. Avoir étendu son pouvoir sur les terres lointaines telles que Lanna, Luang Prabang, Vientiane et Lanchang, il fonda la cité de Fang pour son propre pouvoir et la renomma Chai Prakan. Ses successeurs ne purent garder le royaume intact et connurent rapidement une fin tragique.


Ultérieurement, les descendants de Phroms créèrent la principauté de Payao tandis que certains chefs Thaïs qui étaient sous le contrôle des Khmers, tel que Bang Klang Thao et Pha Muang par exemple, montrèrent des signes d'indépendance envers les Khmers. ( Quelle précision !) (Cf.*****)

 

Ou bien on va évoquer des sources chinoises, là encore sans dire lesquelles, comme par exemple Stéphane Dovert, citant O.W. Wolters : « Les textes chinois mentionnent dans les toutes premières années du XIIIème siècle l’ambassade d’un petit Etat probablement situé aux alentours de Phetchaburi et qu’ils appellent « Chen-Li-fu ». Mais –ajoute-t-il- On ignore s’il était de  construction mône, khmère ou thaïe !!! ******

RH 3 -  LA MIGRATION DES THAÏS DANS CE QUI SERA LE SIAM ?

De même plus tard, la stèle dite de  Ramkhamhaeng de 1292, donnait les cités qui avaient fait allégeance au roi Ramkhamhaeng de Sukhothai : « A l’est : Sra Luang, Song Kwae, Lambachaî, Sakha, les rives du Khong (Mékong), Wiangchan, Wiangkham. Au sud : Khonti, Phra Bang, Phraek, Suphannaphumi, Ratchaburi, Phetchaburi, Sri Dhammaraja. A l’ouest : Muang Chot, Muang …n , Hongsawadi. Au nord : Muang Phrae, Muang Man, Muang N…, Muang, Phlua, et de l’autre côté du Khong, Muang Chawa ». Mais quelle était l’histoire de ces cités ? (Cf. *******)

 

Quelles furent les étapes  de leur migration pour arriver aux lieux d’installation définitive ? Comment ces muang s’étaient constitués en cité-Etat, plus ou moins autonomes ? Nous n’en savons rien.

 

Bref, il nous faut avouer, comme pour l’origine, nous en savions peu sur cette histoire de la migration des Thaïs en ce pays qui sera le Siam.

RH 3 -  LA MIGRATION DES THAÏS DANS CE QUI SERA LE SIAM ?

*16. Notre Histoire : La conquête du « Siam » par les muang.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-16-notre-histoire-la-conquete-du-siam-par-les-muang-99006690.html  

** Michel Jacq-Hergoualch, Le Siam, Guide Belles Lettres des Civilisations, Les Belles Lettres 2004, ISBN 2-251-41023-6, p. 59.

Stéphane Dovert, « La Thaïlande prête pour le monde »  in Thaïlande contemporaine., IRASEC, Les Indes savantes, 2011

***5. « Notre » Histoire de la Thaïlande : l’indianisation de la Thaïlande avant les Thaïs.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-5-l-indianisation-de-la-thailande-avant-les-thais-91724671.html

6. Les États indianisés avant l’arrivée des Thaïs.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-6-les-etats-indianises-avant-l-arrivee-des-thais-91725700.html

****http://www.gavroche-thailande.com/actualites/histoire/10930-naissance-d-un-royaume)

***** (In ttp://bottu.org/histoire/histoire05.htm)

******O.W. Wolters. Cité en note p.204, par Stéphane Dovert in « Thaïlande contemporaine », IRASEC, Les Indes savantes, 2011.

*******18. Notre Histoire : Les Thaïs entrent dans l’Histoire, avec la fondation du royaume de Sukkhotaï.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-18-notre-histoire-les-thais-entrent-dans-l-histoire-avec-le-royaume-de-sukkhotai-101594784.html

27. Notre Histoire : La  formation de l’Etat du Lanna en 1262 dans le Nord de la Thaïlande.

http://www.alainbernardenthailande.com/article-27-la-formation-de-l-etat-du-lanna-en-1262-dans-le-nord-de-la-thailande-103436169.html

http://www.alainbernardenthailande.com/article-10-3-l-isan-au-temps-des-royaumes-thais-72127161.html

20. Notre Histoire : Le roi  de Sukkhotaï  Ramkhamhaeng, selon la stèle de 1292 http://www.alainbernardenthailande.com/article-20-notre-histoire-le-roi-de-sukkhotai-ramkhamhaeng-selon-la-stele-de-1292-101594410.html

On peut, si on est curieux,  voir comment procède un spécialiste de l’Ecole française d’Extrême Orient comme Charles Archambault dans un article sur l’ancien royaume de S’ieng Khwuang (Etat situé dans le Laos actuel) pour mesurer à quel point il est difficile, voire impossible de reconstituer l’histoire d’un muang, en ne disposant que de bouts de documents pétries de légendes essayant d’interpréter des traditions orales.

http://www.persee.fr/doc/befeo_0336-1519_1967_num_53_2_5059

 

 

 

Mai

RH 3 -  LA MIGRATION DES THAÏS DANS CE QUI SERA LE SIAM ?
Repost 0
Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans NOTRE RÉCIT DE LA THAÏLANDE.
commenter cet article
28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 18:25
RH 2- L’ORIGINE DES THAÏS SELON LES THAÏS DU SIAM ?

Nous avions appris dans notre article précédent que  les historiens et les chercheurs n’ont jamais pu (jusqu’ici ?) identifier l’origine des Thaïs ; par contre des documents chinois avaient bien remarqué qu’ils avaient une langue et une organisation sociales communes, qu’ils cultivaient le riz, vivaient sur pilotis, et étaient composés de différents groupes, avec des traits culturels et traditionnels spécifiques. Il fallut attendre la fin du XXème siècle pour certifier qu’ils n’avaient pas fondé en 737 en Chine, le royaume de Nanzhao (ou Nan Chao) mais que les différents muang s’y étaient établis.

RH 2- L’ORIGINE DES THAÏS SELON LES THAÏS DU SIAM ?

Mais si aucun historien n’avait pu proposer une origine historique aux Siamois, peut-être avaient-ils – comme de nombreuses sociétés - un mythe fondateur qui établissait leur origine, définissait leur identité ethnique particulière, le contrat social sur lequel reposait leur société ; qui expliquait la formation des clans ; et/ou justifiait la fondation des lignées dynastiques et la hiérarchie des classes sociales. 

RH 2- L’ORIGINE DES THAÏS SELON LES THAÏS DU SIAM ?

Or, une légende (Khun Borôm ou Khun Bulom), recueillie par Auguste Pavie (1847-1925) prétendait que Thaïs, Laotiens et Khas (les habitants originaires du Laos) ont eu pour berceau une même courge à Muong-Thèng (Dien-Bien-Phu) laquelle, arrivée à maturité, a donné naissance aux différentes tribus. Un ethnologue, spécialiste du Laos, Charles Archaimbault (1921–2001) avait aussi traduit et commenté cette « légende » du  Nithan Khoum Boulom.* En 2006, l’ethnologue, Olivier Evrard *(chercheur à l’IRD au sein de l’UR) revenait encore sur ce mythe fondateur, concernant dans son étude les Lao et les Kmou du Laos du Nord, ajoutant que la structure générale du mythe était commune à de nombreuses populations d’Asie du Sud-Est. (Comme le thème des humains sortis d’une courge dans la tradition indienne-Mahabarata, Ramayana).

 

RH 2- L’ORIGINE DES THAÏS SELON LES THAÏS DU SIAM ?

Evrard spécifiait par contre que ce mythe n’avait pas pour objet de raconter l’origine de ces populations, mais de justifier par la  hiérarchie des divinités, la hiérarchie terrestre, le statut particulier du souverain et de ses descendants, de légitimer « le caractère hiérarchisé typique de l’organisation sociale Taï (les fondateurs de la chefferie, d’extraction divine et la foule de leurs administrés, issus des courges originelles et répartis en deux groupes sociaux : les hommes libres et les esclaves ». (*)

RH 2- L’ORIGINE DES THAÏS SELON LES THAÏS DU SIAM ?

Evrard, de plus, nous révélait que les Kmou, spoliés par les Lao, n’avaient pas du tout le même récit de la courge. Ils avaient bien vu  que le récit Tai voulait les intégrer mais en les plaçant en bas de l’échelle sociale.

 

En 2007, Dominique Menguy, dans une thèse intitulée « Le Mythe de Khun Burôm. Les Origines du Laos d’après un Manuscrit ancien » précisait que le mythe du chef divin, commun aux Tay conquérants venus de Chine du Sud entre les Xe et XIIIe siècles pour s’imposer en Péninsule indochinoise, avait été récupéré au XIVe siècle et réinterprété pour servir à la légitimation de la prise de pouvoir par Fa Ngum** et sa politique d’expansion aux dépens des royaumes voisins.

 

RH 2- L’ORIGINE DES THAÏS SELON LES THAÏS DU SIAM ?

Nous avions certes un mythe oral servant à justifier le pouvoir d’une  ethnie sur une autre, dans le Laos du nord, ou au XIVème siècle, à légitimer la prise de pouvoir de Fa Ngum pour fonder le Lan Xang en 1354, mais nous n’avions aucune  référence typiquement siamoise à ce mythe du Khun Burôm.

RH 2- L’ORIGINE DES THAÏS SELON LES THAÏS DU SIAM ?

D’ailleurs les « Chroniques royales » ou les « Annales siamoises » étaient truffées de fables et de légendes, mais ne faisaient nulle allusion au mythe du Khun Burôm. Les différents rois légitimaient leur accession au trône par « les mérites acquis » et en suivant les rites mythico-religieux du bouddhisme theravâda et du brahmanisme et en incarnant les différents dieux et divinités : Bouddha, Rama, Shiva, Brahma, Vichnou,  etc.

RH 2- L’ORIGINE DES THAÏS SELON LES THAÏS DU SIAM ?

Or, on peut se douter que les Thaïs, comme de nombreux peuples du monde sont nés avec un mythe fondateur, qui raconte leur histoire sacrée, l'origine de leur Monde (Celle des plantes, des animaux, et des premiers hommes) et leur explique comment ils doivent vivre avec les Dieux et les esprits, dans un temps et un espace sacrés qui organise leur société et donne sens à chaque étape de leur vie (la naissance, l’initiation, le mariage, les funérailles …), mais nul  - jusqu’ici - ne l’a évoqué. (Cf. Article  13 ***)

RH 2- L’ORIGINE DES THAÏS SELON LES THAÏS DU SIAM ?

Même Monseigneur Pallegoix (1805-1862) qui a vécu 30 ans au Siam et a produit une œuvre monumentale sur ce pays n’a jamais entendu de son royal ami, le grand roi Mongkut (1851-1868) une quelconque référence à ce mythe fondateur, ni d’ailleurs à l’origine chinoise de son peuple, qu’il voyait d’ailleurs provenir du Bengale. (Cf. 124. Monseigneur Pallegoix. (1805-1862)).

 

Le roi Mongkut (Rama IV) était alors plus préoccupé à légitimer son royaume face aux menaces coloniales  anglaises et françaises, en créant l’histoire du Siam – au sens occidental – qui déclarait le royaume de Sukkhotaï (1238) comme fondateur du Siam et  berceau de la civilisation thaïe et la stèle de Ramkhamhaeng de 1292 comme  l'acte fondateur de la nation thaïe.**** Nous étions désormais dans l’Histoire et loin du mythe d’origine des Siamois, et du mythe du Khun  Burôm.

RH 2- L’ORIGINE DES THAÏS SELON LES THAÏS DU SIAM ?

Il fallait donc renoncer à connaître l’origine des Thaïs et tenter de les suivre depuis le  VIIIème siècle dans leurs migrations. Ce sera notre prochain article.

RH 2- L’ORIGINE DES THAÏS SELON LES THAÏS DU SIAM ?

Références.

 

* Charles Archaimbault (1921–2001) (Ethnologue français, spécialiste de la culture lao.), « La naissance du monde selon les traditions lao : le mythe de Khun Bulom », dans La naissance du monde, Paris, Seuil (Sources orientales), 1959, 383-416.

Olivier Evrard (chercheur à l’IRD au sein de l’UR), « Chroniques des Cendres, Anthropologie des sociétés khmou et dynamiques interethniques du Nord-Laos, IRD Editions, 2006.

Dominique Menguy, Le Mythe de Khun Burôm. Les Origines du Laos d’après un Manuscrit ancien, Collection : « Contes et légendes de l’Orient » Editeur : Seven Orients (Paris), 2007.

Grant Evans « The Taï original diaspora », journal de la Siam society 2016, pp 1-25.

 ** Le roi Fa Ngum ?

« Prince lao élevé à la cour d’Angkor, la première version du mythe lui accorde un droit d’aînesse remontant à l’ancêtre Kun Lo et l’impose comme suzerain incontesté dans la région de la moyenne vallée du Mêkhong. L’auteur a également traité des relations entre le Cambodge et le Lan Xang à cette époque, ce qui n’est pas sans intérêt. Il a situé la rédaction de la seconde version du mythe ou Nithan Khun Burôm, sous le règne du roi Vixun, en l’an 1515 EC, année de l’achèvement du Vat Vixun. Le personnage de Vixun, co-auteur du Nithan Khun Burôm, transparaissait derrière celui de Khun Burôm. Par la rédaction du Nithan Khun Burôm, il légitimait sa prise de pouvoir aux dépens de son neveu, ainsi que son système étatique en l’attribuant à ses ancêtres Fa Ngum et Khun Burôm. »

***Cf. aussi : 11. Notre Histoire : Origines des Thaïs, une courge de Dien-Bien-Phu ?

http://www.alainbernardenthailande.com/article-11-origines-des-thais-une-courge-de-dien-bien-phu-97767868.html

13. Notre Histoire. Les origines mythiques de la Thaïlande ?

http://www.alainbernardenthailande.com/article-13-les-origines-mythiques-de-la-thailande-98283503.html

 

**** Cf. Nos articles 18 et 21 sur ce sujet.

Repost 0
Published by grande-et-petites-histoires-de-la-thailande.over-b - dans NOTRE RÉCIT DE LA THAÏLANDE.
commenter cet article